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 En apesanteur { PV Ares

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Beatrice Lorenzo

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MessageSujet: En apesanteur { PV Ares   Jeu 10 Nov - 18:02

    Il est dans la nature des femmes d'aimer le shopping, au point de dévaliser entièrement le hall d'une grande surface. Les Italiennes n'échappaient pas à la règle, tenant au bout de leurs mains des sacs emplis de vêtements – ou mettant à contribution leur amant du moment pour servir de porteur. Beatrice faisait tâche au milieu de ces damoiselles en robes légères avec son manteau bouclé jusqu'au cou, ses sacs emplis de livres. La chaleur régnant au sein de la galerie marchande avait rougi ses joues – elle appréhendait déjà le moment où, sortant de la galerie pour rejoindre la rue, ses verres de lunettes se couvriraient de buée.

    Les bras coincés sous les sacs où s'empilaient d'épais ouvrages, Beatrice appuya du coude sur le bouton d'appel de l'ascenseur. Le souci avec les enseignes culturelles c'est qu'elles sont toujours placées aux derniers étages – comme pour mieux signifier qu'elles étaient hors d'atteinte du commun des mortels. La jeune femme se balança d'un pied sur l'autre, faisant passer le poids de sa charge pour éviter qu'il lui pèse trop.

    Ting. La cloche caractéristique sonna, précédant l'ouverture des portes. La jeune femme attendit que les gens sortent pour s'engouffrer dans l'ascenseur. Heureusement pour elle il ne restait plus qu'un individu. Du coin de l'oeil Beatrice aperçut quelques mèches blondes, un profil de jeune homme – elle ne chercha pas à le dévisager par politesse et préférant poser les sacs à ses pieds. La culture ça pèse lourd.

    Beatrice sentait son poids se faire attirer par le bas. Question de pesanteur qu'un scientifique aurait aisément expliquer, tandis que la demoiselle mettait cela sur le fait que l'ascenseur descendait. Tout bêtement. L'italienne avait ôté ses lunettes pour les nettoyer lorsque l'ascenseur stoppa – net. Sous le choc, les lunettes valsèrent des doigts pour atterrir sur le sol de la cabine. Beatrice flancha, tomba sur les fesses. La douleur lui fit grincer des dents tandis que ses yeux se plissaient pour essayer de voir quelque chose.

    - Fakinel ! Qu'est-ce qui s'est passé ?

    Ses mains tâtaient autour d'elle à la recherche des lunettes perdues. Myope comme une taupe, elle ne voyait que des formes floues. Croyant discerner la silhouette de l'homme prisonnier avec elle dans l'habitacle, elle tendit la main vers lui.

    - Excusez-moi... Est-ce que vous avez trouvé mes lunettes ?

    Sans ce précieux attribut elle se sentait démuni. A la merci du premier venu.
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Ares Galla [Nemo]

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MessageSujet: Re: En apesanteur { PV Ares   Dim 27 Nov - 10:38

    Il n’avait jamais été claustrophobe.
    Rarement il s’était sentit oppressé par des endroits confinés, mais jamais autant oppressé que par le regard accusateur de quelqu’un. Ce genre de répression était dix fois plus terrible et cent fois plus choquante. Elle laissait ses marque sans sa peau, et à chaque fois qu’il regardait ses mains, il voyait une personne presque constamment pris en étaux par ses pairs, agressé par leurs mots dégoulinants d’horreur. Et c’était aussi avec ses mains qu’il les repoussait parfois. Elles étaient tatouée par la haine. Cette sanglante reine qui menait le bal et rythmait sa vie.

    Sûrement moins que la musique d’ascenseur.

    Personne n’avais jamais aimé la musique d’ascenseur, elle était mollassonne et était par dessus tout d’un ennuis et d’une redondance exécrable le tout surmonté d’une sonorité aussi pompeuse qu’une chaise de jardin en plastique. Lui la trouvait juste bonne pour l’agacer et faire passer son temps de cette manière, en l’agaçant. Et pour tacher de faire abstraction de cette horripilante mélodie à deux balles il se consacrait discrètement à regarder l’abstractivité de sa coiffure du jour et si ce mélange de cheveux et élastiques multicolores tenait le coup. Sans se préoccuper des personnes diverses qui peuplait la cabine il s’admirait modestement dans le miroir sale qui tenait lieu de grande attraction dans cette boite à l’animation peu appréciable. Avec un tintement et un grincement métallique la porte s’ouvrit, une voix préenregistrée annonça avec un air parfaitement enjoué l’étage 3 « librairie et magasins de décoration ». L’atmosphère remplie de musique de mauvais goût se dilua un instant pour se laisser envahir par les bruits typique d’une galerie marchande, quelques cris, beaucoup de bavardages difformes, énormément de pas résonnant sur le sol et une autre voix scandant avec joie les dernières promotions du moment.

    Il avait évité les centres commerciaux pendant une ou deux semaines depuis l’attentat de la galerie Vittorio Emmanuele II. Arès avait été sur les lieux et n’avait pas beaucoup apprécié le moment qu’il y avait passé. Certaines plaies dans son dos lui rappelaient ces instants lugubres, noyés sous la peur et l’hémoglobine. Le blondinet n’avait pas voulu retourner sur les lieux, de toute façon, ils étaient fermés au public pour enquête, et dans un futur plus lointain, peut être reconstruction. Il n’avait pas développé une allergie aux endroits de ce genre, mais il répugnait plus ou moins l’idée de s’y rendre. Le choc restait bien présent dans sa tête, les explosions résonnait encore dans son esprit et la douleur affluait doucement sous sa peau. Aussi caressante que la queue d’un chat, un félin munit d’une grande bouche remplie de grandes dents. Il avait été assez stressé tout le long de cette balade en solitaire, sursautant au moindre bruit trop violent, réagissant agressivement au moindre éclat. L’habitude et la familiarité de la place l’avait aidé à se détendre et il avait fini par se sentir complètement à l’aise au bout de deux heures de batifolages entre les rayons. Les policiers en patrouille dans les couloirs y était aussi peut être pour quelque chose.

    Sa peur était atténuée par cette présence qui aurait pu paraître inutile, voire même énervante en d’autres instants. Mais savoir que l’on était pas seul face au drame, qu’il y avait des gens sur d’eux qui surveillait les alentours était rassurant.

    C’était la fin de sa promenade thérapeutique et accessoirement nutritionnelle. Il trimballait avec lui un sac remplit de met en tout genre, de quoi remplir l’estomac enragé de deux jumeaux à peine adultes et un autre jeune homme tout aussi en besoin de nourriture. Il s’était engagé vers la cabine de remonté mécanique la plus proche, vérifiant l’heure d’un œil distrait. Il n’aimait pas se conformer aux horaires ni se plier au règles, mais le bus n’était pas d’accord avec lui. Et le trottoir était peu confortable, il avait déjà pu en juger quelques fois et ne tenait pas a refaire l’expérience du béton pour matelas et la veste pour oreiller.

    Quelqu’un pris la place des autres passagers. Le pactisant lui jeta un regard discret, pour voir si ce qui s’avéra être une jeune femme n’avait pas une tête de terroriste. Les lunettes et les livres encombrants disaient non à sa théorie paranoïaque. L’ascenseur poursuit sa lente descente vers les étages inférieurs. Jusqu'à ce qu’un râle aigu s’échappe de quelque part et qu’il s’arrête brusquement. Précédemment tiré vers le bas, le choc fit décoller Ares du sol de quelques centimètres et il perdit son équilibre, retombant aussi sec il se cogna dans la rambarde de la pièce exiguë. Un « AAHEUH » s’échappa de ses lèvres. Ses côtes n’avaient pas apprécié et la cicatrice au même endroit à peine en cour de guérison non plus. Il s’affala sur son coxis, ce qui lui procura une douleur de plus parmi celle qui animait déjà son être. Il y avait le mal de côtes, le mal des bouts de verres, le mal des fesses et le mal du cœur. La douleur des battements affolé et de la peur qui le prenait au ventre. La souffrance était la preuve qu’il était vivant. Il repoussa l’envie de fermer les yeux et se recroqueviller dans un coin, se laissant submerger par l’horreur. Il se rassura en poussa une injure qui se mêla à celle de l’inconnue.

    « Putain de merde ! C’est quoi encore cette connerie ! »

    Arès passa nerveusement sa main dans ses cheveux. Un mois plus tôt il aurait dit la même chose mais pas pensé aussi violemment que c’était la fin de sa vie.

    - Excusez-moi... Est-ce que vous avez trouvé mes lunettes ?

    Cette phrase était accompagnée de tâtonnements, il tourna la tête brusquement - il était un peu a cran - vers elle et la vit chercher au sol de l’habitacle en vain les deux bouts de verres reliés par une monture. S’il avait été quelqu’un de méchant il aurait profité de la situation, pour peu que cette personne méchante n’aurait pas été terrorisé par le fait de se retrouver coincer là. Mais ça ne lui traversa même pas l’esprit. Il rattrapa les lunettes qui étaient tombée dans un coin et les posa dans la mains tendue vers lui avec une sorte de désespoir. Elle semblait vraiment mal à l’aise.

    Tenez, les voilà. Ça va bi-bien ?

    Il la gratifia d’un sourire un peu déformé par la peur qui l’agitait. Sa voix avait un peu déraillé sur la fin et il tentait de retenir un accès d’hystérie en se préoccupant d’autre chose que son être et l’avenir de cet être. Tu n’es pas claustrophobe et tu ne l’as jamais été. Calme toi, ce n’est pas un attentat, il n’y a pas eu d’explosion. Il expira un grand coup. Tenant ses mains pour les empêcher de trembler. La tension lui rongeait le nombril et il était crispé au maximum. Tout ça manquait de le submerger. Il avait déjà essuyé une explosion meurtrière une douzaine de jours auparavant, ce n’était qu’un ascenseur après tout, les câbles ne lâcheraient pas et il ne finirait pas son existence écrasé au fond d’une boite de conserve. Ou pourquoi pas resté enfermé durant des heures infinies, consommant peu à peu tout l’oxygène de la cabine et mourant dans une asphyxie lente et pénible. Et les scénario les plus atroces et douloureux défilaient dans sa tête. Il s’imaginait une fois de plus la douleur. Arès pensait à son frère et a Nemo et ces noms lui donnaient envie de pleurer. Ce qu’il ne ferait pas non, non, non. Non. Il allait rester et patienter pendant quelques longs moment dans cabine confinée et être libéré sans encombre. Dans un éclat d’esprit il pensa à appuyer sur la sonnette d’alarme.
    Il se rassit. Quitte à attendre, il aurait le temps de faire les cents pas.

    Avec une agréable jolie petite musique pour orchestrer la chorégraphie.

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Beatrice Lorenzo

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MessageSujet: Re: En apesanteur { PV Ares   Jeu 8 Déc - 17:24


    Ô joie de retrouver la vue ! Béatrice reçut les retrouvailles de ses lunettes avec un hochement de tête et un "merci" empli de ferveur. Perdre ses lunettes c'était perdre la vue et plonger dans une terreur sans nom. Personne autre qu'un myope ne pouvait comprendre cette plongée soudaine dans un monde d'ombres et de formes indéfinies lorsque plus aucun verre ne pouvait corriger votre vue. C'était comme plonger au sein d'un miroir déformant, sans pouvoir remettre les choses à leur juste place. Désagréable sensation que d'être dans le flou.

    Béatrice s'assit sur le sol de l'habitacle, poussant les livres qui s'étaient déversés durant la chute et tâchant de ne pas s'asseoir sur un sandwich qui s'était échappé du sac de l'autre occupant. Qui n'en menait pas large d'ailleurs. La jeune fille voyait bien le teint qui palissait à vue d'oeil, les yeux fuyants. Avec sa chance légendaire elle allait devoir aider quelqu'un au bord de la nausée. En tout cas Béatrice écarta la possibilité d'être en face d'un toxico en manque - malgré le visage hagard, il n'avait rien d'un jeune homme se piquant tous les matins avec une seringue bourrée de drogue.

    - Ce serait à vous de demander si vous allez bien.

    Que fait-on déjà devant un cas de claustrophobie ou d'hyper-ventilation ? Ou peut-être que cet homme était en manque de quelque chose, un diabétique peut-être ? Ah c'est dans ces moments-là qu'on se demande pourquoi on ne s'est pas tourné vers les études de médecine. Au moins ça a une utilité pratique dans la vie de tous les jours. Béatrice s'avança vers le jeune homme, posa sa main sur l'épaule de ce dernier.

    - Vous avez besoin de quelque chose ? Du sucre, un médicament ?

    Hors de question qu'il lui claque entre les doigts, Béatrice ne supporterait pas de devoir cohabiter avec un simulacre de cadavre dans un ascenseur aux allures de cercueil. A cette image se superposa celle de la galerie dévastée par l'explosion. Le bras de la jeune femme trembla quelques instants, le temps que sa raison reprenne le dessus et ne calme ses battements de coeur. C'était du passé, et il n'y avait rien de commun entre l'attentat et son aventure au sein de l'ascenseur. Rien.

    Levant la tête, la jeune femme avisa la sonnette d'alarme. D'un doigt ferme, elle appuya dessus. Ne restait plus qu'à espérer que le préposé à la sécurité ne soit pas parti mener une pause beignet. Ils ne pouvaient qu'attendre pour le moment. Incapable de demeurer sans rien faire, Béatrice rassembla les denrées qui s'étaient éparpillées au sol, les remettant dans le sac du jeune homme.

    - On ne devrait pas en avoir pour longtemps. Ce genre d'incidents arrive souvent. Même en période de fêtes.

    Surtout en période de fêtes d'après la loi de Murphy. Il ne manquerait plus qu'en sortant de l'ascenseur quand il sera remis en route, ils tombent sur une assemblée de mômes hurlant après le Père Noël.


Spoiler:
 


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Ares Galla [Nemo]

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MessageSujet: Re: En apesanteur { PV Ares   Mar 31 Jan - 12:38

Ho, vu le nombre de pavés qu'elle transportait dans ses sacs et qui gisaient à présent autour d'elle, il ne risquait pas de mourir écrasé par l'ennuis. Par la chute effrénée d'une cabine d'ascenseur en manque d'adrénaline et le gros splosh qu'elle produirait en s'écrasant à terre, il y avait certes plus de chances. Mais non, arrête ça. Arès retint une crise de fou rire, il ne savait plus quoi penser, plus quoi faire pour se sauver. Sa vie tenait au bout du fil d'un émetteur radio relié au centre de surveillance. Souhaitant distraire son esprit des horreurs qu'il s'imaginait souffrir dans un futur proche, il visionna de haut l'image que pouvais bien rendre leur situation. Un blondinet blanc comme un cachet d'aspirine, les mains autour des genoux, se mordant la lèvre de d'effrois et de souffrance causée par son côté droit et son malheureux petit derrière. Accompagnée d'une jeune fille, qui semblait bien en difficulté sans ses lunettes, aux long cheveux d'encres et à l'apparence studieuse. ça l'aidait à prendre du recul. Mais le stress revenait bien vite à la charge, le martelant de visions sanglantes, apocalyptiques et remplies de hurlements désespérés. Il fallait qu'il s'occupe l'esprit, mette ses mains quelque part, pose ses yeux sur quelque chose. Arès aurait tout fait pour ne pas être là. Ou du moins être là 3 mois auparavant. Il aurait un peu un peur dans un premier temps et aurait finit par prendre avec humour la situation en attendant avec une dose de patience limité. Il aurait même gueulé parce que son bus venait de passer et que le prochain ne serait que dans plusieurs heures. En ces instants infinis ses habitudes étaient diluée par le trouble et la peur. Il était tellement effrayé à l'idée de mourir, de ne pas avoir pu vivre sa vie complètement, de partir en laissant seul derrière lui Osiris et ensuite Nemo qu'il sursautât au " Merci" que lui adressa la jeune femme. Son destin était à présent lié au sien et à celui des câbles qui avait la gentillesse de retenir l'habitacle ainsi que le sadisme de garder sous silence le temps qu'ils allaient le faire.

« Ce serait à vous de demander si vous allez bien. »


C'est trop aimable. Il commençait à sombrer dans le cynisme, et le stress qui nouait ses doigts n'arrangeait pas son cas. S'il allait bien ? Il avait juste extrêmement peur de finir explosé comme dans un micro-onde à taille humaine. Les souvenirs des moments chaotiques qu'il avait vécu remplissaient son esprit, il sentait le verre dans sa peau, le silence mortel qui régnait, les flaques de sang coulant lentement à terre, recouvrant le blanc du carrelage de la teinte vermeil du père noël de l'horreur.

« Oui ça peut aller. »

Il voulait qu’elle fasse exploser sa bombe, qu’on en finisse. L’attente était la torture la plus atroce qui pouvait lui être incombé de subir. Voir défiler les visages des gens qu’il aimait, avoir mal en pensant au passé et au futur. Dans un geste brouillon et agréablement familier il passa sa main dans ses cheveux. Cherchant à tout prix quelque chose sur quoi oublier son stress, le pactisant posa les yeux sur les sachets de nouilles instantanées qu’il avait acheté il n’y a pas si longtemps que ça. En réalité quelques minutes. Se raccrochant à des éléments de sa vie de tout les jours pour faire passer le moment comme quelque chose de banal. Tout en faisant cela il se répétait sans cesse que tout allait bien se passer, que le poulet serait froid pour ce soir mais que rien de plus grave n’allait arriver. Il fallait qu’il garde un semblant de calme et s’y contraignait à force de blagues sur la nourriture, évitant de penser aux situations loufoques auquel il avait eu droit ces derniers mois en matière de bouffe. Il craignait beaucoup trop ne jamais revoir Nemo tenter de manger des pattes avec des baguettes et Osiris lui expliquer savamment cet art tout en illustrant ses propos en mettant plein de bouillon sur son t-shirt. Ou encore se rappeler l’épisode de la bataille de glaçon lors d’une soirée et l’épique combat de saucisse/sabre laser auquel il s’était récemment livré. La moutarde et le ketchup lui mirent les larmes au yeux. S’il avait réussi à s’extraire de la roue infernale de la peur pendant quelques instant son coxys lui fit savoir qu’il était bien encore là. Pour plus de confort il s’était adossé contre l’une des parois de la cabine, chassant l’idée qu’elle se délogerait sous son poids et qu’il tomberait en arrière pour finir explosé comme une tomate plusieurs étages plus bas. Cette position appuyait beaucoup plus sur l’endroit d’ou émanait la souffrance, il se redressa donc. Mais souffrance le quittant elle ne tarda pas à pointer cette fois ci dans son tronc. Il se rassura paradoxalement en se disant que mourir la nuque brisé et les os exploses en milles morceaux le soulagerais de cette douleur. La main qui se posa sur son épaule c’était - il ne s’en doutait pas une fois le choc passé - voulu rassurante mais eu l’effet inverse. Il réagit violemment, s’écartant à toute vitesse de ce contact annonciateur d’une mort imminente. L’inconnue à qui appartenait la main baragouina quelques paroles abstraites dont il ne chercha à comprendre le sens qu’une fois éloigné de 50 centimètres de la probable menace identifiée comme telle par son cerveau dopé à l’anxiété.

Elle lui proposait du sucre ou des médicaments. Esquissant un sourire nerveux et sentant une sueur froide couler dans son dos il répondit:

« Si vous aviez un somnifère pour éléphant sur vous je dirais pas non. »


Dormir, tiens, ça c’était une bonne idée ! Mort sans douleur ou impression de temps réduit, élésomni est votre ami ! Ses yeux s’agitèrent dans tout les sens, guettant un bruit, priant pour que ce soit celui de la voix sensuelle d’une électricienne venue les sauver de ce calvaire. Il doutait du charme de l’employé technique qui les délivrerait mais il n’était plus à une idée farfelue de plus ou de moins dans cet ascenseur…

« - On ne devrait pas en avoir pour longtemps. Ce genre d'incidents arrive souvent. Même en période de fêtes. »

Elle se voulait rassurante. Il aurait été réconforté par un terroriste le visage couvert de cicatrice lui tendant des bonbons louches d’une main calleuse ou la réincarnation de Chuck Norris, ça lui aurait fait le même effet. Il remarqua alors qu’elle s’affairait à ramasser les aliments qui s’étaient éparpillés sur le sol. Et dans une pensée profane il remercia le bon dieu d’avoir créé un tel génie. Il venait de passer quelques minutes qui lui avait semblé durer la guerre de 100 ans en cherchant comment occuper ses mains et son esprit et cette fille avait eu l’idée de faire ce qui semblait le plus évident à cet instant. Ils étaient deux, dans un ascenseur le sol recouvert de livres et de nourriture, quoi de plus normal et logique de remettre les denrées à leur place. Arès s’empressa alors de l’aider. Ce qui n’allait, contrairement a ses espérances, pas l’occuper au point d’oublier qu’il allait peut être pousser son dernier soupir dans cette boite de conserve. Il attrapa trois conserves de lentilles et les fourra dans son sac en plastique jaune. Déplora la perte d’une sacrée quantité de shampoo, la bouteille s’étant ouverte avec le choc. Et poussa un grognement de douleur en effectuant un mouvement plutôt brusque pour remettre en place du détartrant. Le jeune homme arrêta de bouger un instant, le souffle court. Il allait devoir faire un tour chez le médecin dans les prochains jour. Sa tête lui rappela tout de suite que prévoir des choses à faire alors qu’on était même pas sûr de sortir de la cabine d’ascenseur de la mort était totalement présomptueux, il ne fallait pas oublier qu’il allait bientôt mourir dans d’atroces souffrances voyons. Il se reprit et raffermit la pression de ses bras contre le sol de l’habitacle , ceux-ci commençant à trembler de façon alarmante. Arès ferma délicatement un livre qui s’était ouvert sur le sol, ce n’était pas ses affaires ni celles de quelqu’un qu’il connaissait, il ne tenait pas à les abimer plus que c’était déjà le cas. Il aplatit les pages froissées d’un autre en réfléchissant à la probabilité que des livres s’avèrent être des matelas efficaces en cas de chute de plusieurs dizaines de mètres. Une fois les affaires toutes retournées dans leur contenant respectif, il adossa le sac jaune de façon à ce qu’il ne retombe pas. Le temps passait, grain par grain, prenant ses aises pour le mettre sur les nerfs encore plus qu’il ne l’était déjà.

Un chuintement retentit. C’était la fin. Ce serait son dernier voyage.

Une voix décevante de banalité traversa l’air.

« Bonjour, ici Marc, mécanicien, ne vous inquiétez pas nous avons bien pris en compte la panne mineure qui est survenue dans cet ascenseur. Vous serez sortit de là dans pas longtemps, je vous tiens au courant ! Gardez votre calme, tout vas bien se passer. »

Il poussa un soupir de soulagement peut être un peu trop eccessif. Après tout, rien n’empêchait aux câbles qui soutenaient la cabine de céder maintenant.

 « Avec un peu de chance on vas pouvoir être en vie pour fêter noël ! Enfin, s’ils entendent la même chose que moi par «pas longtemps » … »

Il n’avait pas fini ne voir sa journée retournée par les évènements.

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Beatrice Lorenzo

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MessageSujet: Re: En apesanteur { PV Ares   Jeu 1 Mar - 17:58

    Citation :
    Plus d'un mois pour répondre, tu peux me frapper. v_v
    Oh et j'ai essayé de glisser quelque chose pour le petit défi rp que tu avais reçu.

    Denrées rangées dans leurs emballages respectifs, livres empilés dans les sacs ils avaient à nouveau tout l'espace de la cabine pour se mouvoir - ou du moins s'asseoir sans se heurter. La tension était palpable mais Beatrice se tint coin, sentant que le moindre mot malencontreux pouvait provoquer la panique chez le jeune homme. Elle avait senti son stress parcourir ses propres nerfs, perçut son souffle haché. Assise à l'autre bout de l'ascenseur, genoux repliés contre elle (heureusement qu'elle portait une jupe longue aujourd'hui), Beatrice tâchait de patienter en comptant les grains de riz éparpillés sur le sol, échappés d'un paquet.

    La voix banale, mais ô combien rassurante du mécanicien, lui fit lever les yeux de son décompte. "Gardez votre calme", c'était si facile dire mais à pleinement réaliser, c'était une autre histoire. A la phrase de l'homme Beatrice eut un vague sourire.

    — Et qui sait ils nous donneront peut-être des promotions pour notre prochaine course afin de s'excuser de l'incident. Je sais que ce n'est pas le meilleur endroit pour se présenter, mais... moi c'est Beatrice. (La jeune femme remit une mèche derrière son oreille) Si on sort d'ici, je vous fait un prix sur un bouquin. Je suis employée à la bouquinerie.

    Parler permettait d'oublier la situation actuelle, la sensation de cloisonnement, le danger qui suintait des parois. Ce sentiment de partager le sort des personnages de films catastrophes. Beatrice parlait pour calmer le jeune homme, pour calmer elle-même ses émotions, cette paranoïa latente qui la gagnait à chaque seconde passée dans l'ascenseur.

    Le chuintement la fit sursauter. D'un bond Beatrice fut debout, attendant le jugement dernier prononcé par la voix de Marc.

    "Veuillez nous excuser encore pour ce désagrément, l'ascenseur est à nouveau opérationnel."

    Dans un même élan, l'ascenseur reprit sa descente comme si de rien n'était. Beatrice s'agrippa à la barre pour ne pas tomber, sentant les vibrations dans ses jambes. Quelques secondes après, ils atteignirent le rez-de-chaussée. La jeune femme prit ses sacs, s'avança pour sortir et à peine eut-elle le temps d'amorcer deux pas que ses yeux avisèrent une foule d'enfants bigarrés emplissant tout l'espace libre. Une école en visite au centre commercial ? Une fugue collective de jeunes enfants voulant se révolter contre le diktat des adultes ? Rien de tout cela. Simplement des gamins attendant le Père Noël qui n'avait pas encore pris place sur le fauteuil élimé de cuir rouge et décoré de guirlandes dorées. Les enfants trépignaient, la colère montait.

    Un employé s'avança vers Beatrice, avisa Ares qu'il héla comme un noyé voyant le maitre-nageur s'avancer à sa rencontre.

    — Monsieur, je suis désolé de vous demander cela, mais... seriez-vous occupé ? Notre Père Noël est absent, et... (Il se tut, laissant un enfant hurler sa colère de voir le Père Noël absent) nous frôlons l'incident diplomatique !

    Beatrice leva un sourcil - n'exagérait-il pas ? Elle s’immisça dans la conversation qui prenait des dimensions curieuses.

    — Vous voulez qu'il (elle désigna Arès) joue le Père Noël ?
    — Votre ami sera payé, évidemment. Mais j'y songe... Une Mère Noël ne serait pas de trop, pouvez-vous prêter au jeu ? En échange d'une contribution financière, bien entendu.

    Elle avait les pieds sciés par sa longue marche dans les galeries, les bras en compote de porter des sacs lourds comme des parpaings, elle avait survécu à un enfermement dans un ascenseur, et elle devrait jouer les Mère Noël ? Rôle qui devait s'arrêter à sourire bêtement aux enfants, les mener au Père Noël pour la photo - et éviter les regards des pères qui se perdraient dans le décolleté bordé de fausse fourrure.

    — ... ça dépend... combien ?
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MessageSujet: Re: En apesanteur { PV Ares   Lun 12 Mar - 13:59


L'impression de présence de produit illicites dans ce texte est purement fortuite.


Ses cheveux furent une fois de plus remit en place avant qu'il se mette à triturer nerveusement ses bracelets. Il chassa de nouveau le visage bouffis par les larmes d'Osiris, et celui estomaqué par la détresse de Nemo. Fermant les yeux, essayant de fuir la réalité restreinte qui n'allait pas tarder à le clouer au sol. Pensant de toutes ses forces aux paroles rassurantes du mécanicien. Il était sauvé, il ne fallait pas s'inquiéter. Mais si jamais. Mais si jamais. Décidément il fallait qu'il arrête de paniquer pour rien, pensa t'il en se moquant de lui-même. Pourtant, se balader paisiblement dans une centre commercial s'était récemment avéré mortel. Dans un lieu ou tout semblait neuf, propre, sans une autre sorte de danger présente que celle de se retrouver avec un compte au solde négatif. Tout semblait contrôlé par la société de consommation, de tel que rien d'extérieur ne puisse tout chambouler. Alors l'explosion en avait était d'autant plus inattendu, et le choc d'autant plus encré. Le soutient psychologique était minable, enfin, à leur décharge ils s'étaient concentré sur les personnes ayant subit les plus gros dégâts corporels, celles qui paraissaient déjà fragiles avant l'incident et bien sur, surtout hélas, les familles des décédés. Sa peau criblé de verre avait parue bien futile par rapport à ceux qui avait vu l'un de leur membres amputés. Non, il ne voulait plus jamais voir ces images de sa vie. Il voulait les oublier, les brûler, et les détruire aussi bien qu'elle l'avait fait avec la galerie commerciale. Il nota un vague sourire de la part de l'inconnue et par la même occasion se rendit compte à quel point il s'était concentré uniquement sur lui pendant ces dernières minutes, 38 au total, sa montre confirmait.

Elle lui dit qu'elle s’appelait Béatrice. Ladite Béa lui promit de lui faire une réduction sur un livre s'ils sortaient de là, même n'étant clairement pas un grand adepte de la lecture ( c'était plutôt Osiris ) il se plaisait à penser qu'il aurait l'occasion de faire autre chose de sa vie que rester enfermé dans cette boite à sardine. Il lui servit un grand sourire un peu moins crispé que le précédent.

« Moi c'est Arès. Des réductions, ça serait pas mal ! Petit rire. Si on sort de là un jour, pas de problème, j'achète toute la boutique. »

A vrai dire, il était beaucoup plus branché films, science fiction de bonne qualité, policiers un peu vieillot, westerns mythiques faisaient ses rares soirées pendant lesquelles il n'était pas occupé. Il appréciait ce genre de moment avec son frère – il aurait tout donné pour revoir un star wars en sa compagnie à cet instant – et même parfois accompagné d'un Nemo curieux face à l'écran, découvrant la magie cinématographique. Dans pas mal de film le héros était coincé dans l'ascenseur et arrivait toujours pas en sortir et sauver les gens qui l'accompagne. Le coup de la trappe en haut était un classique, à condition qu'il y ai une ouverture. Ça ne devait pas être le cas, ou alors il ne la voyait pas. Il arqua son cou et par la même occasion son dos, qui lui envoya un pic de douleur pour le ramener à la réalité , qu'il était tête en l'air celui-la. Le voilà qui croyait qu'il allait peut être pouvoir en sortir gentiment avec l'aide d'un mécanicien ! Il n'y avait pas de trappe magique, donc pas de solution, son destin était scellé dans un sarcophage de fer. Une voix venue d'outre tombe s'éveilla et résonna entre ces murs impénétrables.

« Veuillez nous excuser encore pour ce désagrément, l'ascenseur est à nouveau opérationnel. »

C'était la résurrection de la cabine. Sans le moindre à-coups elle continua sa lente descente. Le silence n'y croyait pas. Il explosa d'un rire soulagé et euphorique. Arès remercia le dieu des chaussettes et promit de laver toutes ses fidèles, il se promit aussi de prendre les escaliers à partir de maintenant. Un bon acteur se devait d'être en bonne santé. Il se releva, plié en deux et avant même qu'il ai plus arrêter de rire, les portes de l'ascenseur s'ouvrirent sur un monde coloré, remplit de joie, d'enfants guillerets à l'approche de noël et de personnes affairées. Le jeune pactisant profita de chacun des sons qui l'entourait, chacune des images qu'il avait tant souhaité revoir un jour, si banales soit-elles. Il avisa la foule de marmots et leur rendit un sourire éclatant, aux anges. Rien ne pouvait lui arriver de pire aujourd'hui, tout était parfait, cette vie était un don magique auquel il faisait honneur. Du temps il en avait tellement et il se devait de le remplir avec le plus d'expériences possibles, se concentrer et profiter de chaque seconde. Regardant avec joie les enfants qui s'impatientaient sans comprendre pourquoi, ceux qui devenaient tout rouges, ceux qui hurlaient ou encore ceux qui regardait dans le vide, comme cherchant quelque chose ou quelqu'un. Il y avait une prolifération anormale de mômes à cet endroit mais il ne fit même pas le lien avec la cabane vide et sa décoration située un peu plus loin. Il voyait tout ça et profitait d'en avoir la chance inestimable. Arès se retint de pleurer à la pensée qu'il allait revoir son frère en rentrant, c'était décidé, il le serrera jusqu'à ce qu'il l’étouffe, lui dira qu'il l'aime, il commandera des pizzas et ira louer un bon film pour se faire la meilleur soirée de sa vie.

Un inconnu, visiblement préoccupé – mais pourquoi donc, la vie était si savoureuse, si parfaite? - s'avança vers lui, traversant tant bien que mal la flopée d'enfants. Il l'écouta faire sa demande d'un air désespéré et accepta sans hésiter. Il était tellement heureux qu'on lui aurait demandé de faire le père noël dans un centre commercial toute la soirée, il aurait accepté sans problème ! Béa s'approcha, inquisitrice, il se demanda pourquoi elle semblait si contrariée puisqu'ils étaient tout les deux vivants. Il les écoutât, un sourire béa sur les lèvres, ébouriffant le poil d'une petite bestiole hystérique qui passait par là. Le blondinet sortit de son état de transe euphorique quand il comprit que l'idée de voir sa nouvelle partenaire en tenue de mère noël n'était pas un rêve éveillé produit par son imagination dopée à l'ambiance de noël. Elle sembla hésiter et demanda le montant de la rémunération. Que l'argent était futile pardi ! L'employé de la galerie la persuada avec un salaire confortable pour ce travail, ajoutant que le père noël serait payé pareillement. Il les mena à travers la foule, contournant la cabane en bois et son par-terre de neige en polystyrène et les fit rentrer à l'intérieur, allumant une lampe de fortune et refermant la porte derrière lui, veillant à ce que aucun marmot trop attentif n'ait décelé la supercherie. Celio leur tendit les costumes et se retira en disant qu'il le retrouverait à l’accueil du stand, gérant la queue. Si jusque là Arès avait vécu comme dans un rêve sa réalité si merveilleuse, un petit gène venait de s'installer. La pièce était d'une vétusté assez accablante et ils devaient tout les deux se changer. Il ne s'inquiéta pas plus que ça, il n'était ni un voyeur, ni un pervers, il aimait bien les filles mais ne se permettrait pas de s'introduire dans l'intimité d'une personne qu'il ne connaissait pas vraiment et qui s'était montré très conciliante dans la cabine d’ascenseur, sans parler du fait qu'elle ne s'était absolument pas moquée de sa panique qu'il avait à présent deviné apparente.

« On se retourne, ça te vas ? »

Il sourit avec légèreté.

Une fois changé il se regarda dans la glace de fortune et poussa un grand rire. Ça pour être sexy, ils l'étaient, autant lui avec son ventre rembourré, sa tenue large, sa fausse barde et son énorme bonnet qu'elle avec sa tenue légère et décolletée de mère noël, au grand plaisir de tous. Se voyant avec cette tenue, il réalisa enfin qu'elle folie il venait d'accepter.

«  Mon dieu ! ( celui des chaussettes, bien sur )  pourquoi on a fait ça ? »

Son rire monta encore plus. Il ouvrit les fenêtre du faux chalet dans un grand geste, acceptant son destin avec un sourire omniprésent et une supplique adressée à tout ces amis susceptibles de passer par là. Le père noël découvrit son royaume enchanté. Une petite forêt de faux sapin l'entourait, l’extrémité de leur branche d'un vert artificiel recouvert de neige factice et de paillettes. Une couverture blanche et brillante était posée à terre et recouvrait les pieds de ceux-ci qu'on pouvait deviner à travers les bosses qu'ils créaient. Des cadeaux aux emballages brillants, roses, dorés, argentés, rouges, et au rubans éclatants étaient disposés à terre tout autour des arbres et de l'allée centrale ou se pressait déjà un sacré nombre de petits monstres impatients. Ils allaient du plus petit au plus grand et en faisait rêver plus d'un. Un traîneau doré, envahis de grelot et possédant une banquette de velours rouge l'attendait en compagnie de faux rênes animés à la fourrure tant désirée par les petites mains. Il le fixa avec consternation et une envie nerveuse d'exploser de rire et se maudit lui-même.
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Beatrice Lorenzo

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MessageSujet: Re: En apesanteur { PV Ares   Ven 30 Mar - 18:53

    Oui, pourquoi avaient-ils fait ça ? Beatrice haussa les épaules en souriant à défaut d'avoir une véritable réponse à donner. Son acceptation du contrat avait été un mélange de profit (on dit jamais non à de l'argent) et de compassion (elle n'avait pas voulu laisser Ares en proie à cette armée de gnomes, alias des enfants). Le regretter ne servirait à rien. Glissant un doigt dans le décolleté, la jeune femme tira sur le tissu espérant pouvoir l'agrandir – mais le tissu collait à sa peau, et (elle en était certaine) moulait son corps de façon impudique. Heureusement encore que la jupe avait une longueur décente sans quoi Beatrice se serait cru dans le premier rôle d'un film érotique. Hum, mieux valait chasser cette pensée malsaine. Et plutôt songer au cocasse de la situation – rien que se changer dans une cabane étriquée avait presque fait rire Beatrice. Elle ne s'était pas sentie gênée, se tournant dos à Ares pour enfiler la robe – et puis s'il avait eu l'outrecuidance d'oser un geste ou un œil, le Père Noël aurait gagné une belle gifle de son épouse.

    — Ne faisons pas attendre ces chers petits gnom-enfants ! (Joue les demoiselles qui aiment les enfants, Beatrice) Plus vite nous aurons commencé, plus vite ce sera terminé !

    Et au vu du nombre d'enfants qui attendaient devant la scène, ils en avaient pour jusqu'à la fin de la journée. Sourire crispé sur le visage, Beatrice sortit de la cabane, ouvrant la porte pour qu'Ares puisse en faire de même malgré son costume et son faux ventre de Père Noël. Les gamins criaient à tour de rôle, chacun semblant vouloir faire mieux que son voisin. Les bras s'agitaient, les petites mains se tendaient vers le Père Noël qui allait prendre place sur la banquette auprès de ses rênes. L'équipe de la décoration n'avait nullement oublié le cher Rudolph dont le nez rouge – une ampoule – clignotait avec ferveur.

    — Pas tous en même temps les enfants. Vous aurez tous droit à aller voir le Père Noël. (Mais qu'on muselle ces gosses et qu'on les attache !) C'est à ton tour, ma belle.

    Beatrice tendit la main à la gamine aux couettes blondes qui s'était réservé une place devant, à coups de coudes et de pincements. Elle sentait la chipie à vingt mètres avec sa bouille fermée, ses sourcils crispés – charmante enfant. Derrière, entourée de gamins, la maman babillait sur sa belle chérie qu'elle photographiait à vingt images par secondes. Avec ses bijoux qui devaient valoir un mois de salaire, son brushing pailleté, cette femme brillait autant que les sapins en toc de la scène. Beatrice dut détourner le regard pour ne pas être aveuglée. La gamine avait déjà pris place sur les genoux d'Ares, et bras croisées débitait sa petite liste.

    — Zette fois Père Noël ze veux que tu me livres tout et que t'oublies rien dans ton atelier. Pis zi les lutins travaillent pas azzez faut réduire leur zalaire comme Papa le fait avec zez z'ouvriers. Bon. Donc ze veux la dernière Barbie, zelle divorcée avec Ken qui a eu za maison, za voiture et za collection de poupées. Puis ze veux une trouzze à maquillage, la verzion Licorne ! Puis...

    Beatrice manqua de se frapper le front devant tant de cadeaux outranciers. Les enfants ne pouvaient-ils donc pas se contenter d'une peluche miteuse ? Son regard croisa alors deux gamins pianotant sur leurs touches de la dernière PS Vita, tandis que d'autres manipulaient des tablettes électroniques presque aussi grande qu'eux. Beatrice était peut-être vieux jeu mais elle trouvait que, de plus en plus, les enfants étaient gâtés. Et la petite blonde qui continuait sa liste interminable ne l'aidait pas à se faire une autre opinion.
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Ares Galla [Nemo]

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MessageSujet: Re: En apesanteur { PV Ares   Sam 14 Avr - 10:11

    Se jeter dans le vide. Sentir le fil filer. Errer dans des coins sombres à la recherche de nourriture. Toujours la faim. Dresser sa trappe. Attraper son du naturel. L’enlacer langoureusement. Le couvrir d’un drap de soie. L’embrasser férocement. Et ainsi allait la vie. D’un point à l’autre, agrandissant son chemin dans le monde. Tremblements. Sa robe frétilla. D’un frétillement peu enjoué. La mort se rapprochait. Elle sentit ses membres voler sous elle. Se jeter dans le vide. Apercevoir l’immensité. Vite. Vite. Se cacher. C’était nouveau. Etrange. Parfais. La faucheuse ne la voyait plus. Son ombre rodait autour d’elle mais ne la touchait pas. La musique caverneuse de son entrée était irrégulière. Imprévisible. Glaçante. Soudainement plus rien. Ne pas bouger. Ruse connue. Une vibration intense fit trembler la monde. La fin était vraiment là. Elle s’envola soudainement. Failli tomber dans la gueule du trou noir et se raccrocha à la dernière seconde. Puis se réfugia dans un autre creux rougeoyant, ne savant plus si elle avait fuit un enfer pour en trouver un autre.


    « …Puis... zaussi un féléfone ! Maman elle a un féléphone, ze veux un féléfone zaussi ! ta zuper compris Père Noël ? Hin ! Zinon ze vais pleurer et ze vais dire à mon Papa et mon Papa il a de l’arzent donc…
    Elle laissa placer un doute annonciateur, sûrement repris depuis la tête de son père quelques jours plus tôt.

    Il émit un petit rire nerveux alors qu’elle gigotait sans arrête sur ses genoux, cherchant sans cesse à attraper un bout de son costume pour qu’il la regarde avec encore plus d’attention qu’il s’exhortait à lui accorder. A chacun de ses gestes trop brusques, remplit de l’énergie farouche de ceux qui veulent absolument être le centre des attentions il manquait de manger sa barbe tellement la douleur le lançait. La blondinette attrapa sa manche et tira dessus en réclamant encore autre chose de plus cher et d’encore plus prétentieux. Par la même occasion elle trouva le moyen de lui donner un coup de coude dans les côtes. Son « Mais oui ma jo-ARG !» se finit sur un gémissement qu’il essaya de contenir. Il n’avais jamais été particulièrement attiré par les enfants. Certaines filles se sentaient en communication absolue avec ces petites bêtes qui bougeait autant que les marsupilamis qu’il demandaient à Noël. Lui n’éprouvait pas grand choses à leur égard. Mis à part le souhait qu’il ne subissent pas la même enfance que lui. Même si à cet instant il aurait bien fait subir le quart de ce qu’il avait enduré à cette petite peste qui allait très sûrement recevoir tout ce qu’elle voulait dans quelque jour ou quoi elle ferait une crise hystérique à ses parents, qui évidemment prévenaient le risque en la sur-gâtant de cadeaux et de biens matériels à ne plus en finir.

    Les noëls n’avaient jamais été des moments joyeux pour lui. Lui et son frère ne s’étaient jamais permit de faire des réclamations aussi outrageuses. Pour la bonne raison qu’ils craignaient cette date. Elle signifiait des vacances en famille. Et la famille hors du cadre mono-parental – et encore – était un concept qu’il avait toujours eu du mal à aborder de façon positive. La neige rimait avec les pics acerbes qu’on leur servait. Les chuchotements de dégoût faisaient écho aux flocons tombant dans leurs mains froides. Il se souvenait du stress que cela déclenchait à chaque fois qu’à l’école l’élève désigné allait cocher une case de plus au mois de décembre. Puis au bout de quelques années leur mère avait arrêté. Elle s’était éloignée. Il fêteraient les noëls tout les trois à présent. Avec, -au fait !-, Romeo/Julio/Léone/Dante sera avec nous aussi, vous verrez il est très gentil ! Autant les cadeaux qu’ils recevaient alors qu’ils passaient les fêtes dans la maison familiale étaient choisis sans grande attention et surtout hypocrisie totale, ceux qu’ils recevaient à présent de la part de cette pseudo idée de rassemblement affectif lié par le sang étaient tout bonnement inexistants. Ce n’était pas pour autant que Julia faisait la différence de son côté. Elle les aimait énormément, mais Cassio était si prenant … Parfois il avait l’impression qu’à chaque fois que Noël approchait elle se trouvait un nouvel amant pour combler la place qui aurait du être occupé pas un, voir deux hommes qu’elle avait du abandonner douloureusement depuis longtemps.


    La peur dansait. Comme les parois étranges de sons nouvel environnement auquel elle s’accrochait avec l’impétueux instinct de survie animal. Les vibrations étaient partout. Elles mugissaient dans tout les sens et elle tentait tant bien que mal de sauver sa peau, tout en restant logé dans un coin, tout en voulant fuir, tout en voulant vraiment, vraiment, qu’on l’achève. De l’ombre. Rien ne bougea plus. Le grand noir, enfin ? Loin de là. Elle vit son environnement se disloquer, se tordre, tes tentacules fouiller à sa recherche et s’engager dans un autre conduit. Il ne l’avait pas sentit. Cachée entre deux plis frémissante. Depuis que l’entité pâteuse et énorme semblait avoir envahis le lieu elle s’agitait de temps en temps, comme mécontente de ne toujours pas l’avoir trouvé. Mais tout un coup c’est son abris lui même qui l’attaqua. Une énorme bosse dévastatrice anima la fibre vermillon. S’attaquant à l’aveuglette à ce qui semblait être l’intrus gigantesque dans son estomac autant que le parasite qu’elle avait l’impression d’être. Mais à cet instant il ne lui restait plus que la fuite. Par qu’il voulait la tuer. On avait envoyé à ses trousses un prédateur mortel. Une autre attaque se fit sentir derrière elle et sans hésiter elle s’agrippa et couru vers la lumière qui venait d’apparaître loin devant elle.


    L’araignée surgit soudainement de son col. Il avait sentit ses pattes courir contre son torse, tel de fins poils animés par leur propre vie, cherchant à le déstabiliser à tout prix, en plus de la gamine qui semblait réellement vouloir sa mort dans d’atroce douleurs. Autant la sienne que celle d’Ares. Elle se jeta sur la petite fille, affolée et craignant sûrement pour sa vie d’arachnoïde présumé assez courte dans un milieu peuplé d’autant d’enfants.

    Et là, ce fut le drame.

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Beatrice Lorenzo

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MessageSujet: Re: En apesanteur { PV Ares   Mar 24 Avr - 6:35

    Les gamines ont toujours eu cette faculté, dérangeante et insupportable, de posséder une voix capable de forcer le mur du son. Le babil zozotant se mua en cri suraigu à la vue de l'araignée. Cette dernière sembla s'agripper à la manche de la gamine qui agita le bras, prise de convulsions à la vue de l'infâme bestiole jurant sur sa belle robe qui devait coûter un bras.

    Zou. L'araignée finit par se décrocher du bras, décrivit un arc de cercle ("maman je sais voler !"), pour atterrir sur l'écran d'un Ipod d'un des gosses, façon étoile de mer. Sourcillant à peine devant l'apparition alors que ses collègues s'ébattaient en tous sens pour rejoindre les bras protecteurs de leurs parents, le gosse retourna son Ipod. L'araignée s'écrase mollement sur le sol, tendit une patte pour fuir loin de la foule. Et finit écrasée, aplatie comme crêpe, sous la basket rageur du sale gosse qui retourna à son Ipod sans même s'émouvoir d'avoir ôté la vie à une créature.

    Ce qui était loin d'être le cas de ses compères. La gamine blonde avait sauté des jambes d'Arès pour courir auprès de sa mère en hurlant que l'araignée l'avait mordu c'est sûr, et elle allait avoir une maladie dangereuse, et faudrait lui couper le bras, et c'était la faute du Père Noël. La foule n'était plus que vagissements de gosses, cris de peur, terreur enfantine.

    Et bien le voilà notre incident diplomatique, songea Béatrice. Elle aurait pu aller à la rencontre de la gamine, s'excuser auprès de la mère mais quelque chose lui disait qu'elle risquait plus de rendre les choses plus compliquées. En giflant la mère qui allait lui demander réparation, par exemple.

    — C'est scandaleux, mener de telles blagues à ma fille !

    Qu'est-ce qu'elle disait ? Tenant sa fille qui arborait un sourire narquois de victoire, la mère se mettait à assaillir Arès de quolibets.

    — A quoi pensez-vous donc ? Nous ne sommes pas à Halloween.
    — Madame... (Dieu que c'était dur d'être diplomate). Veuillez croire que nous sommes désolé, et que nous regrettons cet incident. (J'aurais voulu que ta fille meurt de peur à la vue de la petite bête). Je suis certaine que le centre commercial saura vous... rembourser.
    — Ze veux une peluche licorne !

    Tu vas voir où je vais te la mettre ta peluche. Ne jamais avoir d'enfants, JAMAIS.
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En apesanteur { PV Ares

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