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 Too Late. Mistakes. [S.]

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Leo Accettura

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MessageSujet: Too Late. Mistakes. [S.]    Lun 21 Nov - 19:49

« A force de courir, tu arrives en retard. »

Je te l’avais dit, non, qu’à force de courir, il serait trop tard. Et tu le comprends quand il n’y a plus rien. Que de tes yeux bleus, tu scrutes le sol où s’étend une tache de sang, accompagnée d’autres. Plusieurs. Tu sers les poings. Leo, tu comprends n’est-ce pas ? Que pour une fois, tu ne pourras plus rien faire. Que tu es le spectateur d’un combat raté où il ne reste plus que des traces d’un affrontement terminé. Tu perçois un début de frustration. Mais il n’y a pas que ça. Tu aimerais, pourtant, n’être que légèrement en colère, tourner le dos, continuer ta vie. Malheureusement, tu ne le peux. Ce qui t’a été pris, sans que tu ne le saches, sans que tu ne le voies, est trop important pour toi. Aya. Tu sers les dents. Elle a disparu, et tu ne sais pas où elle est. Idiot. Héros incapable… Aya…

Leo ne sait rien. Il plonge dans l’ignorance, alors que la crainte lui lacère l’estomac. Il le remarqua. Trop vite. Oui. Il s’inquiétait. Et il y avait autre chose. Une peur sourde lui remontant le dos, une peur qui ne lui appartenait pas. Il claque sa langue, alors que déjà, il tourna le dos à cette scène qui n’avait pas besoin de lui. Il se mit à courir, alors que ce n’était plus nécessaire. Car il n’y avait plus rien à rattraper. Rien.

Il était passé un peu partout. Dans les bars les plus étranges, les quartiers où il savait que cet idiot se baladait. Et il était introuvable. Comme cette maudite ombre qui le suivait, chien incapable de trouver la position correcte de cette boule de tabac. D’un point de vue, c’était mieux que Leo ne rencontre personne sur ce moment. Il en aurait été incapable. D’avoir une discussion posée, calme et réfléchie. Son cerveau tournait, chauffait, surchauffait à la recherche d’une réponse. D’une échappatoire. C’était un mauvais rêve. C’est ça, un mauvais rêve. Cesse de fuir, incapable. Une réalité au goût beaucoup plus âpre qu’il ne voulait l’admettre. Seul son corps semblait en accord avec ce qu’il se déroulait, alors que les mouvements nerveux se démultipliaient à une cadence folle, qu’il avait fini par plaquer son téléphone dans le fond de sa poche, à défaut de ne pas l’éclater entre deux briques. Ici, sur cet instant, il n’y avait qu’une tignasse rouge qu’il voulait éclater si elle ne se pointait pas dans la seconde.

« Sky, montre-toi, que je t’éclate tes dents. »

Monsieur Leo faisait dans les chouettes insultes quand il était de mauvais poils… Memo : emmerder le lionceau plus souvent. Il poussa un soupir, soudainement très fatigué alors que le poids lui broyant l’estomac disparu partiellement. Ca ne servait à rien Leo. Tu regardes sans savoir chercher. Tes sources sont tout autant au courant de toi, et ils n’en n’ont rien à faire. Un pactisant qui disparait comme ça, sans laisser de trace, ça arrivait si souvent. Alors pourquoi t’inquiéter ? Tu devrais tourner la page, en faire une raison de plus pour combattre. Il sera des dents plus forts, se mordit la lèvre, planta son poing dans le mur. Qui était le suicidaire qui avait osé lui raconter ça déjà ? Il ne pouvait pas. Il ne pouvait pas. Il ne pouvait pas. Mais que pouvait-il faire ?

« Salaud. »

Parce que ça collait mieux à la situation et que, indéniablement, un Sky dans ce genre, l’originalité de l’injure, il ne connaissait pas. Enfin, autant faire simple et concis. C’était mieux pour Leo. Pour qu’il saisisse tout l’amour que le stella lui portait à ce moment précis, avant de se retrouver les neurones engourdis. Le poing se planta dans sa mâchoire. Sur cette cicatrice lui marquant le visage, comme une cible, pointée d’une flèche. « Si tu tapes ici, tu l’auras. » Bingo. Ce fut le cas. La main fermée de l’éclair fit pivotée sa tête, forçant Leo à se rattraper sur le mur qui avait éclaté ses doigts précédemment. Il reprit son équilibre rapidement, dévisagea Sky en chien de faïence. De l’eau dans du sang. Le front plissé de colère, se retenant de rendre la monnaie de sa pièce à cet idiot de rougeaud. Le désespoir qui l’avait pris fut balayé par ce qu’il voyant dans ces iris de feu. De ce qu’elles lui reprochaient. De ces cris de rage qu’elles se retenaient d’épancher dans cette ruelle menant au Magenta, dont la silhouette se dessinait dans le dos du pactisant.

Il claqua sa langue contre son palais, essuyant du revers de sa main le liquide carmin coulant du coin de sa lèvre. Les muscles de ses bras étaient bandés, comme le reste de son corps. Si jamais cet idiot osait faire une connerie dans le genre, le lion n’hésiterait pas à mordre à son tour. Et ça la démangeait. Méchamment. Zen Leo, regardes le bon côté des choses. Même si c’est difficile. Qu’il n’y a plus de bon côté, mais plus que cette tension enlaçant ton dos, tes os, alors qu’à chaque seconde, tu espères, tu cherches à la trouver dans ce tas de foins de bâtiments de Milan. Entre ses ruelles et ses cachettes. Qu’il y ait une flammèche qui s’allume à l’arrière de ton crâne, qu’une sensation familière te prenne les nerfs. Un signal, quelconque, qui t’indiquerait sa position. Qu’elle soit vivante. Et il n’y avait rien. Que ce vide pesant, alors qu’il ne recevait aucun écho à ses appels. Aya. Leo reposa son regard son le stella, un bleu tonnerre le dévisageant.

« Si t’as encore assez de force pour me taper, j’imagine qu’elle n’est pas trop mal en point. »

Pour le moment. Qu’importe la manière revêche dont il avait prononcé ces mots, les crachant aux pieds de l’accro à la cigarette, c’était indéniable : voir cette tête de chou le rassurait. Parce que s’il pouvait encore lui casser la gueule, c’était qu’Aya, indéniablement, était toujours en un seul morceau quelque part. D’un battement de cils, il chassa les idées morbides naissant dans un coin de son esprit. Ce n’était pas le moment de penser à ce genre de choses. A ces images qui auraient pris un plaisir malsain à défiler en un paysage lugubre, de mauvais augure. Il chassa l’air affligé qui papillonna sur la surface de son visage, s’approchant de Sky, d’un pas.

« Elle est où ? »

Il n’y avait plus le temps de tourner autour du pot, de se perdre dans des formalités futiles. Il n’y avait plus rien qui les rattachait à Aya, sauf des liens invisibles, insalissables selon leur désir. Et Sky se devait de la retrouver. Sinon… qu’est-ce qu’il leur resterait ? S’il-te-plait. Dis-moi qu’elle va bien. Qu’elle n’est pas loin. Qu’on puisse la retrouver. S’il-te-plait. Dis-moi. Dis-moi.

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Aya Murazaki [Sky]

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MessageSujet: Re: Too Late. Mistakes. [S.]    Mar 22 Nov - 21:27


Elle est tout pour toi.
Ton souffle de vie
Ta part d’humanité
Les larmes dans ton sourire
Et l’éclat de plus de ton regard.



    Il l’avait senti.
    Toujours, si bien que s’en était devenu une habitude, depuis des années. Ce lien né sous une lune rouge décadente, ce fil ténu qui les reliait où qu’il soit. Où qu’elle soit.
    Parce qu’il était une étoile folle en quête de liberté, en quête d’une vie qu’il ne faisait qu’emprunter pour finir par la déchirer. Et pourtant, avec Aya c’était différent.
    Vos yeux se seraient posés sur le Sky d’il y a quelques années que vous ne l’auriez pas reconnu, premier pacte dont il avait tout oublié, scellé dans le sang. Sur ses mains, dans sa bouche. Vœu exaucé, vie prise, brisée, dans un souffle. En quelques secondes seulement. Brutal, comme l’était son regard, son âme. Si t’en était qu’il en avait une. Mais le Stella ne s’est jamais embarrassé de ce genre de chose.
    Conscience, morale, civilité, étaient autant de mots insignifiants et désuets à ces yeux.


    Mais c’était elle.
    C’était Aya.

    Et c’était parce que c’était elle, qu’il avait restreint de lui-même sa contrainte, contrepartie sanglante, en la réduisant le plus possible. Qu’est-ce qui avait changé quand les flammes des prunelles de Sky avaient croisés celles de charbons de la jeune femme? Lui-même ne le sait pas, et ne préférait pas y réfléchir, comme si avouer son attachement fou à sa pactisante ne ferait que jeter un voile pourpre à leur histoire.
    Et pourtant, alors que la rage lui brulait les sens, le cœur en charpie par la sensation qui l’avait traversé à l’instant, Sky, girouette sentimentale sans attache, devait bien avouer qu’il y tenait à sa putain de petite asiatique.

    Qu’est-ce qu’elle avait foutue ?
    S’être mise en danger n’était pas nouveau pour la poussière d’étoile, il adorait même ressentir ce doublon d’adrénaline, cette peur qui courrait sous la peau de sa partenaire, frisson d’une ombre, dans l’attente du coup d’éclat. C’était encore plus fort quand le jeune homme se trouvait à ses côtés. Mais là, ça avait été beaucoup plus que l’excitation du combat. Il l’avait ressenti, mais avait confiance en Aya, en ses capacités de tueuse professionnelle. Sans même son appui, il la savait capable de bruler des vies aussi facilement qu’il lui était de respirer.
    Elle vivait pour ça.
    Pas uniquement, bien sur, mais c’était un des aspects de sa personnalité qui les rapprochaient le plus, ce jeu ténébreux, entre un rayon de lumière crépitant. Sa fragilité l’avait séduit, mais c’était cette rage, cette force qu’il avait perçu, qui avait fini par convaincre Sky de l’approcher. Elle marchait sur les braises de sa vie et pourtant était toujours debout. Depuis quelques années, il était devenu son ombre, croque-mitaine pourpre au sourire torve.
    Aya était la seule, la seule qui comptait réellement à ses yeux luisants.
    De l’amour ? Non, Sky n’était que passion, et ce qu’il éprouvait pour le Cerbère était différent. C’était plus compliqué que ça, attachement qui avait transcendé la simple collaboration, matérialisation d’un souhait balbutié sous une pluie battante. Tout ça caché sous des insultes et des regards acérés, sous le silence agacé d’Aya, mais tout deux savaient. Qu’au combat, ils n’étaient qu’un.

    Du silence. Glacial. Il n’y avait plus que ça dans son esprit, et cette peur fugace mais tellement forte qu’il avait ressenti quand Aya avait chuté. De trop.
    Trop tard.
    A l’autre bout de la ville, une clope se consumant au bord de ses lèvres, Sky s’était figé, dans l’attente. De voir Aya se redresser, hurler à la mort et les dépecer de toute sa rage. En général, il veillait de loin. Sky avait vu, ses meurtres, ses missions, ses larmes essuyées dans du sang, et même cette scène sanglante où le moustique s’était opposé à sa vengeance.
    Pauvre con.
    Les secondes avaient filé et rien … le noir total, plus encore que les ténèbres qui partageaient leurs âmes. La clope avait fini écrabouillée par le talon rageur du stella qui disparut dans un claquement sonore. Son caractéristique de ses aller et venues.

    Qu’est-ce que t’as foutu, gamine ? Réponds bordel ! Aya !
    Le signal sonnait dans le vide, autant dans la sensation de son esprit, qu’au combiné. L’appart était vide. Forcément, elle n’y avait pas remis les pieds depuis des mois. La ruelle aussi. Pas d’ombre malicieuse, ni chez le Doc, ni sur le lieu de son prochain contrat comme aux alentours du bar appartenant aux Fidanzati.
    Son poing s’écrasa sur le mur, de frustration, provoquant une fine fissure. Le claquement suivant fut plus vif.
    Sky n’était plus qu’angoisse sourde, colère et refus d’accepter ce qu’il pressentait.
    Pas d’écho. Inconscience de la jeune femme pour qui son inquiétude grandissait à mesure que sa patience s’amenuisait.
    Rien non plus chez Leo, ce bouffon qui suivait ses pas. Les prunelles de flammes de Sky croisèrent celles de jade de Ray et s’étrécirent de haine. Echange silencieux. L’air se chargea d’électricité statique rageuse.
    Game over Leo.
    Ton temps est fini, sale morveux


    La porte de service du Magenta explosa sous le coup de l’apparition de Sky, tandis qu’il gravissait la ruelle, et s’élançait sur la silhouette qu’il avait aperçu. Vengeance, rancœur.
    Le clown ne riait plus.
    Les gouffres de feu du Stella étaient fous de douleur. De rage contre cet humain, ce moucheron qui avait promis, qui aurait dû veiller sur elle.
    A force, Sky s’était résolu face à la volonté d’Aya, face aux sentiments qu’il voyait danser dans les obsidiennes de sa pactisante. Pour ce minus, ce traine-savate, ce petit rien du tout ! Il avait essayé de croire que Leo pouvait la protéger. Qu’il le ferait.
    Je vais te buter.

    « Salaud.»

    Cette envie, cette pensée explosa dans la droite qu’il envoya droit dans la pommette du jeune homme, la faisant éclater sous les phalanges du Stella. Il aurait voulu le tuer, aplatir ce sourire en sang pour tapisser les murs de son désespoir.
    Sky se retenait. Parce qu’il savait… Il savait qu’elle ne lui pardonnerait jamais. Il avait deviné l’importance de cet être insignifiant et inutile aux yeux d’Aya. Trop à son goût et la situation lui donnait presque raison.
    Sa mâchoire se crispa sous la verve de ce Leo qu’il appréciait encore moins qu’avant. Pas l’ombre d’une pitié.
    « Elle est où ? »

    La question posée réduisit ses prunelles à deux fentes haineuses derrière lesquelles se cachait un sentiment d’inquiétude viscéral.

    « C’est plutôt moi qui devrait te poser cette question ! Qu’est-ce qui s’est passé ? Elle se battait et d’un coup, plus rien ! …. Dans quoi tu l’as encore embarqué !? »

    La férocité de sa voix ne baissait devant l’attitude de Leo, prêt à lui foutre sur la gueule copieusement. Ses mots étaient du venin, tout à sa rage. Une rage qui devint folle quand sa bouche se tordit dans une grimace de désespoir pur.
    L’air crépita, soudain plus lourd et électrique que jamais, particules d’énergies s’entrechoquant sous les sensations qui envahissait l’esprit de Sky. Aya avait repris connaissance. Il voyait à travers ses yeux, et la compréhension qui en découla lui glaça l’échine.
    Sursaut de panique ressenti.
    Stupeur, peur, colère, fureur, agressivité pure quand les prunelles rougeoyantes du loup pourpre vinrent se briser sur les lagons de Leo.
    Une voix aussi blanche que la neige.
    «Le GDP …»

    Tu vas morfler, enfoiré


Spoiler:
 

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Dernière édition par [Sky] Aya Murazaki le Mer 23 Nov - 7:07, édité 1 fois
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Leo Accettura

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MessageSujet: Re: Too Late. Mistakes. [S.]    Mer 23 Nov - 6:43

« Te prendre corps. Te prendre âme. »

« C’est plutôt moi qui devrait te poser cette question ! Qu’est-ce qui s’est passé ? Elle se battait et d’un coup, plus rien ! … Dans quoi tu l’as encore embarqué !? »

C’était plus fort que lui. Il ne put retenir cette grimace. Oui, où étais-tu Leo ? A courir les pâquerettes et les vilains, tu ne te rends plus compte de ce qui menace ton prochain. Plus. Tu n’as pas vu le danger que courait Aya. Ses yeux bleus tombèrent sur le choc, abattus de cette remarque. Qu’est-ce que tu foutais Leo. Loin de tout. Loin d’elle. Il serra les poings, enfonça ses ongles dans sa chair, fit blanchir phalanges, tendre d’une tension trop grande les muscles de ses bras. Aya. Leo s’en voulait. Clairement. Cela se voyait. Cela transpirait de tout son corps. Cela se puait dans ses gestes, ses tics nerveux, le tremblement de ses mains. Ça lui allait si bien et ça ne lui allait pas. Il aurait voulu effacer le temps qui lui avait manqué pour le rattraper. Le voler à quelqu’un d’autre. Pour la retrouver. La sauver. Et tu paieras le prix de ton incompétence.

Leo allait répondre, ouvrir la bouche, se défendre. Ça aurait été une perte de temps en plus, des secondes gaspillées à une engueulade futile. Mais il l’aurait fait. Se vider de cette inquiétude glaçante sur cette pile rouge. Lui dire. Lui faire comprendre. Et il ne le put. Le feu se réveilla. Brulant. Déchirant. Ses iris se contractèrent alors que cette main fermée se planta à nouveau dans le mur qui lui avait mordu une première fois la main. Qu’est-ce que c’est ? Qu’elle est cette chose qui te mortifie à ce point, lion égaré ? Quelle est cette peur qui, d’Aya, filtre jusque dans tes veines, te parcourant de réminiscence de ces dernières heures. Venin de la réalité. Poison de ce futur qui t’attend. La malédiction te marque. La Fatalité se moque.

« Le GDP… »

Tu étais prévenu, Bouffon. Trou noir de cette réponse. Leo chavira, laissa échapper une suite incompréhensible de voyelles, de consonnes, de syllabes. Si la voix de Sky était blanche comme la neige, ce fut le visage du brun qui se glaça, teint livide d’un mort en sursis. Et toujours cette peur qui gravissait les échelons de sa logique, se noyant dans celle qu’il percevait d’Aya. Bordel.

La surprise. Son choc, dura. Un peu. Une poignée de secondes. Où la Terre cessa sa ronde, valse sur elle-même. Où le vent s’arrêta de souffler. Où le monde se figea dans la pire des distorsions possibles. Il ne respira plus, malgré lui. Attendant que la sentence de ces paroles ne leur tombe dessus. Mais ce n’était qu’une poignée de secondes jetées dans l’océan de cette histoire. Quelque chose devint plus fort. Plus fort que cette crainte. Plus fort que l’horreur lui marquant les traits. Plus fort que tout. Que cette rage du stella envers Leo. Que cette colère envers Sky. Que cette cruauté se jouant d’eux.

Son regard de foudre, il le posa sur la Foudre elle-même. Il y avait dans ces iris, en plus que cette délicieuse douleur, une nouvelle détermination. Leo était imbattable, inabattable. Alors qu’il redécouvre à peine la notion de marcher, de respirer, il scelle cette distance entre eux, par ses mains, en sang, qu’il porte au col du rouge. Qu’il tire jusqu’à lui, alors que l’être stellaire est plus grand que lui. De ce fait, il le force à se pencher jusqu’à lui. Qu’importe la violence qu’il doit mettre dans ce geste. Il aurait pu jurer. Il aurait pu l’engueuler. Il aurait pu le frapper, le violenter, le blesser. Mais ces occasions étaient révolues. Il y a tellement plus important. Aya.

« Tu vas me la retrouver. Qu’importe le temps qu’il te faudra. Que ça te plaise ou non… Je ne pense pas que tu aies le choix. »

Il n’y avait pas eu de paroles rassurantes. Il n’y avait pas eu de regard chaleureux. Il n’y avait pas eu de nouvelles apaisantes. Il n’y avait que la cruauté même de cette histoire qui les poursuivait. Inlassablement. Inévitablement. Quand pourraient-ils enfin briser ce cycle ? Se détacher de ces chaînes, de ces poids les trainant profondément dans le bourbier de cette Lune. Il n’y avait aucune certitude. Juste cette détermination. Que Leo se redresserait. Toujours. Sans que le coût de cette solution ne le pèse. Sans que les blessures ne comptent. Sans que, jamais, il n’abandonne.

Horizon planta une dernière fois ses yeux dans ceux, carmins, du stella. Il avait peur. Pas de lui. Pas de cette rancune, de cette rage toute destinée à sa personne. Il n’en avait que faire. Leo n’avait pas d’importance. Il s’attirerait toutes les foudres s’il le faudrait. Qu’elles soient stellaires ou humaines. Est-ce que tu le vois, Sky, ce que cet idiot serait prêt à faire pour ton idiote ? Les raisons n’avaient pas d’importance. De comprendre comment elle avait fait pour se retrouver dans une telle situation, entrainant par la même occasion ces deux ombres se bousculant en tentant de la rattraper. Leo avait sa petite idée et ça s’arrêtait là. Son cerveau était saturé. De neurotransmetteurs qui n’avaient pas leur place, qui s’amusaient de lui faire ressentir mille-et-une sensations.

Un claquement de langue plus tard, furieux contre lui-même, encore, il relâcha sa prise, reculant d’un pas et ensuite d’un deuxième. Il tourna le dos à cette étoile, faisant fi des reproches qu’il s’attirerait. Des remarques ou des protestations. Leo n’avait pas été capable de la protéger, oui. Sky était comme lui. Un imbécile. Il se pinça l’arête du nez, souffla, agacé. Il aurait voulu arrêter. Prendre une pause. S’asseoir, se lamenter et repartir. Ce n’était plus possible. Ces jours seront les pires de ta vie, mais tu survivras… Je l’espère ♥

Il attendit. Que l’orage qui grondait se calme. Que les tremblements de ses bras s’atténuent un minimum. Qu’il puisse chercher une solution logique, sans la trouver. Ah… Il passa une main dans ses cheveux, tapa du pied contre le sol. Ca n’allait pas. Ca le restera jusqu’à ce que tu la retrouves. Ainsi ton cœur pourra à nouveau battre sans te lacérer les côtes, te vriller de douleur en ne pensait qu’à elle. Rien qu’à Elle.

« T’arrêtes de ruminer. On y va ? »

C'était aussi bon pour lui que pour le stella. On y va. Trouve-la-moi. Ne me laisse pas que son odeur sur les draps. Tu es la seul corde à laquelle je peux me rattacher. Ne me lâches pas. S’il-te-plait, trouves-la-moi.

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Aya Murazaki [Sky]

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MessageSujet: Re: Too Late. Mistakes. [S.]    Ven 25 Nov - 20:46


Ses abysses sont ton royaume
Son sourire ton salut
Ses cris, la mélodie de tes pas.
Reine pourpre de tes nuits,
De ton existence.



    Un frisson lui déchira l’échine.
    De la peur, pure et froide comme la lame de ce katana qu’il avait si souvent vu pointé dans sa direction, sous son sourire moqueur.
    Une fraction de seconde, Sky n’était plus dans cette ruelle, devant ce moustique qu’il avait envie plus que tout, d’écraser, d’effacer d’un claquement de doigt. Non, les pavés avaient été remplacés par des carreaux blancs et gris, la lumière aveuglait ce double regard qui parcourait la salle sans vitre ni fenêtre. Il était en elle, Aya le savait, s’accrochant de ses doigts ensanglantés sur le lien qui les reliait, intangible mais toujours bien solide malgré la faiblesse de son corps.
    La jeune femme était à bout de souffle. Un grondement perça de sa gorge au râle qu’elle laissa échapper. Ils avaient osé. Toucher. Mettre le Cerbère à terre, teinter ses larmes d’un désespoir qui gagnait du terrain, doucement et surement au fond de son cœur. Aya n’était que rage et résistance.
    Ses yeux bordés de noirs aussi provocateurs que possibles alors que les coups s’étaient abattus, la plongeant dans un univers de sang et de balles qu’elle connaissait par cœur. Elle luttait encore, immobilisée sur cette chaise dont les barreaux s’enfonçaient dans ses côtes douloureuses, cassées.
    Et la compréhension n’avait pas mis longtemps à percer des limbes de son esprit encore un peu sonné.

    Aussi téméraire, si ce n’était plus, Sky n’avait jamais eu vraiment peur de quoi que ce soit. Adversaire en tout genre, humains, moucherons, stella, Luna, rien ne le faisait reculer. Arrogance ? Non, c’était plutôt de l’inconscience, mordante. Assurance cruelle. Expérience. Une envie meurtrière et folle de mordre l’autre jusqu’au sang, lui faire regretter de s’être interposé, d’avoir seulement osé le penser. Il était la Foudre, inconstance invétérée, luciole chaude et dangereuse qui vous claquait entre les doigts en vous riant au nez.
    Eclair vengeur qui frappait au hasard. Ou presque.
    La peur n’était pas son domaine, et pourtant, en cet instant, les sens de Sky se glacèrent sous la sensation de panique de sa pactisante. Pas de pleurs, juste une appréhension grandissante et une révolte désespérée.

    N’abandonne pas, gamine. N’abandonne jamais.
    Reste à jamais cette ombre dans lequel mon éclat se fond.
    Mon Monde


    Il essayait de se persuader qu’Aya était forte. Croire en cette certitude qui avait brulé son être à la vue de la jeune fille en larmes. Elle était sa reine pourpre, le Cerbère. Résistante jusqu’à sa dernière larme. Lame. Mais cette inquiétude sourde qui le reliait à elle l’empêchait d’en être sur à cent pour cent.
    Colère bouillonnante contre ce faiseur de promesses illusoires. Cet asticot de chevalier à la manque qui balbutiait en entendant le mot qui avait filtré entre les dents serrés du stella. Tout comme lui, il ne voulait pas le croire.
    Mais c’est la vérité, petit merdeux. Aussi acide que ce monde duquel tu as voulu la sortir. C’est de ta faute ! c’est de ta faute !

    « Je le savais. Elle n’aurait jamais du te faire confiance. Moi non plus ! »

    Les étincelles, chaudes, coupantes, crépitaient autour de sa silhouette, alors qu’il sentait également un autre appel. Celui fait à la lune par son intermédiaire.
    Aya tentait de se défendre, bruler l’espace entre son tortionnaire et elle. Elle forçait le lien, comme toujours, puisant dans des réserves déjà bien basses, rouvrant des blessures à peine guéries.
    La rage au fond du cœur, au fond de ses prunelles sang, Sky se pencha, fixant sa paume avec une grimace en sentant la contrepartie affluée. Il fallait qu’elle arrête ça, tout de suite. Idiote.
    Indécis, il était partagé : il fallait qu’elle s’en sorte, mais comment faire ? Pousser les résistances, les savoirs encore plus loin pour espérer s’en sortir, ou se garder en vie dans l’espoir qu’on la sorte de là.
    Une chose était sure : Aya ne devait pas mourir, ne pouvait pas mourir. Plus question d’égoïsme, si ce n’était la solitude d’un éclat. Sky avait beau le réfuter, il l’adorait.
    Leurs coups de gueules, leurs voyages, leurs silences enfumés, leurs rares contacts. Il voulait encore l’enquiquiner, la faire rager, pleurer, mourir d’énervement au coin de ses yeux. Il en avait besoin.
    Il avait promis.
    Plus encore que cet humain qui se relevait pour le prendre par le col malgré le risque de son geste. Pas le moins du monde impressionné par la prise des mains de Leo sur son col, la Foudre planta son regard dans celui du Bouffon.
    Quel numéro pitoyable vas-tu encore nous faire, avorton ?
    Le stella posa à son tour ses doigts sur les poignets du jeune homme, brulant légèrement les manches du vêtement, son corps bouillait littéralement, d’un feu dont ses prunelles n’abritaient que l’ombre.

    « Tu vas me la retrouver. Qu’importe le temps qu’il te faudra. Que ça te plaise ou non… Je ne pense pas que tu aies le choix. »

    Deux regards froids qui se jaugeaient dans la douleur.
    Sky aurait pu faire valser le corps de l’humain contre le mur, mais se contenta de le laisser reculer sous un petit sourire narquois qui avait pris place sur ses lèvres. Leo était incapable de la localiser, malgré ce lien éphémère qui planait entre les deux pactisants. Plus timide que le fil d’or qui reliait Aya à Sky.
    Autre origine.

    « Quand on demande un service, on est plus poli non ?! Elle tient à toi, plus que de raison. C’est uniquement pour ça que je te dirais où elle est. »

    Pour elle, rien que pour elle.

    « Essayes donc de racheter ta ridicule promesse, humain. »

    Le regard qu’il jeta à Leo était écœuré, déçu et meurtrier.
    Sky ferma ses gouffres de mercure sur le monde, se plongeant dans la vision d’une Aya à la lèvre fendue sous les coups, au regard brulant, pour s’y fondre, remonter plus loin cette impression de proximité. L’évaluer. Froncer des sourcils sous les couches de béton qui rendait la recherche difficile, attraper, enrouler cette sensations autour de ses doigts pour s’y accrocher, y planter ses griffes.

    « T’arrêtes de ruminer. On y va ? »

    Pardon ? Il se prenait pour qui, le gringalet à la belle gueule là ?
    Les prunelles sang du stella fusillèrent le dos de Leo, comme pour le cribler de bal. Une moue agacée pinça ses lèvres, tandis qu’il s’allumait une clope, disparaissant dans un claquement plus sonore pour réapparaître une seconde plus tard, sur un toit d’une bâtisse du fond de la rue.

    « Ta gueule. T’arrives l’asticot ? »

    Il n’était plus le temps de provocation, d’humour acide, même si c’était loin d’être fini entre ces deux –là. Mais tout comme Leo, Sky ressentait cette urgence qui lui enserrait les tripes, cette alarme qui résonnait à ses oreilles. Survie. La sienne, celle d’Aya.
    De tous ceux qui se cachaient derrière l’ombre de la lieutenante de July aussi.
    Frontline.
    Après un dernier regard en arrière, voile carmin jeté sur une opaline qui le narguait de son existence, il disparut à nouveau, suivant ce fil de vie qu’il était le seul à percevoir.

    Plus vite, humain. Je ne t’attendrais pas.

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Leo Accettura

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MessageSujet: Re: Too Late. Mistakes. [S.]    Lun 28 Nov - 19:44

« Tu le vis dans ses yeux. Le bleu de sa vie. »

Il aurait voulu. Voir. Ce que voyait ce stella. Ressentir. Ce que ressentait ce stella. Vivre. Ce que vivait ce stella. Une approche désespérée de ce qui le reliait encore à cette silhouette sombre. Alors que l’éclair rouge s’était arrêté, figé dans un temps qui ne lui appartenait pas, dans une scène qu’il ne jouait pas. Etre en symbiose avec sa pactisante. Vivre sur le même fil tenu d’une vie unique. Ses yeux se pincèrent, alors qu’il jalousa cette capacité qu’avait Sky de s’approcher un peu plus du vécu de la nippone. Savoir, sans avoir besoin de se demander. Connaitre, sans devoir se soucier. Les réponses appartenaient à Sky. Les questions, elles, restaient pour Leo. C’est mieux ainsi, moucheron. Vraiment. Aurait-il été capable de supporter cette vision ? De mettre le doigt sur le sourire cruel de la réalité ? Non. Leo n’en était pas capable. De voir de ses yeux bleus la situation dans laquelle se trouvait Aya. De détailler les blessures zébrant son corps, souillant de sang sa peau qui perlait sur le sol. La foudre qui mordait l’air, sans faire de victime. Son dos vouté, la crasse, la sueur, la peur. Il ne l’aurait pu. Ainsi, pour son bien, le lion restait dans l’ignorance.

Ainsi, pour son bien, aucun moyen ne lui permettait de la retrouver. De la localiser. De la sauver en un dernier rire comme il l’avait si souvent fait. Le monde se joue d’eux, de ces histoires qu’ils s’amusent à revivre dans toutes les déclinaisons possibles. Alors Leo encaissa les insultes que lui adresse le rouge, supporta son regard de braise qu’il posa sur le brun, un moment abattu.

« Je le savais. Elle n’aurait jamais dû te faire confiance. Moi non plus ! »

Et l’animal, dans un dernier râle, grogne, attaque. Le poing partit malgré lui. Ça lui fit du bien. De trop. Ce fut à peine si l’idiot recula. Il haussa les épaules. Il était calmé, en partie. Bien que sa mâchoire fut toujours serrée, les dos tendu par la tension accaparant ses muscles. Il se retint de dire quelque chose. D’émettre. Le moindre signe de protestation. Il se contenta de refermer les poings, de savourer la douleur lorgnant ses articulations après ce coup. Foutue étoile. Pour qui elle se prenait ? Maitre du monde ? Ouf. Zen. Respire mon Leo. Reste le bouffon pacifique et innocent que tu es. Ce rôle qui te va si bien.

Ensuite vinrent les mots, la prise par le col, faisant fi des étincelles courant sur sa peau. Horizon avait emmagasiné assez de jus depuis qu’il était avec Aya que ce n’était pas ce genre de décharge qui le ferait lâcher sa proie. Ce ne fut ni la brulure, ni les picotements dérangeants dans sa chair qui le fit bouger. Non. Il n’y eut que l’agacement assez fort pour le faire bouger. Continuer. Avait-il un autre choix ? Était-ce seulement possible de faire autrement que d’éviter de se taper sur la gueule alors que chacun en mourrait d’envie. De faire taire les désirs débiles et pourtant tellement humain, pour se concentrer sur ce point lumineux qui les unissait dans une même cause. Et si la finalité de cette histoire était trop sombre pour être esquissé dans ce rp ? Et si, il y avait une fin plus horrible que celles qu’ils s’imaginent, tard le soir ?

Sa langue claqua. Il reprit ses esprits. Tourmentés. Echauffés. Alarmés. Ca grouillait. De scénarii différents, aux mille possibilités, s’interdisant les pires. Il voulait la croire vivante. Il voulait le croire assez folle pour essayer de vivre encore un peu. Il voulait la croire assez forte pour tenir jusqu’à leur arrivée. Leo avait confiance en Aya. Elle n’avait pas intérêt à le décevoir. Pas maintenant. Ce serait mortel pour ces trois-là.

« Quand on demande un service, on est plus poli non ?! Elle tient à toi, plus que de raison. C’est uniquement pour ça que je te dirais où elle est. Essayes donc de racheter ta ridicule promesse, humain. »

Et respires. Ne te laisses pas avoir par ses paroles provocatrices, alors que l’envie te dérange. Ecoute les conseils que Ray, en observateur des ténèbres, te susurre, te rassure. Il te raconte des blagues idiotes qui ne te calment pas. Il te parle de rien, pour vider ton esprit, t’apaiser. Ça ne fonctionne pas. Malgré tous les efforts qu’il fait, toutes les insultes qu’il fait pleuvoir sur la poire de son ami stella rouge. Car à présent, tu ne vois plus que la vie en rouge et en noir. Rouge de lui. Noire d’elle. Rouge de ce sang qui s’échappe. Noire de cette colère qui gronde. Rouge de ce ciel qui se couche. Noire de cet inconnu qui t’obsède. Tu inspires. Tu expires. Tu vis.

Et elle, pour combien de temps ?

« Toi, de remplir correctement les closes de votre contrat. » Incapable.

Ravaler cette dernière remarque, et partir, au signal de départ offert par le stella. Il suit Sky des yeux, en un premier temps. L’instant d’un battement de cil et d’un bruit sourd. Leo se surprit à sourire. D’un amusement qui se fit joueur de la situation, avant de disparaitre sous un regard plus sérieux du bouffon. Une main passa dans ses cheveux, avant de se mettre à courir. Courir. Tu as de l’entrainement maintenant. Un pas devant l’autre, sauter, se donner l’élan nécessaire pour atteindre le toit, doublé d’un pacte malicieux, aux reflets turquoise qui borde ses pieds. Il est moins rapide que la foudre. C’est normal. Mais il ne se laisse pas distancer. Il ne le peut. L’adrénaline reprend lentement le dessus sur cette crainte lui saturant le cerveau. Inconsciemment, il analyse les rues, les quartiers. Sky prend de la distance, parfois, mais s’arrête, parfois, pour attendre un Leo qui s’empêche de s’essouffler, surplombant les rues vivantes de Milan, ne prenant plus la peine de les détailler.

Leo n’a plus sa place dans ce monde. Il le sait. S’en moque presque. L’excitation l’empêche de regretter une vie d’ignorance. Pour le peu qu’il vit à ce moment, ça l’insupporte, le débecte. Leo veut comprendre. La trouver. La sauver. L’embrasser. L’aimer.

Elle est là.

C’est un cri qui te déchire les entrailles, tandis qu’au loin se dessine un bâtiment quelconque. Tu accélères du mieux que tu peux et rejoins le corps du stella qui observe déjà le lieu. Leo voudrait sauter, éventrer la façade de cette bâtisse en brique, trouver Aya, la kidnapper, la voler, la récupérer, partir. Il esquissa un mouvement. Pour se jeter, corps perdu, âme fendue. Mais ce ne fut que des esquisses dans les flots continus de ses gestes, de ses pensées qui s’affolent, alors qu’il ressent à nouveau un semblant de lien. Alors que cette inquiétude sourde lui mordit à nouveau les sens, reprenant sa place dans plusieurs coins de son estomac.

L’envie est là. De tout tordre, de la rejoindre. Il fronça les sourcils, s’approcha du bord. Les bruits de la rue piétonne, non loin, leur parvint. Leo grimaça. Allait-il tenté un suicide, tout de suite, maintenant ?

« »

Il se tut, observant la cachette du GDP. Ses sens étaient en alerte. Etre à proximité d’une base de ces agents du gouvernement n’était pas sans risque. De ses souvenirs, c’était la deuxième fois qu’il se retrouvait aussi proche de ce genre d’édifice. Et la première n’était pas très glorieuse. Hiver de sang. Il parcourut en surface l’entreprise, le nom « Dynamic Color », les fenêtres aux stores fermés, quelques-unes d’où s’échappait un éclairage artificiel. Sa gorge était nouée sous la tension, la rage parcourant ses veines beaucoup trop rapidement. Il voulait y aller. Il voulait y aller. Il voulait y aller. Pour te tuer ? Pour la sauver. Idiot.

Ce fut plus que palpable. Cette ligne inéluctable, qui les mènerait ici, à l’intérieur. En plein dans la gueule du loup. Se planter sous ses crocs pour faciliter encore plus le travail de leur prédateur naturel. Mais pas maintenant. Pas tout de suite. Idiot.

Aya…

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MessageSujet: Re: Too Late. Mistakes. [S.]    Ven 2 Déc - 16:56


Tu ne peux l’accepter
Tu l’as déjà perdue dans ses bras, à lui.
Tu ne laisseras pas les choses se répéter.


    Il y avait toujours cette vision, ces odeurs d’acier et de sang, amères, dans un coin de son esprit, qu’il n’arrivait pas à chasser.
    Relier à elle, à jamais.
    Midnight Queen.
    Sky n’aimait pas ça, frissonnait sous sa chemise, de sensations qu’il ressentait malgré lui, malgré sa résistance à elle. Il voyait. Il voyait, ne pouvait s’en empêcher. Le stella aurait voulu montrer à sa pactisante, ce qu’il voyait lui, au travers de ses prunelles rouge sang.

    «Toi, de remplir correctement les closes de votre contrat. »

    Cet avorton qui mériterait un ravalement de façade de sa part…
    Leo, ce petit bouffon, en vie.
    Ne serait-ce que pour la rassurer un peu.
    Parce qu’il savait qu’elle s’inquiétait pour lui, c’était bien son genre à la petiote. S’en faire pour les autres alors qu’elle était dans la merde jusqu’au cou.
    Attention cachée sous un masque sombre.
    Mais il ne pouvait pas, son impuissance le brisait, et c’est un nouveau sifflement sonore, claquement d’étincelles qui marqua sa disparation, plus fort. Une rage monstrueuse pulsait en lui, comme jamais.
    On ne s’attaquait pas à Aya. Il n’y avait rien d’autre à comprendre, qu’une immense erreur, qu’ils n’auraient pas du tenter. Le GDP, fils de pute .
    Qu’il n’aurait pas dû faire.
    Il se maudissait, tout autant que l’ombre bleuté qui le suivait du mieux qu’il pouvait. L’humain commençait à s’essouffler mais la foudre ne ferait preuve d’aucune pitié envers Leo.
    Si Aya était redoutable, Sky était un cauchemar arpentant les toits de Milan.
    Il est l’ombre du Cerbère, insaisissable et tellement dangereuse derrière ce sourire qu’il n’affiche plus. Une violence à l’état brut, pur.
    Une menace qui se contenait au fur et à mesure qu’il remontait cette sensation, ce sentiment diffus de se rapprocher de la seule à pouvoir réellement éclairer ses nuits. Un murmure qui courrait sous sa peau, l’appelant de toutes les forces de sa pactisante, dont les yeux se perleraient de larmes. Ils allaient lui payer, ne seraient bientôt qu’un tas de cendre fumante, devant sa colère.
    Tout le charme et le bagou dont Sky pouvait être capable avait disparu, effacé par cette inquiétude qui marquait ses prunelles. La tension de son corps de poussière était presque palpable autour de lui, pression de l’air étouffante. Il était incapable de retenir les manifestations de sa propre angoisse alors même que le jeune homme insultait celle qui suintait des fentes bleues de son homologue masculin.
    Loin d’être son égal, cependant. Et d’un rictus moqueur, acerbe, il l’attendit encore une fois, en équilibre sur un toit pour disparaître quelques petits mètres plus loin.
    Il aurait besoin de Leo, et cette constatation lui brulait la langue d’acidité.

    Pensée qui malheureusement, pour lui, se confirma quand il fut tout proche. A la hauteur pour percevoir ce lien qui pulsait au rythme de deux cœurs reliés, dont l’un était enfermé dans cette grande bâtisse vitrée. S’il avait hésité quelques instants auparavant, à un croisement, Sky en était à présent sur et certain. Elle était ici. Aya était ici
    C’était tellement fort que ça semblait hurler dans son esprit, de clarté, de véracité.

    Un souffle plus tard, la silhouette de Leo fut à ses côtés.
    Son regard coula sur le corps de l’humain, avant de s’accroupir pour observer la structure qui leur faisait face. Le stella sentait l’impatience qui perlait de l’attitude de Leo, son envie jumelle de tout faire éclater, pour la sortir de là, en un seul morceau.
    C’était bien ça le problème…. Fermant ses prunelles de nuits d’enfer sur le monde, un filet d’étincelle fila d’entre ses jambes pour se diriger vers la cache du GDP, faisant éclater quelques ampoules sous son passage fugace.
    Une grimace sombre marqua ses traits à mesure que l’infime partie de son pouvoir se rapprochait, aidé par les circuits électriques, trop nombreux pour n’être pas un atout. A voir.
    Le sang de ses cheveux cacha un instant son visage concentré avant qu’il ne tourne la tête vers Leo. Sang contre eau.
    Ce qui transparaissait dans son regard était d’une honnêteté poignante. Au-delà de la colère, de cette haine qu’il avait pour l’humain, Sky était au fond désemparé par la situation, et surtout … inquiet.

    « - J’aurais bien fait tout péter… On leur explose la tronche et on la récupère, mais elle n’y survivra pas. »

    Il se détestait de dire ça, sachant pourtant que ce n’était pas trahir sa pactisante. Juste percevoir son épuisement qui s’amplifiait sous le liquide injecté dans ses veines, sous les coups qui pleuvaient alors que ses lèvres restaient closes. Assassines.

    « - Même si je lui insufflais les trois quart de mon pouvoir, il n’y aurait qu’une toute petite chance qu’elle s’en sorte. »
    Aucune chance même, mais Sky tût cette pensée. Culpabilité d’une compensation encore trop forte.
    Son corps se tendit soudain, comme frappé d’une douleur invisible. Son souffle s’accéléra imperceptiblement alors qu’une grimace se formait sur ses lèvres. Ils n’y allaient pas de main morte… qu’avaient donc inventé ces jetés de scientifiques pour toucher si vite la nature du lien unissant pactisant et stella ?

    « - Mais on va la sortir de là ! Et leur faire payer … »

    Sa voix n’était plus qu’un murmure rauque, grondement de loup qui rappellerait sans doute l’étincelle de sa pactisante. Il serrait les poings en se relevant, mais sa colère n’était pas dirigée contre Leo. Mais contre tout ces cafards qu’il ferait griller sur un feu de joie digne de l’autre monde.
    Sky se recula, alluma une clope comme si la situation était banale. Eut un vague sourire à la pensée de cette petite asiatique qui s’accrochait toujours, envers et contre tout. Il avait fait une promesse, il la tiendrait.

    « - Il faut trouver un moyen d’y entrer. Trop de monde là…
    De front, je peux te créer une brèche, l’asticot. Il ne faudra pas compter sur moi pour faire dans la dentelle, mais je peux t’ouvrir un passage pour que t’aie une chance de la chopper.
    »

    Et la ramener. C’était une obligation.
    Avec un bâtiment de cette taille, impossible de simplement faire exploser une pièce ou deux, de toute façon, l’étoile n’en avait pas envie. Il n’était plus qu’un souffle cherchant son cœur, difficilement.
    ‘Va falloir que tu m’aides, Leo.
    Et l’humain avait intérêt d’être à la hauteur, s’il voulait se montrer digne d’Aya. Protection, attachement, colère, jalousie … cela se mélangeait dans le cœur sombre du stella, pourtant Sky était prêt à tout donner pour que l’autre puisse la retrouver. Leo ne devrait simplement pas arrêter Sky, s’il voulait son aide.
    L’un comme l’autre avait besoin des capacités de celui qu’il ne pouvait pas voir en peinture.
    Mais le temps d’un ultime battement de cœur, Sky deviendrait l’arme du bouffon, l’éclair qui illuminerait son chemin, lui ouvrant la voie, dans ce dédale sanglant.

    Une partie de lui souriait à cette idée, mais inlassablement, dans cet esprit surgit des ténèbres, résonnait un seul nom.
    Aya.

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Leo Accettura

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MessageSujet: Re: Too Late. Mistakes. [S.]    Sam 3 Déc - 13:26

« Il se sentait calme, mais surtout con. »

Con de ne pouvoir rien faire. De rester là, à attendre. Que le ciel termine de leur tomber sur la tête, qu’ils reprennent leurs esprits, se réveillent de ce mauvais cauchemar. Je te l’ai déjà dit, tu ne rêves pas. Debout, trop proche du vide, il se pencha en avant. Il reprenait son souffle, le rythme de son cœur se calmant à peine, capturé par cette inquiétude agaçante. Boum. Un coup pour lui. Boum. Un coup pour elle. Boum. Un coup pour eux. Boum. Tout recommence. Leo ne tenait pas en place, remarqua à peine qu’il piétinait, que son attention bleutée ne restait jamais très longtemps fixée sur le même point, papillonnant d’un détail à l’autre de l’édifice. C’était le boss final, le monstre de la nuit, l’adversaire par excellence. GDP. La ruche et ses abeilles en face de lui. Il avala difficilement.

Il y avait, quelque part dans ses veines, des traces d’excitation. D’une adrénaline qui l’emportait comme elle ne l’avait jamais fait. Il aurait pu trouver la situation amusante, si elle n’était pas retenue prisonnière. C’était ça. Une goutte d’excitation perdue dans l’expectative du pire. Ses doigts tremblaient, ses bras aussi. Il l’avait remarqué, mais se taisait de toute réaction. Ca l’avait surpris, au début, de voir que Sky, tandis qu’ils diminuaient cette distance cruciale, perdait son masque d’assurance. Pour au final, avoir les mêmes mimiques inquiètes que Leo. Ils étaient cons. Calmes, mais terriblement cons.

« J’aurais bien fait tout péter… On leur explose la tronche et on la récupère, mais elle n’y survivra pas. Même si je lui insufflais les trois quart de mon pouvoir, il n’y aurait qu’une toute petite chance qu’elle s’en sorte. »

Les illusions des débris de verres et de métal parvinrent à son esprit. Il se força à fermer les yeux, de chasser ces idées, couvertes du sang rouge des ennemis, et surtout de celui d’Aya. Son poing se serra jusqu’à ce que ses articulations le fassent souffrir. L’impuissance avait un goût intolérable. Elle était là, cachée dans une pièce, plus facile à trouver qu’une aiguille dans une botte de foin. Et ils n’y allaient pas. Barrière invisible du temps les retenant sur leur perchoir en observateurs incapables. Rage. Frustration. Il voulait. Tellement…

La raison s’en mêlait, amie de la sagesse. Un neurone lui indiqua que, effectivement, elle ne s’en sortirait pas s’ils menaient une attaque de front. Un autre remarqua qu’elle ne pouvait rien faire, malgré tous les pouvoirs que son pactisant pouvait lui donner. Un dernier, enfin, fit remarquer que Sky était trop optimise. Ce neurones sera, dans un futur proche, relégué parmi ceux qui ne servent à rien. Il rouvrit les yeux. Moins furieux, mais moins calme.

Soudain, il s’inquiéta de l’état de Sky qui changea brusquement. Le brun se rapprocha, inquiet. Si l’étoile était dans cet état, il désirait ignorer les pratiques dont ces agents abusaient sur Aya. Son cœur se serra, malgré lui, s’arrêtant au deuxième battement, coup pour elle.

« Mais on va la sortir de là ! Et leur faire payer … »
« Toi, tu tiendras jusque-là ? »

Ce n’était pas dans le but de diminuer Sky. Leo avait besoin de savoir si le stella serait apte à faire ce boulot, jusqu’au bout. Bien qu’il se redressa, bien qu’il s’alluma une clope. Les jeux de façades n’avaient pas de quoi tenir dans une telle situation. L’orgueil des stellas, il connaissait. Surtout celui de cette étoile rouge. Le brun ne pouvait se permettre d’en demander trop, craignant les répercutions qu’il y aurait sur la pactisante au regard d’encre. Il craignait que le fumeur ne disparaisse dans cette fumée qu’il aurait lui-même soufflé, pour rejoindre son ciel natal. Sa disparition aurait un poids trop important. T’as pas intérêt à crever, le rouge.

« Il faut trouver un moyen d’y entrer. Trop de monde là… De front, je peux te créer une brèche, l’asticot. Il ne faudra pas compter sur moi pour faire dans la dentelle, mais je peux t’ouvrir un passage pour que t’ait une chance de la chopper. »

Leo se redressa vivement, passa une main dans ses cheveux, sur son visage. Ils avaient passé assez de temps à se lamenter sur ce qu’il leur arrivait. Il était venu le temps d’agir. Avant d’aller trop vite, il fallait trouver la bonne méthode pour commencer. Chi va piano va sano. Dicton de merde. Ils ne pouvaient se permettre de prendre trop de temps. Ils ne savaient pas combien de temps Aya survivrait entre les griffes du GDP. Hésiter était un luxe qu’ils ne pouvaient s’offrir. Il posa une main sur l’épaule de Sky avant de s’éloigner du bord, reculer un peu en ne perdant pas de vue la façade de l’entreprise.

« On n’a pas le choix. Aya est forte. Mais ni toi, ni moi ne savons à quel point ils le sont, eux. »

Ni combien de temps elle tiendra. Cette pensée lui déchira le cœur, au point qu’il ne put la prononcer, bien que l’air soudainement affligé ne manqua pas de l’exprimer à sa place. Elle en savait beaucoup trop. C’était un risque important, qu’elle divulgue n’importe quelle information. Un risque qu’ils ne pouvaient prendre, alors que ce dernier leur pendant sous le nez. Leo avait confiance en Aya, oui. Et il avait peur des moyens qu’usaient le GDP. Tch. Il se prit la tête entre les mains, tourna presque en rond, s’arrêta, porta son attention sur le stella. Leo était déterminé. Il ne la laisserait pas tomber. Jamais.

« C’est bien de rentrer, mais il faut aussi sortir, ne l’oublies pas. Prendre l’entrée principale n’est pas la meilleure idée. Il faudrait une diversion, attaquer de nuit, être… »

Le fil des idées était lancé, comme une boule de neige qui continue de rouler, entrainant d’autres options, d’autres possibilités. Ses iris passaient de Sky au bâtiment. Du bâtiment à Sky. Leo n’était peut-être pas très utile, mais il y avait certaines choses qui, indéniablement, pouvaient être utile, dans son cerveau. Il eut une pensée pour tout ce qu’il avait déjà fait, avec le Réseau, et avant. Au moins, il avait de l’expérience. Et ceci était un cadeau inestimable.

S’il était un bouffon, par le passé, Leo ne l’était plus. Il n’y avait que Leo, un plan en tête, un Sky furax. Et elle, perdue. Aya.

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Aya Murazaki [Sky]

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MessageSujet: Re: Too Late. Mistakes. [S.]    Jeu 8 Déc - 20:38



Il y a du sang sur tes mains
Du sang au coin de sa bouche.
Tu es sa douleur, son salut, son raffut.



    Sur sa paume, aucune trace du liquide pourpre qu’il sentait s’écouler des plaies de sa pactisante. Frisson sur sa peau, glacé au fond de son cœur.
    Juste le fil d’une existence qui vacille, comme poussée par un ouragan trop grand pour celle qui en tient l’attache entre ses doigts. Ce n’était pas une douleur intense, même si Sky se doutait que la fulgurance qui lui avait saisie l’échine reviendrait le narguer, douleur taquine d’une nuit qui s’abattait sur eux. C’était une sensation diffuse, comme si quelqu’un drainait son énergie au travers des assauts furieux d’Aya qui essayait de tuer l’ombre qui s’approchait trop près d’elle.
    Elle s’épuisait, mais refusait ne serait-ce que de penser à abandonner.
    Le stella n’avait pas accès à ses pensées, mais il savait, il sentait la nervosité qui traversait les veines de la jeune captive.
    Tiens bon, je t’en supplie
    Pour lui, aussi. Ombre turquoise qui serrait les poings de frustration. Sky aurait dû en être heureux. Le moustique était éloigné d’elle, impuissant, seul dans sa merde. Mais les circonstances qu’il avait rêvées avaient bien changé les choses.
    Tendus sur ce toit dangereusement trop près, ils étaient liés par cette même angoisse qui leur bouffait les tripes, comme un poison qui sinueusement faisait son ouvrage.
    Creusant la tombe de leur sentiment, de leur rage.

    « Toi, tu tiendras jusque-là ? »

    Un regard torve, sombre coula jusqu’à la silhouette du jeune homme qui s’était rapproché. Avalant une grande goulée d’air, comme s’il avait eu besoin de ça pour reprendre le contrôle de son enveloppe – habitudes toutes humaines devenues une deuxième nature - se redresser, Sky hocha la tête.
    Lèvres pincées, lueur sauvage, sa vengeance serait terrible.
    Les carcasses des agents grilleraient aussi facilement que le bout de la clope qu’il s’était allumé, encore un réflexe humain dont le stella ne semblait plus pouvoir se passer. Cacher la nervosité ambiante sous une couche de goudron bien opaque.
    Il n’aurait pas été jusqu’à en proposer une à Leo – c’était ses clopes, non mais !
    Mais il le comprenait, un peu. Comme on touche la surface d’une chose sans jamais pouvoir l’appréhender complètement. Sky avait du mal avec Leo, et cela depuis le premier jour.
    Avec cet attachement particulier qui le liait à Aya
    Avec ces regards qu’elle lui jetait, même au début de cette année, croisement de leur vie.
    Avec ces prunelles si différentes de l’enfer des siennes.

    Mais il pourrait très bientôt aller ruminer tout ce que Leo ne possédait pas pour convenir à sa protégée, pour le moment, seul comptait l’instant. Une solution.
    Oublier la brulure de ce contact sur son épaule, peau devenue plus sensible sous les plis du vêtement.
    Tirer une dernière taffe en grimaçant.

    « Elle n’abandonnera pas. »

    « Jamais » ne pouvait être prononcé, la certitude du mot raturée par les coups à répétitions qui pleuvaient sur le corps de la jeune femme. Elle était forte oui. Sa volonté ne lâcherait pas aussi facilement que son corps. Elle n’en serait pas arrivée jusque là sans une telle force d’esprit. Elle ne pouvait tout simplement pas leur laisser une emprise sur sa vie. Sur sa peau.
    Son abandon signera sa fin, tous les trois le savaient.

    Sky avait confiance, malgré la peur. Son regard ne vacilla pas quand il rencontra celui, douloureux, du jeune homme à ses côtés.
    Le Cerbère ne plierait pas l’échine. Pas tout de suite, il se forçait à le croire, insufflant une pointe de moquerie rassurante au travers du lien qui le liait à son ombre sombre, sans savoir exactement si cela la toucherait.
    Sky détestait ça. Il était comme Leo, comme cet humain.
    Il ne pouvait faire qu’espérer, croire.

    « C’est bien de rentrer, mais il faut aussi sortir, ne l’oublies pas. Prendre l’entrée principale n’est pas la meilleure idée. Il faudrait une diversion, attaquer de nuit, être… »

    « L’effet de surprise est notre meilleur atout. Ils se sentent tellement en sécurité dans leur boite de conserve qu’ils mettront du temps à réagir, ces idiots. De nuit, c’est mieux… Par contre si je dois te guider, une simple explosion ne suffira pas à faire diversion, pas assez longtemps. »

    Pas assez longtemps pour ne pas les avoir à leurs trousses quelques minutes seulement après être rentrés.
    Pas assez longtemps pour la sortir de là, à l’air libre qu’elle chérissait tant.
    Simple était ici un euphémisme, mais Sky, malgré ses dires refusait de sous-estimer le GDP.
    Et il ne savait pas lui-même dans quel état il se trouverait, lui et Aya. Elle prenait le plus gros du choc et cette pensée le révolta. L’inverse, ça aurait du être l’inverse.
    Plus calmement que les réflexions apparentes de Leo, l’esprit du stella était tout autant en ébullition, sourcils froncés dans une mimique plus sérieuse que n’importe quel masque qu’il adorait endosser pour se jouer de son inhumanité.

    « Les contacts d’Aya ne nous aideront pas. Trop cher à payer, même pour les occuper un moment… les partisants de July … »

    Ses pensées s’échappaient de ses lèvres sans qu’il en ai véritablement conscience, posant un regard interrogateur sur Leo. Envoyer des pactisants liés au camp de July en diversion ne serait-ce pas jouer le jeu de l’ennemi ? Leur amener leur cible sur un plateau, même pour récupérer l’une des leurs ?
    Le désespoir d’une étoile en valait-il la peine ?
    Il les passa en revue intérieurement, soupirant bruyamment. Trop inexpérimentés, trop fragiles … Il regretta ceux dont le regard s’était éteint dans une autre explosion de verre brisé. Ce russe bâti comme une armoire à glace, au sourire si avenant … Il aurait été bien utile.

    « Si on doit se débrouiller seuls, il faut déterminer le moment où il y aura le moins de monde. Pour la sortie, on improvisera ».

    Nature éphémère et changeante qui revenait, étoile virevoltante aussi vivement que ses étincelles, Sky suivait rarement un plan établi jusqu’au bout. Il faudrait sortir oui. Et ils y arriveraient, quoi qu’il en coute.
    Il se détourna un moment de la bâtisse, penchant la tête vers ce ciel qui ne l’aiderait pas.

    « On observe, mais on agit vite ».

    Évidence de l’urgence de la situation. Un claquement retentit, Sky était déjà dans l’ombre de la ruelle en bas, jetant à peine un regard à la silhouette encore sur le toit.
    La lueur dans son regard se fit plus vive.
    Détermination.

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Too Late. Mistakes. [S.]

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