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 Je collectionne les canards

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Leo Accettura

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MessageSujet: Je collectionne les canards    Dim 1 Jan - 21:24

Spoiler:
 


Coin Coin.

Il faisait froid et il neigeait. Leo, enroulé dans sa parure des grands froids, les doigts cassés de sa main droite bien à l’abri dans sa poche, s’amusait à marcher dans des sentiers blancs que les milanais n’avaient pas encore tracés. C’était son petit plaisir d’hiver, se mouiller les pieds dans des chemins qui ne demandaient qu’à être créé, entendre le craquement de la neige sous sa semelle, l’espièglerie enfantine que ne pouvait que le faire sourire. Ce genre de rituels le mettait de bonne humeur. Il en avait bien besoin ces deniers temps. Il ne devait pas se laisser emporter par les souvenirs néfastes des jours de Décembre. D’autant plus que, bientôt, c’était l’anniversaire d’un asiatique, rebaptisée « chaton » par ses bons soins. Il ne pouvait passer à côté d’une telle occasion. Bon. Aya lui ferait certainement la tronche quelques minutes avant de rougir et de dire qu’il ne fallait pas. Patati et Patata. Toute la journée ça n’arrête pas.

Quoiqu’il en soit, l’idée de trouver un présent au Cerbère l’avait amené au marché de Noel. Il y passait tous les ans. Et tous les ans, une bonne partie des commerçants étaient les mêmes. Quand il était plus petit, ses parents l’accompagnaient, lui offrant des sucreries ou des spécialités de Noel. C’était ici, aussi, qu’il avait appris à patiner. Il n’avait pas le niveau d’un grand patineur, mais au moins, il ne tombait plus. C’était suffisant pour son autosatisfaction et pour draguer les filles. Erm, bref. Si Aya entendait ça. Est-ce qu’elle lui aurait fait une petite scène ? Hum. Il choisit de garder ce sujet dans un coin de son esprit, pour taquiner la pactisante. C’était si drôle de la voir s’énerver.

Tandis qu’il imaginait le visage rouge d’une demoiselle au regard d’encre et qu’il se retenait de pouffer, il passait de stand en stand, petites maisons de bois montées pour l’occasion des fêtes s’approchant. Il hésita longuement devant le vin chaud, avant de continuer son chemin. Il avait une mission à accomplir /o/ Trouver un cadeau pittoresque et complètement inutile pouvait parfois s’avérer plus difficile que ce qu’il paraissait. Il fourra son nez dans son écharpe noire, remit correctement son bonnet de la même couleur quand le vent d’hiver souffla un peu plus fort. 0° et c’est la fête des frileux. Après avoir pesé le pour et le contre d’une crèche de Noel en terre cuite –Leo n’était pas croyant, et il avait un doute pour Aya, à moins qu’elle ne pratiquât la magie noire- et se questionner sur la non-utilité d’un assortiment de couverts de Noel –sapins, bonhommes de neige, luges- il s’arrêta en face d’une activité pour les petits nenfants, comme le prouvait le public. Moyenne d’âge, 10 ans. Objectif : les lots à gagner. La mission : Pêche aux canards.

Si bien ces petits connards canards en plastiques flottaient gaiment dans leur circuit d’eau, le trophée narguait tous les participants de son bonnet rouge et sa mine bedonnante. Papa Nowel. Le seul, l’unique. En une peluche qui se devait d’être aussi douce qu’elle le laissait paraitre. C’était mignon. Avec le ton parfaitement niais qu’un homme pouvait mettre dans cette expression. Un truc que les filles s’arrachaient pour le plaisir de le serrer dans leurs bras jusqu’à s’en lasser. Absolument pas le genre d’Aya. Absolument ce dont il avait besoin. Soit ! Leo aurait cette peluche, qu’importe le nombre de canards rouges, bleus ou jaunes flash il devait attraper.

Leo choisit une place à côté d’un enfant enroulé sous plusieurs couches de vêtements. Il faut croire que le doudou Père Noel avait du succès. Il n’en restait que deux, un troisième se faisait emporter par une fillette, les joues rougies pas le froid. La baguette de bambou dans sa main gauche, un fil tordu en guise de crochet, il était prêt à braver l’aventure. Il l’aurait cette peluche !

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Beatrice Lorenzo

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MessageSujet: Re: Je collectionne les canards    Mar 3 Jan - 20:01

    En bonne vieille fille, Béatrice allait fêter Noël seule. Pas de famille chez qui se rendre pour les festivités, ni d'amis chez qui crécher pour fuir l'ambiance oppressante des fêtes - Agostina n'était pas spécialement une bonne compagnie à Noël, elle était plus irascible que d'habitude. Le programme de Béatrice était des plus softs : repas légèrement amélioré, film dans le canapé et soirée geekage. Parce que le monde du net jamais ne dort.

    Sauf qu'elle avait une épine dans le pied : sa patronne. Celle-ci aimait qu'on s'occupe d'elle, qu'on lui offre un cadeau pour les fêtes. Béatrice avait déjà fait l'expérience de n'avoir rien à offrir la veille de Noël - son salaire avait été rabaissé jusqu'à ce qu'elle revienne avec un cadeau acceptable. Autant dire que la demoiselle avait noté scrupuleusement "acheter cadeau patronne" dans son calendrier et dans l'agenda de son portable. Evitant les supermarchés et autres grandes surfaces aux cadeaux sans valeur ni originalité, Béatrice s'était rendue au marché de Noël.

    Le point fort des marchés de Noël est de vous proposer des objets incongrus, fleurant bon la tradition et le fait-main. L'ennui c'est que le prix a parfois de quoi vous étouffer. Béatrice allait d'un stand à l'autre, cherchant quelque chose susceptible de plaire tout en ne la ruinant pas. Ce qui s'avérait impossible.

    Jusqu'à ce qu'elle tombe sur un stand de pêche aux canards. Le stand des gosses par excellence proposant aussi bien un poisson rouge à ramener chez soi pour le tuer dans un aquarium mal oxygéné, que des jouets en plastique frôlant l'horreur tant ils étaient de mauvais goût. Présidant cet auguste assemblée le Père Noël avec ses joues rouges, son sourire niais, son duvet tout doux.

    Béatrice tenait son cadeau. La patronne adorait les peluches kitsch - elle hurlerait de joie telle une pucelle devant un tel trophée. Ignorant les regards interloqués des enfants et de leurs parents, Béatrice paya son tour. Armée de sa belle canne à pêche en bambou bon marché, la jeune femme prit place sur un des petits tabourets. Elle rejeta en arrière son écharpe rouge afin qu'elle ne trempe pas dans la mare aux canards. De l'autre côté face à elle, un adulte s'était aussi invité à la pêche. Ignorante de son identité, Béatrice se dit que ce devait être le père du bambin flanqué à ses côtés venu aider son rejeton.
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Ilana E. Acciari

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MessageSujet: Re: Je collectionne les canards    Jeu 5 Jan - 15:23

Un canard,
Deux canards
Trois canards
Quatre connards
Ah non ! Zzzz



    J’en étais encore à me demander si emmener mon arme était vraiment nécessaire pour faire des courses de Noël quand le cliquetis de l’horloge me rappela l’heure un peu tardive de l’après-midi, résultat de ma flemmardise naturelle.
    Ouais, bon, arrêtes de cogiter Ilana et bouges ton cul !
    J’étais bien capable de me démerder sans avoir besoin d’arme à feu, mais avec tout ce qui c’était passé … Aya, les interrogatoires, son évasion, les suspicions à n’en plus finir, Rayne et ses larmes … Je ne tenais pas à me faire avoir une seconde fois, même si dans le cas d’Aya, c’était un peu particulier. Le caracal trouva sa place habituelle, calé sous mon pull, retenu par ma ceinture dans le creux de mes reins.
    Secouant la tête en m’insultant copieusement dans le silence du garage souterrain de l’immeuble, je fus rapidement dehors, vrombissement rassurant entre mes jambes .

    C’était pas tout, mais il fallait que je me mette à mes cadeaux de Noël, la date fatidique arrivait à grand pas, en même temps que cette neige qui me forçait à rouler à une allure d’escargot vers le centre ville de Milan. Je ne savais pas encore trop quoi faire, passer à Gênes au moins le 25 pour voir tout le monde, essuyer les regards noirs de Silvio, l’inquiétude de ma mère mais prendre un malin plaisir à tirer les oreilles aux garçons. Revoir Ezio, aussi.
    A la pensée de mon idiot de grand frère, un sourire un rien vicelard me vint aux lèvres. Ouais, bon plan !
    Et le GDP n’avait pas intérêt à m’empêcher de faire le déplacement !
    J’avais aussi le projet de rester quand même à Milan le 24 au soir, parce que je n’imaginais pas laissé ma squatteuse, et désormais colocataire en plan, surtout le soir de Noël… Et le challenge du jour : trouver un max de cadeaux en un temps record ! Pire qu’une action commando, pour moi qui fuyait les magasins comme la peste noire. Pff …
    J’avais déjà quelques idées pour la famille, un jeu vidéo pour le dernier, une écharpe et du vin pour le beau-père, même si ça s’avérait plus compliqué de choisir pour les deux autres membres de la famille Acciari/Beati.
    J’hésitais à en faire un à Livio, même si je m’étais prise un fou rire en plein débriefing à m’imaginer lui offrir une tasse avec une jolie inscription du style « Je suis le roi de la fellation » , c’était pas une bonne idée ? Ouais, non … si je ne voulais pas me voir décapiter dans la minute, ‘fallait que je la joue plus soft avec ma tronche de cake de supérieur.

    Pour Rayne, un vrai casse-tête … Qu’est-ce qui pourrait plaire à cette petite étoile qui détestait l’humanité entière hein ?
    Le nez rougi par la fraicheur et la route, je remis mon écharpe turquoise et le glissa dedans, alors que mes bottes s’enfonçaient dans les quelques centimètres de neige, trempant le bas de mon éternel, baggy militaire, vicieux moyen de faire tomber les passants entre les ruelles où s’agglutinaient les stands du marché de Noël.
    Les mains fourrées dans ma veste en cuir, je jetai quelques regards au stand de bouffe, sans pour autant m’y arrêter. J’étais pas là pour ça … Jeux en bois ? Hum, non. Lampes artisanales ? Jolies mais non. Espèce de machins tout bizarres, des sortes de bougies ? Non plus.

    Décidément, c’était comme toutes les années, mon neurone d’inspiration avait encore foutu le camp sous les cocotiers, et les stands ne m’aidaient pas, loin de là. Mais alors que j’allais me rabattre sur des lourdes et épaisses écharpes en laine, les cris provenant d’un stand à ma gauche m'attirèrent.

    Pêche aux canards. Ouais … classique. Mais ce qui l’était moins, c’était la peluche de père Nowel à gagner qui trônait à côté de son jumeau sur l’étagère presque vide. Il avait plus des allures de père fouettard avec sa dégaine défraichie et sa tronche pas commune, mais il avait une bonne bouille.
    C’était décidé ! il fallait que je l’ai, et foi d’Ilana, les petiots qui tentaient d’avoir un max de canards aux couleurs criardes dans leurs moufles ne feraient pas le poids. La terreur des bac à sable était de retour héhé … Une œillade de gros méchant de Walt Disney et un sourire à vous manger les oreilles plus tard, quelques bambins avaient reculé, me laissant accéder à la sacro-sainte canne à pèche tordue.
    Armée de mon sceau en plastique, de mon hameçon du tonnerre, je me penchai à mon tour en tentant d’en chopper vicieusement plusieurs d’un seul coup. C’était une épreuve de rapidité après tout, et dire que je n’avais pas l’esprit de compétition aurait été … un gros mensonge.
    Autour de moi, restaient quelques braillards petits d’hommes, avec au milieu deux adultes.
    Je souriais.
    Je n’étais donc pas la seule à m’éclater sur un jeu dont la moyenne d’âge habituellement devait frôler les cinq ans !
    Je leur jetai un coup d’œil curieux, amusée de les voir aussi concentrés sur leurs tâches. J’allais tous les battre à plat de couture, et à la loyale en plus… Les yeux céruléens du jeune homme m’en rappelaient d’autres, certainement calés devant mon écran plat, sous une couette, à insulter mon frigo vide. Mignon, ouais. Mais ce n’était pas pour ça que j’aurais pitié de lui, pas plus de la binoclarde et de la rousse – miss j’ai un balai dans le cul - qui avait fait son apparition, à moins que je ne l’aie pas remarqué.
    Plutôt quelconques mais jolies dans leur genre, même si les lunettes me semblaient gâcher un peu l’éclat de leurs regards. Dommage.
    Quelques secondes, le jade de mon regard suivit l’ombre de leurs silhouettes, pour venir se reconcentrer sur mon but. Pti’ père Fouettard, à moi !

    M’accroupissant, je murmurais à la petite bouille blonde tout à côté de moi, haute comme trois pommes, un bonnet de lutin recouvrant ses boucles.

    « J’aurais ce père Noël avant toi ! Je te mangerais toute crue ! »

    La gamine aux yeux chocolat sursauta, recula mais tint bon, les sourcils froncés. Un sacré caractère en devenir malgré les larmes aux yeux qui commençaient à perler. Un non de la tête, têtu et elle me tira la langue.

    Éclat de vert.
    Éclat de rire.


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Eugenia Scavo

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MessageSujet: Re: Je collectionne les canards    Dim 8 Jan - 17:42

    Dans deux jours, Eugenia recevrait la visite de sa chère maman. Aussi enfermée entre ses archives puisse-t-elle être, jamais elle ne passait Noël seule. Des moins solitaires qu’elle se retrouvaient seuls devant leur télévision, en ce jour béni. Tous les ans, pour le vingt-cinq décembre, madame Scavo rentrait à Milan, l’histoire d’échanger quelques présents, et de se faire une bonne bouffe. Et notre rat de bibliothèque attendait ce jour avec une certaine excitation. Son appartement brillait de guirlandes colorées, et d’étoiles scintillantes. Un petit sapin enneigé avait pris place dans la cuisine, à l’occasion, et le frigo était empli de délicieuse nourriture. Tout était prêt pour recevoir l’invitée d’honneur. Il ne manquait qu’une chose : un cadeau.
    La mère d’Eugenia aimait tout particulièrement les objets luxueux. Parfum de marque, bijoux en or, avec un gros diamant de préférence. Malheureusement, la pauvre archiviste qu’était notre rouquine, n’avait pas l’argent pour ce genre de choses. Elle essayait cependant de son mieux, et se permettait quelques écarts budgétaires, pour l’unique cadeau qu’elle avait à offrir.

    Ainsi donc, elle se retrouva complètement bloquée devant un stand de crêpes, au marché de Noël, entre un petit vieux, et un petit gros. Bah oui. Quoi de meilleur qu’une bonne crêpe, pour se glisser dans une masse de milanais joyeux, à la recherche d’un joli cadeau ? Après quelques minutes d’attentes, à se faire bousculer par des impatients, la rouquine, crêpe à la main, s’engagea dans les allées de la place, balayant d’un regard les stands. Elle s’étonnait chaque année de la diversité des petits commerces. Elle s’arrêta devant la présentation de vêtements tricotés par une vielle dame, attirée par un bonnet coloré. Avec des pompons. Eugenia aimait les pompons. Les pompons, c’est mignon. Ça se balance, au rythme des pas, comme un pendule. C’est doux, c’est Nowel. Elle qui avait constaté avec horreur, l’autre jour, que le pompon de son bonnet avait lâché, un neuf ne serait pas de refus. Mais voilà. Après la nourriture, les décorations, il ne lui restait que de quoi acheter un présent pour sa mère. Puis, son regard croisa celui de la petite mamie, désespérée de ne rien vendre. Il lui sembla presque implorant. Et le problème de notre rat de bibliothèque était le dernier : elle ne pouvait s’empêcher de faire des achats inutiles. C’est un syndrome très connu de tous, plus ou moins marqué, en fonction des personnes. Vous savez, quand vous faites des courses, vous avez une liste. Vous ne prévoyiez absolument pas d’acheter des paquets de gâteaux, non, mais après tout, les gâteaux, c’est si bon, et quand un paquet de cookie vous fait de l’œil, et vous susurre à l’oreille : « je sais que tu en as envie, prend-moi, dévores-moi », comment ne pas céder à la tentation ?
    Et bien Eugenia, elle est constamment en proie à ce genre de passions qui parfois vous prennent un peu comme une envie de pisser, il faut l’avouer.

    Et le haut du crâne coloré d’un pétillant mélange de rouge, de bleu, de vert, de jaune et de rose, orné d’un magnifique pompon aussi blanc que la barbe de ce cher Papa Nowel, Eugenia reprenait sa quête. Son porte-monnaie était mort au combat. Paix à son âme. Il lui restait de quoi acheter un cadeau, fort heureusement, mais sa maman chérie devra se contenter d’un cadeau normal. Comme chaque année. Le marché de Noël était définitivement une mauvaise idée. Mais soit. Le plus important, dans tout ça, c’est l’intention, non ?
    Un peu plus loin, un jeune homme vendait des bijoux faits mains, et quelques vêtements très jolis, notamment de magnifiques gants qu’il avait décorés finement. Certains avec des petites perles, étaient particulièrement beaux, et Eugenia était sûre que sa mère adorerait. Sa décision était prise, elle avait trouvé le présent parfait. Et alors qu’elle tendait les billets au vendeur, prête à finaliser l’acquisition, le son d’un pleur fit frémir ses oreilles, et la paralysa. C’était une petite fille, elle reconnaitrait les gémissements d’un enfant malheureux entre mille. Elle n’eut qu’à tourner la tête, pour remarquer, près d’un jeu de pêche aux canards, la gamine en larmes, laissée seule par d’irresponsables parents. Ni une, ni deux, Super Eugenia fit voler sa cape hypothétique de super héroïne dans le souffle glacé de l’hiver, stoppant net la transaction, pour secourir cette petite perdue. C’était une honte, de laisser ainsi pleurer une enfant, si près du jour de Nowel.

    Comme dans un mauvais film d’action, elle demanda à la petite, le regard enflammé par la certitude que justice doit être rendue : trois adultes avait pris possession du jeu de pêche aux canards, ne laissant plus aux petits la possibilité d’attraper ne serait-ce qu’un pauvre caneton. C’était honteux. S’approprier ainsi un stand fait pour ces chers chérubins. La petite pointait un père Nowel en peluche perché, tout en pleurant. Eugenia, avec assurance, lui promit de le lui ramener. Ah ! Quelle gentillesse ! Et quel courage, n’est-ce pas, d’affronter ainsi trois autres personnes, pour sécher les larmes d’une gamine qui déchirerait sûrement le pauvre jouet, dès qu’elle posera ses petites mains pleines de doigts dessus. Mais quoi qu’il en coûte, elle décrocherait la lune pour aider son prochain. Si si, elle est comme ça, Eugenia. C’est une maman dans le fond, elle ne supporte pas de voir un enfant pleurer. Elle snoba vilement ses congénères, et fit résonner une annonce des plus pertinentes, alors qu’elle payait son tour.

      - Bande de filous ! C’est inacceptable, c’est déloyal, de s’attaquer ainsi à plus petit que soi !


    Aussitôt, elle s’accroupit devant la mare, avec sa petite canne, prête à tous leur mettre une bonne leçon ! Vàlà.


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Leo Accettura

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MessageSujet: Re: Je collectionne les canards    Mar 10 Jan - 19:39

Un petit connard au bord de l'eau ♪

Ils étaient beaux. Ils ressemblaient à des canetons perdus. Ils étaient fluos. Ils étaient rouges, bleus, verts, jaunes, roses. Ils tournaient dans leur circuit d’eau, ce même bec jaune se terminant en un sourire niais. Ils narguaient les petits enfants, se faufilant entre les crochets tendus, partant pour un tour de plus. Le corps de plastique oscillant quand un de ses frères se heurtait à au canard factice. « Dis maman, ils peuvent voler ? » En les lançant très fort, il y avait moyen qu’ils déploient leurs ailes. Dans tous les cas, tout ce qui monte est destiné à descendre un jour où l’autre. Est-ce que ces jouets seraient suffisamment résistant pour survivre au choc ? Leo eut soudain, très très très envie d’essayer…

Et au centre de l’attention de ces oiseaux, il y avait leur roi, le seigneur du ciel, celui parcourant la mer d’étoile de son traineau tiré par toutes ses bestioles à bois et à fourrure : le Père Noël. Autant écrire son prénom correctement pour le présenter comme il se doit. Et comme nous avons eu suffisamment de description par le passé, nous ne commettrons pas l’indignation –oh ! Horreur- de le décrire une nouvelle fois –rouge, gros, tout doux. Parmi tant de lots, caché entre les voitures miniature, les épées en bois et les petits poneys. Le seigneur dans son royaume de cadeaux. Où un moyen d’attirer tous les enfants désireux.

Leo était content d’être le seul « adulte » (oui, parce qu'on en doute régulièrement) entre tant de mômes. Ca le réconfortait dans son âge mental /pan. Il se sentait à son aise entre des gosses. Déjà parce qu’il s’entendait bien avec les 8-10 ans, qu’il avait presque les mêmes centres d’intérêts qu’eux, les mêmes caprices… Je vous présente Leo, 7 ans. Aller Leo, va jouer avec te copains et sort de ton placard. Mais voilà qu’une autre adulte vint, se faufilant dans la foule des gosses et participant à la pèche, elle aussi. Ah non, ici, le seul pedoph. Enfin, du moment qu’elle ne visait pas la peluche de Papa Nowel, il n’avait pas de souci à se faire. Tout le monde avait des rêves d’enfance inassouvis. Bien qu’il doutât qu’elle vienne pour un kit de princesse.

Et misère ! Voilà que l’incarnation même de mère nature arriva à son tour. Une fille –encore une, son jour de chance ?- verte de la tête au pied ? Il la détailla plusieurs secondes. Juste assez pour que le canard violet qu’il avait en vue échappa à sa canne à pêche. Il échappa un cri de surprise, alors qu’un gosse plus loin lui piqua sa prise, lui offrant un sourire édenté. Le brun fit une moue triste, puis boudeuse, fini par tirer la langue au gamin. Tant pis, il vaincra quand même /o/ Leo n’a pas peur de la défaite, ni d’abandonner quelques pauvres billets au tenancier. Ce dernier semblait très heureux d’attirer autre chose que des mômes. Le pauvre, s’il s’attendait à avoir un semblant de conversation avec Leo, il se foutait le doigt dans l’œil. Les neurones du garçon ne relaient plus que de minces informations, comme le calcul vague des probabilités de tomber sur un canard gagnant, à ne pas bousculer les enfants trop proches et ne pas se laisser emporter par l’euphorie du jeu –ça ne tarderait pas, heureusement.

« J’aurais ce père Noël avant toi ! Je te mangerais toute crue ! »

Sa baguette en bambou se pointa sur la nouvelle venue, un connard en plastique tout juste extirpé de sa mare originelle encore sur le crochet.

« Ennemie ! J’aurais ce Père Noël avant toi ! »

Est-ce qu’il aurait eu plus de chance de l’évincer en criant « pédophile ! » ? «Pedobear » aurait été sympa aussi, fallait-il seulement qu’un de ces parents aient une notion d’une culture geek datant de plusieurs années. Soit, les mots avaient été prononcés, ainsi il s’affichait comme menace potentielle à la bouffonne verte venue. Puis, on ne traumatisait pas les enfants de cette manière. Ca se voyait bien qu’elle n’avait aucun entrainement dans le domaine. Jeune Novice…

« Bande de filous ! C’est inacceptable, c’est déloyal, de s’attaquer ainsi à plus petit que soi ! »

La voix lui sembla si familière, alors qu’il daigna mettre son canard fraichement capturé dans son seau. Il tourna le regard. Oh ! Quelle surprise ! Toi aussi Eugenia tu cherches à capturer des petites filles dans ton filet ? Vraisemblablement, pas. OMG. Est-ce que ça voulait dire que toutes les dames ici présentes –le début du harem de Leo ?- visaient elles aussi un des deux Pères Noël reposants calmement sur le présentoir ? Zut. Ses chances diminuaient. C’était facile de gagner en face de gamins. Mais des adultes… (Quoique, il se permettait de douter, si elles pratiquaient la pêche aux canards comme lui.)

« Ah, maman Eugenia ! Toujours à défendre les plus jeunes ? Mais cette fois-ci, je ne t’aiderai pas. J’aurais cette peluche, en premier. »

Il y eut un air de défi dans les yeux bleus du lion. Il ne laisserait pas passer cette chance. Il regarda l’inconnue aux longs cheveux noirs, pour la mettre en garde, si elle cherchait à atteindre le roi du Pôle Nord. Il relèverait tous les défis pour obtenir la peluche. Et il ne reculerait devant rien.

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Beatrice Lorenzo

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MessageSujet: Re: Je collectionne les canards    Jeu 12 Jan - 17:38

    Le stand attirait les adultes ce qui poussa Béatrice à lever un sourcil interrogateur. La demoiselle n'avait nullement l'allure d'une grande soeur participant au jeu pour aider son cadet - elle avait d'ailleurs rien de délicat ou de patient. Elle portait sur elle l'odeur du cuir et de l'huile de moteur, elle avait l'allure d'une bombe pouvant exploser au moindre contact. Il y avait quelque chose de dangereux, de félin, dans son regard et sa façon de se mouvoir. Quelque chose de fascinant comme on est fascinés par la beauté d'un revolver - Béatrice se laissa emportée par l'image, laissant un canard se faire attraper par son voisin un gosse au nez rouge et morveux, au bonnet à pompom.

    Le cri victorieux la fit reprendre pied sur terre. Depuis quand était-elle attirée par les femmes ? Oui messieurs dames Béatrice possède une sexualité plus développée qu'une amibe, elle s'en vante pas c'est tout. Se donnant une claque mentale, pointant une langue pointue entre ses lèvres, se penchant vers le circuit, Béatrice repartit à la chasse des canards en plastique. Elle entendit que d'une oreille les pleurs d'une enfant - les enfants chouinent pour un rien c'est un fait, et elle avait mieux à faire qu'essuyer la morve d'une inconnue.

    « Bande de filous ! C’est inacceptable, c’est déloyal, de s’attaquer ainsi à plus petit que soi ! »

    Le cri véhément digne d'un justicier en justaucorps moulant arracha un pouffement de rire à Béatrice. Qui détailla la nouvelle arrivée avec un air condescendant - elle fleurait bon la douceur, la candeur, l'image même de la bonne maman faisant cuire des tartes bien dorées dans son four. Le type de cliché que Béatrice trouvait risible, sans se rendre compte qu'elle-même en était un.

    - Bah la vie est injuste, faut lui apprendre au plus vite.

    Et toc. Même pas honte. Béatrice n'avait jamais été du genre à câliner les enfants et leur faire miroiter un monde idéal. Non elle les faisait plonger la tête la première dans la vérité, et tant pis s'ils coulaient - ils finiraient bien par toucher le fond et remonter. Ignorant l'homme qui semblait connaitre Miss-Maman, Béatrice reporta son attention sur Mèche-Verte et son petit seau de canards luisants d'eau.

    - Vous êtes plutôt douée à ce jeu. Vous devez être très adroite.

    Aujourd'hui j'ai tenté de draguer une fille en jouant à la pêche aux canards devant des gamins de cinq ans. VDM.


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Ilana E. Acciari

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MessageSujet: Re: Je collectionne les canards    Ven 3 Fév - 18:51

Petit, petit petit …

    Et le vicieux petit canard jaune flashi m’échappa, une vaguelette un peu plus haute que les autres l’emportant vers mes adversaires les plus coriaces. Oh, non pas les marmots qui me regardaient toujours agir avec un drôle d’air, de la morve au nez à cause de l’air froid, non … Ces trois clampins qui menaçait ma victoire imminente sur les plus petits.
    Ouais, j’étais horrible, un véritable tyran de voler une petite victoire, mais que voulez-vous ? J’arrivais trop tard, et le stand de tir était déjà vide, sinon j’aurais certainement raflé toutes les mises.
    Moi modeste ? Bien sur que oui !
    Enfin, bon, en tant que tireuse entrainée, il aurait fallu que je me retrouve devant un agent tel que Jilano ou Livio pour être réellement en difficulté.
    La pêche aux piafs était une manière de mettre un peu plus de challenge dans la recherche du précieux père Noël, et l’air de défi qui se peignait le sur visage des autres adultes ne faisait que m’encourager.

    « Ennemie ! J’aurais ce Père Noël avant toi ! »

    Ennemie ? Il voulait se retrouver avec le canon d’une arme entre les deux yeux lui ?
    Laissant de côté l’agressivité de ma pensée, je fixais mon regard dans ses prunelles océan et éclata de rire.

    « C’est ce qu’on verra ! Corsaire de médeu, le papy est à moi ! »

    Lui tirant outrageusement la langue, je focalisai de nouveau mon attention sur le flot de petits canetons tout prêts à se jeter corps et âmes dans mon seau, inclinant le poignet de manière à en choper deux à la fois, équilibre précaire du deuxième, mais ne tombant que rarement.
    La rouquine me regardait d’un air indigné de grand-mère à qui j’aurais volé son cabas en la menaçant de la croquer au dîner. Je lui rendis son regard, un air amusée au coin des lèvres… elle avait beau dire, la mégère en herbe s’éclatait autant que nous, sous couvert de défendre la veuve et l’orphelin.

    - Bah la vie est injuste, faut lui apprendre au plus vite.

    Deuxième paire de binocle entrait en scène, l’air désabusé dans ses fripes qui la vieillissaient plus que de raison. Crêpage de chignon ?
    Je ne pus retenir un léger sourire à la réplique, amère mais bien vrai, même si cela n’empêchait pas les gosses de se battre, comme tous ici. Avoir tout sur un plateau d’argent ne revêtait pas le moindre intérêt, et un gosse se lasse vite, elle devrait le savoir, la « maman Eugenia » …
    Soupir.
    - « Bats-toi au lieu de geindre. »
    Faisant semblant de me pousser pour lui laisser un peu plus de place, accroupie, j’eus un malencontreux mouvement de hanches sur celles de la rouquine, légèrement déséquilibrée sans pour autant faire un ravissant plongeon dans la mare en plastoc’.
    Le coup d’œil de la brune accrocha mon regard un instant, sourire fugace avant de reprendre la chasse.
    J’en étais à me demander quand l’autre con de tenancier allait enfin me céder la peluche que la jeune femme à ma gauche m’adressa la parole. Un peu timide mais tellement hésitante.

    - Vous êtes plutôt douée à ce jeu. Vous devez être très adroite.

    J’haussai un sourcil étonné, plongeant mon regard dans le brun derrière les lunettes, tirai un sourire plus grand. Elle me faisait quoi là ? Le ton poli, les compliments, alors qu’envers la rouquine, il n’y avait eu que mépris et ignorance glacée. Haha, nooon …
    Jouant le jeu, sans pour autant me départir d’une idée taquine, j’indiquais du menton le bassin.

    « - Merci… Ne croyez pas pour autant que j’vais vous en laisser » Léger rire, mimique carnassière.
    « - Le truc, c’est dans le mouvement du poignet, souple mais ferme au moment de choper les deux canards »
    Je lui montrai le mouvement que je décrivais en chopant deux canards supplémentaires.
    Je me retins de continuer mon explication. Apprendre à une inconnue comme on tord un cou, c’est pas la meilleure chose à faire, oh non !


Désolée, désolée pour le retard ;w;

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Je collectionne les canards

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