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 [x] Vitox, ça pète, ça roxxe. Et ça rime. [PV Maddox]

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Vito Vargas

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MessageSujet: [x] Vitox, ça pète, ça roxxe. Et ça rime. [PV Maddox]   Lun 5 Juil - 18:34

« I took a shuttle on a shockwave ride
Where people on the pen pull the trigger for accolades ;
I took a bullet and I looked inside
Running through my veins an Italian masquerade ! »

« Gin-tonic. Tout d’suite. »

Vito, ça parle peu, mais quand ça parle, ça parle mal. Il va falloir vous y faire. Le serveur à qui je me suis adressé me retourne un regard noir, d’un air de demander si les formules de politesse sont faites pour les chiens – et encore, les chiens les mieux lotis de coups de pied au cul de ma part. Je l’ignore. Déjà parce que son avis ne compte pas, ensuite parce que j’ai soif, enfin parce qu’il a une sale gueule. Une sale gueule doublée d’une allure de tapette, de celles que les poufiasses de quinze ans adulent : trop grand, trop blond, trop con. Avec de grands yeux tartinés de mascara, un décolleté en V sous son tablier qui laisse apparaître des poils brushingés, et deux neurones qui se battent en duel.

Il m’aime pas, il a déjà envie de m’emplâtrer, mais je m’en tape. Le comptoir accueille le coude que j’y dépose, menton appuyé sur la paume de ma main ; c’est dans cette posture que je suis du coin de l’œil, impavide, ma tapette en soubrette. Elle s’active, approche une série de goulots de bouteilles d’un verre qui a dû vivre de meilleurs jours. Ajoute des glaçons d’une main que j’aurais pu trouver leste si du vernis n’avait pas élu domicile sur ses ongles. Décore le tout d’une paille et d’un quartier de citron. La fausse blonde se hâte ensuite de revenir vers moi. Elle échange un regard outré avec un collègue, lequel hausse les épaules, avant de me tendre ma commande.

« Voilà, monsieur », marmonne-t-il.

Je ne m’embarrasse pas d’une réponse : j’suis un mec cool, vous comprenez. Le verre change de propriétaire, file vers mes lèvres pour y déverser un ruisseau de fraîcheur. Quant au serveur, il a la brillante idée de se planter là, derrière le comptoir, immobile dans la chaleur baignant cet après-midi vide d’occupation, et de me fixer. Rigoureusement immobile, sauf en ce qui concerne son regard – celui-ci, que je suis, est captivé de façon sporadique par deux gamines croyant l’observer à la dérobée. Les poufiasses dont je vous parlais, les voici. Voi, me voici promu instrument de l’expression de la virilité d’un gosse qui doit encore en être à compter ses poils pubiens. Ca promet.

Je lui refile un billet mais il ne bouge pas, ne serait-ce que pour l’empocher. Allons bon. Il faut croire que la garde l’épée balayant mes reins n’est pas assez visible, derrière le rideau de chevelure qui ne la dissimule qu’à moitié. Elle est mignonne, la tapette. Je me fends d’un sourire – les rôles se seraient-il inversés ? Aurais-je l’allure du barman soumis à la tyrannie du client ? Faut-il que je t’explique que nous ne jouons pas dans la même cour ?

« C’pour quoi ?
-Un bonjour et un au-revoir, monsieur. Ainsi qu’un merci, si ça ne vous tue pas. »

Ta gueule, connard. Je te paye pas pour les conneries que tu peux débiter, ni pour ton p’tit cul. Et puis, plus j’y pense, plus je trouve que tu as une tronche bizarre. Tu t’es mangé un mur ? A moins que ce ne soit le poing qui risque de s’emplâtrer sur ta face de con. Néanmoins, pourrir une tapette n’étant amusant que lorsque l’on joint le geste à la pensée, je quitte mon siège, d’un bond gracile. Le cocktail tangue dangereusement entre mes doigts quand soudain, ceux-ci s’animent. Le geste est preste, l’action lumineuse de spontanéité ; quant à la boisson, elle se plie à la trajectoire céleste que je lui impose pour atterrir dans le décolleté de mon interlocuteur. Gin-tonic … ta mère.

A peine a-t-il eu le temps de sursauter que j’ai déjà fait volte-face, mon argent récupéré. Garde la monnaie, Cendrillon. Les deux gamines ricanent bêtement, pointant l’autre tarte d’une main qui n’a plus rien de timide. Ducon, lui, m’abreuve d’une bonne humeur qui me réchauffe le cœur, entrecoupée qu’elle est d’interjections des plus charmantes ; j’ai presque envie d’aller l’embrasser pour le remercier, mais ce serait là gâcher la saveur du gin chargé de faire le bonheur de mes papilles. Presque : je me dirige vers la sortie. Autant dire que le bar, un boui-boui sans prétention répondant au doux nom de « Sole », fait d’ores et déjà partie de ma liste noire ; à ce propos, je connais une fausse blonde qui risque d’avoir des problèmes plus graves qu’une soubrette malodorante.

Soudain, je cesse d’avancer. Un détail a capturé mon regard. Ce détail, c’est un jeune homme, attablé dans un recoin de l’établissement, et s’il me surprend par sa présence, c’est parce qu’il s’agit là de quelqu’un qui ne m’est pas inconnu. Ce mec, c’est Maddox. Et Maddox, c’est tout un poème, à lui tout seul. A l’entendre parler, à le voir évoluer, on dirait qu’il n’a pas connu le monde par le bon trou, et c’est sans doute vrai. A croire que le GDP, à ses heures perdues, s’évertue à recruter les moins à même de redorer son image de marque. Maddox, en particulier, est un sacré cas, dans le genre. Les couloirs du quartier général de la brigade ont été le théâtre de nos rencontres hélas aussi brèves que muettes, mais si je n’avais jusque là pas eu l’occasion de lui parler, je n’avais pas pu éviter les commérages à propos du policier. Ceux-ci ne variaient pas. Il paraîtrait que Maddox a pondu au moins autant de mensonges qu’une cuvette a vu de culs. Il paraîtrait que Maddox, c’est tellement un grosbill qu’il est capable de s’enfiler trois sachets de coke d’un coup. Il paraîtrait que Maddox ne tourne pas rond, mais carré. Il paraîtrait que Maddox, c’est Chuck Norris, en mieux.

Il m’était cependant parvenu un autre murmure, que je jugeais bien plus intéressant que les bruits de couloir habituels. Jusqu’à présent, je n’avais pas encore trouvé l’occasion d’en établir la véracité. Je saisis donc ma chance d’aller tâter le terrain auprès de l’initiateur de cette nouvelle rumeur et dévie ma traversée du bar afin de placer Maddox au beau milieu de mon chemin. Je m’avachis sur une chaise plus que je ne m’y assieds, face à lui, avec le sourire du gosse qui a trouvé un pétard de classe six.

« Maddox, ou l'mytho 2.0 ! je le salue. Moi, c’est Vito, scientifique dans la même boîte que celle qui a eu l’idée bizarre de t’embaucher. Dis, c’est vrai que t’as cramé la gueule à Wellens ? »

Poser une question à un baratineur en comptant sur sa fierté pour l’entendre balancer une réponse ayant baigné dans la vérité, c’est d’la warrioritude, m’voyez. Mais ça, ça ne compte pas. Parce que je suis tenace, et que je compte bien avoir la version Maddox de l’histoire, s’il en est. Et puis, il m’intéresse, ce con. Ne serait-ce que parce qu’il a eu affaire à Wellens et qu’il semblerait que jusqu’à présent, il ait survécu. Reste à voir si sa compagnie est à moitié aussi prolixe que ce que j’ai cru le comprendre. D'ailleurs, je n'ai rien de mieux à faire cet aprem' - les congés, mine de rien, c'est pas si cool que ça quand il fait jour et qu'Eli n'est pas dans le coin.


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MessageSujet: Re: [x] Vitox, ça pète, ça roxxe. Et ça rime. [PV Maddox]   Mar 6 Juil - 8:54

Quand on vit avec une pékinoise Tokyoïte durant plusieurs années, c’est un peu du Japon que vous avez tous les jours dans l’assiette. Ça passe ou ça casse ; vous aimez ou vous n’aimez pas. Mais de toute façon, ‘Saki, elle était pas du genre à changer ses habitudes, surtout alimentaire, sous le simple prétexte qu’elle n’était plus dans son pays natal, ou que quelqu’un pouvait ne pas aimer ce qu’elle cuisiner. Et Maddox fermait sa gueule, comme toujours, et supportait ses caprices de jeune fille en fleur sans sourciller. Elle gueulait bien souvent que c’était dégueulasse ce que mangeait les occidentaux et tournait sa phrase de telle façon que Maddox devenait le principal responsable de leurs différences culturelles : « Même tes pâtes n’ont pas le goût des miennes. ». Il s’en foutait, de ce qu’il mangeait ou du goût des pâtes. Ça n’avait pas la moindre importance à ses yeux, alors il la laissait beugler tout ce qu’elle voulait et lui continuait de se bouffer du riz et du poisson pas cuit à quasi tous les repas sans protester.

Puis l’autre était partie. Envolée dans la nature –pour de bon, espérait-il – sans même prévenir. C’est pas comme si on pouvait prévenir pour ce genre de chose. « Je te dit au revoir parce que je vais me faire embarquer par les flics. » Non, ‘Saki n’aurait pas pu prévoir ça. Wellens… Caïn à la limite aurait pu le leur dire. Déjà à l’époque, Maddox savait qu’il y avait quelque chose de louche avec ce mec là. Maintenant, il comprenait d’autant mieux, le GDP, tout ça. Mais déjà à ce moment là, avant que ‘Saki ne se fasse arrêter et qu’elle ne disparaisse de la vie de Maddox, déjà là, lui savait de Caïn n’était pas clair. Et peut-être que Wellens aurait put lui dire pour ‘Saki. Mais Maddox n’aurait rien fait alors ça aurait été tout aussi inutile. « Je te dit au revoir parce que tu vas te faire embarquer par les flics et que, quelque soit la prison où t’atterriras, je ne viendrais pas te voir. »

Maddox avait donc reprit son régime mal bouffe d’avant la période ‘Saki. Pourquoi se crever le cul à cuisiner de bons petits plats, chics et diététiques, quand les gros industriels de la famille des fast-foods le font pour vous ? Hormis la partie chic et diététique. Néanmoins, si les boulettes de riz et poison crus de manquaient pas à Maddox, on ne pouvait pas dire la même chose à propos du Saké. Saké, mon bon Saké. Et quand on attend la décision d’un conseil disciplinaire –on se croirait presque au lycée- parce qu’on a fait des conneries –cramer la gueule du pire des cons fait-il vraiment de Maddox un délinquant, le meilleur moyen d’oublier qu’on existe –le meilleur moyen après le suicide et la drogue j’entends- c’est de ce bourrer la gueule au Saké jusqu’à ne plus pouvoir différencier le barman d’un bisounours. Et le bar où le Saké est si fort qu’on est allongé par terre en moins de temps qu’il ne faut pour le boire, c’est le ‘Sole’.

Mis à part la boisson nipponne, rien dans ce bar n’incitait Maddox à y faire sa vie pour la soirée. Comme ceux qu’il avait la fâcheuse habitude de fréquenter, il n’était pas franchement folichon, voire carrément miteux. Et en même temps, ce n’est pas comme s’il avait la foi pour rentrer chez lui à pied. Dans de pareils instants, il se bénissait de n’avoir jamais passé son permis parce que ça aurait bien été son genre de se prendre le seul arbre de la route qui le conduisait chez lui. Comment je vais faire ? Je vais quand même pas appeler Wellens ? Les mots s’entrechoqués dans sa petite tête, le rendant un peu plus abruti à chaque seconde. Sole. Saké. Saki. Saké. Sole. Saké. Saki. Saké. Sole. Saké. Saki. Saké. Sole. Saké…

Puis soudain, du bruit de fond commun à tous les café-bars se détacha une voix roque, qui lui paraissait plutôt familière sans qu’il n’arrive pour autant à mettre un nom dessus.

« Maddox, ou l'mytho 2.0 ! »


L’intéressé, dont la tête reposait sur le coussin que formaient ses bras, leva les yeux. Si Maddox avait vu le type arriver et s’il avait suivit le mouvement de ses lèvres, il aurait peut-être comprit la phrase en entier. Mais là, seul son propre nom avait réussi à atteindre son cerveau.

Maddox se redressa, se cala au fond de sa chaise puis posa son menton dans le creux de sa main.

« Moi, c’est Vito, scientifique dans la même boîte que celle qui a eu l’idée bizarre de t’embaucher. »
« Je sais qui tu es. » Dit simplement Maddox en souriant légèrement.

Il avait la tête dans le cul, comme lorsqu’on vient de se réveiller d’une longue sieste en pleine après-midi, avec le soleil qui vous a tapé sur la gueule pendant que vous rêviez de petits poneys roses et d’arcs en ciel.
Malgré les tambours dans sa tête, il comprit cette fois ci tout ce qu’avait dit le mec aux cheveux longs. Et c’est vrai que maintenant qu’il voyait son visage –et qu’il avait dit son nom, accessoirement- Maddox se rappelait fort bien l’avoir croisé plus d’une fois dans les couloirs de l’Impatio.
Vito Vargas. Plutôt good-looking pour un homme. Et puis une grande classe aussi. Ça s’invente pas, un mec comme lui, il est fait pour s’entendre avec Maddox.

« Dis, c’est vrai que t’as cramé la gueule à Wellens ? »
« À Wellens ? » Répéta Maddox en souriant d’autant plus. « Pas exactement non… »

C’est marrant comme le bouche à oreille peut déformer la vérité. Mais c’est vrai que c’est son rayon de déformer la vérité, à Maddox. Malgré toutes les merdes qu’ils se faisaient l’un l’autre, Caïn, Maddox l’aimait bien.

« Non, pas celle de Wellens, non. Mais j’ai essayé de lui faire porté le chapeau par contre ! »

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Vito Vargas

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MessageSujet: Re: [x] Vitox, ça pète, ça roxxe. Et ça rime. [PV Maddox]   Mer 7 Juil - 16:56

« From the La Brea to Cahuenga
Yeah, we're gettin sneaky with the shadows of the lime light ;
He's high voltage, he loves rock’n’roll »
« Maddox. » Un pseudo plutôt mignon, celui du seul gars capable de s’en payer un suffisamment classe pour détourner l’attention des autres sur le fait qu’il a été assez con pour oublier l’original.

Maddox, le toxico-mythomane. Ou mythoxicomane. Bref, un truc, un machin, un mec à l’hygiène de vie douteuse, doté d’une santé mentale qui ne l’est pas moins – en partant du postulat qu’il la possède encore. Aujourd’hui, d’ailleurs, il m’a l’air bien allumé. Enfin, c’est un abus de langage ; il vaudrait mieux dire qu’il est carrément éteint : quoi qu’il ait noyé avec de l’alcool, sa performance doit pouvoir se dénicher une place parmi les mieux notées car il me semble peu probable que ses intestins lui pardonnent cet écart demain. Ou sa cuvette. Peu importe, il va en chier, tout mauvais jeu de mots mis à part. Vautré qu’il est sur sa chaise autant que sur la table, son regard jouant avec des fantômes qui n’existent que pour lui, je doute un instant qu’il soit bien conscient ; ce n’est que lorsqu’il bat des paupières pour humecter ses yeux que je suis certain qu’il n’a pas fait de coma éthylique. Et tant mieux, parce que j’avais moyennement envie de m’embarrasser d’un sac à gerbe pour la soirée.

Par mes mots, je lui impose ma présence plus qu’il ne la remarque vraiment et il réagit. A retardement, mais quand même. A ce propos, pour un mec dont le taux d’alcool dans le sang doit avoisiner les trois grammes et va bientôt pisser une demi-douzaine de litres de liquide, il paraîtrait presque frais, à tel point que j’en suis étonné. Là où je m’attendais à ce qu’il dessine sa réponse dans une flaque de vomi, il se contente de se redresser, abandonnant l’écrin de ses petits bras pour me jeter un coup d’œil. Ensuqué, le coup d’œil. Non, vraiment, il est pas très frais, Maddox ; ça doit faire quelques temps déjà qu’il fermente en compagnie de ce qui, à l’odeur, ressemble à du saké.

Toutefois, il a l’air de saisir ce que je lui dis puisqu’il achève de changer de position en se rencognant dans sa chaise, usant du dossier de cette dernière comme d’un lit à l’horizontale. A mon nom, je crois même déceler le sursaut de vie d’une étincelle dans son regard de nuit, impression confirmée par les mots coulant hors de sa bouche :

« Je sais qui tu es. »

Parfait. Ca veut dire que tu as beau être complètement torché au saké, t’es encore capable de capter ce que je raconte. Mieux encore, tu as l’air de te souvenir de quelqu’un que tu n’as jamais rencontré. C’est normal, puisque ce quelqu’un est un dieu et qu’on n’oublie pas les dieux – on se contente d’y croire –, néanmoins ça reste un très bon signe. Maintenant, je sais que je peux te caser parmi les vivants. Oh, bien sûr, tu fais un peu peine à voir, mon pote ; tu dois pas être très loin de repeindre les carreaux et de trouer ton froc, t’as l’air d’avoir séjourné dans une buanderie périmée et le diamètre de tes pupilles dépasse celui de tes iris, mais derrière cette façade d’illuminé, tu réponds plus ou moins présent quand on fait mine de s’intéresser à ta gueule.

Un petit sourire aux lèvres, il m’observe depuis le brouillard qui s’est invité dans son monde. Ma tirade achevée, je lui rends la pareille. J’ai beau dire, d’une certaine façon, je me reconnais un peu en ce type. Le côté décalé, la tronche impassible du je-m’en-foutiste qui a roulé sa bosse, le dépravement apparent allié à l’élégance de ceux qui font partie de la mauvaise classe sociale, la nôtre ; ça doit être ça. J’ai ce qu’un observateur extérieur pourrait appeler un élan de sympathie pour ce mec, Maddox. Si je n’avais pas aussi peur qu’il me gerbe dessus, je lui tapoterais sur l’épaule en signe d’encouragement, parce que la gueule de bois qu’il va se payer, ça va être du lourd.

« A Wellens ? Pas exactement, non … », lâche-t-il en réponse à ma question.

Dommage. Le Wellens, je ne l’ai jamais rencontré mais là encore, j’ai entendu des histoires et si je n’ai rien contre le petit prodige du GDP, j’avoue que j’avais été délicieusement enthousiasmé par l’idée que mon interlocuteur ait pu lui pourrir sa gueule avec, paraissait-il, une clope non-éteinte. C’aurait pu être sympa, un petit carnage au sein même de la brigade. Sauf qu’apparemment, Maddox n’est pas le seul à balarguer des mythos à tout-va. Quant à lui, il se marre ; c’est là que j’en déduis que sa version de l’histoire doit être toute aussi digne d’intérêt que l’écho – certes faussé – que j’en avais eu.

« Non, pas celle de Wellens, non. Mais j’ai essayé de lui faire porter le chapeau par contre ! »

Un sourire étire mes lèvres, avant de muter en un petit rire de gorge : je ne m’étais pas trompé. Le Maddox, c’est le mouvement perpétuel à la portée de l’homme, la cacahuète qui nous fait apprécier la bière quand on s’est lassé du goût de cette dernière, le pet dans la piscine qui fait croire que le monstre du Lochness s’est invité parmi les gosses qui font chier leur monde dans le bassin. On l’attend, on le guette, on prend un ascenseur qui ne sert à rien et quand on en ressort, on se paie une belle tranche de changement. J’ai comme l’impression que lui et moi, on est faits pour s’entendre. Mec, si j’étais gay et s’il n’y avait pas Elimoche, je t’épouserais et on irait s’envoyer en l’air sur un toit.

Il a du cran, que je songe. ‘Fin, du cran ou un gros grain, mais c’est du pareil au même. Parce que c’était triste : s’il survivait à l’épreuve de la gueule de bois de demain, ce ne serait que pour se faire allumer par Caïn et Lamacchia, et comme il était connu qu’au GDP nous étions des tendres il risquait de passer un sale quart d’heure, voire de perdre ce qui faisait son intégrité physique. Mais bon, j’ai beau admirer la luminosité de l’action, je n’en trouve pas moins prétentieux son auteur ; étant un mec cool – j’insiste –, je peux pas m’empêcher de penser que le spectacle risque de claquer du pognon en paris, et j’ai déjà ma petite idée sur la façon dont je vais arrondir mes fins de mois, si tu vois ce que je veux dire.

« Bravo, mec ! lui dis-je. T’es dans une sacrée merde, mais t’as le mérite d’avoir des couilles, et c’est limite aussi bien que si tu avais vraiment amoché le précieux petit Wellens. Au moins, là, on est quasi assurés qu’il restera quelque chose de toi quand tes supérieurs se seront occupés de toi, et on aura la preuve que t’as bien existé … »

Derrière moi, les deux gonzesses se marrent toujours. Et pour cause, ma soubrette préférée, plus ou moins dissimulée par le comptoir du bar, revêt une chemise de rechange, révélant à l’occasion une musculature d’adolescent en mal de croissance. Ses yeux jettent des éclairs dans ma direction, aussi en profité-je pour lui faire signe d’approcher de notre table pour prendre une commande. La chose ne lui plaît pas, il hésite peut-être à appeler son con de patron, mais finalement il renfile un tablier et se décide pour une approche prudente.

« Tu m’as l’air pas mal pété, Maddox, mais je crois que quitte à être malade, autant ne pas l’être qu’à moitié. Tu m’accompagnes, qu’on trinque à ton passage à tabac à venir ? C’est moi qui paye, tu peux t’lâcher. »

Il semblerait que j’allais finalement avoir droit à mon gin-tonic avec, en prime, un nouveau pote. Sans me départir de mon sourire ravi, je cale l’un de mes pieds sur la table. J’attends d’entendre Maddox donner suite à la conversation que j’ai fait l’effort de lancer, moi, le gros con d’asocial plus habitué à vanner ou fendre des gueules qu’à papoter. Plus ça va et plus il m’intéresse, le mister ; ça doit être l’effet gueule d’ahuri dopé aux amphétamines.


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MessageSujet: Re: [x] Vitox, ça pète, ça roxxe. Et ça rime. [PV Maddox]   Jeu 8 Juil - 5:23

Moi, c’est Vito, scientifique dans la même boîte que celle qui a eu l’idée bizarre de t’embaucher… t’embaucher… t’embaucher.

Tout n’est que copie d’une copie d’une copie.
Fight Club.

Maddox n’avait pas les idées nettes. Sur ce coup là, on peut même dire qu’il était carrément à cinquante-douze années lumière de notre belle planète bleue, plus communément appelée la Terre. A cet instant précis, alors que les derniers mots prononcés par Vito Vargas rebondissaient sur son crâne comme l’avait précédemment fait le triptyque « Saki, Sole, Saké », Maddox était parti très loin, dans une contrée du doux nom d’hangover-land, entouré de toutes sortes de bestioles volantes et plus ou moins lumineuses –qui lui cramaient accessoirement les yeux. Et si cette douleur factice était restée à peine plus longtemps, s’il n’avait pas suffit d’un battement de cils pour la faire s’envoler, il aurait peut-être put ressentir un peu de culpabilité ou du moins, une once de compassion pour MR.MACHIN qui avait désormais la cicatrice lissée d’une brulure, en plein dans la joue. Parce que Maddox craint la douleur plus que tout.

Maddox avait fermé les yeux. Les formes vertes et roses qui venaient s’écraser sur le fond de sa rétine étaient suffisamment horripilantes pour ne pas y rajouter par dessus sa vision « normale ». Il avait juste eut le temps de répondre à Vito avant de perdre complètement pied et confondait maintenant hangover-land et réalité. Avec un grand étonnement, il reconnut parmi les formes, les contours de l’Usine, les bâtiments abritant la Brigade. Scientifique dans la même boîte que celle qui a eu l’idée bizarre de t’embaucher. A présent qu’il avait entièrement analysé ses mots, Maddox se rappelait d’autant mieux de ce type, Vito Truc. Un bon scientifique, un des meilleurs même, d’après ce dont il arrivait encore à se remémorer. Vargas, il était connu pour ça, pour son orgueil dit injustifié –comme tout orgueil, mais Maddox se foutait de cette partie- et pour sortir avec la fille dont le nom avait un rapport avec l’enfer. Malheureusement, présentement, Mad’ aurait été infoutu capable de se rappeler exactement comment elle s’appelait et ce, même s’il avait daigné essayer.

Puis de ce qu’il en savait, elle était pas si géniale la meuf. Déjà, les lunettes, Maddox ne supportait pas ça. Mais bon, c’était pas sa faute à elle si ses yeux faisaient d’la merde. Ou si ses cheveux étaient crépus .Ou si elle avait des boutons partout. C’était sur, elle devait sans doute avoir des boutons partout ! Putain, pas le physique vieux, pas le physique, ça se fait pas !Maddox n’avait jamais parlé à Elissandre Hell et ne l’avait même jamais vu. Pourtant, en cet instant, il ressentait une inexplicable haine envers elle… Mais tu fais quoi là ? Tu fais quoi BORDEL ??

Maddox rouvrit les yeux, les oreilles, et même la bouche, parce qu’il avait l’impression de ne pas pouvoir respirer par le nez. Ce qu’il avait l’air con comme ça, la bouche entrouverte, d’où se dégageait certainement une fraiche odeur d’alcool. Maddox lui même arrivait à percevoir, derrière tout ce saké, un goût de nicotine ce qui, par chance, l’écœura certes, mais ne lui retourna pas l’estomac pour autant. Peut-être son père super héros était-il en fait le pire des alcoolos, peut-être qu’il avait déjà ça dans le sang avant même de voir le jour, enfin bref, Maddox tenait plutôt bien l’alcool. La drogue également.

La douleur un peu moins. Même si, en surface, on y voyait que du feu, ce que lui avait infligé Wellens lui faisait encore souffrir le martyre par moment. Ça venait, douleur aigue puis lancinante, comme des contractions. Non, en fait, il ne savait pas si ça faisait comme des contractions, parce qu’en y réfléchissant, il n’en avait jamais eut. Mais quand bien même il essayait de l’oublier, cette chienne de douleur était toujours là, subjacente, prête à bondir tel un Lio~ Chut, tu recommences à penser de la merde.
« […] amoché le précieux petit Wellens. […] il restera quelque chose de toi quand tes supérieurs […] que t’as bien existé … »

De ce que disait Vito Vargas, Maddox n’en percevait pas la moitié et a peine le quart lui parvenait au cerveau. Et comme il lui fallait déjà faire un effort surhumain pour se concentrer sur ce qu’il disait, se demander quoi penser, voire quoi répondre, il ne lui restait plus assez de force pour parler et sa partie de la conversation restait coincée dans sa tête, au beau milieu du chaos.
Amocher Caïn ? Qu’il essaye, ce serait marrant à voir comme combat de coq. Mais Caïn gagnerait, aucun doute là dessus !
S’il avait eut assez de salive, Maddox aurait surement conseillé à Vargas de ne pas engager un combat avec Wellens. D’autant plus qu’il pensait ce dernier imbattable, quelque soit le type de combat. Deux pistolets, deux poignards, la parade parfaite. Pour Maddox, Wellens ne pouvait être battu. C’était un miraculé et même la chance semblait avoir choisi son côté.

Et puis, pour ce qui concernait sa propre survie, il ne s’en inquiétait pas. Enfin si, tout le monde s’inquiète d’être en vie, mais comme Lammachia avait eut des échos de l’état dans lequel il était sortit de sa confrontation avec Caïn, on pouvait se douter que le jugement final du GDP serait moins tragique que ce qu’il aurait pu être.
« Tu m’as l’air pas mal pété, Maddox, mais je crois que quitte à être malade, autant ne pas l’être qu’à moitié. Tu m’accompagnes, qu’on trinque à ton passage à tabac à venir ? C’est moi qui paye, tu peux t’lâcher. »

La proposition était plus que tentante. Boire encore jusqu’à ne plus se souvenir de qui il était, ça avait un côté mélodramatique qui lui plaisait bien. Parler court et concis pour ne pas avoir l’air con. Après avoir commandé, Vito se tourna vers Maddox et ce dernier dit simplement au barman :
« La même chose pour moi. »
« Je suis désolé Monsieur, mais nous ne sommes pas autorisés à vendre de l’alcool aux clients déjà éméchés. »

Maddox voyait Vito prendre la puce. Il semblait que le barman et lui avait déjà un passé bien construit, parce qu’en voyant Vargas bouillir, la soubrette avait fait un pas en arrière et tenait désormais son plateau comme un bouclier. Maddox s’empressa alors de répondre :
« S’il me ramène chez lui, ça ne devrait pas poser de problèmes, n’est-ce pas ? »

L’étonnement du barman enleva toute crispation sur son visage.
« Euh… N-Non, non. »
« Très bien. » poursuivi Maddox « Dans ce cas, mon cher Vito, navré mais je m’invite chez toi ! »

Le barman resta sur place quelques secondes, puis parti sans dire un mot et revint la seconde d’après, chargé de sa commande. Alors qu’il allait demandé qui réglait la note, Maddox pointa son doigt vers Vito en lui adressant un clin d’œil.

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Vito Vargas

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MessageSujet: Re: [x] Vitox, ça pète, ça roxxe. Et ça rime. [PV Maddox]   Jeu 8 Juil - 18:46

« Settle for a world, neither up or down
Sell it to the crowd that has gathered around ;
Settle for a guy, neither up or down
Sell it to the crowd that has gathered around »
Je ne dis rien, mais j’observe. J’observe que mes mots éprouvent les pires difficultés à se frayer un chemin jusqu’au cerveau de Maddox. J’observe qu’il fixe de façon sporadique des images qui n’ont rien à voir avec la réalité. J’observe que je suis loin d’être le point d’ancrage de cet intoxiqué dans une réalité dans laquelle il a perdu pied. En même temps, je ne peux que le comprendre, ou compatir – ce qui revient au même. Quand on vient d’accueillir dans ses tripes une cargaison de saké, on finit rarement l’aventure en incarnant un modèle de fraîcheur et d’affûtage spirituel. Descendant de Chuck Norris ou non, Maddox n’échappe pas à la règle. Et puis ça reste assez fun, d’un autre côté, de le voir se débattre avec l’alcoolémie qu’il s’est infligée.

Mais putain, ça lui donne quand même un air sacrément con. De ce que j’ai compris, il est bête, mais sans l’être – je me comprends. Le genre de type à se foutre dans des emmerdes à peine imaginables, à parler sans réfléchir et le plus souvent, à un moment inopportun. A se farcir un space-cake à lui tout seul quand il est censé avoir les idées claires. Remarquez, je suis à peu près pareil, quand on y pense. Les bonnes manières, les étapes que le commun des mortels jugeaient sacrées dans l’accomplissement d’une vie, le politiquement correct ; tout ça, c’étaient des conneries, des illusions que l’on nous faisait miroiter pour mieux nous égarer. Les bons, les vrais, ce sont ceux dont la folie les poussait à prendre un risque pour mieux jouir d’un nouvel aspect de la réalité. On les appelle aussi des cons, mais l’essentiel est de conserver une justesse dans notre appréciation des priorités.

Profiter de la vie, donc. Pour sûr, Maddox en avait profité. Elle le lui avait bien rendu, à ce qu’il paraissait, cette salope. Toujours si l’on accorde du crédit aux bruits de couloir, on peut entendre murmurer que le jeune homme traîne à son pied le boulet d’un passé de bonne poire. J’ai entendu parler d’une fille, autrefois sa gonzesse, qui se serait amourachée de Wellens ; j’ai entendu parler de l’emprise qu’elle avait à l’époque sur Maddox. Une pétasse, disait-on, qui avait fini par payer de sa liberté les activités illicites desquelles elle vivait jusqu’alors. De quoi bousiller l’estime que l’on pouvait avoir de soi, à un âge où l’on finissait de bâtir les fondations de son être en devenir …

… Ou de se retrouver poussé à faire mieux. Je supposais que c’était ce qu’avait fait mon nouveau pote, mais je ne pouvais pas m’empêcher de conserver quelques réserves quand je le voyais dans cet état – abruti par l’alcool, proche du fossé qui s’était ouvert non loin de lui. Ce que je savais de lui, en revanche, c’était qu’il n’était pas aussi imbécile que ce que son allure de dépravé pouvait suggérer. ‘Fin, pour apprécier cette qualité, il fallait sans doute le voir au top de sa forme, et c’était pas exactement le cas.

En dépit des brumes dans lesquelles Maddox avait établi sa demeure, il paraît réceptif à ma proposition de beuverie. Ce à quoi je discerne un regain d’enthousiasme chez un mec pas loin d’être complètement stone ? Un raidissement dans les muscles de sa mâchoire, une lueur qui s’invite, le temps d’un battement de cœur, dans ses iris sombre. A propos d’yeux … Je bronche sur ces derniers. Jusque-là, l’éclairage de la partie dérobée du bar les avait laissés sujets aux devinettes, mais je me suis habitué ; désormais, je constate que l’un d’eux est orné d’un œil au beurre noir, tandis que sa peau hâlée, elle, porte les restes timides de bleus commençant à dater. Des marques que j’identifie mal teintent également la chair de sa gorge d’empreintes plus sombres, comme mal cicatrisées.

Je dois avouer que je ne suis pas vraiment surpris que Maddox semble avoir séjourné dans un rouleau compresseur. Non, ce n’est pas à ce propos que je m’interroge, puisqu’il semble établi qu’il a dû connaître il y a peu des moments difficiles et que ce mec n’a pas besoin d’un radar pour enfiler des perles sur son collier à merdes. Donc, pas de quoi seulement un qui. Je songe tout de suite à Wellens pour le rôle du boxeur, même si ça m’étonne. Se pourrait-il que ce mec lui ait déjà cassé la gueule ? Bien sûr, il restait étrange que je n’aie pas été tenu informé des dernières actualités des « Feux de l’amour » locaux, mais il l’aurait été plus encore qu’un type comme le petit Caïn laisse plus de quelques jours s’écouler après la blague de Maddox.

Au temps pour mes rêves de fortune à la table de paris du GDP, donc. C’est pas contre toi, mec, mais j’aurais pas craché sur quelques deniers supplémentaires.

Cendrillon, sur ces entrefaites, pointe sa tronche enfarinée ; Maddox prend la même chose que moi. Bien. Ou pas. Soit j’ai un pote partageant l’adulation que je porte au Gin, soit il est trop bourré pour envisager de se compliquer la vie avec une phrase plus évoluée. Oh !, et puis merde. Je risque de finir dans le même état que lui alors on s’en tape : l’alcoolémie est une compagne qu’on a en commun de s’envoyer de façon récurrente. Les clubs échangistes entre camés.

Encore faudrait-il pour cela que la soubrette arrête de me chercher. Parce qu’elle continue, la tarte : non contente de s’être payé un cocktail sur ses fringues, elle semble en redemander, dans un trip sainte-nitouche cette fois-ci. Et elle de nous baratiner sur l’interdiction lui liant les mains lorsqu’il s’agit de servir à boire à une personne déjà éméchée. Ce qui revient ni plus ni moins à inviter le règlement à une fête à laquelle ne participeraient que les VIP d’un monde l’ayant banni. Loin de me faire rire, cette plaisanterie ranime en moi le feu que le gin-tonic volant n’avait pas suffi à noyer – pour qui il se prend, ce connard ? –, toutefois Cendrillon paraît avoir retenu la leçon et adopte une attitude défensive suggérant qu’elle ne va pas pousser plus loin sa chance. Elle fait bien, car le fil qui la rattache encore à la vie est sur le point de se rompre.

La situation est sous contrôle. C’est le moment que choisit Maddox pour intervenir.

« S’il me ramène chez lui, ça ne devrait pas poser de problèmes, n’est-ce pas ? »

Là, je tique fortement. La soubrette aussi. Elle parce qu’elle doit douter de mes talents d’hôte, incertitude dont l’origine m’est inconnue, moi parce que je n’étais pas au courant de cette partie du programme. Qu’est-ce que c’est qu’cette histoire ? J’ai loupé un épisode dans le film ou est-ce qu’il vient de s’inviter chez moi, le mec ? Pas que ça me pose de problème d’accueillir un pote chez moi, mais y’a un minimum de politesse à avoir. Ou à tenir. Bref, j’ai tellement l’habitude que je ne sais même pas comment on dit. Me dis pas que t’as pas d’appart’, vieux, je te croirais pas. A moins que tu sois trop déconnecté pour te souvenir de ton adresse … Putain. Putain, putain, putain. Tu fais chier, Maddie. Je t’aime bien, pour un peu je te proposerais de partager mon lit, mais tu fais chier.

« Dans ce cas, mon cher Vito, navré mais je m’invite chez toi ! »

C’est ça, « navré ». Mon cul aussi, il est navré. J’ai envie de pocher ton autre œil, de terminer le boulot bâclé de ce Wellens, de te foutre sur la gueule le verre que vient d’apporter le serveur et d’y mettre le feu. Et puis, qu’est-ce que c’est que ce clin d’œil que tu m’as lancé, cette façon que tu as de mater dans ma direction avec le sourire gourmand des putes qu’il m’arrive de rencontrer ?

« … Mouais. C’est la fête, hein, tout l’monde chez Vito et on se fait une bringue », bougonné-je.

Bah. Pourquoi je m’en fais, moi ? Qu’est-ce qui me dérange, dans cette histoire, précisément ? Ne trouvant pas de réponse, je me détends, arrosant ma gorge d’une lampée de cet orgasme à l’état liquide qu’est le gin. La brûlure de l’alcool dans mon gosier réchauffe entrailles, cœur et âme et finalement, c’est un sourire qui prend le pas sur l’expression figée de mon visage. Cette soirée promet d’être sympa. La nuit aussi, parti comme c’est – j’ai une tendre pensée pour la réserve de coke dans un des tiroirs de mon appartement. J’ai goûté cette poudre que j’ai achetée il y a peu ; elle est d’une excellente qualité, le tout pour un prix des plus convenables. Tôt ou tard, je savais qu’il faudrait que je me décide à violer la pureté de ce trésor de bienfaits ; or, il semble que ce jour est arrivé. Toi et moi, Maddox, on va se payer un aller simple pour un pays auquel peu de dieux ont eu accès jusqu’ici. On est faits pour s’entendre.

« Donc tu t’es déjà fait casser la gueule par Caïn. Mais ça change rien, on boira quand même. A ta survie. ‘Fait, c’est cool que tu viennes passer la nuit chez moi, y’a des chances qu’on se marre. J’espère que tu reprends pas trop tôt demain. »

Nouvelle gorgée de Gin. Jouissance. Décidément, j’aime ce truc. J’aime tout le monde, ce soir. Cendrillon, Maddox, mon appart’, Maddox, mon poisson rouge, mon paquet de clopes, Maddox, la drogue, le Gin, les rues baignées de luxure, Maddox encore. « Maddox ». Maddie. Ca sonne bien, en fait.


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MessageSujet: Re: [x] Vitox, ça pète, ça roxxe. Et ça rime. [PV Maddox]   Sam 10 Juil - 6:46


« … Mouais. C’est la fête, hein, tout l’monde chez Vito et on se fait une bringue »

Pour dissimuler son sourire à Vito, Maddox fit mine de boire son Gin. Il ne reprit que deux gorgée, conscient que son cotât boisson avant de tout dégobiller était très faible. Néanmoins, il lui semblait qu’il se sentait mieux. Un peu plus frais, un peu moins à hangover land. Et puis, il vit avec étonnement un sourire se dessiner sur les lèvres de Vito. Lui dont l’expression était jusqu’alors restée figée avait céder son visage détaché contre un beau sourire, qui fit même rosir Maddox. Il n’en était surement pas –pas lui personnellement- à l’origine mais aurait bien voulu savoir ce qu’il se passait dans l’esprit du scientifique. Et Mon dieu, s’il avait été télépathe plutôt que… que… qu’un truc indéfinissable –dont il n’était même pas conscient de sur croit- Maddox aurait bien rit. Tant de camés au sein du GDP que oui, ça en devenait risible. Le premier étant Wellens, évidemment, qui envoyait sa subordonnée chercher sa propre drogue, puis venait Maddox dont le nez saignez assez souvent pour avoir trop joué avec la poudre blanche, et maintenant Vito, scientifique à ses heures perdues et dont la piaule semblait donc cacher de bonnes surprises. Mais comme vous le savez, Maddox se contente de savoir différencier le vrai du faux. Il ne pouvait donc que s’interroger sur la raison du sourire de Vito –craquant avouons-le- tout en rêvant d’avoir les moyens pour la trouver.
« Donc tu t’es déjà fait casser la gueule par Caïn. Mais ça change rien, on boira quand même. A ta survie. ‘Fait, c’est cool que tu viennes passer la nuit chez moi, y’a des chances qu’on se marre. J’espère que tu reprends pas trop tôt demain. »

Cassez la gueule. Et encore, le mot était faible. Epaule déboitée, cotés fêlée, arcade sourcilière ouverte, lèvre fendue. Et je vous épargne des détails les plus gores. En y pensant, sa main alla trouver son œil par reflexe et il eut un mouvement de recul au moment du contact. Un peu gonflé et le bleu violet persistait malgré les tonnes de maquillage que Maddox s’était évertué à mettre. Il préférait, et de loin, se faire traiter de fille plutôt que d’avoir l’air d’un bouffon et une « gueule cassée ». Et encore, il pouvait sortir sans trop se faire remarquer. Mais si vous l’aviez croisé au lendemain de son ravalement de façade, made by Wellens, vous ne l’auriez simplement pas reconnu. Il avait des plaies un peu partout : au visage, bien sur, mais aussi des coupures sur les bras et des hématomes disséminées sur les jambes, le ventre et le dos. Mais là, ça allait mieux, les blessures avaient presque toutes cicatrisées et rares étaient celles qui lui faisaient encore mal comme au premier jour.

Et puis, il n’avait pas le droit de se plaindre, il avait cherché les ennuis, il avait cherché Caïn, et finalement, il l’avait trouvé. Putain, Merde, ‘faut que je le vois. Un mois de puis son passage à tabac, un mois qu’il n’avait plus de nouvelles.
« Ne t’en fais pas pour moi, je sais retomber sur mes pattes. »

Maddox déplaça son coude du dossier de la chaise à la table puis reposa son menton dans la paume de sa main. Du coin de son œil valide, il se mit à fixer Vito. Passer la nuit chez lui… Pas mauvaise idée qu’il avait eut là ! Mais Maddox avait surement des projets tout à fait autres que ceux du scientifique. A cette pensée, il prit une expression que les initiés n’auraient pas de mal à traduire… Pommettes relevées, lèvre inférieure mordillée, haussements de sourcils. Il se pencha un peu plus en avant, histoire de se rapprocher de son interlocuteur.
« Toi en revanche, je te trouve bien trop sobre pour être intéressant. »

Maddox rappela la soubrette, qui, depuis leur dernier échange, devait avoir gagné en QI, car elle ramena en même temps une nouvelle bouteille de Gin. Mad’ s’en empara, renvoyant le barman d’un geste dédaigneux, et ce sans même quitter Vito du regard.
« Si tu arrives à boire toute la bouteille ici présente, cul sec… ce sera mon tour d’offrir les consommations. »

C’était gâcher que de boire sans apprécier, surtout au goulot, comme ça, mais le ton de défit adopté par Maddox n’avait pas échapper à Vito. Maddox continuait de le regarder avec insistance, et quand il allait l’accuser de se dégonfler, Vito s’empara enfin de la bouteille et se mit à boire énergiquement. On arrivait à voir les étapes de la décomposition de Vargas. Arrivé à la moitié, Maddox cru même qu’il allait s’étouffer. Lui se serait étouffer. Ou du moins, il n’aurait pas pu tout boire sans respirer et, fatidiquement, il aurait respirait en buvant, le con. Le cul sec, c’est tout un art, baby ! Quand il eut terminer, Vito posa la bouteille avec fracas et un air de vainqueur s’ancra sur son visage.
« Il en reste un peu… »

Soudainement, Maddox se leva, s’appuya sur la table et se pencha vers Vito. De sa main libre, il lui prit le menton, tourna son visage sur le côté…
« Là ! »

… et l’embrassa sur le coin de la bouche.

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Vito Vargas

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MessageSujet: Re: [x] Vitox, ça pète, ça roxxe. Et ça rime. [PV Maddox]   Dim 11 Juil - 14:15

« There's no reason to get excited
The thief, he kindly spoke.
There are some among us here
Say that life is just a joke »
Engloutissant un tiers de mon verre, j’observe la réaction de mon interlocuteur quant à ma tirade. Ou plutôt, son absence de réaction. Pas de réponse directe, pas de signe qu’il m’a seulement entendu. J’ai presque envie de l’empoigner par sa tignasse et de le traîner aux chiottes les plus proches, lui mettre la tête dans la cuvette et attendre qu’il dégueule, histoire de limiter les dégâts de demain. Reste que j’ai la flemme d’assister à une revisite de la décoration des locaux abritant les toilettes. Je préfère demeurer assis là, posé sur une chaise qui n’a de confortable que la prétention, à savourer la présence d’un mec dont l’alcoolémie ne doit être qu’une facette de sa personnalité volage.

Pas qu’il soit vide. Sûrement pas. Au contraire, même. Je vois mal les grands pontes du GDP s’intéresser à un gamin qui ne présenterait d’autre intérêt que celui de ses beaux yeux seuls. Mais pour l’heure actuelle, Maddox ne fait pas montre de beaucoup d’originalité, voire d’originalité tout court, hormis dans la mythomanie qui le ronge et sa propension à se mettre sur le dos les mauvaises personnes – dont le Wellens –, habitudes qui par ailleurs ne suffisent pas à faire de lui le demi-dieu dont parlent les murs. C’est pour saisir la subtilité de son être, m’approprier son mode de fonctionnement, que je m’apprête à passer la soirée avec Maddie. Pour passer de l’autre côté du miroir qu’il s’ingénie à présenter à ceux qui risqueraient de l’approcher.

Plus que la normale, tu te plais à induire ton monde en erreur – par les sentiers pavés de mensonges dans lesquels tu les perds, par ton sourire qui dit tout mais ne révèle rien. Sauf que tu possèdes, toi aussi, des ficelles que l’on doit pouvoir tirer, pour peu que l’on se donne la peine de les chercher. Maddox, c’était un avatar. Un écran de fumée laissé à l’appréciation de celui qu’il aveugle. Un air commercial qui vous prend la tête, une blague. C’est cette énigme qui me pousse à soutenir son regard tandis qu’il pince le nez, comme frappé de souvenirs qui le perturbent ; quand il porte les doigts à son œil meurtri, c’est la confirmation de mes doutes sur son ravalement de façade.

Toutefois, pour l’instant, il n’affiche qu’un profil de puceau pris au piège par son incapacité à tenir l’alcool. Pas de quoi en rester pantelant. Il a trop bu, de toute manière. De la merde, en plus. Ce machin japonais du nom de saké n’est bon qu’à débarrasser les sanitaires d’éventuels parasites, c’est bien connu ; on ne peut pas s’encombrer d’une confiance vaine en cette eau de Javel. Profitant de ce qu’il se donne à ses fantômes de blessures autant qu’à des pensées sur lesquelles je me fiche de ne pas avoir prise, je vide mon verre d’un trait. Quant à la rondelle de citron, je la balance sur la tronche d’une nana à la table voisine. Elle me retourne des insultes qui me laissent de marbre – de toute façon, j’m’en fous, je suis un prince et c’est jamais qu’une pétasse. La voix de Maddox, s’élevant soudain, douce et faible, couvre la litanie de l’autre conne :

« Ne t’en fais pas pour moi, je sais retomber sur mes pattes. »

Je me fends d’un petit rire, tout en savourant les dernières braises d’alcool dans mon œsophage. Pour sûr, t’es retombé, mon pote. Mais ça veut pas dire que la chute n’a pas été rude, à voir ta gueule de boxeur sous-doué. Je le laisse s’écouter parler, amusé par sa prétention. Il est évident qu’il ne lui a pas été aussi aisé de se rétablir qu’il le sous-entend, Caïn Wellens n’étant pas connu pour sa clémence pendant qu’il distribue des câlins à ceux qui s’avisent de l’emmerder. Cependant, Maddie n’a pas terminé.

« Toi en revanche, je te trouve bien trop sobre pour être intéressant.
-Et toi, t’as l’être d’être con quand tu t’y mets, vieux »
, je grince.

Je hausse un sourcil. Il dit de la merde, le Maddox, pour le coup. S’il y a bien une chose que je ne supporte pas, c’est qu’on me sous-estime ; et ça a l’air d’être le cas, même si je ne parviens pas à identifier de façon précise l’origine de la lueur brillant dans ses yeux lorsqu’il me regarde. Je ne suis pas le premier con venu et j’aimerais autant que nous perdions du temps en palabres inutiles avant qu’il l’intègre, ce serait aussi bien. Moi, on m’aime ou on me kiffe, mais on ne me regarde pas de haut. La classe, ça se travaille, ça s’élève au rang d’un art et on ne me contredit pas à ce propos, sans quoi, on passe son chemin. Fais gaffe où tu mets les pieds, mon coco.

Maddie, d’un geste qui pue l’habitude, rappelle la tapette en soubrette à notre table, avec à mon attention un énième regard noir, doublé de la bouteille de gin qu’il se fait un plaisir de nous amener. Avant moi, mon compagnon de beuverie s’en empare. La prestance de son geste suggère qu’il doit avoir quelque peu émergé du territoire sur lequel le saké l’a emporté, même si ce n’était que passager, sans doute pour l’autoriser à mettre à profit les petites idées tordues sommeillant en lui. Et pour cause ; au sourire qui ne cesse d’éclairer son visage tandis qu’il me fixe, je devine qu’il prépare un de ces petits tours dont il a le secret. Un tour à la Maddox. Une connerie, j’imagine.

Ca ne rate pas. Putain, c’est bon d’avoir raison. Tu t’sens puissant, d’un coup.

« Si tu arrives à boire toute la bouteille ici présente, cul sec … ce sera mon tour d’offrir les consommations. »

Je lui renvoie un regard fat. L’espace d’un instant, j’hésite entre lui coller un pain et lui cogner la tête contre la table. Bordel, mais qu’est-ce que c’est que cet attardé ? Son cerveau est resté bloqué en primaire, ou est-ce que son neurone a fini par griller à cause de l’alcool que ce con s’est envoyé ? J’ai l’impression d’avoir atterri dans une boom d’ados où l’on vous colle une étiquette en fonction du nombre de centilitres d’alcool que vous serez capable d’ingurgiter avant de finir sous la table, ou pendu aux lèvres de la première personne venue. D’autant plus que ce n’est pas comme si c’est là la première bouteille de gin que je suis susceptible de me descendre. Je compte déjà cette ânerie dans la longue liste de mes exploits – laquelle comprend des coups d’éclat bien plus recherchés dans le genre complètement con.

Néanmoins, la proposition de Maddox reste tentante. Une bouteille de ce gin que le serveur nous a apporté, le seul, le bon, le vrai, coûte relativement cher ; il en va de même, d’une façon générale, pour tous les breuvages que ce bar a à offrir. Je laisse mes doigts courir sur la table, hésitant à céder au caprice de Maddie. Finalement, c’est son sourire enjoué qui me décide. Parce que je suis là pour passer un bon moment et boire un coup, parce que je voue un amour infini au gin, j’abandonne mon verre, lui préférant la prise ô combien bénie de la bouteille que me tend mon interlocuteur. Tu veux voir si j’en suis capable, c’est ça ? Tu veux constater de tes yeux que je ne suis pas fait du même bois que les imbéciles qui nous entourent ? Enjoy, babe.

« Puisque c’est si gentiment offert … »

Puis c’est le mariage entre le goulot du récipient et mes lèvres. Un instant avant que celui-ci n’atteigne ma bouche, j’ai le temps de humer l’odeur de l’alcool que je m’apprête à m’enfiler ; mon cœur exécute une gigue joyeuse dans ma poitrine. Cette boisson, songé-je en levant le menton pour suivre le mouvement de la bouteille, c’est un trésor liquide. Première gorgée. Filet d’or, le gin s’écoule dans ma gorge avide des rondeurs qu’il présente. A la seconde, j’ai une pensée émue pour les détracteurs de ce nirvana et les quolibets de désinfectant qu’ils accolent au nom de gin. Ils ne savent pas ce qu’ils ratent. A la troisième, je cesse de compter pour jouir des caresses accordées à mon gosier. Ce faisant, j’observe Maddox du coin de l’œil. T’as l’air surpris, mec. Tu t’attendais à quoi ? A ce que je recrache tout sur la table, à ce que je gaspille une goutte de ce don du ciel ? A ce que je refuse en bloc, peut-être ? Comme si j’allais gâcher le pied que je prends à te voir halluciner sur ma descente.

Le niveau du liquide clair, presque semblable à de l’eau, connaît une baisse de niveau rapide, à laquelle j’accorde un clin d’œil mental. Et soudain, la bouteille cesse d’être utile entre mes mains, vide qu’elle est devenue de tout contenu ; je l’abats, triomphal, sur la table face à moi, me penchant sur Maddie. Je ne peux pas retenir mon sourire. C’est con, mais je ne pourrai jamais me lasser de la tronche que tirent mes potes dans ces cas-là, et celle de Mad’ vaut son pesant d’or.

Son air étonné s’évanouit bien vite, cependant. Avec étonnement, je le vois muter en une expression que j’échoue à déchiffrer.

« Il en reste un peu … », me dit-il, inspiré.

Je réponds pas. J’attends, pour ça, que le gin ait achevé de descendre en direction de mes tripes. J’adore ça, mais à jeun, un litre d’alcool fort fait toujours un effet bizarre. Je papillonne un instant des yeux, un peu trop réceptif au feu qui se déverse désormais dans mes veines ; c’est ce brasier qui émousse mes sens, perturbe mon attention et détourne cette dernière des mouvements de Maddox. Comme dans un rêve, je le vois se lever avec une brusquerie qui ne m’étonne même pas et quand il se penche sur moi, je ne peux que me demander ce que l’on est censé penser d’un tel énergumène.

Il m’attrape le menton, force mes cervicales à jouer pour faire pivoter mon visage sur le côté. Je juge le geste déplacé, mais ça s’arrête là. Je capte pas grand-chose, en fait. J’ai l’impression d’observer la scène d’un point de vue extérieur, sauf que je n’en saisis pas mieux ce qu’il se trame pourtant sous mon nez. Tout ce que je trouve à penser, c’est qu’un adjectif m’échappe, que j’ai du mal à poser des mots sur le mec en face de moi. Comment on appelle ça, déjà ? Ah, oui … louche. Un gars louche. Tu fais de la merde, Vito, tu fais de la merde … Et putain, impossible pour mes muscles engourdis par l’étreinte du gin de répondre à mes injonctions, inexistantes d’ailleurs … Chaleur, flashes de lumière aveuglante. Sensation de planer un peu plus haut que prévu sur ma chaise. Grésillements dans mes oreilles, comme si une ampoule grillait dans ma tête. Pernicieux, un vertige me saisit ; je le repousse d’un sursaut de volonté. Sans doute aurais-je dû me laisser emporter par la vague d’ébriété ayant osé se joindre à mon trouble, car je ne peux qu’assister à ma propre déchéance …

« Là ! », conclut Maddox avant de m’embrasser sur la commissure des lèvres.

Le contact me ramène à la vie. M’électrifie. Je secoue la tête, parcouru d’un frisson qui n’a rien à voir avec le sursaut auquel je me serais attendu et soudain, je saisis que je suis en train de me faire avoir. Je me lève d’un bond, repoussant ma chaise qui s’abat avec fracas derrière moi. Le frappant à l’épaule, je le renvoie à son siège ; c’est la surprise dont je suis prisonnier qui m’empêche de lui sauter dessus pour l’étriper.

« Putain, tu fais quoi, là ? je lance, incapable de retenir mon hurlement. C’est quoi ton trip, bordel ? »

Je me tais, incapable d’ajouter un mot. Ce connard m’a donné des vapeurs et je me découvre un besoin immédiat d’air frais. Je fonce vers la sortie, abandonnant Maddie, bousculant la soubrette au passage ; mes poumons accueillent l’air pur de cette fin de journée avec soulagement.

Mon crâne est encombré de pensées parasites et, l’alcool n’aidant pas, je me retrouve obligé de m’adosser au premier mur venu pour ne pas me casser la gueule. Ma rage explose quand je lève une main hésitante sur l’endroit où l’autre con a collé un baiser. Putain de merde ! Qu’est-ce qui lui avait pris, à cet enfoiré ? Porter mes cheveux longs ne faisait pas de moi un gay, putain ! Je n’ai rien contre les homos, mais je suis straight, putain, c’est si compliqué à piger ? Et qu’on ne vienne pas me dire que c’est la faute de l’alcool, que Maddie a agi comme ça parce qu’il est totalement torché – ce connard a trop bu, mais il est loin de ne plus répondre ses actes, il était parfaitement conscient de ce qu’il a fait quand il l’a fait. Et c’est quoi, cette sensation à la con ?

Je cède aux suppliques de mon corps et lui alloue une autre bouffée d’air. J’ai envie de taper dans un truc. Et putain, quelle idée de m’enfiler la bouteille de gin ? J’allais être dans un bel état quand ça me tomberait sur le coin de la gueule. Je fourrage dans mes cheveux, les yeux un instant clos ; ma main libre s’engage sur la garde de mon épée. Je comprends Wellens, soudain. J’ai envie d’aller casser la gueule de cet enfoiré. J’ai envie de revenir dans le bar et de lui planter ma lame entre les côtes. Qu’il s’avise de pointer sa face enfarinée, de croiser mon chemin dans un couloir du GDP, et il va connaître un sale quart d’heure.

En attendant, comment j’rentre, moi, putain … ‘l’est où ma caisse, déjà … ?


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MessageSujet: Re: [x] Vitox, ça pète, ça roxxe. Et ça rime. [PV Maddox]   Lun 12 Juil - 16:28


« Putain, tu fais quoi, là ? C’est quoi ton trip, bordel ? »

AH, LE BOUFFON ! Putain ! Vito était cool, beau, classe, attirant, tout ce que tu veux… Mais bordel, il avait pas de suite dans les idées ! Deux neurones mais rien qui les connectaient. Mon épaule, asshole, MON EPAULE. Maddox s’écrasa sur sa chaise et manqua de tomber à la renverse. Bien occupé avec ladite épaule qui lui faisait souffrir le martyre, il ne remarqua même pas le départ de Vargas. Mais qu’est-ce qu’il lui a prit bon sang ? Maddox connaissait évidemment la réponse. Il comprenait que se faire embrasser par un mec, là comme ça, ça pouvait en désarçonner plus d’un… M’enfin, quand même quoi !

A peine Vito partit que le barman se précipita sur Maddox, l’air complètement ahuri.
« Je… Vous… Merde… Vous-Vous allez bien ? »
« J’ai l’air d’aller bien ducon ? Pousse toi de là, tu me fais de l’ombre ! »

L’intéressé s’offusqua. Néanmoins, il resta au chevet de Maddox, les deux mains tendues vers lui comme si ça allait lui être d’une quelconque aide. Maddox se calma, respira de grandes bouffées et les souffla lentement. Il avait déjà fait ça une fois. Il savait faire. Ou presque… Non, je sais faire, je sais faire. Le barman, qui semblait avoir compris ce qu’il était sur le point de faire fit un pas en arrière.
« Non, ne faites pas ça, faut vous emmener à l’hôpital !!! »
« Ta. Gueule. Bordel, ferme ta gueule deux secondes ! »

Maddox prit son épaule et la replaça d’un geste brusque à sa place naturelle. Le barman se cahca les yeux d ses doigts peinturlurés et sursauta en entendant Maddox crier. Durant trois secondes, ça lui fit un mal de chien –il avait connu pire (haha) mais la douleur, on ne s’y fait pas- et puis une fois l’os remit, il ressentit un grand soulagement. Les glousseuses de tout à l’heure semblaient attendre quelque chose. Elles regardaient Maddox et le barman, qui, décidément, devait avoir prit racines, avec les yeux grands ouverts, comme s’il s’agissait du feuilleton quotidien, ou de quelque chose du genre.

Vous voulez la suite les filles ?Maddox se leva, but le reste de son cocktail d’une traite, laissa tomber le verre au sol et envoya son point dans la sale gueule du barman. Celui-ci s’écrasa au sol en tenant son nez. Les glousseuses éclatèrent de rire. Cristallin, à vous briser les tympans.
« Petit souvenir de la part de… » Maddox secoua la tête. « Oh et puis Merde ! »

Il était sur le point de sortir lorsque les minettes le hélèrent. L’une d’elle montra un truc au sol, quelques pas derrière Maddox. Il se retourna, haussa un sourcil, le ramassa puis sourit.
« Merci ! » Dit-il en les gratifiant d’un geste de la main.
Ses clefs de voiture. Ce con de Vito avait laissé tomber ses clefs de voiture. En franchissant la porte, Maddox entendit de nouveau le rire des autres dindes. Il était plus qu’heureux de les quitter, elles et mister JeMeLaPète. Il fit quelque pas dans la rue, regarda à droite, à gauche. Pas de Vito. Il joua avec les clefs, les lança en l’air avant de les rattraper. C’est pas possible, il a pas put partir sans ! Et puis soudain, il l’aperçu, appuyé contre un mur, l’air aussi perdu qu’un enfant dans sa nouvelle école.

Trottinant, une main dans la poche, l’autre en l’air, l’index vers le ciel, jouant avec les clefs, Maddox rejoignit Vito puis s’arrêta à deux mètres de lui.
« T’as oublié ça. Mais je les garde, tu peux pas fuir comme ça ! »

Maddox s’amusait. Il avait prit un ton enfantin. Emmerder Vito n’était pas aussi dangereux qu’emmerder Caïn. Et puis Vito était drôle à rebrousser chemin comme ça. Parce que c’était lui qui avait abordé Mad', non ? Qui lui avait offert un verre ? Qui… Bref, ce qui paraissait anodin pour Vito voulait dire quelque chose pour Maddox. Ton corps parle à ta place mec.
« Je ne te savais pas aussi chaste Vito. Allez quoi… T’as peur de quoi, hein ? » Maddox se rapprocha, sortit la main de sa poche et la plaça sur le torse de Vargas. « Si t’aimes pas les mecs, pense à quelqu’un d’autre. Et puis, il faudra bien que tu rentres chez toi, non ? »

Maddox agita les clefs sous son nez et les enleva de sa vue juste avant que Vito ne s’en saisissent. Il les mit dans la poche arrière de son jean puis lança dans un ricanement :
« Si tu veux les récupérer, il faudra venir les chercher ! »

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Vito Vargas

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MessageSujet: Re: [x] Vitox, ça pète, ça roxxe. Et ça rime. [PV Maddox]   Lun 12 Juil - 20:54

« And I forget just why I taste
Oh yeah, I guess it makes me smile.
I found it hard, it's hard to find
Oh well, whatever, nevermind … »
Putain. C’est le seul mot qui parvient à traverser le brouillard qui s’est établi sous mon crâne ; putain. Putain, putain, putain. J’ai l’impression que je pourrais passer des heures à seriner ce mot – putain. D’ailleurs, c’est pas vraiment l’envie qui m’en manque ; je dirais que c’est plutôt le temps, car j’ai autre chose à foutre, d’autres préoccupations à l’heure qu’il est. Peu importe l’heure qu’il soit, au passage. Putain, j’en sais rien. Rien de rien. Je ne suis même pas sûr de savoir où je me trouve exactement. Je suis juste plus ou moins au courant d’être dans un patelin de campagne du nom de Milan, d’avoir vraisemblablement paumé ma caisse et de ne pas être loin de péter une durite. Ouais, une durite. Là encore, peu importe ce que c’est, c’est secondaire. Pu-tain.

Seuls quelques souvenirs imbibent encore ma mémoire de leur présence envahissante puisque solitaire. J’ai en tête la soubrette et ses manières de pétasse mal assumée, Maddox et son sourire niais, Maddox et sa gueule de con qui se serait trompé de chirurgien esthétique. Viennent ensuite la bouteille de gin, le feu dispensé par ce dernier, le baiser qu’a déposé l’autre connard sur mes lèvres. Je fronce les sourcils à cette réminiscence. Oh, c’était un bisou de gamin de maternelle, de ceux qui rendent un dessin animé hardcore pour un gosse de moins de cinq ans, mais je n’ai jamais été embrassé par un mec. Intéressé par un représentant de cette espèce, moins encore. Les gonzesses étaient de loin les seules créatures capables de m’attirer et il fallait dire que je les avais cumulées, presque malgré moi, incapable que je suis de résister à l’envie de tirer mon coup de temps à autre. Mais un mec … Impossible. Inimaginable. Ridicule de surcroît.

Une espèce de hoquet franchit la barrière de mes lèvres, coupant net le fil de mes pensées ; je grimace. Merde. Manque plus que ça. Je ne peux pas ignorer que, aussi grande que soit mon habitude de l’alcool, cette saloperie reste le talon d’Achille de tout homme. Surtout ingurgité ainsi – en quantité déraisonnable et aussi à jeun qu’il est possible de l’être. Maintenant, bingo, j’ai droit au jackpot. Et le gin de se déverser à flots dans mon sang plus encore qu’il ne me décape les intestins, et mon cerveau de caler comme un moteur mal entretenu. Pour un peu, je verrais presque les lumières griller une par une à l’étage où s’est établi mon esprit et j’ai bien du mal à empêcher mes jambes de s’affaisser pour me permettre de m’asseoir. Ce serait pas une idée lumineuse. Je risquerais de ne plus être capable de me relever et de passer la nuit dans le caniveau. Le mauvais plan par excellence.

Tout ça à cause de l’autre enculé. Si je le revois, il va bouffer.

En attendant, debout ou pas, libéré de ce con de Maddox ou non, j’ai du mal à envisager le trajet de retour jusqu’à mon appart’. Pour commencer, il aurait fallu que j’aie la moindre idée de ce que j’avais foutu de ma caisse et actuellement c’est loin d’être gagné. A la façon dont le sol se met à gondoler devant mes pupilles dilatées, je comprends que si je souhaite atterrir dans un lit – le mien ou un autre –, il va me falloir prendre une décision, et rapidement. L’une de mes mains glisse sur mon pantalon, en quête d’une poche, et dessine les contours rebondis de mon téléphone portable. Je songe à passer un coup de fil à Elimoche, avec qui je n’ai pas eu le moindre contact depuis quelques jours désormais. Ca la ferait chier, elle gueulerait un bon coup et agrémenterait peut-être de deux ou trois baffes la merde qu’elle dirait en me retrouvant, mais il ne fait aucun doute qu’elle viendrait me chercher. Après tout, je suis son plan cul et ça vaut son pesant d’or.

Elimoche … En voilà une qui va être contente, quand elle apprendra ce qui s’est passé avec Maddie. Parce que j’allais tout lui dire, bien sûr. ‘Videmment, ce n’est pas grand-chose, mais je vais prendre la liberté d’enjoliver le tout de façon à l’emmerder et à pimenter ce qui nous tient lieu de relation. Je ne saurais pas quel terme utiliser pour qualifier les rapports que nous entretenons, mais je suis sûr de ne pas faire erreur quand je dis que nous sommes carrément possessifs. Elle aime pas que j’aille voir ailleurs. J’aime pas l’idée qu’elle puisse aller voir ailleurs. Alors elle accourra, cette conne, et elle sera bien contente de m’avoir dans son pieu pour la nuit, même si je schlinguerai l’alcool et verra d’un mauvais œil que je ne l’appelle que parce que je suis trop bourré pour faire autrement. Ouais, ça sonne comme un programme, ça.

Je m’empare du cellulaire et en déplie le clapet. Ou plutôt, j’essaye ; à peine l’ai-je en main et veux-je l’ouvrir qu’il glisse entre mes doigts moites de sueur et profite de la pulsion que je lui ai insufflé pour m’échapper des mains. Ce ne sont pas un, mais deux portables que je vois filer en direction du sol. Je les laisse faire, un sourire crétin plaqué sur mes lèvres, abîmé dans la contemplation de ces chutes infoutues d’être synchronisées, à tel point que lorsque le premier téléphone touche le bitume de la rue, le second ne me semble pas si éloigné de ma paume grande ouverte. Toutefois, cette absence de simultanéité n’empêche pas les portables d’emprunter le même trajet, à savoir que leurs rebonds en différé les mènent tous deux directement dans une bouche d’égouts.

L’œil noir me nargue. Le gin m’explique qu’il sourit et j’ai envie de croire qu’il est possible pour un globe oculaire de se marrer. Ca n’aurait rien d’étonnant. Comme pour Maddox, j’ai envie de lui casser la gueule mais je ne le fais pas. Bourrer de coups de pied l’autre imbécile m’aurait défoulé ; en revanche, insulter un égout ne me dit pas grand-chose qui vaille.

« F’chier … », marmonné-je.

C’est pas possible, putain. Un truc comme ça n’arrive qu’à une personne sur cent et il faut que ça tombe sur moi, pile le jour où j’ai besoin d’entendre la voix d’Elimoche, chose qui n’arrive pas si souvent. Et moi de rester figé là, à mater un trou à merde devant le bar où un connard distribue des baisers comme on serrerait des mains. Pour ne rien gâcher, l’alcool me monte à la tête et je ne discerne plus le monde qu’au travers d’un réseau brumeux, d’un bordel où les détails œuvrent par couple et où les ombres tremblent, comme hésitantes à se joindre à la danse. Si j’étais chez moi, calé dans mon lit, j’apprécierais la sensation car je saurais alors que je ne risquerais rien de plus que de mal viser lorsque j’irais gerber.

« T’as oublié ça. Mais je les garde, tu peux pas fuir comme ça ! »

Je lève le nez du vieux chewing-gum que je contemple, étalé non loin de cette salope de bouche d’égout. Je lâche un juron en reconnaissant, à quelques mètres de moi – deux ? quatre ? douze ? –, la silhouette de ma rencontre du jour. Maddox. Ce bouffon arbore un sourire goguenard qui, allié aux restes d’œil au beurre noir, lui donne l’air encore plus con qu’il ne l’est. Une vétille me détourne cependant du regard qu’il me lance et que je me refuse à déchiffrer : brassant l’air à son doigt levé, j’identifie mon trousseau de clés, celui-là même qui est censé faire des petits au portable dans ma poche. Il m’apparaît que je ne possède plus ni l’un, ni l’autre, et que j’ai dû paumer les clés de mon appart’ et de ma bagnole lors de mon départ précipité du Sole.

Maddox semble s’éclater, depuis le poste duquel il assiste à ma décrépitude dans un monde qui n’a plus rien de distinct. J’ignore sa remarque. Il doit pas souvent boire, lui. Dans sa tête de gland, s’enfiler une bouteille de gin doit figurer comme le Saint Graal dans le listing des exploits grosbillistes auxquels un mec peut prétendre. La preuve étant que s’il s’était déjà amusé à faire ça, il saurait que, clés de voiture ou pas, je ne risque pas d’aller bien loin à moins de bénéficier d’une aide extérieure. J’commence à avoir me sentir pas bien, moi.

« Je ne te savais pas aussi chaste Vito. Allez quoi… T’as peur de quoi, hein ? » lance-t-il sur le ton du défi.

Chaste ? Je ricane. Il a pas suivi l’histoire de Vargas, Maddie, ça se voit. Ca ne vaut même pas le coup de lui répondre. A lui de capter tout seul, comme un grand, que de ne pas kiffer les lèvres et les bras d’un de mes congénères ne fait pas de moi une fillette. Vito, c’est un tombeur, mon vieux. Un dragueur invétéré, un salaud à qui les plans les plus bizarres ne font ni chaud ni froid. Vito aime ça, au contraire, puisqu’une expérience de plus ne peut pas faire de mal. Il compte autant d’ex’s que de centimètres de cheveux. Rien ne lui a fait peur jusqu’ici et c’est pas aujourd’hui que ça va commencer, même pour tes beaux yeux, connard.

Je secoue la tête afin de m’éclaircir les idées mais la seule chose qui change est que je discerne maintenant mieux que jamais la gueule de con de Maddox alors qu’il m’approche. Quand il effleure mon torse de sa main, j’ai le réflexe de porter la mienne sur la garde de mon épée, dans mon dos. Avise-toi d’aller plus loin et tu risques, si toutefois tu te réveilles, d’émerger du cigare avec une drôle de tronche. Je dois m’y reprendre à deux fois pour atteindre la poignée de mon arme, ce qui tend à me vexer ; ma prise demeure cependant ferme et, ayant déjà combattu sous l’emprise de l’alcool, je ne doute pas une seconde de l’emporter contre mon vis-à-vis, qui continue à s’écouter parler.

« Si t’aimes pas les mecs, pense à quelqu’un d’autre. Et puis, il faudra bien que tu rentres chez toi, non ? »

Celle dont le visage danse dans le miroir de mes iris, c’est Elimoche. C’est aussi chez elle que je songe aller. Elle que j’ai envie d’embrasser. Mais Mad’ s’en fout, Mad’ est un gros con et moi, je vaux pas vraiment mieux. Lorsqu’il fait chanter mon trousseau de clés sous mon nez, je loupe l’ouverture qui m’était offerte et échoue à m’en emparer. Je ne peux que siffler entre mes dents, prêt à dégainer ma lame, quand il rompt d’un pas et les dait fisparaître dans la poche de … faître disparait … bref, il les fout dans la poche revolver de son fut. Ce faisant, je note qu’il se tient en appui sur une jambe en particulier, comme si l’autre porte encore les séquelles d’un accident.

L’autre poursuit dans un rire de gorge :

« Si tu veux les récupérer, il faudra venir les chercher ! »

Il se trouve malin, c’est indéniable. Mon sang de fait qu’un tour, apportant à mon cerveau l’oxygène dont il a besoin pour me permettre de réagir ; l’acier chante quand je libère mon épée du fourreau la maintenant dans mon dos et c’est avec une précision ne manquant pas de m’étonner que je l’élève au-dessus de ma tête. Simultanément, mon pied se détend et percute la jambe qui m’avait paru mal en point chez mon adversaire. Un sourire étire mes lèvres après qu’un craquement se fait entendre : ça me démangeait, putain. Quant à ma main libre, que mon geste lépreux avait laissée en suspens, elle s’abat sur l’épaule de Maddox et achève d’emporter son équilibre dans la tombe.

Il s’étale sur le sol, se ramassant sur le dos. T’es quand même sacrément con, mec. Encore un truc que je ne supporte pas chez les policiers du GDP – la manie qu’ils ont de prendre les scientifiques pour des sous-merdes. Je m’accroupis au-dessus de lui et appuie la pointe de mon épée non loin de sa tête. Le geste se veut menaçant mais je n’ignore pas qu’il est très certainement ce qui m’empêche de me casser la gueule. Le seul fait de me baisser modifie la pression dans mes veines ; un vertige m’assaille mais je n’en ai cure, même si je ne suis pas loin de me foutre en l’air. Je souris à Maddison.

« T’es pas bien futé pour un flic. J’pensais que le GDP recrutait des types au cerveau moins ravagé pour ramasser vos bouses. Et t’avise pas de me sous-estimer parce que je t’assure que si t’as entendu parler de moi, c’est pas pour rien, petit trou du cul », lui dis-je.

Sans l’ombre d’une hésitation, je glisse la main sous sa hanche, à la recherche des formes familières de mes clés. C’est un vague dégoût que je ressens lorsque je me trouve obligé de tâter ses fesses pour les extraire de son jean, sauf que j’ai trouvé ce que je cherchais. Le trousseau regagne sa place. Mon portable lui manquera, mais le GDP m’en fournira un nouveau et je serai bientôt capable de faire chier Elimoche avec des coups de fil nocturnes. Retour à Maddie, que j’immobilise toujours.

« ‘Va falloir que tu m’expliques ce que tu comptes faire, maintenant. En supposant que je ne t’assassine pas dans la minute qui suit, tu vas faire quoi ? Appeler Caïn pour lui d’mander de te filer un coup de main ? D’ailleurs … »

Je me penche un peu plus sur lui. Le sang me monte aux joues, parfumé de gin. J’ai envie d’éclater de rire. J’me sens bien, en fait. Parfaitement bien. Il fait un peu plus sombre que ce que je croyais, j’en viens à apprécier les yeux peinturlurés de Maddox et je frissonne un peu, mais à part ça, rien à signaler. Je suis clean, m’sieur l’agent. Et je sais où j’ai foutu ma caisse. Pis il fait bon, les gens sont gentils, j’aime tout le monde, j’ai envie de demander Elimoche en mariage et j’ai hâte d’envoyer un mail à ma mère pour lui dire que je la kiffe d’un total love lyophilisé. A part ça, il est temps de rendre la pareille au boulet que je retiens.

« … faudrait pas que je te déçoive tout à fait », je conclus.

Et je plaque mes lèvres sur celles de Mad’. En y repensant, son pauvre bisou de tout à l’heure ne tient pas la route face au baiser que je lui offre, avec sa fougue étudiée, digne d’éloges. Langoureux, c’est le mot. Dans tout ça ? J’ai la vague impression de passer à côté d’un truc qui me dépasse. D’oublier un détail important. Lequel, aucune idée. Rien à péter.


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MessageSujet: Re: [x] Vitox, ça pète, ça roxxe. Et ça rime. [PV Maddox]   Mer 14 Juil - 10:57

Maddox l’avait échappé belle. Le coup de pied de ce putain de merdeux de Vito aurait pu attérir plus haut, à l’endroit où une certaine balle lui avait entamé l’os. Le pied de Vargas aurait pu tomber là et finir le travail que Caïn avait commencé. CRACK. Faut dire aussi qu’elle guérissait pas vite, la jambe de Mad’. Il avait beau être un super-super-héros –Maddox quoi !- il avait pas la régénération instantanée dans son panel de pouvoir. Pour le moment, un bout de métal était là pour tenir le tout. Il était sensé préserver sa jambe, la poser au sol le moins possible. Attendre qu’on enlève la broche puis faire des mois de rééducation. Et vous savez comme Maddox est vachement du genre à écouter ce qu’on lui dit. Même s’il en va de sa santé.

Mais non, son os n’eut rien : Vito avait frappé le genou. Le craquement de ce dernier se fit entendre, arrachant une grimace –plus psychologique qu’autre chose- à Maddox. Il chuta et s’étala de tout son long sur le bitume. Il resta quelques secondes inerte, sonné. Puis il secoua la tête, reprenant ses esprits –le peu que l’alcool lui laissait du moins- et tenta de se relever. Mais alors qu’il s’appuyait sur ses coudes, Vito s’accroupit au dessus de lui. Du coin de l’œil, Maddox jaugea l’arme non loin, trop près à son goût même, de son visage. Tu comptes faire quoi avec ça ? M’éventrer ? Vito sourit. Maddox répondit.

« T’es pas bien futé pour un flic. J’pensais que le GDP recrutait des types au cerveau moins ravagé pour ramasser vos bouses. Et t’avise pas de me sous-estimer parce que je t’assure que si t’as entendu parler de moi, c’est pas pour rien, petit trou du cul »


Loin de Mad’ l’idée de sous-évaluer Vargas. Bien au contraire, il le savait tout à fait capable de « ce genre de trucs ». Avec les filles, c’était certain, aucun problème. Mais avec Maddox, c’était une autre histoire. Voilà pourquoi ce dernier tentait de réveiller son égo de vainqueur. Du genre « Moi, pas capable ? Attend un peu mon coco. ». Et c’est exactement ce qu’il semblait se passer. Avec toute la détermination dont il pouvait faire preuve, Vito glissa la main dans la poche de Maddox afin d’y récupérer ses clefs. A son contact, Maddox regarda le scientifique droit dans les yeux, se mordant la lèvre inférieure, et lâcha un gémissement provocateur.

« Mais je ne sous-estime pas Vargas. Sache que tu as toute mon respect. »
« ‘Va falloir que tu m’expliques ce que tu comptes faire, maintenant. En supposant que je ne t’assassine pas dans la minute qui suit, tu vas faire quoi ? Appeler Caïn pour lui d’mander de te filer un coup de main ? »


Appeler Caïn ? Genre à la rescousse tu veux dire ? T’as rien compris au film toi !Benh oui tiens. En voilà une bonne idée. Il viendrait leur défoncer la gueule à tout les deux. Pour une fois que Maddox avait trouvé un partenaire amusant, il n’allait pas s’en priver. Il oublierait Race de Caïn le temps d’une nuit. Je l’appellerais demain. Où j’irais chez lui. On fera comme si de rien n’était. La tête de Maddox s’emplit de Caïn durant quelques secondes. Il sourit gentiment, comme pour de bon souvenir. Quelques douleurs physiques se ravivèrent, prémices des tortures à venir. Demain Amour, Demain.

« C’est pas dans mes projets. »


Pour l’instant, il y avait Vito. Il avait Vito. Tout près de lui, ses cheveux gris dégringolant sur ses épaules. Il se redressa un peu, tandis que Vito se penchait sur lui. Le sourire de Mad’ s’étira, mais il ne pensait plus à Caïn. Le mec qui lui monopolisait l’esprit en cet instant, c’était Vito Vargas. VV.

« D’ailleurs, ‘faudrait pas que je te déçoive tout à fait »


Il captura les lèvres de Maddox et celui-ci répondit avec autant de férocité. Il gardait les yeux bien ouverts, de peur que l’alcool l’emporte. Mais de toute façon, regarder Vito dans ce moment de faiblesse l’excitait encore plus. Il croyait avoir les choses en main, il croyait être consentant, mais lorsque sa gueule de bois serait passée, il se rendrait compte de sa connerie. Rien que pour voir ça, Maddox aurait (presque) tout donné. Vargas, incarnation du mâle fière de ses couilles, rutilant habituellement devant les donzelles, se rendrait compte qu’il avait passé la nuit avec un mec. Avec Maddox ! Si tout se déroulait comme celui-ci l’espérait du moins.

Maddox passa ses bras derrière le cou de Vito, l’attirant encore plus à lui, collant leur corps l’un à l’autre Il croisa l’index et le majeur de sa main droite, comme pour prier Luna de les laisser tranquille pour le reste de la nuit. Donne moi ton cœur et ton âme.

« Si tu veux être à la hauteur, fais bien les choses Vargas ! »


Maddox se dégagea, le poussa pour se relever avant de lui tendre sa main.

« J’habite pas loin. »

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MessageSujet: Re: [x] Vitox, ça pète, ça roxxe. Et ça rime. [PV Maddox]   Dim 18 Juil - 6:28

« You're so happy now,
Burning a candle at both ends »
Ca y est. Jackpot.

Finalement, ça me revient – ce sur quoi mon cerveau ne parvenait pas à faire main mise, ce détail que j’ai relégué aux oubliettes. C’est que cet Intox, Librax, Hoax, ou quel que soit le nom de ce merdeux, est un mec. Un mec, ouais. Gueule de con, cerveau proportionnellement inverse à la taille des couilles, sourire niais sur le tas. Signe particulier ? Mythomane avec ça, qui plus est doté d’une sacrée propension à dire de la merde. Sa relation avec le beau gosse que je suis ? Pas déterminée ou déterminable à l’heure qu’il est. J’en sais rien. Je m’en tape, à vrai dire. C’est seulement le connard que j’ai choisi d’embrasser alors que rien ne m’y poussait, l’abruti se pâmant au contact de mes lèvres alors que je suis penché sur lui. La rue qui s’est proposée de se faire le théâtre de nos débuts d’ébats doit offrir un bien étrange spectacle, songé-je, que celui de ces deux types enlacés à même le sol, unis par un baiser n’ayant de romantique que la prétention.

Quand l’autre abruti répond à mon baiser et noue ses mains sur ma nuque, m’attirant contre lui, je le laisse faire. De toute manière, c’est pas comme si je suis suffisamment opérationnel pour le réfréner dans ses pulsions. Ou pour avoir envie de le faire. Ce n’est pas non plus comme s’il s’agissait de l’empêcher de nuire ; à l’heure qu’il est, je ne crois pas que je saurais faire la différence entre un flingue et un plat de nouilles. Donc, réaction logique, je m’en tape. En y pensant, un mec n’est pas si différent d’une gonzesse. Les mêmes yeux, les mêmes lèvres douces, le même nez glacé, et moins cheveux et de poitrine – ou pas, pour certains. Des couleurs, des odeurs. Ca embrasse pareil, découvré-je ; ça vous emmerde de la même façon, ça vous donne envie de taper dans les mêmes murs. Et vous trouvez tout autant votre compte dans la force de son étreinte que dans celle, plus douce, plus frêle, de la première demoiselle rencontrée.

A la lisière de mon esprit, ma conscience s’agite. Elle gueule, s’énerve, frappe, jette dans les flots me baignant des mots dont les ondes ne m’atteignent pas – ils se contentent d’y couler, à pic, sans conséquence ; je ne les comprends pas. Le gin noie tout, corrosif. Il étouffe les sons et revêt cette voix d’un habit de brume qui la distend, la soustrait à cette main que je ne tends pas. D’aucuns diraient que j’ignore le monde ; sauf que c’est lui qui m’oublie. Le temps de gagner en élasticité, d’acquérir dans son naufrage des attributs proches de ceux de la drogue la plus pure. Hoax : nom masculin : informations au compte-gouttes de l’Intox. Piment dans un quotidien que rien n’anime. Prends du Librax, ça passera mieux. Et moi de me perdre dans les circonvolutions dont me fait don l’alcool … Eclair sans tonnerre. Flash sans lumière. Sursaut sans mouvement. Tout n’est que court-circuit, effusions aphasiques de sens endormis.

Et ce baiser. Ce baiser, où les sensations nouvelles comblent l’absence de la logique dans un silence assourdissant. Je me vautre dans l’oxymore avec la vague impression qu’il manque quelques pièces au puzzle reposant entre mes mains et pourtant, le gin m’assure que rien n’y fait défaut. Que tout est normal. Mer d’huile, calme plat ; mon souffle se perd au contact des lèvres de l’autre abruti quand soudain, tout s’arrête, laissant à la caresse perdue l’écho d’une voix :

« Si tu veux être à la hauteur, fais bien les choses, Vargas ! »

A la hauteur ? Je ricane. Quelle hauteur ? T’as rien capté, ducon. T’as pas idée des profondeurs dans lesquelles j’évolue. T’es pas capable de comprendre que tu n’es que secondaire dans cet ouragan de lumières. T’es jamais qu’un objet, un artefact qui à la fois m’entraîne et me paume dans tout ce bordel. Je te supporte pas. Ton sourire con, ton air prétentieux, tes mimiques pétries de fierté, le défi que tu me lances – je les emmerde. Je t’emmerde, Maddie. Ah, Maddie. Maddox. C’est son nom. Oui, je t’emmerde, parce que je sais que je ne vaux pas mieux que toi. Car moi non plus, je ne pige pas grand-chose. Je sais juste qu’il se trame une cata quelque part, qu’un squale n’est pas loin de me bouffer. Il se pourrait même que ce dernier soit tapi dans l’ombre de ton rictus … Tu fais chier.

Il s’écarte, me repoussant pour mieux se lever. Alors que mon centre de gravité vacille, le niveau de la mare d’alcool que j’abrite tangue dangereusement, pas bien loin de m’emporter, et j’use de mes genoux fléchis comme d’un appui pour ne pas perdre pied, perche tendue au noyé. Une bouteille de gin danse dans ma tête, superposée qu’elle est au visage de Maddie tandis qu’il finit debout. Mine de rien, j’suis plutôt impressionné. Ce con, quand je l’ai vu la première fois, était torché au point de ne pas savoir aligner plus de douze mots, et le voilà qui se dandine sans autre handicap que celui d’une jambe boiteuse. Tous des grosbills, au GDP. On est des oufs et on kiffe ça. On pue tous la classe et le tord-boyaux, on encule les mouches.

L’autre me tend la main. Un instant, je me demande si je dois y cracher ou la mordre mais je n’en fais rien, trop concentré sur un moyen de limiter les dégâts internes avant de pouvoir songer à en infliger à d’autres.

« J’habite pas loin », ajoute-t-il.

Je ne réponds pas immédiatement. T’habites pas loin, oui, et ? T’habites pas loin et t’es un gros con ? T’habites pas loin et t’as une gueule d’allumé ? T’habites pas loin et tu revendiques ton statut de catin gratuite au GDP ? T’habites pas loin et tu vas finir avec la tête dans une cuvette demain matin ? T’habites pas loin et tu ferais mieux de te barrer sur-le-champ ? Sauf que je ne suis pas totalement con, et je saisis l’invitation au vol, même si des arrêts sur image d’un film où Elimoche me lapide m’effleurent l’esprit. Je me saisis de la main que m’offre Maddison et le laisse me remettre sur pieds. T’habites pas loin et c’est tant mieux, parce que j’suis pas certain de pouvoir clopiner bien longtemps avec cette foutue alcoolémie.

« J’te suis, même si je t’avoue que j’étais quasi persuade que t’étais un SDF », je marmonne.

Finalement, c’est pas si mal qu’on n’aille pas à mon appart’. On peut dire adieu à la poudre que dissimulent mes tiroirs, mais ça m’évitera d’avoir à envoyer chier Elimoche avec vingt grammes d’alcool dans le sang si jamais il lui prenait l’idée de se pointer. Pas que je n’aime pas la balancer sur les roses, c’est tout ce que méritent les poufiasses trop riches, trop belles et trop connes ; néanmoins, en l’état actuel des choses, je doute sérieusement de mes capacités divines. Et j’accompagne Maddox, mon épée toujours en main. Il m’entraîne à sa suite, dans un dédale de rues aux contours hésitants et dont la géographie me pose un problème. Il marche devant moi, trop frais à mon goût. En tendant le bras, je pourrais l’atteindre ; en levant mon arme, je pourrais lui refaire le portrait et terminer la merde de Wellens. Sauf que je reste un connard curieux. Curieux de constater de mes yeux ce que la soirée a encore à proposer, curieux de voir à quel point de non-retour je saurai repousser les limites de mon inconscience. Curieux de savoir si je me réveillerais s’il m’arrivait de fermer les yeux plus longtemps que les fractions de seconde nécessaire à leur irrigation. Quant à Maddie … Pas d’avis sur la question. Je préfère ne pas en avoir, d’ailleurs.

Nous parvenons au pied d’un immeuble que je ne saurais pas différencier de ses voisins. Le quartier est moche, laissé à l’abandon par la municipalité, crade, mal foutu ; à l’image de l’habitant que j’ai promu camarade de débauche. Nous y pénétrons sans que le battant dézingué de la porte d’entrée ne nous pose le moindre problème et terminons notre route devant un ascenseur que la main de Maddison appelle. Un vrombissement de moteur, accompagné du crissement caractéristique de poulies se mettant en marche, m’apprend que l’engin fonctionne encore.

« T’sais, t’es quand même un sacré connard … »


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MessageSujet: Re: [x] Vitox, ça pète, ça roxxe. Et ça rime. [PV Maddox]   Dim 18 Juil - 15:25



« J’te suis, même si je t’avoue que j’étais quasi persuade que t’étais un SDF »

Réflexion étonnante ? Pas vraiment. Plutôt vraisemblable.
Vargas s’empara de la main que Maddox lui tendait, et celui-ci colla sa bouche à la sienne lorsqu’il fut debout. En cet instant, Mad’ désirait Vito comme on désire un premier amour, avec la passion d’une jeune fille en fleur, fraiche et émoustillée. L’excitation avait grandi quand lui même s’était levé. De nouveau, il se serra contre lui, l’enlaçant de ses bras, jouant avec ses cheveux, capturant ses lèvres, ne voulant que lui. VV.

Puis, une fois encore, il se détacha avec l’énervante sensation de rester sur sa faim. Normal. Mais même si sa dignité à lui n’avait pas grande valeure, il se dit que la rue, là comme ça, c’était moyen surtout si le coup d’un soir se nommait Vito Vargas. Ou comment le faire fuir avant que la partie intéressante ne débute. Il se détacha donc de Vargas et partit devant en prenant bien soin de garder quelques mètres de distances. Un SDF… ça pourrait presque être drôle……Si ce n’était pas sa situation il y a un an de cela. Il vivait au jour le jour, de chambres d’hôtel en chambres d’hôtel, de lits d’ « amis » en lits d’amis. Ça ne lui posait pas plus de problèmes que ça. Moraux non, c’était certain. Physiques à la limite, mais c’est toujours mieux que de dormir sous un pont. Non ?

Droite. Droite. Gauche. Droite. Gauche. Ou droite ? Merde, je sais plus. Maddox avait sorti une cigarette –après en avoir proposé une à l’autre chevelu- et la fumait du coin de la bouche, une main dans la poche. Ils étaient à un croisement et Maddox ne savait plus très bien de quel côté ils devaient aller.Peut-être que c’était le carrefour précédent… Il regarda Vito discrètement mais celui-ci semblait parti trop loin pour avoir détecté son hésitation. Maddox sourit légèrement puis fouilla dans son cerveau à la recherche d’un plan, ou même d’une intuition divine qui lui permettrait de retrouver son chemin. Oh et puis merde. Il partit à droite, vérifiant de temps en temps si Vargas le suivait toujours.

Deux autres arrêts plus tard, Vito et Maddox se trouvaient enfin devant l’immeuble de ce dernier, HLM pourrit de la banlieue milanaise. Ils entrent sans un mot et avant même d’imaginer les cinq étages d’escalier à monter, Maddox prit pour que l’ascenseur fonctionne. A son grand étonnement – et à celui de Vito, apparemment l’appareil leur ouvre ses portes.
« T’sais, t’es quand même un sacré connard … »

Sachez qu’on ne s’aperçoit réellement du pouvoir érotique d’un ascenseur qu’en étant dedans. Et Maddox qui, malgré son taux d’alcoolémie élevé avait retrouvé une attitude descente, n’attendit même pas que les portes se soient refermées derrière eux pour se rapprocher de Vito. Il patienta jusqu’à ce que celui-ci se penche sur lui avant de répondre à son baiser. Maddox appuya sur le numéro de l’étage puis ferma les yeux, les mains sur le visage de Vito, il se fit tendre et mielleux. Et les portes se rouvrirent bien trop vite sur un couple de petits vieux. Néanmoins, Maddox resta collé à Vito, empêchant ce dernier de se séparer de lui. Les vieux restèrent dehors, l’air outré. Les portes se refermèrent avant d’arriver au cinquième étage.
« T’as tout faux Vargas ! Je suis pire que ça ! »

Il quitta les lèvres de Vito pour se tourner vers la porte de son appartement. Fermée, évidemment. Maddox lâcha un soupire d’agacement et fouilla dans la poche de son jean à la recherche de ses clefs. Il en ressortit un trousseau, certes, mais qui n’avait rien à voir avec le sien. Une breloque l’agrémentait, petit triangle blanc dont la pointe pouvait s’avérer coupante. Une vraie dent de requin en résine ? Maddox haussa un sourcil. Il resta planté là un petit moment, son cerveau anesthésié par l’alcool ne lui servant à rien. Puis il comprit ce que ces clefs-ci faisaient dans son jean à lui. Il se retourna vers Vito, un sourire malicieux sur le visage. Il l’embrassa de nouveau, lui mordit la lèvre inférieure et colla son front contre celui de Vargas. Du bout des doigts, il récupéra ses clefs dans la poche de ce dernier qui avait dut confondre les deux trousseaux pendant leur échange, quelques minutes plus tôt.
« Je suis sûr que tu l’as fait exprès ! »

A vrai dire, Maddox savait pertinemment que Vito (était trop soûl) n’était pas du genre à se compliquer la vie en échangeant leur clef pour une raison qui restait totalement floue. Cependant, il trouvait amusant de croire le contraire et plus que tout, ça lui plaisait de penser que Vito l’avait fait délibérément. Il redonna son trousseau à Vargas et alla trifouiller la serrure. Une fois la porte ouverte, il prit la main de Vito –au cas où il est un dernier sursaut de lucidité- et entra dans son appartement. Salon, cuisine, chambre. Le tour était vite fait. Maddox n’avait pas les moyens d’avoir plus grand –et vivait déjà quasi sur la paille pour se payer ce taudis.
« Fais pas attention au bordel. »

Bordel qui se traduisait par une paire de chaussure retournée, un paquet de biscottes sur la table et une pile de livre à côté du lit. Contrairement à ce qu’on pouvait s’imaginer en le voyant, Maddox appréciait le rangement. Loin d’être maniaque, il remettait juste à sa place chaque chose qu’il utilisait.
Il claqua la porte derrière Vito et le poussa contre le mur. Sa main glissa dans ses cheveux et l’autre descendit vers la ceinture le Vargas. Il en défit la boucle et la tira avant de la laisser tomber au sol. Sans bouche effleurait la sienne sans vraiment s’y poser.

Puis en déboutonnant le pantalon de Vargas, Maddox suivit sa carotide des lèvres, y déposant un baiser tout les centimètres. Il se dit que le cou immaculé de Vito serait un endroit intéressant pour y laisser sa marque. Griffure ? Morsure ? Suçon ? Il n’avait pas encore décidé.

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MessageSujet: Re: [x] Vitox, ça pète, ça roxxe. Et ça rime. [PV Maddox]   Lun 19 Juil - 10:22

« You have eyes that
Lead me on
And a body that
Shows me death »
J’ai jamais aimé les ascenseurs, j’ai jamais aimé les mecs. Les premiers vous font poireauter et vous filent la gerbe pour peu que vous soyez sujet au vertige, vous privent d’air tout en remplaçant celui-ci d’une atmosphère viciée, étouffante, chargée d’un feu qui vous arrache la gorge. Ca vous prend aux tripes, ça ne vous inspire aucune confiance ; vous les craignez mais, un beau jour, voilà qu’il vous faut en emprunter un. Vous expérimentez alors le cauchemar de tout bon claustrophobe en la personne de la peur d’y demeurer bloqué, retenu que vous êtes par un mécanisme sur lequel vous savez n’avoir aucune prise. Avec les seconds, découvré-je, c’est pareil – les mecs apportent le même lot de sensations que les élévateurs robotisés, d’une façon plus intense encore et plus vivace. Plus toxique. Une fois de plus, je me demande ce que je fous là. Certes, il est mieux de se trouver obligé de pénétrer dans une boîte en compagnie d’un type louche que l’inverse mais cela demeure peu engageant, quand on y pense.

En temps normal, l’idée de m’adonner plus ou moins librement à une telle expérience suffirait à me rendre malade. Pas qu’un membre de la gent masculine ne m’ait jamais fait d’avance avant aujourd’hui, non ; seulement, je n’avais pas trouvé de raison de céder, jusqu’à aujourd’hui. Et ma raison, c’est le liquide de couleur claire ayant remplacé le sang dans mes veines, ce gin diabolique venu partager mon corps avec une conscience indolente. C’est très certainement pas une bonne raison - putain, non. Ce que l’on fait sous la coupe de l’alcool, on finit par le regretter et généralement, on se réveille dans un pieu qui ne nous appartient pas, en compagnie d’une belle plante inconnue au bataillon des souvenirs. J’ai donc beau avoir la sensation d’être maître de mes actes, je ne peux pas ignorer que c’est loin d’être le cas. L’alcool ne fait pas que vous porter ; il vous emporte, vous prend par la main et vous dépose dans un siège depuis lequel vous observez le film de votre vie. Pensez à votre pop-corn, la séance va bientôt commencer.

Avec Maddox, c’est pareil. Lorsque les portes de l’ascenseur s’ouvrent, c’est à un lever de rideau que j’assiste – à la fois spectateur et critique anesthésié d’un nouvel acte. Je n’ai pas cessé d’hésiter, des questions m’assaillent encore de leur corrosive présence mais lorsque mon pote réduit la distance entre nos corps, je ne lambine pas plus longtemps. Les premières, mes lèvres cueillent les siennes en un effleurement d’abord doux puis appliqué. Je m’y abreuve sans plus réfléchir ; pour tout dire, je suis désireux de constater que mes sens ne m’ont pas trompé tout à l’heure, que cette liqueur n’a rien de singulier. Mad’ me laisse à mon examen et mes mains se joignent à celles qu’il presse sur mon visage comme pour s’assurer que je ne me déroberai pas. Pauvre tanche, c’moi qui t’ai embrassé, oui ou merde ? Tantouze, trouillard camé au botox. Arrête d’être doux, arrête d’être gentil, on dirait Elimoche.

Du coin de l’œil, je vois avec un demi-sourire sa main cajoler le bouton du cinquième et alors que l’ascenseur s’ébranle, je songe, soulagé, que j’aurai toujours la possibilité de balancer ce con depuis la fenêtre si je change d’avis. Ce sera moins jouissif que de lui casser la gueule, étant trop défoncé pour m’en charger, mais le résultat sera le même. En moins salissant pour mes fringues. En cours de route, l’élévateur subit un arrêt ; deux croutons manquent de s’étrangler et se raccrochent à leur déambulateur en constatant que des mecs s’embrassent sous leurs yeux. A aucun moment je ne cherche à repousser Maddie. C’est là que je me rends compte que je ne me sens pas aussi gêné que je le devrais. A quoi bon s’embarrasser d’une fierté mal placée lorsque l’on est le dernier des connards ? Pourquoi avoir honte de l’envolée de ses pulsions ? Ecoutez le gin alors qu’il vous empoissonne d’excuses, sirotez la brume qu’il vous présente comme un tapis d’or ; c’est le dernier cocktail libellé par la mort et il est en promo’.

« T’as tout faux Vargas ! Je suis pire que ça ! »

Pire qu’en promo’ ? T’es gratuit, mec ?

Je n’ai pas la moindre idée de ce à quoi il répond par ces termes creux. D’ailleurs, je ne m’y attarde pas ; déjà Intox guide mes pas jusqu’à la porte de son appartement. Et je ne suis pas loin d’envisager de me jeter moi-même par la fenêtre quand je comprends que je me suis emparé des mauvaises clés lorsque j’ai voulu récupérer les miennes, piquées par Maddie. Celui-ci semble ravi de mon erreur. La veilleuse chiche du couloir est témoin du baiser dont il me gratifie en reprenant son trousseau, du rejet que je lui inflige également. Pas la peine de pavaner, connard. Les erreurs, ça arrive à tout le monde et si tu continues, tu risques d’être la prochaine – une erreur dessinée dans le sang, rythmée par les gorgées de gin que je me suis enfilées, et c’est le comité de quartier qui va kiffer la dégueulasserie sous ta fenêtre.

« Je suis sûre que t’as fait exprès ! lance-t-il, souriant.
-T’as raison, j’ai que ça à foutre, ducon. »

Malgré tout ces chamailleries m’amusent. Dépravé ou non, je commence à apprécier Mad’ – son humour grinçant, ses manies de nymphomane, les articulations tortueuses de son corps, la chaleur de ses baisers. Sa connerie. C’est avec plaisir que je dégage ma main de la sienne lorsqu’il s’en saisit, pressé de m’attirer dans son antre ; il doit me rester peu de marge de manœuvre avant de devoir recourir à son assistance et je compte en profiter, ici-même, dans cet appart’ qui me surprend au plus haut point. Les lieux n’ont de point commun avec leur propriétaire que leur étroitesse et cela s’arrête là. Je m’étais attendu à un truc entre le remake milanais du souk de Marrakech et le dépotoir d’arrondissement, or l’image qui frappe ma rétine n’est autre que le reflet d’une rare propreté. Ce une-pièce présente en effet tous les symptômes du maniaque sommeillant en mon camarade ; c’est si bien arrangé que l’on pourrait presque y opérer. Au temps pour mes appréhensions. Ca doit compenser le bordel sous le crâne de ma fée du logis préférée.

Je n’ai guère plus le loisir d’admirer les parages que je me retrouve plaqué contre le mur, aux prises avec un Maddox énamouré. Une main fourrage dans mes cheveux, l’autre glisse sur mon torse jusqu’à ma ceinture, laquelle tinte en tombant au sol – gong marquant le début du round. J’ai un moment de flottement, comme si j’hésite entre garder pied et laisser l’ondée m’engloutir. Visages qui se cherchent, souffles qui s’étreignent sans vraiment donner naissance à un baiser ; et finalement, le désir me capture. Moi qui craignais de me donner au sous-lieut’, moi qui ne rêvais que d’aller trouver Elimoche, voilà que j’oublie jusqu’à mes convictions. Et sa main de courir dans le rideau d’argent de mes cheveux, de trouver ma nuque pour la soutenir alors que Maddie sème des baisers sur ma gorge …, déboutonne mon pantalon. Je le laisse faire, souriant au matelas reposant un peu plus loin. Les vêtements s’avèrent inutiles lorsque la mise à nu de l’autre est concernée et je n’userai pas du gin comme d’un prétexte pour me défiler dans cette partie qui ne se joue qu’à deux. Cet abruti ne sera pas le seul à prendre son pied, ce soir. Mes doigts le cueillent sous le menton, rompant le charme opéré par ses lèvres dans mon cou, ramenant son visage à la hauteur du mien – je plante mon regard dans le sien.

« T’embrasses pas au bon endroit … »

Je cille. Je devine mes pupilles dilatées par l’alcool. Peu importe : j’ai eu le temps de saisir le désir dans son regard sombre, d’y voir le reflet du mien, et les yeux ne sont pas un outil pertinent dans ce qui va survenir. Et j’abandonne. Il ne sert à rien de lutter contre ce que réclame le corps ou de se voiler la face quand un éclair vous frappe dans le dos. En l’occurrence, c’est une révélation qui m’atteint – gonzesse, mec, aucune différence, tant qu’on s’éclate. Quant au gin, très présent dans mes pensées, ce n’est pas qu’un Decap’Four de luxe, c’est également un désinhibiteur, de ceux à foutre en l’air jusqu’à la façon dont vous respirez. Apnée. Suspense en essor. Oubli qui guette. J’attire Mad’ contre moi, pressant mes mains dans son dos et ma bouche sur la sienne ; durant cet échange, j’incline un peu plus la tête comme, pressé de boire jusqu’à la lie le nectar proposé par ses lèvres.

La scène perd en précision. Se floute. Autant fermer les yeux, ça donnera plus de poids au reste de mes sens. Ouïe. Souffles saccadés, tambours dans nos cages thoraciques. Quelque part, une voiture circule, ignorante de nos ébats. Goût. Salive parfumée d’alcool, à moins que ce ne soit l’inverse. On s’en fout, la pompe à fric fonctionne et on banque. Odorat. Parfum typiquement masculin mêlé au mien, posé en martyr face aux relents d’une pièce que l’on a trop nettoyée. Si ça se trouve, Maddox n’est pas maniaque ; si ça se trouve, s’il nettoie tant sa piaule, c’est parce qu’il aime la souiller de la présence d’un mec qu’il vient à peine de rencontrer. Mais entre potes de débauche, on s’entend bien. Maddox, il est ma-la-ddox. Toucher. Caresse de ses lèvres et d’une main sur mon entrejambe, impression de bouillir qui me retourne l’estomac. Sur le moment, j’en oublie mon désir de filer faire chier Elimoche et le remplace par celui d’honorer cette soirée.

Pour les regrets, on attendra le cimetière.

J’ôte la chemise de l’autre imbécile, prestement. Inutile de jouer au prude, même si c’est un mec et que je n’ai pas d’antécédents en la matière. Et nul besoin d’être un génie tel que moi pour se souvenir de ce qui plaît au sexe supérieur. Aussi foncé-je au contact, quêtant celui-ci avec l’avidité du noyé face à la lueur d’un phare, de l’assoiffé persuadé d’avoir découvert un oasis. Mes mains se font pressantes et quittent le territoire connu pour s’avancer plus bas, toujours plus bas. A chaque vallon de son corps, je souris plus encore. Au gin, à mon coup d’un soir, au silence en possession du monde extérieur. A nos univers unis le temps d’une nuit. C’est la merde, c’est la débauche, c’est le foutoir ; nulle logique pour nous accabler de reproches et susurrer que je ferais mieux de rentrer chez moi. Il est tard et tout va bien.


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MessageSujet: Re: [x] Vitox, ça pète, ça roxxe. Et ça rime. [PV Maddox]   Sam 24 Juil - 8:43


J’étais seul, tombant de haut, faisant de mon mieux pour ne pas oublier.
Que nous arrive-t-il ? Que m’arrive-t-il ?
Ai-je oublié de prendre mes médicaments ?
Que quelqu’un appelle l’ambulance.


« T’embrasses pas au bon endroit … »

Il saisit le menton de Maddox. Vito l’embrassa, l’attira a lui. Les mains de Maddox s’accrochaient au haut de Vito, il répondit à son baiser en lui mordant la langue. Ça ne lui suffisait plus. Leurs baisers, leurs étreintes. Il voulait plus. Le Gin avait fait son effet sur le scientifique, Mad’ devait s’occuper du reste. Il posa sa main sur le pantalon de Vargas, en abaissa en braguette et vint effleurer son sexe. Vito sembla abandonner le reste de sa prudence dans l’instant et retira la chemise de Maddox avec empressement. Un sourire de gosse saisit le visage de ce dernier. Il recula, petit à petit, menant Vito vers le lit qui leur tendait les bras. Il y poussa Vargas, se positionna au dessus de lui, comme l’autre l’avait fait après lui avoir niqué le genou de son épée. Il se pencha, joignit sa bouche à la sienne et déboutonna le haut de Vito. Doucement, lentement, pour le faire mariner, pour qu’il s’impatiente et accélère le mouvement.

Les mains de Vargas vinrent abaisser le pantalon de Maddox et celui-ci s’en débarrassa au pied du lit. Ses mains caressaient le torse de Vito. Lui frissonnait là où passaient les siennes. De nouveau, il suivit le cou de Vito en y déposant ses lèvres. Il descendit jusqu’à son cœur, exerça une succion sur sa peau puis se détacha pour admirer la marque rouge qu’il avait faite et, à son tour, il retira le jean de son partenaire.
« Je n’embrasse toujours pas au bon endroit, navré. »

Il se redressa, ses jambes de part et d’autre de Vito, et passa son pouce sur les lèvres de ce dernier.
« Il faudra que tu viennes me chercher. »

Maddox aimait jouer. Que ce soit avec Vito ce soir ou John Doe un autre jour. Il aimait jouer avec ces grands hommes qui se pensent maitre du monde. Il aimait les mener en bateau sans en avoir l’air. Il aimait leur faire croire qu’ils avaient le contrôle de la situation, qu’ils pouvaient le contrôler, lui.
And you'll ask yourself
Where is my mind ?

Vito se releva. Les bras de Maddox passèrent derrière son cou, il planta son regard dans le sien. Appel silencieux guidé par l’unique désir de ne faire qu’un, une nuit durant. Et puis la douleur se fit ressentir. Belle et enviable. Vito et Maddox étaient mêlés l’un à l’autre.
Maddox ne contrôlait plus sa respiration. Elle était lourde, roque. Il ondula, lentement, captura les lèvres de Vito, écarta les mèches de cheveux de son visage. La chaleur se rependait, du creux de ses reins jusqu’à sa poitrine. Ses poumons semblaient bruler de l’intérieur tandis que ses ongles s’enfonçaient dans l’épaule de Vito. Ses cuisses se resserrèrent autour des hanches de Vargas et ses pieds se crispèrent dans les draps. Il se pencha en arrière, quémandant à son partenaire la position allongée. Ensemble, ils se retournèrent et la tête de Maddox rencontra l’oreiller avec plaisir.
I will brush off all the dirt
And I will pretend it didn’t hurt.

Nous sommes quelque part tous les deux. Hors du monde. Milan By Night bat son plein sous nos ébats sulfureux. Les étoiles nous envient ce moment et brillent de milles feux pour qu’on les voie. Rien n’a plus d’importance que toi et moi.

Vito gardait les yeux clos. Maddox se dit qu’il était temps de s’y essayer. Il abandonna la lutte, ferma ses paupières et un voile noir vint remplacer le gars aux cheveux gris. Et tandis que le corps de ce mec était collé au sien, qu’il sentait ses coups de rein s’enfouir plus profondément, il ressentit un vide immense. Comme un trou dans la poitrine, une inexplicable envie de sauter de la fenêtre, de se frapper la tête contre les murs, de se foutre une balle dans la tempe. Ses mains s’accrochèrent d’autant plus au cou de Vito, de peur qu’il s’en aille. En filigrane sur le voile noir se dessinaient des traits aux allures irréelles. Mad’ craignait d’être seul, il craignait sa connerie. Jusqu’où l’emmènerait-elle ? Son corps se cambrait, sa respiration se faisait saccadée. Le dessin narguait Maddox par sa netteté. Il voulait l’effacer, il voulait l’enlever du fond de sa rétine. Le virer de sa réalité. Ses yeux, les ouvrir, absorber la lumière de la lune, observer ses reflets d’argent sur les cheveux de Vito. Il en était incapable. Et tandis qu’il laissa échapper quelques plaintes, les lignes devenaient plus claires. Déjà trop à son goût. Il avait peur de ce qu’il était en train de se remémorer. Il avait peur de ses rêves et de ses espérances. Il enfouit sa tête dans le cou de Vito, écouta son souffle, resserra son étreinte, alla chercher ses lèvres, s’en empara. Protégez-le de ses désirs. Tout ce qu’il faisait, tous ses efforts se révélaient vains. A chaque fois, qu’il essayait d’oublier, il se heurtait à cette image que quiconque arriverait désormais à identifier. Ce visage d’ange aux airs de meurtrier.

Remain your funny valentine.

Insoupçonné, sortit du fond de son cœur meurtrit, un « Caïn » s’échappa d’entre ses lèvres. Il ne s’en rendit pas compte. Ses mains avaient quittées la nuque de Vito pour saisir les draps. La chaleur se dégageant de leur corps était exaltante, enivrante. Maddox réagissait au plaisir qui les unissait. Soupirs. Plaintes. Sa main remonta sur son front. Plaintes. Soupirs. Il se mordit la lèvre pour étouffer le sanglot qui lui avait pris la gorge.
And you'll ask yourself
Where is my mind ?

Caïn, Caïn. Alors que le corps de Maddox appréciait la compagnie de Vito, son esprit vagabondait dans les méandres de sa mémoire, recherchant les images d’un certain Wellens.

Il se cambra, se pressant d’autant plus à Vargas, l’embrassant avec d’autant plus de fougue qu’il ne pensait pas être dans ses bras.
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Vito Vargas

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MessageSujet: Re: [x] Vitox, ça pète, ça roxxe. Et ça rime. [PV Maddox]   Mar 27 Juil - 7:03

« Head's blown clean off,
Your mouth's paid off
Fuck me 'til we know it's unsafe »
Je peux sentir Maddox sourire alors que je l’embrasse ; son rictus étreint nos souffles, étire ses lèvres et joint ces dernières aux miennes dans l’ombre du désir. Il teinte d’acide notre univers sucré. Oh, je ne peux pas ignorer que ce bonheur de façade n’a rien de plus sain que le mien. Je ne peux pas prétendre qu’il s’agit de la plus pure des appétences et que ce qui prétend nous lier le fait vraiment. Car la peinture de ce qui va suivre est aussi simple que cela : c’est celle de deux êtres que rien ne rattache, de deux hommes qui ne compteront pas par la suite sur le hasard leur ayant permis de se trouver pour tresser à nouveau les fils de leurs destins. Et on se tape bien du futur, parce que nous comptons uniquement profiter du présent – d’une friandise jetée dans le bas-fossé de nos vies.

Ce soir n’est qu’une parenthèse. On l’ouvre d’un baiser, on la referme d’une caresse. Quant à ce qui s’y tapit, ça n’appartient qu’à cette connerie de duo que nous formons. Il s’agit seulement d’une ponctuation dans nos existences, d’un raccourci dans lequel nous nous jetons pour fêler la fragilité du quotidien. Pour oublier, aussi – s’oublier chez l'autre et oublier que l’on s’oublie. Parce que c’est tout ce qui importe. Rire cristallin de celui qui s’absente. Rien de précis, rien d’arrêté, tout est mal foutu et présente une métrique désarticulée. C’est sympa à écouter, plus encore à subir ; cette merde m’arrive en pleine gueule et je l’accueille avec le sourire. Elle est belle, cette contraction de la part de mes lèvres. Elle m’est surtout inconnue. Ce sont cette nouveauté, cet exotisme et cette œuvre de bonne foi qui m’amènent à me laisser entraîner vers le lit de Maddie. Et les rêves de se dérouler sous les pas nous conduisant au matelas, tapis que seul le silence de nos étreintes vient plisser.

Je le laisse me pousser sur le lit, amener ses lèvres à la hauteur des miennes lorsque nous basculons. Il est tentant de hâter le mouvement alors que ses doigts déboutonnent ma chemise, de l’aider dans cette tâche que l’alcool ne facilite pas. Mais non. Je suis déconnecté. Je chute. Un téléphone sonne dans ma tête ; je débranche la prise. Déconnectée, elle aussi. Je profite de ce que Maddie est occupé à lambiner pour tomber son pantalon ; lui-même achève enfin d’ôter mon haut pour embrasser mon sternum. C’est là que je le devine à attaché à estampiller ma chair d’un suçon, telle la plus diligente des filles dans sa hâte de marquer son territoire. Un autre soir, une autre fois, avec les idées plus claires et la conscience moins morcelée, je n’aurais pas hésité à lui en retourner une. Vire-moi tes lèvres d’ici. N’imprime pas ton label sur ma peau. Laisse-moi immaculé. Elle le verra. Elle le verra, et alors …

… Sauf que rien n’arrête Maddox. Pas même la main que je lève, prêt à en abattre le tranchant sur la nuque qu’il me présente, ni la vision des cervicales que je pourrais aisément broyer. Non, rien. Mon regard subit l’obscurité ambiante et mon corps, l’appel d’un autre, en cette fin de soirée où il a été décidé que je lâcherais prise. Ce type que j’aurais tout aussi bien pu avoir ramassé dans une poubelle est un vertige : mon vertige, celui d’une nuit, de ceux qui vous figent sur place. Leurs doigts – ses doigts – vous enlacent, leurs couleurs – ses couleurs – vous fascinent, de même que cette chaleur qui vous empoigne. C’est dans l’air et ça vous bouffe. Ca suit le chemin des frissons sur votre échine et ça reste invisible. C’est le sourire qui joue avec mes traits, le vide entre les battements de ce cœur figurant aux abonnés absents, l’afflux de miel carmin. Et vous vous demandez, et je me demande : pourquoi pas ?

La réponse se fait attendre. Se fait désirer. Lui aussi. Alors je lui laisse le soin de faire disparaître mon pantalon, alors j’effleure sa chevelure de nuit de ma bouche. Celle-ci ne se révèle pas aussi douce et musquée que celle de ma Némésis préférée, pas plus qu’elle ne fait pas montre non plus des mêmes reflets – je m’en tape. Car ce qu’elle n’a pas, le gin le lui rendra et lui en fait déjà part. T’es pas Mademoiselle H. T’es Mademoiselle M. M comme Maddox, M comme merdier, M comme manque … M comme aMnésie. M comme con. Mais tu t’en fous, n’est-ce pas ? Tes mots se perdent, vides de sens, dans le fleuve de ma conscience. Je les entends mais ne les écoute pas. Alors qu’ils coulent, toi, tu songes toujours à t’envoler. Parce que tu penses que j’en ai quelque chose à foutre, de toi ? Que tu t’es vu attribuer un autre rôle que celui de pantin, d’objet de désir d’un mec qui t’oublie un peu plus à chaque ondulation le faisant plonger en toi ?

Arrête de parler pour ne rien dire. Ecoute plutôt le silence des frontières.

La réponse, on s’en fout. C’est un oui retentissant, c’est un non caverneux, c’est un peut-être en qui meurt l’espoir, aussitôt remplacé par un sans doute venu de la file des condamnés. C’est un haut et c’est un bas. C’est un étau brûlant. C’est quarante-deux. C’est son corps contre le mien alors que nous nous mêlons. Et mes doigts de courir sur le dos de Maddie, de crocheter ses reins crispés ; je peux sentir mon souffle battre la mesure imposée par mon cœur et nos mouvements synchronisés. Il est simple de s’adonner au plaisir que deux corps ont à s’offrir et je m’y complais, sans plus accrocher le temps, les yeux clos et les oreilles tintant des plaintes de Maddox. Quand la vie elle vous dévore y’a plus que ça. Nous basculons sur le matelas, mon corps pesant de nouveau sur le sien et nos contractions s’intensifient selon un rythme versifié. C’est là que je relègue dans le cercueil d’alcool de mon âme toute pensée parasite pour me concentrer uniquement sur ce que je peux retirer de mon partenaire. Mes mains se referment sur son dos, je réponds à son baiser sans même y penser ; je suis sur pilote automatique. Canal sexe. Chacune de nos caresses me semble lointaine et il me faut épouser cette brume de plaisir pour ne pas me perdre dans ses méandres, pourtant je m’y retranche, buvant jusqu’à la lie l’hydromel que je découvre.

Et j’oublie tout. Ma respiration heurtée, la chaleur baignant cette nuit. Le reflet d’une certaine fille que me retournent mes souvenirs. L’alarme vrillant une partie de mon esprit. Je me contente de laisser mes bras remonter sur le torse de Maddox, jusqu’à ces épaules que je mordille par intermittence. Je jurerais que je suis devenu sourd à tout son extérieur aux pulsations dans ma tête ; cependant, de cette gorge contre laquelle mon souffle se perd monte une oraison. Une supplique. Un mot qui percute ma conscience éthérée et dévie la course me portant au loin.

« Caïn. »

Je me fige. Plus tue-l’amour, tu meurs. Mes yeux se rouvrent sur le visage d’un Maddie qui se pâme, vraisemblablement plus ébréché encore que ce qu’il m’avait semblé au premier abord – il ne semble pas avoir perçu mon sursaut. J’évite ses lèvres tendues et son baiser dérape dans le vide ; si je me redresse, c’est pour mieux refermer mes doigts autour de son cou, avec une brusquerie qui achève de le faire émerger. Je plante mon regard dans le sien. J’ignore ce que je ressens en cet instant. De l’agacement, déjà. De l’agacement envers cet imbécile incapable de trouver un exutoire à ses propres chimères. De la surprise, aussi, semée de dégoût qu’elle demeure. Et de l’amusement, ingrédient surprise dans les miscellanées d’émotions. Mais peu importe la présence de cette dernière, j’ai juste envie d’éclater la tête de Maddox. De lui matraquer les tempes jusqu’à ce que les os cèdent, dessinant une carte sanglante sur l’oreiller sous son crâne – celle de son insignifiance.

J’affermis ma prise. Que se passera-t-il si je l’étrangle ce soir ? Qu’adviendra-t-il de son corps meurtri par l’être qu’il appelle de sa voix de merde ? Combien de temps les voisins mettront-ils à poser un nom sur la puanteur s’élevant de son appart’, combien de jours avant qu’ils n’appellent les policiers qui viendront identifier le cadavre ? Pauvre tanche, t’es voué à crever dans les prochains jours de toute façon. A quoi ça m’avancerait de t’aider …

Je lui adresse un sourire en coin, mi-figue, mi-raisin. Une troisième moitié s’y amalgame – mi-rieur.

« Caïn ? Putain, dis-moi que je rêve, là … Dis-moi que t’es pas assez con pour t’accrocher à ça, même dans les bras d’un autre. Dis-moi que t’es pas ridicule à ce point. Que t’es pas pitoyable au point de finir là-dessus. »

Je pose un baiser sur son menton. Sur ton menton. Oh que si, t’es con à ce point. Et pire encore. Manque de pot pour toi, je crains de ne pas être forcément mieux. Ou peut-être que si, juste pour ce soir.


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Dernière édition par Vito Vargas le Ven 13 Aoû - 17:05, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: [x] Vitox, ça pète, ça roxxe. Et ça rime. [PV Maddox]   Sam 7 Aoû - 9:56

Caïn s’éloigne. Maddox tendit la main, Caïn disparut. Ses doigts se refermaient sans parvenir à rattraper son image. What about narcolepsia ? Vito vrilla, le baiser lui étant destiné s’évanouît dans l’air. La main de Vargas se referma sur la gorge de Maddox. Allongé comme il l’était il avait encore plus de mal à respirer. Il ouvrit les yeux, féroce retour à la réalité de laquelle il souhaitait s’évader par dessus tout. I nod off and wake up in strange places I have no idea how I got there. Vito était au dessus de lui, un sourire narquois sur le visage. Ses doigts se resserrèrent autour de leur prise. Maddox étouffait, le sang lui montait au cerveau mais il n’avait toujours pas conscience de ce qu’il lui arrive. Il réagît sans vraiment le réaliser, par pur reflexe, et tenta d’enlever Vargas de là, une main sur celle qui lui agrippait le cou, l’autre sur son épaule, tentant vainement de le repousser. C’est inutile ce que tu fais. Même toi clean et lui perché, t’arriverais pas à le maîtriser.

« Caïn ? Putain, dis-moi que je rêve, là … Dis-moi que t’es pas assez con pour t’accrocher à ça, même dans les bras d’un autre. Dis-moi que t’es pas ridicule à ce point. Que t’es pas pitoyable au point de finir là-dessus. »



Bien sûr que si. Maddox est un imbécile finit. Comment avancé sans ses chimères ? Lui même se trouvait désespérant à souhait. Il aspirait à une happy end dans laquelle ‘ils furent heureux et eurent beaucoup d’enfants’ mais savait que rien ne se passait jamais comme on l’aurait voulu. Et outre la question des enfants qui est tout de même la plus difficile à gérer, Maddox ne se rendait pas compte qu’il jouait avec les gens comme un marionnettiste. Quand son amour du moment se serait consumé, il le déplacerait sur quelqu’un d’autre. Caïn, You’re the worth thing that ever happened to me. C’est sa façon de sortir du quotidien. D’échapper au temps. Son fight club personnel. C’est votre vie, et elle s’achève minutes après minutes.

De quoi parlait-il ? Qu’est-ce que Caïn venait faire à un moment pareil –Caïn a sa place à tout moment, mais venant de Vito, ça s’emblait plutôt étonnant. La plupart des agents du GDP était au courant de la relation du plus jeune des Wellens et de Maddox. Les bruits étaient nombreux, variés, presque tous vrais mais les intéressés ne s’en préoccupaient plus. Si Maddox disparaissait pendant deux semaines, tout le monde trouvait ça normal. Maddox à l’hôpital, Caïn défoncé dans un coin. Les choses suivaient leur court et tout le monde s’y faisait. Seuls les nouveaux en étaient encore surpris. Sauf que Vito n’était pas du genre à faire attention aux ragots et dans la tête de Maddox, c’était le Viêt-Nam. Il ne chercha pas plus loin. Il avait du mal à relier et articuler ses idées. Il se redressa pour entourer de ses bras Vito puis l’embrassa à son tour sur le menton avant de remonter le long de sa mâchoire, jusqu’à son oreille.

« Et toi Vargas, à qui tu penses ? A qui appartient le visage que tu superposes sur le mien ? »


Il prit son visage entre ses mains et planta son regard dans le sien.

« Qui vois-tu chaque fois que tu me regardes dans les yeux ? »


Sa voix se faisait plus douce, suave. Il lui mordit tendrement les lèvres avant de l’embrasser.

« Quelle voix remplace la mienne ? A qui sont ces lèvres ? »


Sur Vargas aussi les rumeurs allaient en grandissant. On le disait lier avec une autre scientifique. Une relation peut-être aussi vache que celle de Caïn Wellens et Maddox. C’est ce qui se disait à la machine à café du GDP. Les gens aimaient parler sur les autres. Vito et Mad’, de part les anticonformisme, étaient des cibles privilégiées. Et cette meuf que Vito se faisait –ou QUI se faisait Vito ?- devait aussi être intéressante pour qu’on s’intéresse à elle comme ça. Pour que Vito Vargas s’intéresse à elle ! Son nom, donc Maddox ne s’était pas souvenu tout à l’heure, effleura son esprit l’espace d’une seconde.

A son tour, Maddox sourit. De son sourire de vainqueur, de ce sourire qu’il aimait arborer en présence de Caïn, de ce sourire qui le rendait complètement fou. Caïn chéri, est-ce que je te manque ? Est-ce que tu penses à moi en cet instant ? Est-ce que…

« Dis-moi Vito, est-ce qu’Hell ne t’en voudra pas d’avoir passé la nuit avec moi ? »


Maddox n’attendait pas de réponse. Il s’en foutait comme de sa première dent, c’était juste histoire de s’amuser avec Vargas, de le faire culpabiliser peut-être. Il ne savait pas ce que ressentait Vargas pour Elissandre Hell.

« T’as finis, on peut reprendre maintenant ? »

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Vito Vargas

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MessageSujet: Re: [x] Vitox, ça pète, ça roxxe. Et ça rime. [PV Maddox]   Mar 10 Aoû - 20:03

« And we crucify ourselves. »
Maddie semble surpris, tant par l’arrêt brutal des coups de reins que par mes paroles. Pourtant, il n’y a pas de quoi l’être. Vraiment pas. Le lieu en lequel l’a mené sa déchéance, à savoir l’antichambre d’un acte n’ayant rêvé que de lui arracher les aveux qu’il vient de laisser choir, ne m’est d’aucune façon inconnue. Et Maddox de me fixer sans comprendre, de scruter les ombres dans mon regard ; à la recherche de celle qui viendra esquisser une réponse à la vacuité de son âme. A la recherche de l’être qu’il appelle d’une voix éteinte, rayée, éthérée par le manque à vivre. Mais sa quête est vaine, vaine d’inanité. Et ses ailes ne la portent pas bien loin, nourries telles qu’elles le sont – d’espoir brisé, d’une fêlure que rien ne soulage, d’une anorexie morbide.
La vérité, c’est que je sais tout ce qu’il y a à connaître de ce type. Le CV, je l’ai déjà eu. Les mensonges, sa dérive dans le caniveau de la vie, la collection de conneries dont il est bardé. L’errance, l’ambition lépreuse. Et ses addictions. Surtout ses addictions. Les stupéfiants courants, les alcaloïdes de base ; mais surtout, son poison, sa drogue, nommée Wellens, Caïn de son prénom. Sa soumission à un mec à qui il a dédié la douceur de la rime entre existence et conscience.

Alors que je passe en revue les informations que j’ai pu glaner de bruits de couloirs sur les deux policiers, je dévisage le membre du binôme sur lequel pèse mon corps. La pitié s’invite subséquemment dans mes yeux tandis que ceux de Maddie, sombres et étrécis, n’expriment rien de plus qu’un bug mental. Un heurt dans le mécanisme qu’il ne possède pas. Un trou béant dans la trame de tout ce qu’il n’est pas. Et j’ai pitié, oui ; une pitié sans indulgence, sans miséricorde pour sa personne, sans grâce. Pas de compassion, pas d’attendrissement – seulement une nouvelle forme de dégoût, plus alambiquée que ce dernier, plus dégueulasse encore.

Parce qu’il est autant à plaindre qu’à gerber, Maddison. Je me tape des ragots, je me fiche des rumeurs, et cependant je ne peux les ignorer lorsqu’elles portent leurs assertions jusqu’à mon oreille, quand elles se frayent un chemin à la rencontre de mes sens. Ce qui pourrait lui arriver de mieux serait de crever – overdose, accident de la route, à son bon plaisir –, plutôt que de n’avoir de cesse de se télescoper dans les méandres de sa destinée, glissant entre les fissures, frôlant les tombes et leurs murs. Car le GDP ne fait pas mystère des particularités de la relation liant Caïn et Maddox. Enfin, qui lie ce dernier au premier. Dans le genre masochiste, c’est un truc mignon et débordant de bons sentiments. Très chou. L’un s’accroche à l’autre comme à une bouée, et la bouée se plaît à noyer le naufragé ; mais les deux dérivent, toujours plus loin, toujours plus vers le fond, comme s’il s’agissait d’une histoire d’amour foireuse, émaillée de vices.
Il se murmure que ce n’est pas qu’un simple plan cul, qu’il ne serait pas uniquement question de besoins que tout éloignerait mais que le hasard tisserait du même fil rouge. Du même filin de sang. Il se raconte que, d’une certaine façon, ils se sont bien trouvés. A ceci près que Mad’ s’y perd. Que Mad’ s’y oublie. Que Mad’ y perd toute notion de hauts et de bas. T’es minable, mec. Pire que ce que ta réputation de catin suggère.

Je lâche un soupir – tout ça, jusqu’ici, ç’a été leurs problèmes. Ou les siens. Mais pas les miens. Alors il avait fallu qu’ils le deviennent. Résultat, cet abruti se mêle de faire capoter tout ce que nous avions pu espérer retirer de cette soirée, de ce coup d’un soir foireux. Et c’est là un virage que je me refuse d’autant moins à prendre que l’alcool, ou encore son bassin encastré contre le mien, ne parviennent pas à diluer ce que je m’efforce de refouler depuis le début. Monte en moi le désir de le frapper, de lui faire ravaler sa rengaine ; j’aurais pu, j’aurais su. Ç’aurait même été un plaisir que de lui présenter le réconfort de la mort. D’un néant où il pourrait s’épanouir à souhait. Ç’aurait été logique, aussi. Agréable. Presque prématuré, pour ce type destiné à claquer dans les décombres de ce qu’aurait pu être sa vie s’il avait su employer à bon escient les ficelles qui lui avaient été offertes.

Mais non. Cette possibilité, la blancheur immaculée de son lit la conteste. La dénie. Elle décline l’invitation du sang dans notre petite fête VIP. Et les plis des draps nous abritant, de l’oreiller sous la tête de Maddie alors qu’il se redresse, semblent me sourire, gouailleurs. Les ombres qu’ils jettent à la jonction de nos corps me rappellent qu’il m’est toujours possible d’occulter en ce contact les plus éclatants de mes doutes, d’y noyer jusqu’à ce qui me motive à lui laisser la vie sauve. Alors on trébuche. Si quelqu’un se doit d’y mettre un terme, ce ne sera pas moi ; pour l’heure, j’accepte la dictature du plaisir que ses membres frêles jettent sur nos ébats, et c’est tout. Ca s’arrête là. Alors on s’étiole, on jouit des fragments d’espoirs que l’on a placés dans nos étreintes. Je sais que c’est là une connerie proche de l’insanité. Je sais que par la seule volonté d’éviter l’écueil, je m’y vautre. Je sais que je me plante. Et je m’en fous.
Peu importe. Peu importe ce que je peux croire, peu importent les prières que j’adresse à un avenir avare de couleurs. Que Maddox soit con, ça ne change rien, finalement. C’est peut-être même mieux ainsi. Sexe sans sentiments, amour sans amour, point mort d’une machine qui carbure à vide, très conciliante en dépit du peu de cas qu’elle fait de nos aspirations respectives. Mad’ l’a compris, lui, depuis la montagne de merde du haut de laquelle il finira par se jeter, pantin désarticulé à la merci des courants d’air. C’est pourquoi il noue ses membres dolents autour de mon cou, c’est pourquoi il sème des baisers sur ma peau, sur mon menton roide – des baisers vides de sens et gorgés d’ardeur. Et moi de leur confier ma rage, ma contumace et le poids des battements assourdis de mon cœur.

« Et toi Vargas, à qui tu penses ? A qui appartient le visage que tu superposes sur le mien ? »

Je me fige. T’as rien compris, Maddie. T’es loin de tout, là. Tu te perds dans ta débilité. Ce que tu crois savoir de moi, c’est de l’intox, un bel hoax que t’as gobé jusqu’à t’étouffer avec. Rien de plus. Crève, mec. Je ne pense à personne. Pas de gonzesse brune pour habiter mes pensées, pour les souiller de la merde qui irradie de sa précieuse petite personne. Pas de pétasse pour écorcher mes oreilles de sa voix trop grave, de l’acide qu’elle balance sur mes nerfs comme l’on saupoudrerait de sel une neige impure, percluse de gravats dégueulasses.
Non, personne. Surtout pas elle. Surtout pas ses lèvres. Ni ses hanches, ni le galbe de sa poitrine douce au toucher, ni ce corps que mes mains n’ont de cesse de s’approprier, sans effet. Rien. Rien ni personne. Va te faire entuber, une fois de plus. Cours rejoindre ton Wellens chéri. Lâche mon visage, dégage tes doigts de là. Ferme ta grande gueule.

« Qui vois-tu chaque fois que tu me regardes dans les yeux ? »

Ce que je vois ? Ta tronche de merde. Tes cils trop longs, ta moue d’arriéré. Alors je ne te regarde pas, alors je ne t’observe pas. Je t’ignore, c’est tout. Je m’en balance, de tes yeux. A part toi, il n’y a personne. Pas d’abonnées absentes au bataillon de mes désirs, pas plus que l’on ne pourrait déterrer en moi de fantasmes inavoués, de mots que nulle torture n’a su imprimer sur la trame de la réalité. Pas de fille au sourire soutenu par un mépris sans nom. Pas de nana à la fois insaisissable et par trop tangible. Que dalle, niet, nada.
Rien ; rien ni personne.

Maddox ignore la réponse que je n’apporte pas à ses questions. Il tire sur la corde. Il se fiche des coups qu’il ne reçoit pas. Au contraire, il continue, persuadé d’avoir fait mainmise sur un filon impayable. Il s’octroie le luxe de goûter à mes lèvres et lorsqu’il m’embrasse, je lui rends son baiser avec un empressement que je ne me connais pas dès lors qu’il ne s’agit plus d’une certaine tanche. Comme si, par ce contact, je pouvais rendre à Mad’ la substance dont le vide chacun des mots qu’il prononce. Comme si ç’allait suffire à ignorer les doigts de glace venus semer la discorde dans mes entrailles. Comme si, avec ça, j’allais découvrir une astuce qui permettrait de faire taire le bordel dans ma tête.

« Quelle voix remplace la mienne ? A qui sont ces lèvres ? » Et il sourit. Tu souris. J’ai envie de te claquer. « Dis-moi Vito, est-ce qu’Hell ne t’en voudra pas d’avoir passé la nuit avec moi ? »

Tu mens. C’est tout ce que tu sais faire. Mentir. Baratiner. Cracher des conneries. Maddox, ou le mytho 2.0. Ne pas oublier ça, ne pas me sortir cette donnée de l’esprit lorsque tout le système fout le camp, rongé par un virus jusque-là tenu en haleine par son envie de me voir chuter. Ce n’est pas parce que j’ai tort qu’il se doit de le souligner. Ce n’est pas parce que je me leurre que je me plante tout à fait. Ce n’est pas non plus parce qu’il sait pour ma pétasse qu’il a raison. Hell, Hell, Hell, elle, elle, elle ; Hell, elle, Hell, elle ; hell, Elle. Claudiquement d’une litanie qui s’égare.

Et Lui. Lui, il est à des années-ténèbres de la vérité. Il n’est au courant de rien. Il ne sait pas que ce que je recherche dans nos ébats, ce n’est pas l’ombre de l’être que, moi aussi, à ma façon, j’appelle, mais bien l’oubli ; l’oubli de ce qu’elle est, de ce qu’elle ne m’apporte pas. Il n’a pas su saisir que c’est avec lui que je couche ce soir, que c’est en lui que je m’insinue, et avec personne d’autre. Rien ni personne. J’ai voulu me débarrasser de son souvenir et me perdre dans un bourbier différent de celui où elle m’entraîne, trop heureuse de ne plus faire figure solitaire dans sa descente aux enfers.
Mais c’est une façon de tenter de la retrouver, non ? De savourer l’envolée de mes pulsions. Un compromis boiteux entre échec et succès, entre ombre et crépuscule ; un filet d’acide qui porte mes pas dans une dualité bancale, déséquilibrée. Alors quand Mad’ me suggère de poursuivre, d’enchaîner sur la suite des évènements, je ne parviens pas à trouver ridicule sa proposition, pas plus que je n’arrive à lui opposer de résistance. Il est vain de lutter lorsque l’on a loupé le coche du combat. Et celui-ci, on l’a planté, l’un comme l’autre. CQFD. Empirisme gibbeux. Tant pis. A nos bris de rêves, à nos défaites bâclées.


Je m’abandonne en Maddox. Facile. Amusant. C’est là que se dessine, finalement, un semblant de victoire sur l’autre ; parce qu’il se tait, parce qu’il me fait don du silence nécessaire pour, de mon côté, retourner à mes chimères ; parce que je pense à Hell, à elle. Cela, même la jouissance ne sait l’effacer, ou lui imposer ces fondus au blanc dont elle pare d’habitude les nuits fiévreuses et frémissantes de désir. Rien de tout ça. C’est moche, d’un côté. Un peu triste. Pas très glorieux. Mais on s’est bien trouvés, nous aussi. Ç’aurait pu être différent, ouvrir sur une voie autre celle que nous avions pavée d’illusions, de manipulation. Sauf que non, c’est comme ça. On oublie le début pour mieux profiter de la fin – sans trop savoir de quoi, ni de qui.

De rien. Ni de personne.


On se casse la gueule. Mais c’est pas si mal. Sans conséquence, pas d’autres témoins que nous-mêmes. Ego, fierté, orgueil ; à la poubelle. Direction le bas-fossé de nos addictions-afflictions. Et quand, tard dans la nuit, tôt le matin, alors que nous profitons d’une trêve entre deux étreintes brûlantes, Maddox se blottit contre moi, quêtant ma nuque d’une main indolente, je me redresse, l’abandonnant à la caresse des draps en vrac. C’est avec des gestes d’automate que je me rhabille, en silence ; c’est sans accorder le moindre regard à Mad’ que j’enfile ma chemise, que je boucle ma ceinture.

Et que je me barre.


} Sujet clos.
Et merci pour ce rp', je te kiffe BB. Dédikass.
(Yep, faut bien finir sur une touche de pwësie.)

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[x] Vitox, ça pète, ça roxxe. Et ça rime. [PV Maddox]

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