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 Behind the scars. [Pv.Amour]

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Maddox. [Tinkerbell]

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MessageSujet: Behind the scars. [Pv.Amour]   Dim 8 Aoû - 14:01


« Salut. Je. J’ai. Deux mois, tu sais. J’ai attendu deux mois.»

Caïn était en face de lui, son visage restait inexpressif mais Maddox le savait déjà agacé, à la limite de l’irritation totale. Wellens avait la main sur la porte, prêt à la refermer sur lui.
Maddox s’avança vers lui. Il approcha sa main de son visage avec prudence. Il avait toujours un peu peur des réactions de Wellens dans de pareils moments. C'est aussi ce qui lui plaisait : Caïn était insaisissable, surprenant. Mad’ avait beau s'attendre à tout, Wellens finissait toujours par le dérouter et le faire tomber de son pied d'estale. La retenue de Maddox ne faisait jamais long feu. Et comme d'habitude, il ne lui fallut que peu de temps pour vouloir se rapprocher. Ses doigts touchèrent sa joue et le cœur de l’amoureux transis eut un raté. Il devait lui paraître pitoyable. Tellement lamentable dans son état. Maddox avait mis du rouge à lèvre, ses ongles étaient barbouillés de noir, il ne portait pas de chaussures. Mais Maddox était heureux d’être là, en face de lui, quelque soit ce qu’il pense. Je suis à toi, ne me laisse pas.
« A dans un an, mon merveilleux jouet. »

Et Caïn était parti, le laissant, gisant au milieu de la ruelle, couvert de sang. De cette nuit là, Maddox avait surtout retenu la couleur carmin zébrant le visage de celui qui l’obsédait. Il s’était endormi avec cette image en tête. La douleur l’atteignait encore, par vagues successives, mais Maddox ne résistait plus. C’était le plus grand moment de sa vie et il avait décidé de ne pas s’en évader.

Des quinze jours qui suivirent, il n’avait aucun souvenir. Quelqu’un l’avait trouver et amené aux urgences. Maddox n’avait pas cherché à le remercier. Il lui en était à peine reconnaissant. Chaque fois c’était là même chose, chaque fois il finissait sur le bord d’une route ou dans un caniveau. Caïn le cruel, Caïn le bien aimé ne se souciait pas de savoir dans quel état était Maddox, il s'arrangeait a chaque fois pour le laisser au bord de la vie, qu'il goute juste assez à la mort pour ne pas souhaiter réitérer l'expérience. En agissant ainsi, Caïn s'assurait de ne plus avoir Maddox sur les bras pendant quelques semaines au moins. A sa sortie de l'hôpital, Maddox était allé voir Meister, pour lui raconter. Il en était parti rassuré, un peu. Calmé surtout. Wolf avait un effet apaisant sur Mad’. Mais ça ne durait jamais longtemps. Ses addictions finissaient toujours par réapparaitre. Alors il était allé chez Caïn un jour. Il n'avait pas toqué et était juste resté devant la porte durant plus ou moins deux heures. Cap ou pas cap ? Pas cap Caïn, pas cap de ne plus te voir, pas cap de ne plus entendre ta voix, pas cap de me passer de toi.
You know that I want you
And you know that I need you
I want it bad, your bad romance


Pourtant, Maddox était reparti avant de l’avoir vu. Il résistait. Tant bien que mal, il essayait, pour une fois, de ne pas se contredire. Une fierté bien mal placée qu'il noyait sous la drogue. Le temps passait plus vite et c'était le moyen le plus sur de retrouver son image, de se complaire dans l'illusion de sa présence. Il se remémorait ses traits, sa voix, sa peau, ses doigts lui parcourant le dos. Mais il avait beau forcer la chance, l’image de Caïn se floutait un peu plus à chaque fois et bientôt, Maddox avait peur de la perdre, de l’oublier pour ne plus s’en rappeler. Ce manque ci était pire que n'importe quel autre, pire même que la douleur, qu'un œil au beurre noir, que deux cotes cassées, qu'une balle dans la jambe. Pire que tout à la fois. Alors non Caïn, pas cap.

Et puis, au détour d’un bar, il y avait eut Vargas aussi. Comme les autres, Vargas l'avait prit pour un con. Mais au fond, Maddox et lui étaient assez semblables. À rechercher l'idylle sans être sur de vouloir l'atteindre. La finalité n'a pas d'importance, c'est le chemin qui compte. La semaine d’avant, Maddox avait répandu au sein du Gdp la rumeur vraie selon laquelle il s’était fait Vito Vargas. Il avait longuement patienté, en espérant que Caïn viendrait de lui même. Au fond, il savait que ça n'arriverait pas. Maddox était idiot. Les provocations glissaient sur Wellens comme sur du verre. Il aurait juste un exemple de plus pour dire à quel point Maddox était une catin.

La fin ne vaut rien.

Maddox n'était pas sortit de son appartement depuis cinq jours environ. On était Samedi et ça faisait deux mois aujourd'hui que Maddison n'avait pas vu Caïn. Ses sachets d'exta' étaient tous vides. Dilapidés en quelques jours. Et lorsqu'il se réveilla, Maddox était parcouru de tremblements. Ses yeux étaient livides, ses veines dilatées, sa respiration saccadée. Il alla dans la salle de bain afin de se passer de l’eau sur le visage. Puis, complètement paniqué, il fouilla dans une armoire et s’empara d’une boite d’anti dépresseurs. Après les avoir presque tous avaler, il se passa la tête sous l’eau. Ses cheveux goutaient sur son tee-shirt.

Il devait voir Caïn. Plus que de juste le vouloir, c’était une nécessite, un besoin impérieux. Il fallait qu’il le voit. Il devait le trouver. Que faire. Où aller. Je n’ai nulle part où aller.

Il toqua chez Caïn avec l’espoir un peu vain que ce dernier lui ouvre. Il appela « Caïn, Caïn, c’est moi. » Il supplia « S’il te plait, je t’en prie, ouvre moi ! » . Il se passa 10 longues minutes. Dix minutes durant lesquels Maddox implorait Caïn de lui ouvrir la porte.Je suis aveugle à ce que tu me dis. J’écarte au loin le sens idiot que prend ma vie et me concentre sur mon seul et unique objectif. Et puis, soudainement, Maddox entendit des clefs tournaient dans la serrure. La porte s’ouvrit enfin, Caïn dans le sillage. C’est là je crois, qu’on est entré en scène.
Don't give up on the dream
Don't give up on the wanting
And everything that's true

« J’ai l’estomac plein de Xanax. J’ai avalé tout le restant d’un flacon, peut-être que c’était un peu trop. »

Because I want you too
Because I want you

On pouvait nettement lire de l’énervement sur son visage. Maddox en approcha sa main, lui frôla la joue puis la retira d’un geste brusque.
« Mais c’est pas un vrai suicide, sois tranquille, c’est probablement rien d’autre qu’un appel à l’aide. »

Je retire ce que je t’ai dit Caïn, je ne peux pas me passer de toi. Pas cap de ne pas te parler, de ne pas chercher à te voir, de ne plus t’appeler, de ne plus avoir aucun contact avec toi pendant 1 an. Pas cap de vivre sans toi. Pas cap de ne plus t'aimer.

La chaleur lui mordait la peau, la pointe de ses cheveux était toujours mouillée, la pâleur de son visage soulignait les cernes qu’il avait sous les yeux. Son cœur battait tellement fort que Wellens l’entendait surement. A tout rompre. Maddox y porta sa main. Il respirait par la bouche et l’air lui brulait la gorge. Il fixait Caïn de ses yeux, pétillants de désespoir.
There is no running that can hide you
‘Cause I can see in the dark

Mad’, qui croyais-tu tromper ainsi ? Honnêtement, pensais-tu qu’on goberait chaque jour de plus que tu passais loin de lui avec crédulité ? Croyais-tu réellement que nous étions dupe de ton jeu ? Someone call the ambulance there’s gonna be an accident. Lui plus que les autres. Que va-t-il faire selon toi ? Te laisser crever sur le palier ? Te faire lécher l’agonie ? Il veut voir ton visage lorsque tu tomberas en extase dans les profondeurs de l’Enfer. Ne me laisse pas tomber. Ne me pousse pas loin de toi. Retiens moi. Garde moi à tes côtés. Ordonne moi de rester.
I want your psycho
Your vertigo kiss
Want you in my bed
I'll make you be sick
Maddox chuchota :
« Cap de me reprendre, Caïn ? Cap de me sauver ? »



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Caïn E. Wellens

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MessageSujet: Re: Behind the scars. [Pv.Amour]   Ven 20 Aoû - 9:57

Trois coups. Son faible et léger. Une supplique. Le chien était revenu à son maître, couinant, hurlant de douleur. C’avait été trop court, putain. Un an. Shin avait largement le temps de crever en un an. Le temps de se refaire. De passer à quelqu’un d’autre. Parce qu’il ne pouvait pas vivre sans cette obsession de merde qui le poussait à s’accrocher désespérément à une personne, à planter ses griffes en elle pour sucer sa force vitale et s’en abreuver. Caïn savait qu’il ne serait plus le centre de son monde s’il lui laissait le temps de focaliser son attention sur quelqu’un d’autre.
Deux mois, Shin. C’est tout ce que t’as réussi à tenir ? Tout ce que t’as réussi à faire ? T’es aussi faible que ça ? Tu vaux pas mieux ?
Il n’ouvrirait pas. Il ne voulait pas retomber dans cet enfer, il ne voulait pas qu’on s’agrippe à lui de toutes ses forces, il ne voulait pas revoir ses grands yeux qui hurlaient un amour factice et dérangeant. L’apogée du mensonge. Les gloires avortées de la calomnie. Deux mois, ça avait été bien trop court. Ce répit ne pouvait pas lui être enlevé. Il y avait eu Leo et Neth. Il y avait eu une vie sans taré pour le sonner à trois heures du matin, complètement défoncé, les yeux révulsés et la mémoire défaillante. Une vie sans nuits interminables aux senteurs d’hémoglobine. Une vie sans soupirs, sans paroles contrôlées par des chimères. Une vie sans Shin. Sale cabot. Clébard sans domicile fixe. Tu n’es rien. Juste une merde de plus dans ce parcours bourré d’erreurs. Une tâche indélébile qui refuse de s’en aller.
Pas cap de te revoir, Shin. Pas cap de retomber dans cette lente agonie. Pas cap de nourrir à nouveau ce chien qui me lècherait les orteils avec plaisir pour trois secondes d’attention. Pas cap de vivre avec toi.
Mais il y avait l’ivresse de le voir souffrir. L’envie de toucher sa peau, de se délecter de son odeur, de s’amuser avec sa chair et d’y tracer des sillons de douleur. Au fond de lui, il aimait l’idée de savoir Shin présent, morceau de passé, souvenir brouillé, qui l’empêchait d’oublier toute la réalité du monde. Toute l’horreur qu’il recelait et ce qu’il cachait, en son cœur. Shin était sa Gabrielle. Sa catin aux cheveux de feu. Son cauchemar. Il le faisait trembler à chaque fois qu’il le voyait. C’était comme se prendre en pleine face quelques millions de volts. Se revoir anéanti, décrépi, incapable de bouger et de comprendre ce qu’il se passait. C’était affirmer l’existence de cette autre personne qu’il avait pu être. Ce mec inutile, accro à une gonzesse qui se riait de lui.

Et c’est pour ça qu’il ouvrit la porte. Dix minutes avaient passé. L’irritation se lisait sur ses traits. Vas-y, déballe. Avoue-moi ton amour, tes longues nuits sans fin à baiser avec un con différent à chaque fois, tes conneries et ta rancœur. Il était là. Avec ses grands yeux barbouillés, son rouge à lèvres incertain, ses pieds nus et sa mine déconfite. Shin n’était plus rien. Une ombre détruite. Avec sa bouche qui continuait à sourire. Avec ses doigts qui continuaient de se tendre vers lui malgré son horreur. Tu ne comprendras jamais parce que tu es trop con pour accepter la réalité. Pourquoi, putain ? Pourquoi se mettre dans un état pareil pour un pari lancé à l’aveuglette ? Pourquoi se laisser mourir à petit feu ? Pourquoi se remplir la panse d’un médoc’ inutile et véreux ? Pourquoi débarquer à moitié condamné, l’esprit vacillant et les jambes flageolantes ? Shin était sa jolie poupée brisée. Sa marionnette aux fils cassés. Faite de chiffons aux coutures étriquées, elle se défaisait peu à peu, se vidant de toutes ses cellules, délaissant ses organes sur le bord de la route, pour ne garder que cette image à laquelle il se raccrochait inlassablement.
Soupir. Shin était son chien. Il avait entretenu son obsession malgré lui, avait nourri ses songes en offrant son corps, mais en lui refusant son cœur. Je ne suis pas ton geôlier. Mes murs ne sont pas ta prison de fer, ma porte n’est pas ta prison de bois et mon être n’est pas ta prison de chair. Ne finis pas ta vie avec moi, merde. Je ne veux pas de toi. Quand bien même il s’amusait à l’abandonner sur l’autoroute déserte et a continué sa route sans lui, Shin persistait à vouloir retrouver le chemin de son appartement, à taper, à cogner, à crier, s’obstinant à vouloir forger un présent impossible.

« T’es vraiment trop con. »

Ses doigts allèrent toucher sa joue, en suivant le galbe pour atteindre ses lèvres. Pathétique petite chose. C’était peut-être pour ça que Caïn ne l’avait pas encore tué. Parce qu’il lui faisait pitié. Parce qu’il lui rappelait ce qu’il avait été et ce qu’il était devenu. Parce que Shin était le reflet de son passé. Quand tout est vide et dénué de sens, pourquoi continuer à croire ? Et peut-être que c’est ce qui le força à se saisir de la main de Shin pour le traîner à l’intérieur de l’appartement, refermant la porte derrière lui. Il avait face à lui la caricature de la Joconde. Une œuvre d’art pleine de misère et de déchéance. Un esclave qui avait su aller encore plus profondément dans sa décrépitude qu’il ne l’était déjà. Un hérétique persuadé qu’en offensant Dieu, il parviendrait à grappiller quelques regards et quelques faveurs.
Les choses qu’on possède finissent par nous posséder.

Et il le traîna dans la salle de bain, le déshabilla sans ménagements pour observer son corps meurtri par les traitements qu’il lui infligeait. Quand bien même il le torturait, quand bien même il poussait le vice toujours plus loin, Shin continuait, inlassablement, à se tourner vers lui au moindre coup dur. Pas la peine de te détruire avec moi, Shin. Crève dans ton coin. On se rejoindra de l’autre côté. Il se saisit de sa main et le fit entrer sous la douche pour l’asperger d’un jet d’eau froide. Son maquillage coula, retiré par la main de Caïn. Un père avec son gosse. Son frère avec sa fille. Quand il voyait Maddox, il comprenait pourquoi Neth ne pouvait se détacher de cette enfant qui remplissait sa vie, s’étalant pour s’insinuer partout, prenant de l’ampleur et bouffant tout l’espace. C’était la même chose. Le même refrain agonisant.
Je suis l’absence totale de surprise de Jack.

« T’es pas censé crever comme ça, Shin. Le jour où tu voudras vraiment mourir, demande-moi. Je m’occuperai de ton cas avec plaisir. »


Tu dois admettre qu’il est possible que Dieu ne t’aime pas du tout.
Et dans cet appart’ quasiment vidé de meubles, propre, comme prêt à être vendu, il n’y avait que Maddox pour contraster avec ce qu’on pouvait y voir. Parce qu’il n’y avait rien. Juste un semblant de vie. Quelques draps froissés et une vaisselle digne d’IKEA. Il avait refait sa cuisine en fonction d’une image vu sur un magasine de mobiliers, s’était éclaté dans les branchements de sa télé, avait souillé son ordinateur en naviguant sur des sites réservés au GDP qui montraient dans scènes de Pactisants à l’agonie. Rien ne pouvait affirmer qu’une personne vivait ici. On aurait dit une gravure de mode. Une copie d’une affiche dont Caïn serait le mannequin. Ne manquait que le sourire Colgate animé d’une joie de vivre étonnante. Mais c’était trop demandé. N’abusez pas.
Il le tira de sous la douche pour enrouler une serviette autour de lui et le sécher. Ses doigts passèrent sur la cicatrice qu’il lui restait de ce jour où il lui avait tiré une balle dans la cuisse. C’était moche. Mais les chiens ressemblent toujours à leur maître, non ? Ses lèvres allèrent chercher les siennes. C’était comme retrouver un goût déjà oublié, mêlé à quelques restes de rouge à lèvres.
C’était un monstre. Un déchet de l’humanité.

« Pas cap de te reprendre, Shin. Ce sera juste pour cette fois. »

Bientôt, il ne serait plus là. Missionné par le GDP pour plusieurs mois. Infiltration. A ce moment-là, que feras-tu, Shin ? Crèveras-tu la bouche ouverte et les yeux révulsés ? Tu auras beau taper à la porte de l’appartement, il n’y aura plus personne pour t’ouvrir, plus personne pour jouer avec ton corps, plus personne pour le briser. Te trouveras-tu un nouveau bourreau ? Qui réclamera ta tête pour ton insolence ? Qui acceptera de te voir plusieurs nuits d’affilées après t’avoir récupéré la tête dans un caniveau ? Est-ce que, enfin, tu m’oublieras, Shin ?
Et il passa sa main sur sa joue tandis que l’autre allait se nicher au creux de ses reins. Une loque. Un souillon.
Sur une durée suffisamment longue, l’espérance de vie tombe pour tout le monde à zéro.
Si je crève et qu’on te rapporte la lettre annonçant mon décès, chialeras-tu comme une bonne femme ? Joueras-tu les veuves éplorées ? Tes illusions n’auront plus lieu d’être, elles se tourneront vers quelqu’un d’autre.

Alors pas cap de te sauver, Shin. Pas cap de t’aimer.
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Maddox. [Tinkerbell]

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MessageSujet: Re: Behind the scars. [Pv.Amour]   Dim 22 Aoû - 5:42

Overdose de bonheur, de joie, d’allégresse, de jubilation, d’exaltation. Délice de retrouvailles qu’on a l’impression d’avoir attendues des années. Ivresse d’un moment, à revoir celui qu’on aime, celui qu’on laisse empoisonner nos vies sans autre remède que d’être à ses côtés, toujours plus proche, toujours plus longtemps. C’est comme ça tout le temps. Ardeur d’une envie, d’un désir impulsif, familier, primitif, qu’on refreine pour ne pas risquer de gâcher ces instants suspendus. Fierté d’avoir tenue la distance pendant ledit temps qui nous a paru des lustres. Supplice de devoir garder ses distances afin de ne pas l’effrayer. Émerveillement quant à cette main qu’il nous prend, cette main qui enferme la notre dans sa poigne et dont elle n’est pas sans raviver quelque douleurs à la nuque.

Viens ! Emmène-moi là-bas
Donne-moi la main que je ne la prenne pas
Crie à la Lune que tu en veux plus. Peut-être réalisera-t-elle ton vœu.
Enivrement de cette odeur qui nous entoure et nous love comme des draps.

Mais t'ignores le parfum
Enivrant, obsédant
Qui te couvre d'ivresse
Te transforme en détresse
Et peut faire de ta soirée
Comme une éternité à crier.
Illusion d’un sentiment de sécurité. Confiance pernicieuse. Volupté de ces bras, qui nous enveloppent et nous cajolent. Qui nous bercent jusqu’à nous enfermer dans les chimères d’un amour réciproque. Et sous la coupe de ce songe éveillé, la tendresse nouvelle trouve sa source dans une affection artificielle. On en veut plus. Pour ces moments mensongers, on est prêt à sacrifier d’autres mois de calvaire. On est prêt à retomber dans l’enfer du manque pour quelques instants proches du Nirvana. Et même si on ne sait pas à quel point le gouffre sera long et profond, même si on ne sait pas qu’à côté, le terrier du Lapin Blanc, c’était de la fantaisie, on en redemande, encore et encore, quitte à se bruler les ailes.

On a tous besoin de croire que quelque chose existe au delà de la banalité du quotidien. Être capable de se transformer en quelque chose de mieux, même si personne ne croit en vous.

Avec une délicatesse que nous inventons, ses mains qui prodiguent généralement la douleur nous retirent ce qu’il nous reste de protection. Et tandis que nos lèvres brulent de désir, on le laisse nous consumer, on le laisse gonfler notre poitrine jusqu’à l’explosion. On sait que la finalité de ce jeu nous brisera. Qu’une fois encore, on ne pourra se relever sans blessures ou cicatrices. Morales surtout, sentimentales avant tout. Mais quitte à se noyer, autant bien faire les choses. Autant choisir un océan de langueur et de fantasmes délaissés à leur souillure. Dès qu’on voit la moindre lueur de bonheur dans ce monde il se trouve toujours quelqu’un pour la détruire. Cette vanité est la notre. On pense pouvoir remonter, qu’importe quand mais ça arrivera un jour. Alors le reste est sans importance. Que ce soit la chute ou la douleur, Enthousiasme insurmontable, proche de l’extase, à se demander s’il ne nous ferait pas succomber. A se demander si on n’en mourrait pas. Overdose de bonheur ; overdose de Xanax ; douche froide.
« T’es pas sensé crever comme ça, Shin. Le jour où tu voudras vraiment mourir, demande-moi. Je m’occuperai de ton cas avec plaisir. »
Et tandis que Caïn passait sa main sur son visage pour lui enlever toutes traces de maquillage, Maddox sourit.
« D’accord, si tu t’arranges pour ne pas te faire tuer d’ici là. »
Et Caïn le tira de la douche pour l’envelopper dans une serviette. Dès qu’il fut hors de l’eau, l’esprit de Maddox replongea quelque peu dans les limbes. Il semblait loin, ailleurs. Les yeux fixes, comme une poupée reposant sur l’étagère, dans la chambre d’un collectionneur. Ne te prives pas, vas-y Caïn, fais de moi ton merveilleux jouet. Maddox semblait vidé de son âme. Il ferma les yeux quelques secondes ; les ombres valsées sous ses paupières. Instants psychédéliques. Ses bras le long du corps, il ne bougeait pas alors que Caïn le séchait. Il était là, pelotonné sur lui-même, emmitouflé dans le drap de bain. Ainsi agit la défonce aux médocs. Et si tu te bats, si tu persistes à faire des efforts pour ne pas sombrer, tes sens déraillent. Vision, ouïe, toucher, tous se croisent et se mélangent. Tu perds les notions de haut et de bas. Tu tombes. Alors Mad’ se laissa bercer. Par l’odeur de Caïn, par ses mains sur son corps. Il se focalisa sur ses gestes. Et puis, de nouveau, ses cheveux noirs gouttèrent dans son cou et la sensation de fraicheur le ramena sur Terre, dans la salle de bain du plus jeune des frères Wellens. Il leva la tête pour regarder ce dernier. Ses yeux bleus avaient quelque chose de nouveau ce soir.

Puis Caïn l’attira à lui. Plus proche qu’ils ne l’étaient déjà. Maddox passa ses bras derrière le cou de Caïn, il s’accrocha ainsi à lui comme s’il pensait que Wellens partirait d’un moment à l’autre. Comme s’il songeait vraiment que Caïn le laisserait là, chez lui, pour partir ailleurs. Se shooter, boire, baiser. Accompagné de quelqu’un d’autre que cet idiot, cet ignorant aux rêves inatteignables, intangibles. Qu’as-tu fais pendant deux mois Caïn ? Maddox était naïf. Qui as-tu vu ?Un gosse. Qui t’es-tu fais ? Un gosse aux illusions persistantes. Allez droit en prison sans passez par la case départ. Ne touchez pas 200 euros.

Il attendait que Caïn fasse quelque chose. A ce stade là, il ne s’agissait plus d’impatience. Et Maddox attendait. De l’extérieur, il ne bougeait pas, de l’extérieur, on ne voyait rien. Il semblait loin, ailleurs. Parti. Perdu d’où il était. Mais derrière ses pupilles dilatées, ses pensées foisonnaient. Son sang bouillait d’exaltation. Ça fiche la chair de poule mais nous voici, les fêles de notre temps, qui essayons d’établir notre propre réalité de rechange. De bâtir un monde à partir du chaos dans lequel on vit. Du chaos qui fait nos vies. Ce que ça va être, personne ne sait. Même après tous ces allés et venus, à cavaler partout, là où on abouti, c’est au milieu de nul part au beau milieu de la nuit. Et peut-être que savoir n’est pas ce qui importe. Là où nous nous tenons en cet instant précis, dans les ruines, dans le noir, ce que nous bâtissons pourrait être n’importe quoi.

Caïn captura ses lèvres. Sensation et saveurs connues. Comme redécouvertes après avoir été oubliées. Maddox se laissait faire, assistant à sa propre perte de conscience, de lucidité.
« Pas cap de te reprendre, Shin. Ce sera juste pour cette fois. »
« Très bien. » qu’il dit.
Pourtant, il n’y avait rien de bien à ce que ce soit « juste pour cette fois ». Rien de bien dans le fait qu’il ne voit plus Caïn pendant des mois. Ni au fait qu’il recommence à chercher son visage chez celui des autres. Qu’il arrête de manger. Qu’il se replonge dans l’héro. Qu’il finisse par épuiser ses stocks. Qu’il n’arrive plus à sortir de chez lui. Ou qu’il se réenfile des cachets de Xanax par dizaines. Sauf que Maddox comprenait sans réaliser. Il ne saisissait pas l’information clé qui se cachait sous cette phrase. Caïn. Mission. GDP. Aurait-il agit différemment s’il avait su ? Peut-on s’appliquer dans sa prise de drogue lorsqu’on sait que c’est le dernier shoot avant un temps complètement indéfini.
Alors oui, pour l’instant, ça lui allait. Vivre l’instant sans se soucier de demain. Carpe Diem.
J’aime tes larmes quand tu aimes
Ta sueur, le sang rendons-nous amants
Qui se passionnent et qui saignent
J’aime quand mon écorché est vivant
Du bout les lèvres, Maddox articula :
« Mais alors tu vas devoir me tenir éveillé toute la nuit. »
Le sens de la métaphore était à peine voilé. Maddox s’en foutait. Il n’avait pas attendu tout ce temps pour en perdre d’avantage. Le monde pouvait bien tourner sans lui, il avait autre chose à faire, de plus important que tout ce qu’il avait pu faire depuis très exactement deux mois. La respiration de Maddox se faisait saccadée, profonde, empreinte d’une certaine sensualité. Comme l’envie de se foutre en l’air avec Caïn. A cause de Caïn. Envoyons valser le monde.Comme l’envie insaisissable d’écraser vos montres Rolex et d’insulter les merdeux qui vous disent que fumer, c’est mal. Faisons ce qui est interdit, défions Dieu par nos ébats, assourdissons les cieux de nos plaintes. La hanche de Maddox remonta, laissant glisser au sol la serviette. Et les doigts de Caïn jouèrent avec le galbe de sa joue, de sa mâchoire. Maddox frissonna lorsqu’il sentit son autre main se faufiler dans le bas de son dos. Il l’embrassa à son tour, avec plus de fureur qu’à son habitude. Il n’en pouvait plus d’attendre. Il voulait Caïn, le désirait instamment.
« Amour… » Il hésita. « Je peux plus résister ! »
Maddox glissa ses mains sous le T-shirt de Caïn afin de le lui retirer. C’ est pour ça qu’il était là après tout, n’est-ce pas ? Pour le revoir, le toucher, l’aimer, tant de son âme que de son être. Il lâcha le tissu sur le côté, pas loin de ses fringues à lui. Et puis il passa quelques doigts dans son pantalon, avant de le tirer vers l’arrière, sans vraiment savoir où il se dirigeait. Le lavabo, un mur, le lit. Qu’importe. Maddox était accro à Caïn, Maddox était en manque. Comme quand on prend sa dose de blanche liquide au fond d’une ruelle insalubre, et ce sans même prendre le temps de désinfecter l’aiguille de la seringue, parce que voilà, ça nous démange à un point fou qu’une seconde de plus et c’est la mort. Dépendance s’insinue dans nos veines comme l’adrénaline dans celle de Maddox. C9H13NO3. En intraveineuse pure, elle entraîne une accélération du rythme cardiaque, une augmentation de la vitesse des contractions du cœur, une dilatation des pupilles. Elle répond à un besoin d'énergie, par exemple pour faire face au danger. Confiance pernicieuse. L’hormone du sexe, en somme. Vient ensuite l’accoutumance. Il faut alors augmenter les doses pour avoir les mêmes effets.
Ton pauvre coeur qui n'en peut plus
De ne plus pouvoir.
Respirer
Et les baisers enflammés ne suffisaient plus, et tes mains dans ses cheveux cherchaient autre chose, et ton corps contre le sien se faisait plus pressant. Caïn se faisait désirer. Toi tu en voulait plus. Malgré ce qu’ils peuvent tous dire à ton sujet, tu sais pertinemment que Caïn est le seul. Le seul que tu aimeras jusqu’à en devenir fou. Have you any idea why a raven is like a writing desk? Le seul pour qui tu accepteras de perdre tout espoir sans pour autant abandonner. Tu connais les hommes, ils croient que ‘Non’ veut dire ‘Oui’ et ‘Laisse tomber !’ veut dire ‘Je t’aimerais toujours.’
Te supplier de me revenir
Et tout faire ô tout pour te voir partir
Ne sois pas trop pressé Mad’, n’abrège pas tes derniers instants de répit par pure impatiente. Savoure.

« Je peux très bien me passer de toi. » Honnêtement, quel con il avait fait. A prétendre être capable de l’impossible. Maddison était de ce genre là. De ce genre de personnes qui se foutent dans la merde, quasi volontairement, sans pour autant s’en rendre compte. Et alors qu’il pensait bien connaître Caïn, il n’avait pas vu le coup venir. Comme un événement retentissant à Mad-Land. Grand bruit dans son cerveau. Et cet idiot avait décidé d’essayer. Qu’est-ce que je risque après tout ? Rien Maddox, rien du tout. Juste une overdose de connerie.
Je ne donne pas long feu
A nos tragédies, à nos adieux
Reviens-moi reviens-moi
Tu partiras mieux comme ça


Maddox gouttait Caïn. Ses baisers se dispersaient dans son cou puis son torse, le long de cette cicatrice dont il raffolait tant. Show me your dirty little secret. Behind the scars. Il descendît jusqu’à son pantalon, déposa ses doigts à côté de la braguette, qu’il abaissa tout en défaisant le bouton.


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Caïn E. Wellens

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MessageSujet: Re: Behind the scars. [Pv.Amour]   Mer 1 Sep - 16:48

Deuxième étoile à droite et puis tout droit jusqu’au matin.
Il n’y aura pas de salut à cette histoire dans laquelle il s’enlise. Shin le fait chier. Gabrielle le fait chier. Angelo le fait chier. Tous les membres du GDP ne sont que des connards qui se terrent de peur derrière leur hiérarchie et leur bureaucratie à la con. Ce ne sont pas des caïds qui administrent la ville, c’est des lopettes. Des putain de lopettes qui venaient déranger son train-train quotidien avec une mission d’infiltration à la con. Un immense merdier dans lequel personne ne voulait se lancer parce que les chances de survie ne dépassaient pas les 10%. Et alors quoi ? Ils voulaient le voir crever ? Non. Ce n’était pas la raison première. La raison c’était qu’il était le seul à pouvoir subir un chantage assez léger : travaille pour nous et nous te livrerons, Gabrielle.
Cette pétasse le hanterait toute sa vie.
Et là, il voyait la déchéance de Shin. Le pathétisme dans lequel il s’était engouffré sitôt que Caïn lui avait fermé la porte au nez. Il n’était capable de rien. Juste de chialer comme un gosse en espérant qu’on le reprenne parce qu’il ne savait rien faire de ses dix doigts. A part te faire baiser, tu sais rien faire d’autre, Shin. Alors vends ton corps au plus offrant. Ca arrondira tes fins de mois et tu pourras t’envoyer en l’air avec des vieux comme avec des jeunes. Ca fera classe sur ton CV. On ne construit pas le monde avec des faux-semblants et des sourires factices qui suintent l’ennui. Dans son monde à lui, il n’y avait que le rire sardonique d’Esther qui annihilait tous les autres sons, des coups de pistolet tirés sur des Pactisants en fuite jusqu’aux soupirs d’extase de Shin. Dans son monde, il n’y avait rien. Et il n’y aurait jamais rien d’autre. Peu importaient les excuses minables et les paroles indélicates, il ne voulait pas crever avant d’avoir retrouvé sa putain. Pas avant d’avoir récupéré tout l’argent qu’elle avait, pas avant d’avoir sucé son corps jusqu’à la moelle, d’en avoir exploité tous les recoins jusqu’à ce qu’il n’y en ait plus rien à tirer.

Il ne finirait pas vieux. Il n’aurait jamais de luxueuses ferrari avec lesquelles se la péter lorsqu’il sortirait le soir. Lui, tout ce qu’il avait, c’était ce cabot qui le regardait avec ses grands yeux énamourés, incapables de les détourner de lui et de voir la pourriture qui obstruait ses pores. Ce n’est pas la vie, ça. C’est même pas le paradis. Ce n’est rien de plus que la merde de ce monde qui s’enlise sous tes ongles pour te faire goûter aux affres de l’horreur et du chaos. C’est quoi, ton axiome à toi, Shin ? Ton oxygène aura beau pénétrer tes poumons, tu préfères mourir plutôt que de le lâcher, plutôt que de renoncer à Caïn. Alors que vas-tu devenir ? Crèveras-tu sans personne pour te soutenir, incapable de continuer à avancer sans ta référence ? C’est pas vivre. C’est pas survivre. C’est même pas subsister à tes besoins.
Caïn n’est pas ton air. Caïn n’est rien. Caïn suinte l’ennui et le désespoir. Ce n’est qu’un guignol affublé de haillons qui se traîne et se détourne de tout. Il n’y a pas de sentiers à suivre. Pas d’espoir. Pas de mélodie aux sonorités dramatiques et à la partition de carton. Putain, Shin. Esquive-toi, fuis, cours, loin devant, ne traîne pas derrière ta vieille carcasse qui se méprend du monde et de sa vérité. Il n’y aura pas de mensonge pour couvrir l’absence. Il n’y aura pas de magasine ikéa pour t’aider à combler le vide et à remodeler ces pièces vides.
Je pars, Shin. Loin de tout. Loin de Gabrielle, loin d’Esther, loin de Leo, loin d’Angelo, loin du GDP, loin du monde, et loin de toi, sale cabot, sous-produit d’un mode de vie devenu une obsession qui te guide dans tes faux-semblants.

« Tu sais, Shin… »


Le GDP puait. Tout son monde dégobillait sa défection. Il aurait voulu hurler sa rage à Dieu et lui déverser toute sa haine sur la tête. Mais il ne pouvait pas. Il ne le voulait pas. Il n’y avait rien à pourvoir, ici bas. Même Gabrielle lui échappait sans cesse, se jouant de sa misère. Il se sentait marionnette déchue et désespérée, se sachant amusant auprès des hautes instances. Le GDP n’a rien de bien. Le GDP n’aide pas, ne fait rien. Il n’est composé que d’une troupe de branleurs qui se torchent le cul avec du papier en soie et explose les reins des filles de joie au bordel.
Tout est manipulé. Tout s’effondre. Tout est en train de couler. Même la Joconde subit les aspérités du Temps. Même Dorian Grey n’a pas su résister à son portrait. On ne peut pas se jouer des secondes qui passent.
Et Shin lui enleva son haut, l’empêchant de poursuivre sa phrase. Il n’aurait pas dû. Il n’avait pas un instant à perdre pour lui expliquer pourquoi. Dans combien de temps devait-il être prêt ? Quelques heures ? Quelques jours.
Avec l’insomnie, tout paraît irréel. Rien n’est concret. Tout est une copie d’une copie d’une copie… Le monde a un vieux goût de chewing-gum prémâché.
Il n’y a que le sexe qui soit réel et fiable. Il détruisait les relations pour en faire bénéficier d’autres. On ne couche pas par amour, on couche par envie ou parce qu’on a que trop conscience du pathétisme de notre vie. C’est l’histoire de notre monde qui s’achève. On tourne la page. C’est la fin de la scène. Le théâtre ferme ses portes. Tout le monde descend. Réglez en sortant à gauche. Et toi, Shin, avec quoi payeras-tu tout ce temps dépensé inutilement ?
Et il y avait les doigts sur son corps, qui suivaient sa cicatrice avec envie et avec passion. Shin était con. Je veux un fix. Un lot de drogues dures. Quelque chose pour faire passer rapidement ses sanglots et les conneries qu’il va me débiter. Putain. Avant ou après ? Il savait qu’il le lui annoncerait. Il comptait le faire, ce soir-là, dans la ruelle sale. Il comptait le lui annoncer, mais Shin avait pris son pari à la con et lui avait laissé envisager une autre solution. Quand il serait revenu frapper à sa porte, il n’y aurait déjà plus personne. Comme une vieille photo égarée. Il n’apparaîtrait plus nulle part et c’était tout aussi bien comme ça.

Ses mains se glissèrent dans ses cheveux, frissonnant. Il en voulait plus. Il le connaissait par cœur. C’était la seule constante de leur relation, la raison pour laquelle Caïn continuait de le voir : il lui fournissait sa dose de sexe. Son autre héroïne. Sa coke physique et corrosive. Bouffe-moi. Mais là, il avait quelque chose à faire. Quelque chose à dire. Des mots à prononcer, à agencer de façon à lui annoncer sa nouvelle, de façon à l’anéantir complètement. Mais tu t’en relèveras, pas vrai ? Tu te relèves toujours. Tu pourriras pendant quelques mois seulement avant de te tourner vers un autre pigeon. C’était à lui de le faire crever. Shin ne commettrait plus cette erreur. C’était une confiance et une certitude absurdes.
Pitoyable.
Il se saisit de l’un de ses bras, le forçant à quitter la salle de bain pour le balancer violemment sur le lit. Au-dessus de lui, ses lèvres allèrent effleurer les siennes avant de les embrasser avec passion. Putain, ne chiale, s’te plaît. Evite les pleurs. Je m’en passerai. Dis-moi juste adieu, souviens-toi si tu veux, mais tourne rapidement la page. Celle-là d’histoire, elle touche à sa fin maintenant. Il mêla ses doigts au sien, se penchant pour embrasser sa gorge.

« Je vais partir, Shin. Pour plusieurs mois. Peut-être plusieurs années. Tu ne sauras pas où je suis ni ce que je fais. Le GDP m’a missionné. Je ne peux pas aller contre leur volonté et toi non plus, tu le sais. Ca servira à rien de chialer ou de hurler que tu ne veux pas. Alors je te repose la question : cap ou pas cap de ne pas me revoir, Shin ? Cap ou pas cap de continuer ta vie ? »


Il vendait sa liberté pour des informations. Il vendait Shin pour Gabrielle. Il avait choisi depuis longtemps.

« Ca fait trop longtemps que tu me suis comme un chien. T’as plus de laisse ni de collier maintenant. T’es seul. Vraiment. »


Il se redressa, caressant sa joue du bout des doigts. C’était juste la réalité qui reprenait ses droits. Juste la fin du rêve. La fin du cauchemar. Le songe ne pouvait pas durer éternellement. Ils le savaient tous les deux. C’était écrit. Ils n’étaient pas destinés à vieillir ensemble. Ils n’étaient même pas destinés à vieillir tout court.

« C’est à moi de te tuer, Shin. Alors ne crève pas avant. Je te l’interdis. »


Un dernier ordre. De l’égoïsme. Parce que Shin restait son jouet. Son enfant perdu. Son animal qu’il délaissait sur le bord de l’autoroute, se détournant sans la moindre pitié de ses grands yeux énamourés. Et surtout parce que son pouvoir servait au GDP.
Alors ne meurs pas. Si tu meurs, on me foutra ton décès sur le dos, que je sois là ou pas et ma mission foirera. T’as pas intérêt à tout détruire.
Le point final. Il n’y aura pas de lendemain. On jette tout par terre et on écrase. C’est tout ce qu’il reste à faire pour s’empêcher de se foutre en l’air.

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Maddox. [Tinkerbell]

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MessageSujet: Re: Behind the scars. [Pv.Amour]   Sam 16 Oct - 15:37

« Je vais partir, Shin. Pour plusieurs mois. » VRAI
Non.
« Peut-être plusieurs années. Tu ne sauras pas où je suis ni ce que je fais. Le GDP m’a missionné. Je ne peux pas aller contre leur volonté et toi non plus, tu le sais. » VRAI
NON.
« Ça servira à rien de chialer ou de hurler que tu ne veux pas. Alors je te repose la question : cap ou pas cap de ne pas me revoir, Shin ? Cap ou pas cap de continuer ta vie ? »
« Ne fais pas ça Caïn, je t’en supplies, ne m’abandonne pas. Ne me laisse pas. »

Ça n’avait été qu’un souffle, qu’un soupir quasi muet, juste une articulation des lèvres, une imploration formulée par instinct de survie. Et Maddox ne saisissait pas ce qu’il lui arrivait. Il avait beau entendre et comprendre chacun des mots prononcés par Caïn, l’ensemble lui semblait illogique, doté d’un sens qu’il ne pouvait pas déchiffrer. Ou qu’il ne voulait pas. Parce qu’au final, le message était on ne peut plus simple. Caïn partait. Loin. Pour longtemps. Surement définitivement. Belle manière de rompre un tandem. Maddox avait comme une impression de déjà-vu, un sentiment de retour en arrière, bien avant les deux mois qui les avaient séparés, Caïn et lui. Bien avant Caïn d’ailleurs, ce jour là où, de la même façon, la Japonaise lui avait dit qu’elle le quittait pour quelqu’un d’autre. N’était-ce pas la même chose, Caïn le délaissant pour sa maudite chasse aux pactisants ?

Shin ferma les yeux. Il ne voulait plus le voir. Subitement, il ne voulait plus de lui. Il ne souhaitait plus sentir son odeur ou entendre sa voix, sentir son corps contre le sien ou respirer le même air que lui. Caïn partait. Shin en avait la nausée. Il arrêta de respirer, tourna la tête sur le côté, se mit à pleurer sans un son. Il y a tellement de gens qui attendent après ce qu’ils n’auront jamais, peu importe combien de fois ils échouent, ils le veulent toujours. Peu importait que Caïn parte, Shin le désirerait avec toujours autant de passion. Et savoir que c’était la dernière fois qu’il le voyait le rendait malade.

« Ca fait trop longtemps que tu me suis comme un chien. T’as plus de laisse ni de collier maintenant. T’es seul. Vraiment. »
« Je ne sais même plus qui j’étais avant toi, ce que je ressentais ou comment je fonctionnais. Comment tu veux que je me débrouille seul ? »

Les doigts de Caïn passèrent sur la joue de Maddox. Shin avait toujours la tête tournée vers le côté mais ses yeux étaient rouverts. Des larmes en coulaient, sans s’arrêter. Caïn partait. Caïn le quittait. Caïn allait de l’avant. Shin en était incapable. Vous en avez peut être fini avec le passé, mais le passé n’en a pas fini avec vous ! Et Shin sans Caïn, ça n’avait simplement plus de sens. Il retomberait dans l’anonymat du n’importe qui, du quelqu’un. Tu as toujours cru que tu t’en sortirais le moment venu. Tu as toujours cru que tu trouverais quelque chose auquel te raccrocher. Mais tu n’en as pas envie. Tu ne souhaites pas te sevrer de son être, te passer de sa présence. Et maintenant que tu te retrouves au pied du mur, tu regrettes tous ces moments d’abandon sans modération, tu regrettes de t’être attaché à lui comme tu l’as fait. Tu es à nu encore une fois, juste assez pour que ton cœur innocent soit le premier à en pâtir. Tu sais très bien que rien ne le retiendra à tes côtés et tu regrettes d’en être tombé amoureux. Et quand Shin aura crevé, son enfer aura un gout de paradis tellement il aura dérouillé.

« C’est à moi de te tuer, Shin. Alors ne crève pas avant. Je te l’interdis. »

Brusquement, Shin chassa la main de Caïn qui était proche de son visage. Caïn avait subtilisé la vie de Shin au moment de leur rencontre. Et désormais, il lui enlevait aussi sa mort. La concession de tout à l’heure avait désormais un goût amer.

« Tu es injuste Caïn ! Ne me laisse pas comme ça, avec le vain espoir que tu reviennes un jour vers moi, même si c’est pour me tuer… Laisse-moi t’oublier, s’il te plait. »

Maddox sans Caïn n’existe plus. Maddox ne demandait qu’à mourir, oublier, effacer pour tout recommencer. Un nouveau départ, loin de Milan, ça va sans dire. Loin de ce que laissait Caïn derrière lui, loin d’un Shin incapable de gommer cette personne de leur vie. Je ne suis pas un, je suis plusieurs. Je suis un vrai bordel. Maddox souhaitait oublier jusqu’à sa naissance pour pouvoir se reconstruire ailleurs. Shin, quant à lui, n’acceptait même pas le départ de Wellens : A quoi bon se reconstruire quand on est adepte du pire ? Un sanglot se noya dans sa gorge. Maddox se décida enfin à réagir, après plusieurs minutes de léthargie. Il se redressa un peu puis tendit les bras vers Caïn et prit son visage entre ses mains pour l’attirer à lui de nouveau. Il enfouit sa tête dans le cou de Caïn et l’un de ses bras passa dans son dos.

Mais t'ignores le parfum
Enivrant, obsédant
Qui te couvre d'ivresse
Te transforme en détresse
Et peut faire de ta soirée
Comme une éternité à.
PLEURER.

« Est-ce que ça pourrait faire une différence si je te disais que personne au monde ne pourra jamais t’aimer autant que moi je t’aime ? J’aime ton attitude, ta démarche, tes excès de colère. J’aime quand tu parles dans mon oreille comme si j’étais le seul à exister pour toi. J’aime tes mains, qu’elles usent de violence ou de tendresse. J’aime savoir que tu me désires. J’aime que tu te drogues sans songer aux conséquences. Je suis le seul à t’accepter comme tu es Caïn ! Le seul à te connaître aussi bien ! Alors ne me demande pas de vivre sans toi, c’est trop dur. Dis-moi juste que tu m’aimes et pars. Mais ne me dis pas de continuer ma vie. »

Dis-lui juste que tu l’aimes Caïn. Après tout ce que tu lui as déjà fait subir, accorde-lui au moins ça. Il ne se tuera pas, il ne fera pas de bêtises de ce genre puisque que c’est Toi qui le lui demande. Mais ne l’abandonne pas à son sort sans radeau auquel se raccrocher. Et tandis qu’il a le visage noyé par le chagrin, les lèvres de Shin vont chercher celles de Caïn, une dernière fois.




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