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 [x] [Love's Out Act I] Curiosité imbibée d'alcool [Elio]

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Andrea Vitaly

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MessageSujet: [x] [Love's Out Act I] Curiosité imbibée d'alcool [Elio]   Dim 8 Aoû - 21:09

Il aurait été assez pertinent de se demander ce que je pouvais bien foutre là. A vrai dire, je n’étais pas sûr moi-même de le savoir. Bon c’était assez stupide j’en convenais. Mais n’empêche que j’étais bel et bien là. Dans un bar. Oui un bar. Et il faisait nuit. Oui nuit. Au lieu d’être sur mon ordi. Oui mon… Bon, bref, on a saisi le truc. Je mettais rarement les pieds dans ce genre d’endroit. Pour ne pas dire jamais. J’y étais déjà rentré quelque fois en plein jour, pour boire un café, commander un truc. Et encore, pas n’importe lequel. En théorie, je n’étais pas non plus dans n’importe quel bar. J’étais au Love’s out. Le bar branché in des environs. Celui qu’il fallait avoir vu, qu’il fallait avoir connu, où il fallait être rentré. C’était ce genre de bar. C’était ce qu’on m’avait dit. Accoudé au comptoir, je me retournais pour regarder un peu la salle. Ce n’était pas si mal. Pas glauque, c’était surtout ça qui m’inquiétais. Non, c’était des plus corrects. Dommage qu’il n’ouvrait pas en journée. Je jetais un coup d’œil au barman, qui se transformait en serveur, qui redevenait barman, qui faisait la conversation, l’animation. Une énergie à revendre. Et puis je pensais à mon pc, à ce qui était à l’intérieur. A ce que j’avais commencé à creuser depuis ces deux dernières semaines. Et ça ne me plaisait pas vraiment. Et puis je repensais à ce sale transsexuel de Vito Vargas et… Et tout ça me rendait fou.

Je pensais à trop de choses, je n’avais jamais eu autant à penser, autant de problème quand j’étais encore tranquille dans ma maison. Mais depuis quelque temps, tout allait à volo dans ma vie, je rencontrais des personnes avec qui je m’engueulais, mais dont la plupart se fichait comme d’une guigne de ce que je pouvais être et du coup ça partait dans des discussions sans fin. Mais on ne me tenait pas tête enfin ! Egeado, encore sa faute ! Mais au final plus je rencontrais des gens, plus il m’arrivait des trucs, plus je réfléchissais, plus de découvrais de choses. Et ça me gavait profondément de me dire que j’allais peut être changer à cause de ça, que ce foutu oncle avait peut être raison de m’envoyer là. J’en avais maaaarre. Je ne pigeais plus rien. Aux gens, aux relations, aux sentiments, aux disputes, aux secrets, aux autres, à la vie. Finalement ce n’était pas si mal d’être venu dans ce bar, j’allais peut être pouvoir penser à autre chose. Peut être. Je buvais une gorgée du cocktail qu’on m’avait servi en arrivant. Je ne savais pas trop ce qu’il y avait dedans, mais c’était bon, c’était très fruité, avec un arrière gout amer, assez le genre de boisson que j’aimais bien. Comme si il avait deviné d’un coup d’œil ce qui pouvait me plaire. Et mine de rien. Il m’intriguait. Tout en lui m’intriguait. Même si ça n’avait pas été facile de lui céder. Et j’avais très longuement réfléchi avant de venir ici. Deux jours entiers. J’avais cogité, passant de mon pc à mon salon à ma chambre. Salle de bain aussi, quand même. Et puis finalement, j’avais suivi vaguement les indications pour me retrouver à cette heure tardive dehors.

Après « l’incident » d’il y avait deux semaines, j’évitais de sortir le soir. On avait beau dire, je n’avais pas encore envie de me retrouver nez à nez de nouveau avec ce barjo. Ce connard. C’était donc un peu à reculons que j’étais arrivé ici. S’il était là, si je le croisais à nouveau ? Si je tombais sur encore pire ? Cette rencontre m’avait laissé plus de traces que je voulais bien me l’avouer. Je sursautais bien plus facilement, je regardais trop derrière mon épaule. Et je ne voulais plus y penser. Je n’aimais pas ce mec. Il cachait tout derrière ses airs mielleux. J’aurais dû tout faire pour le démasquer. Mais j’avais déjà déterré trop de choses qui n’avaient pas l’air des plus clean. Et je sentais que j’approchais de choses que je n’aurais pas dû savoir. Mais vraiment pas dû. Nouvelle gorgée. Non je ne voulais pas y penser, pas ce soir pas maintenant. Pas lui, pas mes parents, pas mon oncle, pas ce GDP, pas leurs affaires crasseuses, pas les étoiles, pas la lune. Rien. Pas ce soir.
Est-ce que tous les bas gens de Milan venaient dans des bars quand ça n’allait pas ? Je pouvais commencer à appréhender ça. Ici on essayer d’oublier, de s’oublier, de ne plus penser aux tracas quotidiens, à sa vie pourrie de chômeur, sa vie de misère. Ici on discutait, on sortait de la routine. Ce n’était pas facile, mais j’avais envie de ne plus y penser à mon tour. Bon mes problèmes n’étaient pas vraiment ceux de la société. J’étais pas vraiment aussi bas, mes problèmes étaient plus importants, plus existentiels. Mais au final ça revenait au même. Et c’était peut être autant pour cette expérience de bar qui me fascinaient qu’à cause de ce type que j’étais là.

Ouais, celui qui accrochait mon regard depuis toute à l’heure, celui qui faisait des allers et venus incessants sans prendre le temps de se poser réellement. J’avais beau regarder un peu le monde dans le bar, mes yeux revenaient toujours sur lui. Elio. Après tout c’était lui, deux jours auparavant qui m’avait interpelé dans la rue, alors que je descendais prendre du pain et un croissant. J’avais pas vraiment envie de lui parler, j’avais pas vraiment envie de parler à qui que ce soit. Mais il fallait croire qu’il n’en avait strictement rien à cirer de ce que je voulais ou pas. Ca arrivait encore trop souvent en ce moment. Les gens, ils croyaient comme ça, qu’ils avaient tous les droits sur moi et sur mon humeur. Il ne manquait plus que ça. Et en plus il s’accrochait, il y tenait à le vendre son bar. C’était celui à visiter quand on voulait être bien vu dans le coin. Ce genre de connerie pour attirer la clientèle. Alors pourquoi est-ce que j’avais été pris si grossièrement au piège ? C’était lui. Une allure indéchiffrable. Il ne vendait pas que son bar, il semblait vendre autre chose. Il savait se montrer plutôt persuasif. Mais je n’étais pas venu tout de suite, pas question de lui offrir ce plaisir. Mais finalement j’avais craqué, lamentablement. Et j’étais venu.

On se sentait bien ici. Je n’avais plus cette espèce d’angoisse qui m’enserrait la poitrine en pensant à ce que je pouvais trouver dehors, ce bar était comme un refuge temporaire. Je savais bien que n’importe qui pouvait rentrer, le braquer, décider de tuer tout le monde sur un coup de tête. Après tout, ça se faisait dans Milan. Il s’en passait tous les jours des trucs pareils. Pouvais-je vraiment me fier à ce que je trouvais sur internet ? Et si je contactais quelqu’un de vrai. Un vrai informateur pour me confirmer ce que je savais ? A condition de doser ses mots, ce que je n’étais pas sûr de savoir faire. Et puis informations contre informations, ça marchait bien non ? Mais ça, je n’allais pas le trouver en pleine journée. Tout le contraire en fait. Et généralement, ce type de personne n’avait pas d’adresse mail assez pratique. J’allais devoir faire des recherches. En fait, tout sauf chercher de nouveau du côté du GDP, c’était une bonne manière de plus trop penser à tout ça. J’avais l’impression que malgré moi, j’avais été embarqué dans une sombre affaire. J’aurais pu tout mettre de côté, mais ça m’était impossible d’oublier. On ne reniait pas son nom de famille, ses parents, son passé, leur passé. Je n’en étais pas au stade de la vengeance, mais il fallait croire que c’était quand même important de savoir. Peut être qu’Egeado le savait, mais je me refusait à lui demander, à lui en parler. Ce n’était pas ses oignons. Moins je lui parlais, mieux je me portais.

Nouvelle gorgée. Vide. Il était pourtant bon ce cocktail. Je regardais l’heure. Une heure du matin. Ca allait encore, c’était de rentrer que je n’allais pas apprécier en fait. Soupir. Sûrement que ça aurait été plus amusant de venir ici avec quelqu’un. Mais je n’avais en général pas grand-chose à raconter aux gens. A part des disputes et du venin sans cesse envoyé mutuellement, mon niveau de conversation n’était pas des plus inspirés de la planète. Je ne savais pas si c’était à mon grand dam ou pas. Je n’avais en général pas grand besoin de parler. Enfin, je n’avais en général pas grand besoin de parler dans la maison familiale. Mais ici, c’était une autre paire de manche. De toute façon les autres ne pouvaient pas comprendre la profondeur de ma personne.

- Un autre cocktail s’il vous plait.

Je croisais le regard d’Elio, j’avais été plutôt poli pour une fois. Et j’avais surtout envie de laisser vagabonder des pensées moins prises de tête encore un peu dans ce bar.


Dernière édition par Andrea Vitaly le Mer 1 Sep - 21:09, édité 1 fois
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Aurelio Pastore

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MessageSujet: Re: [x] [Love's Out Act I] Curiosité imbibée d'alcool [Elio]   Lun 9 Aoû - 6:04

L’ambiance était plutôt calme ce soir au Love’s out, d’autant plus qu’il était encore tôt lorsque Aurelio s’en fit la réflexion. Pas encore minuit, et peu de travail pour le jeune serveur qui pouvait alors en profiter pour distribuer des sourires et autres compliments à ses habitués. Confectionnant cocktails sur cocktails, Elio gérait sans grand mal l’effort minime que lui demandait la création de boissons sur mesure et l’obligation à peine plus contraignante de tenir compagnie aux invités. Il savait qu’à cette heure-ci il pouvait encore se le permettre, mais que plus le temps passerait, plus il devrait fournir de concentration afin de rester avenant. Heureusement pour lui, cela faisait déjà quelques mois qu’il avait pris ce travail et l’habitude lui était venue très rapidement. Pour lui, rien n’était plus simple que de décrypter en un coup d’œil quelle dose d’alcool ses clients avaient besoin pour oublier, s’amuser ou tout simplement venir passer un bon moment. En mélangeant délicatement une liqueur particulièrement aromatisée à quelques jus exotiques, Elio repensait justement au jour où il était arrivé ici. En premier lieu, il avait dormi deux jours d’affilée sans ouvrir l’oeil, dans la petite chambre de bonne que la patronne lui avait gracieusement proposé, alors même qu’il n’avait pas fait ses preuves dans son bar. A son réveil, elle était là, avec la même expression immuable sur son visage, celle qu’il voyait toujours même après tout ce temps. Au contraire de son employé, la patronne du Love’s out ne souriait pas. Cependant, il y avait quelque chose dans son regard et dans son attitude qui faisaient que quiconque pouvait se sentir en confiance, comme sous la bienveillance d’une mère attentive.

La voix de sa bienfaitrice le tira brusquement de ses rêveries. Elle venait de lui demander de monter une commande à l’étage pour un de ses amis. La vieille femme, qui pourtant paraissait avoir trente ans à peine, recevait souvent des hommes en début de soirée, dans la petite salle tranquille dont Elio se servait parfois pour assurer un service d’après soir, quand certains clients le lui demandaient en glissant un billet supplémentaire dans son pourboire. Etonnamment, Elio refusait rarement, alors même que l’argent ne l’intéresse pas plus que cela, bien au contraire. Quel bonheur y avait-il à rêver de richesse ? Il suffisait de posséder assez pour acheter de quoi se vêtir, des cigarettes et de temps en temps un extra comme le délicieux risotto du petit restaurant dans le centre de Milan, un pêché mignon qu’il s’offrait une fois par semaine. Bref, Elio n’avait pas besoin d’argent et il dépensait ce qu’il recevait dans une nonchalance incroyable, en sachant très bien qu’il aurait pu se passer d’une nouvelle chemise … Tout en préparant la commande de sa patronne, Elio songeait à ce qu’il se passait dans cette salle lorsqu’il n’y était pas. Il y avait beau y avoir un magnifique et très confortable divan, il entendait filtrer à travers la porte d’avantage de discussions animées que de manifestations de plaisir. Tant mieux, il préférait ne pas songer que la patronne soit obligée de s’abaisser à séduire ses amis …

Elio stoppa net son geste, comme surpris par ses propres pensées. S’abaisser ? Mais lui-même prenait un malin plaisir à faire tout ça, entre séduction et luxure. Il se plaisait à débarrasser ses clients de leurs peines et de leurs souffrances en les invitant à s’amuser sans limite et sans raison. Lui-même appréciait particulièrement cet amour sans amour, ce sexe sans aucune accroche sentimentale. Le Love’s out avait été créé pour cela, et Elio était l’employé idéal pour ce genre d’endroit … Après avoir esquissé un sourire envers une cliente aguicheuse et impatiente, Elio disposa les verres qu’il avait préparé sans plus y réfléchir sur un plateau en bois sombre, avant de s’éclipser un court instant pour gravir les quelques marches menant à l’étage, frapper à la porte et attendre. Il savait bien qu’il n’était pas autorisé à franchir cette limite lorsque la salle était occupée, et quand elle s’ouvra ce fut seulement le visage si apprécié de sa patronne auquel il eut droit. Un regard entendu, un accord tacite et Elio lui tendit le plateau. Elle regarda avec attention la proposition de son protégé et acquiesça en silence avant de retirer l’un des verres et de le rendre à Elio. Le même scénario qu’à chaque fois, puisque le jeune homme préparait toujours un verre supplémentaire que sa patronne n’acceptait pas. Son seul défi était de lui proposer un plateau qui lui conviendrait parfaitement … Il savait qu’elle était son seul juge, puisqu’aucun de ses clients ne trouvait rien à redire sur ses choix. D’une voix enjouée, Elio compléta le rituel par l’habituelle phrase qui lui venait en tête :

- Je vous souhaite une bonne soirée, Delia.

Et le jeune homme repartit aussi sec, pour rejoindre la salle et continuer son travail routinier, tout en se persuadant que de nouveaux visages apparaitraient peut être au détour de la nuit, pour son plus grand plaisir … A force de déambuler dans les rues, Elio arrivait en effet souvent à agrandir la clientèle du Love’s out, c’est tout ce qu’il pouvait faire pour Delia, en plus de ce pour quoi il était payé. Car plus qu’un travail, c’était une reconnaissance envers Delia, à qui il devait beaucoup, et surtout une démonstration sincère de son attachement pour ce bar si conforme à ses attentes et à ses besoins. C’était le seul endroit de Milan où il se sentait parfait à sa place, dans ce décor de plaisir et d’abandon, où les sentiments comme l’amour étaient laissés à la porte. Deux heures passèrent ainsi, réglées par les entrées et les sorties de gens de toutes sortes, de tous âges et de toutes conditions. Il était à présent presque minuit, et la journée d’Elio ne faisait pourtant que commencer. Il ne cherchait pas encore une occupation pour l’après bar, il était bien trop tôt pour fixer son choix. Pourtant, son regard évoluait avec légèreté dans la salle, pour toujours répondre à un verre vide où à un besoin impérieux d’attention fugace. Au moment où les commandes s’accéléraient, Delia redescendit et se posta à côté de son serveur pour prendre un peu le relais. Elle avait ce don de toujours apparaitre au bon moment et, bien qu’elle ne parlait que très peu, elle prêtait toujours beaucoup d’attention à Elio et ses efforts. Maintenant, ils étaient deux pour tenir ce petit repère de l’abandon et de l’oubli.

C’est à cet instant précis de la soirée qu’Elio vit son espoir se concrétiser. Jusque là, seuls les habitués avaient fait une halte au Love’s out, mais voilà qu’un visage inconnu franchit la porte d’une démarche hésitante qui se voulait pourtant affirmée. Il était assez jeune, à peine la majorité sans doute, et n’avait pas particulièrement l’air d’être un habitué des bars, bien que son teint pâle collait plutôt bien avec une vie nocturne. Ses yeux avaient l’air un peu perdus, et quand il croisa son regard il parut … familier à Elio, ce qui était plutôt étrange. Le regard du barman se fit un peu lointain, tandis qu’il cherchait à se souvenir où il avait croisé cette tête d’ange auparavant … Après quelques minutes de réflexion, Elio se remémora vaguement une conversation deux ou trois jours plus tôt, alors qu’il était sorti acheter des cigarettes. Ce jour là, il en avait profité pour faire la promotion du bar auprès de trois ou quatre personnes, et le petit gringalet en faisait partie. Il se souvenait lui avoir lancé un sourire un peu commercial, des paroles téléphonées qui marchait si bien … sans que son interlocuteur ait l’air convaincu. Celui-ci avait marqué Elio, puisqu’il se souvenait avoir abandonné ce rictus qui, bien que presque naturel, ne lui ressemblait pas. Il n’avait pas pensé une seconde que ce blondinet allait venir, finalement … Dans un sourire de satisfaction, Elio l’observait en silence, et saisit machinalement une bouteille de Gin, pour le fond. Dans les couleurs, il voulait quelque chose de tonique, de rayonnant et en même temps de nuancé. Une fraction de seconde, il hésita entre un Belmar et sa crème de cassis, un peu lourde sur l’estomac et un Gin & sin, plus léger et sucré.

Ce dernier l’emporta, et ses mains se mirent à courir entre le gin, l’orange pressée, les quartiers de citron et le sirop de grenadine pour la touche finale, tout en laissant ses yeux détailler son nouveau client. La première boisson était essentielle, puisque c’était elle qui déterminerait très certainement le plaisir de ce nouveau venu. Juste avant de partir donner cette commande que son client n’avait même pas eu le temps de réclamer, Elio saisit une pelure de gingembre et la râpa finement dans le mélange, décrétant que cet air sombre et réfléchi avait besoin de se détendre, et que l’alliance de l’amer au sucré laisserait en bouche une note particulièrement savoureuse … Le nom invitait au pêché, et tout en décorant le verre d’une tranche d’orange, Elio se dirigea vers lui, posa son verre sur la table dans un sourire et lui dit d’un ton enjoué :

- Le premier verre est toujours un cadeau de la maison.

Ce qui n’était pas forcément vrai, mais il savait bien que Delia ne lui en voudrait pas, et qu’un peu de sympathie ne serait sans doute pas superflue pour attirer ce jeune homme à peine sorti de l’adolescence et à l’air un peu réticent. Et tout en retournant à ses occupations, en accélérant la cadence au rythme des arrivées et des exigences, Elio ne se doutait pas le moins du monde de ce qu’il se passait sous la chevelure blonde de cet inconnu qui posait régulièrement son regard sur lui … Cependant, il commençait à se dire que la curiosité qu’il avait aperçue dans les yeux encore un peu naïfs de son client pouvait être une bonne raison pour le faire rester … Et peut être revenir. Le temps passait, inlassablement, s’approchant peu à peu de la fermeture qui se faisait souvent dans les quatre heures du matin, pour laisser le temps à Elio de tout ranger avant de rejoindre son lit sur le coup de cinq heure. Et, bien qu’il adorait son travail, le jeune serveur en venait souvent à regarder l’horloge accrochée au mur, pour appréhender le temps qu’il lui restait avant de commencer à se demander si un peu de compagnie lui ferait plaisir ou pas … Tandis qu’il continuait de s’affairer derrière son comptoir, une voix s’éleva d’une table toute proche, lui demandant poliment une autre boisson. Elio se retourna vers le jeune homme blond, avant de jeter un coup d’œil sur la salle plutôt calme et de revenir croiser les yeux clairs qui attendaient une réaction. Le serveur sourit tranquillement, hocha la tête et replongea ses mains habiles dans la préparation d’un autre cocktail, dérivé du précédent. Il reprit la base du gin, légère et puissante à la fois, en remplaçant l’orange par l’abricot et la grenadine par un doigt de liqueur de cassis, plus prononcée mais moins lourde que la crème du Belmar. Sans rajouter de citron, Elio versa quelques gouttes de jus d’ananas, et apporta sa commande au jeune homme avant de faire mine de s’attarder, une main sur le dossier de la chaise attenante à celle de son client.

- J’aimerais savoir lequel vous aura le plus satisfait en bouche, une fois que vous aurez pris le temps de déguster celui-là.
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Andrea Vitaly

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MessageSujet: Re: [x] [Love's Out Act I] Curiosité imbibée d'alcool [Elio]   Lun 9 Aoû - 21:08

‘Cause everything is never what it seems

A première vue comme ça, je n’avais pas été sûr de reconnaitre vraiment Elio. Il n’était pas vraiment le même de jour que de nuit, c’était le cas de le dire. L’aura était différente, la présence. Il pouvait très bien passer à côté sans que je le remarque dans la rue, comme pour beaucoup de personne. Mais là, malgré le fait qu’il était habillé en sombre, les cheveux noirs, la peau claire, la lumière tamisée semblait à tout instant braquée sur lui. Lui et rien que lui, je n’étais d’ailleurs pas le seul à le fixer, et je n’étais pas le pire, certaines lui bavaient littéralement dessus sans qu’il en tienne rigueur et s’occupait de tout le monde, même si, avec l’affluence, il ne pouvait rester guère de temps. Il gérait quand même bien la cadence, même si de temps à autres, une femme venait l’aider, sûrement sa supérieure. Peut être la patronne du bar. Il avait raison au moins en disant que son bar accueillait plus d’une personne. Et ce n’était pas que les miséreux de Milan qui venait ici. Je savais reconnaitre plus ou moins les niveaux sociaux des gens, et il y en avait des plus que respectables ici. De mon côté, je n’avais plus fait la même erreur qu’il y avait deux semaines. J’avais une veste noire, toujours de marque mais elle ne se voyait pas. Et seuls les connaisseurs pouvaient la reconnaitre. Je n’avais pas prit beaucoup de liquide, j’avais laissé mes cartes bleues à la maison et il n’y avait pas grand-chose dans mon sac en bandoulière. Ca forge les expériences. Tout ça à cause de ce sale con. J’avais du bloquer un de mes comptes avec cette carte qu’il m’avait prise, on pouvait apprendre une tonne de chose avec une simple carte de crédit et ça m’ennuyait gravement. Une bouffée de rage me prit en repensant à ce type, non oublie. Oublie au moins pour cette soirée, tu n’es pas là pour ça, tu as décidé de ton plein gré de sortir le soir dans un bar dont tu ne connaissais rien pour changer de cadre, de décor, pas pour ruminer ce que tu pouvais très bien faire chez toi.

Relaxe-toi, laisse toi porter par la musique de fond et par la boisson. Mais de toute façon, je pouvais toujours trouver quelque chose pour m’irriter. Et le truc présentement, c’était que je n’étais pas le centre de l’univers. Ou du moins du bar, ou du moins du serveur. C’est vrai quoi, j’avais consenti à venir malgré sa pub foireuse et son apparence louche. Et ce n’était pas parce qu’il était physiquement au goût des filles du bar avec son air de gentleman ténébreux que je ne pouvais pas le trouver louche. J’étais donc venu, bravant les ruelles froides et sombres de Milan où se cachaient des psychopathes en puissance et tout ça pour quoi ? Pour rester seul à un bar. D’accord il avait plein à faire, plein d’habitués aussi à ce que je voyais. En fait je faisais carrément tâcher dans le décor. Non pas que ça me gênait, j’avais l’habitude d’être différent de la populace, mais bon, il ne me donnait pas plus d’attention qu’à un autre. Je ne quémandais pas aussi, telle une jeune fille en fleur de l’attention. J’attendais juste qu’on m’en donne spontanément. Soupir. Si j’avais su, j’s’rais pas v’nu. Et ce n’était pas avec ses belles paroles qu’il allait me dérider. Le premier est gratuit. Mon œil. Fait pas comme si tu savais pas que j’avais pas les moyens de payer. Je pouvais m’acheter ton bar si je voulais. Je pouvais te foutre à la rue. Je n’allais pas le faire, c’était pas vraiment mon but dans la vie d’augmenter la misère qui était de toute façon à croissance exponentielle, avec ou sans moi.

Et puis il fallait absolument que j’arrête de le regarder. Ca faisait trop genre l’intéressé. J’étais intéressé. D’accord je l’admets. Ce mec n’était pas magnétique pour rien. Mais ce n’était pas une raison pour lui montrer. Ca non. Et puis quoi encore ? On s’intéressait à moi, pas le contraire. Il fallait être réaliste aussi, ce n’était pas possible et pas viable qu’il ne parle qu’à une personne. Même si c’était moi, même si je n’aimais pas ça, je le comprenais. Ca ne voulait pas dire que je l’acceptais. Et encore moins que j’en étais heureux. Mais bon. Toute façon, qu’est-ce que j’aurais bien pu lui dire ? Je n’avais rien comme sujet de discussion, à moins qu’il fût doué en informatique, ce dont je doutais. Et même si c’était le cas, ça ne voulait pas dire que j’allais pouvoir tenir une discussion. Nouveau soupir. On aurait dit une pauvre âme en perdition, en mal d’amour. Ce que je n’étais pas. Comme si j’avais besoin de ça. Je fis tourner mon verre vide sur le comptoir, attendant qu’il m’en serve un nouveau. Je ne voyais pas vraiment ce qu’il faisait, il attrapait trop vite les bouteilles avec une impressionnante habilité et une légèreté preuve de l’expérience. Du coup au final je ne savais pas ce qu’il mettait dedans. Ca aurait pu tout aussi bien être la pire des saloperies. Mais bon j’en doutais, ça ne semblait pas être le genre du mec. En même temps, il ne fallait pas se fier aux apparences, mes parents me l’avaient assez répété. Mais les gens d’ici n’avaient pas l’air camé et ils n’en étaient pas à leur première venue. C’était qu’il n’y avait pas de danger. Bon, si je commençais à voir le mal partout je n’allais pas m’en sortir. Je faisais tout pour qu’on ne puisse pas tracer mes adresses IP, il n’y avait pas de raison que ça tourne mal. Aha aucune raison.

L’espace d’un instant, je me demandais si il y avait de l’alcool, je ne l’avais pas beaucoup senti, je ne buvais pas d’ordinaire. Les seules fois c’était quelques gorgées de vin pour les rares repas de famille qu’on avait. Et puis Egeado qui se moquait de moi à cause des grimaces que je faisais parce que je n’aimais pas ça. Il n’avait vraiment rien pour lui ce type. Il arrivait à me foutre en rogne tout le temps, dans tous les endroits, avec tout le monde. Parce qu’il y avait toujours quelque chose pour me rattacher à lui, à mon grand dépit.
Finalement je me retrouvais avec un nouveau verre, je le remerciais, m’attendant à ce qu’il s’en aille, mais il resta à côté, alors que je remarquais que le bar se vidait peu à peu.

- J’aimerais savoir lequel vous aura le plus satisfait en bouche, une fois que vous aurez pris le temps de déguster celui-là.


Je le regardais un instant, me demandant si mes soupirs avaient été plus forts que je le croyais. A moins que je ne l’ais fait exprès. Who knows ? Je voulu esquisser un sourire, mais comme au final je ne le faisais jamais et je n’avais aucune raison de le faire, je m’abstins.

- Je n’y manquerais pas.


Cependant, maintenant qu’il daignait s’intéresser à moi, il était hors de question qu’il s’en aille tout de suite, question d’honneur personnel. Ainsi il fallait donc que je le retienne.

- Le premier était très appréciable, que mettez-vous dans chacun d’entres eux ?


J’étais plus ou moins intéressé par sa réponse, mais le fait de l’avoir à côté me permettait de le détailler un peu mieux. Un visage fin et avenant, des cheveux bruns pas vraiment courts, la chemise à peine entrouverte. L’archétype du barman sexy. A côté je devais faire bien pâle figure. Je portais le verre à mes lèvres et laissait le goût prendre possession du palais. Il était plus fort. Peut-être y avait-il vraiment de l’alcool dedans. Mais je sentais un arrière goût d’ananas qui était rafraichissant et agréable. Il était vraiment doué le bougre.

- A quelle heure ferme le bar ? A ce que je vois, il est aussi côté que vous aviez pu me le dire.

Pointe d’ironie dans la voix, je ne pouvais pas m’en empêcher. Et puis la réponse m’intéressait cette fois. J’avais l’habitude de veiller tard et si la discussion s’avérait intéressante, j’avais de bonnes raisons de rester.
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Aurelio Pastore

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MessageSujet: Re: [x] [Love's Out Act I] Curiosité imbibée d'alcool [Elio]   Mar 10 Aoû - 5:23

Elio ne savais pas vraiment pourquoi il avait posé sa main là ni dans quel but il avait entamé la conversation sans ajouter un sourire mielleux et enchanteur. Peut être parce qu’il sentait parfaitement que cela ne risquait pas de marcher avec ce nouveau client, qui semblait d’avantage curieux qu’intéressé. Et encore. Mais après tout, qu’en avait-il à faire ? Si son interlocuteur ne répondait pas, il aurait tout au plus perdu un client. Pourtant, Elio semblait attendre une réponse de sa part qui permette aux jeunes gens de faire plus ample connaissance … Etait-ce lui aussi par curiosité qu’il s’intéressait à ce que cette bouche froide et sans sourire pourrait lui offrir ? D’un léger haussement d’épaules, Elio se reprit et chassa ses pensées de son esprit. Trop compliqué de réfléchir quand on a humé les parfums sirupeux de l’alcool toute la soirée. Heureusement pour lui, il n’avait jamais la gueule de bois au point de ne pas pouvoir travailler, tout juste un léger mal de tête de temps à autre quand son ou sa partenaire de lit avait besoin de se dérider un peu … Voyant que son esprit était enfin parti vers de nouvelles hospices plus familières et moins inconnues, Elio se détendit imperceptiblement, si bien qu’il entendit à peine son client acquiescer à la demande que le serveur lui avait faite. On aurait pu croire que cela n’était qu’une manière d’engager la conversation, mais en fait pas du tout. Elio se souciait réellement de l’avis du jeune homme, étant donné qu’il se targuait d’être un des meilleurs barmans de Milan, grâce à sa capacité à déceler et à comprendre les attentes informulées de ses clients. Et pour ça, il avait eu le meilleur professeur qui soit en la personne de Delia.

Il revoyait déjà ses premiers essais, les grimaces de la patronne et les moues déçues de ses premiers clients, quand il était trop léger ou trop lourd sur la quantité d’alcool, quand il ne savait pas mélanger les arômes pour relever ou alors camoufler tel ou tel goût … C’est sur lui qu’il avait le plus expérimenté, quand Delia lui demandait de préparer quelque chose qui convienne à son humeur du moment avant de le goûter. Elio trouvait cela relativement bon, mais quand la patronne se mettait à lui concocter exactement ce dont il avait besoin, c’était d’un tout autre acabit. Elle savait noyer la tristesse, relever le désir, attiser l’envie et chasser la solitude en quelques mélanges dont elle avait toujours le secret. Elio commençait à saliver devant ses souvenirs bucoliques et particulièrement plaisant. Maintenant, rares étaient les jours où il pouvait s’offrir de lui-même la satisfaction d’une dégustation bien méritée. Et tandis qu’il se perdait dans ses souvenirs qui, s’ils lui avaient semblés durer des heures, n’avaient en réalité accaparé que quelques secondes de son temps, le nouveau venu l’interpella de nouveau. Voilà qui rassurait Elio, la conversation ne retomberait pas comme un soufflé trop cuit, et ce même s’il ne savait toujours pas comment « il » s’appelait. D’ordinaire, la majorité de ses clients se présentait, en tenant à tout prix à ce qu’Elio retienne leurs noms. Heureusement, le jeune homme avait bonne mémoire et il ne froissait que peu de gens, ce qui permettait à la plupart de se sentir important. Ridicule. Mais après tout, en tant que serveur et barman, Elio aimait ses clients, tout du moins en façade. Et s’il fallait faire semblant pour lui permettre de se jouer de leur plaisir, en leur offrant ce qu’ils attendaient en venant ici, alors pourquoi pas …

- Le premier était très appréciable, que mettez-vous dans chacun d’entres eux ?

Elio était ravi de cette question, même si elle était posée négligemment, puisque cela touchait à ce qu’il aimait faire par-dessus tout. Mais en même temps, il ne comptait pas faire étalage de ses préparations. Pour trouver un compromis, il répondit d’un ton léger et dans un sourire nonchalant.

- J’y mets principalement ce que mes clients ont envie de boire. Pour vous, j’ai surtout joué sur l’alliance sucré-amer, avec différents fruits possédant ce genre de saveurs. Et une pointe d’alcool doux pour relever un peu la boisson. Ravi que cela vous plaise.

Il avait hésité à parler d’alcool, étant donné que son interlocuteur était jeune et peut être pas encore habitué à déceler les particularités du gin dans sa boisson, mais après tout, il devait bien se douter qu’un cocktail jonglait souvent avec l’alcool. Et de toute façon, le gin n’était pas un breuvage très puissant au goût. Cependant, ses effets pouvaient parfois pousser les novices à en redemander plus que de raison … Elio s’inquiéta une demi seconde des conséquences de ses boissons sur cet inconnu, puis il secoua la tête pour se rassurer. Il n’allait pas non plus faire garde-chiourme et protéger un gamin des bienfaits de l’alcool … Et puis, peut être que les vapeurs de son breuvage allaient dérider cette moue sévère et ce regard polaire, auquel cas la fin de soirée allait devenir bien plus intéressante que prévue. Mais ses réflexions furent rapidement interrompues par une autre question du blondinet, à laquelle Elio s’apprêtait à répondre quand Delia fit résonner sa voix grave, suffisamment pour que le jeune homme l’entende. Il jeta un regard alentours, et constata que la salle n’était pas encore vide et que certains verres étaient loin d’être remplis. Il manquait à tous ses devoirs. Avec un rapide « Excusez moi un instant » pour son nouveau client, Elio retourna rapidement à son comptoir, observa quelques instants ses habitués et prépara quelques verres à la hâte, mais toujours avec cette même maîtrise du geste. En les servant, il distribua quelques sourires, mains sur l’épaule et promesses muettes, avant de revenir vers celui qu’il venait d’abandonner.

- Je suis désolé, certains de mes clients veillent tard … Pourquoi ne pas vous rapprocher du bar, cela nous permettrait de continuer cette discussion sans que je délaisse mon poste.

Il désigna, en parlant, les tabourets en hauteur attenants au comptoir, ce qui lui permettrait en effet de garder près de lui ce client un peu curieux. Après tout, à cette heure ci de la soirée, les personnes restantes formaient souvent des couples improvisés afin de ne pas passer la soirée en solitaire. Elio avait même repéré la demoiselle qui lui avait fait des avances repartir au bras d’un autre. Elle avait bien raison, étant donné que le beau serveur était là tous les soirs, souvent disponible sans limites mais surtout sans aucune promesses. C’était ça le Love’s out, la recherche du plaisir dans tous ses états, et les paires qui se formaient peu à peu témoignait de la réussite de ce beau concept, triomphant sur l’amour. Car il y avait des hommes mariés ou des vieilles filles dans sa clientèle, peu importait puisque chacun se retrouvait le temps d’une nuit. Elio soupira. Il était environ deux heures du matin, et les derniers consommateurs se préparaient à partir, aujourd’hui il finirait sans doute plus tôt. Quoique …

- La fermeture arrive quand plus personne ne souhaite rester. Il m’arrive de tenir la boutique jusqu’à quatre heure ou plus, même si ce soir ce sera plus calme. Mais restez tant que vous voulez, il y aura toujours quelqu’un pour garder ce bar ouvert.

Dans un sourire, Elio sortit un autre verre, se prépara rapidement un mélange aux reflets bleutés du curaçao mêlé à un peu de vodka et une bonne dose de jus de pamplemousse. Il le posa sur la table, fit le tour du comptoir pour chercher un siège et le ramena derrière le bar afin de s’y installer tranquillement. La soirée ne faisait peut être que commencer, grâce à ce jeune homme blond qu’il avait par hasard rencontré dans la rue. Pour l’instant, Elio n’avait aucun projet concret, si ce n’est celui de passer un bon moment en discutant au petit matin dans l’endroit qu’il préférait au monde. L’alcool était là à volonté, il avait tout le temps dont il désirait et une compagnie qu’il espérait pouvoir se révéler, si ce n’est charmante tout du moins suffisamment sympathique pour le tenir jusqu’au lendemain matin. S'il n'avait pas relevé la remarque de son interlocuteur à propos de la fréquentation du Love's out, c'est qu'il appréciait en silence la reconnaissance de cet endroit si cher à son cœur sans ressentir le besoin d'insister en remerciant ou en acquiesçant. Il prenait, pour une fois, le compliment pour ce qu'il était, sans plus en faire. C'était sans aucun doute le seul domaine où Elio n'en rajoutait pas, préférant l'humilité pour quelque chose qui méritait vraiment des compliments.
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Andrea Vitaly

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MessageSujet: Re: [x] [Love's Out Act I] Curiosité imbibée d'alcool [Elio]   Mar 10 Aoû - 21:03

Let’s dance

Je le fixais. J’avais eu mille et une occasions, j’aurais eu mille et une raisons de me montrer hautain et méprisant avec lui. Après tout, ce n’était pas la meilleure des professions barman. Ca ne rapportait quasi rien, malgré les pourboires. Même si le bar semblait fréquenté, il fallait payer les alcools, et tout le reste. C’était pas vraiment une situation idéale dans la vie. Enfin, il fallait aimer ça quoi. Ca n’aurait pas pu être mon style, mais il fallait croire que ça plaisait plutôt bien à Elio, vu son aisance et ses sourires. Mais bon après on pouvait toujours camoufler ce qu’on pensait. Faire croire qu’on appréciait alors que ce n’était pas le cas, et le contraire. En ce qui me concernait, je ne cachais pas vraiment ce que je ressentais. Si j’étais en colère, impatient ou mécontent, autant que ça se voit. Sauf face à des gens face auxquels je n’avais justement pas envie de montrer ça. C’était pareil pour la tristesse. Je n’avais pas été très souvent triste. A la mort de mes parents oui, c’était normal. Mais sinon c’était plus de l’indifférence, de l’agacement, du mépris. Mais après il y avait camoufler et camoufler. On pouvait le faire inconsciemment ou pas. Le faire pour attirer l’autre, ou au contraire le repousser. Je n’étais pas des plus doués pour remarquer si on camouflait ou pas ce qu’on pensait. Enfin sauf pour Egeado mais lui c’était différent, lui il camouflait, mais ses yeux voulait intentionnellement montrer ce qu’il pensait. Cette moquerie envers moi constamment. Pauvre type.

En tout cas si Elio camouflait, il le camouflait bien. J’aurais quand même pu le rabaisser plus bas que terre. Lui montrer que c’était un honneur que je vienne ici dans son bar. J’aurais pu. Mais bon. Il ne m’avait rien fait, à part peut être le fait de ne pas s’occuper exclusivement de moi, mais on en avait déjà parlé. Non il ne m’était pas antipathique dès la première vision. C’était déjà un plus pour lui. Et puis force était de constater qu’il agissait sur moi comme Vito. Ca me répugnait de les comparer. Ce mec n’était pas comparable. Mais l’effet qu’ils m’inspiraient si. Enfin, je ne considérais pas Elio comme un sale con fini. Et j’espérais que ça n’arrive pas. En même temps, il devait bien être à l’écoute de ses clients et n’allait sûrement pas dire quelque chose de travers qui pouvait vexer. C’était bien ça. Mais bon, ils étaient semblables dans leur façon d’être intriguant. Tous les deux me donnaient envie de continuer à parler, me donnaient envie d’en savoir plus. C’était assez nouveau de ressentir ça. Je m’étais toujours foutu des autres. Mais depuis quelque temps, il arrivait que j’ai envie d’en savoir plus, je m’intéressais, je voulais savoir. Cette curiosité me dévorait de plus en plus. Je me foutais du monde normalement. Mais pas là. Depuis que je côtoyais quotidiennement ou presque des autres personnes, il fallait bien que je commence à parler un peu. Même si la plupart ne m’inspiraient que du mépris. J’en avais rencontré des gens cons aussi. Euh j’avais plus envie de leur faire ravaler leur suffisance que d’échanger avec eux. Et il y avait la catégorie des cons avec qui je voulais quand même échanger. Pas besoin de citer de nom je pense. Et c’était la pire celle là. Si seulement il n’avait pu être qu’un sale con. Juste un connard sans autre aspiration dans la vie. Mais non, il était du GDP et ce n’était pas rien en soi. Rah oublie le !

Oui Elio m’intriguait. Peut être que je me trompais, qu’il n’était rien d’autre qu’un barman comme tous les autres, sachant peut être un peu mieux gérer les verres et les bouteilles. Mais il était magnétique, il était aimant. Et je n’aimais pas vraiment savoir qu’on pouvait produire un tel effet sur moi. Quoique je préférais autant m’intéresser à lui plutôt qu’à l’autre. Au moins j’étais sûr que le jeune brun n’avait rien à voir avec ma famille. Je voyais mal mes parents descendre dans Milan pour boire un verre alors qu’on avait tout un panel de bon bar dans les quartiers où nous habitions. Je me demande ce qu’ils penseraient s’ils me savaient là. Ca m’étonnerait qu’ils s’en soucient. C’était pareil pour Egeado. Ca te fera une expérience, qu’il dirait. Ils auraient été occupés à faire autre chose qu’à penser où je pouvais bien être. Soupir mental. J’avalais une nouvelle gorgée, puis plusieurs. Au début je le trouvais plus lourd et fort que le premier, mais finalement, le gout n’était pas mauvais, et les fruits apaisaient le goût d’un alcool plus prononcé. Après avoir savouré plus de la moitié du verre, je me décidais à finalement préférer celui-ci. Même si le premier était bien comme premier, plus ensoleillé, le deuxième était déjà un peu plus sombre, s’adaptant plus à l’ambiance tamisée de la soirée. Il disait vrai, il savait plutôt bien quoi choisir comme saveur pour ses clients. Il était doué. Et ça me donnait envie d’en boire encore, voir ce qu’il pouvait créer de nouveau, gouter de nouvelles saveurs, différentes de ce que j’avais l’habitude de boire chez moi, qui se cantonnait à de l’eau et du jus d’orange. Au moins il ne refusait pas de lui servir de l’alcool. Il n’y avait rien de plus humiliant que d’avoir à sortir sa carte d’identité pour prouver son âge, et ça c’était également un bon point pour lui. Il n’était pas venu là pour se voir refuser l’accès aux boissons.

Avant qu’il ne lui dise que le deuxième était mieux. Celui-ci se fit doucement rappeler à l’ordre par sa patronne. Echec. Le bar n’était pas vide, je n’étais pas le centre du monde. Il avait évidemment d’autres personnes à s’occuper. Et bien que je n’aime pas ça, je n’y pouvais pas grand-chose. J’essayais d’étouffer cette sensation d’être vexé, maintenant que nous avions engagé la conversation, ça m’énervait encore plus de ne pas être prioritaire. Et puis moi, ça aurait pu être un autre aussi, vu comment il agissait de la même manière avec les autres. Mais bon, on ne pouvait pas tout avoir.

- Je suis désolé, certains de mes clients veillent tard … Pourquoi ne pas vous rapprocher du bar, cela nous permettrait de continuer cette discussion sans que je délaisse mon poste.

J’haussais un sourcil. Comme quoi finalement. Au fond de moi, ça me faisait plaisir qu’il me dise ça, il avait décidé de continuer à discuter avec moi, plutôt qu’avec une quelconque autre personne. C’était peut être une attitude purement commerciale, mais il fallait croire que ça marchait. Du moins avec moi. Quoi ? Je n’avais pas besoin de tant d’attention que ça. Mais bon, il fallait croire que de temps à autre, discuter avec quelqu’un d’autre qui ne vous connaissait pas et qui n’avait à première vue aucun apriori pouvait se révéler agréable. Ainsi je me déplaçais quelque peu pour me mettre en face de lui au comptoir. Lui cachant volontairement une partie de la salle, pour voir sa réaction.

- Volontiers. Ah et, c’est celui là que je préfère, fis-je en indiquant le verre déjà presque vide, bien que le premier était tout aussi agréable.

- La fermeture arrive quand plus personne ne souhaite rester. Il m’arrive de tenir la boutique jusqu’à quatre heure ou plus, même si ce soir ce sera plus calme. Mais restez tant que vous voulez, il y aura toujours quelqu’un pour garder ce bar ouvert.

Je faillis esquisser un sourire. Faillis. J’avais beau me dire qu’il avait dû sortir le même baratin aux autres, c’était toujours plaisant à l’entendre. Il savait s’y prendre, avec sa voix chaude et sucrée. Alors Andrea, jusqu’à quand vas-tu rester ? Vas-tu faire la fermeture pour ta première sortie en bar ? Toute façon au point où j’en étais, les rues ne seraient pas plus dangereuses à deux ou trois heures près. Je hochais la tête et jouais avec mon verre vide. Quel serait le prochain ? Next. Je me penchais légèrement sur la table, faisant comme une confidence.

- Vous aimez ce que vous faites ? Je veux dire barman c’est quand même pas le métier dont tout le monde rêve étant gamin. Pourquoi faites-vous ça ?


Pas de traces d’ironie ou de mépris. Juste peut être une arrière note trainante, mais là, c’était juste l’habitude et non une réelle volonté. A lui de ne pas le prendre mal. Par contre, c’était une réelle curiosité que je manifestais là. Allait-il suivre ou esquiver la question ? Retourner à ses affaires ? Qui es-tu ?

- Au fait, je m’appelle Andrea.

Je bus le début de mon nouveau verre. C’était moi ou plus la soirée avançait et plus il faisait chaud ?
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Aurelio Pastore

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MessageSujet: Re: [x] [Love's Out Act I] Curiosité imbibée d'alcool [Elio]   Mer 11 Aoû - 5:25

Alors qu’il s’esquivait en salle, Elio se demanda un instant s’il avait raison d’être aussi prévenant avec son nouveau client. Certes, cela pouvait former un habitué. Mais le jeune homme à peine sorti de l’adolescence était-il conforme aux offres du Love’s out ? Il en venait à se demander pourquoi il lui avait parlé du bar, étant donné qu’il avait plus l’habitude d’accoster des visages tristes. Celui qu’il avait rencontré dans la rue deux jours auparavant n’était pas triste, juste froid et sans réelle passion de vivre, cette petite lueur qui brille parfois au fond des yeux. La seule explication possible était celle qu'Elio se donnait sans plus de réflexion : il aimait les défis, et amener un jeunot apparemment pas demandeur à s’inviter dans un bar où il n’avait pas vraiment sa place avait un goût assez sympathique au palais. C’était bien mieux que de gagner facilement de nouvelles recrues, attirées par l’alcool et les promesses d’oubli qui vont souvent avec. Ceci dit, s’il avait plus ou moins compris pourquoi il l’avait invité, il demeurait surpris de sa présence. Manifestement, il n’était pas attiré par l’alcool puisque quelques verres de cocktail à la base assez classique l’avait laissé surpris. Si Elio avait eu une conscience, peut être aurait-il regretté d’avoir charmé les vapeurs de l’alcool pour plaire à un novice. Peut être aurait-il pu se sentir coupable envers les deux verres déjà vides que le jeune homme avait sifflé en peu de temps, avec tout de même une certaine quantité de Gin. Mais l’alcool est maître roi à bord de tout navire, et chacun en vient un jour à goûter à ses vaporeuses invitations, à ses délicats parfums qui camouflent bien des choses. L’alcool faisait oublier, l’alcool faisait plaisir. Mais les retombées pouvaient faire mal, c’est pourquoi au Love’s out Elio dosait toujours les quantités qu’il servait en fonction du client. Il se souvenait d’une jeune fille en mal d’amour à qui il avait proposé une boisson très peu alcoolisée mais au goût tenace, ce qui l’avait empêché de finir dans les bras et entre les cuisses du quinquagénaire qui la reluquait avec envie.

Depuis, cependant, il ne s’était plus trop occupé des affaires des autres. Car avec cette fille qui avait réalisé son erreur, il avait perdu une cliente. Si elle avait sombré dans la luxure et le sexe, peut être serait-elle à nouveau revenue, pour noyer ses problèmes ou rechercher encore plus de divertissement. Les hommes sont prévisibles, et Elio avait voulu jouer avec leur bonheur, ce qu’il évitait dorénavant. Hors de question de soutenir un amour perdu ou un sentiment à sens unique. Tout son être criait à la débauche, invitait au plaisir et à l’instant présent. Le passé n’avait plus aucune importance dans les ombres d’un verre de rhum, et le futur ne serait jamais aussi beau que le bleuté du curaçao. Alors à quoi bon s’intéresser aux détails quand seules les grandes lignes de l’existence comptent ? Pourquoi les pulsions existaient-elles si ce n’est pour être acceptées et vécues ? Dominer son instinct était une prétention inventée par l’Eglise et les adultes, bien hypocrites devant leurs propres pêchés de chair. En riant intérieurement, Elio se demandait s’il y en avait d’assez stupides pour céder à ce qu’ils appelaient raison sans se rendre compte que la morale n’était qu’une invention inutile de l’homme supposée nous différencier des animaux. Mais l’humanité tout entière n’est qu’un troupeau, et clamer que les hommes sont hautement supérieurs au reste du monde ne prenait pas en compte la marginalité, comme cet homme allemand plutôt sensé au goût d’Elio, qui avait épousé son chat voilà quelques semaines … Quelque chose de relativement logique entre êtres du même niveau, non ? La foi en l'Homme était décidément quelque chose de plus bas que ridicule.

C’était une occupation amusante, que de deviser tout seul sur la bêtise humaine tandis qu’il dispensait avec attention tous les ingrédients pour ramener ses clients dans le chemin du véritable bonheur, sans soucis ni compromis. Mais il fallait bien s’arrêter de temps à autre, et il chassa toutes ces belles idées alors qu’il revenait près de son client. Celui-ci se posta, consciemment ou non, dans son champ de vision pour lui éviter de voir la salle. Les pupilles du jeune homme esquissèrent un sourire en coin. Il venait de resservir ceux qui étaient encore intéressés par les boissons, les autres commençaient à envisager de repartir à deux pour étreindre leur solitude dans une chaleur réconfortante et parfaitement naturelle. Donc il n’avait pas de souci à se faire, d’autant plus qu’il se faisait tard pour la majorité des gens présents dans le bar, qui travaillaient plus ou moins le lendemain matin, contrairement à Elio, et manifestement à son compagnon de soirée. Celui-ci répondit d’ailleurs à sa question concernant les cocktails, lui signifiant qu’il avait apprécié d’avantage le second. Alors comme ça le petit tenait plutôt bien l’alcool … Elio avait envie de s’amuser, d’expérimenter, de jouer avec les boissons et ce nouveau venu pas comme les autres. Qui sait, peut être que les magnifiques propriétés du Gin commenceraient bientôt à faire effet. Elio qui n’avait jusque là aucune idée en tête commençait à réfléchir au prochain verre qu’il allait lui servir incessamment sous peu. Peut être pour monter un peu le niveau, après tout plus l’on boit moins l’on sent le degré d’alcool dans une boisson.

Le serveur, tout absorbé qu’il était par la réalisation mentale d’un mélange, ne remarqua pas le tressaillement des lèvres qui eut pourtant lieu juste sous son nez. Dommage, il l’aurait sûrement apprécié à sa juste valeur, dans ce visage impassible et à première vue incapable d’émotions fortes. Et alors qu’Elio se décidait en sortant les bouteilles, son interlocuteur lui posa une question qui sortait de l’ordinaire.

- Vous aimez ce que vous faites ? Je veux dire barman c’est quand même pas le métier dont tout le monde rêve étant gamin. Pourquoi faites-vous ça ?

Un autre qu’Aurelio Pastore aurait pu mal le prendre. Un barman un peu honteux de n’avoir pas réussi une grande école de commerce aurait pu s’offusquer. Un petit péteux déçu d'avoir raté sa vie aurait pu montrer les crocs. Mais cela eut un tout autre effet sur Elio. Il redressa la tête, planta son regard dans celui du jeune garçon en face de lui et afficha un air de sincère surprise. Voilà des paroles qu’il n’entendait pas bien souvent. Celles qui revenaient régulièrement touchaient plus à ses préférences, à son rythme de vie ou tournaient autour des compliments distribués ça et là. Personne ne s’était encore interrogé sur ce qu’il avait été avant, ce qu’il avait voulu faire par le passé. Et cela réveilla quelque chose de bien profondément oublié dans le cœur d’Elio, quelque chose qu’il croyait derrière lui. En quelques instants, il se revit à l’âge de huit ans, déclamant qu’il voulait devenir peintre puis neuf ans plus tard, affirmant que les cours par correspondance de psychologie qu’il prenait le poussait irrémédiablement dans une branche de soutien aux autres. Jamais il n’avait pensé finir ici, en effet. Puis vint l’image de Delia, qui avait elle aussi ravivé de vieux souvenirs avant de lui proposer de les enterrer dans le plaisir quotidien du travail. Ce gamin était plus fort qu’il n’en avait l’air, et très certainement plus fort qu’il ne pourrait jamais s’en douter. Quoique, il avait bien la tête à se tenir en haute estime. En tous les cas, et en une question, il avait réussi à déstabiliser Elio qui secoua la tête avec énergie et vida dans l'évier le verre qu’il était en train de préparer, certain d’avoir trop forcé sur les quantités. En en prenant un second, Elio réafficha un sourire convenu un peu vacillant pour répondre :

- Je n’ai en effet pas rêvé de faire ce que je fais, mais vous savez les gens changent avec le temps et leurs désirs avec eux. J’adore mon métier, et je ne changerai pour rien au monde.

Mais je ne vais certainement pas te dire pourquoi, mon grand. Pensa-t-il amèrement. Oui, il fallait l’avouer, la question l’avait un peu troublé. Comment dire qu’être barman était exactement ce qu’il lui fallait, comment exprimer son plaisir sans paraître simpliste et aussi ambitieux qu’une mouche ? Son interlocuteur était embêtant et, s'il ne l'avait pas froissé avec cette question, lui donnait l'impression de ne pas savoir s'exprimer sur la question. Elio se replongea dans sa préparation et mélangea avec application un cocktail des plus sympathiques pour une fin de soirée comme celle là, même si la discussion entre les deux jeunes gens venait de commencer. Du jus d’orange, base assez simple et neutre, avec un peu de champagne doux pour l’effet pétillant en bouche, une larme de cognac et quelques cuillerées de miel pour adoucir le tout et faire fondre en bouche le liquide qui, à ce stade, ne semblerait pas être plus alcoolisé que le premier verre qu’Elio avait servi à … Andrea, qui venait de se présenter. En lui tendant son verre, Elio s’accouda au comptoir et croisa ses bras devant lui pour répondre sur le même ton :

- Et moi Elio. En omettant sciemment son nom, il hésita un instant puis se dit que c’était certainement le moment de satisfaire sa curiosité. Sans paraître indiscret, qu’est ce qui vous amène ici ?

Bien sûr, Andrea n’était pas obligé de répondre, ni même d’écouter la question. Elio la posait par simple curiosité, il n’attendait rien de plus. Après tout, il était un client comme les autres, juste un peu plus tardif et ignorant des saveurs et des merveilles que pouvaient offrir les bouteilles ambrées, transparentes ou multicolores qui siégeaient derrière Elio. Mais comme sa présence l’avait empêché de partir à la recherche d’un compagnon de lit pour la soirée, Elio se voyait obligé d’accepter la frustration … ou de songer rapidement à un remplaçant.
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Andrea Vitaly

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MessageSujet: Re: [x] [Love's Out Act I] Curiosité imbibée d'alcool [Elio]   Mer 11 Aoû - 11:27

Ici chacun douc'ment oublie l'ombre d'une vie passée d'une femme de décombres
Dans ce cliché funèbre on cherche l'oubli d'un parfum d'une voix
On éteint l'impact encore brûlant de lèvres entrouvertes humides et douces

Andrea Vitaly. Je ne lui avais pas dit mon nom de famille. Toute façon il n’y avait gère de raison. Je n’avais pas envie d’être catalogué comme les gens qui venaient ici dans le simple but qu’on retienne leur nom pour avoir l’impression de se sentir supérieur. Andrea s’était déjà pas mal. Je m’étais souvent demandé pourquoi j’avais hérité d’un tel prénom. Qui sonnait plus comme celui d’une fille que celui d’un mec. Mais finalement je m’y était fait et je n’hésitais pas à rentrer en conflit avec ceux qui ne voulait pas comprendre. Okay, j’avais pas le physique bodybuilder. Et alors ? Il fallait forcément être comme ça pour être considéré comme un homme ? Foutaise ! Je n’étais pas non plus anorexique, vu tout ce que je pouvais manger depuis que j’habitais seul. Mais bon, je comprenais qu’on pouvait à la rigueur confondre de dos, de nuit, par temps de brouillard. Les cheveux jouaient aussi. Mais j’avais déjà expérimenté plus court et… Ca n’avait pas été franchement concluant. Alors autant les laisser pousser. Et puis comparé à l’autre peroxydé, c’était une bagatelle. Même si, aussi, le physique n’était pas le même non plus. Mais merde quoi, là haut, c’était pas vraiment gênant, mais ici, dans les ruelles, dans le « vrai » Milan, c’était d’un autre acabit. Et j’avais de bonnes raisons de ne pas être rassuré quand j’y marchais. Parce que peu importait qu’on soit riche ou pas, si je me retrouvais face à quelqu’un décidé à en découdre et sans un brin de jugeote, j’étais très mal. J’avais toujours la carte argent, mais si même ça n’était pas suffisant, je n’étais pas sûr que mon canif parvienne à me tirer d’affaire. Finalement, c’était peut être inconscient de se balader en ville de nuit. Depuis il y avait deux semaines, peut être que quelque chose s’était détraqué chez moi. Et que mon faible instinct de survie avait encore diminué. Je ne cherchais pas plus que ça les embrouilles, mais j’avais le sentiment que le vrai Milan, celui qu’il fallait découvrir était là, entre minuit et cinq heures du matin, dans les bars et les ruelles.

Mais ce n’était pas pour moi. Pas pour le fils Vitaly qu’on disait ressembler à une poupée avec son visage trop fin, ses cils trop longs, ses cheveux soyeux, ses vêtements de marques. Que foutait-il là ? Figurez vous que je me pose la même question. Etait-ce de ma faute si plus ça allait, plus j’avais l’étrange envie de me fondre dans les ruelles sombres ? Plus mes activités de hacker se passaient en fin d’aprèm, début de soirée, plus je dormais de façon décousue ? C’était la faute d’une coalition d’individus qui voulaient tout faire pour m’en faire voir de toutes les couleurs. Milan le jour Milan la nuit Milan les flics Milan punie. Je n’avais peut être pas assez dégusté pour me dégouté à vie de la nuit. Peut être que c’était addictif. Pourtant, il n’y avait rien d’agréable à voir des camés raser les murs, des ivres casser les bouteilles, des bagarres, et pourtant, pourtant tout ça m’intriguait, me faisait tournoyer une réalité que je ne connaissais jusqu’à lors pas du tout, tout au plus dans les bribes d’infos que les médias contrôlés laissaient passer. Non il n’y avait pas de problèmes dans la cités, la drogue n’est plus tellement présente, la criminalité est en baisse. Ben voyons. Mais tout ça, c’était leurs problèmes. Moi je n’avais pas ce genre de questions existentielles, moi je vivais bien en dehors de ce type de problème. Mais était-ce mal de vouloir être au courant ? Pas très prudent sûrement, voir même carrément dangereux. Mais merde quoi, j’avais le droit de faire ce que je voulais, j’étais majeur et vacciné, la seule chose qui me retenait, c’était moi-même. On ne pouvait discuter qu’avec une très légère frange de la population nocturne. Et je n’étais pas encore prêt à faire le grand saut. J’avais envie, mais au final, je ne restais qu’à l’entrée de leur monde. Ce n’était pas mon univers. Alors pourquoi avoir autant envie d’y plonger ? Avoir autant envie de le découvrir. Ca commençait ce soir.

Le problème c’était qu’avec mon sale caractère, j’allais sûrement m’attirer rapidement des ennuis, avec ma stature encore plus. Mais je ne voulais pas rencontrer, découvrir le Milan nocturne si c’était pour me rabaisser et me cacher. Ce n’était pas moi, ça ne le serait jamais. Mais dans ce cas, comment se débrouiller ici bas ? il fallait trouver quelqu’un d’en bas qui accepterait de m’apprendre les ficelles. J’étais sûr que mes parents, ou du moins mon père connaissait cette partie de Milan. Avec son travail j’en étais presque sûr. Et je voulais savoir à mon tour. Même si je n’avais rien à foutre là bas, c’était peut être par pur esprit de défi, mais cette envie de savoir, de découvrir allait en empirant. Et tout ça me perdra. Peut être qu’Elio était un fervent adepte des nuits de Milan. Il s’y connaissait sûrement mieux que moi. Avec quelle ombre avait-il déjà eu affaire, connaissait-il les rouages de cette société secrète de contre pouvoir ? Il avait déjà plus le physique et l’apparence. Et l’aura également. Peut être un peu jaloux. Après tout, commencer par Elio, c’était commencer par quelque chose, quelqu’un de pas si éloigné de ses objectifs en fait.

Je demeurais très intéressé par l’effet de ma question, qui eu l’air de le troubler plus que je n’aurais pu le penser. Même si comme la plupart des personnes, il le cachait plus ou moins. La question était plus pertinente que de demander son prénom. En même temps, je n’avais pas cherché à le perturber plus que ça, juste d’avoir une réponse, pourquoi pouvait-on avoir atterrit ici ? Mais après tout, si c’était plus ou moins honteux, il était normal qu’on ne veuille pas réponde, même si ça allait encore plus m’intriguer. Je le vis renverser le verre en cours de préparation dans l’évier. Tout le monde avait des secrets, et Elio en avait sûrement un plus grand que je l’imaginais, au vu de sa réaction. Le saurais-je ? Ou ne resterais-je qu’un simple client un peu trop curieux ? Finalement la réponse qu’il me donna n’était pas vraiment des plus claires sur la question. Une habile manière d’éviter tout simplement de répondre. Soit il n’y avait pas de réponses, soit il ne voulait pas le dire, soit il n’arrivait pas à le dire. A qui le disait-il. Les gens changeaient. Je changeais. J’avais changé depuis ce premier jour seul dans cet appartement de Milan. Et toi, pourquoi avais-tu changé ?Je ne me sentais pas assez persuasif pour lui arracher la vérité. Et ça m’étonnerait que je puisse trouver quelqu’un chose d’intéressant sur le net… Quoique, au final, n’importe qui pouvait se servir de cet outil, même celui auquel on s’attendait le moins.

J’enlevais ma veste pour laisser apparaitre ma chemise. Peut être que le chauffage avait tout simplement été monté un peu trop. Je la déposais sur le bar, pour ne pas l’oublier et garder un œil dessus, parce que mine de rien à la revente, elle valait son prix. Et puis je me sentais plus léger aussi. Comme si le reste du bar me paraissait plus ouaté et plus lointain. Comme si d’un coup il n’y avait plus qu’Elio en face de moi. Mon attention était focalisée sur lui. J’attrapais le nouveau verre qu’il me présentait pour enfin y tremper mes lèvres, laisser mon palais et ma langue savourer ces nouvelles saveurs. Je n’avais jamais bu de cocktails. Je ne savais pas à quel point ça pouvait être bon. Une explosion de sens, de goûts nouveaux, plus épais, encore différents des autres. Il fallait croire que les fruits ça donnait le tournis. Après tout, il ne devait pas y avoir beaucoup d’alcool, car je ne le sentais presque pas. Comme si je n’avais que ça à faire de m’en soucier, c’était bon après tout, pourquoi me priver ? Je me passais une main sur le front, relevant un peu mes cheveux. Décidemment, il ne faisait pas frais. Je défis les boutons de manchettes de ma chemise pour redresser les manches, et m’accouder de nouveau au bar.

Il s’était présenté, mais je savais déjà son nom, il était murmuré un peu de partout dans le bar, par chaque personne qui l’admirait. Lui dire le mien était la moindre des choses. En tout cas, ni lui ni moi n’avions prit la peine d’ajouter notre nom de famille. Accord tacite. Après tout nous n’étions pas amis. Nous n’étions juste qu’un barman et son client. Et j’étais bien parti pour faire la fermeture. Je ne savais pas si je voulais me prouver quelque chose, mais j’étais bien, il faisait chaud mais au final, cette chaleur interne était agréable, il y avait quelqu’un à qui parler, de tout, de rien, des questions, des réponses qu’on aimerait avoir. Il y avait des verres, des goûts dont on pouvait devenir accro. Je n’étais pas tombé sur le pire bar des environs. Sûrement loin de là.

- Je suis là par simple curiosité. Et il fallait croire que j’ai bien fait. Je suis tombé sur quelqu’un de doué.

A chaque mot que je prononçais, j’avais de nouveau envie d’hydrater mon palais. Mais le voulais prolonger le goût entêtant et sucré de ce nouveau verre. En plus, ce n’était pas mon genre, mais pas vraiment du tout de faire des compliments, mais il fallait croire que ça sortait tout seul. Plus spontanément encore que ce que je pouvais dire d’ordinaire.

- Et puis, c’est ma première sortie dans un bar, il fallait bien que je sache ce que c’était.

Pourquoi je lui disais ça ? Je passais plus un novice, encore plus que je ne l’étais, j’étais stupide, mais les mots coulaient tous seuls de ma bouche. L’heure tournait alors que les verres se vidaient, que les gens partaient. Je n’étais pas fatigué, juste un peu plus dans le brouillard. L’espace d’un instant, je faillis lui demander comment il s’appelait avant de me rappeler que je le savais déjà, depuis un moment déjà. Et puis il fallait bien entretenir la conversation.

- Les gens changent oui, il n’y a pas si longtemps, jamais je ne me serais imaginé passer ici. Avant j’habitais à La Rosa, vous savez, le quartier résidentiel des hauteurs de Milan. Mais par un malheureux concours de circonstances, je me suis retrouvé ici. Tout ça à cause d’une seule personne.

Au final, je ne demandais même pas pourquoi je lui racontais ça. Moi qui voulais en savoir plus sur lui, c’était moi qui racontais. Ma vie en plus, chose que je ne faisais pas vraiment en temps normal. En temps tout court. Sans me demander s’il s’en foutait ou non, si je pouvais bien dire les pires conneries. Ca me semblait tellement secondaire. Et peut être que si je parlais, il me parlerait à son tour. Je n’étais pas déprimé de penser à ça, pas à en colère. C’était même à la limite du comique. Et je ne me demandais pas non plus ce qu’il pouvait bien y avoir de comique dans ma situation. Mais j’étais bien. Et puis, parler avec quelqu’un sans avoir besoin de se demander ce qu’il pouvait bien penser des conneries qu’on débitait, c’était relaxant.
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Aurelio Pastore

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MessageSujet: Re: [x] [Love's Out Act I] Curiosité imbibée d'alcool [Elio]   Jeu 12 Aoû - 5:39

Plus il parlait avec Andrea, plus Elio se disait qu’il y avait quelque chose qui ne collait pas. Au premier abord, il l’avait perçu bien plus froid, détaché, hautain et désintéressé que ce qu’il voyait ce soir dans son bar. Et, s’il savait que l’établissement avait la possibilité de délier les cœurs et les langues, il n’aurait pas cru que le jeune homme en face de lui allait s’intéresser à son serveur. Peut être se sentait-il tout simplement un peu seul ? Peu importait, dans tous les cas cette question l’avait surprise autant sur le fond que sur la forme. La rareté de cette conversation lui avait presque donné envie de raconter sa vie. Presque … Car sa vie, au final, se résumait en quelques mois, ces mois pendant lesquels il avait élu domicile ici, sous la surveillance tranquille de Delia. Avant, il avait été quelqu’un d’autre, et rien ne servait de parler des vies antérieures d’un homme. Si certains portaient à croire que le passé forgeait le présent, Elio croyait pertinemment que son histoire était détachée de lui, comme un film qu’on regarde de loin avec un paquet de pop corn où un sachet de bonbons fades, comme ces vieux drames lancinants qu’on va voir au cinéma en désespoir de cause, parce que le programme ne contient que ce genre de projections … Bref, un mauvais long-métrage sans intérêt ni rebondissement, sans fin heureuse ni morale quelconque. Qui accepterait de voir ce film, même à travers les yeux noisettes d’Elio, qui n’était pas tout à fait lui-même … Un vent de nostalgie flotta un instant entre les deux jeunes gens, tandis que le barman se moquait gentiment de sa faiblesse nocturne. Il avait beau tenir l’alcool et la fatigue, être habitué aux heures tardives, son esprit était plus fragile à cette heure avancée qu’à l’ordinaire. En temps normal, jamais il ne se serait appesanti sur cette question déroutante, jamais il n’aurait manifesté une surprise. Il se serait contenté de répondre d’un sourire enjôleur quelque chose de convenu et d’apprécié, comme un barman qui aurait fait ce métier pour rencontrer justement la personne qui avait posé la question … C’était une parade habile en temps normal, qu’il se voyait bien sortir à une minette de passage qui venait chercher le prince charmant et repartait bien souvent après avoir vu le loup, un grand sourire sur le visage.

En parlant de ça, il était plutôt rare de voir ici des garçons si jeunes dans son bar. Les filles venaient faire des expériences, mais leurs penchants masculins préféraient sans doute un bar un peu plus glauque, à l’image de la décadence de Milan, de sa vulgarité, de la violence de ses rues et de la sévérité des leçons qu’elle distribuait à la pelle. Andrea était le premier petiot qu’il croisait ici depuis bien longtemps … Heureusement, Elio ne disait pas tout ce qu’il pensait. Car son client aurait sûrement détalé avec un air outré s’il s’était risqué à lui parler sur ce ton. Mais la maitrise de lui-même était devenu une habitude, et il s’amusait seul à penser tout bas ce que d’autres auraient pu dire plus haut. Et puis, le gamin pouvait déjà s’estimer heureux qu’Elio accepte de le servir sans lui réclamer une preuve de sa majorité ! Pendant qu’il devisait en silence et se moquait gentiment de son hôte, Elio ne remarquait pas, où plutôt ne voulait pas se faire la remarque que malgré tout ce qu’il pouvait bien raconter, son regard ne quittait que peu celui d’Andrea, et qu’il prêtait attention à ses moindres gestes, reflexes ou volontaires. Les clignements de ses yeux pâles, le rouge qui commençait à lui monter aux joues sous l’effet de la chaleur, sa main autour du verre frais qui se vidait lentement mais sûrement … Tout chez lui intéressait Elio, sans qu’il le remarque. C’était une part de lui qui détaillait, cherchait à comprendre, à retenir ces habitudes et réactions d’un être qui, sans aucune raison particulière, l’intriguait plus qu’à l’ordinaire. Sans doute à cause de sa simple présence … ou bien la responsable était-elle son apparence un peu fragile malgré ses dehors confiants ? Il est vrai que son physique ne l’aidait pas forcément à s’affirmer, et Elio en convenait sans problème, lui qui avait connu une époque frêle et cassante.

Mais le soit disant frêle et cassant Andrea venait d’attirer l’œil d’Elio, et cette fois-ci consciemment. Le jeune homme devait bien apprécier l’alcool mais ne pas en avoir l’habitude, puisqu’il ne s’arrêtait pas de boire et que tout d’un coup, le premier cap fut passé. Sous le regard intéressé d’Elio, qui n’en laissait rien paraître, Andrea ôta sa veste et la déposa sur le bar. Le barman n’y prêta pas la moindre attention, se focalisant avec curiosité sur la chemise de son client, et ses iris clairs qui le fixaient. Encore une fois, il porta son verre à ses lèvres, et la réaction fut quasiment immédiate. La chemise remonta sur des avant-bras qui ne tardèrent pas à s’accouder juste devant Elio. Celui-ci décocha un sourire compréhensif à Andrea, alors qu’il n’entendait que vaguement ce qu’il répondait à la question qui l’avait pourtant tant intéressé. Et oui, on a beau avoir l’habitude de coucher à droite et à gauche, de voir des corps nus bien plus souvent que de raison et de connaitre l’anatomie des deux sexes, voire quelqu’un se réchauffer sous vos yeux a toujours quelque chose de provoquant, et apparait toujours comme une invitation, même si elle n’est pas forcément volontaire …

Il était donc là par simple curiosité, et gratifiait Elio d’un compliment au passage. En guise de remerciement, il hocha la tête, sans vouloir couper Andrea dans sa descente longue mais très intéressante vers un taux d’alcoolémie absolument déraisonnable. Décidemment, la boisson pouvait faire des miracles. Car ce client ne semblait pas comprendre à quel point il se dévoilait devant un homme, dans une pièce vide. Ni ne maitrisait ses dires, qui ne devaient pas avoir l’habitude de complimenter qui que ce soit. Elio profita de sa courte pause pour le lâcher des yeux, lui préparer un autre cocktail qui serait peut être le dernier, sur la même base que le précédent, avec un petit peu plus qu’une larme de cognac. Après tout, trop de goûts différents dans la même soirée pouvaient faire un mélange peu agréable, mieux valait ne pas trop valser entre les alcools. Il en fit un deuxième, pour lui afin de suivre plus facilement Andrea et de prendre autant de plaisir que lui à la dégustation … Posant les deux verres sur le comptoir, il répondit à ses dernières paroles.

- J’espère que je vous aurais donné envie de revenir … Une première fois, c’est toujours important.


Il se fichait, à présent, de son air de gosse, de ses attitudes un peu maladroites sans en avoir l’air, de son âge et de sa première impression distante. A présent, les facteurs qui comptaient réellement étaient cette chemise délicieusement relevée, cette distance merveilleusement contenue, ce regard tout à fait captivé et ces joues d’une délicate couleur vermeille, témoin ultime de l’état d’ébriété d’Andrea. Ce dernier se contentait de parler, encore et encore, de se délier les muscles de la langue d’une façon qu’Elio considérait moins efficace qu’une autre mais … soit. Autant lui faire plaisir, il venait pour ça. Et puis la fin n’était pas encore là, rien n’était joué. C’est d’ailleurs ce qu’aimait Elio, qui pouvait s’amuser quant au dénouement de la soirée, espérer quelque chose sans avoir la certitude absolue de l’obtenir. Un peu comme le chat course la souris, le sourire aux lèvres et une lueur d’envie dans les yeux.

- Les gens changent oui, il n’y a pas si longtemps, jamais je ne me serais imaginé passer ici. Avant j’habitais à La Rosa, vous savez, le quartier résidentiel des hauteurs de Milan. Mais par un malheureux concours de circonstances, je me suis retrouvé ici. Tout ça à cause d’une seule personne.

Voilà qu’on passait aux confidences … Elio émit un peu de réserves à ses pensées trop pressées et écouta attentivement Andrea, apparemment un riche bien installé qui s’était vu destitué de son palais. Pourquoi pas. En tous les cas, Elio sentait que c’était peut être le moment de dire quelque chose, au lieu de continuer à s’imaginer ce que pouvait bien cacher cette chemise fort embêtante … Mais dire quoi ? En réfléchissant à toute vitesse, il finit par lâcher d’une voix qui se voulait posée :

- Je ne connais pas bien Milan, encore. Je n’y suis que depuis quelques mois, mais je crois savoir de quoi vous parlez. Le contraste n’a pas du être évident …

Mensonge, vérité ? Peu importe. Il était en parti vrai que Milan ne l’accueillait lui, Elio, que depuis peu de temps. Est-ce qu’il s’intéressait vraiment à ce qu’Andrea pouvait dire ? Certainement. Après tout, il était en passe de pouvoir devenir un habitué, alors plus il en saurait mieux ce serait pour l’accueillir ici. Sur ces mots, Elio dérapa négligemment sa main, qui vint heurter très malencontreusement celle d’Andrea. Le barman prit un air désolé qui n’avait rien de désolé, mais l’alcool ferait son effet sur Andrea et le convaincrait bien que cet acte était totalement involontaire … Même s’il était parfaitement calculé. Il aurait pu y aller plus fort, mais le peu de distance entre les deux jeunes gens ne devait pas se réduire trop vite, et puis Elio avait besoin de constater l’état d’Andrea avant de passer à autre chose. Après tout, nombreux sont les gens qui ne se libèrent qu’avec l’aide de la boisson, étant trop timides ou moralisateurs ou tout simplement trop chiants pour se lâcher autrement.

- Excusez-moi, j’ai glissé.
Ridicules excuses. Pause. Il fait chaud ici, non ? Je crois que le chauffage ne tourne pas, mais il fait une chaleur impressionnante.

Et sur ces mots, Elio décida de rejoindre Andrea dans sa montée en température. Lui n’avait pas de veste à enlever ni de manches à retrousser, aussi se contenta-t-il d’ouvrir encore un bouton de sa chemise. Après tout, entre hommes sains, quoi de plus normal ? Dans un geste souple, Elio se leva et se dirigea en parallèle du comptoir, vers le fond de la salle pour ouvrir une fenêtre qui se trouvait là. Elle donnait sur une petite cour intérieure proprette où les caissons vides et autres stockages agrémentaient les dalles sombres. Un peu d’air, certes. Mais surtout une occasion pour vérifier si Andrea était plus attiré par la démarche du serveur que par les couleurs de son verre …
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Andrea Vitaly

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MessageSujet: Re: [x] [Love's Out Act I] Curiosité imbibée d'alcool [Elio]   Jeu 12 Aoû - 17:47

Aux arcades d'acier de l'oreille
Entartrée par ton ouïe déficience
Hein ?

Finalement, il y avait peut être plus d’alcool que je le croyais. Mais je ne l’avais pas sentit. C’était des plus étranges. Peut être que le goût des fruits avait tout camouflé. Mais je ne savais pas si c’était possible. Des fruits qui faisaient tourner la tête, quelle belle image. Un mélange d’ananas orange citron pamplemousse, du sucré, de l’alcoolisé, des saveurs qui retournaient le palais, qui donnaient envie de s’en droguer, de goûter toujours plus à ce que ça donnait. Il aurait voulu en boire encore, apprécier toujours, quémander un nouveau verre, le terminer plus vite qu’un verre d’eau par un été caniculaire. J’aurais dû venir ici plutôt, dans n’importe quel bar en fait. Quoique, ça n’aurait peut être pas été pareil. Tout le monde ne pouvait pas aussi bien réussir un mélange comme ça. Non, il avait bien choisi, Elio m’avait bien trouvé. Au diable Vito, au diable son oncle, au diable le GDP, au diable tout le reste. Roulez jeunesses. Après tout, j’avais la vie devant moi, je pouvais bien m’autoriser des écarts de la sorte. C’était normal, il y avait des jeunes partout dans des bars. Bon, je ne savais pas vraiment ce qu’ils recherchaient. Je n’étais pas un ado typique de Milan, j’avais d’autres préoccupations supérieures, mais je supposais qu’ils sortaient s’amuser, rencontrer des gens. En fait, c’était un peu ce que je faisais ce soir. Et si je n’étais pas venu là en premier lieu pour faire de nouvelles connaissances, Elio s’était imposé comme tel un peu malgré moi, mais sans que je m’en plaigne. Il était de bonne compagnie, et ne pas foutre sur la gueule et vice versa à quelqu’un, ça avait quelque chose de nouveau et reposant. Je m’étirais, passant les bras derrière mon dos, tentant de dissiper le brouillard qui prenait lentement possession de mon esprit. J’aurais dû m’en inquiéter, mais j’étais trop bien pour y faire réellement attention. Si ça ne partait pas tant pis, j’étais dans un étrange état, et les seules fois ou j’étais comme ça, c’était quand je n’avais pas dormi depuis plusieurs jours, trop occupé à rester concentré sur mon ordinateur. Je ne pensais pas trouver ça en compagnie de quelqu’un.

J’aurais pu me méfier aussi, après tout, je ne le connaissais pas ce type, il aurait pu tout aussi bien vouloir me détrousser pendant que j’étais ailleurs. Mais même ça je n’arrivais pas à l’envisager. Il ne pouvait pas faire ça, il était trop gentil, il était trop souriant, il comprenait trop bien. Non, il n’y avait aucun souci à se faire juste se laisser porter par cette sensation si grisante. Le verre était vide, une fois de plus, laissant un cruel manque à satisfaire. Je n’eus cependant pas à demander, Elio était déjà en train d’en préparer un nouveau. C’était bien, c’était réellement ça. J’étais plus halluciné qu’autre chose devant mon ordi, et je n’étais pas dans le même état de chaleur bienfaisante. Certes, il faisait chaud, mais aussi bien dans le bar qu’à l’intérieur de moi-même. Je me vautrais dans une délicieuse sensation de flottement. De non problème. Tout était secondaire à part ce qui se passait sous mes yeux. A savoir regarder Elio. Et puis j’oubliais un peu ce qui était si important. Comment se tenir, l’image qu’on donnait aux autres, je n’en avais plus rien à faire de ce que je disais, de ce qu’on pouvait penser. J’étais bien loin de penser ce genre de chose. Et ma chère petite conscience me criait des mots que je ne saisissais pas. Et ce fut comme si j’avais été sevré d’eau pendant une semaine que j’entamais la descente du nouveau verre. J’eus une espèce de vertige et je reposais le verre à moitié vide. Mais c’était si bon pourquoi s’en priver ? Hélas la température augmenta de nouveau. Et je regrettais de ne rien avoir sous ma chemise, celle-ci me couvrait trop. Je clignais des yeux. Dieu sait qu’ils étaient plus brillants qu’à l’accoutumé. J’avais l’impression d’être ailleurs tout en ayant la certitude d’être assis à ce bar. C’était comme si je n’avais plus aucune pudeur. Enfin, même ça je ne m’en rendais pas compte. Ca aurait dû me faire paniquer de perdre peu à peu le contrôle de moi-même de la sorte. Mais non. J’étais juste bien. Et j’en profitais.

- Je suppose que vous avez raison, et je suis content de ne pas m’être trompé. On ne sait jamais sur qui on peut tomber.

Je ne m’entendis que lointainement répondre. Est-ce que ça avait du sens au moins ? Sûrement vu qu’il ne cillait pas plus que ça. Il devait bien se ficher de mon histoire, de ce que je pouvais lui raconter. Mais en tout cas, il ne le fit pas remarquer, il gardait du tact. L’avantage que ça avait, c’était qu’il parla un peu de lui, pas beaucoup, sans réellement dire quelque chose de pertinent. Mais bon, il était nouveau dans Milan alors finalement. Mais il semblait pourtant bien accoutumé à la vie nocturne. Dis-moi Elio, qu’est-ce que tu faisais avant ? Dis-moi Elio il est quelle heure ? Dis-moi Elio… qu’est-ce que tu fais ? Au simple toucher de sa main sur la mienne, la chaleur me monta immédiatement aux joues, embrasant mon visage de façon fort peu commune et fort gênante. Je retirais vivement ma main, me plongeant dans le cocktail gelé pour me rafraichir. Comment cela se faisait-il qu’un simple contact de ce genre, prodigué avec la plus grande inattention puisse me faire réagir de la sorte ? Moi-même je ne comprenais pas. Et je cherchais dans le visage d’Elio une réponse qui ne vint pas, se contentant juste de s’excuser. « Non ce n’est rien » lui répondis-je. J’étais un peu confus et j’espérais de pas avoir l’air impoli. Avec cette impression de brouillard, je ne me rendais même pas compte que je pensais des trucs stupides qui ne me seraient jamais venu à l’esprit en temps normal. M’excuser ? Mais genre je m’excusais. Et pourtant là tout de suite j’aurais été capable de le faire pour qu’il ne parte pas. C’était tout, je ne voulais pas qu’il parte, être tout seul, même en se sentant étrangement bien, c’était moins marrant, et puis mince ! Jouant l’ado moyen, j’étais venu ici pour avoir de la compagnie non ? Ces mots sonnaient bien étrangement. De la compagnie ? Il me semblait que j’aurais dû y discerner un autre sens mais je ne parvenais pas à me rappeler lequel. Juste pour rencontrer quelqu’un… Non c’était pareil, et puis je n’avais pas la tête à penser à autre chose. Ca devenait compliqué de mobiliser correctement ses idées. Au moins on était pas dérangé par des pensées parasites, mais bon.

Il fait chaud ici, non ? Je crois que le chauffage ne tourne pas, mais il fait une chaleur impressionnante.

Ah ! Ca me rassurait, au moins je n’étais pas seul ! Donc ne c’était pas tout à fait moi ! Donc finalement, ça ne pouvait pas être que l’effet de l’alcool. « Vu l’état dans lequel tu es, on te dirait que les vaches volent que tu le croirais. » Je chassais négligemment le peu de bon sens que j’avais encore. Hey, ce n’était pas vrai, j’étais parfaitement apte à comprendre ce qu’on me disait. Et puis ça semblait logique qu’il dise ça, je ne pouvais pas avoir aussi chaud sans raison. Zen, il n’y avait pas de problème. Bon, à vrai dire, peut être que ça tournait légèrement, mais rien de bien grave. Il joignit le geste à la parole en ouvrant le début de sa chemise. Mais oui, c’était ça, il avait raison. Je m’empressais de faire la même chose de façon à dégager un peu le haut et à faire un appel d’air. Je me surpris moi-même à regarder la peau qu’il venait de découvrir. Depuis quand faisais-je ça ? L’avait-il vu ? Mais je n’allais pas bien, quelle idée de faire ça. D’accord, il était la seule personne que j’avais sous les yeux. Mais c’était impoli. Et puis ce n’était pas parce qu’il était beau garçon que ça devait changer quelque chose. Oula je commençais vraiment à dérailler moi. Je m’essuyais rapidement les tempes sur lesquelles perlaient des gouttes de sueur.

Et il se leva pour aller ouvrir une fenêtre, qui peut être serait apte à faire baisser la température. Mais je ne voulais pas rester tout seul, je me retournais pour le regarder de dos. Une démarche hypnotique, un dos des plus agréables à regarder… J’avais chaud. C’était ça, j’avais chaud donc ce n’était pas la peine de baliser pour rien. Allez reviens. Pourquoi donc d’ailleurs ? Parce que je ne voulais pas être seul ? Pfff j’avais toujours été seul, je m’en porte pas plus mal. Pourtant là ça m’énervait. Il n’y avait plus personne pour me faire des cocktails. Putain je pensais encore de la merde. Il revint enfin, comme si ça faisait dix minutes qu’il était parti. Regardant mon verre presque vide, j’hésitais à lui en demander un autre. En tout cas, c’était comme si d’un coup je respirais mieux maintenant qu’il était de nouveau en face de moi. Ou à côté ? Avant il était en face ou à côté ? Je le regardais il était en face, oui mais est-ce que je tournais la tête ? Je me levais soudain, me tenant au bar à cause d’un vertige que je n’avais pas prévu.

- Je reviens…

Ce fut d’un pas que je fis des efforts pour garder droit que je me dirigeais vers la porte estampillée toilettes hommes. Je m’agrippais au lavabo en me regardant. Enfin, essayer de me distinguer, la glace était-elle sale ? Ou bien c’était mes yeux qui foiraient ? J’ouvris le robinet et pris de l’eau glacé dans les mains pour l’amener à mon visage, il fallait que je me refroidisse, j’avais les joues plus rouges que je ne l’imaginais. Je réitérais plusieurs fois l’opération, ce qui eut pour effet d’envoyer à chaque fois un peu plus d’eau sur ma chemise blanche, la rendait plus transparente par capillarité. Mais j’étais loin de m’en soucier, après tout, ça rafraichissait comme ça aussi. Mes cheveux aussi semblaient mal supporter la chaleur à rebiquer de la sorte. Je me passais une serviette sur le visage. J’y voyais un peu plus clair. Un peu. Bon. Garder son sang froid. Il ne se passait rien là bas après tout. Ce n’était pas parce qu’il me semblait que j’avais des problèmes de perception de la réalité que ça l’était vraiment. Une fois rentré à la maison ça ira mieux. Quand à savoir comment j’allais pouvoir retrouver le chemin, c’était une autre affaire. Moi, le roi de la cartographie des ruelles de Milan.

Je ressortis enfin, l’air de rien, cherchant des yeux Elio, lui faisant un sourire tout ce qu’il y avait de plus alcoolisé. Mais ça, je ne m’en étais pas rendu compte. Je ne savais même pas que je sourirais, ni même pourquoi est-ce qu’automatiquement en le voyant je l’avais fait. Tout me semblait des plus logique dans mes actes. En traversant la salle, je remarquais qu’il ne restait plus grand monde, non à vrai dire, c’était presque vide. Ba et alors ? Moi j’étais là, le bar ne fermera pas, il me l’avait dit. Je me dirigeais vers le bar et passait derrière, du même côté que se trouvait Elio. Après tout, nous étions du même côté la dernière fois. Non ? Toute façon ça ne gênait personne, et c’était plus intime pour parler. Je sentis une nouvelle fois quelque chose clocher dans cette pensée, mais j’oubliais bien vite. J’oubliais bien vite à peu près tout depuis plusieurs dizaines de minutes. Par chance, un autre tabouret se trouvait à côté du barman, peut être l’avais-je laissé là finalement. Je voulus m’y asseoir, j’étais persuadé de mon coup, mais il fallait croire que mon évaluation des distances était revue à la baisse. Je me trouvais sur le bord, je me sentis glisser et je me rattrapais à Elio, tout en tombant à moitié sur lui. Mince. Je levais la tête pour le regarder avant de me redresser brusquement et de ramasser le tabouret qui était tombé.

- Excusez-moi. Je ne suis pas comme ça d’habitude je me demande ce qui me prend, j’espère que ça va.

J’arrivais encore à parler presque normalement, même si je parlais d’une voix que je percevais différente de celle que j’avais d’ordinaire. Je n’étais pas doué et en plus j’étais doublé d’un imbécile. Je m’excusais de nouveau, hésitant à me rasseoir de peur de réitérer ma maladresse.
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Aurelio Pastore

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MessageSujet: Re: [x] [Love's Out Act I] Curiosité imbibée d'alcool [Elio]   Sam 14 Aoû - 5:45

Il était particulièrement amusant de se poser en spectateur devant un personnage faisant une danse à lui seul, avec pour seul partenaire lui-même ou plus exactement le nombre de verres ingurgités. Elio en avait vu beaucoup, des gens pompettes, des gens bourrés, d’autres complètement déchirés … Lui-même avait quelques fois trop insisté sur ses capacités et, en voulant partager avec les clients un petit verre convivial, avait rapidement tourné du mauvais côté de la barrière. Celle qui rendait l’alcool bien moins sympathique. Plus loin encore que la sensation désagréable de flotter quelque part, on ne sait où. Plus loin encore que les ridicules expressions et manifestations de légère inconscience. Le stade où même la très légère impulsion de votre sang dans les veines parait trop bruyante. Celui où vous avez beau écarquiller les yeux, vous ne distinguez plus rien. Celui où vos jambes ne vous obéissent plus du tout, et vous emmène un peu n’importe où pour faire n’importe quoi. Au-delà du coup dans le nez, la véritable cuite n’était pas agréable. Tout le plaisir s’en allait, le malaise s’installait. L’envie perpétuelle de vomir, la sensation de ne plus être là sans totalement pouvoir s’extraire de son corps, le crâne qui vous démange à le frapper contre un mur, votre visage qui gonfle, l’eau -et pas l’alcool ça serait trop beau- qui s’échappe par tous les pores de votre peau, le désir réduit à néant même devant une très jolie fille qui se plaque contre vous … Bref, ça n’avait rien de bien réjouissant. Elio évitait depuis de boire pendant les heures pleines, mais s’autorisait souvent à finir la soirée autour d’un verre, histoire de réveiller juste assez son inconscient pour pouvoir en profiter. Car ne pas abuser de l’alcool, connaitre ses limites, c’était une forme de liberté. Rien ne paraissait impossible, le sourire venait tout seul aux lèvres, le corps se faisait plus léger, la vision ne s’embarrassait plus de détails et le plaisir dominait chaque pensée.

Elio n’en était pas encore là, lui qui sentait juste le cognac le réchauffer un peu, mais Andrea était manifestement parti vers ce stade de bien être et de libération, exactement ce que le barman souhaitait lui faire découvrir. Après un petit vertige qui témoignait de son inexpérience de l’alcool, à le boire si rapidement, son client se reprit et semblait si bien qu’Elio hésitait à lui préparer encore un nouveau verre. Il ne fallait pas que la limite soit franchie, étant donné qu’il n’y avait absolument rien d’amusant à trop boire. On n’appréciait alors plus rien, pas même le goût de ses bons cocktails. Après une phrase un peu vide de sens, simplement pour répondre à Elio, Andrea eut le plaisir -ou la surprise- de recevoir une main sur la sienne. Attentif, le serveur apprécia le rouge qui vint encore souligner le visage fin d’Andrea, tout comme il se réjouit de sa réaction précipitée. Cela ne montrait pas forcément qu’il était réticent ou dégoûté. On sentait dans ce rejet une grande surprise et surtout l’incapacité de réfléchir assez pour savoir comment réagir … Il accepta ses excuses, ce qui était aussi plutôt bon signe, et se replongea dans son verre. Hum, il allait sans doute falloir un peu brusquer les choses, semblait-il. Andrea était trop ignorant peut être des habitudes de séduction, toujours est-il qu’il n’avait pas saisi au vol l’occasion de garder une main sur la sienne. Pas un seul instant Elio ne pensa que la raison était tout simplement qu’il n’en avait pas envie. Son abandon se lisait dans les yeux, son intérêt n’avait plus besoin d’être démontré, sa seule présence témoignant d’une certaine forme de curiosité envers le barman du Love’s out. Et Elio, au lieu de regretter son geste, avait brusquement envie de sourire, ce qu’il ne fit pas pour préserver son air désolé qui ne trompait qu’Andrea. Après tout, s’il lui fallait aller chercher Andrea bien plus loin que prévu, cela donnerait un défi supplémentaire et surtout un plaisir plus grand à atteindre son but. Le prédateur qui sommeillait au cœur du jeune homme se réveillait, lui qui n’avait pourtant pas l’habitude d’insister quand on ne lui sautait pas dessus. Mais débaucher un tout jeune homme pour l’entraîner sur une voie que lui-même suivait depuis bien longtemps avait quelque chose de réjouissant, d’excitant. C’était décidé, Andrea ne repartirait pas totalement indemne. Elio voulait jouer.

Et ce n’est pas Andrea qui prenait ses précautions contre ce serveur dont il ne savait rien. Naïvement, le blondinet déboutonna lui aussi sa chemise pour dévoiler avec ignorance la naissance de son cou et le début d’un torse qu’Elio devinait bien pâle. Et tandis qu’il appréciait le début de spectacle qui lui était proposé, voilà que le jeune homme surprit son client à le regarder avec les mêmes yeux curieux, un peu désireux d’en voir plus. Pas tout de suite, mon grand. Sois patient, tu n’es pas prêt à ce que je te fasse ce privilège … Et quand Elio quitta son siège pour ouvrir la fenêtre, il sentit très clairement ses yeux le fixer sans le quitter. Il se plaisait à imaginer sur quelle partie de son corps se posait le regard d’Andrea, sans risquer de se retourner. Il fallait que le jeune homme ait envie de le voir revenir, le sente glisser puis se voie rassuré de le savoir encore là. Pendant ce bref instant où le bleu pâle des iris de son client ne le fixait pas, l’invitant littéralement à venir le cueillir, Elio réfléchissait à la manière d’apprivoiser ce jeune homme peu farouche mais qui pourrait redevenir sauvage en un rien de temps. Comment faire pour l’amener à lui, l’encourager à laisser le désir monter, la raison s’envoler et le plaisir déferler en lui … C’était une question de taille, pour un séducteur qui n’avait pas l’habitude de forcer trop la main pour qu’on vienne à lui. Certes, il avait été la première fois de certains garçons. Mais tous étaient conscients de leurs actes, sans trop être arrosés de gin, et chacun d’eux avaient insistés auprès d’Elio, qui n’avait pour ainsi dire eu aucun problème à les faire profiter de ses services. Pour Andrea, cela allait sans doute être plus compliqué …

Alors qu’il revenait vers lui, Elio décida d’arrêter là la boisson. Lui-même était dans de bonnes dispositions, et Andrea semblait trop près du point de rupture pour tenter quoi que ce soit niveau alcoolémie. Après tout, le jeune homme n’avait pas l’intention de voir s’écrouler son plaisir du soir … Qui réitéra un vertige, inquiétant légèrement Elio sur son état. Ce fut d’ailleurs au tour d’Andrea de s’éloigner, en direction des toilettes. En espérant que les vomissements n’étaient pas au programme, Elio tira un autre siège du côté du comptoir, laissant ainsi toutes les possibilités à son interlocuteur, qui ne savait plus trop bien ce qu’il faisait … Parfaitement mûr, le petit Andrea. Et tandis qu’il rangeait les bouteilles d’alcool éparpillées de partout, Elio se retint de rejoindre le jeune homme. Les toilettes, assez peu glamour, même quand elles sont propres … Prenant son mal en patience, Elio s’amusait à imaginer ce qu’il se passait de l’autre côté de la porte. Comme tous ses clients un peu mûrs, Andrea devait se rafraichir dans l’espoir de faire tomber la température que la boisson instaurait et maintenait dans son corps. Cela ne servait à rien, et donnait simplement l’illusion d’aller mieux, de se réapproprier ses pensées. Les idées n’étaient pas plus claires, les gestes pas plus précis. Mais pendant quelques secondes, la morsure glacée du liquide gèlerait la progression du gin dans les veines d’Andrea, et alors il se sentirait mieux. Comme à cet instant précis où il passa de nouveau la porte située dans le fond du bar, les cheveux gouttant sur sa chemise blanche rendue déjà transparente par les éclaboussures du robinet. En ce moment exactement, Andrea venait d’être véritablement attirant pour la première fois de la soirée. Certes, il était plutôt beau à regarder, mais cela ne le distinguait pas réellement des autres. Mais cet air innocent, ce sourire soulagé de revoir Elio, en plus de cette chemise à moitié ouverte et ne cachant que peu le reste de son anatomie …

C’est sans doute là qu’Elio se rendit compte qu’il n’avait plus envie d’Andrea pour s’amuser. Les choses sérieuses allaient commencer, puisque même lui ne pouvait pas résister longtemps à une vision aussi attirante, à cette fraicheur délicatement souillée par les pensées que le barman projetait sur Andrea. Ce n’était plus un jeu, et bien que recevoir les réactions de son compagnon allait lui faire excessivement plaisir, c’était le désir qui prenait place dans le corps et l’esprit d’Elio. Il ne considérait plus son client comme un gosse curieux à qui il était amusant de servir de l’alcool. Le gamin s’était soudainement transformé en homme. Un homme qu’Elio désirait. Qu’il voulait étreindre, là tout de suite maintenant. Pendant quelques minutes, le jeune homme eut du mal à calmer ses pensées et à contenir ses pulsions. Il ne fallait pas tout gâcher maintenant, bien que son corps le pousse à accélérer la cadence. Cette vision qui s’approchait de lui, contournait le bar et se rapprochait dangereusement fit plus d’effet à Elio niveau chaleur que les verres qu’il avait descendu. Calme-toi Elio, calme-toi. Mais comment se calmer alors qu’Andrea faisait tout le contraire ? Alors qu’en voulant s’asseoir, il rata son siège et vint se rattraper à lui, s’affalant de tout son long contre son corps ? Elio n’eut pas le temps de refermer ses bras qu’Andrea se redressa, ramassa le tabouret et s’excusa. Il s’excusa. Bon sang, oui il y avait de quoi s’excuser. Pourquoi s’être brusquement redressé ? Pourquoi avoir quitté des bras qui étaient parfaitement disposés à accueillir son poids ? Elio contint donc un rire quand Andrea déclara d’une voix peu certaine

- Excusez-moi. Je ne suis pas comme ça d’habitude je me demande ce qui me prend, j’espère que ça va.

Il était encore debout, et il s’excusait. Il s’excusait de réveiller le désir d’un homme, où de ne pas le faire exprès ? Un instant, Elio se demanda si Andrea était vraiment aussi naïf que ça. Sans doute que oui, l’alcool aidant. Mais la torture était de taille. En respirant profondément pour se calmer et éviter de sauter littéralement sur Andrea, Elio fixa son regard dans celui du jeune homme et, sans prévenir, le saisit à la taille pour le hisser sur le comptoir. Pas comme on hisse un enfant, plutôt comme on rapproche un homme, comme on lui offre une place salutaire, même sur un comptoir … Celui-ci, au contraire des immenses tables que l’on pouvait voir dans les autres bars, était très bas étant donné que les tabourets de bar n’étaient pas en hauteur, et avaient une taille standard. Ce qui faisait qu’une fois Andrea assis, Elio faisait à peu près sa taille en étant debout. Et c’est avec sérieux qu’il fixa à nouveau son client, pour lui répondre d’une voix qu’il voulait posée :

- Il n’y a pas de mal, les tabourets sont instables. Vous serez mieux ici, le comptoir ne s’enfuira pas sous vos pieds.

Qu’est ce qu’il avait bien pu lui dire ? Peu importe. Il avait installé Andrea ici, et l’emprisonnait à présent de ses bras, comme un doux mais ferme écrin qui l’empêchait de s’enfuir d’un côté ou de l’autre. Légèrement penché vers Andrea, Elio laissait ses pouces effleurer légèrement les cuisses du jeune homme, les siennes étant appuyées sur les genoux d’Andrea. Prenant un air faussement contrit et embarrassé, Elio baissa la voix et déclara aussi sérieusement que possible :

- Par contre, vous avez du me froisser un muscle en tombant. Je vais être obligé de retenir un intérêt conséquent sur votre note …


Et là, gros risque. Elio se pencha en avant, et vola rapidement un baiser au coin de la bouche d’Andrea, là où la joue vient finir sa course, là où cela veut à la fois tout ou rien dire, là où Elio avait eu envie de laisser sa première marque. Comment Andrea allait-il réagir, mystère. Il espérait qu’il le prendrait plutôt bien, dans le nuage brumeux de son esprit, comme une démonstration d’amitié ou n’importe quel rituel du bar, des environs, des jeunes … N’importe quoi, pourvu qu’il ne fuie pas en courant. Peut être eut-il été plus judicieux d’attendre encore, mais Elio restait un homme et ne pouvait se contenir devant ce garçon affreusement désirable, qui plus est sans le savoir ni le vouloir. Il voulait voir ses traits encore et encore déformés par des expressions qu’il n’avait apparemment pas l’habitude d’afficher. Quitte à être un rêve, quitte à ce que tout s’arrête avec ce baiser, Elio voulait désirer Andrea, et souhaitait que cela soit réciproque. Abandonnant son air souriant et sympathique, Elio était redevenu celui qu’il était avant tout. Et il priait pour ne pas avoir à passer cette partie de la nuit totalement seul. Allez Andrea, laisse ton inconscient mener la barque, noie-toi et abandonne tes prises. Tu es perdu dans un océan de songes, et je ne suis rien de plus qu’une invention.
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Andrea Vitaly

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MessageSujet: Re: [x] [Love's Out Act I] Curiosité imbibée d'alcool [Elio]   Sam 21 Aoû - 8:19

J’ai des butterfly des émotions en pagaille
Ton visage se dessine dans les moindres détails
Un peu sonné par cette foutue bataille
Je m’accroche à tes mots dans le moindre détail

Si j’avais l’air d’un ivrogne, mes parents s’en seraient retournés dans leur tombe et je voyais d’ici Egeado riant à s’en fêler les côtes de mon état. Je n’étais pas ivre mort. Mais suffisamment pour ne plus vraiment tout comprendre, tout savoir, tout assimiler. Discerner le vrai du faux. J’avais des éclairs de lucidité, je pouvais tenir une conversation mais bon, ce n’était pas vraiment encore ça, j’étais loin d’être à cent pour cent de mes moyens habituels. J’étais juste beaucoup plus heureux et beaucoup plus à l’ouest que d’ordinaire. Je savais encore quelques trucs mais c’était trop fatiguant d’essayer de m’en rappeler, d’essayer de voir ce qui était normalement faisable ou pas. Et je m’en voulais vaguement, malgré le fait que ça fasse du bien. Je m’en voulais d’agir ainsi, je m’en voulais d’agir comme quelqu’un qui avait trop bu. Finalement, il y avait trop d’alcool. Je n’avais pas encore la bouche pâteuse, je n’avais pas encore envie de vomir, j’avais la tête qui tournait, peut être un peu plus que toute à l’heure, mais je n’avais pas dépassé la limite, ma limite. A vrai dire, je ne connaissais pas cette limite, étant donné que c’était la première fois que je buvais ainsi de façon totalement déraisonnée. Mais je ne savais pas que ça pouvait être si bon. En tout cas Elio avait compris que ça pouvait être fatal s’il me resservait un verre. Pourtant j’aurais tant aimé en boire un nouveau, c’était tellement étrange de savoir qu’on faisait de la merde, mais ne pas en tenir compte pour deux sous.

Jamais au grand jamais je ne me serais donné en spectacle de la sorte en temps normal. Ca me répugnait d’y penser. Rater ainsi le tabouret, c’était d’un ridicule sans nom, je me faisais honte. Heureusement que je ne braillais pas comme un imbécile assoiffé. Non, là je n’aurais plus jamais osé sortir de chez moi si ça avait été le cas. Il aurait fallu que je parte, que je rentre chez moi, quitte à prendre un de ces taxis milanais dans lesquels j’avais tout sauf confiance, mais je ne me voyais pas retrouver le chemin de mon appartement à pied. Et de toute façon, pourquoi aurait-il fallu que je parte ? J’étais bien ici non ? A me laisser voguer à des sensations que je ne connaissais pas, dont j’ignorais même l’existence. Cette chaleur persistante quoi que je fasse, une envie qu’elle disparaisse brusquement. Le verre qui étanchait la soif le temps d’une étoile filante, alors que celle-ci revenait toujours plus forte. Cette envie de ne pas être seul dans cette situation, de partager. Le fait de se sentir à l’aise avec quelqu’un. Il comprenait. J’étais sûr qu’il comprenait l’état dans lequel j’étais. Je n’étais certainement pas le premier à me retrouver à cette place. A me sentir un peu ridicule d’agir de travers comme ça. Et pour une fois, je ne m’en offusquais même pas. Peu importais après tout. Je pouvais bien me laisser aller. Qu’est-ce que ça pouvait bien faire ? Il ne me connaissait pas, ne me reconnaitrais sûrement plus, le bar était désormais vide, c’était une certitude. Personne n’allait cafter aux journaux peoples. Chose que je pouvais de toute façon supprimer. Il était tard, j’avais bu, je n’assimilais pas tout. Et je m’en fichais.

Et puis pourquoi mes joues avaient autant rougies, pourquoi me brûlaient-elles à ce point alors que j’avais malencontreusement raté le tabouret, alors que j’étais tombé sur Elio ? Pourquoi tout s’embrasait-il à ce point ? Etait-ce uniquement de la gêne ? Je me forçais à croire que oui, ça ne pouvait pas être autre chose. Il n’y avait aucune autre raison plausible à ce que je ressente une telle chaleur. Pourtant pourquoi est-ce qu’au fond de moi, j’avais l’impression que cette chaleur ne pourrais s’apaiser qu’en le touchant beaucoup plus que ça ? Je délirais de plus en plus. C’était la faute de l’alcool tout ça. Je n’étais pas responsable de mes actes, je n’y pouvais rien si j’agissais de la sorte. Peut être une façon de passer l’éponge sur ce qui allait ce passer. Ce qui allait véritablement se passer, je n’en savais rien, je n’avais même pas envie d’y songer, je ne me sentais pas en danger. Qui le serait dans un tel état ? Non, tout allait bien dans le meilleur des mondes. Ou presque.

Et avant que je comprenne ce qui m’arrive, je me retrouvais assis sur le comptoir où quelques minutes auparavant se trouvaient des verres. Je regardais Elio d’un air interrogateur, sans trop comprendre le pourquoi du comment. Il me donna une explication aussi bancale que les sois disant pieds du tabouret, mais à cet instant, cela me paraissait la meilleure excuse possible. Oui voila, c’était juste une façon de préserver son client, quoi de plus normal ? « Rien n’est normal dans son attitude, réveille toi Andrea tu le sais pourtant » Savoir quoi ? Non après tout je n’avais pas envie de chercher la petite bête, c’était trop compliqué. J’avais d’autres choses à gérer. Parce que ça devenait critique. A peine m’eut-il touché pour me porter, à peine eut-il posé ses mains sur mes hanches, sur mes cuisses, à peine eut-il posé son regard sur moi. Son regard qui me transperçait. Une nouvelle explosion de chaleur monta en moi. Cette chaleur n’était pas la même que celle procurée par l’alcool. Elle en était certainement la cause, parce qu’aussi loin que remontaient mes souvenirs, je n’avais jamais éprouvé pareille sensation. Elle n’était pas la même. Et Elio en était la cause. Je ne pouvais pas poser des mots que je ne connaissais pas sur ce que je ressentais. Ces mots que je n’avais pas expérimentés. Mais il fallait avouer une chose, c’était que j’avais envie d’être plus proche de lui, encore plus proche. Parce que ça n’allait plus du tout. Son regard me mettait mal à l’aise, son regard, ce n’était pas le même que le barman qu’il était avant. Un regard dérangeant, un regard différent. Je n’osais même plus le croiser. Me contentant du bas du visage. Il aurait fallu que je rentre chez moi. Genre maintenant. Partir. Non Andrea, ne te mens pas à toi-même, tu es bien ici et tu n’as aucune envie de partir. Aucune…

Ah oui, la note, intérêt, quel intérêt ? Ce n’était pas de ma faute, c’était juste… Mais avant que je puisse bégayer des explications absolument pas convaincantes, Elio s’approcha plus que de raison de moi, faisant faire à mon cœur un bond dans la poitrine alors que ses lèvres se posèrent sur ma commissure, et se retirant, comme une future promesse. Je restais interdit quelques instants. Quoi ? Enfin quoi, je savais quoi. Je n’étais pas assez torché pour ne pas comprendre ce qu’il avait fait. Mais je l’étais suffisamment pour ne pas agir comme je l’aurais fait à jeun. C'est-à-dire en lui fichant une baffe et en partant avec une promesse de procès ou toute autre sorte de menace. De toute façon si j’avais été parfaitement sobre, je ne me serais déjà pas retrouvé sur ce comptoir. Alors au point où j’en étais… Ce n’était pas méchant. Ce n’était rien en fait, pas plus qu’une faible brise. Enfin, pas tout à fait, parce qu’une faible brise ne m’aurait pas donné autant de palpitations. Et force était de constater que je n’avais pas du tout envie de partir de ses bras qui étaient posés sur moi.

La soif d’alcool plus que jamais présente quelque instant encore auparavant venait de se transformer en soif de chaleur humaine. En soif de la seule personne présente ici bas. En soif d’Elio. Ce n’était pas facile à avouer, mais c’était de lui dont j’avais envie d’être proche à cet instant T. Comme si lui seul pouvait étancher ma présente soif. Et ce mot que je connaissais dans d’autres circonstances prenait tout son sens. Frustration. Je savais que si je me rapprochais encore, j’allais pouvoir aller mieux, avoir moins chaud. En tout cas je l’interprétais comme ça vu mes réactions internes dès qu’il me touchait. Aha n’importe quoi. Ca ne se faisait pas, c’était n’importe quoi. Stop il ne fallait pas que je réponde à ses provocations. Sauf que mon pur esprit de contradiction fonctionna même avec moi-même. Ainsi je refusais de m’écouter et restait assis sur ce bar, incapable de regarder en face mon interlocuteur. Je ne voulais pas savoir, pas chercher pourquoi chaque fois qu’il me touchait, j’avais envie qu’il continue, j’avais envie de rester encore, de me presser contre lui. Rien que de penser à ça, ça me donnait encore plus chaud. Je délirais de nouveau. C’était impossible, j’étais en craquage.

Ce n’était pas désagréable, ce n’était pas si grave, ce n’était rien en fait. Et puis, vu l’état dans lequel j’étais, j’aurais tout oublié à mon réveil. Je ne considérerais ça que comme un rêve un peu bizarre. Parce que jamais au grand jamais je n’aurais pu croire que ça puisse être la réalité. Je doutais même en ce moment de l’aspect réel de ce qui était en train de se passer. Tout ce que je savais, c’était que je voulais me laisser bercer par l’atmosphère ambiante, j’avais bien le droit après tout, d’oublier la bienséance, d’oublier ce que je savais, ce qu’on m’avait appris. J’avais bien le droit de faire ce que je voulais, j’étais majeur, j’étais un Vitaly. Je me rassurais comme je pouvais alors que mon envie augmentait contre mon gré, ne pouvant être stoppé que par celui en face de moi. Soif d’alcool, soif de sa peau, soif de ses mains. Andrea tu deviens barjo, tu vas franchir une limite d’où tu ne pourras pas faire marche arrière. Oui et alors ? Cette limite je l’avais déjà franchie, sans m’en rendre compte, j’étais déjà prisonnier de ce bar, de ce barman.

Je tendis mes mains dans sa direction, mains qui glissèrent sur ses boutons de chemises, doigts un peu tremblants, un peu maladroits par l’alcool, par un résidu de gêne qui ne voulait pas s’estomper. Parce que ce n’était pas normal ce que je faisais, mais je le faisais, comme si ça avait été la chose la plus naturelle du monde à faire dans cette situation. Les boutons s’ouvraient un à un, découvrant le torse d’Elio, dont je n’arrivais pas à détacher mon regard. Quoi encore ? Je n’avais jamais été séduit par les attraits masculins, j’étais plus du style à regarder les femmes quand même. Et pourtant, à cette heure avancée, jamais un torse ne m’avait paru plus séduisant. J’arrivais à la fin de la chemise, une nouvelle bouffée de chaleur me prenant.

- C’est juste… Pour lutter contre la chaleur…

Mon excuse ne trompait personne, même pas moi qui pourtant étais prêt à croire n’importe quoi. Je n’avais pas à me justifier, l’alcool le faisait pour moi. C’était de sa faute s’il avait commencé à l’ouvrir, si c’était horriblement attirant à cet instant. Je ne savais même pas si c’était pour lutter contre le fait que lui ait chaud ou pour moi. En tout cas, moi, ça me donnait encore plus chaud. Peut être que j’aurais dû plutôt ouvrir la mienne. Je n’étais pas maitre de mes actions, pas maitre de mes pulsions de mes envies. Tout ça c’était de la faute de Vito, de la faute d’Elio qui n’aurait pas dû me faire cette promotion pour son bar, la faute de l’alcool, c’était de leur faute. Je n’y pouvais rien, j’étais innocent, et je ne pouvais pas lutter contre moi-même, contre cette envie nouvelle qui devenait dévorante. Après tout, ça ne serait qu’une fois. Une seule fois où ça se passerait. Juste une fois pour aller mieux, et puis plus jamais.
Je lui attrapais les mains pour le rapprocher de moi. Juste pour voir si ça allait mieux après, c’était juste une expérience, pour tenter pour voir. Je déclinais toute responsabilité. Alors il n’avait pas intérêt à me le faire remarquer… Mes doigts agrippèrent le bord de son col de chemise, remontèrent jusqu’au cou, au menton, aux joues. Ce n’était pas moi qui agissais, c’était contre mon gré. Et je l’embrassais longuement, avidement, alors que la sensation de frustration disparaissait un peu. C’était agréable, ce n’était pas de ma faute. C’était la sienne. Juste la sienne si j’étais comme ça. Ce n’était qu’un long rêve, qu’un long cauchemar alcoolisé. Ce n’était pas moi qui étais assis là, qui agissait ainsi. Mais ça faisait du bien. Plus que je n’aurais pu le croire.

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MessageSujet: [X]   Sam 21 Aoû - 13:44

Il était assez attendrissant, l’air un peu perdu et interrogateur d’Andrea. Il redevenait un gosse, dans ces quelques instants où son regard se perdait dans de mystérieuses interrogations, comme si un baiser devait avoir un sens profond et caché. Comme s’il lui fallait du temps pour assimiler ce geste, et plus que tout sa signification. Un vrai gamin, sur sa chaise haute et ses yeux écarquillés sur le monde des adultes. Pauvre Andrea, qui devait souvent subir cette comparaison, à cause de sa petite taille, de son air fermé et de sa manifeste incapacité à résister aux nouveautés. Avec cette réaction puérile de détourner le regard et de s’effacer, avec cette timidité évidente. Allez Andy, c’est ton heure de gloire. Selon un certain monsieur, on aurait tous au moins un quart d’heure de notoriété dans une vie, un moment où briller, où se lancer les yeux fermés d’un immeuble de six étages. C’était maintenant ou jamais pour ce jeune homme à peine sorti de l’adolescence, qui devait très certainement découvrir trop de choses à la fois pour que son cerveau assimile le tout. L’alcool, le désir, peut être même le sexe ? Jusqu’où Elio allait se sentir l’âme d’un instructeur ? Car s’il était amusant de guetter les réactions d’Andrea, il n’allait pas non plus le violer sur place. Il lui fallait son consentement, un signe. Une démonstration, une preuve que la chaleur qui devait brûler en lui n’était pas seulement due aux différents cocktails que le barman lui avait proposés. Elio désirait, Elio enviait ce corps si proche du sien, mais ne ferait pour l’instant pas plus que ce simple baiser, malgré sa terrible envie d’aller bien plus loin, tout de suite. Assouvir ses pulsions, écouter la petite voix qui lui intimait de ne pas réfléchir.

Pourtant, il réfléchissait. Ce qui n’était pas dans ses habitudes, surtout dans un moment comme celui-ci. Mais le cerveau d’Elio se mettait en marche sans qu’il en ait véritablement conscience. Réfléchir au comment, au pourquoi. Réfléchir au comment faire plaisir à un homme qui n’a strictement aucune expérience dans le domaine des relations entre personnes de même sexe. Réfléchir au pourquoi avoir envie de préserver ce dit homme, et surtout au pourquoi s’acharner. Car il était très clair qu’avant de l’embrasser, Elio aurait pu mettre Andrea dans un taxi en payant avec l’argent de son client, et lui souhaiter une bonne fin de soirée. Mais il n’en avait aucune envie. C’est pourtant ce qu’il faisait lorsqu’une jeune personne se présentait ici sans autre résolution que de boire. Pousser dans le désir, oui. Mais y traîner un inconscient suffisamment alcoolisé pour le regretter de longues heures le lendemain matin … non. Mais Andrea, Andy … Ce n’était pas la même chose. Elio ne se lassait pas des mouvements de ses mèches folles, se réjouissait à la vision de deux océans limpides troublés par l’incertitude et les vapeurs du Gin. Il voulait voir ce corps contre le sien, il voulait sentir cette chaleur brûlante pénétrer dans le moindre recoin de sa peau, il voulait approcher cette bouche dont il espérait entendre autre chose que des mots. Rechercher la moindre envie, la moindre faiblesse et l’exploiter. Quitte à perdre un client, quitte à perdre un peu de ses principes, quitte à oublier qui il était et où il était. Peu importait le bar, peu importait l’heure, peu importait le degré d’alcoolémie de son partenaire, Elio ne parviendrait plus à faire marche arrière. Il sentait le feu se propager dans les plus petits espaces de son corps, son cœur s’accélérer. Il connaissait ces signes, il connaissait les effets du désir, il savait très bien que ni lui ni son partenaire ne pourraient briser net cet enchevêtrement d’impatience et de lenteur, comme si le temps s’arrêtait à chaque seconde puis cavalait pour rattraper un retard inexistant. Avancer, reculer, refuser. On se plante, on tâtonne, on efface et on recommence tout … Vite vite, le temps passe et rien ne va assez vite pour Elio.

Il ne le savait pas, mais il le devinait. Elio sentait bien que de perdu, Andrea avait basculé dans un autre univers. Un monde où l’on se presse pour prendre son temps, un monde où le désir et le plaisir riment avec priorité. Le monde d’Elio, le monde de la nuit et des habitudes. Là où même en plein hiver, il peut y avoir quelque chose de bien plus torride que le macadam sous un soleil d’été. Quelque chose qui oscille d’avantage, au moins autant d’un mirage en plein désert. Et pourtant, quoi de plus réel que cette vérité partagée de tous, même des plus réfractaires ? L’envie guidait le monde, quiconque y cédait ne pouvait s’empêcher de recommencer, encore et encore. Alors peut être que ce qu’il était en train de faire n’était pas une si grosse bêtise que cela, avec un Andrea qui manifestement n’était pas réfractaire à ce rapprochement inopiné. Allez Andy, c’est ton heure de gloire. Espérer, pour la première fois depuis longtemps, que tout allait bien se passer. Croire, l’espace d’un instant, que l’alcool n’était pas si responsable que cela. Réaliser, furtivement, l’importance de ce qui naissait sous un baiser. Désirer, plus que de raison. Et sourire.

Sourire qui naquit involontairement, alors que les mains d’Andrea s’activèrent brusquement. Ce simple geste, cette simple avancée voulait tout dire. Elle signifiait qu’Elio avait le droit, même si son partenaire n’était pas totalement conscient de la portée de ses actes. Cela signifiait qu’il pouvait espérer toucher celui qui lui faisait face, si éloigné auparavant. Toujours trop loin, toujours trop près. Le juste milieu n’existait plus entre les deux hommes, qui entraient peu à peu dans une notion indescriptible de proximité lointaine. Très concentré sur les actes d’Andrea, le barman ne bougea pas d’un pouce lorsqu’il déboutonna sa chemise, ni lorsqu’il se justifia d’une phrase qu’Elio balaya d’un clignement de paupières. Pas plus qu’il ne réagit lorsqu’Andrea lui imposa de se rapprocher en prenant ses mains tout d’abord, puis le haut de sa chemise. Le seul moment où Elio recommença à entrer en mouvement, ce fut quand Andrea posa ses lèvres sur les siennes. En un instant, ce fut une promesse, mais également son absence. La promesse qu’il n’y en aurait pas d’autre, le serment d’un soir pas comme les autres, le scellé du désir de deux jeunes gens seuls dans un bar, à une heure indécente. Elio accepta avec plaisir cet accord muet, en laissant son visage couler entre les doigts d’Andrea pour lui rendre un baiser des plus convaincants. A sentir cette fougue irréelle, Elio devina bien que la raison de son compagnon s’était faite petite, avait accepté la situation sous demeure d’une quelconque explication vaseuse. Il fallait en effet pour certains cette part de morale, qui approuvait ou tout du moins justifiait telle ou telle dérive. Dans le cas présent, Elio remerciait grandement cette conscience si sympathique et imaginative.

Refusant de s’abandonner trop facilement et de garder la note du baiser, le temps pour Andrea de s’y habituer et peut être de réaliser que le bien être qu’il ressentait était en contradiction complète avec ses principes -bien que ceux-ci devaient être enterrés très profonds pour que le jeune homme prenne une telle initiative-, Elio réagit. Passant ses mains sur les hanches d’Andrea, il accompagnait chaque nouvelle découverte d’une tendresse toute particulière dans le baiser, afin de l’habituer à être ainsi touché par un homme. Bien que cela allait sans doute être difficile d’aller jusqu’au bout avec lui ce soir, Elio savait qu’il pouvait d’ores et déjà compter sur Andrea pour passer un bon moment. Des hanches, qu’il quitta à regret, le jeune homme passa aux flancs extérieurs des cuisses, s’y attarda quelques secondes pour venir passer par les genoux et descendre plus bas encore. Puis, changeant d’impulsion, il saisit les jambes de son compagnon et les fit passer derrière lui, de manière à ce qu’elles enserrent son bassin. Ainsi, il se retrouvait instantanément plus près d’Andrea, d’autant plus que celui-ci s’était rapproché du bord de son siège improvisé. Avec regrets, c’est à ce moment qu’Elio interrompit leur baiser pour fixer ses yeux enfiévrés dans ceux du jeune homme qui lui faisait face, qui n’avait plus rien du gamin fortement alcoolisé. Il hésita à parler, mais se dit que cela mettait d’avantage en confiance, et permettait de suivre la logique de la conscience d’Andrea, qui devait encore trouver de quoi se justifier.

- C’est surtout moi qui doit avoir moins chaud, pour le moment …

Il prononça ses mots avec un petit sourire, en désignant du menton la chemise d’Andrea. Ses mains, qui se trouvaient toujours sur les jambes du jeune homme, remontèrent lentement, l’une pour effleurer les lèvres encore brûlantes de leur précédente étreinte, l’autre pour caresser nonchalamment un cou encore bien trop couvert. Enfin, les doigts habiles du barman se mirent d’accord et se retrouvèrent pour un ballet d’une importance capitale, tandis qu’ils suivaient le même chemin que ceux d’Andrea auparavant. Bouton après bouton, la peau se révélait dans un écrin blanchâtre et humide, frissonnant quelque peu sous les douces attaques de mains bien plus chaudes que nécessaire. En un instant, Elio esquiva la difficulté des manches, en dénudant la nuque puis les épaules et enfin les bras d’Andrea, qui n’avait enfin plus rien sur le dos. Le regard et une des paumes d’Elio vinrent alors se loger quelque part sur ce torse imberbe et attirant, tous deux parcourant la peau d’Andrea de douces caresses. Se rapprocher, encore. Se rapprocher, toujours. Saisir ce corps, étreindre cette source de chaleur comme s’il fallait mourir, envelopper de désir chaque parcelle qui se dévoilait, et savourer le tout. Elio saisit les hanches d’Andrea et les ramena à lui, faisant glisser son bassin pour le coller au sien, mais surtout permettre à leurs peau d’apprendre à se connaitre. Rapidement, il enleva sa propre chemise dont il avait oublié l’existence, et laissa les odeurs de deux personnes se mélanger. L’une respirait l’aisance, la convivialité, la chaleur et la clope froide tandis que l’autre irradiait d’une naïveté et d’une sensibilité masquées par une dose plus que nécessaire de mauvais caractère. Et entre les deux, la douce musique entrainante du plaisir, le rythme mystérieux de la découverte et le tonitruant air d’un désir non contenu.

Elio ne se demandait plus comment préserver le jeune homme, ne cherchait plus à savoir si la morale de celui-ci acceptait ce qu’il se passait, ne s’interrogeait plus sur le bien fondé de ses actes ni sur la justification obscure de sa prévoyance. Il vivait le moment, la seconde, le centième de seconde présent. Tout était plus clair, tout était plus fort. Plus rien n’existait, et pourtant un monde s’emblait s’ouvrir dans un baiser, qu’Elio donnait à nouveau à Andrea. Dans le jeu de ses mains qui parcouraient le bas de son dos pour revenir de temps à autre folâtrer dans ses mèches blondes ou dans son cou, il y avait une certaine grâce doublée d’une infinie voie de possibles. Am, baiser sur les lèvres. Stram, lèvres contre joue. Gram, joue plongée dans le cou. La bouche d’Elio explorait avidement chaque recoin de peau, de peur d’en oublier. Il ne voulait pas s’arrêter, ne comptait pas s’arrêter. Il se pressait contre ce corps offert sans plus craindre qu’Andrea ne s’enfuie. Il s’attardait souvent sur les reins du jeune homme, avec des pressions insistantes non contrôlées, à peine conscientes. Bouche, mains. Lèvres, cou, hanches, dos. Une véritable leçon d’anatomie qui se déroulait sous les attentions d’Elio, sans que celui-ci ne soit capable de penser une seule seconde à autre chose qu’à Andrea. Andrea qui s’offrait peu à peu, Andrea qui frissonnait ou se réchauffait sous ses mains, Andrea qui faisait naître dans le cœur et dans le pantalon du barman un désir qui ne pouvait se manifester autrement que par cette délicieuse étreinte, ce ballet fait de doigts et de lèvres. Un véritable spectacle dont la beauté résidait essentiellement dans les sensations des deux hommes. Elio quittait progressivement le dos d’Andrea pour aventurer ses mains sur les cuisses, que ce soit sur leur intérieur ou leur extérieur, en tentant de sentir à travers le tissu cette chaleur, cette présence. Encore. Doucement. Se préoccuper de l’autre, attendre qu’il soit prêt. Trop difficile. Se contenir, se retenir. Y aller progressivement, ne pas envisager le meilleur pour l’instant et ne laisser place dans son esprit qu’à la demi-mesure, qu’au bien être d’Andrea, qui ferait naître celui d’Elio. Etreindre sans étouffer cette flamme si fragile malgré son rougeoiement. Encore.


Dernière édition par Aurelio Pastore le Lun 23 Aoû - 4:59, édité 1 fois
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Andrea Vitaly

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MessageSujet: Re: [x] [Love's Out Act I] Curiosité imbibée d'alcool [Elio]   Lun 23 Aoû - 0:17

Mille fois entrelaçons-nous
Enlaçons-nous même en dessous
Serre moi encore serre moi,
Jusqu’à étouffer de toi

Pour le peu de conscience qui me restait j’étais juste en train de me demander de quoi je pouvais bien avoir l’air ? Comme si je faisais ça à toutes les personnes que je rencontrais, dans tous les bars où j’allais. Non ce n’était pas le cas. Non c’était la première fois que ça m’arrivait. Au fond de moi j’avais peur. Une peur que des litres d’alcool ne pouvaient pas noyer. La peur de ne passer que pour un vulgaire débauché, la peur que l’on ait des fausses opinions de moi, la peur qu’on me catalogue comme quelqu’un que je n’étais pas. Et je n’étais pas ce qu’on pouvait penser légitimement que j’étais. Je n’étais pas un mec facile, je n’embrassais pas comme ça, je ne déshabillais pas les gens, je ne buvais pas. Ce n’était pas moi ça, il ne fallait pas tout mélanger. C’était la faute de l’alcool, de cette dose que je ne supportais pas, c’était mon corps qui réagissait sans que je lui demandais, c’était une envie grandissante pour l’autre que je ne pouvais éteindre. Mais c’était flippant, paniquant de se rendre compte qu’on ne pouvait rien contre ses propres envies, surtout quand elles étaient dictées par une autre substance. Et l’alcool ne révélait pas mes désirs cachés, c’était faux, c’était n’importe quoi. Je ne savais pas pourquoi soudainement Elio s’était révélé comme quelqu’un de désirable. Pourquoi ses mains me donnaient tant chaud, pourquoi ses lèvres me faisaient tant de bien. J’avais agis plus par instinct de survie qu’autre chose. Instinct qui m’avait manqué lors de ma rencontre avec Vito. Et là il me semblait que j’allais tout simplement brûler sur place si je ne l’embrassais pas tout de suite, si je ne dévoilais pas son torse. Même si lui n’avait certainement pas aussi chaud que moi. Moi je voulais voir, je voulais apprécier. Même si c’était l’alcool qui parlait, même si je craignais, je voulais juste ce soir oublier. Oublier que je pourrais passer pour une catin. Même si ça me dévorait, cette hantise de l’être.

Et puis il était un homme ! J’avais déjà embrassé des filles, au collège, au lycée, je savais ce que c’était. Mais pas un homme. Quelle idée idiote. Pourtant dans ce bar, ça me semblait la chose la plus naturelle et sensée du monde, surtout pour faire baisser un peu la fièvre tenace qui brûlait en moi. Homme femme, finalement les lèvres étaient les même. Je dirais même que les lèvres d’Elio surpassaient de loin toutes les autres que j’avais pu embrasser. Comme si je ne voulais pas les lâcher. Ce n’était rien après tout. Un baiser sans conséquence. Et c’était lui qui avait aguiché le premier. Je n’avais fait que suivre le mouvement, suivre mes pulsions. Pulsions et désir charnel. Je n’avais absolument jamais ressentis ça, c’était nouveau pour moi, pas étonnant que je prenne peur de la sorte. Surtout quand la personne en face était du même sexe. Même si de son côté ça ne semblait pas plus le déranger que ça. Il devait avoir l’habitude, ce qui n’était pas mon cas. En plus de me rendre ridicule et de passer pour un débauché, je passais aussi pour un novice en la matière. Et si je l’étais ce n’était pas la peine de me le faire encore plus remarquer.

Mais il n’avait pas l’air de m’en faire la remarque. Il était occupé à faire autre chose. A répondre à mon baiser par exemple. Pourquoi je faisais ça déjà ? Pourquoi je trouvais ça si… Agréable. Non mais ce n’était pas possible. Non je refusais de l’avouer. « Alors pourquoi tu recules pas ? » Non tais toi. Je fais ce que je veux. Il poursuivait ce baiser, que je ne rompais pas. Chaleur, encore trop de chaleur, et pourtant ça faisait tant de bien pourquoi ça me faisait cet effet ? Pourquoi pourquoi ? Surtout avec un homme. Un homme comme moi. Barman de son état. Mais un homme qui me faisait ressentir des choses que je n’avais jamais connues. Ses mains sur mes hanches, ses mains sur mes cuisses, ses mains partout. Ses mains sui glissaient, ses mains que même si je l’avais voulu, je n’aurais pas pu les retirer. Je ne pouvais pas, mon corps n’aurait pas toléré une telle absence maintenant que tout était entamé. Maintenant que la machine grippée se décoinçait petit à petit. Maintenant que la chaleur n’était plus si insupportable, maintenant que la chaleur était indispensable. Alors que je laissais le soin à l’alcool d’éponger ma culpabilité. Je pouvais bien tout oublier, tout oublier pour profiter non ? Et les quelques regains de conscience ne suffisaient pas à le repousser, à m’enfuir. Je n’avais pas envie de partir. Je voulais expérimenter, voir jusqu’où ses mains pourraient aller, voir jusqu’où mon corps pourrait tenir, voir si je pouvais dépasser mes premières limites. Elio était mon diable, celui qui me mènerait en enfer. Et où je l’y suivrais volontiers, juste le temps d’une soirée, juste avant que je reprenne conscience, juste avant que la réalité me rattrape, que l’alcool s’évapore, que le temps reprenne ses droits. Juste avant tout ça je m’oubliais.

Je m’enivrais de lui, à côté, mes verres semblaient bien fades et insipides. A côté de lui et de ses gestes, rien n’avait la même importance. Chacune de ses caresses, chacune de ses chaudes respirations, chaque seconde avec ses lèvres sur les miennes me rapprochaient d’un lieu que je n’aurais osé imaginer. Bien plus infini que les circuits informatiques, plus infini que tout ce que je connaissais. Se rapprocher encore plus de lui, alors qu’il mettait mes jambes derrière sa taille, alors que nous étions tous proches. Il pouvait certainement sentir mon cœur s’affoler et battre à la chamade dans ma poitrine. Sentir le moindre des frissons de mon épiderme, sentir mon désir qui commençait à monter de façon dangereusement exponentielle. Et lorsqu’il lâcha mes lèvres, je me sentis brusquement perdu, comme s’il manquait soudainement quelque chose d’essentiel.

Je perdais de plus en plus pieds, entre ses paroles, qui me tirèrent un étrange sourire, et ses actes, qui me firent rougir de plus belle les joues. J’embrassais machinalement les doigts qui se présentèrent à mes lèvres, comme un besoin irrépressible, j’avais besoin de le sentir contre moi. De nouveaux frissons. J’étais au bord de la noyade, les tourbillons de sensations se transformaient en typhon que je ne pouvais contenir, que je ne pouvais appréhender. Ca allait me balayer, sauf si je décidais d’abandonner. Mais je n’y arrivais pas. Malgré mes actions désordonnées et de plus en plus dictées par un corps que je ne savais contrôler, il restait toujours cette étincelle lointaine de lucidité qui brûlait toujours. Cette étincelle que j’abritais depuis toujours. Peut être que pour cette fois, elle allait s’éteindre. Peut être que cette fois, j’oublierais tout. Je n’aurais pas pu vivre normalement en sachant ce qui venait de se passer ce soir, ce qui était en train de se passer. Finalement, l’alcool avait du bon. Mon souffle se perdit un peu alors qu’Elio défaisait ma chemise comme je l’avais fait auparavant pour lui. Peut être qu’inconsciemment c’était ce que je cherchais, mais je n’avais pas prévu que tout se déroule ainsi, aussi vite, sans que je puisse mettre un frein, sans que je puisse donner mon avis. Enfin, d’un point de vue extérieur, je devais bien me douter qu’on pouvait tout à fait avoir l’impression que j’étais plus que consentant. Ce que j’étais sûrement… Si j’arrivais encore à penser correctement.

Je frissonnais, une soudaine fraicheur m’envahissant brusquement. Je n’avais tout simplement plus de chemise. Je m’étonnais moi-même de le remarquer. Mais qu’importait, tant que je pouvais rester avec lui, contre lui. Ses mains encore, ses mains diaboliques, ses mains qui brûlaient. Je le regardais, perdu, perdu dans ses yeux, perdu dans mes sensations, perdu dans mon désir. Jusqu’à quel point étais-je encore conscient de mes actes et de ce que je pouvais bien penser ? Joker. Et comme s’il lisait dans ses pensées, comme s’il pouvait comprendre le besoin quasi maladif que j’avais de le sentir près de moi, il me saisit les hanches, nos torses se rencontrant vraiment pour la première fois, alors que sa chemise avait elle aussi glissé. Mes mains timides se posèrent sur ses hanches, puis se retirèrent. Timide malgré tout. Il y avait un gouffre entre le faire et le laisser faire. Et c’était plus difficile que ce que j’avais pu imaginer. Il y avait pourtant quelque chose de frustrant à ne pas répondre, à ne pas faire. Mais même avec une dose d’alcool dans le sang, je ne pouvais prétendre m’y connaitre assez pour lui rendre. Ce n’était pas compliqué pourtant, il me suffisait de prendre exemple sur ce qu’il faisait, comme si c’était si simple à faire…

Mais je ne pouvais au final me refuser ça, mes doigts s’aventurèrent de nouveau sur ses hanches pour le serrer, l’attirer encore plus près de moi, comme s’il pouvait se fondre et calmer ce désir qui dans un autre lieu, un autre moment m’aurait fait mourir de honte. Le serrer encore, agripper de façon peut être trop peu tendre. J’essayais de me calmer, de desserrer ma prise, tant qu’il était là, tant que je pouvais sentir son odeur, sa peau, sa présence, ses mains, ses lèvres, ses lèvres encore ses lèvres, encore tout le reste. La tête me tournait, et je n’étais fixé que sur une seule chose, son visage, son cou, son torse. Elio tout entier. Même ma conscience l’avait mise en sourdine, jugeant que malgré tout ce qu’elle pourrait me dire, tous ses avertissements, ses preuves de la déviance dont je faisais preuve ce soir, rien ne pourrait m’empêcher de continuer à savourer le fait d’être dans ses bras. De façon obscure, je sentais vaguement que chez mon interlocuteur, tout s’accélérait aussi, je n’étais pas le seul à manquer de souffle, à ressentir ces frissons, cette envie quasi animale. Rassurant je ne sais pas, mais humain sûrement. Ses lèvres de nouveau, comme un second souffle salvateur, comme cette goulée d’eau, cette inspiration après l’apnée. J’avais l’impression de revivre, ou bien de tout simplement vivre. Perdu dans un désert sans nom, avec pour seule porte de sortie le barman en face de moi, je me laissais porter. Il avait gagné.

Tant de plaisir me faisait presque suffoquer et ses lèvres me semblaient le seul remède à mon malaise. Je souffrais presque de les sentir se balader sur ma peau, sentir cette fraicheur embraser ma chaire, sentir mes frissons de plus en plus violents, revenir l’espace d’un instant, fugace sur les lèvres, puis repartir ailleurs. Je mourrais un peu, j’existais beaucoup. Mes mains ne savaient pas quoi faire, tantôt elles glissaient maladroitement sur les épaules, tantôt sur le torse face à moi, jamais bien longtemps, jamais de façon certaine. Je lui caressais du bout des doigts le visage, les joues, les mèches sombres, passais sur les courbes. Je me tendis légèrement quand il posa ses mains sur mes cuisses, caressant l’endroit le plus proche de ce qui me faisait de plus en plus souffrir, ce qui me serrait sans que je n’y puisse rien. Confusément, j’attrapais ses lèvres, encore plus inconsciemment, j’ouvris la bouche, voulant me rapprocher un maximum de lui, toujours plus. Les langues se mêlèrent sans que je ressente un quelconque dégoût, chose qui aurait été impossible en temps normal. Mais là, j’étais juste en dehors du temps. Au contraire, ce contact me fit découvrir encore une nouvelle sensation, quelque chose qui faisait encore plus plaisir. La bouche ouverte, un arrière goût d’alcool des deux côtés mêlés à des goûts diverses et variés. De longs baisers alors que tout mon être s’embrasait de plus belle, alors que des mains caressaient de plus en plus mes jambes, mes cuisses. Un soupir qui monte malgré moi que je ne peux contenir, retenir, un soupir de plaisir qui franchit la barrière de mes lèvres, un « encore » muet. Je veux l’ignorer, me perdant dans ses lèvres à lui. Elio me perdra. C’était déjà fait.
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Aurelio Pastore

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MessageSujet: Re: [x] [Love's Out Act I] Curiosité imbibée d'alcool [Elio]   Lun 23 Aoû - 6:44

Garçon, fille. Homme, femme. Du pareil au même ? Pour Elio, c’était quasiment la même chose. Ce qu’il y a de bien avec le sexe sans lendemain, c’est que l’on prêtait nettement moins attention à ses partenaires. Avant, quand il associait la relation charnelle aux sentiments, il lui semblait inconcevable de faire ce qu’il était en train de faire. Car s’il pouvait sans problème partager sa couche avec des hommes, avec plaisir même, c’était avant tout car ils étaient généralement moins prise de tête. Et aussi parce qu’il était plus simple de les satisfaire sans trop fournir d’efforts. Un homme était plus simple, presque binaire, et la psychologie entrait généralement moins en compte lorsqu’ils désiraient. Une femme avait souvent besoin d’être courtisée, rassurée, placée au centre de ses préoccupations. Voilà pourquoi Elio s’était rapidement orienté vers la gente masculine. Toutefois, et même si l’idée d’éprouver des sentiments amoureux le dépassait complètement, il était persuadé de ne jamais éprouver de tendresse affective pour un homme. C’était ça, qui n’était pas normal. Partager un plaisir fugace, s’unir entre les draps ou sur une table de bar n’avait rien de répréhensible. Car les corps seuls s’exprimaient. Les réactions étaient simples et basiques, les pulsions entretenues par une réceptivité particulière aux caresses. Ce qu’il manquait aux hommes ? Pour l’amour, rien. Les puristes pourraient regretter la douceur d’une poitrine ferme et féminine, mais le galbe d’un torse plat n’avait rien à envier à cette mollesse, tant faire courir ses mains sur une surface ferme et connue était agréable. Alors oui, Elio préférait partager ses ébats avec des hommes, là où sa morale n’avait strictement rien à redire, si tant est qu’il en eut encore une.

Ce qui n’était sans doute pas le cas d’Andrea. Et Elio se réjouissait au moins autant du contact de sa peau que de cette constatation. Sans trop savoir pourquoi, lui qui préférait des amants expérimentés, il prenait plus de plaisir avec ce nouveau venu encore timide qu’avec beaucoup de ses autres conquêtes. Tout était plus marqué, dans les réactions du jeune homme. Elio pouvait sentir son souffle s’accélérer, son cœur s’envoler entre des côtes qui touchaient les siennes … Toutes ces réactions lui permettait de mieux apprécier l’instant, qu’il connaissait pourtant bien. Beaucoup diront que le sexe avec des amants de passage présente peu de variantes. Ils avaient raison. C’était parfois quelques manières, quelques caresses qui changeaient. Mais globalement, le plaisir était le même. Et en y réfléchissant quelques instants, c’était tout aussi bien. Puisque le but de s’ouvrir aux autres le temps d’une nuit, c’était ce même plaisir. Le désir qui monte toujours de la même manière était pourtant chaque fois différent, un peu. Et face à Andrea, c’était beaucoup. Rien à voir avec ce qu’il connaissait. Pas de réelles prises d’initiatives, quelques fois une réaction aussi passionnée qu’inattendue. Pas de repères ni de certitudes. La conviction profonde que tout naissait par hasard, que tout cela n’était qu’une mascarade, un rêve. L’idée absolue que cette étreinte hors du temps ne pourrait jamais avoir lieu à nouveau. Un rêve, un doux rêve qui s’écrivait au fur et à mesure, sans réel avenir arrêté. Certains pourraient penser qu’Andrea était d’avantage un spectateur entrainé dans l’arène qu’un véritable créateur. Faux. Doublement faux. Par son regard, il guidait Elio. Par ses frissons, il l’approuvait. Par ses hésitations, il l’excitait d’autant plus. Elio tout entier, si avenant et désireux, ne se basait que sur son partenaire pour caresser, embrasser, toucher, insister. Il décryptait naturellement les réactions d’Andrea, les prenait pour lui et lui répondait par un baiser, par un mouvement de poignet. Totalement à l’écoute, il se réjouissait de la couleur carmin des joues d’Andrea, de la fraicheur de ses lèvres, du voile dans son regard, des frissons de sa peau qui manifestaient le contraste entre la chaleur des corps et, subitement, le froid qui régnait dans la pièce.

Puis, sans prévenir, alors qu’Elio savourait l’effet de ses caresses, Andrea rentra dans la danse. Après avoir manifesté son envie par un premier baiser, il surpassait très certainement ses hésitations en embrassant les doigts qui le chérissaient tant, en portant avec efforts ses paumes contre un bassin toujours plus proche … Hésitation, peur. Elio aurait bien voulu ralentir la cadence, apprécier la progression d’Andrea, laisser au temps le temps de se faire. Mais comment s’arrêter maintenant ? Même avec l’expérience, c’était impossible pour lui de revenir en arrière, d’enlever ses mains de ce corps si désirable. D’ailleurs, ce n’était sans doute même pas ce qu’Andrea souhaitait. Car, si ses mains avaient un instant désertées le corps du barman, elles revenaient avec maladresse pour signifier ce désir de proximité, avec toutes ses hésitations. Pour la première fois de la soirée, Elio sentit enfin les doigts fins de son ancien client, nouvel amant, se balader sur lui, en se fixant sur des hanches accueillantes, puis en remontant, redescendant … Parcours maladroit et hésitant qui, finalement Elio le découvrait, avait beaucoup plus de charme que toutes les caresses expérimentées qu’il avait pu connaitre. Pour la première fois depuis longtemps, le jeune homme sentait qu’Andrea était vraiment pris dans le cercle du désir, dans le tourbillon du plaisir. Réagir, toucher, était sans doute pour lui bien plus lourd de sens que pour quelqu’un d’autre. Et cela avait d’autant plus de force sur Elio, qui vit le plaisir d'observer Andrea apprécier ses caresses démultipliés, si bien qu’il s’en étonna lui-même. Fermer les yeux, un instant. Et apprécier le délicat baiser de la peau d’Andrea sur la naissance de ses omoplates, sur le devant de son corps ou plus haut, sur tout ce qui s’appliquait à l’embrasser, le contempler depuis tout à l’heure.

Combien de temps avait passé depuis l’excursion d’Andrea dans les toilettes ? Elio n’aurait su le dire. Il s’en fichait d’ailleurs royalement, et souhaitait simplement que la nuit ne s’arrête jamais. Ô temps, suspends ton vol et vous heures propices, suspendez votre cours. Laissez-moi savourer les splendides délices d’un illusoire amour. Tout se mélangeait dans l’esprit d’Elio, qui ne savait plus bien si la chaleur qui flottait entre ses paumes et les cuisses d’Andrea venait de lui ou de son compagnon. Peu importait, après tout. Seul comptait ce frisson qu’il sentait naitre dans son dos, ce délicieux manifeste de sa tension et de son impatience. Auquel Andrea répondit en le surprenant une fois encore. Des lèvres qui s’entrechoquent, encore. Des bouches qui s’abandonnent l’une à l’autre, de nouveau. Des langues qui font connaissance, enfin. Elio ne se lassait pas de cette étreinte, ne pouvait satisfaire son désir, ne pouvait contenir ses envies. Il se sentait exploser, et cela se manifestait dans la fougue qu’il mit dans ce baiser, qui accompagna le déclenchement d’une énième étape. Il était temps de donner à chacun ce qu’ils attendaient tous deux depuis leur premier baiser. Satisfaction fugace, plaisir mis en gestes. Alors qu’il s’apprêtait à aller plus loin, un soupir l’arrêta dans son élan. Satisfaction enfin prononcée. Plaisir réalisé. Bonheur superbement partagé.

Le barman qu’était Elio avait l’habitude de subtils mélanges, de délicates unions toutes plus surprenantes les unes que les autres. C’était pourtant la première fois qu’il était ému devant le tel décalage entre la retenue d’Andrea et les avances qu’il lui faisait, dictées par son seul instinct. Le délicat paradoxe entre le rouge de ses joues et la pâleur de sa peau. Le splendide contresens né du soupir qu’il venait de laisser échapper et de sa timidité. Une merveille. Savourant ce très cher instant où il retrouvait tout le plaisir de satisfaire, Elio prit sa décision. Ce soir, ce serait le soir d’Andrea. Tout en lui convergeait d’ores et déjà vers sa pleine satisfaction, vers son bien être. Et cela continuerait ainsi. Point d’égoïste assouvissement ce soir, comme c’était le cas les autres soirs. Point de jubilation personnelle, mais la simple jouissance de plaire et de combler.

Sans quitter des lèvres Andrea, qui prolongeaient un baiser des plus sulfureux, Elio se fit plus insistant, plus demandeur sur les cuisses d’Andrea. Après avoir dénudé puis réchauffé son torse, il était temps de découvrir de nouveaux horizons. Avec précaution mais assurance, sa main se faufila entre les cuisses de son partenaire, pour prendre doucement connaissance avec la réplique quasiment exacte de ce que lui-même hébergeait dans un pantalon trop serré pour contenir son désir. Les habits étaient souvent de trop dans ses moments là, et tout en gardant sa paume bien placée sur ce gonflement qui ne demandait qu’à être libéré, Elio remonta sa deuxième main vers le bas ventre d’Andrea, pour tourner autour de la naissance d’un vêtement bien contraignant. Doucement, sans précipitation, il enleva le bouton, premier obstacle dans la suite des évènements. Il s’arrêta un instant pour savourer la fin du baiser. En voler quelques autres, furtivement. Fixer du regard, rassurer sans un mot. Venir poser des lèvres humides dans un cou offert, y laisser un coup de langue en souvenir. Embrasser la naissance d’une oreille, puis l’autre. Chercher toute source de plaisir, accompagner les douces caresses prodiguées bien plus bas. Puis descendre, chercher un autre chemin. Resserrer les jambes d’Andrea autour de son bassin, remonter en caressant ses doigts qui découvraient timidement le corps du barman. Doucement, sans précipitation. Baiser de ses lèvres la peau qui couvrait ce torse, s’attarder sur les côtés, entre les côtes, près du nombril … Déguster chaque parcelle, chaque odeur, chaque frisson. Doucement, sans précipitation. Baisser peu à peu la fermeture éclair qui représentait le second obstacle. Doucement, sans précipitation. Donner un peu plus de place à ce qui, Elio l’espérait, serait bientôt totalement libéré. Doucement, sans précipitation.

Il serait inutile de décrire à quel point le désir pouvait être fort, à quel point le plaisir pouvait se manifester. Il faut le vivre pour le savoir, et chercher inutilement des mots pour expliquer la chaleur d’un corps, le gonflement d’un bas ventre, l’esprit qui se perd en mille et une contemplations, le soupir qui nait au bord des lèvres pour mourir dans le silence tonitruant des respirations … Tout ça n’avait pas de sens. Et pourtant, il faut stimuler l’imagination, bien que l’on puisse laisser les amants à leur plaisir. Comme par exemple, ne pas expliquer comment les doigts subitement timides d’Elio se faufilèrent sous le premier tissu, pour effleurer très doucement d’abord puis avec un peu plus de certitudes l’objet de son désir. Il espérait qu’Andrea appréciait. Il voulait encore entendre ce soupir. Il voulait plus, bien plus. Tout à coup, le satisfaire devenait la chose la plus primordiale, la plus évidente qui soit. Lui-même n’allait sans doute pas enlever plus d’habits, ce soir. Et il lui faudrait beaucoup de contrôle de lui-même pour résister. Mais il fallait être prudent, être patient. Peut être que le jeune homme, honteux, ne reviendrait jamais ici. Peut être qu’il perdait une occasion en or. Mais tant pis, seul comptait ce soir le plaisir d’Andrea. Qui devait d’ailleurs commençait à s’échauffer, sous l’insistance d’Elio qui baladait sa main libre dans le dos de son partenaire, venant épouser les courbes de ses fesses, toujours sous le pantalon. Pantalon qui commençait d’ailleurs à glisser lentement, libérant simplement un peu plus de peau, un autre tissu, et la promesse de beaucoup de choses. Continuant le trajet instauré un peu plus tôt par ses lèvres, Elio fit de ses baisers des invitations muettes, en gravissant toujours plus les points de non retour, les frontières encore inconnues. Et ce jusqu’à ce que sa bouche vienne rejoindre sa main aux alentours des hanches, un peu plus bas peut être. A travers le dernier rempart, Elio entretenait avec application et une tendresse qu’il ne se connaissait pas l’état d’excitation dans lequel se trouvait Andrea, sans peut être s’en rendre compte. Baiser, encore. Etreinte, toujours. Proximité. Viens à moi, Andrea. Viens, perds-toi dans ce que tu découvres et laisse toi emporter par ce que je t’offre.

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Andrea Vitaly

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MessageSujet: Re: [x] [Love's Out Act I] Curiosité imbibée d'alcool [Elio]   Lun 23 Aoû - 19:18

C'est la panique mécanique de mon coeur
Loco Locomotive loco Locomotive à vapeur

Au fond de moi, j’espérais comme un ralentissement, quelque chose qui pouvait calmer ce qui se passait, en moi, en lui, en nous. Tout allait trop vite, trop vite pour que je puisse y comprendre quelque chose. Si j’avais pu lui dire de ralentir, si j’avais pu lui expliquer que je ne suivais pas. Si j’avais pu dire juste quelque chose. Mais c’était comme si j’en étais incapable, comme si mes cordes vocales s’étaient littéralement paralysées. De toute façon, si c’était pour dire quelque chose soit sans queue ni tête, soit qui me rendrait totalement ridicule, il valait mieux se la fermer. Et si mon cœur battait plus vite, c’était sûrement autant de plaisir que de panique. Si tout avait pu s’arrêter, ou du moins ralentir. Ce qu’on faisait n’était pas normal, ce qu’on faisait, ce qu’il faisait. Je m’aventurais en terrain inconnu, il était normal d’avoir peur. Moins normal dans l’état dans lequel j’étais. Ce désir qui suintait de toutes les pores de ma peau, le fait que je ne pense plus qu’à une chose, c’était lui lui et encore lui. Malgré tout, malgré mon état de confusion, malgré cette impression de flotter, de ne plus vraiment être là, de n’être que dans un rêve, malgré tout, j’avais un peu peur, malgré tout j’étais inquiet. Ca se noyait sous la pression constante qu’il m’infligeait à chaque fois qu’il me touchait. A chaque fois je me noyais pour ensuite reprendre une bouffée d’air, à chaque fois, je reprenais un peu conscience, à chaque fois, chaque battement de cils où rien ne se passait, l’angoisse revenait, présente malgré tout. Elle était là pour me rappeler à l’ordre. Pour me prouver que cette personne je ne la connaissais pas, pour me prouver que j’étais en tord depuis le début. Pour me mettre face à l’imbécile que j’étais. Mais chacun de ses baisers la faisait taire, chacune de ses caresses la brûlait, la faisait se terrer au plus profond de ma poitrine. Je l’ignorais moi-même, même si, vicieuse, elle ressortait toujours. Tout ce qui importait c’était de rester au plus près de lui, c’était d’épancher cette soif qui devenait horrible, c’était de gouter de plus belle ses lèvres que je ne voulais plus lâcher. C’était laisser mes doigts prendre un peu plus d’assurance, les laisser glisser le long du torse, le long des hanches d’Elio. Mais avant de prendre vraiment des initiatives, ils reculaient, comme pris de doute. Avais-je raison de faire ça ?

Et lui, pourquoi faisait-il ça ? Il n’avait pas vraiment la tête du psychopathe en puissance, pas la tête de celui qui voulait profiter, et puis s’il le voulait vraiment, il n’aurait pas eu besoin de grand-chose, un petit cachet dans le cocktail et je me retrouvais débarrassé de tout, pourtant le bar autrefois rempli, le bar autrefois peuplé, prouvait qu’il ne devait pas être de ce genre de barman. Elio, son souffle chaud dans mon cou, Elio ses mains sur mes hanches, Elio descendant sur mes cuisses. Elio ne pouvait pas être un sale profiteur comme on pouvait en trouver des tonnes à Milan. Elio ne pouvait pas se foutre de ma gueule. Elio ne pouvait pas faire ça juste pour l’argent. Autre manière maladroite de se rassurer d’agir ainsi avec un inconnu. Et si jamais un drame arrivait, ça aurait été entièrement de ma faute, malgré toutes les fautes que j’aurais pu rejeter. Je l’avais voulu, j’avais bu, je m’étais laissé entrainer. Je ne pouvais plus faire marche arrière. Si jamais il devait à cet instant tout arrêter, je serais proche de l’apoplexie. Si jamais je m’étais laissé abuser, il ne me resterait plus qu’à aller pleurer chez Egeado. Ou pas en fait. Il aurait été la dernière personne au courant si ça devait arriver. Pour qu’il se foute de ma gueule non merci, j’en avais déjà fait les frais. Non ce qui se passait ici ne nous appartenait qu’à nous. Et même si je devais tout oublier, même si je ne devais croire que j’avais le cerveau grippé, même si je devais m’en vouloir à vie. Rien ne tout ça n’avait d’importance face à ce qui se passait actuellement sous ma peau.

« Le temps n’a pas d’importance, seule la vie compte » Plus rien n’a d’importance, je vole. Je devais avoir l’air fiévreux. Malade. Peut être que je l’étais aussi. Le regard vague, se raccrochant à la seule source de vie présente ici. Les lèvres se raccrochant à d’autres lèvres, les langues se mélangeant sans arriver à se quitter. La découverte d’un plaisir qui n’avait rien de comparable. Poum Poum, Poum Poum. Ce pauvre cœur qui n’en peut plus de ne plus pouvoir respirer. A s’arracher de ma poitrine, à cogner si fort si violemment, à m’en couper le souffle. Et j’avais mal, ça faisait si mal d’être bien ? Ca faisait si mal que ça de se sentir à l’étroit au niveau du bas ventre ? Oui ça faisait mal. Mais on oubliait le temps d’un baiser, d’un baiser qui aurait dû durer l’éternité. On attrape encore la taille, de façon plus prononcé, pour se faire rejoindre encore plus le torse, pour que les bouches ne se séparent jamais. J’en avais besoin. « J’ai besoin d’ça ! ». Et malgré moi, je ne pus empêcher ce soupir. Nouvelle explosion de rouge sur mes joues, espérant qu’il n’est rien remarqué, sachant au fond de moi qu’il n’avait pas pu rester inaperçu, pas avec l’impression qu’il donnait de tout connaitre, de tout prédire à l’avance. Elio ne lisait pas dans mes pensées, il lisait dans les réactions de mon corps. Et c’était flippant, il savait toujours à quel endroit poser ses mains, ses lèvres, quoi faire. Il savait tout. Face à moi qui ne savait. Celui qui ne sait rien ne peut rien comprendre. Je ne pouvais comprendre comment il faisait, moi qui ignorais tout. Lui qui était à l’évidence rodé et bien plus entrainé. Il savait tout, il savait tout quand il me touchait. Et moi, je ne pouvais rien faire.

Et je tressaillis alors que sa main se faufila entre mes cuisses. Mes épaules se tendirent, mes doigts se crispèrent sur sa taille. J’étouffais un nouveau soupir, l’angoisse monta en moi. Si tout le reste d’avant j’avais pu laisser faire, j’avais pu me laisser emporter, cet endroit qu’il s’appropriait à présent me fit frissonner. Bien sûr que c’était là qu’était concentré tout le désir encore inassouvi. Mais c’était quand même… Enfin personnel. C’était gênant. Bien que le seul gêné ce n’était que moi. Angoisse qui grippe malgré tout. Essayer de ne pas y penser, d’oublier ce bouton qui s’ouvre, cette main qui se fait pressante, se perdre dans ses lèvres, chose que je pouvais déjà à peine maitriser. Trop vite. Tout allait trop vite, je n’étais pas près, je ne savais rien, j’étais ignorant, pourquoi moi ? Pourquoi alors que tu pouvais choisir quelqu’un de bien plus expérimenté ? Doigts crispés qui se détendent alors que les mains se font moins pressantes, les lèvres plus présentes sur la fin du baiser. Lèvres qui en quémandent, lèvres qui reçoivent. Et regard. Regard qui se veut rassurant de son côté, regard perdu mais plus ou moins angoissé du mien. Oui ça allait trop vite, et je n’y pouvais rien, parce qu’au final, c’était ce que je cherchais non ? A me soulager. Or j’avais peur que ça soit quelqu’un d’autre. Peur de son regard, peur de mon propre regard. Yeux suppliants de façon fugace. Allez Andrea reprend toi, ce n’est rien après tout. Rien de plus qu’Elio. Elio qui rassurait, qui embrassait. Moi qui frissonnais encore à chaque fois que ses lèvres me frôlaient. Lui qui faisait tout pour entretenir mon désir, et ça marchait. Ca ne marchait que trop bien. Je basculais ma tête en arrière alors que ses lèvres parcouraient mon torse, me mordant les miennes pour éviter un nouveau soupir intempestif. Oui c’était bon, oui ça faisait du bien, oui j’avais honte, oui j’avais chaud. Mais bordel tant pis.

Ce fut au tour du bruit métallique de m’indiquer que ma fermeture descendait, alors que je respirais légèrement plus, résultat d’avoir un peu plus de place. Mais sa main se fit plus insistante, plus caressante, et mon corps se tendit de plus en plus, résultat d’un désir toujours plus fort, toujours plus intense. Et ça faisait mal encore, mon angoisse se débattit, elle ne voulait pas partir, moi je ne voulais plus l’écouter. Oui c’était trop nouveau, oui ça faisait peur, mais le résultat pouvait être à la hauteur. Mes jambes lui serraient les reins de plus en plus fortement. Tout se jouait entre l’envie et le refus. Et la limite entre les deux était d’une extrême minceur. Un geste trop déplacé pourrait me braquer complètement, j’en avais conscience, d’un autre côté, Elio faisait justement tout pour ne pas que ça arrive. Sans ralentir totalement, il ne brûlait pas les étapes et semblait ne pas chercher son propre plaisir. Comme si tout ce qu’il voulait était uniquement de m’en faire profiter. Hélas j’aurais été bien en peine de savoir pourquoi, alors que j’étais sûr que ma théorie vaseuse n’était due qu’à mon manque de discernement actuel. Peut être qu’il prenait juste son pied en faisait ça. Il faisait ce qu’il voulait après tout car de toute façon, j’en profitais aussi. De façon coupable, mais j’en profitais.

Ma bouche s’entrouvrit, un soupir ne s’y échappa pas, je plaquais ma main dessus. Faire ça, c’était comme si mon ultime rempart venait de se briser, comme une digue sous des vagues trop violentes. Et c’était encore trop dur à accepter. J’étais en manque de ses lèvres, je voulais les avoir sur les miennes, encore et toujours. Mais elles étaient occupées ailleurs, à me frustrer encore, et toujours. A prouver le bien fondé de l’emplacement actuel de sa main. Jean qui glisse un peu, main qui caresse toujours. Chaud. Encore plus chaud. Se sentir se gonfler, se durcir. Même si je l’avais voulu, je n’aurais pas pu l’empêcher de faire ce qu’il voulait faire. Ca me semblait or de ma portée. Alors que ses lèvres embrassaient toujours plus, toujours plus bas, que sa main caressait de façon à ce que ses prochains actes me semblent indispensables. Il n’y avait pas, plus de solutions pour s’en sortir maintenant. Je ne pouvais pas attendre plus longtemps comme ça, car même alcoolisé, je sentais que c’était trop là, s’il ne le faisait pas, j’allais devoir le faire moi-même… Ailleurs.
Je me penchais sur lui, lui enlaçant les épaules, les enserrant, plongeant ma tête dans le creux de son épaule, juste à côté de son cou. Au diable le reste. Je voulais encore un peu le savourer près de moi. Mes lèvres timides embrassèrent par là, s’attardant de plus en plus, me procurant presque autant de plaisir que quand il le faisait sur moi. Sentir ses frissons à lui, c’était presque autant plaisant que de lui montrer. Mes lèvres s’attardèrent encore, plus longtemps au même endroit, long baiser sur cette peau sucrée. Sa main qui se faisait insistante, l’entrejambe qui ne demandait qu’à être enfin libérée. Même par lui. Je n’en pouvais plus, c’était un coup à devenir fou. Je lâchais mes lèvres de sa peau où je vis fugacement une légère marque apparaitre. Sans arriver à m’en vouloir, sans même en tenir rigueur. Je m’agrippais à lui comme à une bouée de sauvetage, comme s’il était la seule personne à pouvoir me sauver. Un léger gémissement s’échappa de mes lèvres avant que je puisse l’étouffer. A quoi bon se retenir, il avait compris de toute façon. Ca faisait longtemps qu’il avait compris.

Mon front contre le sien, nouveau baiser, nouvel échange de regard, qui était légèrement différent du précédent. Prouvant que je lui laissais le champ libre, mais qu’en contrepartie, il savait à quoi s’attendre s’il continuait. Je ne répondais de rien, et je pouvais tout aussi bien le repousser violemment dans la seconde qui suivait, estimant que s’en était assez. Allez Andrea laisse toi porter, ce n’est que ce que tu souhaites.
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Aurelio Pastore

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MessageSujet: Re: [x] [Love's Out Act I] Curiosité imbibée d'alcool [Elio]   Ven 27 Aoû - 6:44

Il était déstabilisant de se baser sur des impressions pour sentir le bien fondé de ses actes. Car quiconque se serait retrouvé dans la position qu’occupait actuellement Andrea -et avec la dose d’alcool qu’il avait dans le sang- aurait cessé de réfléchir. Aurait cessé de douter, d’hésiter. Pourtant, Elio voyait bien que le regard de son partenaire était totalement perdu, mitigé entre le plaisir et le peu de raison qu’il lui restait, malgré le silence qui lui était imposé. Sa résistance, sa morgue et son opinion de lui et de la bienséance devaient être particulièrement développées pour qu’il parvienne encore à lui lancer de tels regards. Des yeux demandeurs, des yeux penauds qui ne savaient plus bien quoi réclamer … Elio se perdit un instant dans leur immensité, sans plus relever la nuance de supplique qu’il y voyait. Comme il l’avait déjà constaté, s’arrêter maintenant relevait de l’impossible. Aucun des deux partis n’en avait réellement envie, aucune raison ne pourrait faire enlever à Elio ses mains des endroits qu’elles découvraient avec délice, en se délectant des réactions d’Andrea. Andrea qui soupirait, Andrea qui ne savait pas comment gérer ces déferlantes de plaisir. L’habitude n’y était pas, et le jeune homme n’avait sans doute jamais eu à se retrouver face à de telles sensations, même dans une situation plus … classique. Et Elio admirait cette première fois, qui s’était déclenchée malgré lui, au tournant d’un verre de gin. Cette initiation timide et maladroite d’un côté, tandis qu’Elio se faisait le plus calme possible. Car de son côté, ce n’était pas non plus évident. D’autant plus quand Andrea réagissait instinctivement, enfin, en laissant son corps s’exprimer à sa place. Une nuque qui se plie, révélant la naissance d’un visage tendu vers l’arrière, des dents blanches qui apparaissent pour clore une bouche trop bavarde, des jambes qui se resserrent comme un étau égoïste et significatif. Plaisir, tout simplement.

Elio se sentait lui aussi perdre pied, bien que chaque instant soit une douce torture pour lui. Se retenir n’était pas dans ses habitudes. Prendre le temps de faire accepter son corps à l’autre non plus. Mais cette tension, ce désir qu’il savait croitre de minute en minute dans tout son corps tout en sachant pertinemment qu’aucun assouvissement physique ne serait possible … Une délicieuse sensation de retenue, comme un long et très mince fil qui l’enchainait au port alors que, non loin de lui, on levait l’ancre. Ne pas partir, ne pas se laisser aller était une expérience encore inédite et délicieusement frustrante. Une première fois partagée, pour différentes raisons. Elio découvrait des sensations qui ne lui étaient pas familières, comme la tension de ses muscles qui donneraient n’importe quoi pour se délier ou encore la douleur qu’il y avait à ne pas se libérer totalement des entraves de tissu, pour libérer son corps à la nuit et au plaisir partagé. Voir Andrea ainsi lui en apportait d’autant plus sans qu’il ne puisse rien faire, et il devenait évident de minutes en minutes qu’il lui faudrait assouvir seul ce feu qui brûlait quelque part en lui, tandis qu’il en partageait un second en cet instant, dans les bras d’Andrea. Entre ses jambes fines dans lesquelles il mettait autant de force que possible, devant ce corps qui l’appelait et le repoussait dans le même temps. Cette superbe peau qui se teintait sous l’effet de la chaleur et des sensations éprouvées. Sans s’arrêter, Elio contemplait le superbe spectacle qui lui était donné de voir. Et qui le passionnait d’autant plus quand Andrea avançait, toujours plus loin. Celui-ci, partagé entre la gêne et l’inconfort de ne pas pouvoir exprimer un plaisir nouveau, s’empêchait de répondre aux caresses attentionnées d’Elio par une paume en guise de barrage, comme si ce bien maigre bastion allait être le bon, comme si d’aussi frêles fondations ne pouvaient se briser.

Et, alors qu’Elio se préparait à franchir la dernière forteresse qui menait à l’objet de son désir, il fut une fois de plus surpris par son client, timide au premier abord. Etant tout disposé à répondre à de telles avances, le barman se laissa bien volontiers aller dans les bras incertains d’Andrea. Sentant ses doigts le serrer, ne pas voir son visage mais imaginer sa joue contre son cou, ses lèvres contre sa peau … Ces simples caresses, ces simples baisers pourtant si évidents pour Elio prenaient bien plus d’importance qu’à l’ordinaire, et leur impact en était démultiplié. Sans aucune maitrise de ses réactions, Elio s’abandonna autant qu’il aurait aimé voir s’abandonner Andrea. Ses poils se dressaient là où la bouche de son partenaire passait, et quand elle le quitta, un léger bruit se fit entendre dans le vacarme assourdissant de leurs existences. Pas un soupir, ni même un son déterminé. Quelque chose qui approchait le gémissement, en plus grave, et qui sonnait presque comme une protestation, un léger regret. Encore. Celui-ci disparut bien vite quand Andrea lui répondit presque instantanément alors qu’il se cramponnait à lui comme jamais auparavant. Ce simple son, ce simple timbre de voix suffit à Elio pour reprendre ses esprits, lui qui commençait à s’abandonner dans un plaisir qu’il ne pouvait réaliser qu’à travers la satisfaction de son partenaire. Encore. Baiser à nouveau, langues qui se retrouvent après avoir souffert d’une disparition infernale et presque surhumaine. Des yeux qui se croisent encore, pour échanger un même souhait muet, un même désir d’encore, de plus. Une attente, une simple tendresse à travers cet énième baiser, qui restait tout aussi lourd de sens et puissant que le premier. Comme si leurs lèvres avaient souffert de ne pas se trouver plus tôt, comme si leurs bouches étaient destinées à se rencontrer ce soir, dans ce bar si particulier, pour vivre une expérience encore mal maîtrisée, un début de quelque chose. Ou au contraire la fin irrémédiable d’autre chose. Un prologue, un épilogue d’une histoire qui n’a jamais été écrite, mystère. L’auteur ne pouvait jouer de ses personnages à son bon vouloir, et le destin n’avait aucune part de liberté dans ce ballet incertain, dans ces hésitations maladroites, remplies d’erreurs et de doutes. La plume à la main, le paragraphe continuait de s’écrire, les mots s’alignaient dans le simple vacarme du crissement du papier. Encre indélébile ou crayon de papier ? Best-seller ou roman oublié ? Nouvelle ou véritable saga ? Chut ! Il est temps de connaitre la suite …

Suite qui s’annonçait proche, quand Elio releva le visage, se grandit pour rejoindre Andrea et ne surtout pas quitter ses lèvres. Ou quand il les quitta finalement, pour embrasser délicatement leur naissance, les joues, les tempes … Découvrant un visage qui ne lui était pas encore familier, Elio ne quittait pas l’emplacement que ses mains avaient pris d’elles mêmes. Il aurait voulu dire quelque chose, peut être. Ou peut être pas. Aucune voix, aucun mot ne pouvait briser ce délicat accord de sons dont la signification était plus évidente qu’un simple « Encore », seules syllabes pouvant s’accorder à la situation, aux sentiments aussi puissants que l’envie et l’impatience. Andrea par ci, Andrea par là. Elio couvrait de ses lèvres le visage de son partenaire, mais aussi son cou et la région près de la nuque. Encore, il revenait sur sa bouche pour échanger un dernier baiser, toujours un dernier, avant de se permettre de redescendre. Gardant ses caresses sur l’entrejambe d’Andrea comme acquises, il glissa délicatement un doigt entre le dernier rempart de tissu, effleurant avec attention la naissance des cuisses qu’il avait auparavant longuement caressées. Tout ça sur une étreinte de lèvres, encore. S’il te plait, Andrea, rêve. Rêve de ce plaisir que tu ne connais pas, invente moi si tu y tiens. Oublier l’espace d’un instant, oublier la réalité et ses contraintes. Abandonner.

Et je te quitte, pour mieux te retrouver. Elio reprit le chemin qu’il avait d’ores et déjà tracé. Suivant à nouveau les lignes du corps d’Andrea, embrassant au passage tout ce qui se présentait à lui. Caresser du bout de la langue des zones prises au hasard, réinventer le monde sur un torse, un ventre. Redessiner un corps avec la douceur d’un baiser et la chaleur d’une caresse. Quand enfin, venait le moment tant attendu. Sentant indirectement le désir d’Andrea et son besoin irrépressible d’être soulagé de ce poids, de cette tension innommable et délicieuse à la fois, Elio obéit à ses habitudes mais également à ses propres envies. Baisser lentement ce qui le gêne, faire disparaitre centimètre par centimètre tout ce qu’il y avait de superflu. Révéler, doucement mais sûrement un endroit encore inconnu et mystérieux. Découvrir cette finalité, y passer un doigt, puis un deuxième. Sans brusquer les choses, prendre le temps de baisser totalement cette bien dérangeante barrière, venir embrasser le dessus des cuisses. Elio goûtait enfin cette peau tant attendue, dégustait la chaleur qui émanait du corps d’Andrea. Rassurer, continuer d’agir en douceur puis venir, très délicatement, poser ses lèvres sur les attentes, sur l’impatience et sur les manifestations du désir de son compagnon. Guetter ses réactions, attendre une approbation. Tout en continuant de jouer légèrement, entre ses doigts et ses lèvres, des différentes sensations qu’il désirait faire découvrir à Andrea.

Mais tout d’un coup, peur de prendre trop au pied de la lettre le regard apeuré de tout à l’heure. Difficile pourtant de rassurer d’un baiser quand on est occupé ailleurs … Elio voulait aussi éviter à Andrea trop de gêne, bien qu’il eut lui-même adoré entendre ses réactions. Aussi une de ses mains remonta-t-elle le long de ce corps quasiment mis complètement à nu, pour venir effleurer un menton, une lèvre, puis l’autre. Passant deux de ses doigts dans la fine ouverture de la bouche d’Andrea, Elio caressait ce qu’il avait embrassé et embrassait ce qu’il avait caressé. Puis son poignet remonta légèrement, pour introduire le bout de sa main dans la chaleur de ce corps, afin de remplacer sa propre langue sur celle d’Andrea. Ses doigts devaient sentir encore l’alcool de la soirée, tout comme son haleine. Elio avait alors maintenant la lourde charge de folâtrer dans la bouche de son compagnon pour étouffer les sons qui le gênaient tant, et de s’occuper d’une autre partie de son corps. Sentant celle-ci manifester toujours plus de plaisir, en se gonflant au rythme des caresses de sa langue, Elio se fit plus insistant, plus présent. Cette simple mais très impudique étreinte avait ce soir quelque chose d’évident et de sensuel. L’un appuyé sur ses mains, offrant son corps avec retenue et démesure à l’autre, qui profitait de ce cadeau si agréable sans un instant penser à pousser la déchéance plus loin. Espace hors du temps, moment hors réalité. Elio ne savait plus s’il entendait véritablement, malgré ses doigts qui occupaient sagement la langue d’Andrea, les gémissements de ce dernier, s’il les imaginait … ou si c’était les siens qui s’échappaient de temps à autre. Il ne savait même plus bien avec certitude si ce qu’il faisait plaisait, tant il avait cru en avoir l’habitude. Mais se concentrer, appuyer juste ce qu’il fallait, trouver le bon rythme et combler de caresses les environs de ce bas ventre n’avait rien d’évident ce soir.

Car ce soir, tout était décalé, tout était surprenant et inattendu. Elio ne sut dire combien de temps il passa à combler Andrea des plus délicates attentions, ne savait pas répondre si on lui demandait ce qu’il avait fait en détail. Il s’était pour une fois contenté de suivre ses envies tout en respectant la retenue de son partenaire, avait lui-même pris énormément de plaisir en enserrant de ses lèvres l’objet si évident du consentement de son partenaire. Il n’aurait d’ailleurs pas pu s’attarder sur les détails de cet acte, à la fois apaisant pour Andrea et pour lui, qui tous deux brûlaient du même désir de l’autre. Elio savait simplement qu’en alliant tendresse et détermination, il avait réussi à amener Andrea quelque part, loin de ses habitudes. Qu’il avait réussi à soulager cette tension, qu’il avait vidé les forces déployées lors de leur étreinte. Oui, Elio se souvenait vaguement avoir senti la pression se concentrer sous ses lèvres, il avait senti les dents d’Andrea se resserrer autour de ses doigts. Il avait accompagné une nuque qui était partie plus que jamais en arrière, et avait précautionneusement soutenu la réalisation de ce pourquoi il avait à un moment frôlé la main de ce client si attendrissant par sa retenue et par sa silhouette qui ne convenait pas au décor. Elio en avait fait quelqu’un de plus libre, avait entrouvert une porte au moment même de l’accomplissement de tout ce désir accumulé. Andrea avait enfin libéré son corps contre celui d’Elio, et à ce moment précis, le barman s’était redressé pour embrasser avec fougue les lèvres de son partenaire, tout en saisissant la veste de celui-ci pour faire disparaitre tout ce qui aurait pu gâcher le moment, tout ce qui aurait pu témoigner de leur acte passé. Plus rien ne pouvait déclarer cet interlude de plaisir, si ce n’est le souffle court des deux jeunes hommes, le sourire d’Elio et leur baiser, qui durait et dura jusqu’à ce qu’Elio ne puisse plus inspirer suffisamment d’air pour reprendre ses esprits.

Tout était fini. Tout était terminé. Ou peut être pas, qui sait ? The end has no end. La fin n’en était pas forcément une en soi. Elio voulait bien croire au renouveau, voulait bien revoir ce visage si mitigé, ce plaisir si gêné. Après tout, une telle expérience ne se refusait jamais … Et le désir pouvait renaitre envers une même personne, pourvu qu’elle soit aussi intéressante qu’Andrea, si fragile après quelques verres. Et pendant qu’Elio prenait soin jusqu’au bout d’Andrea, en le rhabillant doucement tandis qu’il l’embrassait, le jeune homme pensait déjà à autre chose. Le lendemain. Et le surlendemain. Remonter un pantalon, refermer le bouton, rajuster une chemise qui avait fini sa course sur le plan du bar. En quittant les lèvres d’Andrea, il ne dit rien. En boutonnant sa chemise, il ne dit rien. Il se contentait de le regarder, un sourire aux lèvres. En le rendant plus présentable, il effaçait sa gêne. Doucement, il caressait la peau pendant qu’il ajustait ses habits. Puis il le quitta un instant pour déposer la veste d’Andrea sur un siège plus éloigné, reprendre sa propre chemise et la remettre rapidement. Un pas en avant, caresse d’une joue. Sourire. Epilogue. D’une voix un peu rauque, à cause du peu d’entrainement qu’elle avait eu dernièrement, Elio s’adressa à Andrea comme s’il ne s’était rien passé de si extraordinaire … Après tout, une fois la passion éteinte, malgré son désir pas totalement comblé, Elio redevenait le gentil barman, séducteur mais pas sentimental pour un sou.

- Pour le mal de tête … Pendant que j’appelle un taxi.

Saisissant une bouteille sous le comptoir, il remplit un verre d’un liquide crémeux qu’il réchauffa rapidement avant d’y ajouter une cuillère d’or pur. Lait chaud, miel. Un cocktail parfait pour éviter la gueule de bois, pour aider à dormir et à se détendre. Il tendit son verre à Andrea en y rajoutant une paille, pour la couleur, et se dirigea vers le téléphone. Un appel, un instant. Rapide, déjà oublié. Il arrivait. Fermant la soirée aussi rapidement qu’un barman fermerait la boutique et se séparerait d’un inconnu. Pourtant Elio se rassit en face d’Andrea, et lui sourit comme avant tout cela. Il le regardait, gravant en lui les détails de son visage pour se souvenir, se souvenir de cette première fois pour Andrea, mais aussi en quelque sorte pour lui, puisqu’il ne lui était jamais arrivé de s’arrêter en si bon chemin. Pendant qu’Andrea buvait sagement, Elio tentait d’imaginer ce qu’il se passait dans la tête du jeune homme, et surtout ce qui s’y passerait après une nuit de sommeil. Allait-il accepter cette situation, la refuser en bloc ? Allait-il seulement s’en souvenir ? Comment gérer cette expérience ? Elio n’en avait aucune idée, lui qui s’était persuadé avoir toujours été comme cela. En retenant un bâillement -après tout, ce n’était pas de tout repos d’étreindre un grand timide bourré-, Elio accueillit le bruit du klaxon du taxi avec plaisir. En faisant le tour du comptoir, il se rapprocha d’Andrea et sortit, comme si de rien était, la phrase la plus naturelle du monde :

- Il est temps d’y aller.

Dans ses souvenirs confus du lendemain matin, Elio se rappelait vaguement avoir accompagné Andrea dehors, l’avoir installé à l’arrière de la voiture sombre qui l’attendait avec un frisson d’angoisse devant ce véhicule déplaisant, presque horrifique. Et après ? Il avait attendu que le jeune homme décline son adresse d’un ton absent, puis il était monté se coucher. Ce qu’avait dit Andrea ? Aucune idée. Pas maintenant, pas si tôt. Revenez demain, et on verra s’il est plus disposé à répondre à vos curieuses et indiscrètes questions. Après tout, Andrea avait été sympathique mais était-ce une raison pour s’attacher ? Certainement pas. De toute façon, il ne reviendrait jamais. Allez, bonne nuit tout le monde. Bonne nuit la terre, bonne nuit la lune et à demain. Demain est un autre jour. Si semblable au précédent … Comment serait le suivant, qui serait le prochain ? C’est sans doute sur ces pensées qu’Elio monta les escaliers pour s’effondrer sur son lit, un sourire satisfait aux lèvres. C’était marrant de dépuceler un gosse, quand même. Ha ha.
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Andrea Vitaly

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MessageSujet: Re: [x] [Love's Out Act I] Curiosité imbibée d'alcool [Elio]   Mer 1 Sep - 21:08

Ce soir je t'aime amer
Demain je sens, mes yeux se brouillent
Demain ne me vient pas très clair
Alors ce soir, je vadrouille


J’aurais aimé pouvoir dire que tout le reste ne fut que silence, mais c’était impossible. De toute façon, le silence n’aurait été que plus assourdissant dans la position dans laquelle j’étais. Et même s’il ne devait y avoir plus aucun bruit, le sang qui tonnait à mes oreilles aurait brisé le silence. Ce silence qui ne se faisait pas dans ma tête. Je ne pensais plus vraiment de façon cohérente. Bon d’accord, ca faisait déjà un certain temps que je ne pensais plus de façon cohérente, mais j’avais tout simplement cessé de m’en faire. J’en étais à un point de non retour. J’étais paralysé, incapable de bouger de ce bar, je laissais faire, sans arriver moi-même à faire ou dire quelque chose. Je laissais faire. Je me laissais porter par ces sensations inconnues, des frontières dont je ne soupçonnais pas l’existence. Je vagabondais. Il n’y avait plus à penser, j’avais épuisé toutes mes inquiétudes, toutes mes interrogations. Oui c’était un autre homme mais bon, tant pis, de toute façon j’étais consentant, même si c’était clairement à cause des cocktails, je ne me rebellais pas non plus. Je n’avais plus envie de me poser la question de savoir s’il ne faisait que s’amuser, s’il avait autre chose en tête. J’avais oublié les raisons qui m’avaient poussé à venir ici. J’avais oublié mes problèmes, Vito, Egeado, le GDP, Milan. Ma gêne, même si elle était toujours présente, me semblait moins importante. Après tout, ça arrivait, à tout le monde de se sentir comme ça, et même si c’était une première fois, autant que je me sente ainsi, ça passerait sûrement mieux. Après tout, rien ne me disais qu’il y aurait rediff, rien ne me disait que je saurais dès le lendemain ce qui s’était passé. Rien ne me préparait à la suite.

Ce n’était pas tout à faire correct. Il me préparait à la suite. Il savait comment faire. Il y allait progressivement. Il faisait chavirer mon corps. Il faisait oublier mon âme. Tout n’était tendu que vers un point unique. Lui. A cet instant, n’importe qui d’autres m’aurait fait fuir, mais pas lui. Lui avec ses doigts qui avaient tant l’habitude, lui dont les étreintes avaient déjà rassurées sûrement tant d’autres personnes. Lui et ses caresses qui savaient parfaitement où se loger. Lui et ses lèvres. Ses lèvres plus enivrantes que le pire des alcools. Lui qui à cet instant paraissait indispensable. Ce qu’il pensait n’avait plus d’importance, le jeu qui se jouait avait depuis longtemps outrepassé les règles. Deux tricheurs qui se jouaient de la loi, de ce qui pouvait bien les entourer. Un jeu terrible avec des répercussions qui pouvaient être extrêmes, aussi bien en bien qu’en mal. Et l’issue demeurait dans le brouillard, comme si la destiné avait décidée un instant de se mettre en stand by, de laisser faire sans intervenir. S’amusant elle-même du spectacle qu’elle devait contempler. Et c’était comme si moi-même je devenais à mon tour spectateur. A mon tour je nous regardais. Ressentant toujours plus ces vagues qui explosaient en moi qui me serraient les entrailles, qui m’angoissaient. Ressentant ces vagues comme la plus nécessaire des finalités. Je voyais à quel point j’étais au bord de la rupture, à quel point il fallait continuer jusqu’à l’ultime Game Over. Sauf qu’il n’y aurait pas de « Try again » juste derrière. Pas avec des enjeux comme ceux-ci. Je voyais aussi Elio. Je voyais que même sans en être arrivé à mon extrémité, il montrait les mêmes signes que moi. Son souffle se raccourcissait, un bruit, comme reflet de ceux que je m’efforçais d’étouffer. Ses gestes se faisaient plus pressants, et ce n’était pas moi qui allais l’arrêter. Au contraire, il fallait qu’il continue, il fallait qu’enfin, quelque chose soit fait.

Et tout ne pouvait pas être silence. Le bruit des baisers, des respirations de plus en plus saccadées, de plus en plus désireuses, le bruit des mains qui glissaient, le bruit du plaisir contenu, le bruit du bois du bar. Tout ceci provoquait en fait un immense vacarme, quelque chose que seuls les intéressés pouvaient entendre comme tels. Et mon cœur entrait dans les danse, battant la mesure, de plus en plus fort. Se joignant à la danse de tous les autres instruments. Nos peaux moites d’envies, nos lèvres avides, ses mains sur mes cuisses, ses mains sur mon bas ventre. Ses mains encore et toujours ses mains. Mon corps qui se sent alors que ses baisers parcourent mon torse, font découvrir des endroits au plaisir insoupçonné. Moi qui me mordais les lèvres désespérément, dans un espoir ultime de ne pas le laisser tout commander. « Mmmm. » Mais ce fut comme si il avait compris de nouveau de quoi il en retournait. Comme s’il avait lu dans mes pensées aussi clairement que dans un livre d’image. Alors que sa bouche descendait de plus en plus de façon indécente le long de mon corps, alors que panique côtoyait le plaisir, alors que mes doigts se crispaient sur le bar, alors que ma bouche ne demandait qu’à s’ouvrir et à se laisser aller, je sentis ses doigts effleurer mes lèvres. Doucement, comme une promesse silencieuse, une caresse rassurante, la preuve qu’il savait ce qu’il faisait, quelque chose pour palier au manque cruel des lèvres.

Et puis il y eut trop de sensations pour tout mettre en ordre pour tout décrire. Il y avait ces doigts qui avaient le même goût que les lèvres, doigts qui obstruaient la bouche de façon suffisante pour permettre des gémissements discrets. Ces doigts que je pouvais embrasser à mon aise pour tenter d’oublier le reste, ce qui était cependant impossible. Et mes gémissements redoublés le prouvèrent sans effort. Mon corps se tendit alors que plus aucune barrière ne pouvait entraver mon désir. Mon dos se cambras, mes doigts d’agrippèrent avec plus de force au bar, ma nuque bascula en arrière alors que sa bouche me comblait d’une façon que je n’aurais pu imaginer. Ma tête tournait et même devant mes yeux fermés je voyais danser des couleurs. Un nouveau gémissement. Le mien sûrement, le sien peut être. Nouvelle déferlante de plaisir qui me crispa de plus belle. Ce n’était pas possible de ressentir des trucs pareils, ce n’était pas humain. Il n’était plus possible de penser. Juste de ressentir. Encore et toujours plus, cette chaleur qui faisait perdre les sens, la tête, ce désir, ce plaisir, ses lèvres qui allaient et venaient, mon corps entier qui se tordait. Le sang qui monte à la tête.Overdose de douceur. Elio Elio Elio. Je te hais pour ce que tu fais, je te hais pour ce que je ressens, je te hais d’être le seul à m’avoir jamais vu comme ça, je te hais de me faire oublier que je te hais.

Et puis ce fut trop. Bien trop pour que je puisse le supporter. Et en soit, c’était déjà extraordinaire d’avoir tenu jusque là. Tout mon corps sursauta, mes muscles se tendirent, ma bouche se referma de plus belle sur les doigts du barman. Avant d’avoir pu prononcer un mot pour prévenir, le trop plein de désir s’échappa enfin, accompagné d'un gémissement plus qu’éloquent, malgré la barrière qui aurait dû retenir cela. Cependant, comme pour étouffer la fin, ses lèvres se saisirent de miennes, auxquelles je répondis passionnément. Tout ce qui s’était accumulé depuis le début de cette soirée, toutes ces minutes passées à augmenter mon plaisir, mon désir, à faire monter ma température, à me faire perdre la tête. Tous ces moments de vague, ces étreintes, ces baisers, tout ce condensé qui m’avait fait ressentir quelque chose d’extrêmement fort. Tout ça venait enfin de disparaitre, comme à regret, avec un arrière goût lancinant. Une pointe d’amertume et de frustration mais une sensation proche de la découverte du paradis. Aucune gêne ne vint obstruer mes pensées alors que je sentais brusquement Elio s’affairer autour de moi.

Je basculais dans un état second différent de ce qui trainait en moi précédemment. J’eus soudain très froid. « Nous venons de subir une brusque dépressurisation » . Et le retour au sol ne se faisait pas sans mal. Après avoir plané à des lieux de là, la réalité reprenait ses droits, avec le tournis et le mal de tête qui allait avec. Elio me semblait soudainement plus distant et froid. Comme si, alors qu’il n’était qu’à quelques centimètres de moi, je n’étais pas en mesure de le toucher. La barrière qui avait éclatée en morceau venait de réapparaitre comme magie, me laissant un arrière goût plus amer que je ne l’aurais cru dans la bouche. Ses baisers n’étaient plus les mêmes, ils se voulaient plus rassurant, comme de l’oxygène, comme un somnifère. Je compris confusément qu’il me rhabillait, pour camoufler tout ça, ignorer ce qui venait de se passer. J’aurais voulu lui attraper les mains, l’attirer contre moi, recommencer ce ballet qui m’avait foudroyé. Mais d’une part je n’en avais pas la force, et de l’autre, j’avais la sensation que ça m’était interdis. Il n’y avait rien derrière tout ça. Rien d’autre que ce moment. Mes yeux papillonnèrent. Sa main encore chaude sur ma joue ralluma une étincelle que son sourire s’empressa de doucher. Un sourire différent, le sourire d’un barman. J’aurais voulu lui demander, avoir des explications, parler, l’engueuler, l’attirer à moi à nouveau. Mais les mots se bousculaient dans ma tête sans qu’un ne puisse franchir le barrage de mes lèvres, j’allais dire n’importe quoi, j’étais incapable d’articuler des pensées cohérentes. Tout ce que je retenais, c’était à quel point je pouvais avoir froid et frissonner. Le mal de tête n’était rien, la fatigue n’était rien, la gêne n’était rien. Le manque de sa peau et ses lèvres étaient tout. Mais au fur et à mesure que j’y pensais, tout m’échappait, comme si je m’éveillais d’un rêve. Je voulais rattraper ces sensations, ces souvenirs, ces pensées. Mais je n’arrivais pas à en fixer une. Que s’était-il passé déjà ? Oui avec Elio. Oui les verres d’alcool. Oui cette chaleur. Oui ce désir brûlant.

- Pour le mal de tête … Pendant que j’appelle un taxi.

Je me retrouvais avec un verre de lait dans les mains, alors que j’amenais doctement la paille à la bouche pour aspirer le mélange laitier parfumé au sucre. Du miel sûrement. Peu importait, ça faisait de bien de boire ça, tiède. Je me concentrais dessus pour ne pas défaillir. Pour ne pas que mon cerveau implose sous les interrogations que je lui infligeais. Elio reviens. Mais il était temps de rentrer, comme il l’avait si bien dit, alors que je le remerciais à peine d’un signe de tête, d’un regard pour le verre. Je n’avais certainement plus les yeux en face des trous, heureusement qu’il était là sinon tenir debout aurait été un effort que je n’étais pas prêt à fournir à l’instant T. Je reposais le verre déjà vide, je le regardais à la dérobée, avec la désagréable sensation d’oublier quelque chose de primordial. Mais impossible de poser le doigt dessus. J’aurais voulu lui attraper le bras, j’aurais voulu l’embrasser comme pour outrepasser ce goût d’inachevé. Mais le seul qui gout perdurait était à présent celui du lait, comme si celui de ses lèvres n’était plus que chimère, qu’invention. Où finissait la fiction où commençait le réel ? Ma conscience s’était réveillée, me disant tout simplement d’oublier. Le combat allait être rude pour moi qui voulais garder précieusement cette sensation si grisante que j’avais éprouvé ce soir. Mais ma volonté avait des failles, la fatigue me frappa comme une chape de plomb. Je m’installais à l’arrière du taxi en récitant l’adresse de la maison familiale d’une voix faible. Avant de m’excuser et de corriger, donnant cette fois ma nouvelle adresse, cette appartement qui semblerait froid en arrivant. Je tendis un billet au chauffeur, pour ne pas avoir à le faire en arrivant. Je jetais un coup d’œil dehors, il avait déjà disparu. Les roulis de la voiture éteignirent mes dernières résistances. Oui demain était un autre jour. Mais il serait sûrement sujet à beaucoup plus d’interrogations que la plupart des matins que j’avais eu à affronter.

Topic clos.

Elio je t’aime ! Topic un fini, la machine est en marche !
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