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 [Love's out Act II] Une veste ou un verre ? [Andy]

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Aurelio Pastore

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MessageSujet: [Love's out Act II] Une veste ou un verre ? [Andy]   Sam 28 Aoû - 15:34

Spoiler:
 

I have no belief,
But I believe.
I'm a walking contradiction,
And I ain't got no right.

Quiconque approcherait le Love’s out ce soir aurait très certainement pu dire exactement la même chose que son voisin. En arrivant, après avoir courageusement traversé la petite ruelle qui y menait, on tombait sur l’enseigne sobre mais attirante de ce bar atypique. L’emplacement était réfléchi, pour éloigner les trop curieux, et c’était avant tout une question de bouche-à-oreille qui permettait d’en découvrir les avantages. Le chemin était plutôt simple, mais il est bien connu que la majorité des habitants de la ville ont des à priori sur les minces voies d’accès, qui naissaient des artères pourtant centrales et soit disant sécurisées de Milan. Une histoire de peur, sans doute. Le noir, les murs rapprochés, parfois l’humidité des pierres oppressantes … Tout ça restait dans la tête, puisque la rue qui menait au bar de Delia Fabriosa n’était ni glauque ni suintante, et n’accueillait ni méchants loups ni dangereux énergumènes de la mauvaise flore milanaise. La patronne connaissait suffisamment de personnes pour s’éviter toute mauvaise réputation, et pourtant … Elio devait souvent ses clients aux propositions qu’il faisait parfois dans la rue en aguichant une jolie demoiselle ou en faisant un sourire ultra commercial au gentil petit couple qui passait par là … Mais revenons-en plutôt à l’aspect extérieur du bar, dont il a rarement été question précédemment. Pas très large de façade, l’établissement s’étalait d’avantage en profondeur et ne laissait ainsi pas supposer le confort qu’il était capable de proposer, avec des tables espacées et d’autres banquettes en retrait pour assurer une meilleur intimité aux nouveaux clients, ou habitués préférant s’isoler avec leur conquête du soir. C’est à peine si l’on devinait un étage, tant l’extérieur semblait sommaire. Seules les fenêtres placées très haut permettaient de se faire une vague idée de la construction, sachant tout de même que le toit était assez bas dans cette seconde partie de l’établissement.

Les briques claires cueillaient en journée les rares rayons de soleil qui s’aventuraient dans les dédales de Milan, tandis que la lueur de la lune baignait bien plus efficacement le bar d’une délicate et discrète lueur. Et ce soir là, on pouvait même apercevoir un jeune homme devant l’entrée. Il n’était pas encore très tard pour une soirée de bar, où la nuit commence véritablement au déclin des étoiles … La grosse blanche était donc encore haute, et la fumée qui s’échappait de la bouche du jeune homme tranchait alors moins dans le sombre de la nuit. Elio, puisque c’était lui, tira une autre bouffée de sa cigarette avant de souffler doucement toutes ces toxicités si chères à son cœur, laissant s’échapper de ses lèvres celles qui n’avaient pas encore eu le temps d’envahir ses poumons. Ce doux et inexplicable contraste entre la chaleur brûlante de la cigarette et le vent frais qui soufflait ce soir, agitant ses cheveux noirs, rendait la scène presque irréelle. D’autant plus qu’Elio convenait parfaitement au décor sorti tout droit d’un roman. Ses mèches brunes, plus sombres qu’à l’ordinaire à cause de sa dernière teinture qui remontait à deux jours, venaient délicatement encadrer un visage pâle et inexpressif. Il était à l’extérieur, il n’avait plus à sourire à tout le monde. Il n’était plus forcé d’étirer ses lèvres, qui étaient bien d’avantage faites pour un silence terne. Pourtant il ne se plaignait pas, bien qu’il apprécie cette pause inespérée. Delia avait tout d’un coup décrété qu’il pouvait s’offrir cette escapade, ce moment de pure félicité. Sans doute avait-elle vu sa nervosité, consécutive du manque de nicotine. Ou bien avait-elle simplement décidé d’évincer son meilleur atout afin de rester maitresse du jeu …

A cette idée, Elio ne put s’empêcher d’étouffer un rire cynique. Depuis quand avait-il une aussi haute opinion de lui-même ? Bien qu’il ne se voie arrêter son mode de vie pour rien au monde, le jeune homme savait rester lucide sur sa situation … Il passait son temps à dormir, mettre les gens face à l’entêtant et incontournable parfum enivrant de l’alcool, et les détourner occasionnellement de tout ce que en quoi la société croyait et revendiquait. Delia avait créé un rêve, son rêve. Il se contentait de le vivre. Il n’était rien dans cet engrenage de réussite, dans cette succession de conquêtes. Sa belle gueule servait-elle à peine à le faire rester, étant donné que dans Milan, les beaux gosses ne manquaient pas. Toutefois, Elio savait que quelque chose de particulier attirait la plupart des clients. Cette certitude que sa beauté n’était pas réelle, pas véridique alors qu’elle paraissait parfois être la seule vérité en ce monde fait de cocktails et de sourires. Ce soir, devant l’entrée du Love’s out, avec entre les doigts un mélange mortel qui se consumait petit à petit, Elio n’avait en effet pas l’air d’être là. Ses cheveux dont aucun reflet n’émanaient encore, jurant d’autant plus avec sa peau et ses yeux chaleureux -si contradictoires- n’arrangeaient pas le tout. La seule touche plus logique de cet océan chocolat était très certainement cette pointe faite d’or le plus froid, où l’on sentait sans le voir la dureté du métal. Pour harmoniser le tout, un habit aussi simple qu’il aimait l’être : pantalon sombre, chemise plus claire ce soir. De sa main libre, Elio remonta jusqu’au collier qui enserrait de près son cou, et perdit son regard dans la ruelle désespérément vide. Ce même collier dont tout le monde pensait connaitre une des raisons, toutes plus absurdes les unes que les autres. Au même titre que les anneaux enserrant son oreille droite, il n’y avait aucune justification à tout cela. Du moins pas d’autre que de faire jaser, et de relever ou bien casser sa peau trop fine, trop blanche. Trop tout.

D’une grimace, Elio détendit son bras gauche et l’étira devant lui, en tournant son poignet de façon à apercevoir la tache bleutée qui s’étalait aux alentours de son coude, là où sa chemise à manche mi-longues se terminait. Il aurait du cacher cela, mais la couleur n’avait pas encore fait son apparition quelques heures auparavant, et Elio n’aimait pas être gêné par la chaleur pendant le service. L’ecchymose s’installait pourtant maintenant sur sa peau, marbrant avec force son corps. Lui avait l’habitude, mais les clients un peu moins. Peut être devrait-il se passer d’un quelconque extra jusqu’à ce que cela guérisse, comme d’habitude dans ces cas là … Car la patronne était très claire, elle acceptait tout de son serveur mais refusait sans conditions qu’il mélange ses deux passe temps favoris, à savoir les nuits endiablées avec ses démonstrations physiques d’arrière bar. Il devait ce trophée à un grand gaillard, la veille au soir. Celui-ci avait un peu trop bu, et s’acharnait avec un peu trop d’impatience sur une des habituées d’Elio, ce qui l’avait rapidement fait réagir. Le dit mufle ne reviendrait plus, mais cela n’était pas une grande perte concernant un rustre qui ne comprenait pas que, même en laissant les sentiments dehors, on ne pouvait pas tout se permettre. L’altercation avait fait un bien fou au barman, qui n’en avait pas profité depuis longtemps. Rien de tel qu’un bon défouloir où son visage pouvait garder sa grise nonchalance, effaçant en quelques instants un sourire insouciant. Ce genre de marques étaient les premières qui entachaient la délicatesse de sa peau. Les deuxièmes étant d’avantage des marques d’affection … Avec un soupir, Elio vint d’ailleurs frotter celui qui persistait depuis quelques jours dans son cou.

Voilà ce que cela faisait, de batifoler avec des novices plein d’ardeur, non conscient des traces qu’ils laissaient derrière eux … Il faisait alors bien plus dragueur et léger qu’il ne fallait le montrer, surtout au dames. Ce gosse, venu et aussitôt reparti il y avait maintenant deux … non, trois jours occupa un instant l’esprit d’Elio, qui se rappelait de son visage mais que vaguement de son nom … Difficile de se souvenir de tous ceux qui ne passaient qu’une fois ici. Car il était évident que cet André … Andrew … Ou Andy, peut être. Quelle importance ? Il ne reviendrait pas, trop timide et honteux pour ça. Et franchement, encore une fois, quelle importance ? Elio jeta un œil à sa montre, tira une dernière longue bouffée de sa cigarette puis la récupéra et l’écrasa sur la façade, un peu en retrait de la porte. Il savait très bien que, même si personne ne faisait jamais attention au mur du bar, Delia allait le sermonner une fois de plus, et comme d’habitude quand il prenait un malin plaisir à marquer son territoire, comme un gosse incertain et possessif. Ou comme un chien, ce qui était d’avantage du goût de la patronne comme comparaison … Encore une fois, un sourire léger naquit sur les lèvres d’Elio. Voilà bien la seule personne qui arrivait à lui décocher une réelle manifestation de plaisir, sans feinte. La pensée de cette femme lui procurait toujours cette réaction, quel qu’en soit le contexte. En vérifiant que les cendres qu’il écrasait consciencieusement étaient bien éteintes, Elio se décolla d’un coup d’épaule de la paroi qui l’accueillait depuis déjà dix minutes. Il avait du travail. Et une surprise dans ses invités ce soir, puisqu’une silhouette avançait dans l’allée. Une silhouette qui se rapprocha, laissant filtrer des cheveux blonds et un regard clair. Reconnaissables même en pleine nuit, étant donné que les expressions particulièrement engageantes qu’Elio avait pu lire sur ce visage étaient encore proches dans ses souvenirs. Alors comme ça, il était revenu … Enjoy !


Dernière édition par Aurelio Pastore le Mar 21 Sep - 14:12, édité 1 fois
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Andrea Vitaly

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MessageSujet: Re: [Love's out Act II] Une veste ou un verre ? [Andy]   Jeu 2 Sep - 9:36

I can't remember anything
Can't tell If this is true or dream
Deep down inside I feel to scream
This terrible silence stops me


Pour la première fois depuis longtemps, je n’étais pas sûr de moi. Je l’étais probablement dans ma façon de marcher, toujours aussi déterminée, bien que moins rapide que d’ordinaire. Dans ma façon de garder la tête haute, dans les regards que je pouvais jeter. Mais intérieurement, c’était le branle bas de combat. Intérieurement mes émotions ricochaient comme des balles de ping pong, intérieurement, mon cerveau bouillonnait, intérieurement, je me demandais ce que je foutais ici. Ce que je foutais de nouveau dans une ruelle à la tombée de la nuit, ce que je foutais en me dirigeant vers un endroit où mes souvenirs me guidaient. Instinctivement. Mais si j’avais pu, j’aurais fait demi tour, je serais retourné chez moi, j’aurais allumé mon pc, j’aurais fait des crasses aux internautes, je me serais défoulé. Mais en aucun cas je ne serais retourné là, quitte à y découvrir une vérité qui dérange. Mais tout ça je ne le pouvais pas. Ca n’aurait pas été moi, c’était bien connu. La curiosité qui me bouffait, à chaque fois qu’elle n’aurait pas dû exister. Je ne pouvais pas faire abstraction, je ne pouvais pas faire comme si rien ne s’était passé… Sauf si évidemment, rien ne s’était passé. Et c’était hélas ça le problème alors que je ralentissais encore l’allure pour arriver le moins vite possible dans cet endroit que j’avais quitté quelques jours auparavant, je ne savais même plus quand. Et tout tournait autour de ces mots clés « Je ne savais plus ».

Non plus rien. Plus rien. Je me rappelais de ce matin, ou plutôt de cet après midi où je m’étais réveillé avec le plus gros mal de tête qui m’est été donné d’avoir. Et les médicaments n’y faisaient rien, j’avais été incapable de faire quelque chose de constructif dans la journée. Cependant le problème était ailleurs. Je ne me rappelais que très rarement de mes rêves. Ca arrivait comme ça de temps en temps. On émerge, on se rappelle vaguement le braquage d’une banque, une aventure fantastique loin des sentiers connus, on garde en mémoire cette sensation d’oppression ou au contraire de liberté. On se réveille suite à une chute d’un balcon, on sursaute en se faisant attraper. Tout ça, ça ne m’arrivait guère. Je n’accordais guère d’attention à mes rêves. Ce qui n’était que chimère était bon pour le rester, j’avais d’autres choses à penser la plupart du temps. Sauf que cette fois, ça avait été différent.
Je m’étais réveillé, le visage en sueur, une sensation désagréable dans le bas ventre. Mon cœur tambourinait dans ma poitrine, cognait comme s’il voulait en sortir, comme s’il voulait m’avertir. Hélas le mal de tête faisant, je n’arrivais plus à rassembler mes idées. Les bribes d’un rêve semblables à un souvenir lointain. Je veux rassembler ces fragments.Je me souvins très clairement m’être empoigné le crâne, m’être concentré jusqu’à le faire surchauffer. Je voulais savoir, je voulais pour la première fois me rappeler. Hélas les bribes n’étaient pas à la hauteur de mes attentes. Et mon visage se mit à me brûler. Des images me revenaient, toutes plus prégnantes les unes que les autres. Deux corps qui s’enlacent, des lèvres qui se joignent, des soupirs de plus en plus forts, cette montée de désir. Un tourbillon de pensées qui me donnait presque la nausée. Ca faisait mal. Ce corps qui se cambrait, ces doigts qui agrippaient. Je m’étais passé la tête sous l’eau gelée un bon moment, jusqu’à être anesthésié. Jusqu’à ce que tout redevienne comme avant. Mais contrairement à d’habitude, ce rêve si réel ne voulait pas s’estomper. Il restait ancré en moi, comme pour me prouver quelque chose.

Faisant les cent pas, un verre d’aspirine à la main, je m’étais longuement demandé. J’avais refait le trajet dans ma tête, j’avais essayé de me rappeler. Ce bar, oui, les cocktails oui, le… barman. Mais aaaah ! Le verre avait failli passer par la fenêtre alors que l’image d’Elio me revenait. Mais c’était PAS possible, c’était la preuve que ça ne pouvait être qu’un rêve ! Bordel ! Le sang me montait à la tête rien que d’y repenser ! Lui et moi ? Mais FAKE ! Comme si je pouvais m’intéresser de près ou de loin à un homme ! Et surtout faire… Faire ce qu’on… Faire ce que j’avais rêvé qu’on faisait ! Pourquoi j’avais rêvé de ça ? C’était délirant, jamais ça ne m’était arrivé ! Jamais les sensations n’étaient ressorties avec autant de violence et de réalisme. Quelque chose me disait que je ne pouvais pas avoir imaginé les détails avec autant de précision alors que je n’avais jamais rien fait. Mais bien sûr que si je pouvais. Ca avait beau sembler réel, ça ne l’était pas. Pas plus que je pouvais voler où être au cœur d’un complot interplanétaire. Ce n’était qu’un rêve. Un simple rêve après une soirée plus arrosées aux cocktails alcoolisés que je ne l’aurais voulu. Mon verre se brisa dans l’évier. Je-ne-voulais-pas-le-savoir. Ca n’avait pas pu se passer point.

Alors pourquoi malgré tout ce que je m’efforçais de penser, je n’arrivais pas à me convaincre moi-même ? Pourquoi est-ce que je sentais ma poitrine être oppressé quand j’envisageais que ça puisse être vrai ? Après au moins trois jours à avoir tourné comme un lion en cage, à la limite de la fièvre, je m’étais décidé à bouger. Il fallait bien que j’aille vérifier, quitte à descendre en flèche ensuite ce barman pour avoir fait ça. Mais je ne pouvais pas rester dans l’expectative, ça allait me tuer. Je m’étais ainsi retrouvé, un nouveau soir. Comme un nouveau commencement. Sauf que cette fois, je n’y allais pas par curiosité, je n’y allais pas pour noyer mes soucis, je n’y allais pas pour passer un bon moment. J’y allais pour savoir, pour découvrir le fin mot de l’histoire, pour réussir enfin à me convaincre, pour enfin pouvoir dormir tranquillement, au lieu de me tourner et me retourner dans mon lit en me demandant si tout s’était passé comme ça. Il fallait que je sois sûr, je prendrais des mesures à ce moment là. Le problème était que j’étais loin d’être fier. J’avais une bonne raison de venir ici. J’avais fouillé partout pour retrouver ma veste noire mais sans succès, il n’y avait qu’un endroit où elle pouvait être, et c’était dans ce bar. Mais je me sentais ridicule à revenir si ce rêve avait eut le malheur d’être réel. Je serais tout aussi ridicule de prendre ça comptant également. Le choix n’en était pas un alors que je tournais à l’angle de la rue pour apercevoir l’enseigne du Love’s Out. Pour l’apercevoir lui.

Imperceptiblement je ralentis encore alors que j’avalais ma salive. Je n’étais pas à l’aise. Loin vraiment loin d’être à l’aise. Mais ça hors de question de le montrer. D’ailleurs, le barman entra vite à l’intérieur sans me jeter un regard plus éloquent que ça. Mais ça ne me rassurait guère il fallait l’avouer, rien ne me prouvait qu’il ne faisait pas semblant. Avec une hésitation grandissante, je poussais quand même la porte du bar. La même sensation me pris qu’à mon premier passage. Des discussions, de la chaleur, des couples qui se font et se défont, un barman qui virevolte de table en table. Rien n’avait changé, tout était comme dans mes souvenirs. Je ne l’avais pas rêvé ça, c’était sûr. C’était le reste qui était moins évident. Je décidais de m’installer à une table plutôt qu’au bar que j’avais plus de difficulté à approcher, avec ce souvenir obsédant. Je gardais ma veste sur le dos, me demandant comment aborder le problème. Je n’eus cependant guère le temps qu’Elio se dirigea vers moi. Je dû faire un immense effort pour prendre sur moi et me retenir de rougir, me retenir de le secouer, me retenir de lui faire cracher le morceau, ou tout simplement de bégayer.

- Un cocktail sans alcool s’il vous plait.


Ma voix était neutre, tout comme son regard. Alors qu’il faisait volte face pour y aller je ne pus m’empêcher de le retenir.

- Attendez…

Nos regards se croisèrent. Je restais interdis, la bouche sèche, oubliant totalement ce que je voulais dire. « Que s’est-il passé il y a trois jours ce ça ici même ? » C’était inenvisageable. « Je crois que j’ai laissé ma veste ici ». Mais même ça je n’arrivais pas à l’articuler. Je refermais ma bouche comme un poisson hors de l’eau. Andrea, tu as l’air parfaitement ridicule. La ferme je sais.

- Non rien.

Oui c’était pitoyable. Je sais. Et s’il n’y avait eu personne, je me serais volontiers frapper la tête contre la table. Pourquoi est-ce que simplement le regarder me foutait dans des états pareils ? Pourquoi est-ce qu’il avait fallu que je rêve de ça ? Pourquoi pourquoi pourquoi ?
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Aurelio Pastore

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MessageSujet: Re: [Love's out Act II] Une veste ou un verre ? [Andy]   Ven 3 Sep - 5:47

[C'est nul comparé au précédent topic, shame on me c'est difficile de reprendre Elio et son sale caractère, j'essaierai de faire mieux dans le prochain]

En fait, le plus dur à négocier n’était pas l’acte sexuel en lui-même, pour Elio. Je m’explique. Entraîner un client dans son lit, avec le consentement plus ou moins éclairé des deux partis était simple. Ce qui était plus délicat dans son travail, et la seule chose qui lui demandait un soupçon de diplomatie, c’était le après. Certains voulaient une attention toute particulière, d’autres voulaient faire comme si rien ne s’était passé. D’autres enfin attendaient qu’Elio réagisse. C’était encore ça le plus dur. Deviner ce qu’ils voulaient de lui, pas forcément évident … Il se sentait parfois comme un dandy à qui on aurait donné trop de pouvoir de décision. Un jeune dandy, peureux de sacrifier des espoirs et de piétiner des désirs non formulés. Comme s’il se devait omniscient, comme s’il devait pouvoir d’un claquement de doigt ravir tout le monde. Soupir. Les gens sont ridicules, dans leurs espérances qu’ils savent insensées et qu’ils se permettent tout de même de garder dans leurs cœurs. Comme si un dieu quelconque allait apparaitre comme par enchantement et réaliser le vœu secret qui hantait leur être. Croire à l'impossible, d'accord. Mais à l'improbable ... Elio en aurait volontiers éclaté de rire, si l’arrivée du nouveau venu et l’heure ne l’avaient pas poussé à arrêter là ces élucubrations sur le monde. En voyant son petit jeune d’il y a trois jours avancer vers le bar, étant donné qu’il avait terminé sa cigarette, Elio ne s’attarda donc pas. Avoir une discussion sur le pas de la porte, aucun intérêt. La consommation avant tout. Il se retourna alors rapidement, comme une invitation pour And… Andrea ! d’entrer. En franchissant le seuil, il eut un petit sourire. Sa mémoire n’était pas aussi défectueuse, finalement. Le petit s’appelait Andrea. Il l’avait oublié à cause de ce qu’il dégageait, à savoir une irrésistible envie de ne pas revenir … Et pourtant il était là, il entrait à sa suite alors qu’Elio avait déjà repris les rênes de la salle. En un instant, il avait chassé l’odeur trop présente de la cigarette, ne laissant qu’un relent froid au fond de sa gorge, avait rajusté sa chemise sur son avant bras et réaffiché un sourire qui était ici de mise. Le joyeux, l’insouciant, le tendre Elio qui ne fléchit jamais dans sa bonne humeur et sa disponibilité. Foutaises, foutaises acceptées par tout le monde. Il n’était pas comme ça, l’avait été il y a de ça bien longtemps.

Servir du sourire, servir de la nonchalance. Et en coulisses, se demander avec une impatience de gosse comment Andrea allait réagir. Tandis qu’il servait des consommations à droite et à gauche, s’attardant plus ou moins sur tel ou tel client, Elio se repassait le film qu’il avait conçu ce soir là, voilà trois jours. Lui n’avait pas beaucoup bu, et il se souvenait pertinemment de l’état d’ébriété du jeune homme. Pour dire vrai, il avait songé à la possibilité improbable qu’Andrea oublie tout. Et sa présence ici était très certainement justifiée par ce brouillard qui avait très certainement épousé son esprit dès son réveil. Les joies de l’alcool, des premiers verres. Et de l’inconscient qui refuse. Car comment croire, quand on est un citoyen banal et sans histoires dévergondées, qu’il suffit d’un peu de gin pour sombrer dans la débauche et recevoir toutes les attentions d’un barman véreux et profiteur … Sourire, à nouveau. Plus sincère déjà. Et c’est en contenant cet amusement qu’il retourna au comptoir pour poser des verres vides, et reprendre son sérieux malgré les belles images d’Andrea submergé par le plaisir qui passaient devant ses yeux. Toujours amusant, de se souvenir. Mais il était à présent temps de servir ce client qui, s’il avait été particulier, ne l’était plus tant que ça ce soir. A sa table, Andrea semblait pourtant serein. Elio ne cherchait pas plus loin, se contentait souvent d’effleurer les réactions de ses clients pour savoir comment se comporter. Il paraissait évident que le jeune homme qu’il dévisageait d’un air neutre ne voulait pas en reparler dans l’instant. Quand il lui demanda un cocktail sans alcool, Elio dut se retenir pour ne pas éclater de rire tant la situation était comique à ses yeux, bien qu’elle ne le soit certainement pas à ceux d’Andrea. Le petit monsieur, affolé par sa première expérience, ne souhaitait pas la remettre de sitôt sur le tapis … Soit. Pour une fois, Elio allait respecter la commande d’un client et se retenir d’ajouter même une goutte de ce délicieux nectar qui avait, l’espace d’un instant, d’une nuit, libéré l’esprit d’Andrea.

Mais c’est forcément la froideur et l’attitude distante, du moins normale qui perturbait certains de ses clients, qui revenaient sur leurs décisions de passer sous silence une nuit honteuse -pour eux- ou répréhensible -pour eux. Et alors qu’il se retournait pour aller effleurer quelques bouteilles et répondre à la demande d’Andrea, celui-ci se fit tout d’un coup capricieux et lui imposa d’attendre … Ce qu’Elio, en bon serveur qu’il est, s’empressa de faire. Encore un demi-tour, pour fixer sérieusement ce client bien difficile, d’un regard interrogateur mais professionnel, qui lui demandait ce qu’il en était … Intérieurement, Elio était tout autre. On aurait dit plutôt un gamin qui, s’amusant de ce spectacle de la conscience humaine sur la morale et la honte, trépigne de connaître la suite de l’histoire et croise les doigts pour accéder à ce qu’il attend de tout cœur. Un retournement de situation. Une phrase, un geste, qui lui permettrait de jouer avec les joues encore trop pâles d’Andrea. Il était bien plus mignon en rougissant et en s’abandonnant à ses pulsions … Ce qu’il ne fit pas, bien évidemment et pour le plus grand regret d’Elio. Échec critique pour le barman du Love’s out, qui prenait cette résistance comme un défi personnel. Il refusait ? Il ignorait ? Il hésitait ? Qu’il en soit ainsi.

- Non rien.

C’est sans doute sur ces deux simples mots que tout se joua dans la tête du serveur qui, sans être excessivement intelligent loin de là, formulait le vœu de faire un jour basculer cette situation. En bon héritier de Delia, il fallait qu’il plie Andrea à l’ambiance et au credo de ce lieu. Alors, repartant sans avoir ouvert la bouche et en affichant, dès que son visage fut hors de portée du regard d’Andrea, un petit sourire amusé, Elio retourna au comptoir. Ce qu’il allait lui préparer ? Bonne question. Qui ne se posa pas longtemps. Un trait d’humour, une private joke. Un cocktail sans alcool appelé Baby Bellini et qui, avec une simple petite amélioration, conviendrait parfaitement à Andrea. Du jus de pèche à foison, toujours une note de citron pour équilibrer le sucré et l’acidité d’un mélange, indispensable au palais. On y rajoutai après cela une dose variable de cidre sans alcool, boisson plus forte qu’un jus de fruit mais qui n’avait pas le magnifique avantage de faire tourner des têtes. Et enfin, touche finale, Elio versa quelques cuillères de sirop d’érable pour donner une consistance un peu moins liquide et un goût plus délicat. Satisfait de sa préparation, Elio retourna en salle et s’approcha d’Andrea, posa sa commande devant lui et s’apprêta à repartir, puis feinta l’illumination et se retourna une fois de plus vers le jeune homme, un air parfaitement naturel et détaché sur le visage …

- Je crois que je dois avoir gardé votre veste, oubliée l’autre soir …

C’était dit. Cette veste. Un bout de tissu qui révélait toute son importance dans un simple décor pourtant familier. Une veste qui voulait dire beaucoup de choses pour Elio. Seule preuve du passage d’Andrea ici, et pour le barman, seule preuve de leurs ébats. Il avait demandé à Delia la faveur de faire disparaitre les taches indécentes qui parsemaient la luxueuse matière. Aussitôt dit, aussitôt fait. Elle était à présent comme neuve, mais respirait pour Elio quelque chose de différent. Une bien agréable soirée suintait des coutures et des replis. Il n’alla cependant pas la chercher tout de suite, s’amusant à détailler le visage de son client. Cela allait-il lui faire revenir en tête toute la soirée ? Peut être pas. Tant pis. De toute façon, si Elio portait autant d’intérêt à un simple client, c’était uniquement par jeu et par amusement. Andrea l’amusait, et tant que ce serait le cas … Eh bien pourquoi ne pas en profiter ? C’était sans doute la seule qualité que le gosse pourrait lui apporter, étant donné que son caractère une fois sobre n’avait pas l’air particulièrement divertissant. Il aurait peut être du recommencer le gin, finalement. Sauf que cette fois ci, il se serait certainement douté de quelque chose. Zut. Comment amener ce trop rigide adolescent là où il voulait l’emmener, dans son monde de débauche et de plaisir ? Là où la vie prenait tout son sens. Un jour, peut être.
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Andrea Vitaly

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MessageSujet: Re: [Love's out Act II] Une veste ou un verre ? [Andy]   Lun 13 Sep - 14:23

I can see how you are beautiful,
can you feel my eyes on you,
I'm shy and turn my head away /.../
Talk to me, show some pity
You touch me in many, many ways
But I'm shy can't you see.
Je me renfrognais. Je n’aimais pas mon attitude, je n’aimais pas être ici, je n’aimais pas avoir à le regarder, je n’aimais pas me retenir de rougir. Mais alors qu’est-ce que je foutais là ? Il fallait que je sois là il le fallait c’était tout. Je ne pouvais pas rester sans rien faire chez moi à m’arracher les cheveux sur ce rêve bidon. Mais là tout de suite, je n’avais qu’une envie, c’était de me coller des baffes. J’étais sûr que si je lui avais demandé, Egeado l’aurait fait de bon cœur, mais la question n’était pas là. Je me sentais mal à l’aise et malgré mon possible pour le cacher, il l’avait sûrement remarqué. Mais comme rien ne s’était passé, il n’avait aucune raison de m’en demander la raison. Il respectait la vie privé de ses clients c’était ça oui. Il agissait comme n’importe quel barman. Déjà que j’avais eu l’air suffisamment bizarre en le rappelant sans aucune raison. Il ne devait même pas se souvenir de moi. Déjà trois jours non ? Il voyait des têtes différentes tout le temps, il ne devait connaitre que les habitués, ce dont je ne faisais pas parti. Il m’avait simplement servi quelques cocktails, on avait échangé quelques mots. Il faisait ça avec tout le monde, il devait encore moins se rappeler de mon prénom. Pourtant moi je me rappelais tellement du sien, comme si je l’avais murmuré pendant des heures comme si… Je fus soudainement à deux doigts de me précipiter aux toilettes pour me foutre la tête sous l’eau. Hey, je n’avais pas à rougir, c’était ridicule. Que s’était-il passé après les verres ? Peut être que je m’étais effondré sur la table, peut être que j’avais fais des trucs étranges, est-ce que j’avais vomi ? Non je ne sentais pas bizarre le matin. Et Elio aurait sûrement fait une autre tête si j’avais cassé la moitié du mobilier. Non il avait simplement appelé un taxi qui m’avait ramené à la maison. Il ne s’était rien passé d’autre point. Le reste n’était que pure divagation à cause de l’alcool, je ne voyais que ça. Je n’avais pas l’habitude de boire et encore moins de faire des rêves de ce genre, la concordance ne faisait aucun doute.

Je le regardais à la dérobé, alors qu’il était de dos. Et ce n’était pas parce qu’il était bien foutu que j’avais une raison de rêver de truc pareil. Putain j’avais rien à faire ici, ce n’était pas mon univers, ce n’était pas les endroits que je fréquentais. « Mais alors où est passé ton envie de découvrir le monde de la nuit ? » La-ferme. C’est mon problème, la prochaine fois j’irais dans un autre bar, ailleurs, avec un barman qui se souvient de ses clients, qui ne reste pas de marbre alors qu’on est déjà venu, alors qu’on parle. « Tu t’enflammes, tu te fais des films ». J’avais parfaitement le droit d’être vexé par son attitude, c’est vrai pour qui il se prenait à la fin ? Ca m’agaçait, je me sentais mal, j’avais pas envie de rester bien que je restais solidement ancré dans mon fauteuil. Il me fallait ma veste, juste ma veste et je partirais. Je m’avachis plus profondément dans ce divan confortable et croisais les bras. Attitude purement puéril de refus de dialogue. Ouais et alors ? C’était lui là, lui lui et encore lui. Foutu barman qui me prenait la tête. Si seulement je pouvais effacer d’un coup de baguette magique cette soirée et ce rêve. Mais dans ce cas là, j’aurais sûrement effacé plein d’autres choses, à commencer par la mort de mes parents, puis Egeado, et enfin Vito. Si tout ça avait dégagé, tout serait tellement mieux. « C’est vrai tu voudrais effacer ce « rêve » et ce que tu as ressentis ? »Il fallait vraiment croire que j’avais un espèce de Jiminy cricket dans la tête pour me coller en face des choses dont je ne voulais pas entendre parler. A chaque fois que je niais quelque chose, il y avait toujours cette voix me disant le contraire, ou me faisant me douter, me mettant simplement en face de la vérité. Celle que je refusais la plupart du temps d’accepter.

Je lui jetais un nouveau coup d’œil alors qu’il était concentré sur ses verres. Coup d’œil qui se prolongea malgré moi alors que je le regardais verser avec attention diverses bouteilles avec une dextérité peu commune. Un art. Un ballet. Que j’avais déjà admiré, je le savais, mais jusqu’à quel point ? Ses cocktails qui étaient si bons, ses cocktails pour lesquels je me serais damné. Alors qu’il relevait la tête, je m’empressais de détourner la mienne. Il ne manquerait plus que ça, qu’il me surprenne à l’observer. J’aurais l’air de quoi moi dans ce cas ? Mon regard glissa sur la salle. Des couples, partout des couples. Ou presque. Il y avait bien des gens seuls, mais on se doutait que ça n’allait pas continuer comme ça. C’était ça les bars aussi, c’était peut être la cause de ce rêve. Pour un peu je me serais caché le visage entre mes doigts. Mais j’avais l’air de quoi ? Débile, stupide, gamine en fleur. Putain j’avais qu’une envie c’était rentrer à mon appart, me foutre devant mon pc et oublier, aller sur cette stupide chatbox avec des gens tout aussi stupides dessus mais au moins yavait pas les problèmes de la vie réelle dessus ! Dessus il n’y avait pas Vito, Sôma, Aya et toutes ces conneries. Dessus, il n’y avait pas Elio…
Deux trois verres passèrent entre des mains et il se dirigea vers moi. En plus j’étais le dernier quelle impolitesse. Alors que je n’avais pas à être vexée pour ça. Tellement pas, il n’y avait aucune raison. Je me retins cependant de me jeter à corps perdu sur mon verre. Ca avait l’air si bon. Au moins autant que les précédents. Et sans alcool, sans aucune manière de perdre l’esprit, et de le regretter après. Et pourtant ce n’était que ça, un verre. Je ne représentais que ça. C’était normal, j’étais un client, on n’avait jamais rien partagé. C’était moi qui me montais la tête pour rien à cause d’une impression tenace un beau matin. C’était trop gavant. Et alors que je m’apprêtais à lui demander d’attendre encore, il se retourna de lui-même, comme ayant oublié quelque chose. Je levais les yeux vers lui.

- Je crois que je dois avoir gardé votre veste, oubliée l’autre soir …

- Ah.

Je ne pus m’empêcher de le dire. Ce n’était que ça. Non, bien sur, c’était important, c’était même pour ça que j’étais venu à l’origine, pour récupérer cette foutue veste. « C’est vraiment que pour ça ? ». Évidemment. Comme si ça pouvait m’intéresser ce qu’il faisait de ses journées. Comme si j’avais envie qu’il reste avec moi sur le canapé, comme si j’avais envie qu’on discute. Moi , discuter avec un simple barman ? N’importe quoi, j’ai une réputation à tenir, je parle pas à n’importe qui. Je… Dis de la merde. Je sais. Bon il fallait peut être que je dise quelque chose là, genre maintenant histoire que son impression que je sois un véritable imbécile ne sois pas confirmé. Mais je ne comprenais pas pourquoi je n’arrivais pas à être aussi sûr de moi que d’habitude. Je n’étais intimidé devant personne. Alors pourquoi avec lui si ? Si c’était à cause de ce stupide rêve, j’étais mal barré, il ne fallait pas que je revienne ici, que je fasse autre chose. Je me levais. Je ne savais pas pourquoi, une subite intuition. C’était parfaitement débile, mais ça aurait été pire si je m’étais rassis tout de suite après, je restais donc debout à le regarder l’air de rien.

- Oui, j’étais venu pour ça d’ailleurs, je me demandais si elle n’était pas restée ici.

Je me penchais pour attraper mon verre et bus une longue gorgée pour ma gorge qui était devenue très sèche. Anormalement sèche. J’en profitais pour me laisser porter par des nouvelles saveurs plus étranges les unes que les autres, mais mêlées avec un goût incomparable. Je n’avais pas rêvé les cocktails c’était certain. Et j’aurais pu en boire toute la nuit, au moins.

- Je vais la chercher avec vous.

Ca mettait une distance le vous. Toujours. Je ne vouvoyais que peu de monde justement parce que je n’aimais pas le faire sentir supérieur. Sauf que là, je devais le faire pour me détacher de lui. Ce n’était pas sain de ressasser trop longtemps la même chose. Je n’étais pas comme à ma première sortie, et je n’aimais pas ça. Pourtant je faisais tout pour opérer le rapprochement, mais dès que ça fonctionnait, dès que j’arrivais à capter son attention, je reculais, je mettais la distance. Je n’étais pas à l’aise du tout avec ce genre de pratique et plus ça allait plus j’avais l’air d’un ado abruti. Je ne savais même pas ce que je voulais, ce que je cherchais, si je voulais une preuve que ça soit un rêve, que ça n’en soit pas un, ou alors tout simplement pas de preuve du tout, pour peu que ça puisse être dramatique.

- Vos cocktails sont toujours aussi bons, vous devez ruiner la concurrence.

Qu’est-ce qui me prenait à parler de choses aussi plates ? Surtout que je faisais un compliment. Un compliment. Décidemment ça n’allait vraiment pas, vraiment plus. Mais bon, quitte à ne plus revenir, je pouvais bien avoir l’air d’un abruti encore un peu.

- Sinon je me demandais, la dernière fois, quand j’ai oublié ma veste, vous vous souvenez l’heure qu’il était quand je suis parti ?

Sous entendu, que s’est-il passé cette fois là ?
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Aurelio Pastore

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MessageSujet: Re: [Love's out Act II] Une veste ou un verre ? [Andy]   Mar 14 Sep - 16:05

Facile, facile. Facile de deviner qu’Andrea regardait Elio. Facile, pour quelqu’un d’attentif. Elio s’en foutait, et les autres clients ne s’accordaient que peu de regards entre eux, tout occupés qu'ils étaient. Il n’y avait donc personne pour remarquer les yeux gênés qu’un gosse posait sur un barman un peu trop décontracté, au vu de la situation présente. Sans doute un de ses plus gros défauts, la nonchalance d’Elio lui valait en ce moment même la privation d’un plaisir Ô combien délicieux, celui de savoir Andrea troublé. Lorsqu’il s’éloignait de son client, Elio retombait dans d’autres considérations. Évidemment, c’était un exercice nécessitant une grande maitrise du je-m’en-foutisme et de l’indolence. Pour ça, le jeune homme était très certainement l’un des meilleurs de la ville. Consacrer entièrement son attention à l’un(e) ou l’autre, pour le lendemain faire comme si de rien n’était, ne pas s’attacher à des détails. Qui s’accommode, de nos jours, d’un tel embarras ? En faisant un effort, il se souvenait même du prénom d’Andrea ! Et évidemment, la petite gâterie d’arrière bar qu’il lui avait offerte restait gravée dans son esprit. Mais devait-il pour autant lui accorder toutes ses pensées, son attention en focalisant sur lui son regard qui appartenait à tous ? Non, évidemment. Il n’était rien d’autre qu’un client timide et curieux. Ou plutôt coincé et hasardeux. Mais chipoter sur les mots ne servait à rien … Après tout, Andrea restait Andrea. Le gamin qui l’observait en silence, et sous le crâne duquel beaucoup de choses devaient ruminer en boucle. Comme leur petite expérience, ou le réveil apparemment difficile qui avait suivi. Pauvre petite chose dont il avait à la fois envie d’ébouriffer la tignasse et d’ignorer le regard. Il n’était pas près d’oublier l’aura hautaine qui entourait le personnage, même s’il ne s’était heureusement pas permis d’en faire effet sur lui.

Elio était plutôt du genre à sourire par devant et cracher par derrière, à dire exactement ce qu’il ne pensait pas et à rester dans un mode de pensée totalement irrespectueux, sans prendre en compte une seconde les sentiments de son interlocuteur. Et, si l’on pouvait alors aisément lui jeter la pierre, il fallait penser un instant au nombre incalculable de gens qui faisaient ça tous les jours dans leur métier. Elio, c’était pareil. Le divertissement des uns était le travail de l’autre, et il se permettait donc d’agir comme tel. Critiquant intérieurement ses clients, récidivant parfois avec les meilleurs, faisant comprendre aux autres que tout ça n’était qu’un doux rêve. Et le mieux, ou le pire selon le point de vue, c’était que cela ne dérangeait personne, chacun s’accommodant bien de cette situation atypique.

C’est par une syllabe unique qu’Elio vit réagir Andrea. Loin de le déstabiliser, cela le laissa de marbre. A sa place, il aurait sans doute répondu exactement la même chose. Voire moins. Après tout, il n’avait donné qu’une information qui n’attendait pas forcément de réaction. Et, alors qu’il s’apprêtait à monter chercher cette veste, fameuse veste, son client capricieux se mit tout à coup en tête de se montrer d’humeur labile. Et bavard, avec ça ! Mais le plus amusant fut sans doute son geste théâtral : se lever n’avait aucun sens, sauf s’il pressait instamment le barman d’aller chercher son vêtement. Elio retint un soupir d’agacement, qu’il réprima cependant sans aucun problème. Après tout, si ce gosse titillait son impatience, il éveillait également en lui un indescriptible besoin de rester, de s’amuser, de découvrir. Une curiosité dont il ne se connaissait pas l’existence, et qui se rapprochait un peu trop du commun des mortels à son goût. Comme celle de savoir comment il faisait pour ne pas exploser de rire à la vue d’Andrea, raide comme un balai, le dévisageant en se donnant un air assuré et confiant. Elio eut presque envie de lui pincer une joue et de s’adresser à lui en des termes moqueurs. Mauvaise idée, le bougre pouvait encore servir. D’autant plus s’il continuait de le régaler de ses frasques inattendues.

- Oui, j’étais venu pour ça d’ailleurs, je me demandais si elle n’était pas restée ici. Je vais la chercher avec vous.

L’écoutant d’une oreille, le barman était d’avantage focalisé sur la main fragile qui saisissait avec une dextérité nouvelle le verre pour engloutir les premières gorgées de sa préparation. Elio était loin, trois jours en arrière, lorsqu’il avait vu ce manège se répéter encore et encore, avec beaucoup plus de rouge sur le visage d’Andrea. Sobre, il avait non seulement perdu en intérêt mais également en capacité de séduction. Ce jeune homme, tout juste sorti de la période ingrate d’adolescence, ne pouvait attirer que dans l’attendrissement. La maladresse, l’air hagard et le regard vitreux lui allaient si bien … Regrettant cette soirée qu’il aurait peut être pu pousser bien plus loin, Elio délaissa un moment son arrogance de se croire mieux que ceux qui pensaient vivre, pour se persuader d’une chose. Malgré ce qu’il pouvait penser et dire lorsqu’Andrea était bien loin de lui, quelque chose le retenait inexorablement devant son client. Un détail imperceptible qui lui donnait envie de creuser, et surtout de le garder ici. Seulement, avec cette histoire de veste, voilà qui allait être chose difficile. Il allait falloir faire preuve de beaucoup d’habileté et d’empathie pour le faire revenir encore une fois. Chose qu’il détestait. D’ordinaire, il n’avait qu’à tendre la main pour faire d’un client un habitué. Allez, Andrea. Accroche-toi. Seulement, qu’il est triste de se savoir désirer quelque chose de compliqué et d’inatteignable. Car il fallait se faire une raison : Elio n’avait que peu de chances d’obtenir Andrea.

Mais c’était mal le connaitre. Devant ce visage qui buvait sa création comme il avait pu gémir sous ses caresses, Elio n’imaginait pas une seconde échouer à ce défi personnel, plein d’égoïsme et de suffisance. L’intérêt de faire des efforts pour se taper un gosse ? Le goût du risque, du territoire inconnu … Et certainement un peu de serviabilité. C’est vrai, quoi. Tout le monde n’était pas apte à se terre au fond d’un trou sans rien faire de sa vie, mais surtout de ses nuits. Comme Luisa, en somme. C’était aussi peut être pour cela que tout d’un coup, Elio se prenait l’envie de s’investir dans le décoinçage d’Andrea. Parce que c’était vraiment trop triste de voir des gens passer à côté de certaines choses. Parce qu’il y avait assez de Luisa sur Terre. A cette pensée, le barman faillit perdre son sourire avenant. Faillit. Rien ne le déstabiliserait tant que cette vipère se tiendrait loin de lui. Surtout qu’il devait se concentrer sur lui, sur le gosse blond au regard un peu hésitant, contradictoire. Qu’il devait appréhender, y aller doucement, tout en finesse. Expérience inédite, excitante mais surtout vivifiante pour son goût du risque. Aussi bien, il pouvait se récolter une baffe à tout moment si jamais il se décidait à dévoiler ce qu’il s’était passé l’autre soir … En parlant de ça, le petiot reprit la parole, pour le complimenter.

Le complimenter, ouais. Une notion étrange calquée sur une apparence plutôt suffisante. Que cherchait Andrea ? Dire la vérité, puisque de toute évidence il pensait les mots qu’il avait laissé s’échapper ? Le flatter ? Mais dans quel but … Heureusement pour nous, Elio n’était pas du genre à réfléchir bien longtemps sur quelque chose qui le perturbait, aussi passa-t-il rapidement à autre chose, se contentant de répondre avec une certaine pointe d’authenticité, touché qu'il était par l’effort du compliment de ce petit bourgeois.

- Je vous remercie. Toujours est-il que les autres commerces n’ont pas à se plaindre. Tout le monde n’adhère pas à l’ambiance d’ici bas.

Sous entendu, à la philosophie du bar. Sous entendu, les conséquences que cela impliquait. Mais pour l’heure, Elio était plus intéressé par le vouvoiement distant de son client que par les propos qui allaient suivre. Comme ça, il le fuyait d’une simple marque de politesse ? Car s’il était revenu, ce n’était pas uniquement pour la veste, tout en lui le laissait paraitre. Pour se prouver quelque chose ? Toujours est-il que cette marque de déférence l’amusait autant qu’elle le contrariait. Cela aurait été plus simple si le jeune homme avait utilisé un « tu » plus intime, que tout le monde employait ici. Mais Andrea n’en aurait été que moins amusant. Aussi Elio se retint de lui dire qu’il pouvait se montrer plus familier, après avoir accepté que les mains et les lèvres d’un inconnu l’explorent de long en large. Mais il fallait rester correct.

- Sinon je me demandais, la dernière fois, quand j’ai oublié ma veste, vous vous souvenez l’heure qu’il était quand je suis parti ?

Ah ! Voilà qu’il y venait enfin ! A vrai dire, Elio attendait ce genre de question, sans trop savoir quoi y répondre. Lui-même ne se souvenait pas bien, et même s’il avait conscience aujourd’hui encore que son lit l’avait accueilli vers quatre heures, il ne l’aurait jamais avoué à Andrea. Pas question de l’aider si facilement à imbriquer les informations pour reconstituer le puzzle. Avant de répondre, Elio s’appuya d’une main sur la table, laissant son corps pencher légèrement vers celui d’Andrea. Et, avec le plus grand naturel du monde, il déclara :

- J’ai fermé plus tôt que d’habitude, il n’était pas bien tard. Pourquoi, un souci ? Éclat d’intelligence. Ah, et votre veste est à l’étage. J’irai la chercher quand vous désirez, mais cette partie de l’établissement est réservé à certains clients.

Cela voulait à la fois tout et rien dire, c’était parfait. Décryptage, tu n’y as pas accès. Plus tard, éventuellement. Si tu reviens. Cela dit, certains le peuvent. Que s’y passe-t-il … Tu veux tester ?
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Andrea Vitaly

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MessageSujet: Re: [Love's out Act II] Une veste ou un verre ? [Andy]   Mar 14 Sep - 18:20

« Un geste, une odeur, un regard
Qui comme déchire ton décor
Tout à coup ce cœur qui t’avait presque oublié
Se pointe à ta porte et se remet à cogner /.../
Tu comprends pas trop c'qui t’arrive
Tu crois d’abord à une erreur
Tu l’évites et lui te devine
Entre le désir et la peur
C’était vrai ça, que s’était-il passé ? Cette chose que tu refuses d’admettre ? Non. Il ne s’était rien passé, et puis d’abord, je savais que ça ne pouvait pas être vrai parce que personne n’aurait réagi comme Elio. A moins que le faisant tous les soirs il ait perdu le compte et s’en trouve totalement blasé. Se fichant totalement d’avoir mit le foutoir dans une tête. Il ne pouvait pas m’avoir oublié, vu qu’il avait ma veste, c’était la preuve qu’il se rappelait de moi. En quel terme ? Apparemment neutre. D’ailleurs je me doutais bien que sans cette veste, il m’aurait complètement zappé. Il en voyait passer à la pelle, un de plus un de moins, surtout pour le peu de contact qu’on avait eu. Et même dans le cas contraire… Je retins un haut le cœur. C’était pareil. Il devait bien rigoler en me voyant me débattre tout seul pour essayer de me justifier, pour essayer de remonter la pente sur laquelle j’avais allègrement glissé de mon plein gré. Foutue pente, foutu rêve, foutu lui ! Ah ne pas en douter, c’était certainement un espèce de connard qui séduisait pour ensuite oublier, ignorer, s’en foutre. Un savant mélange des trois en même temps. Alors pourquoi je n’arrivais pas à lui crier dessus ? Pourquoi je n’arrivais pas à être hautain comme avec les autres ? Pourquoi son regard de simple barman sur son client m’empêchait de me conduire comme d’habitude ? Parce que je savais que ça n’allait pas marcher, parce qu’il n’allait pas changer d’attitude pour autant, parce que ça allait sûrement empirer et que je ne voulais pas ça. Peut importait comment j’agissais, ce n’était rien d’autre que ridicule. Oh oui il devait rire sous cape en me voyant, à la limite de passer d’un pied sur l’autre, essayant de garder mon calme face à lui, essayant de ne pas fixer ses lèvres, ses mains, son torse. Essayant d’oublier cette sensation tenace qui était restée sur mon propre corps. Ignorant ces images furtives de deux corps qui s’enlacent, qui se serrent, de deux bouches qui se joignent sans vouloir se lâcher. Nouvelle nausée. C’était impossible, pas avec un homme, pas avec un barman, sur un bar, pas avec lui. « Vraiment si impossible d’après toi ? »

Je ne répondrais pas à cette question, ça n’en valait pas la peine de toute façon je ne voulais pas réfléchir à une réponse. De toute façon, même dans le cas improbable où c’était vrai, c’était limite si Elio ne l’avait pas oublié. Je n’étais rien de plus qu’un espèce de coup d’un soir, enfin pas vraiment d’après ce rêve pourri, mais on s’en fout des détails, j’étais pour lui ce que j’étais pour tout le monde, c'est-à-dire rien. Rien quedal. C’était comme ça que me considérait Vito, mon oncle, Aya, sûrement plein d’autres. Peut être pas May, Sôma très probablement. Ce que j’étais pour mes parents. Non ça ne se faisait pas et en plus je ne le pensais pas, c’était la colère tout ça, il suffisait de se calmer de respirer. Je perdais trop mon calme ça n’allait pas du tout là, et s’il y avait bien quelque chose que je détestais, c’était perdre mes moyens devant quelqu’un. Tout seul, je pouvais bien m’en foutre, personne n’était là pour se moquer, pour rabaisser, pour en rajouter une couche, je ne me prenais la tête avec personne, pas d’engueulade, j’étais peinard. Mais là, ce n’était pas le cas et je devais lutter pour garder mon calme. Ca n’aurait servi à rien sinon à me couvrir de honte devant un bar plein. Ce que je ne cherchais pas forcément il fallait l’avouer.

Non c’était ridicule, il fallait que je contienne ça. A commencer par arrêter de le regarder, arrêter d’agir par impulsions, juste agir normalement, en bon Andrea que j’étais. Sinon il aurait gagné sur toute la ligne, même si rien ne s’était passé, le fait de rester de marbre le faisait gagner. Et si d’ordinaire, je m’en fichais totalement tant que je pouvais snober à mon aise les prolétaires de Milan, c’était totalement inefficace face à lui. Agir normalement me semblait ma plus grossière erreur. Mais dans ce cas, que me restait-il ? Je ne savais que réagir comme ça. J’étais en terrain inconnu et je n’aimais pas ne pas savoir où je posais les pieds. Ici c’était l’univers d’Elio. Et je n’étais pas le bienvenue, loin de là, c’était comme si tout l’environnement m’encourageait à partir, à retourner chez moi, c’était pas un endroit pour moi ici. Sauf que j’emmerdais le monde, et que si j’avais décidé de rester, je resterais, si je voulais boire, je boirais, et si je voulais faire chier mon monde je le ferais. Au diable Elio, il me suffisait de le considérer comme n’importe qui et le tour était joué. Aha. C’était si facile.

Après tout s’il était là, c’était pour contenter les clients, s’il agissait de travers je pouvais tout à fait faire fermer son bar, le mettre au chômage, l’enfoncer dans sa merde, lui prouver à quel point j’étais supérieur. Sauf qu’il fallait croire que je n’en avais pas la moindre envie. Pas du tout. Même si l’envie de le secouer, de lui foutre une baffe pour qu’il cesse de me regarder comme le parfait inconnu me tiraillait, jamais je ne m’imaginais faire ça. Et jamais je ne me serais imaginé être incapable d’agir correctement avec quelqu’un. Il fallait dire que je n’avais jamais fait de rêve semblable sur quelqu’un. Je trouvais donc qu’il était des plus normal d’être mal à l’aise avec cette personne. Peut être qu’au contraire, il était normal de lui en foutre plein la gueule pour évacuer la rage et la frustration de ces visions qui pouvaient être dérangeantes pour un homme. Et elles l’étaient pour moi. Sauf que je n’arrivais pas à faire abstraction. Surtout avec lui si près. Toute façon à coup sûr je le faisais chier. Je n’avais rien à dire, il n’avait pas envie de m’écouter, il avait d’autres clients à servir et je lui faisais perdre son temps. En voila d’autant plus de raison de lui hurler dessus. Si seulement j’en avais été capable. Si seulement ma gorge ne demeurait plus aussi sèche et si seulement mon ventre arrêtait de faire des loopings. Il n’y avait pas de raison, dès que je rentrerais, trois cachets et au lieu, j’oublierais tout, je reprendrais ma vie normal, circulez, ya rien à voir.

- Je vous remercie. Toujours est-il que les autres commerces n’ont pas à se plaindre. Tout le monde n’adhère pas à l’ambiance d’ici bas.

Je jetais un nouveau coup d’œil aux alentours, ah bon, ce n’était pas comme ça partout ? Mais ça il était hors de question de le faire remarquer, j’étais tombé sur ce bar par hasard, comme Elio était tombé sur moi par hasard dans la rue. En parlant de tomber, je n’avais pas glissé sur lui l’autre fois ? J’avais bu, j’étais sûr d’avoir raté le tabouret et de m’être effondré sur lui. Et après… Non, ça c’était le début de la divagation, c’était sûrement à partir de ce moment là qu’il avait appelé un taxi, quand on commençait à ne plus pouvoir marcher droit, il devenait urgent de rentrer, et mon esprit totalement dérangé par les boissons avait continué le film dans son coin. Voila c’était ça. Du coup j’avais aussi imaginé toute l’attitude d’Elio, je l’avais romancé, fantasmé. Je ne m’étais pas rendu compte à quel point il n’était qu’un type normal. Et pourtant, s’il était tellement normal, il ne me donnerait pas envie de lui faire cracher tout ce qu’il savait.

- Oui c’est… Particulier.

Ca voulait tout et rien dire. En même temps, sa remarque m’avait plus ou moins mis mal à l’aise du coup j’étais un peu pris au dépourvu et je ne savais pas vraiment quoi répondre à ça. Je n’en savais rien, je ne connaissais rien des autres endroit de boisson. Je ne connaissais que lui, je ne sais pas ce qui se passe dehors, je n’y connais rien, je ne suis qu’un inculte, oui et alors ? J’assure ailleurs, je ne suis pas con, j’ai de la culture, juste pas l’expérience qui allait avec. Et puis mince, je m’enflammais encore, encore tout seul, bon, il allait se décider à m’y emmener prendre ma veste, ça n’allait pas du tout là, je ne me sentais pas bien, quelque chose me compressait la poitrine, je me sentais de trop, inutile, tâche dans le décor, mes yeux se baissèrent. Puis se relevèrent. Non j’avais encore mon honneur, il était hors de question de montrer une quelconque faiblesse à Elio, surtout à Elio. Il avait suffisamment de matière pour me rendre dingue, pas la peine d’en rajouter. Non il fallait juste que je tienne normalement jusqu’à la fin de cette soirée, et après je pourrais me relâcher et essayer de comprendre pourquoi ça n’allait pas, pourquoi je ne le sentais pas du tout, pourquoi est-ce que j’étais si mal à l’aise. Et puis subitement mon cœur commença à faire de grands bonds dans ma poitrine alors qu’Elio venait tout simplement de se rapprocher, comme n’importe qui aurait pu le faire, juste s’appuyant, il n’y avait aucun sous entendu derrière ça. C’était certain, juste que pour moi, ce n’était pas anodin, et je n’aimais pas tout ce qui pouvait me faire penser de près ou de loin à mon rêve. Cependant je me retins de reculer d’un pas, une attitude qui aurait parue plus que suspecte. A la place, je plongeais de nouveau mes lèvres dans le cocktail, essayant tout simplement d’oublier le reste, de ne profiter que de ce goût éphémère. « Et le goût de ses lèvres, tu voudrais pas essayer de nouveau ? » Ne pas piquer un fard, ne pas piquer un fard.

- J’ai fermé plus tôt que d’habitude, il n’était pas bien tard. Pourquoi, un souci ? Ah, et votre veste est à l’étage. J’irai la chercher quand vous désirez, mais cette partie de l’établissement est réservé à certains clients.


Ne PAS piquer un fard, ne PAS piquer un fard. Cette ritournelle tournait en boucle alors qu’à mon grand désarroi, j’avais déjà terminé le verre que je reposais sur la table. J’avais évité de justesse de m’étouffer avec la dernière gorgée aux mots d’Elio. J’avais évité la honte de tousser devant lui et tout le monde à cause d’une phrase bénigne. Si bénigne que ça cette phrase ? Sans aucun sous entendu aucun ? Calme-toi Andrea, tant que tu n’es pas sûr de ce qui s’est passé, tu pourras imaginer n’importe quoi dans toutes les phrases qu’il prononcera. Ton esprit tordu cherche à le faire passer pour ce que tu as rêvé, c’est tout, il n’y avait pas d’autres explications. Pour un peu plus j’en aurais trépigné sur place. Réservé à certains clients. Voila, c’est ça. Pas moi en gros. Vu que je n’étais rien, quedal quoi, le mec lambda. Sauf que non, ce n’était pas le cas, je n’étais pas lambda, j’étais important ! Et puis tu ne savais pas de quoi j’avais rêvé, du coup j’étais encore plus important. Et et et… Je me retins de me passer une main nerveuse dans les cheveux. Encore. Encore je m’énervais, encore je me prenais la tête pour rien. Je n’arrivais pas à passer outre, à faire abstraction pour de mon côté dire quelque chose qui aurait pu autant l’ennuyer que moi. Mais je ne trouvais rien, et ne trouverais certainement rien. J’essayais de respirer normalement. Au moins il avait fermé tôt, donc c’était plutôt encourageant, ca réduisait les chances que ça ce soit vraiment passé. Je n’avais plus qu’à respirer encore et encore, reprendre et garder mon calme.
Je me rassis et regardais mon verre puis Elio d’un air impérieux, voulant clairement dire que je voulais un autre verre très vite. Non Andrea, ce n’est pas comme ça qu’il faut réagir, après tu vas t’en vouloir, tu vas encore t’énerver et te morfondre, ça va aller, tu vas badder et tu vas avoir encore l’impression de te sentir mal. Mais il m’énervait, c’était plus fort que moi, pourquoi il agissait comme ça ? Pourquoi est-ce qu’il foutait des allusions partout, pourquoi est-ce qu’il était aussi impitoyable ?

- Ce n’est pas grave, j’irais quand même la chercher, les accès réservés, je les contourne la plupart du temps.

Et voila. Et voila, tu disais encore n’importe quoi, il allait mal le prendre alors que c’est justement ce que tu veux éviter. Voila, bien fait pour ta pomme. Et puis je me rendis bien vite compte que mes propres paroles pouvaient aussi être considérées avec une tonne de sous entendus. Ce que je voulais également éviter. Et voila, je faisais d’une pierre deux coups, formidable. J’essayais de me tempérer en me disant que de toute façon, il n’avait pas forcément vu la même chose que moi dans les paroles, ça pouvait passer comme une lettre à la poste. Ou pas. Chut pense positif. Mais avant que je comprenne, ma main se tendit toute seule, comme pour attraper Elio, pour lui dire de venir s’asseoir à côté de moi. Je me rattrapais in extremis, faisant mine de nettoyer quelque chose. Je n’avais pas à me justifier, je pouvais bien faire ce que je voulais, tu n’as pas à te justifier, pas de raison de te justifier.

- Il y avait juste de la poussière.

Et voila, c’était puant, je m’étais justifié, donc j’avais perdu toute crédibilité et EN PLUS mon bras se mettait à agir à ma place alors que je n’avais pas envie qu’il reste, j’avais envie d’être tranquille. J’avais envie de me cacher sous terre. J’étais pitoyable, je me détestais, Elio était sûrement à deux doigts d’exploser de rire et ça me donnait étrangement plus envie d’être triste qu’en colère contre lui. J’avais dû manger un truc avarié. Parce que mon comportement n’avait pas pu changer aussi radicalement entre trois jours auparavant et maintenant. Il ne restait plus qu’à espérer que le truc avarié ne soit pas Elio.
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Aurelio Pastore

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MessageSujet: Re: [Love's out Act II] Une veste ou un verre ? [Andy]   Jeu 16 Sep - 17:26

Arrêtons-nous un instant sur ce que tout lecteur devrait savoir, et ce que nombres d’entre eux éludent pourtant bien souvent, hâtifs qu’ils sont de découvrir plus avant les péripéties d’un barman et de son client. Pour cela, il faudra fermer les yeux et recourir à beaucoup d’imagination ! Après avoir franchi la lourde porte d’entrée, le visiteur curieux portera son regard sur le fond de la pièce toute en longueur, véritable accueil au confort et à la détente. En effet, en face de l’entrée se dressent un rideau de banquettes sombres, accompagnées de quelques sièges non moins agréables. Puis, enfin, les yeux nonchalants pourront vagabonder sur le reste de la pièce. Toutefois, un habitué portera en premier lieu son attention sur le comptoir prometteur de l’établissement. Un endroit net, propre, agrémenté de quelques clients installés sur de hauts sièges, mais surtout d’une multitude infinie de bouteilles. Celles-ci, toutes plus colorées les unes que les autres, siègent là, s’imposant comme les danseuses d’un grand artiste. On pourrait pour l’instant précéder la description et se dresser un grand miroir d’arrière bar, comme on en voit de nombreux. Pourtant, seul le bois sera là pour vous cueillir à la douce réalité. Un bois brut, clair, qui met en valeur les échafaudages et diverses décorations alcoolisées que Delia apprécie tant. Et puisque l’on parle de grand artiste, on pourra toujours admirer une silhouette humaine derrière le comptoir, tour à tour une femme d’un certain âge, séduisante en diable, ou un jeune homme un peu pâlichon au sourire ravageur. Un couple magnifiquement assorti. Pas au sens du couple des bonnes mœurs et des idées reçues sur les sentiments, non. Une association. Car le mot couple ne désignait que l’union fugace de deux êtres qui avaient chacun quelque chose à apporter à l’autre. Rien de plus.

Mais reprenons. Un magicien, ou son équivalent féminin, qui virevolte au milieu des fragrances ensorcelantes de divers filtres et autres potions. En les voyant à l’œuvre, n’importe qui, même le plus habitué des consommateurs, pourra imaginer un soupçon de surnaturel dans son verre. Nulle difficulté, quand on admire la dextérité d’un savoir-faire, de se pâmer alors d’admiration. Il fallait dire qu’Elio n’était pas bon à grand-chose, mais il maitrisait les rares points qui retenaient son attention. La dévotion, le charme, l’extrême qualité de jouer tout le temps des sentiments, et son don pour la boisson. D’ailleurs, le nom du bar n’était pas uniquement destiné aux clients. Il les invitait certes à laisser leurs émotions et préoccupations bassement humaines à l’extérieur. Mais il signifiait aussi bien que tout ce qui se rapprochait de l’amour, ici, n’était que pure illusion. Jamais ce ressenti ne franchirait les portes du Love’s out. C’était un non-sens, une hérésie. Elio ne le tolérerait pas, lui si accro à cette nécessité vitale de ne faire que semblant, tout autant qu’il l’était à la douceur de l’alcool sur son palais. Lui-même aimait d’ailleurs boire ses propres essais, parfois décevants, d’autres fois tellement bons qu’il ne se souvenait plus comment les reproduire. Combien de recettes se perdaient dans son esprit trop simple pour les retenir, quel génie s’évaporait au contact d’une mémoire défaillante et d’une intelligence somme toute assez limitée ! Il était évident, et bien sot serait celui qui dirait le contraire, qu’Elio n’avait pas été spécialement gâté par la nature, depuis sa renaissance, sur ce plan là. Même avant. N’ayant jamais été une lumière, le jeune homme se rattrapait pourtant autrement. Et puis son métier aidait. Qui attendait d’un barman des éclairs de lucidité et de pertinence ? Il composait avec ce qui se passait dans sa tête, sans forcer les choses, et ne cherchait pas à se rendre autre. Il était simple.

Et compliqué.

Quoi qu’il en soit, reprenons notre curieux. Après avoir admiré le charme de sièges aussi confortables qu’ils étaient usés par le temps, véritable et ultime preuve de leur utilité, le chaland peut se diriger soit vers le bar, que l’on a déjà évoqué, pour laisser pendre ses jambes las sur un tabouret trop inconfortable pour y passer la soirée, soit vers le reste de la salle. Ce genre de pratique de comptoir était d’avantage réservé aux incertains, ceux qui ne pensent pas rester longtemps, avant qu’ils ne trouvent chaussure à leur pied. Histoire de se sentir supérieurs un moment, à égalité avec celui qui illuminait toutes les lèvres. En adéquation avec l’ambiance, incertaine et timide, à la recherche et attentive. Impatience. D’autres, en revanche, préféraient se laisse entrainer sans résistance aucune, en s’asseyant autour d’une des nombreuses tables assez simples que la salle comptait. Des chaises rembourrées, au dossier droit, et une simple surface en bois verni, voilà qui suffisait amplement. Mieux, c’était parfait. Car il y a de ces gens qui ont besoin de se sentir inférieur, entouré, avec quelqu’un qui sait où ils vont alors qu’eux-mêmes restent dans l’ignorance. Des timides, des premières fois, des soumis. Peur. En fonction de là où ils s’installaient, les clients aidaient Elio à les servir avec pertinence. Faire attendre celle là, renforcer le charme avec celui là, tenter de détendre l’atmosphère par ci, la rendre plus intime par là … Et enfin, les yeux de tout un chacun venaient se poser sur l’étrangeté du bar. Car si l’établissement était tout du long construit, avec une dimension assez étroite dans la largeur, Delia avait racheté pour une bouchée de pain le magasin du vendeur de cadres d’à côté. Le pauvre ne faisait pas beaucoup d’affaire dans ce coin, et cela permettait d’avoir une petite salle en plus, une fois les cloisons abattues.

Ainsi, venait la réputation du Love’s out. Cette anfractuosité dans une symétrie pourtant bien respectée par ailleurs était équivoque, et permettait, dans une ambiance moins éclairée et plus intime, de lier de plus amples liens entre clients. Ce n’était en aucun cas un coin pour racoler, mais les consommateurs fuyaient en quelque sorte le marché de la salle, pour discuter plus facilement en face à face et éviter l’animation d’Elio qui tourbillonnait dans la salle principale, et se faisait bien plus discret dans cette partie du bar. Voilà, en quelques mots, ce qu’un visiteur pourra trouver ici. Sans s’étendre sur la décoration assez sobre, les lumières tamisées en fin de soirée, les rideaux clairs laissant la lune éclairer naturellement le comptoir, aux différentes heures de la nuit. Puis les verres vides qui s’accumulent sous le bar au fur et à mesure que la fréquentation augmente, Elio qui accélère la cadence, pour la ralentir ensuite. Ce soir, exceptionnellement, on pouvait voir autre chose dans le décor somme toute assez simpliste du Love’s out. Un jeune homme blond, qui méritait à peine la partie « homme », puisqu’il n’y avait sans doute pas longtemps que son âge était devenu suffisant pour entrer ici. Et le barman qui, malgré le monde et les regards insistants d’une ou deux clientes, se perdait dans une admiration amusée et critique de son … amant ? partenaire ? coup d’un soir ? Pas vraiment l’un, le deuxième n’était pas approprié non plus, et le dernier encore moins ! C’était plus compliqué.

Et plus simple.

Bref, tout ça pour dire qu’il suffisait d’un petit détail inhabituel pour sauter aux yeux et, dans ce contexte, Elio et Andrea détonnaient fortement. Surtout que ce dernier n’avait pas vraiment le profil demandé, encore moins en se plantant debout au milieu de la salle. Mais c’était si attendrissant ! Elio se mordit presque l’intérieur des joues pour avoir pensé ça aussi spontanément, à la fois pour se réprimander d’utiliser un langage aussi ridicule même de manière informulée, et pour ne pas exploser de rire. Cela lui allait tellement bien, et tellement pas en même temps ! Ah, Andrea. Délicieux contraste, délicieux balancement entre deux extrêmes. Alors qu’ici bas, dans le monde de la liberté et parfois de la déchéance, les gens savent ce qu’ils veulent, s’affirment dans une voie sans hésiter. Que viens-tu faire ici, petit pissenlit ? Peu importe. Tant que tu es là pour me distraire. Pourtant, Elio avait beau penser tout cela et rabaisser mentalement l’effort fourni pour en arriver à ce tableau, il n’en était pas moins heureux. Moyen de défense comme un autre, de trahir le bien que l’on pense de l’autre pour ne pas se sentir faiblement sincère. Et le barman préférait encore être détestable dans sa tête, quitte à jouer le jeu même avec ce timide garçon mal à l’aise, plutôt que de devoir baisser les frontières de ses pensées réelles. Soit il le détestait entièrement, soit il le prenait immédiatement dans les bras pour lui ébouriffer sa chevelure d’ange et retrouver le contact de ces lèvres incertaines et impies au regard de la morale. Ou alors, ni l’un ni l’autre. Les deux à la fois.

Tentant, très tentant que de serrer ce petit corps frêle, l’entraîner sans résistance dans les réminiscences de leur soirée d’il y a trois jours. Mais ça n’allait pas être aussi simple, et Elio sentait instinctivement qu’il allait falloir prendre son temps. Séduire. Attirer. Patienter. Et c’était ça qui était bon, parfois. Quelle chance il avait eu d’aborder un petit timide dans la rue ! Tout compte fait, peut être qu’Elio devrait s’en prendre plus souvent à ce genre de cibles amusantes et stimulantes. Sa « cible » réagissait d’ailleurs à la réponse bateau que le barman lui avait servie sur un plateau. Ce n’était pas spécialement cela qui l’intéressait, il voulait aller chercher bien plus loin. Tester les réactions d’Andrea face à l’imprévu, et une petite pointe de banalité. Comme si tout cela était son pain quotidien. Ce qui n’était pas faux, soit dit entre nous. Mais chaque soirée avait un caractère unique, prise séparément. Et ce, en dépit du fait que dans un regard d’ensemble, elles apparaissent toutes identiques. Chaque bar avait également sa particularité, mais il était sans aucun doute bien inutile d’exposer cela à un Andrea qui n’avait pas le comportement d’un habitué, et ne devait alors pas avoir approché un bar autre que celui-ci. Elio était d’autant plus ravi d’avoir été une autre première fois dans la vie de ce gosse. Non pas par un sursaut d’égo qui lui viendrait subitement, dans l’hypothèse de rester toujours gravé dans l’esprit d’Andrea. Plutôt un véritable plaisir, le plus honnête possible.

Le regard fuyant, Andrea n’était manifestement pas à son aise, malgré la discussion très anecdotique qu’il entretenait avec un simple barman. A cause d’un rêve ? Il s’attachait à trop de détails matériels … En tous les cas, le rapprochement calculé d’Elio sembla être sur le point de lui donner des palpitations, tant les veines de son coup se mirent brusquement à pulser sous son épiderme fragile. Il ne bougea cependant pas d’un pouce, ce qu’Elio apprécia particulièrement, d’autant plus qu’il imaginait l’effort nécessaire précédant ce résultat. Compensant cette gêne par la boisson, le jeune homme saisit goulument son verre et le vida rapidement. Bien qu’avec quelques difficultés, à en juger par les mimiques de son visage aux paroles d’Elio. Tout marchait à la perfection, et le barman était véritablement ravi de troubler son client, lui faisant ressentir autant de sentiments que possible, lui qui était réduit à les jouer au quotidien. Se rasseyant enfin, Andrea ordonna du regard à ce que le barman qu’il était fasse son travail. Pourtant, il le retint d’une phrase, d’abord.

- Ce n’est pas grave, j’irais quand même la chercher, les accès réservés, je les contourne la plupart du temps.

Evidemment, Elio ne put empêcher un petit sourire de venir se loger au coin de ses lèvres. Les doubles sens lui échappaient rarement, et ce ne fut pas une exception ce soir. Le pire, c’est qu’Andrea n’avait très certainement pas fait exprès. Il était comme ça, impulsif et susceptible, fier. Mais … Lui qui détestait analyser les gens et les ranger dans des cases, comment pouvait-il oser affirmer connaitre un minimum ce client pourtant tout récent ? Il avait beau être transparent, Elio se sentait un peu présomptueux, surtout qu’il aurait encore préféré ignorer sa raison et désirer des sous entendus volontaires. Comme ça, il aurait fait comme d’habitude. Dans le cas présent, cela aurait précipité les choses et Elio n’aurait plus revu Andrea. Mais cette alternative, étrangement, lui était à peine supportable. Se rassurant en se disant qu’il souhaitait simplement voir jusqu’où ils étaient capables d’aller sans décevoir l’autre, Elio n’eut pas le temps de répondre ou de s’éclipser pour réagir à la demande d’un capricieux jeune homme que celui-ci bougea de nouveau dans son champ de vision. Une main qui se tend, un poignet qui se délie et des doigts qui s’étirent. Puis se rétractent.

- Il y avait juste de la poussière.

Alors là, ne pas rire fut compliqué. C’était un argument véritablement ridicule. Mais pire que ça, même, en y réfléchissant bien. De nouveau, envie de l’étreindre. Comme un gosse. Mais aussi comme un homme. La timidité adolescente, ni véritablement grand mais plus vraiment jeune. Elio hésita un instant à partir pour aller chercher sa commande. Mais il dégaina un torchon sorti de nulle part et essuya rapidement le bois verni, un air amusé sur le visage. Autant ne pas le déconcerter plus encore, et adhérer partiellement à son excuse bidon. D’un ton détaché mais plus impliqué qu’auparavant, le barman lui répondit.

- Que diriez vous si j’allais la chercher en même temps qu’un nouveau verre ? Ou bien tenez vous vraiment à vous aventurer en territoire inconnu ?

Encore une flopée de sous entendus sympathiques, exposés le plus naturellement du monde. Reprenant toutefois avec une voix plus basse et douce, Elio fléchit les genoux et s’assit à moitié sur la table, dominant Andrea de sa grande taille.

- Ou alors, je peux rester un peu par ici … Il ne fait pas bon être seul dans ce genre d’établissement.

Après tout, le client est roi. S’il avait le cran de lui demander un peu de compagnie, il accepterait sans rechigner. Cela faisait aussi partie de son travail. Mais pas seulement. Et là, sur sa table, à moitié assis, à moitié debout, il voguait entre ses deux propositions et attendait de lire une réponse, fixant Andrea dans le blanc des yeux. Pendant ce temps, alors qu’il paraissait attendre une réaction de son client, le jeune barman était surtout concentré sur les diverses expressions qu’il avait pu voir passer sur ce visage juvénile. Allez, Andrea. Montre-moi encore.
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Andrea Vitaly

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MessageSujet: Re: [Love's out Act II] Une veste ou un verre ? [Andy]   Sam 18 Sep - 14:25

Dis voir, tu pourrais pas arrêter de me faire passer pour un imbécile ?

Il fallait sérieusement que je me reprenne. Parce que je ne supportais pas d’être comme ça. De sentir que je ne me contrôlais pas, de sentir que je ne pensais pas comme d’habitude, d’avoir l’impression de ne pas être aussi normal que d’ordinaire. Et ça me minait, ça me perturbait, je ne savais plus quoi faire. Je détestais perdre mes moyens parce qu’après on se moquait, après on se permettait de faire des remarques, après je perdais le crédit que j’avais, après c’était encore pire qu’avant. Je n’arrivais pas à cacher mes impressions c’était pire. Si seulement je ne pouvais que les ressentir mais ne pas les montrer, sauf que ce n’était pas le cas, pas du tout. Elio devait voir tous mes efforts pour paraitre normal. Tous mes efforts alors que j’étais tenu en échec. Et je ne voulais pas qu’il me voit comme ça, je ne voulais pas qu’il se mette à se moquer. Sûrement qu’il le ferait dans mon dos, quand je n’étais pas là, c’était normal vu mon attitude actuelle, mais tant qu’il ne le faisait pas devant moi, tant qu’il ne me faisait pas l’affront de le faire devant moi… C’était bien la première fois que je me prenais autant la tête pour quelqu’un. Jamais au grand jamais je ne m’étais posé la question sur la conduite à suivre quand je parlais à quelqu’un. J’agissais comme d’habitude, je me foutais bien de ce qu’on pouvait penser, si je blessais, si j’énervais. D’ailleurs j’aimais énerver. Montrer ma supériorité. Je l’étais après tout, il fallait bien le montrer, il n’y avait aucune honte à ça. Je les méprisais tous. Car ils ne pouvaient pas comprendre ma grandeur, à quel point j’étais intelligent. Je l’avais toujours été, au dessus de tout le monde en cours, je retenais facilement, je mettais tout aussi aisément en pratique. Mais pour ce qui était des relations humaines, même avec des semaines de cours j’aurais été incapable de changer. Je ne savais pas m’y prendre, alors je me cachais derrière mon caractère. Et ça m’allait très bien. Je n’avais aucune envie de changer, aucune envie de m’ouvrir ou de faire des efforts, aucune envie d’être aimable et sympa. De toute façon je ne savais pas le faire comme ça c’était réglé.

Sauf qu’avec lui, ça ne marchait pas comme ça. Et je finissais par me demander si c’était uniquement à cause du rêve. Je me persuadais que oui. Et j’étais revenu plus pour ma veste que pour le vérifier. Apparemment rien ne s’était passé. Je ne savais pas si j’étais soulagé ou non. De toute façon, de son côté, il s’en fichait bien, c’était couru d’avance. Et je me fichais aussi de lui, tout en sachant, sans avoir l’aide de cette conscience intempestive, que c’était faux. Quand je me fichais des gens, je ne retournais pas les voir, j’aurais pu tout aussi bien racheter la même veste, ce n’était pas l’argent qui manquait, pourtant j’étais quand même de nouveau dans ce bar, comme au premier soir. Même si depuis, bien des choses avaient changé. J’aurais aimé être méprisant et lui montrer qu’on n’agissait pas comme ça avec moi, lui montrer qu’il ne m’impressionnait pas avec ses airs de barman accompli. J’aurais voulu lui prouver qu’il allait le regretter de me traiter comme ça. Mais je n’y arrivais pas. Malgré moi j’aurais voulu qu’il reste, qu’il me fasse la discussion, j’aurais voulu être plus qu’un client à ses yeux. Et c’était bien la première fois que je voulais apparaitre aux yeux de quelqu’un. Et ça faisait peur, parce que je ne savais pas ce que ça signifiait. Et cet homme me fascinait autant qu’il pouvait m’angoisser. Si seulement je pouvais effacer ce sentiment étranger qui me compressait la poitrine. Je voulais lui hurler dessus, lui donner des ordres, je voulais qu’il m’écoute. Mais tout cela signifiait ma défaite pure et dure, et je refusais de me faire détester par lui. La seule personne, je ne voulais pas qu’il me déteste et qu’il considère comme une mauvaise chose que je sois là. Je ne savais pas pourquoi, mais j’avais le sentiment que ça me blesserait extrêmement.

J’agissais, je parlais sans réfléchir. A force d’être tiraillé entre rester moi-même et essayer de ne pas trop l’être ça me faisait faire que des conneries. Je ne voulais pas me pencher sur les sous entendus qu’il avait pu laisser filtrer. Pourquoi un accès réservé d’abord ? Il n’y avait pas de salle là haut, alors pourquoi certains clients avaient le droit d’y monter dans ce cas ? Il y avait-il un carré VIP ? « Arrête tu sais très bien ce qui s’y passe ». Je ne voulais juste pas l’imaginer. Ceux et celles qui y montaient, ils y allaient avec Elio, et ce n’était sûrement pas pour y prendre le thé. Elio était bel et bien comme je l’avais imaginé. Chaque soir quelqu’un d’autre. Combien de personne avait-il déjà vu défiler ? Et moi, en faisais-je partie ? Rien n’était sûr, mais je n’avais pas pu avoir rêvé de tant de détails, de tant d’émotions de chaleur. Il était impossible que j’ai tout imaginé. Et puis il était logique que lui agisse comme d’habitude, il faisait de même avec les autres. Au final je ne savais toujours rien et il était hors de question que je lui demande. Le seul problème, c’est qu’ayant répondu comme je le faisais d’habitude, je n’avais pas vraiment saisi qu’à mon tour j’avais inséré une flopée de sous entendu qu’un homme comme Elio pouvait tout à fait saisir. J’étais vraiment un imbécile fini et je m’étonnais de ne pas l’avoir encore vu exploser de rire à cause de mes conneries. Il savait bien se contenir, après tout, je rapportais de l’argent en tant que client du bar, il ne pouvait pas se permettre de me perdre. Peut être que si en fait, ça ne devait pas manquer les gens comme moi. Bref. Je n’avais pas envie d’aller voir vraiment ce qu’il y avait là haut, en tout cas, pas de la façon sous entendue que j’avais pu dire. Je ne contournais pas les accès réservés pour faire ça, j’aurais voulu lui dire, lui expliquer que ce n’était qu’un malentendu, mais de toute façon, ce qui était dit était dit et je ne pouvais pas me rattraper. Ca aurait paru encore plus suspect voir ridicule. Je ne pouvais sûrement pas faire pire que ma deuxième phrase, mais plus vite je pouvais l’oublier, mieux ça irait. C’était sûr qu’il n’allait pas manquer de me répondre.

- Que diriez vous si j’allais la chercher en même temps qu’un nouveau verre ? Ou bien tenez vous vraiment à vous aventurer en territoire inconnu ? Ou alors, je peux rester un peu par ici … Il ne fait pas bon être seul dans ce genre d’établissement.

Je pouvais au moins le remercier de ne pas avoir fait de remarque sur le mienne et la poussière. Il s’était juste contenté de passer le torchon sur la table qui brillait justement par son absence de saleté. Rien que pour ça c’était plutôt gentil de sa part. Et ça m’avait touché, même si je savais pertinemment qu’au fond il devait me prendre pour un gamin débile. Ce que, je pouvais l’avouer juste pour ce soir, j’étais. Je dus une fois de plus me contrôler pour ne pas baisser les yeux devant ses paroles. Je me demandais si ma volonté de ne pas rougir était telle que ça fonctionnait ou pas. Tu sais ce que j’en fais de ton territoire inconnu ? Je m’en torche avec. Comme si je pouvais avoir envie de faire ce que tu faisais avec tout le monde, sérieusement. Je n’étais pas comme ça, je n’avais pas envie, encore moins que tu m’approches de trop près. D’ailleurs recule, je n’avais pas du tout envie de te retenir, surtout pas toi. Je veux pas que tu restes, ça m’angoissait, ça me faisait paniquer, je n’avais plus de verre pour distraire mon attention, je n’avais pas envie qu’il me voit perdre mes moyens. Pourquoi ? Mais putain pourquoi ça me faisait ça ? Pourquoi ma poitrine se serrait, pourquoi mes entrailles aussi ? Pourquoi je ne pouvais pas le regarder normalement. Pourquoi alors qu’il était juste assis sur les tables, à me regarder de haut j’en avais presque des palpitations ? Ce n’était pas moi et je n’avais pas envie d’agir ainsi. Pas avec lui, pas dans ce bar. Je croisais les jambes et le regardais, essayant de paraitre le plus à l’aise possible, la voix suffisante, cachant les battements de mon cœur.

- Je vous attends alors, dépêchez-vous, vous ne feriez pas attendre un client ?

Je n’avais pas répondu à cette histoire de territoire inconnu et l’avait soigneusement éludé pour ne pas dire plus de bêtises. Je devais lui montrer qu’il ne m’impressionnait pas, et surtout que je n’avais pas besoin de lui. Ce qu’il pouvait dire m’importait peu. Il se foutait juste de moi.

- Et sinon ça ira, je peux me débrouiller tout seul.

Regard entendu et dédaigneux. Voix qui allait avec. Tout n’était que mensonge. Je ne connaissais pas les codes des bars comme celui-ci, je ne savais rien du monde nocturne, il était comme le phare, celui qui pouvait m’éclairer sans que je me perde. Il avait beau être sûrement un sale pervers qui se tapait n’importe qui, il n’en demeurait pas moins le seul que je connaissais ici. Et mon envie de lui prouver que je n’avais nullement besoin de son aide allait sûrement me le faire regretter. J’estimais qu’il ne pouvait pas m’arriver grand-chose, mais j’étais déjà suffisamment mal à l’aise pour que quelqu’un vienne en rajouter. Dans ce cas il me suffirait de me comporter normalement pour en faire fuir sûrement plus d’un. Elio retournerait à ses occupations, m’ignorerait pour les mots que je lui avais jeté. Je savais que j’en serais plus remué que je ne le laisserais paraitre mais mon honneur aurait été sauf. Est-ce que ça valait le coup alors pour tout ce que je pourrais ressentir de négatif après ? Si mon bras s’était tendu tout seul ce n’était pas pour rien. Est-ce que je n’avais pas fait la plus grosse bêtise de la soirée ? De toute façon il était trop tard pour reculer et lui quémander un peu de compagnie. Car être avec lui, ça pouvait être aussi bien qu’aussi désagréable, parce qu’au final, je ne savais pas ce qu’il voulait, ce qu’il cherchait. Et si il voulait se rapprocher de moi uniquement pour que je finisse comme les autres, c’était hors de question. Je n’étais pas comme ça et encore moins de ce bord là. « Si tu savais Andrea. Si tu savais vraiment ce qui t’attendais dans tes sentiments. »
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Aurelio Pastore

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MessageSujet: Re: [Love's out Act II] Une veste ou un verre ? [Andy]   Lun 20 Sep - 12:59

Imaginons un seul instant, une seule seconde, qu’Andrea et Elio se soient rencontrés dans d’autres circonstances. Elio qui ne serait pas barman, et Andrea qui n’aurait donc jamais mis les pieds ici. Oublions un instant, même si pour ceux qui en conscience c’est un exercice bien difficile, le début de nuit torride qu’ils ont passés sur le comptoir, là bas. Ne pensons plus à leurs baisers passionnés, aux gémissements honteux d’Andrea et au plaisir pervers d’Elio. Imaginons-les dans un autre décor, n’importe lequel, cela n’a que peu d’importance. Ce qu’il faut savoir, c’est qu’Andrea n’aurait peut être pas ressenti cette curiosité passionnée et indéfectible qu’il entretenait pour le serveur du Love’s out. Elio n’aurait pu être qu’un badaud, un gens de plus dans le troupeau de son existence. De ceux qu’ils croisent tous les jours, et ce malgré la beauté un peu particulière de jeune homme. Quant à Elio, sans doute ne serait-il jamais retourné sur ce petit blond s’il n’avait voulu tenter l’expérience de ramener ce brin d’homme dans son bar. Supposons alors que, par le plus grand des hasards, ces deux individus se soient retrouvés en pleine discussion. L’un aurait très certainement pris l’autre de haut, affirmant son intelligence et sa sagacité pleine de confiance. Elio se serait fait rabaissé d’un regard, et sans doute n’en aurait-il rien eut à faire. Et Andrea l’aurait méprisé de pied en cape, devant ce banal inconnu qui ne lui arrivait pas à la cheville. Pour en savoir plus, il faudra aller encore plus loin dans la supposition farfelue, et admettre qu’Elio soit sensible à une certaine forme d’indifférence. Lui qui était susceptible essentiellement quand on critiquait son bar ou ses clients, et qui ne se battait avec ressentiment que dans ces occasions -et l’on omet ici les cas où il le faisait pour le plaisir-, ne l'était pourtant pas le reste du temps. Imaginons donc qu’Elio se vexe. Tout cela se serait terminé dans un grand vacarme, avec de qui du blond ou du brun parviendra à faire fléchir l’autre. L’un tentant le mépris, l’autre s’exaspérant et utilisant son poing. Gong. Fin du match. Elio gagne par K.O. Triste histoire que celle de deux êtres faits pour s’éviter, lorsqu’ils se rencontrent dans des circonstances plausibles.

Seulement rien de tout cela n’était réel, et heureusement. Car il y a une chance infime, une infinitésimale probabilité pour que le scénario ne se déroule pas comme cité plus haut. Et pourtant, tout arrive … Puisqu’Andrea et Elio s’étaient rencontrés ici, il y a trois jours, dans un univers sécuritaire pour le barman, qui se sentait dans l’obligation de supporter mais surtout dans une position de confiance vis-à-vis des clients de ce genre. Il n’y avait qu’ici qu’on pouvait lui parler comme Andrea allait le faire, étant donné que dans son antre, il ne craignait rien. Dans ce bar, Elio était à la fois le roi et le bouffon. Il dominait, animait, supportait tout et presque n’importe quoi. Qu’on l’adule ou qu’on lui crache dans le dos, il n’en avait pour ainsi dire que faire. Bref, c’était une chance pour lui d’avoir débauché Andrea. Mais cela, il ne le savait pas encore … Surtout maintenant, qu’il sentait le jeune homme fuir sous ses paroles, se rétracter et tenter de fuir la position dans laquelle il le mettait. Pourtant, Dieu sait qu’Elio aurait apprécié que son client se laisse aller dans l’ambiance et dans le cocon prometteur du Love’s out. Se faire bercer par la douce sonorité du plaisir, lâcher prise et s’abandonner à cette petite voix qui, dans nos têtes, nous souffle bien souvent la vérité sous sa plus simple apparence. Mais à vaincre sans péril, on triomphe sans gloire, aussi Elio se résignait-il à devoir faire des efforts. Pour une fois, rien ne lui était acquis. Et c’était à la fois terriblement excitant et particulièrement rageant. Lui qui, en claquant des doigts, pouvait avoir dans son lit la majorité des gens présents dans cette salle, il ne pouvait pas séduire un banal gosse tout innocent -ou presque depuis leur rencontre- ? C’était déstabilisant, inattendu et insupportable. Quand bien même il devrait attendre, patienter, y aller pas à pas, Elio se promettait d’arriver à obtenir ce qu’il voulait. Ce n’était qu’une question de temps, après tout. Les fiertés s’effacent, la morale s’effondre et ne restent alors que les véritables pulsions de l’homme. Et ce n’était pas parce qu’Andrea était Andrea qu’il échappait à cette règle.

Ce dernier était d’ailleurs visiblement mal à l’aise, à rougir à moitié, tout en se contenant le plus possible. On eu presque pu peindre à moitié ses joues de rouges, laissant l’autre immaculée. Car cela devait particulièrement bien représenter l’état d’esprit actuel du jeune homme … Qui fit vite déchanter Elio. Manifestement, ce ne serait pas ce soir. Les jambes d’Andrea se croisèrent, finissant de l’éloigner aussi bien physiquement que moralement. Il se repliait, refoulait les manifestations physiques qui devaient pourtant affoler tout son être, par réaction chimique avec celui d’Elio qui avait su lui apporter tant de satisfaction. Comme deux animaux s’attirent, leurs corps à eux deux résistaient difficilement au contact, et Elio en avait bien conscience. Ce qui les différenciait d’un comportement plus trivial, c’était tout ce qu’il n’aimait pas. La raison, la bienséance, les manières, la réflexion. Lui aurait bien écouté son basique instinct, mais il doutait réussir à rendre moins farouche sa proie en lui sautant au cou. Elio soupira. Non, ça ne serait pas encore ce soir. Mais maintenant, il se souvenait de son nom. Et ne l’oublierait pas. La prochaine fois serait la bonne.

- Je vous attends alors, dépêchez-vous, vous ne feriez pas attendre un client ? Et sinon ça ira, je peux me débrouiller tout seul.

Voilà que le petit monsieur se mettait à lui donner des ordres, comme un vulgaire client le ferait à un serveur tout aussi vulgarisé. Elio faillit lui rappeler, par pure vengeance médiocre, que c’était plutôt lui qui avait été soumis à ses actes, la dernière fois … Mais il se tut, ravalant ce goût amer dans le palais qui venait d’il ne savait où. Il n’y avait aucune raison de s’énerver, même si ce comportement hautain et distant ne concordait pas avec les souvenirs qu’il avait de lui. Tellement frustrant, le moment où l’on se retient de crier un secret sur les toits, pour expliquer au monde entier que non, rien n’est comme ils le croient. Eh bien soit. Il allait obéir, lui, Elio, à ce mioche désagréable. Avec un grand sourire sur la bouche, il se retourna promptement sans aucun regard en arrière. Nouvelle stratégie. Car en cet instant, Elio savait bien qu’Andrea regrettait, qu’Andrea sentait son cœur se serrait. Il ne pouvait pas en être autrement, tant il avait marqué son corps plus que son esprit. Celui-ci devait automatiquement réagir, brûlant d’une impatience étrange que le jeune homme ne comprenait sans doute pas. Elio se dirigea vers le bar, sans s’y arrêter, et y jeta son chiffon avant de bifurquer vers les marches d’escalier, sous les regards à la fois amusés et intrigués de ses habitués. D’ordinaire, il n’y montait jamais à cette heure-ci. Encore moins sans être accompagné …

Il gravit donc une à une, lentement, les marches qui le menaient à l’étage. A chacune d’elles, son cœur se faisait plus léger, la rancune s’envolant et son sourire redevenant plus honnête sur ses lèvres. Il avait retrouvé la sérénité qui le caractérisait. Après tout, rien ne pressait. Son impatience, son désir de triompher ne devaient pas l’empêcher d’être comme d’habitude. Andrea était une récompense, une délicate gratification pour son mérite, qui couronnerait sa réputation de séducteur. Des jeunes gens, il en avait déjà débauché. Mais jamais des aussi accrochés à leurs principes et à leur morale stupide, jamais avec autant de maintien dans le regard. Il faut dire que rares étaient les enfants de chœur à franchir la porte du Love’s out … Arrivant dans sa chambre, il poussa la porte et avança de quelques pas à peine pour atteindre l’armoire, jetant un regard de regret au lit. Ce ne serait pas Andrea qui s’y trouverait ce soir. Peut être un autre, sûrement une autre. Il fallait bien combler sa frustration … Cherchant un instant au milieu de ses maigres affaires, il saisit une veste joliment posée sur un cintre, seul vêtement qui détonnait réellement dans le décor. Trop chère, trop fragile, trop pimpante pour lui. En ressortant de la pièce, après avoir jeté le cintre dans un coin de la pièce, Elio tomba sur une Delia qui l’attendait dans le couloir, un grand sourire sur les lèvres mais un air réprobateur dans le regard. Des yeux qui voulaient le sermonner sans s’imposer, le faisant presque regretter de vouloir entrainer Andrea là dedans. Il valait peut être mieux se quitter sans un adieu, mais de toute façon c’était certainement ce qui allait se passer après ce soir. Il aurait sa veste, et aucune raison de revenir, cette fois. Et Delia lui intimait de laisser tomber, de laisser cet enfant grandir par lui-même, sans avoir à souffrir de ses caprices.

- Tu fais dans le sentiment maintenant, Delia ?

Ce fut d’une voix lourde de reproches qu’il s’adressa à la femme qu’il respectait le plus au monde, déçu qu’il était de son manque de compréhension. Déçu aussi de la décevoir, très certainement. Même s’il n’allait jamais se l’avouer. Sans plus lui accorder un regard, Elio commença à faire machine arrière et à dévaler l’escalier. Il ne remarqua donc pas les iris inquiets de Delia se poser sur lui, comme si elle pressentait que toute cette histoire n’aurait rien de bon à apporter … Et puis, même s’il l’avait su … Le barman l’aurait ignorée superbement. Une fois en bas, il se dirigea vers le comptoir, prit un verre d’une main, gardant hors de toute catastrophe la veste d’Andrea de l’autre. Il le posa, y versa la même chose qu’en début de soirée et, avec un sourire préfabriqué sur les lèvres, il apporta le tout à son client grincheux. Une fois à sa table, il posa sa commande, lui tendit son habit et lui accorda deux simples mots avant s’en retourner vaquer à ses occupations.

- Bonne soirée.

Pour Andrea, la soirée était terminée. Pour Elio, elle ne faisait que commencer. Qui vivra verra.
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Andrea Vitaly

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MessageSujet: Re: [Love's out Act II] Une veste ou un verre ? [Andy]   Mar 21 Sep - 14:02

Help !
I need somebody Help !

Mon attitude montrait clairement que j’étais vexé. Donc une fois de plus j’avais échoué. De toute façon j’avais échoué dans à peu près tout ce soir alors une fois de plus ou une fois de moins je n’étais plus à ça près. Ca m’apprendra à ne pas réfléchir avant d’agir. Ce qui était faux, parce que j’avais mûrement réfléchi ma décision. Ou peut être pas finalement… Disons que je l’avais décidé en parfaite conscience de ce que ça allait m’apporter : La paix. Mais aussi un nouveau malaise qui était loin de s’estomper. Je le savais tout ça. Je ne pouvais plus l’ignorer davantage. Sauf que j’étais tellement mal à l’aise avec mes paroles que je n’allais pas m’engager dans quelque chose qui allait me dépasser, à savoir sa proximité. Le fait d’être revenu ici avait déjà ravivé des sensations bien étranges que j’avais du mal à assimiler, alors si en plus on me foutait un autre problème sur le dos c’était autre chose. Je… J’avais besoin de réfléchir et c’était clair que je n’allais pas le pouvoir ici. Sauf que dans le même temps, ça allait être dur de « renouer » avec Elio. Je l’avais plus ou moins envoyé balader quand même. Et ça ne me faisait pas vraiment plaisir. Je l’avais fait par pur instinct, pour me protéger de mes propres réactions face à lui. J’avais décidé que le ridicule avait assez duré du coup il valait mieux en finir. Même si ça apportait plus de dérangement qu’autre chose. Parce que le sourire qu’il fit me parut des plus glacés, parce que ses gestes étaient raides et qu’il tourna le dos sans un mot. Je me doutais qu’il devait lui en falloir bien plus pour le vexer. Il jouait sûrement la comédie, je l’avais bien mérité. Du coup comme j’en étais conscience, il me suffisait de l’ignorer. Sauf que malgré toute la bonne volonté que je pouvais mettre en œuvre, je n’y arrivais pas. Je savais qu’il avait dû largement me percer à jour. Je savais qu’il savait que mon cœur se serrait, je savais qu’il savait que je regrettais. Que j’aurais voulu finalement qu’il reste, quitte à me sentir encore un peu plus ridicule, au moins je n’aurais plus cette abominable sensation qui glaçait les veines dès qu’il partait. A l’inverse, mon sang bouillonnait dès qu’il s’approchait. Et ce type de réaction, moi, ça me fatiguait royalement. Pourtant de le voir de dos sans faire un seul geste pour se retourner, de le voir jeter son chiffon pour ensuite monter à l’étage dis réservé, ça me dérangeait tellement…

Si je n’avais pas eu un tant soit peu d’honneur, je serais parti présentement, le laissant avec ma veste à laquelle je ne tenais pas. Je me serais cassé sans un regard en arrière, tout en sachant très bien que j’allais encore le regretter une fois à la maison. Donc j’étais resté. Je pouvais au moins faire ça. Malgré l’indifférence dont il fera preuve à mon égard. Peut être que si on recommençait tout, ça serait différent. Sauf que c’était difficile vu que je ne pensais pas qu’Elio accepterait si je lui demandais « Hey, ça te dirait de refaire notre première rencontre ? » Surtout que je n’avais pas encore la confirmation de ce qui s’était bien passé durant cette fameuse première rencontre. Et puis je serais sûrement resté moi-même, ce qui lui aurait déplu et au final, ça n’aurait pas fonctionné non plus. C’était un casse tête pourri. Je m’enfonçais de plus belle dans le moelleux du siège, croisant les bras. Je n’avais pas envie de parler. La seule personne à qui j’avais envie de parler n’était pas là. Et parler, si c’était pour dire un ramassis de connerie, non merci ça ira. Mon humeur se dégradait suite à l’absence d’Elio, à cette impression de vide dans la poitrine, à mon imbécilité. Il n’avait qu’à revenir, j’annulerais mes paroles, on ferait comme si rien, il resterait avec moi comme il l’avait proposé. On aurait pu parler de tout et de rien, chose dont je me savais parfaitement incapable. Non tout était de ma faute, et j’assumais tant bien que mal. Je sentais certains regards inquisiteurs sur moi, que j’ignorais royalement. Je me foutais du reste du monde, le seul intérêt de ce bar n’était plus là pour le moment. Autant dire que ça réduisait les possibilités. Si seulement, si seulement je n’avais pas eu l’idée saugrenue un beau soir de pousser la porte de cet endroit. Mais il était trop tard maintenant. Et toutes mes pensées avaient changées, et je me sentais bien seul dans un lieu aussi inconnu.
Et puis contre toute attente, Elio fit sa réapparition devant mon air absent et sûrement un tantinet mélancolique, que je m’efforçais de cacher immédiatement. J’ouvris la bouche avec la ferme intention de dire quelque chose, de me justifier, de le garder encore un peu ici, mais avant que je trouve un truc qui ne fasse pas trop abruti, il me cloua le bec, ma bouche se refermant toute seule.

- Bonne soirée.

Deux mots. Juste deux mots ?! Mais il se foutait de ma gueule. Tu savais où tu pouvais te la mettre ta soirée ?! Espèce de sale con ! Espèce de sale… Putain pourquoi ça faisait si mal dans la poitrine de se voir rejeté comme ça ? Surtout que la plupart du temps, je m’en fichais, je disais quelque chose derrière, je ne restais jamais ainsi. Sauf là, sauf avec lui. Jamais je ne me serais permis de lui hurler tout ce que je pensais à cet instant. Pas ici, pas devant lui, jamais. Il avait gagné même si ça m’arrachait de l’avouer il avait gagné sur toute la ligne ce soir. Et plus que de la colère ou de la frustration, c’était un autre sentiment qui dominait alors que je me retrouvais seul avec ma veste et mon verre. J’avais envie de crier au foutage de gueule, de balancer mon verre par terre, de faire une scène comme je savais si bien les faire, tout en sachant très bien que ça ne servirait qu’à augmenter l’indifférence d’Elio à mon égard. Il n’était pas du genre à vous regarder avec mépris. Il n’était pas comme moi. Non il ignore tout simplement. Et j’apprenais lentement que ça pouvait être la pire des punitions. De le voir travailler comme si j’étais transparent, comme si je n’étais pas là. Je n’étais même plus un simple client, j’étais juste absent. Spectateur. « Ca fait mal hein ? ». Plus que je n’aurais pu le croire. N’importe qui m’ayant traité de la sorte en aurait pris pour son grade. D’ailleurs, là, j’aurais sûrement fait scandale avant de partir en claquant la porte et ne plus jamais revenir. Sauf que je ne pouvais me résoudre à couper tout lien avec lui. C’était au dessus de mes forces. Ca me semblait être la pire chose à faire. Ô bien sur, je pouvais oublier, je pouvais penser à autre chose, mais au fond de moi il y aura toujours cette égratignure qui gênera en y repensant. Je ne pouvais pas m’avouer vaincu avant d’avoir tout tenté. Je n’avais pas encore décrypté Elio, je n’avais pas encore compris. Sauf que je ne fonctionnais pas comme un ordinateur, et je ne pouvais pas trouver la solution de mes problèmes aussi facilement qu’un bug de système.

Je me refusais à le regarder, même si parfois mon regard se tournait malgré tout vers lui. J’essayais de penser à autre chose même si son visage revenait sans cesse se moquer de moi. En plus il n’avait même pas fait l’effort de changer de recette le cocktail qu’il m’avait apporté. J’aurais pu faire un scandale mais je restais muet, savourant chaque gorgée du verre que j’essayais d’économiser. Je n’étais pas sûr qu’il m’en refasse un nouveau alors autant garder celui là un maximum. Je n’allais certainement pas partir. J’allais lui imposer ma présence même s’il n’en voulait pas. Voila, c’était le truc à faire. Même si ça ne servait à rien, ça me donnait moins l’impression de ne faire que potiche, on se rassurait comme on pouvait. Et puis on vint mettre le grain de sable dans mon savant raisonnement. Une jeune fille qui devait avoir entre dix huit et vingt ans vint s’asseoir à côté de moi, l’air de rien, me faisant un éclatant sourire. Il n’y avait pas à dire, elle était jolie, avec sa cascade de cheveux noirs lui tombant sur les épaules en grosses boucles. Son teint était légèrement halé et ses yeux verts prouvaient ses origines italiennes. Elle manquait peut être un peu de forme, mais pour ce que moi j’en avais, ce n’était peut être pas la première chose à critiquer. En tant normal on ne s’intéressait pas à moi. Du moins pas pour ce que j’étais, au lycée, c’était plutôt le terme « fils de » qui aidait. Mais passons, je me fichais des filles comme de mon premier pc. Je ne les avais pas en plus haute estime que les autres, c’était plutôt le contraire tellement elles pouvaient se révéler envahissantes et chiantes.

Et je supposais que la prénommée Camelia ne faisait pas exception à la règle. Surtout dans un bar. Je lui donnais mon prénom du bout des lèvres, avec cet air que je pouvais avoir pour qu’on me laisse tranquille. Mais hélas, cela ne fonctionna pas, et bientôt son bras commença à m’attraper la taille, sa présence se faire plus pesante. Je n’avais nullement l’intention de répondre à ses avances et j’étais à deux doigts de lui faire une remarque bien sentie pour qu’elle me foute la paix. Mais dans le même temps, j’essayais de voir si Elio me regardait, s’il pouvait penser quoi que ce soit de ma situation. Mais c’était peine perdue. Bien sûr que j’étais incapable de… Incapable de… « Le rendre jaloux ? » Non ce n’était pas du tout ça que je voulais dire. Toute façon il se fichait bien de ce que je pouvais faire, et je n’étais pas maso au point de rentrer dans le jeu de cette fille dont je n’avais strictement rien à foutre pour voir ce que ça pouvait bien lui faire. Je n’avais pas envie de la laisser continuer son jeu de battement de paupières et ses mains commençant à s’aventurer plus loin qu’elles n’auraient le droit. Et au moment où j’avais décidé de la remettre à sa place, mon regard croisa furtivement celui d’Elio et je m’empressais de l’embrasser. C’était futile, gamin, plus que cliché et ridicule et je savais parfaitement que ça le faisait sourire intérieurement et qu’il se moquait, mais c’était plus fort que moi. Ma non expérience des relations humaines me poussait à faire n’importe quoi, ou alors juste ce que je croyais savoir pour l’avoir vu ou lu. Et résultat ça ne fonctionnait pas. C’était à en pleurer de rage. J’en avais marre de me sentir aussi stupide. Je terminais mon verre avec un gout amer. Les lèvres de Camelia n’étaient pas comme je l’attendais, c’était différent, c’était moins bien. Même comparé à un rêve.
Je me levais, lui lançais un regard des plus méprisants suivi d’une réplique cassante et attrapais ma veste. Puis sans jeter un regard vers le comptoir, je sortis, laissant ainsi Camelia et ses espoirs de coup d’un soir réduit à néant. Du moins avec moi, car elle trouverait sûrement mieux.
Fulminant, je me promis l’espace d’un instant de ne plus jamais revenir dans ce bar, de ne plus jamais vouloir le voir. Chose qui au demeurant était impossible.
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[Love's out Act II] Une veste ou un verre ? [Andy]

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