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 Angel Dust [Sôma Chéri]

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Maddox. [Tinkerbell]

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MessageSujet: Angel Dust [Sôma Chéri]   Sam 16 Oct - 15:29

Est-ce que ça pourrait faire une différence si je te disais que personne au monde ne pourra jamais t’aimer autant que moi je t’aime ? J’aime ton attitude, ta démarche, tes excès de colère. J’aime quand tu parles dans mon oreille comme si j’étais le seul à exister pour toi. J’aime tes mains, qu’elles usent de violence ou de tendresse. J’aime savoir que tu me désires. J’aime que tu te drogues sans songer aux conséquences. Je suis le seul à t’accepter comme tu es Caïn ! Le seul à te connaître aussi bien ! Alors ne me demande pas de vivre sans toi, c’est trop dur. Dis-moi juste que tu m’aimes et pars. Mais ne me dis pas de continuer ma vie.

Et Maddox errait dans Milan sans but ni raison. Qu’y avait-il gagné au final ? Rien. Une déclaration à la réponse stérile qui lui serrait le cœur à chaque fois qu’il y pensait. Et puis Maddox était parti. Il avait récupéré ses affaires en silence et déposé un mot sur la table de nuit. « Appelle-moi. ». Rien d’autre. Ça suffirait. Et de toutes façons, si Caïn ne voulait pas le revoir une fois revenu, Maddox n’y pourrait rien.

Mad’ avait aperçu un sachet de poudre blanche à côté de la supplique qu’il venait de déposer. Il s’en empara. De quoi se faire un fix. Comme un impôt sur la connerie. Et puis il était parti, refermant la porte, laissant Caïn derrière lui. Laissant une partie de lui-même aussi. Laissant Shin.

Il songea un moment à aller sonner chez Erwin. Il avait envie de le voir, de lui parler, de l’enlacer. Il y trouverait du réconfort, certainement. Mais il ne pourrait s’empêcher de les comparer, de voir Caïn dans chacun de ses gestes. Ce serait insupportable, un peu comme une balle dans le pied. Ou la cuisse. Maddox s’arrêta de marcher. Il s’appuya contre le mur et glissa au sol avant de fondre en larmes. La tête dans les genoux, les mains sur les cheveux. C’est tout un monde qui partait en fumée et qu’il n’avait même plus la force de retenir. Il se sentait perdu. Caïn partait. Maddox enfouit son visage dans ses mains. Caïn l’abandonnait. Il ne se relèverait pas. Surement pas cette fois, pas encore, pas après tout ça. Il n’en aurait ni la patiente ni même l’envie. Caïn était trop présent dans son esprit. Il pouvait presque le toucher du bout des doigts. S’il fermait les yeux, il le voyait, nettement. Et ça le blessait, ça l’étouffait. Il se frotta les yeux entre deux sanglots.

They told me not to be sad
It is just a matter of time

Hé Maddox. Que vas-tu faire de ta vie ?
Tu cherches le sachet au fond de ta poche. Tu le regardes comme si Caïn pouvait en sortir. Poudre Blanche. Angel Dust. Poussière d’Ange. Le seul ange en qui tu as confiance.
Et les premières lumières de l’Aube surgissent entre les immeubles. Tu attends. Quoi. Tu ne sais pas. Lui peut-être. Lui surement. Qui d’autres pourrais-tu attendre. Tu as l’impression de l’avoir attendu toute ta vie. Toutes tes vies. Une de plus ne serait pas assez pour l’oublier. Tu le sais. Tu sais. Mais quoi faire d’autre ? Comment te relever ? Comment survivre, vivre.
La drogue, inlassablement. Mais tes ailes sont brûlées, ta santé fragile, tu n’y couperas pas. Et il ne veut pas. Il t’a demandé de ne pas mourir, de lui accorder ça. « Au moins » ça. L’ironie le rend égoïste et possessif au moment où il s’en va. Tu te couperais les veines bien volontiers. C’est une fuite comme une autre. On remplace la souffrance par la douleur. On remplace la douleur par la souffrance. Et encore un rail de coke. Le sol est froid. Son sang si chaud. La douleur pourrait s’en aller en un tire. Dors Maddox, jolie princesse. Princesse déchue. Une dernière larme roule sur ton monde. Si lentement. Tu touches le ciel du bout des doigts. Tu voudrais bien. Et c’est une part de toi qui est restée là-bas. Shin mort, Maddox au bord du suicide. Dites au revoir, soyez honnête.



Et puis il composa le numéro de Sôma.

Il devait être sept heures et demi. Peut-être huit. Quelques volets s’étaient ouverts, comme pour rappeler à Maddox que, fatalement, le monde ne s’était pas arrêter de tourner. Bip. Les gens continuaient leur vie sans prendre garde à ce qu’il pouvait ressentir. Bip. A la fin, ce ne serait pas si différent des fois précédentes. Bip. Débauche et Abus se profilaient déjà à l’horizon. L’air s’emplissait d’une odeur de fleur. Carmin. Rouge. Allo ?

- Sôma, c’est Maddox. Je… J’ai envie de te voir.



Spoiler:
 

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Sôma [Psuchè Hadzis]

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MessageSujet: Re: Angel Dust [Sôma Chéri]   Mer 23 Mar - 20:40

« On est les enfants oubliés de l’histoire mes amis. On n’a pas de but ni de vraie place. On n’a pas de grande guerre, pas de grande dépression. Notre grande guerre est spirituelle, notre grande dépression c’est nos vies. » - Fight Club

Le ciel n’avait plus de couleurs lorsque tu t’étais perdu, loin du regard de Psuchè. Comme une amoureuse qui boude, tu t’étais perdu, tu t’étais enfui. Tu ne savais plus trop pourquoi, un mot qui aurait frappé ailleurs, quelque chose de blessant, et toi au début de l’hiver tu avais ce cœur en velours des amantes à fleur de peau, les nanas qu’on blesse si vite. Il t’avait blessé, peut-être d’un silence, et tu avais laissé tes pas s’envoler sur les dalles et les pavés. Et tu t’étais perdu dans les rues de Milan.

Cette ville était fantôme, et tu t’en souvenais. Tu avais déjà eu à faire à Milan. Une histoire de vengeance, aussi, une autre. Du sang avait été versé et ça avait duré si longtemps que tu avais eu le temps de te souvenir de cette ville. Même si ça faisait un peu un bail maintenant les esquisses étaient toujours là, un peu déformées.
Cette ville était grise, et elle te rappelait les tristesses nocturnes auxquelles on ne donne plus de nom, les insomnies saturées de reproches. Chaque rue de Milan rappelle à l’amour terne, aux amants qui crèvent, à la vie qui n’a plus de sens. Il était huit heures du matin. Les rues s’animaient doucement, la journée annonçait déjà son sourire lourd.

Et les matins de Milan étaient lents et douloureux.

Tu étais entré dans un café, la cloche avait tinté. Ca venait d’ouvrir ; ça n’avait pas d’odeur. L’espace d’une seconde tu avais pensé à Erwin Wolfgang Meister. Le café était amer. La tête appuyée contre le froid de la table, tu avais regardé à travers le verre d’eau et tout paraissait un peu comme les profondes images d’un film capturées à un angle impossible de la caméra, d’éternels reflets qu’on ne verrait qu’à des proportions recherchées. Ce genre d’images creuse encore plus la mélancolie. Tu rentrerais au petit matin du prochain, mais vingt quatre heures c’était si long. L’affreuse punition.
Il faudrait raccourcir les heures, une vie étroite c’est beaucoup moins douloureux, et puis les meilleures blagues sont toujours les plus courtes.

Tu aurais aimé parler à quelqu’un, mais il fallait éviter de confondre les visages. Les matins comme ça c’était trop flou, tu n’aurais pas su te poser sur la réalité, un terrain exploré. A trop s’envoler on finit par avoir le vertige, et de toute façon tu aurais tâté pour trouver les mots à dire. Tu avais la bouche trop pâteuse.

Tu avais déposé un billet sur la table, vidé d’une traite le verre d’eau.
Mais la sonnerie avait retenti, tu t’étais brutalement écrasé, la tête en premier, et d’un brusque mouvement de la main tu avais maladroitement décroché, sans vraiment te soucier d’un quelconque prénom. Et dès qu’il prononça ce prénom tu l’avais brutalement haï. C’est Maddox, Sôma. C’est Maddie, le jeton de trop, Mad, le fou. Et puis ces sanglots dans la voix étaient vraiment de trop. Tu avais l’impression que peu importait la raison, l’endroit, peu importait les prénoms Maddie pleurait toujours, était en larmes, que Mad était à jamais aussi triste et fou que les matins de Milan.
Pourquoi me voir, pourquoi maintenant, pourquoi tu pleures, t’es camé ? Tu t’es shooté, hier soir, ce matin ?

La porte avait violemment tinté derrière toi.

« D’accord. T’es où ? »

Et puis sans vraiment t’en soucier tu t’étais condamné, tu resterais près de lui, toute la journée s’il le fallait, t’auras Maddie dans les basques. Et tu pourras pas le quitter, pas tant qu’il pleurera, pas tant qu’il dira ton prénom, Maddox était pathétique mais tu ne l’étais pas moins. Vingt quatre heures ne pourraient jamais sembler plus longues.

Un pas devant l’autre et tu t’étais arrêté. Les décors s’étaient écroulé et hop, d’un coup, plus de visages. Maddox était là, au coin de la rue d’en face, et longtemps plus tard tu n’auras gardé que cette image de lui. La pathétique masse humaine recroquevillée contre un mur de la rue, sur une douleur d’enfant, tu aurais peut-être souri. Tu n’avais plus regardé ailleurs, simplement les sanglots de Maddie. L’appareil, tu l’avais encore contre l’oreille. Quelques fois son souffle faisait trop de bruit. Et tu t’étais avancé vers lui.

Tu ne sais pas s’il t’a vu, tu avances seulement et tu n’oses plus fermer les yeux. Et lorsque tu le vois tu sais qu’il pleure réellement, Maddox, tu sais que des larmes pareilles étaient l’amour que tu n’aurais jamais connu. Tu ne sais pas dire les grandes phrases, tu ne connais pas les bons mots. Tu les as seulement au bout de la langue. Il fallait les rechercher. Pour Maddox tu l’aurais fait.

« Hé, Maddie. »

Tu te penches doucement, tu raccroches l’appareil. Son souffle est à présent trop proche. Et tu souris comme il pleure, passionnément.

« Pourquoi tu pleures ? »
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Angel Dust [Sôma Chéri]

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