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 Aplat [PV Delia].

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Ares Galla [Nemo]

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MessageSujet: Aplat [PV Delia].   Lun 23 Mai - 11:45

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    Aplat.
    Samedi soir. Il comptait ses pas sur les pavés de Milan. Dans la mélopée des bafouillages lointains de ses amis, trois mètres plus tard, les cliquetis réguliers et lancinant des talons et la basse des semelles élastiques résonnaient, se propageant dans l'ombre. Une fumée claire dans la nuit vint tacher le noir. L’odeur d’addiction qui s’en dégageait suffit tout simplement à l’automatiser une fois de plus. La flamme bleutée auréolée de doré qui s’échappa de son briquet n’hésita pas et mordit dans le tabac et le papier blanc. Il respira un nuage de vice. Exaltant silencieusement son plaisir. Les lucioles orangées qui venaient mourir dans leur chutes vers le froid des pavés avaient quelque chose de délectable. La fumée âcre qui s’engouffrait dans sa gorge venait recouvrir ses muqueuses d’un frémissement. Il aimait le vent qui faisait dériver et flotter le tissu de son t-shirt, l’air tiède et prenant, les relents amers de la nuit. Il posa son regard sur la voûte perchée en haut de tous, les étoiles ne brillaient pas ce soir là. La lune n’était que l’ombre éclatante d’un cercle d’un blanc laiteux. Coupant le bleu indigo uni et plat du ciel. Des petits rectangles de lumières perçaient la nuit de toute part , la transperçant. Se répandant comme une goutte qui explose et s’étendant partout là où elle pouvait. Des découpages noirs s’animaient aux fenêtres, leurs membres flous s’agitaient, virevoltait ou s’assoupissaient dans une unique position, fatigués, comme lui.

    Sa semaine avait été aussi légère et agréable qu’une chaîne que l’on déroule sur le fil des journées. Ponctuée de crasses aussi variées les unes que les autres. Et le bâtonnet blanc qui se juchait dans ses doigts n’avait pas été le seul. Et à chaque fois il avait l’impression que son effet s’amenuisait plus les jours filaient jusqu’au week-end. Cette cigarette nocturne était une sorte de renaissance. Comme cette sortie improvisée. Peux à peux il se détendait, ses muscles se relâchaient, son cerveau se décrispait et se vidait, son dos se reposait. Sa démarche coulait, nonchalante, lavée de stress. Il se remémorait vaguement les évènements du jour. Le steak mal cuit qu’il avait du avaler, les cours répétitifs, les examens énervants, les insultes identiques. Il claqua de la langue. Chassant la question qui le dardait sans répit. Résistant, armé de recul et de sa rengaine de vérité. Refusant de se torturer pour une chose dite dix fois et un problème résolu depuis 19 ans. Il était là pour s’amuser. Et comptait bien s’aérer l’esprit une fois de plus, ça ne lui ressemblait pas d’être aussi obscur. Un sourire se dessina sur ses lèvres rien qu'avec l’évocation des prochaines heures. Il n’y avait pas grand chose de mieux pour évacuer et repartir des couleurs pleins la tête accompagné d’un peu d’étourdissement et d’une profonde envie de dormir. Le corps usé et inerte. Le fil de l’esprit repassé, remplit de plénitude et d'alcool.

    Le « Love’out ». Dernier bar courant les ragots. Fleurissant et s’épanouissant dans le monde de la nuit, une fleur nocturne aux saveurs, disait-on, épicées et exotiques. Muni d’un barman aux goûts étranges, aux divers cocktails déjantés, à l’imagination colorée dont la réputation n’étais plus à faire et se résumais simplement : imprévisible. Ares avait hâte. Quoi de mieux qu’un endroit décalé , un concentré de débauche, une pause épicurienne. Tranchant le quotidien, tombant de la toile bien droite de la vie pour s’envoler, soufflé par le vent, solitaire et indéfinissable, à part. Des rires rendu gras par l’alcool et la clope retentirent. Un groupe d’étudiants inconnus passa dans la direction opposée à la leur , dispersant des relents de boisson, de fumée et de fête dans l’air humide de la nuit. Au loin pointait des éclats de joie expansive. Le bruit venait d'une ruelle transversale, anormalement plus fréquentée. Son attroupement d’amis se dirigea automatiquement vers ces éclairages incongrus. D’un pas assuré, les premiers connaissant déjà le lieu tournèrent pour s’engager dans la ruelle. Les rires, discussions folles, tintement de verres résonnaient. L’établissement se dévoilait.

    La bande entra. Ils se dispersèrent. Le blondinet, prit place sur l’un des siège du bar, au pied argenté couronné d’un cylindre plus large que plat recouvert de cuir bien entretenu. Il voulais tout tester ce soir, autant désigner quelque chose pour entamer la soirée.



Dernière édition par Ares Galla [Nemo] le Ven 27 Mai - 12:05, édité 1 fois
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Delia Fabriosa

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MessageSujet: Re: Aplat [PV Delia].   Mar 24 Mai - 13:23

Delia surveillait. Elle surveillait son territoire comme la prunelle de ses yeux, et depuis déjà quelques heures. A la différence de son serveur, elle n’avait pas eu une longue nuit de sommeil et pourtant aucune fatigue ne pouvait se lire sur ses traits. Sa journée avait été longue, remplie de choses plus ou moins agréables, qu’elle oubliait peu à peu en regardant le superbe tableau de la nuit qu’elle avait créé. Elle oubliait les courses du matin où il avait fallu réfléchir à ce qui ferait plaisir à Elio, elle oubliait les rendez-vous important avec tel ou tel membre du Réseau, elle oubliait même les contacts qu’elle avait réussi à prendre, s’en étant pourtant félicitée toute l’après-midi. En effet, ce monsieur qu’elle devrait bientôt rencontrer semblait étonnamment susceptible de lui livrer des précieuses informations qu’elle buvait avec délice et avidité. Elle effaçait de sa mémoire tout cela pour tenter de se convaincre que les heures n’avaient pas été si longues, et qu’elle était encore en pleine forme. Car en voulant s’isoler dans cet univers chaque soir, et en admettre les conséquences qui l’obligeaient à veiller au grain et même à participer activement, elle en connaissait les contraintes. Tenir éveillée, être toujours sur le qui-vive pour ne rien manquer des faussetés du spectacle, des erreurs des danseurs ou du chorégraphe, bref comme un chef d’orchestre dirige sa troupe, Delia était là ce soir.

Assise à une table depuis le début de la soirée, elle discutait machinalement avec des messieurs, empressés de lui faire la cour. Ses réponses, automatiques, filtraient à travers ses lèvres sans même que son attention soit sollicitée. Celle-ci ne l’était que lorsqu’un mot particulier filtrait dans la conversation, une idée qui retiendrai toute sa curiosité. Pour l’instant il n’en était rien, et Delia commençait à regretter de n’avoir pour compagnie personne de plus expansif, ou tout simplement de plus connaisseur dans le seul sujet qui l’intéressait vraiment. Tentant malgré tout de ne pas laisser trop de soupirs s’égarer entre ses lèvres, la gérante du bar se faisait distante sans que cela n’inquiète ses convives, habitués par ses absences et ses airs de grande dame fort occupée, ce qu’au final elle était mais sans doute pas dans les dimensions qui leurs venaient à l’esprit. Au bout d’un moment pourtant, n’y tenant plus, Delia offrit à ces messieurs un signe de tête évocateur, les gratifiant d’une formule de politesse les remerciant pour leur présence, avant d’aller en direction de la réserve, où elle fit une courte pause, le temps de se passer un peu d’eau sur la nuque et sur la bouche, sans toucher pour autant à son maquillage. Déjà, l’ennui la rattrapait alors qu’elle ne faisait que jouer ce que son barman aimant tant vivre. Relevant le menton, Delia croisa son reflet dans le petit miroir ébréché placé là pour que les habitants et acteurs de se bar, se résumant au nombre de deux, puissent toujours garder leur apparence, base du métier.

Ce qu’elle y vit ne lui plut pas, aussi prit-elle finalement le temps d’arranger cela. Ses cheveux se firent plus bouffants, laissant les boucles retomber artistiquement sur ses épaules à moitié dénudées par sa robe. Cette dernière, bleu marine, était courte mais si elle dévoilait sa nuque et la naissance de ses bras, il n’y avait pas de décolleté. On montre le haut ou le bas, mais pas les deux si on ne veut pas se faire passer pour n’importe qui. Delia aimait préserver, toujours, cette part de mystère. Ainsi habillée d’un col rond qui ne mésestimait pourtant pas son opulente poitrine et de quelques plis en bas de la robe qui frôlaient le haut de ses genoux, Delia complétait ce soir sa silhouette par des mi-bas de laine noire sur lesquels grimpaient des bottes marron foncé, s’arrêtant avant ces derniers. Pinçant légèrement ses joues pour se rendre meilleure mine, Delia fronça les sourcils avant de hausser les épaules, savant rituel de signes traduisant un manque léger de maquillage sur une de ses paupières, dont elle se fichait finalement. Un tour de tête à gauche, puis à droite afin de tout contrôler, et Delia lissa sa robe, satisfaite. C’était son apparence habituelle, toujours plus habillée que sur toute autre personne, lui donnant cet air adulte qui lui allait si bien, concordant de plus avec son âge. Un âge où il n’est plus temps de s’habiller comme une adolescente mais où les vêtements vous donnent instantanément un air plus complexe que quelques années auparavant.

En écartant le rideau qui la ramènerait en salle, la patronne du bar prit le temps de dévisager son lieu de culte. Un photographe aurait pu faire une merveilleuse ébauche de tableau, et l’on devinait beaucoup de choses rien qu’en admirant les participants à ce grand bal géant. Les couleurs peignaient la pièce de différentes nuances, tandis que les expressions faciales disaient toutes quelque chose que l’on n’entendait pourtant pas dans le vrombissement général des bruits de verre et de conversation. Sans bruit, on pourrait encore deviner ce qu’il se jouait sur ces visages-là, ou bien ceux-ci. Il y avait le coin des timides, des premières fois ici, celui des habitués, des filles en recherche, des hommes ouvert à toute proposition, des amis venus passer un moment qu’ils espéraient convivial mais qui, Delia le savait d’expérience, dégénérerait bien vite soit vers l’animosité et la jalousie soit vers la drague et les tentatives appuyées de déduction. Ici, ce n’était pas le Love’s out pour rien, et il était hors de question que tout se passe autour des sentiments alors que ceux-ci étaient précisément supposés rester dehors, derrière la lourde porte d’entrée. Delia se délectait de la vision qui s’étalait à ses pieds, voyant de plus son petit protégé tout sourire, virevoltant de l’une à l’autre table pour remplir les désirs de tout le monde. Et ce n’était pas chose facile, vu la taille et la configuration de la pièce principale. Toute en longueur, celle-ci se parait de nombreuses tables rondes, mais également de banquettes et tables basses installées le long des murs, avec le comptoir qui surplombait la salle, protégé par les hauts tabourets de bar qui faisaient comme une rangée d’épines, si bien que rares étaient ceux qui s’y installaient, préférant se mêler immédiatement aux autres.

Séduite par sa vision des choses, la jeune femme contourna le meuble long en bois tout en y promenant sa main, avant de s’y adosser, non loin de la porte. De là, ses bras la portèrent un instant et elle se hissa sur le rebord, sans remarquer immédiatement qu’il y avait juste à côté un client, justement installé au bar. Quand elle le remarqua, Delia ne fit tout d’abord aucun commentaire, se contentant de le jauger de haut en bas, ses habits comme sa coiffure, son apparence comme le désir de son regard, quel qu’il soit. Et quand enfin elle brisa le silence, si on peut parler de silence dans un endroit où tout le monde se découvre et s’amuse, ce ne fut pas pour lui proposer une boisson ni même pour s’enquérir de sa présence. Au contraire, elle porta une main au visage du jeune homme assis là, baissant son bras étant donné qu’il était largement en dessous d’elle au vu de la configuration des évènements, et frôla une de ses mèches rebelles, du côté gauche de son visage. Puis, comme une moquerie désintéressée, elle lança tout en récupérant sa main :

- Tu n’es pas un peu jeune pour être là, toi ?

Il était rare que Delia vouvoie, et c’était exclusivement réservé aux personnes plus âgées qu’elle ou aux potentiels informateurs avec qui elle se procurait d’arrache pied des rendez-vous de convenance. Ici, point besoin de gants pour aller à la rencontre de cet adolescent à peine formé qu’elle trouvait presque perdu dans le décor. Faute de jugement, certainement, en tout cas la jeune femme ne pouvait s’empêcher de penser à Elio, quand elle regardait la malice de ce visage assis là. Elle, si supérieure et assise négligemment dans un lieu qui lui était dévoué et destiné, lui incertain et consommateur parmi tant d’autres qui avait peut-être simplement eu la chance de tomber sous son inadvertance et son manque d’attention passager. Qu’il s’insurge ou pas contre sa réflexion, Delia s’en moquait bien, et de toute façon ce n’était que pure provocation étant donné qu’elle ne comptait bien évidemment pas le faire sortir de son bar pour un stupide délit de faciès.

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> Les enfants commencent par aimer leurs parents ; devenus grands, ils les jugent ; quelquefois, ils leur pardonnent.
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Ares Galla [Nemo]

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MessageSujet: Re: Aplat [PV Delia].   Ven 27 Mai - 12:00

    Ses yeux se posèrent sur la pièce et il l’examina intégralement. Jusqu'à trouver ce qu’il recherchait. Le barman. C’était une étiquette d’animal de foire que lui collaient tout les ragots à son sujet et Ares n’échappait pas à la règle. Sa curiosité ne l’avait que trop rongé pour qu’il reste le regard perdu dans le vide, à mater le mur. Elle était là, cette fameuse personne. Et c’était en effet quelque chose à voir. Il dansait entre les tables, parfaitement adapté à l’architecture et la disposition assez originale pour ne pas dire contiguë du lieu. Sur son plateau métallisé, trônait ses éprouvettes de savant fou. Si les verres avait un aspect ordinaire pour un bar, les mixtures qu’ils contenaient paraissaient peu recommandables, tant mieux. De loin les couleurs paraissaient vives et contrastées, à cette distance il ne voyait pas de fumé s’envoler ou de bulles flottant au dessus de la surface des boisons, sa santé n’était pas en danger. Il n’avait pas peur, aucun habitués qu’il connaissait n’avaient attrapés une maladie en fréquentant l’établissement. Mais en rentrant il ne savait pas réellement à quoi s’attendre, il était à présent ravi. Il y avait dans les teintes colorées de ces cocktails une promesse de nouvelles expériences.

    Les rires fusaient dans le public. Ce bar était un cabaret déguisé. Les tintements de verres se faisaient cristallin ou graves selon le récipient employé. L’ambiance semblait partir en spectacle expérimental. Chacun se trouvait face à une invention, qu’il devait tester à ses risques et péril, plus on est fou, plus la boisson est étrange, plus on rit. Certaines personnes s’amusaient à faire goutter leur collation au voisin et vice versa. Il regardait d’un côté comme de l’autre, explorant et patientant pour obtenir sa commande. Il était vêtu d’un t-shirt noir manches courtes à l’effigie discrète d’un groupe de rock , un châle gris avec des accrocs colorés et un jean bien taillée en denim foncé. Ares n’aimait définitivement pas ce tissu quand il était clair, il avait l’honnête impression de porter un pantalon de cow-boy prétentieux. Ses Doc Martens au cuir usé et noir recouvrait le bas de son jean, les lacets était d’un bleu ciel doux. A ses doigts il portait une chevalière argentée, rayée sur le côté droit, au motif horizontal, les lignes parallèles de différentes épaisseurs, remplis de motifs travaillés. Sur le majeur de sa main gauche, à côté de la première bague, il portait deux anneaux de taille variables dans un argent terne et vieilli. Ses poignets étaient tout les deux recouverts de mitaines courtes en laine grise foncée. Un enchevêtrement de bracelets de bleus variés, passant de l’azur au marine. Un long fil de cuir sombre était enroulé autour, se perdant dans les creux et les sommets de sa petite mer d’accessoires. Ce soir ses cheveux étaient simplement retenus par des barrettes couleur indigo à la place ou se tenait habituellement cette sorte de tresse composée de pleins de petits élastiques aux couleurs joyeuses.

    Un mouvement fugace fit s’agiter ses cheveux. Une mèche blonde vint s’envoler sans qu’il comprenne pourquoi. Il tourna la tête d’un coup. Il n’avait pas vu cette femme s’asseoir à côté de lui. Sa silhouette lui rappelait quelque chose, il l’avait aperçu dire bonjour à beaucoup de personnes. Ses cheveux étaient… rouges. Ils tombaient droits jusqu'à un certaine hauteur ou subtilement et subitement, tournaient et se courbaient dans de courtes anglaises. Une frange droite lui barrait le front. Elle était vêtue d’une robe d’un bleu sombre lui arrivant juste au dessus de ses genoux, révélant des jambes fines recouverte de mi-bas en laine de couleur noire, superposés à des bottes marron foncées. Ses épaules ainsi que sa nuque étaient découverts, mais rien de plus. Son visage était lisse et sa peau à la fois jeune et couleur chair ravivé par des joues rosées. Ses hanches étaient généreuses et sa poitrine tout autant, elle avait l’air d’une femme consciente de ses atouts, assumant ses formes sans tomber dans le vulgaire pour autant. Une aura de maturité remplie de mystère se dégageait d’elle, comme reine interdite du lieu. Son port de tête ne laissait douter de sa position monarchique. Ses yeux étaient gris parsemé de bleu, ils étaient souligné d’un trait noir. Ses lèvres s’agitèrent et un son se forma :

    « Tu n’es pas un peu jeune pour être là, toi ? »

    Il fronça les sourcils imperceptiblement, surprit par son intervention inattendue, alors qu’il observait curieusement le barman de l’autre côté. Elle se moquait légèrement de lui. Ares avait parfaitement l’âge pour aller dans un bar et elle avait parfaitement pas la tête et le comportement d’un mégère qui serrait prête à perdre de l’argent en le chassant de son établissement, ce qui aurait mauvais effet sur la clientèle, l’image du bar entre autres et surtout pour la raison qu’il lui semblait trop jeune. L’inconnue lui semblait un minimum plus intelligente que ça. Il décida de le prendre au second degrés, ce qui était le cas, il n’était pas là pour se compliquer la tache, ni s’énerver inutilement. Il lui répondit dans le même élan. Avec un reflet de désespoir mimé dans le fond de sa voix. Accompagné d’un haussement sourcil naturel et d’une moue mi-sourire , mi- lassée.

    « J’ai l’air si vieux que ça ? »


    Un rire léger et court vint sortir de sa gorge, mais sûrement pas assez fort pour qu’elle l’entende, de toute façon il était adressé à lui même.
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Delia Fabriosa

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MessageSujet: Re: Aplat [PV Delia].   Dim 29 Mai - 10:19

Delia, en grande tenancière d’un des bars les plus connus mais également les plus controversés de Milan, avait une réputation à tenir. Et, il était vrai qu’elle préférait les hommes plus âgés pour lui tenir compagnie, et ce pour plusieurs raisons. Tout d’abord, la principale, était qu’en faisant cela la jeune femme se sentait plus jeune et attirante que jamais, et cela satisfaisait l’orgueil féminin qu’elle avait acquis il y a quelques années de cela. Ensuite, ils avaient eu d’avantage de temps à passer dans cette vie, et cela leur permettait d’en savoir bien plus que de nombreux autres sur les sujets qui intéressaient Delia. On en connait plus sur le monde quand on l’a habité plus longtemps, et l’expérience était quelque chose de respectable que la jeune femme respectait, justement. Si elle connaissait l’existence d’un groupe traquant les Pactisants et leur Stellas, le Réseau ne lui avait pas encore parlé en profondeur de leurs activités mais Delia savait bien que, comme dans toute entreprise, les plus hauts gradés sont soit des jeunots aux dons et aux qualités remarquables, soit des personnes pus mûres qui avaient pris le temps de comprendre le monde pour l’exploiter à leur avantage. Les premiers se faisaient remarquer assez rapidement par leur originalité et leur besoin de se montrer différent ; les autres, Delia passait son temps à les traquer, à les débusquer et à les soumettre à ses questions subtiles, cachées derrière un cocktail ou livrées dans une étreinte feinte. Ils étaient, de plus, particulièrement faciles à manipuler, quand on connait la simplicité du cœur d’un homme. Alors oui, elle préférait la compagnie des hommes plus âgés et venir s’asseoir près d’un gamin n’était pas dans ses habitudes, plus dans celles de son serveur.

Mais ce soir, Elio ne semblait pas disposé à flirter plus que nécessaire, il paraissait même presque détaché de ce qu’il se passait en salle. Ce qui n’était pas forcément une bonne idée, selon Delia. Pourtant, là maintenant alors qu’elle regrettait presque d’avoir choisir un si jeune interlocuteur, elle aurait aimé que son barman vienne la seconder avec ses sourires enjôleurs et ses phrases toutes faites. Delia était plus directe, bien moins portée sur la séduction puisque, la plupart du temps, elle n’avait pas de grands efforts à fournir pour faire chavirer les envies de ses compagnons du moment. Il lui suffisait de ses formes et de ses silences froids pour attirer la curiosité et le désir, sans parfois rien faire de plus. Merveilleux pouvoir féminin dont elle se jouait avec plaisir, Delia trouvait même parfois cela trop facile, et elle espérait un jour prochain tomber sur un défi plus intéressant. Sa venue, toutefois, surprit le tout jeune homme assis en dessous d’elle, qui ne put s’empêcher de marquer son étonnement par une très discrète torsion du visage qu’elle ne remarqua qu’à peine. Et, si elle avait lancé son injonction sans attendre de réelle justification tant elle n’était pas sérieuse, elle eut l’étonnement de voir le gamin lui répondre sur le même ton. Il se fit comédien l’espace d’un instant, et se joua sur ses traits un air à la fois réaliste et impossible, invitant au rire auquel Delia ne céda pourtant pas. Ce n’était pas vraiment dans ses habitudes de se laisser aller à l’hilarité, mais elle apprécia ce retour de bâton, mérité face à une question indiscrète et brutale de sa part. Elle aperçut plus qu’elle n’entendit l’amusement de son interlocuteur sur sa propre intervention, et le laissa un instant dans le silence profiter de cette savante répartie.

Nonchalamment, et sans bien faire attention à ce qu’elle faisait, Delia se laissa couler hors de son perchoir et glissa à terre pour ensuite contourner le comptoir par la droite et se positionner derrière le bar en bois. Elle attrapa un verre et, sans plus réfléchir, le remplit. D’ordinaire c’était le rôle d’Elio, mais elle le savait fort occupé et puis cela lui permettait de s’assurer le contentement de son client. Si son barman était bon, Delia était une magicienne des mélanges alcoolisés. Elle tendit rapidement une coupe sur un haut pie à son client, en s’appuyant négligemment mais avec grâce sur le peu de surface meublée qui les séparait. Elle le fixait d’un regard perçant et repris finalement la parole, sans plus de cérémonie.

- Et peut-on savoir ce que tu es venu chercher ici de particulier ? Toutes les personnes, autour de toi, savent pourquoi elles sont chez moi.

Puis, enfin, Delia prit le temps d’observer son nouveau client. Il ne l’intéressait que de façon très momentanée, et parce qu’il avait eu un très léger trait d’esprit comme réponse, alors qu’il était pris au dépourvu. Mais s’il ne lui montrait rien, ne lui apportait rien, cela ne faisait aucun doute que la patronne de Love’s out allait s’en désintéresser en quelques instants. Et en attendant, il s’agissait de savoir s’il méritait qu’elle s’intéresse à lui ... ou non. En gros, s’il pouvait lui être utile. En le détaillant, avec son jeune âge et son style vestimentaire à la fois décontracté et soigné, Delia voyait bien qu’il avait l’air plus banal qu’exceptionnel, et que dans toute logique il ne faisait pas partie de l’instance qu’elle suivait de près. Il restait toujours la possibilité très mince qu’il sache quelque chose d’intéressant, malgré tout. Et sinon, et bien elle le laisserait aux bons soins de son serveur unique et préféré. Elle s’attarda un instant sur les multiples détails qui le constituait, sa tête tournant presque sous la multitude de choses qui ornaient ses avant-bras et qui, au final, était d’un rendu brouillon et sans logique d’esthétisme, bien que les couleurs soient accordées entre elles. Puis, enfin, Delia décida de lui laisser une chance. Son attention quitta alors provisoirement la salle, qu’elle contrôlait tout de même du coin de l’œil, pour se fixer sur la jeunesse qui lui faisait face et le regarder, tout simplement. Lui offrir son écoute, lui faire croire un instant qu’elle s’intéressait véritablement à lui. Delia savait se montrer bien plus gentille et douce, pourtant c’était rarement le cas avec ses clients, d’avantage avec les personnes qu’elle rencontrait à l’extérieur de son établissement. Peut-être dans l’idée très simple que des visiteurs qui laissent l’amour à la porte n’ont pas besoin de son affection et de sa gentillesse, qu’elle ne laisse jamais filtrer à son travail de patronne de bar. Question d’image et de crédibilité ...

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Ares Galla [Nemo]

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MessageSujet: Re: Aplat [PV Delia].   Ven 3 Juin - 11:52

Découvrez la playlist Aplat 2 avec Wolfmother


L’inconnue quitta l’endroit d’où elle était assise. Son corps coula, à la fois lent et fluide. Son physique l’attirait fortement, bien qu’il gardait un air neutre. Elle était à la fois resplendissante et mystérieuse. Liant classe, secret et maturité. Elle était directe, un peu froide et pourtant, semblait d’intéresser à lui pour des raisons obscures n’appartenant qu’a elle. Sa curiosité le titillait. Qui était elle ? Elle paraissait aussi inaccessible et intouchable qu’un papillon de nuit, à la fois proche et au moindre sursaut, envolé, disparu. Elle battait des ailes à la fois fugacement et gracieusement. Des éclats d’or furtifs se peignait sur leur surface bleu irisée. Des étoiles dorées luisaient discrètement derrière son visage, l’entourant d’un nuage de brume insondable. Elle contourna le bar de bois sombre. Marchant tranquillement en pleine possession de son royaume, c’étais le sien après tout. Il avait fini par la désigner comme étant la patronne du pub, il n’y avait qu’elle qui correspondait fatalement à la description vague et teintée d’interrogations qu’on lui avait faite. Il se rendait compte qu’il avait de la chance qu’elle lui parle. Elle était décrite comme une femme au sang noble, loin du peuple et pourtant. Ares trouvait un soupçon de mépris dans la manière avec laquelle elle lui avait été présentée. Et il était ravi de s’être trompé, même si elle restait voilée.

En la voyant s’éloigner il n’avait pas réprimé sa déception, mais elle était revenu vers lui, face à lui, procédant a une inquisition de ses yeux glacés. T’excites pas trop mon gars. Il restait égal à lui même, confiant et détendu. A son étonnement elle s’empara de trois bouteilles, qu’elle avait l’air d’avoir choisit avec attention, malgré le peu de temps qu’elle y avait accordé, maîtrisant tout et confirmant sa position impérieuse. Elle mélangea savamment les liquides, coulants de leur bouteille, fuyant leur prison de verre fumé pour un nouveau monde, limpide. Les couleurs et les viscosités se mélangeaient pour donner un résultat rosé et trouble, avec des reflets de teintes indiscernables. Il fixa le mélange d’un air curieux. Son apparence lui inspirait plus le poison neurotoxique mortel susurré par une veuve noire qu’a un cocktail exotique. Il tentait le coup. Au pire il serait tué par une femme… merveilleuse, au sens mythique ,magique et ombrageux de la chose. Ares n’allait pas lui refuser quoique ce soit. Il tendit le poignet nonchalamment vers la coupe. Ses bagues résonnèrent faiblement au contact de la matière cristalline, l’avertissant. Il ignora le cri désespéré des entités. Le jeune homme redressa la tête en direction de la femme. Un sourire sincère s’inscrit sur les lignes de son visage.

« Merci. »

Inconsciemment il acceptait tout, même la mort. Fatalement.

Il porta à ses lèvres le froid sévère du récipient. Et bu une gorgée.

C’était glauque. L’arôme était purement artificiel et étrange. Le goût totalement abstrait. L’alcool était la seul chose qu’il reconnaissait dans ce mélange. Sa lave réchauffant sa gorge. Il n’arrivait pas à identifier quoique ce soit. C’était nouveau, désorientant. Ares ne pouvait pas définir si c’était bon ou pas, ni fruité, sucré ou amer. Il prit une autre dose de ce poison rongeant ses repères gustatifs, doucement hypnotique. Le blondinet était content. Un sentiment de joie, véritable, il n’avait pas bu assez pour être faussé, se réveilla. Plus fort qu’avant, il était heureux d’être en week-end, de se délasser et s’amuser. Et son bonheur avait une saveur irréelle.

Il tombait déjà dans le piége complet et vicieux de la patronne du bar. Charmé et atteint. Prisonnier volatile dans la toile vaporeuse de cette araignée mystérieuse. S’enroulant inconsciemment dans ses fils collants, inodores, incolores et imperceptibles. Aveuglé par l’insouciance.

« Et peut-on savoir ce que tu es venu chercher ici de particulier ? Toutes les personnes, autour de toi, savent pourquoi elles sont chez moi. »

Pourquoi ? Dans quel but ? Il était là pour s’amuser, mais pas que. Inconsciemment il fuyait. Il refusait de se réfugier dans la lourdeur et le trouble de la boisson, comme dans l’allégresse du jeu ou la folie de la fête. Mais parfois ça le soulageait. Ne serais-ce que quelques heures, il aimait oublier. Il affichait constamment un air heureux et joueur, parce que c’étais dans sa nature, mais il avait ses problèmes, ses doutes perpétuels, accrochés à lui comme des chaînes. Dans son dos il sentit les pupilles des gens le darder. Muées en épines noires. Un relent amer parcouru sa langue. Une ombre passa dans ses yeux noisettes. Parfois il se demandait si tout était vraiment réel. Il se plaisait à penser que rien ne s’était passé qu’il n’était même pas né, que sa conscience n’était que vide. Mais ça ne changeait rien, il y avait toujours un Osiris pour lui rappeler qu’il avait quelqu’un sur qui compter et il y avait toujours un Nemo pour lui rappeler qu’un Osiris n’était pas suffisant pour tout endosser, même à deux. Il n’était à ce moment qu’un pauvre animal prit dans crochets fantomatiques de l’attitude irrésistible et des phrases froides et énigmatiques de la chose qui lui faisait face.

« Je suis venu mhh… me laver l’esprit. Je suis fatigué. » Il fit une pause, puis jugea que continuer ne changerait rien. « Je suis fatigué des regards, je suis fatigué de ces phrases, ces mots … toxiques. Et puis il y à lui, ce putain de lui. »

Il cracha avec lenteur ses mots, ils n’étaient pas méchants, ils étaient harassés. C’était rare et maladroit de sa part. Et c’était à son frère à qui il avait l’habitude de tout déballer, mais une à une inconnue aussi charmante c’était presque aussi facile.
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Delia Fabriosa

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MessageSujet: Re: Aplat [PV Delia].   Mar 14 Juin - 13:54

Cela faisait bien longtemps que Delia n’avait pas expérimenté l’apprivoisement d’un jeune garçon. La dernière fois remontait à bien des mois en arrière, alors qu’elle avait fait la rencontre d’Aurelio le long d’un trottoir, grelottant à la façon d’un chiot abandonné. Son enclin naturel n’avait pu résister à l’envie de lui tendre la main, alors même qu’elle lançait le périlleux projet d’un bar un peu particulier dans le but d’une nouvelle immersion. Elle se revoyait encore hésiter, tant un adolescent dépressif sur les bras ne lui serait d’aucune utilité et, pire, lui desservirait. Alors le travail de longue haleine avait commencé. Cajoler, endurcir, rassurer, accompagner à travers les difficiles étapes de l’oubli jusqu’au plaisir de passer à autre chose. A la fois carotte et bâton, Delia avait jonglé entre le plaisir et la douleur pour le faire sortir de son cercle infernal, et à présent elle avait réussi à façonner presque totalement un être humain nouveau, insensible et fermé à toutes les choses un peu extravagantes de la vie, face auxquelles elle-même tournait le dos. A son image, Elio était devenu à présent ce qu’elle avait toujours voulu être dans sa propre adolescence, et avec le recul et malgré les difficultés Delia devait bien avouer que cela avait été une expérience unique et précieuse. Alors oui, s’amuser avec un petit jeune pouvait lui apporter une certaine satisfaction.

Mais malheureusement pour Ares, ce n’était pas la satisfaction qu’elle cherchait à combler en tant que patronne de bar mais d’avantage dans un rôle maternel et gouvernant. Il était hors de question qu’ici, elle se laisse aller à de telles facilités dans les sentiments. Elle était Delia, après tout, et tout ce qui lui était permis restait du domaine de l’amusement si elle décidait de continuer son petit manège. Ce qu’elle fit, et la raison arrive un peu plus tard. En attendant, elle préparait négligemment un verre pour elle, parce qu’en tant que bonne tenancière de bar, elle accompagnait souvent ses clients dans leurs boissons. C’était plus convivial, ça les invitait à la consommation et ne créait pas de différent au niveau de l’attitude, du moins. Car il était clair qu’un monde séparait Delia de son interlocuteur, et pas seulement au niveau de l’âge. Ce n’était pas pour autant péjoratif, d’autant plus qu’être différent d’elle signifiait souvent sourire, afficher son plaisir et profiter de tout instant sans arrière pensée, ce qu’elle faisait toujours. C’était là autant de qualités que la jeune femme n’avait pas et enviait inconsciemment, sans doute. Comme pour lui rappeler cet état de fait, le jeune homme lui adressa un beau signe de contentement de ses pleines lèvres, avec un remerciement pour le verre. En même temps, c’était son travail ... Tout en observant comment l’alcool semblait monter brutalement à la tête du jeune homme, Delia s’empêcha de se moquer ouvertement. Peut-être aurait-elle pu être plus légère sur la dose, mais alors où était l’amusement, le seul qu’elle conservait au milieu de cette ambiance parfois pesante qui la prenait à la gorge quelques fois ?

« Je suis venu mhh… me laver l’esprit. Je suis fatigué. Je suis fatigué des regards, je suis fatigué de ces phrases, ces mots … toxiques. Et puis il y à lui, ce putain de lui. »

La patronne du Love’s out le laissa continuer, mais les derniers mots éveillèrent brutalement une curiosité jusque là endormie. Elle n’y croyait guère, et avait l’habitude de se tromper par trop d’espoir, mais après tout elle ne perdait rien à expliciter cette petite lueur. Abandonnant tout d’un coup le verre qu’elle allait porter à ses lèvres, elle le posa et poussa de nouveau dans la direction de son client, lui présentant une deuxième boisson et, d’un sourire forcé qu’elle camouflait bien, lui offrit les paroles suivantes :

- Voilà qui est intéressant. Tiens, goûte celui-ci aussi. A moins que tu n’en puisses déjà plus du premier. C’est vrai que vu ton âge j’aurai pu être moins leste sur l’alcool. A tes risques et périls.

C’était uniquement pour le défier légèrement et l’inciter à accepter sa proposition qu’elle lui parlait ainsi, espérant pouvoir en apprendre un peu plus sur ce qu’il avait pu raconter. Après tout, les rêves existent en chacun d’entre nous et ce n’était pas la naïveté apparente et la nonchalance criante de ce jeune homme qui allait lui faire croire le contraire. Espérant déjà, Delia se demandait avant tout quelle pourrait être la raison qui l’aurait poussé à commettre l’irréparable. Peut-être que si elle en apprenait suffisamment, alors elle s’intéresserait franchement à lui et elle l’inviterait dans un endroit moins exposé de son établissement pour en discuter de façon plus approfondie. Et éventuellement, le mettre en garde. Déjà, savoir ce qu’il savait ou ne savait pas et avant tout, éviter de se mettre à croire en une simple phrase qui pouvait tout aussi bien n’avoir aucun des sens que Delia recherchait. Elle reprit alors, d’une voix un peu plus posée et avenante sans trop en faire pour ne pas paraitre telle une louve lorgnant sa proie.

- Qui peut bien fatiguer quelqu’un à ce point ?

Comme si elle ne le savait pas. Sans même y avoir été directement confrontée, Delia de part la connaissance qu'elle en avait pouvait citer des dizaines d'exemples de milanais aussi fatigués et harassés par la présence d'un hôte indésirable, d'un caillou dans l'engrenage bien huilé d'une vie qui devrait toujours rester celle qu'elle avait un jour été. Rien n'était plus précieux que la liberté, celle d'être certain de ne pas s'assujettir à une entité à la fois charmeuse et diabolique.

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Ares Galla [Nemo]

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MessageSujet: Re: Aplat [PV Delia].   Ven 17 Juin - 12:30

Cette Delia lui faisait certainement plus d’effet que l’alcool. Il commençait à sombrer dans la fascination. Et qu’elle chance ! A croire qu’elle s’intéressait à lui. Plus il la regardait plus il tombait sous son charme. Elle eu comme un éclat de curiosité à la fin de sa phrase. Il était trop plongé dans les volutes de son cocktail pour le remarquer. Regardant l’ombre de sa tête assombrir les nuages chimiques de sa coupe. Une forme noire qui semblait s’assombrir à force qu’il se rappelait ses tourments. Les quelques mots qu’il venait de profaner avait eux plus d’effets que tout les autres sans qu’il le remarque. Il faisait lui-même le nœud de la corde qui allait le pendre. Ares releva la tête, réagissant instinctivement au mouvement plus marqué qui avait eu lieu dans un périmètre resserré autour de lui. Il retrouva la femme toujours devant lui, un autre verre à la main, le regardant avec un intérêt modéré. Un intérêt modéré mais un intérêt ravivé. Un intérêt moins modéré qu’il ne le pensait. Elle poussa le récipient qu’elle tenait à la main vers lui d’un geste précis et vif. Il le regarda avec étonnement un court instant.

Il était étonné qu’elle lui en propose déjà un autre, mais content. Se laissant faire. Un nouveau verre signifiait une suite à leur conversation qu’il appréciait, même si ce n’était pas un échange très conforme aux normes d’appréciations. Sa présence était troublante, elle décidait de faire ce qui lui plaisait et il était ravi d’être dans ses plans de minutes futures. Rien ne promettait qu’elle lui accorderais les suivantes. Elle accompagna son mouvement d’un sourire léger. Il apprécia cette torsion du visage à sa juste valeur. Elle n’avait certainement pas l’air d’une personne distribuant des sourires à tout le monde, il se sentait comme un privilégié. Mais ce sentiment était à double teinte. Le blondinet était une sorte d’élu, mais à la fois son trône ne lui était pas du tout assuré. Ce n’était qu’un bout du tapis rouge qui s’étalait devant lui. Le reste du chemin royal restait nu, recouvert d’un carrelage sombre. Même si considérer l’inconnue comme un objet, un Graal, ne lui était jamais venu à l’idée. Il n’était pas quelqu’un de macho, il considérait les femmes, chacune différentes, des personnes à par entières.

« Voilà qui est intéressant. Tiens, goûte celui-ci aussi. A moins que tu n’en puisses déjà plus du premier. C’est vrai que vu ton âge j’aurai pu être moins leste sur l’alcool. A tes risques et périls. »

En plus de jubiler intérieurement qu’elle trouve ce qu’il avait dit intéressant elle lui lançait un petit défi. Qu’il n’allait pas refuser. Parce que bien sur, la manipulation était un concept bien trop volatile pour son esprit. Surtout quand ce n’était pas lui qui essayait d’en faire usage. Les paroles de la gérante du bar étaient calculées savamment , l’alchimie du langage et du charme avait autant de mystère pour elle que les boissons qu’elle confectionnait sans même regarder les dosages. Elle le caressait de ses pattes, longues et fuselées, noires comme la nuit. Lui offrait une cuvée différente de son poison. Il porta main une fois de plus vers ce qu’elle lui proposait. Il n’avait pas spécialement honte d’avoir déjà bu beaucoup plus que ça sans finir par faire un coma éthylique mais évitait de s’en vanter. Il ignora la seconde remarque moqueuse, la prenant comme une boutade conviviale, l’invitant à continuer en partant sur le ton de la plaisanterie sans pour autant lui insinuer de répondre au tac au tac, ce qui de toute façon lui aurait paru répétitif. Et rien de pire qu’une blague trop longue. Il glissa un nouveau merci à son attention. Il était poli en toute situation, parce que après tout… il estimait que la reconnaissance était un sentiment important même si le fait que le style gentleman attirait les filles pesait plus lourd dans la balance.

« Qui peut bien fatiguer quelqu’un à ce point ? »

Sans s’en rendre compte un mouvement agita faiblement ses épaules qu’il courba vers l’intérieur, se recroquevillant. Il jeta un regard en biais pour se préparer à fusiller des yeux la moindre personne l’accusant. Il se rendit compte de ce réflexe un peu paranoïaque avant de le mettre en exécution. Il passa sa main dans ses cheveux pour se laver de accès de névrose. Prennent son temps pour donner sa réponse il avala une gorgée du suc se tenant dans sa main droite. C’était une fois de plus déroutant. C’était extrêmement exotique, épicé, concentré et puissant. Sans être lourd et pesant. Un équilibre parfait une fois de plus recréé par l’artiste d’en face. Il y avait de la mangue pour sucrer et du citron pour signer de piquant. Quand au reste il n’arrivait toujours pas à reconnaître le moindre ingrédient. Ce nouveau mélange lui évoquait un oursin. A la fois coloré et sombre. Se trouvant dans les profondeurs colorés et tropicales d’une île intense. Reflétant son environnement par une saveur … il n’arrivait pas à mettre de mot dessus. Fuyant ces réflexions vaines il entreprit de répondre à son interlocutrice. Et parce que Ares suinte la naïveté et qu’il n’est pas particulièrement vif d’esprit dans ce genre de moment , il lui répondit ainsi.

« A vrai dire, on soupçonne sans répit depuis ma naissance que ma mère avait un amant et voilà… J’ai droit sans cesse à des regards accusateurs qui me bouffent la vie depuis que je suis né. Même si je ne suis strictement responsable de rien. »

Il annonça ça simplement. Même si c’était un bout de sa vie et une partie de son être. D’un ton détaché, sous le prétexte que le problème était déjà réglé et futile. Si futile qu’il le torturait presque tout les jours, jusqu’au non-retour, le point fatal, celui qui ferme et clos définitivement le vœux.

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Dernière édition par Ares Galla [Nemo] le Jeu 23 Juin - 5:10, édité 1 fois
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Delia Fabriosa

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MessageSujet: Re: Aplat [PV Delia].   Mer 22 Juin - 16:20

La comédie est un art, le jeu est un don. Delia se faisait actrice le temps d’une soirée, et bien que son personnage soit souvent le même dans un certain compartiment de sa vie, elle le faisait toujours varier en fonction de celui ou celle qui lui donnait la réplique. Chaque rencontre aurait pu commencer un film, par la prestance affichée des deux côtés, qui se réunissait souvent pour créer un véritable déclic, des dialogues fluides et des attitudes pertinentes. C’est du moins ainsi que Delia voyait sa vie, comme des répétitions incessantes d’un même rôle qui évoluerait au fil du temps. Les mêmes mots toujours prononcés, et lorsque ceux-ci changeaient les intentions restaient les mêmes. L’envie de bien se calquer à ce qu’on attendait d’elle, répondre à la demande muette des hommes de voir quelqu’un leur tenir tête pour accepter seulement à son initiative, le rôle de la Mystic Queen. Elle avait expérimenté bien des rôles dans sa vie, mais celui qu’elle exerçait depuis quelques mois déjà la comblait réellement, et elle se délectait de chaque instant passé ici, dans un univers de calme où tout était réglé pour ne pas déranger et perturber son quotidien. Toute chose et tout le monde avait sa place, et Delia faisait régner ses règles d’une poigne de fer, aidée de son serveur au besoin. Elle n’acceptait aucun écart et tout comportement déplacé ou en non accord avec les quelques rares valeurs que défendait son établissement était prévenu, puis répréhensible. Ce n’était pas parce qu’elle vendait de la liberté qu’il était nécessairement tout permis à n’importe quel client, et ça c’était une chose que toute le monde devait bien comprendre en arrivant ici.

En effet, plusieurs fois la patronne ne s’était pas montrée assez ferme et les répercussions avaient été immédiates : un homme avait tenté d’abuser d’une de ses clientes qui n’était pas volontaire, et n’était de toute façon pas en mesure de l’être au vu de son hilarité non contrôlée. Elio s’était chargé de son cas, et en le laissant saluer tout le monde ne partant, le nez de travers et la bouche encore remplie de sang, il avait eu le mérite de rappeler le cadre délimité du Love’s out. Tout était permis à condition que les deux partis soient d’accord et que cela ne nuise pas au confort et à la liberté des autres consommateurs. Il n’y avait pas plus simple, et pourtant rien n’était plus compliqué à faire respecter. Où se situait réellement la limite ? Là où Delia le souhaitait et l’exposait, ni plus ni moins. Il arrivait que celle-ci varie, mais jamais la tenancière ne laissait ses clients partir dans des dérives qu’elle refusait tout bonnement d’accepter. Le respect dans la débauche, c’était important. Primordial, même, si l’on veut partager un moment sincère et entier avec quelqu’un, même pour un soir. Les secrets n’étaient pas des freins, mais le dédain et l’irrespect, si. Voilà bien deux choses qu’il n’était pas acceptable dans ce qui était un paradis dénué de sentiments et de faux-semblants.

En lui souriant et en l’invitant à boire, Delia savait que s’il était comme la majorité des hommes, il ne remarquerait rien. Récemment, il n’y avait qu’un client un peu étrange qui avait ébranlé ses certitudes quant à ses clients. Il lui avait paru plus idiot encore que les visages qui déferlaient devant elle, tout en restant étonnamment perspicace sur certains points. Toutefois, la jeune femme se refusait d’y penser maintenant, sous peine de voir sa frustration de l’avoir laissé partir sans rien faire pour avoir de quoi le retrouver revenir à grands pas. Elle se concentra donc à nouveau sur son actuel client, auquel elle venait de proposer une nouvelle boisson. Plus forte. Plus sucrée, aussi, pour camoufler la dose d’alcool qui s’y noyait. Rien de bien extraordinaire pour les grands buveurs, mais Delia doutait, au vu de l’âge de son vis-à-vis, qu’il ait déjà une vingtaine d’années de bouteille derrière lui. Aussi ce mélange à la fois désirable et addictif lui convenait plutôt bien, de son point de vue. Il ne le goûta cependant pas avant qu’elle eut finit de lui parler. Ses paroles avaient d’ailleurs provoqué chez lui un certain malaise, qu’elle releva immédiatement au vu de l’attention qu’elle lui portait soudainement tout en essayant de ne pas trop l’exposer. Les signes caractéristiques étaient présents, par le repli manifeste qu’il exécutait sur lui-même alors qu’il semblait vouloir dissiper la gêne par des gestes banals afin de se rassurer et de chasser l’angoisse. Typique de la question dérangeante. Et si Delia ne s’attendait pas déjà à une réponse franche, elle ne se doutait pas un instant qu’elle le serait ... mais pas dans le sens qu’elle désirait réellement. Légèrement désappointée, elle ferma un instant les yeux de dépit tandis qu’il parlait.

« A vrai dire, on soupçonne sans répit depuis ma naissance que ma mère avait un amant et voilà… J’ai droit sans cesse à des regards accusateurs qui me bouffent la vie depuis que je suis né. Même si je ne suis strictement responsable de rien. »

Il était franc sur quelque chose de douloureux, cela la laissait sans voix ni avis sur la question. Lui aussi était-il particulièrement malin au point de lui faire croire qu’il n’y avait que cela qui le dérangeait ? Elle en doutait. Les traits juvéniles paraissaient trop sincères et dénués de toute envie de manipulation. Alors, pour ne pas paraitre sans cœur et balayer d’une main cette explication qui ne lui convenait pas, Delia endormit légèrement la part d’elle-même impitoyable et curieuse pour laisser place à celle qui aimait se soucier des autres.

- On emmerde les gens. C’était la vie de ta mère, pas la tienne. Ne confonds pas, leurs regards ne sont qu’incompréhension et jalousie. Regarde ici, c’est le quotidien de tout le monde. Ouvre les yeux, ceux qui critiquent sont les premiers à tomber dans la faute.

Laissant un instant son but premier de côté, elle lui offrait un visage à présent neutre. Le discours tenu ne nécessitait ni sourire, ni larmes. Seulement des mots qui replaçaient la vérité à sa bonne place. Il était vrai que l’adultère était dans son quotidien chose courante, elle était d’ailleurs souvent « l’amante » passagère d’un homme marié, alors ce n’était pas elle qui blâmerait quiconque rechercherait un peu de bonheur dans des bras tendres. Même si elle ne faisait pas cela en ce but, elle applaudissait des deux mains ceux qui osaient suivre leurs envies plutôt que de se terrer dans le sens commun et la facilité de la bienséance.

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MessageSujet: Re: Aplat [PV Delia].   Ven 1 Juil - 4:31



Elle lui répondit d’un ton neutre et plus ou moins compatissant :

- On emmerde les gens. C’était la vie de ta mère, pas la tienne. Ne confonds pas, leurs regards ne sont qu’incompréhension et jalousie. Regarde ici, c’est le quotidien de tout le monde. Ouvre les yeux, ceux qui critiquent sont les premiers à tomber dans la faute.

Ho mais il le savait ça. Elle ne faisait que répéter ce qu’il se répétait lui même. Ares ne lui en voulait surtout pas, dans ses paroles elle remettait au propre la situation. Résumant en quelques phrases comme il l’avait fait. Réduisant le tout à quelque mots, quelques sons faciles. Bien moins crochus que la vérité. Parce que il s’était empêtré dans ce cercle vicieux. Et que jours après jours, il tombait, tombait de plus en plus. Lentement, mais sûrement. Le blondinet était quelqu’un de solide, mais certainement pas indestructible. Sa bonne humeur naturelle, ses blagues, son humours, étaient des boucliers d’acier. Mais pas complètement étanches. L’eau s’écoulait, par les trous et peu a peu remplissait la pièce close ou il survivait. Pour seule compagnie son frère. Et à présent leur Stella. Nemo serait il assez grand pour pousser le plafond ? Vaincre les murs.

- Je sais.

Ça lui échappa. Sur un ton résigné et emprunt de nostalgie. La nostalgie de toutes ces années passée, ces 20 ans ou l’omniprésence du vice les avaient rongés. C’étais si bête. Il se pourrissait la vie une fois de plus. C’étais simple comme Adieu, mais il n’y arrivait pas, ils n’y arrivaient pas. Comme marcher dans des sables mouvant, avec une perche de mental pour s’en sortir. Un long fil instable, cassant. Et ils s’y raccrochait. Tendant les bras. Des larmes salées sur les lèvres. Il y avait des moments plus positifs que d’autres, des instants ou ils étaient presque libres, le buste à l’air libre, respirant à grande bouffées. Pour être happé l’instant suivant. L’entité crissant de désarrois et de jalousie décuplant ses forces pour les submerger une fois de plus, suçant le suc de leur énergie vitale. Les laissant ainsi lentement étouffer. Seulement quelques mèches de cheveux abandonné à la surface.

Il n’était pas là pour se mixer le cerveau et tergiverser alors qu’il était censé s’amuser. Ses pensées, la main un peu forcé par leur propriétaire, changèrent de cap pour se réorienter vers la discussion. Mh. Il avait parlé de Nemo aussi. Inconsciemment il se retournait vers le sujet qu’il avait quitté, obnubilé sans s’en rendre compte.

- Quand à Nemo …

Il parlait sans ce soucier d’ennuyer sa partenaire. Mais d’un coup, il se rendit compte des mots qu’il venait de prononcer. Il s’avançait sur un terrain mystique. Ares s’accorda une longue gorgée de boisson, le temps de réfléchir à ce qu’il comptais faire. Il savait qu’ils y avait toujours les rumeurs qui courraient, certain y croyait, certains les ignorait. Dans les deux cas, les situations rendait la connaissance dangereuse comme protectrice, et c’était de même pour l’ignorance. Le pactisant ignorait totalement la présence et l’existence des forces telles que le GDP ou même le Réseau. Il craignait uniquement que sa petite vie quotidienne et celle de son frère soit encore plus affectée du point de vu relationnel/rumeurs/regards malveillants s’il faisait part de ce qui leur étaient arrivé, un homme venu de l’espace, rien que ça. Cette femme restait une inconnue, elle n’était en aucun en influence proche ou directe avec son existence. Et sa présence était agréable, Elia ne semblait pas animée de mauvaises intention, pour peu qu’il ait la prétention de pouvoir cerner ce personnage volatile. Il allait devoir s’y prendre avec des pincettes, vu qu’il n’était pas forcément à l’aise dans ce genre de situation … qu’il n’avait jamais rencontré précisément. Il était bien plus souvent celui qui apprenait et buvait le savoir que celui qui le transmettait.

La femme drapée de mystère face à lui, l’alcool certes, faisait que les mots coulaient, les phrases s’envolaient sans qu’il ait à se pousser à faire la conversation. Et naturellement, s’échafaudaient. Sur des fondations dont il ne mesurait pas le risque de s’effondrer.

Sur sa tête.


- Vous avez déjà entendu parler de la « Luna Rossa » ?

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Delia Fabriosa

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MessageSujet: Re: Aplat [PV Delia].   Jeu 18 Aoû - 13:17

A cet instant précis, Delia aurait donné beaucoup de choses pour se trouver ailleurs. Typiquement, dans son lit ou même chez Mario pour partager un moment délassant, loin des conventions qui la liaient à ses clients, l’attachant par devoir à une conversation qu’elle voyait s’orienter sur un terrain dangereux. C’était d’avantage dans les habitudes de son serveur d’écouter, de faire semblant de s’attendrir, de réconforter d’une phrase puis de faire rire d’une réplique bien sentie. Lui avait l’habitude de gérer les émotions, quelle qu’elles soient, et Delia l’en remerciait grandement à présent qu’elle se retrouvait à sa place. Quand il lui répondit qu’il savait déjà tout ça à son pitoyable effort de le réconforter comme elle le pensait pertinent, la patronne faillit d’ailleurs appeler son serveur pour qu’il la remplace à ce poste ingrat qu’elle se voyait mal occuper toute la soirée.

A vrai dire, peu lui importait son air triste et sa voix terne, tout à coup. Elle se fichait totalement qu’il ait envie de pleurer ou de rire, tant qu’il continuait à venir consommer. Delia n’était pas faite pour assurer ce genre de services auprès des consommateurs de son bar, et cela se sentait dans la nervosité qui agitait tout à coup ses mains, qui se liaient l’une à l’autre sur un rythme quelque peu frénétique. Elle avait hâte que le moment nostalgie se termine, s’il n’avait que ça à raconter elle pensait d’ailleurs déjà à s’éclipser en inventant une raison toute faite qu’il ne manquerait pas de démasquer. Simplement histoire de se donner bonne conscience, et aussi parce qu’Elio ne la regardait pas et ne pouvait donc pas saisir ses appels de détresse, Delia capitula. Un instant encore elle accepta de jouer le jeu de l’oreille plus ou moins attentive. Plutôt moins que plus, d’ailleurs. Mais pour quelques minutes, après tout ...

- Quand à Nemo …

Le suspense dura encore le temps qu’il descende encore un peu plus le niveau de son verre, prenant manifestement avec soin les mots qu’il allait employer. Delia, quant à elle, posa sa tête dans une main qu’elle accouda au comptoir, comme concentrée sur son attente alors qu’elle ne faisait que penser à autre chose. Très douée pour paraitre ce qu’elle n’était pas, la jeune femme ne doutait pas toutefois de sa capacité à lui faire croire que ce silence était bienvenu et qu’il ne troublait nullement le temps pourtant très limité de la patronne de ce bar. Après tout, elle l'avait cherché, à vouloir le réconforter comme on dit quelques mots facilement imaginables à un gamin qui vous regarderait l’air un peu perdu. Des banalités. Quoique cette histoire de disgrâce familiale la faisait tout de même doucement sourire.

Si elle se moquait bien des états d’âme d’un gamin et de sa mère un peu trop facile, cela la renvoyait un instant à sa propre famille. Ces gens un peu étranges à qui elle n’avait pas donné de nouvelles depuis des années, ces personnes qui n’étaient pour elle plus qu’un simple ramassis de souvenirs. Notamment sa sœur, sa chère sœur qu’elle voyait à présent comme une épine dans son pied, comme un canif pointé dans sa direction. Une menace, beaucoup plus lointaine à présent qu’auparavant, certes. Mais une menace encore, pour celle qui s’était amusée à prendre sa place et à se jouer d’elle et de ses envies, de ses espoirs. Chère sœur, tant haïe, tant aimée. Toutefois, son client la ramena à la réalité quand il sembla reprendre du poil de la bête et se sortir des souvenirs que ce Nemo devait lui procurer. Delia ramassa un torchon qui traînait là et commença à essuyer un ou deux verres, nonchalamment et par habitude.

- Vous avez déjà entendu parler de la « Luna Rossa » ?

Grand bien lui ait pris de s’occuper de façon à peu près rationnelle ! Car elle pouvait alors masquer sa surprise derrière un air concentré et fonctionnel. Ses doigts ne tremblaient plus d’impatience ou de stress, mais bien d’excitation. Quelle riche idée elle avait eu de ne pas laisser ce gamin aux mains de son serveur. Quelle merveilleuse intuition lui avait permis de rester ici, quitte à l’écouter divaguer un instant, pour en arriver là ! La jeune femme prit un air décontracté et sérieux à la fois, se rapprochant de lui comme pour lui confier un secret alors qu’en fait, elle créait juste une ambiance plus intimiste pour qu’elle paraisse lui faire confiance.

- Bien sûr, de rumeur. Les gens parlent dans un bar, tu sais. J’en ai entendu de toutes sortes, de toutes les couleurs. Mais toi, qu’est ce que tu peux bien en savoir ?

Question innocente, qui collait avec le décor qui, effectivement de par son statut de bar, incitait aux bavardages et aux confessions. Delia était même prête à le bercer et lui sortir toutes les bêtises qu’il lui faudrait pour paraitre plus joyeux, si cela lui déliait la langue. Parle maintenant, de toute façon, même si tu ne le sais pas, tu es en sécurité ici.

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Ares Galla [Nemo]

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MessageSujet: Re: Aplat [PV Delia].   Sam 20 Aoû - 16:18



    La patronne du bar pris négligemment un bout de tissu dans ses mains et entreprit d’astiquer des coupes en verre qui traînaient par là. S’occupant. Il fallait dire que la discutions que lui tenait notre blondinet n’était pas passionnante. D’un point de vue extérieur. D’un point de vue extérieur difficile de se rendre compte qu’elle importance cela avait pris dans sa vie. Et quand quelque chose d’omniprésent nous traque sans relâche, on craque. Nemo était le résultat même de cet abandon. Un cri de désespoir gravé. Une larme indélébile. Et il avait l’impression, que plus derrière lui il semait l’encre, plus son chemin vers l’avant s’assombrissait. Il y avait toujours son ombre pour assombrir le tableau face à lui. Qui le suivait, toujours. Et dans sa vie, le soleil tombait. La tache obscure se rallongeait, tranquillement. Paisiblement. Avec toute la sérénité de l’inévitable tombée de la nuit. Avec la peur du noir. Du noir définitif. Un regard mature et calme se posa sur lui. Mais tout un coup plus brûlant, plus proche. Elle s’était rapprochée de lui. Réduisant l’espace entre eux qui pourrait laisser s’échapper un détail croustillant. S’investissant calmement.

    - Bien sûr, de rumeur. Les gens parlent dans un bar, tu sais. J’en ai entendu de toutes sortes, de toutes les couleurs. Mais toi, qu’est ce que tu peux bien en savoir ?

    Ce qu’il en savait ? Il se demandait bien.

    - Dit, Nemo, tu sais pourquoi tu es là ?
    - Euh. A vrai dire non. Je n’ai aucun souvenir d’avant que j’apparaisse. Juste de vagues couleurs, du noir – avide –, du bleu – curieux – , du blanc – éclatant –, du pourpre – fourbe –.

    Tout ce qu’il voyait en leur Stella, c’était une réponse abstraite au vœu commun qu’ils avaient fait. Une demande, une supplique proféré sous le coup de la détresse. Adressée à une rumeur, une légende, une dernière chose irréelle dans laquelle on croit quand on n’a plus confiance en la réalité. Détournant les yeux vers une solution onirique. Et à solution fabuleuse, souhait utopique, réponse chimérique. Il savait que Nemo et la Luna Rossa était intimement liés, c’était plus qu’évident. Rien que la couleur du sang de celui-ci ramenait immédiatement à établir le lien dans sa tête. Mais que faire, que dire, que décrire, qu’avouer ?

    Il hésitait. La question était simple. Il pouvait tout lui dire. Mais il n’était pas sur que savoir s’il pouvait bien débiter des âneries imaginées pour se justifier autant que des vérités inopinées. Ares pris un nouveau verre de boisson. C’était facile comme solution. Mais il n’était pas dans un état d’esprit à se faire la morale, plutôt accablé et cherchant noyer le tout dans un peu d’alcool. Notre jeune blond reposa le verre sur son bout de carton recyclé. Il joignit ses doigts. Les entremêlant. Posés sur bar. Réfléchissant silencieusement. Cette personne mystérieuse ne semblait pas farouche et accepterait la vérité sans s’affoler. Mais il ne savait toujours pas si c’était une bonne idée ou non. Il hésitait. Il hésitait. Ses yeux volait dans l’environnement clos que lui offrait la présence proche de l’hôtesse. En quête d’un argument qui le pousserait à tout déballer. Son regard croisa celui de Delia. Il attendait patiemment une réponse.

    De toute façon il était depuis le début destiné à poursuivre sa phrase. C’était trop tard. Trop tard.

    - Bon, je ne sais pas trop comment aborder le sujet délicatement. Mais je peux vous affirmer que tout est vrai. Et Nemo n’est que …
    - Hé Ares ! On y vas, t’as pas oublié la soirée chez Felice quand même ?


    Il se retourna soudainement, faisant pivoter la plate-forme de son siège. Un petit brun musclé, aux yeux rieurs et à l’attitude décontractée l’attendait près de l’entrée et l’avait hélé depuis. Il était entouré d’un autre gars brun, plus grand et plus ténébreux, fumant une cigarette, la fumée se mêlant à ses cheveux mi-long noirs. Ainsi qu’un blond châtain clair, entre les deux , en pleine conversation avec le grand échevelé, s’esclaffant de bon cœur. Les amis avec qui il était sortit ce soir. Et si, il avait oublié cette soirée. La présence sombre et attirante de l’inconnue l’avait happé, et il s’était laissé allé à de mauvaise idées. Des pensées obscures et négatives qu’il s’était juré mille et une fois d’oublier. Qui lui pourrissait la vie le jour et qui continuait la nuit. Inévitablement. Il répondit par un sourire éclatant, reprennent sa place avec soulagement et détente. Quelques mots fusèrent, une promesse et quelques secondes d’attentes. Soudainement il réalisa qu’il était dans une position assez inconfortable. Son dos était posé sur le bord droit du comptoir, ses jambes frôlant le sol – n’ayant plus de barre où se poser- et ses mains, l’une posée, l’autre s’agitant spontanément en direction des jeunes hommes.

    Mais ce n’était pas ça.

    Ares changea de direction une fois de plus et se retrouva nez à nez avec celle à qui il donnait une réponse juste avant d’être coupée. Elle n’avait pas l’air de tenir particulièrement à une réponse, ou du moins ne l’affichait pas par son attitude détachée et professionnelle tout en étant compatissante, une présence sur qui compter pour se repentir sans aucun jugement, ni avis marqué. Il allait devoir la laisser sur sa faim.

    - Euh… Dé-désolé. Merci de m’avoir écouté, je peux avoir l’addition sil vous plais ? Je crois qu’on à besoin de moi là-bas.



    Il la gratifia d’un sourire innocent et un peu confus et glissa de son siège, prêt à partir.

    Sans se douter.

    Sans se douter de la tempête qui naissait sûrement dans l’ombre, tout près de lui.

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Delia Fabriosa

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MessageSujet: Re: Aplat [PV Delia].   Mar 6 Sep - 14:49

Il fallait bien l’avouer, Delia n’avait pas l’habitude que la mélancolie, la nostalgie ou même le souvenir ne s’invite dans son bar. Elle connaissait les rires, les suggestions, la légèreté mais pas le sérieux qui animait alors son jeune client. Tous ici venaient pour passer un moment agréable, un moment de détente et certains pour trouver chaussure à leur pied ... en location. C’était un endroit de joie, un endroit où la seule émotion qui venait s’inviter à la partie était l’envie, ou le désir selon les noms qu’on pouvait lui donner. Tant d’appellations, un même but : céder. Que ce soit à l’alcool, aux femmes ou aux jeunes éphèbes, que ce soit à l’anonymat ou à la vantardise, tous ici étaient accros à quelque chose, à une impression, à un pêché qu’ils ne pouvaient assouvir en public et encore moins dans leurs vies, pour certains bien complexes. Combien de fois Delia avait reconnu une haute figure de politique ou de journalisme dans un box privatisé de la salle situé un peu à part ? Il n’y avait aucune distinction, et même leurs partenaires se fichaient souvent de leur identité tant qu’ils passaient un bon moment. Car la notoriété n’induit pas forcément le sens de la conversation et les capacités de séduction. Tout, dans ce bar, était basé sur les instincts primaires qui poussent les uns vers ceux qui savent les attirer avec de belles paroles ou des promesses d’un soir. Peu importait que tout soit vrai, peu importait le passé ou la réalité tant que l’amusement était là, et que chacun assumait la totale liberté que Delia leur laissait.

Du moins, dans un certain cadre. Pas de drogues, les camés prenaient leurs doses dans une ruelle malfamée si l’envie leur en prenait, mais pas chez elle. Car les poudres blanches ou les jolies seringues prometteuses de rêve ne font que voiler une vérité et passer une peur pour un consentement alors non éclairé. Pas de débordements non plus, si l’envie devenait incontrôlable il y avait des établissements spécialisés. Ici, on donnait dans la séduction et non dans la débauche. Tout étant une affaire de subtilité, bien qu’elle doute parfois de la capacité d’Elio à discerner les deux. Toutefois, tout le monde ici connaissait les rares règles implicites et s’y pliaient avec humilité pour pouvoir profiter de la liberté qu’il leur restait alors. Alors oui, une fois tout ceci intégré dans son quotidien et devenu une évidence il était compliqué d’imaginer un gamin nostalgique en face d’elle, la prenant pour une oreille attentive alors qu’à présent elle ne voulait que savoir ce qu’il allait bien pouvoir lui dire. Delia percevait son hésitation, sentait ses sens se poser tous la même question : parler, ne pas parler ? Il finit son verre pour se donner une contenance, hésita encore. Cherchait une solution ou un échappatoire, quelque chose qui pourrait le guider dans la douloureuse décision qu’il finit cependant par prendre, dans un sens que la maîtresse de maison ne pouvait qu’approuver grandement.

- Bon, je ne sais pas trop comment aborder le sujet délicatement. Mais je peux vous affirmer que tout est vrai. Et Nemo n’est que …

Et là, alors que Delia était pendue à ses lèvres, son interlocuteur se retourna. Elle n’avait pas entendu l’injonction, toutefois elle suivit le regard de son client et compris bien vite ce qui avait fait mourir sa déclaration dans sa bouche. Pour son plus grand regret. A cet instant précis, Delia eut des envies de meurtres sur les personnes de trois adolescents, tout fiers qu’ils étaient de récupérer leur ami qui n’avait en effet pas du tout l’air occupé. Delia serra les dents, sentant qu’il lui échappait. Et elle ne pouvait rien faire contre ça au risque de passer pour plus intéressée qu’elle ne devait le montrer. Distance et froideur étaient ses dictons elle n’allait pas se laisser avoir par, de toute façon, un gamin qui ne devait pas savoir grand-chose. Au mieux, il était un pactisant et elle donnerait son signalement au Réseau, mais elle doutait qu’il ait des informations réellement intéressantes. Alors oui, elle le laissa se retourner, fusillant toutefois du regard ses amis, pour la forme. Pas sûr qu’ils comptent revenir, ceux là. En tout cas, sa proie lui fila entre les doigts alors qu’il leur répondait en souriant, pressé de s’en aller et de répondre à leurs attentes. Il prit toutefois le temps de lui signifier son regret et son envie de partir, et donc d’avoir la note. Delia lui tendit sans un mot, refermée depuis qu’il avait décidé de s’en aller. Pas un merci, pas un au revoir, pas une parole qui signifierait qu’elle voulait le revoir. Il partait, c’était terminé. Une passade, telle une étoile filante dans le quotidien de son bar. La comparaison la fit sourire alors qu’elle récupérait sa monnaie, hochait la tête à son départ et rangeait son verre sous le comptoir.

Voilà, c’était terminé. Et pour ce soir sans doute également. Mais la porte s’ouvrit quelques instants plus tard, laissant entrer un vieil ami qu’elle connaissait bien et c’est avec plaisir qu’elle oublia sa mésaventure et son échec de la soirée pour se tourner vers de nouvelles perspectives. A partir du moment où l’on décevait Delia Fabriosa, on n’existait plus à ses yeux et il y avait bien d’autres gens à voir à Milan pour que la jeune femme s’en offusque plus que quelques instants, surprise d’être ainsi reléguée au second plan en ordre d’importance.

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> Les enfants commencent par aimer leurs parents ; devenus grands, ils les jugent ; quelquefois, ils leur pardonnent.
[Oscar Wilde]
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