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 Et si tout n'était que poussière ? [PV Elio]

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Alexis Lorenzo [Hily]

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MessageSujet: Et si tout n'était que poussière ? [PV Elio]   Mer 3 Aoû - 6:34

You know I've seen a lot of what the world can do
And it's breakin' my heart in two
Because I never wanna see you a sad girl
Don't be a bad girl

Pourquoi, alors que ça faisait une semaine, voir même un peu plus, que Divo l’avait largué après un petit mois de vie commune, Alexis se sentait-elle si abattue ? Pourtant elle n’avait jamais pensé que ça puisse être une longue relation, ni qu’il soit celui qui le comprendrait. Surtout qu’il l’avait rencontré lors d’une soirée de ses amis à la fac. Et que s’il semblait bien allumé, Alexis l’avait finalement supplanté. Et puis, ce n’était que maintenant qu’elle s’en rendait compte, elle s’était comporté un peu différemment des autres fois. Elle avait demandé un peu plus de présence et de tendresse. Elle n’avait pas été aussi nonchalante que d’habitude. Et Divo n’avait pas aimé, lui qui cherchait une relation sans prise de tête et sans engagement. Et la jeune femme l’avait attendu au tournant et l’avait écouté sans broncher avant de tourner le dos. Ce n’était qu’un de plus, qu’est-ce que ça pouvait bien lui faire ? Elle était rentrée chez elle pour avancer son mémoire d’histoire. Et finalement, ce n’était que véritablement maintenant que le contre coup se faisait sentir, alors qu’elle venait de le voir juste dans la soirée où elle était. Embrassant une autre fille. Elle ne pouvait juger, elle était un peu pareille. Et pourtant elle se sentait triste. Ils ne se devaient rien, ne s’étaient rien promis. Et pourtant elle termina son verre de vodka bien plus rapidement que le début. C’était si dur que ça, les relations humaines ? C’était si compliqué de se faire aimer ? C’était si compliqué de retrouver la plénitude qu’elle ressentait quand elle était avec Leo ? Il fallait croire que oui. Merde on la regardait bizarrement parce qu’elle n’avait pas son sourire et sa tchatche habituelle. Elle n’aimait pas ces regards qu’elle prenait comme accusateur. Alexis se leva d’un bond et attrapant sa veste, elle chaussa ses rollers qu’elle avait laissés dans l’entrée et fila à travers les rues de Milan pour rentrer chez elle.

Elle mit les larmes qui coulaient sur ses joues sur le compte du vent qui lui fouettait le visage. Elle avait la tête ailleurs, à des milliers de kilomètres, dans un temps où elle cesserait de ressentir ce vide en elle. Elle ne fit pas attention à la personne devant elle et dû en catastrophe modifier sa trajectoire, sa roue se grippa dans une rainure et elle s’étala sur le goudron. Elle sentit rapidement son jean s’être déchiré et ses genoux ainsi que ses paumes et ses coudes s’être écorchés. Elle ressentir la douleur sans la ressentir. Elle avait l’habitude des chutes mais pas de façon aussi débile. Elle s’en voulait et les larmes qu’elle avait essuyées redoublèrent de plus belle. L’homme qu’elle avait esquivé s’approcha d’elle en lui demandant si elle allait bien en lui tendant une main secourable. Une montée d’adrénaline et d’angoisse monta le long de l’échine de la jeune femme et elle le repoussa en lui criant un « NON » retentissant. Elle le vit s’immobiliser avec une expression de stupeur sur le visage. Alexis se mordit la lèvre et se releva avant de partir à toute vitesse avant qu’il ne puisse de nouveau bouger et essayer de la disséquer. Elle avait utilisé la petite fée dans sa tête sans le faire exprès. Il fallait qu’elle contrôle ses sautes d’humeur ou ça risquait de devenir problématique. Elle se sentait malheureuse et seule. Leo n’était pas facile à contacter en ce moment et elle n’avait pas de vrais amis à qui se confier. Elle sentait son sang couler le long de ses jambes alors qu’elle arrivait enfin à bout de souffle en bas de son immeuble.

Alexis se sentait misérable et elle se voulait d’avoir usé de ce pouvoir qu’elle n’avait pas demandé. Elle se voulait d’être triste à cause de Divo. Elle s’en voulait d’être incapable de se sentir pleine. Et elle avait trop besoin de voir quelqu’un. Le plus vite possible. Et un visage s’imposa à elle et elle se serait donné des baffes de ne pas y avoir pensé avant. Elle voulait voir Elio. Elio qu’elle considérait comme un petit frère alors que c’était plutôt lui qui s’occupait toujours d’elle. Elio qu’elle adorait de plus en plus. Elio qui l’écoutait toujours sans broncher. Oui c’était Elio qu’elle voulait voir et tant pis pour le reste. Elle se déshabilla et désinfecta ses plaies, frotta pour enlever le gravier en grimaçant et se mit des pansements. Elle renfila son jean déchiré et tâché et un teeshirt large noir qu’un de ses ex avait laissé ici. Elle monta ses cheveux en queue de cheval et s’essuya les yeux qui avaient coulés sans prendre le temps de se remettre un train de crayon noir. Elle se fichait d’être habillé comme un sac. La drague, ce n’était pas vraiment son intention de la soirée pour le moment. Elle attrapa un sac avec ses clés et son porte monnaie et mit de nouveaux ses rollers pour aller à toute vitesse en direction du Love’s Out. Son passage à son appart avait réussi à la calmer un peu et elle se sentait plus ou moins capable de faire bonne figure devant lui. Du moins au début.

Elle arriva devant la devanture et enleva ses rollers, se rendant compte qu’elle avait oublié des chaussures. Elle haussa les épaules. De toute façon ce n’était pas la première fois. Elle rentra en chaussette dans le Love’s Out et ignorant les regards surpris comme ceux blasés qui avaient l’habitude, elle localisa Elio derrière son bar. Elle s’y précipita et avec un immense sourire, elle passa derrière le bar pour l’embrasser sur la joue et l’enlacer.

- Elio ! Je suis contente de te voir, tu m’as manqué !

Sachant qu’elle allait se faire houspiller, elle repassa bien vite du côté client et commanda.

- Une… Non deux vodkas orange s’il te plait !

Elle ne savait pas quoi faire, comment commencer, amener le sujet. En même temps elle ne voulait pas l’embêter en plein service mais elle avait terriblement besoin de sa présence. Elle attendit donc, réfléchissant à la meilleure approche. Pourtant elle savait qu’avec lui, elle n’avait pas forcément besoin de prendre des pincettes mais elle le souhaitait. Parce qu’il n’était pas n’importe qui. Cependant, alors qu’elle sentait une boule se coincer dans sa gorge elle attrapa sa veste alors qu’il passait à proximité.

- Dis… Tu prends ta pause quand ?

Ce qui de sa part, et avec le sourire brave qu’elle lui faisait, voulait dire bien des choses.
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Aurelio Pastore

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MessageSujet: Re: Et si tout n'était que poussière ? [PV Elio]   Mar 9 Aoû - 8:30

Carry on my wayward son,
For there'll be peace when you are done
Lay your weary head to rest
Don't you cry no more

Il y a de ces plaisirs simples dans la vie dont l’insouciant Elio se satisfait pleinement. Comme sa journée, tranquille, conforme à ce qu’il apprécie et à ce qui le rend si nonchalant. En fin de matinée, il s’était levé tant bien que mal, après avoir lutté contre la fatigue de la veille. Il avait toutefois vaincu bravement, décollant ses paupières et affrontant le jour qui perçait et inondait sa chambre de ses rayons flamboyants. Puis il avait fallu se lever, faire quelques pas jusqu’à son armoire, y découvrir sa chemise du moment. La sortir, et constater que la maladresse de la cliente de la veille n’avait pas disparue et que la tache s’étendait bien là, arrogante et cartonnée. L’alcool et le sucre forment un mélange difficile à faire partir sur du tissu aussi bon marché que ne l’était la majorité de ses habits. En soupirant, il était donc descendu de sa chambre avec seulement un pantalon en jean sombre porté sur ses hanches, dont les boutons n’étaient pas encore attachés. Trop de précision dès le matin, il ne fallait pas non plus trop en lui demander. Les marches lui paraissaient infinies et ses jambes lourdes, selon le bon rituel de son réveil difficile, mais Elio arrivait toujours en bas sans encombre. Il y trouva Delia ce matin là, attablée devant un café. En voyant sa tête, elle en prépara un pour lui. La seule différence entre la patronne et son employé c’était qu’elle était merveilleusement élégante, comme à son habitude, même dans sa tenue de journée qui était beaucoup plus simple que ses robes de soirées. Sa silhouette dégageait toujours cette aura de bien être, de réconfort, qu’Elio prenait avec plaisir à chaque fois qu’il pouvait en profiter. De son cou s’échappait un parfum sauvage et fruité qu’il huma avec satisfaction en attendant la tasse du breuvage qui le tirerait totalement de son état végétatif.

Ils avaient échangés quelques mots ce matin là, d’un ton professionnel pour s’attarder sur les recettes de la veille, puis Delia remarqua enfin le torse nu de son serveur. En secouant la tête, elle prit son sac et se dirigea vers la porte du bar en lui disant qu’elle allait régler ce problème, mais que comme toutes les courses qu’elle faisait pour lui, ce serait retenu sur sa note. Elio l’entendait à peine, de toute façon il vouait une confiance aveugle en Delia et se fichait totalement de l’argent qu’il gagnait. Une fois son maigre petit déjeuner terminé, Elio se leva, s’étira, et remonta durement les marches pour se diriger vers la petite porte à côté de sa chambre, une salle de bain très fonctionnelle ou seuls un lavabo, des toilettes et une douche se trouvaient là. Il enleva pantalon et sous vêtement, ouvrit la fenêtre, profitant de la caresse du vent sur sa peau nue. Longuement, il resta là à respirer profondément, jusqu’à ce que la fraicheur de cette journée commençant à peine l’oblige à se réfugier sous l’eau chaude. Celle-ci coulait sur son corps encore endolori de ses acrobaties de la veille avec un sentiment de délectation pour le jeune homme. Il revivait à ce simple contact qui délassait ses muscles, apaisait sa peau. Après vingt bonnes minutes à rester immobile ainsi, Elio coupa l’eau et sortit de la cabine transparente pour s’enrouler dans une serviette confortable et retourner dans sa chambre, où il s’effondra sur son lit, le visage noyé dans son oreiller. Il ne bougea pas quand il entendit la porte d’entrée claquer à nouveau, ne bougea pas quand une démarche familière gravit l’escalier, ne bougea pas quand la porte de sa chambre s’ouvrit sans qu’elle ne frappe. La chemise neuve lui arriva sur le dos, le jeune homme grommela un remerciement étouffé sans que Delia ne lui répondre.

Après quelques pensées envolées vers un certain jeune homme un peu hautain et au rougissement facile, Elio se releva finalement et saisit le morceau de tissu qu’il passa machinalement. Elle avait déjà enlevé l’étiquette, le sachant trop peu concentré pour y penser. Renfilant le même pantalon, Elio finissait d’attacher ses chaussures quand il leva son regard vers la glace. Et là, il crut maudire Delia. Cette peste venait de lui faire un coup bas, tout en lui faisant comprendre qu’il n’avait qu’à aller faire ses courses seul. La chemise, au lieu d’être noire, blanche ou bien bleu foncé, était rose. Pas celui, agressif, des paquets de bonbons pour enfant, mais tout de même. La couleur, si elle n’était pas criarde, attirait le regard et ce rose sombre pas tout à fait pourpre le changeait clairement de d’habitude. Il avait l’air moins distant, plus accessible. Ce que, bien sûr, il détestait puisque c’était cette distance qui attirait si facilement ses clients. Après quelques jurons, Elio passa le reste de sa journée à tenter de détacher sa chemise, sachant bien que Delia ne lui ferait pas le plaisir de l’aider. Sans succès. Et voilà pourquoi il se retrouvait ce soir, derrière son bar, une chemise inhabituellement colorée sur le dos, à attendre les commandes suivantes. D’un regard las il balayait la salle du regard, cherchant un groupe qui aurait besoin de sa présence. Cherchant une proie, cherchant même sa proie favorite du moment. Sans succès, pourtant, et Elio dut se résoudre à oublier deux minutes Andrea le temps de servir un whisky à l’homme en bout de bar, avant de reprendre sa place, occupé à nettoyer quelques verres.

Ce fut pourtant bien une tête blonde qui chamboula quelque peu sa soirée un peu en retrait ce soir là. Mais pas celle dont il rêvait parfois la nuit tout en faisant l’amour à un autre. Non, les cheveux étaient bien plus longs et l’expression n’avait rien à voir. Elio, du coin de l’œil, avait aperçu Alexis entrer de façon toujours aussi désinvolte à son habitude. Depuis qu’elle connaissait ce bar, c’était devenu son petit refuge où elle se croyait chez elle. Delia fermait les yeux tant qu’Elio savait gérer cette gamine au tempérament de feu. Et ce soir, comme toutes les autres fois où elle venait au Love’s out, il attendait qu’elle passe à l’offensive. Ce qui ne prit guère de temps, puisqu’elle contourna sans ménagement son espace de travail pour le prendre furtivement dans ses bras avant de battre en retraite dans l’univers client qui lui était dévolu.

- Elio ! Je suis contente de te voir, tu m’as manqué !

A ces mots, Elio ne répondit rien mais il soupira avec un léger sourire au coin des lèvres. Il avait l’habitude de ce débordement d’affection de sa part. Et l’acceptait bien volontiers, surtout que sa tête blonde lui manquait aussi, quelques fois. Ce soir, il était bien content de la voir débarquer dans son champ de vision même si la commande qu’elle passa lui fit quelque peu perdre son enjouement.

- Une seule pour toi, Alexis. La deuxième est pour moi.

Il n’aimait pas la voir trop boire d’entrée de jeu, comme ça, et tout en préparant les boissons il la regardait sans se cacher. Il n’y avait pas besoin de faire semblant de s’intéresser à elle tant elle transpirait le malaise. Tout était si simple à deviner sur son visage, pour qui savait le lire. Si bien que le jeune homme ne fut pas étonné quand elle lui agrippa le bas de sa chemise tandis qu’il passait de l’autre côté du bar pour lui apporter sa commande tout en s’installant sur un tabouret à côté d’elle. Tant qu’il n’y avait pas de commande, il pouvait se le permettre.

- Dis… Tu prends ta pause quand ?

Et Elio vit aussi l’air un peu surjoué qu’elle affichait, et Elio sentit le besoin dans sa voix. Alors il vida son verre en quelques gorgées avant de se lever, de faire un signe à Delia qui était accoudée à une table et, après son approbation, il se tourna vers la jeune fille.

- Maintenant, fillette. Ramène-toi, on bouge.

Et il l’entraina dehors, là où se trouvait son petit banc miteux qui avait tant vu de ses passages. Un peu à l’écart, protégé par l’ombre de la nuit, il s’y installa en s’assaillant sur le dossier et laissant ses jambes reposer là où d’ordinaire on s’assoit. Il alluma une cigarette, mauvaise habitude qu’il prenait toujours durant sa pause. Même s’il n’en avait pas envie maintenant, il savait bien qu’Alexis ne lui avait pas demandé cela pour s’entendre dépondre « pas avant deux heures ». Qu’il était faible, parfois, devant tant de fausse innocence. Et le spectacle recommençait. Celui où il se taisait, attendant que la maitresse de cérémonie ne se décide.
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Alexis Lorenzo [Hily]

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MessageSujet: Re: Et si tout n'était que poussière ? [PV Elio]   Mar 9 Aoû - 12:17

Si ce que je suis t'indispose
Y'a qu'une chose que je sais
Les garçons portent du rose
Quand ils n'ont rien à cacher


Alexis à cet instant mourrait d’envie de le serrer contre elle pour ressentir de sa chaleur. Après un début de soirée aussi pourri, elle voulait se blottir dans les bras de quelqu’un en qui elle avait confiance. Et vu que son confident préféré n’était pas disponible, elle se rabattait sur lui. Non pas qu’il soit un second choix loin de là, de plus en plus Elio devenait indispensable à son bon équilibre. Quand elle se sentait vaciller, elle savait qu’elle pouvait compter sur lui pour l’écouter si ça devenait trop lourd. Elio, bien que nonchalant et désabusé était gentil et à l’écoute. Et Alex avait besoin de gens comme lui. Elle avait besoin de sentir qu’on ne la jugeait pas pour ce qu’elle était, qu’on ne la rejetait pas pour son caractère, qu’on pouvait l’accepter comme elle était. Et Elio ne jugeait pas. Il ne jugeait jamais et c’était pour ça qu’Alex l’aimait autant. Celui qui au départ n’était qu’une connaissance, un délire, un plan cul alors qu’elle était bourrée était devenu quelqu’un de si important qu’elle n’aurait pu supporter de le voir partir de sa vie. Parce qu’Alexis avait besoin d’attache qu’elle savait immuable, même si la personne ne le voyait pas de cet œil là. Elio était devenu un ami, quelqu’un qu’elle passait voir à l’occasion, lui refusant sa demande de le rejoindre dans sa chambre. Elle ne voulait pas le voir comme ça. Elio ce n’était pas un gars comme les autres avec qui elle pouvait s’amuser en soirée. Non Elio avait un statut particulier dans le cœur d’Alexis. Un peu comme un autre garçon de sa connaissance.

A croire qu’Alexis n’arrivais pas à se lier durablement avec des filles. La plupart de ses amis, confidents, connaissances étaient des hommes et non des femmes. Au moins il n’y avait pas tous ces problèmes de jalousie et puis elle se sentait plus à l’aise avec des personnes qui se prenaient moins la tête qu’elle. Même si la plupart du temps, on se prenait difficilement moins la tête qu’elle. Mais c’était dans ses passages à vide qu’elle savait qu’elle pouvait compter sur eux. Elle commença à boire son unique et seul verre de vodka après avoir grommelé à l’adresse du barman que si elle en voulait deux, ce n’était pas pour qu’il lui en prenne un. Mais dans l’état dans lequel elle était, ce n’était peut être pas si mal qu’elle ralentisse un peu sur l’alcool. Sacré Elio, il l’étonnera toujours. Elle loucha dangereusement sur la couleur de la chemise de son barman préféré en esquissant un sourire hilare. Il était génial comme ça. Ca le changeait tellement de ses couleurs sombres. Il était encore plus adorable comme ça. Il faudrait qu’il mette de la couleur plus souvent, ça l’illuminait. Mais elle savait que si Elio était un oiseau de nuit, ce n’était pas pour rien. Il avait choisit de son plein gré et il était bien difficile de le faire sortir de son bar quand le soleil régnait en maitre sur Milan. Elle savait des trucs, des bribes, mais au final, Elio en savait bien plus sur elle que l’inverse. Mais ce n’était pas grave, elle n’avait pas besoin de savoir les problèmes qu’il avait eu pour l’adorer de la sorte. Elio son petit frère qui s’occupait d’elle. C’était bien différent avec un autre brun.

Leo ce n’était pas son frère, ce n’était pas que son confident, que son ex, qu’un homme qu’elle avait terriblement aimé. Leo, elle ne savait elle-même pas où le catégoriser. Le fait que son absence trop longue lui pèse, le fait que leur couple n’ait pas tenu mais qu’ils ne pouvaient s’empêcher de continuer à se voir, le fait qu’elle puisse parler avec lui de tout et de rien, de passer du coq à l’âne et surtout d’être elle-même, pleinement. Le fait qu’elle ne se sente jamais aussi bien et libre qu’en sa présence. Il était une des rares personnes pour qui elle pouvait s’inquiéter réellement et se poser des questions. Une personne qu’elle irait recontacter forcément si les moments de vide s’avéraient trop longs. Elle n’avait jamais réellement su où il partait, pourquoi on ne pouvait pas le trouver, ce qu’il faisait. Mais Alexis ne pouvait lui reprocher, elle l’aimait trop pour ça, trop pour chercher dans ses secrets à lui, elle ne lui en avait jamais voulu. Même si le fait de moins savoir distendait de plus en plus leur relation qui avait finit par arriver à son terme. Elle l’aimait trop pour être amère à son sujet. Au moins sur ce point là, ça se recoupait avec Elio, elle n’aurait jamais insisté pour savoir quelque chose qu’il ne voulait pas divulguer.

Elle termina trop vite son verre et en regarda le fond avec dépit. Finalement, un autre n’aurait pas été du luxe. Elle n’avait pas besoin d’alcool pour parler, ça se saurait, mais peut être que ça lui aurait donné un peu plus de courage. Parfois elle se sentait un peu intimidé face à son ami qui paraissait trois fois plus mature qu’elle. Heureusement que ça n’arrivait pas souvent, elle perdrait sa réputation. Et puis, la couleur de sa chemise avait plus tendance à la mettre à l’aise qu’autre chose ce soir il fallait bien avouer. Rien que le voir lui avait déjà redonné un peu de chaleur dans son cœur qui ne demandait que de l’affection.

- Maintenant, fillette. Ramène-toi, on bouge.

Son cœur fit un bon de plaisir, et de soulagement. Ouf, il avait compris, ouf elle allait pouvoir respirer et laisser tomber ce faux sourire devant les clients de ce bar. Et elle n’allait avoir Elio que pour elle toute seule. Elle sautilla rapidement à sa suite jusqu’au fameux banc de sa pause. Celui qu’elle connaissait assez bien maintenant. Elle s’adossa contre le dossier et remonta ses jambes contre elle, laissa pencher sa tête sur le côté jusqu’au flanc d’Elio et tendit une main vers lui, attendant qu’il lui file la clope qu’il venait d’allumer. Elle en tira deux ou trois taffes qu’elle expira lentement et lui rendit. Alexis ne fumait pas beaucoup, en soirée ou avec des amis mais c’était rarement à d’autres moments. Mais avec Elio, c’était encore différent. Elle frissonna et se rapprocha encore un peu de lui en rentra son bras gauche dans son teeshirt bien trop large pour elle. De l’autre main elle attrapa le bout de la chemise d’Elio et commença à la tirer, comme pour attirer son attention. Ce qui en soit était débile, parce qu’elle savait qu’elle avait tout l’attention qu’elle demandait. Surtout qu’ils n’étaient que tous les deux et qu’Elio avait difficilement d’autre choix que de l’écouter. Sauf si il présentait cette capacité à entendre sans écouter. Mais elle ressentait le besoin de le sentir, de savoir qu’il était là et le tenir par la manche était un lien vers lui.

- Sympa ta chemise, tu devrais t’habiller plus souvent comme ça.

Il fallait bien commencer par quelque chose. Même quelque chose de débile. Ce n’était pas du genre d’Alexis de prendre des pincettes ou de tourner autour du pot. De plus son sourire s’était évanoui et elle paraissait plus grave que bien des fois. Elle ne voulait pas trop le gêner. Mais si il avait prit sa pause, ce n’était pas pour rien. C’était pour elle, et elle lui faisait confiance. Elle resta dans le silence pendant quelque instant, savourant sa présence, ses expirations de fumée, sa chaleur. Elle était bien ici, il la rassurait toujours.

- Tu sais Divo m’a largué la semaine dernière. Et je me rends compte que ça fait plus mal que ce à quoi je m’attendais. Je ne pensais pas que c’était le bon. Mais j’attendais autre chose quand même. Je commence à réellement me demander si quelqu’un serait la réponse. Si quelqu’un me prouverait que s’accrocher en vaut la peine. Ou peut être que je fais fausse route depuis le début, je ne sais pas.

Sa prise se raffermit sur la chemise d’Elio et elle frissonna. De froid, de tristesse, de doute. Beaucoup de doute. Elle tenta tout de même de rebondir sur une note plus joyeuse, histoire que la soirée ne s’embourbe pas totalement dans du mélo qu’elle n’arrivait pas à contrôler.

- Mais j’ai remarqué que de ton côté, tu sembles plus joyeux ces derniers temps. Ca peut paraître imperceptible mais je te connais un peu quand même. Tu as rencontré quelqu’un ?

Sa voix tendait entre la curiosité et l’envie. Au milieu d’un sourire hésitant. Si c’était le cas, serait-elle réellement heureuse pour lui ?

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Aurelio Pastore

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MessageSujet: Re: Et si tout n'était que poussière ? [PV Elio]   Mer 10 Aoû - 9:02

En tirant sur sa cigarette, négligemment installé comme à son habitude sur un banc qui souffrait de ses fantaisies, Elio ressassait des souvenirs en attendant qu’Alexis déclenche le cran d’arrêt et ne commence à parler. Il se souvenait de la première fois qu’il l’avait vue. A la fois gamine et femme fatale, sa blondeur ne passait pas inaperçue dans la noirceur du bar. D’abord timide, elle avait rapidement montré de bonnes dispositions à la boisson. Elio l’avait servie, verre après verre, en se demandant vaguement ce qui l’amenait à enchainer aussi rapidement les alcools qui défilaient devant elle au rythme de ses commandes. Il savait que ce n’était pas ses affaires, et pourtant la question lui était venue en tête, comme une petite pensée dont on n’arrive pas à se défaire. Il avait aussi longuement tenté de déterminer si c’était une simple ado un peu perdue dans une apparence qui ne lui convenait pas, ou bien une femme enfermée par son manque de maturité et de sérieux. Sans jamais pouvoir réellement la juger, le barman se souvenait avoir déjà pensé qu’elle était étrange, sa cascade blonde se mêlant à ses mots hésitants formant des phrases sans queue ni tête. Elle avait rapidement franchie la barrière de l’irraisonnable, et l’éthylisme l’avait rattrapée sans doute plus vite qu’elle ne l’avait pensé. Comme ça, elle ressemblait à une petite fille qui a fait une bêtise et qui tente de s’expliquer en ne faisant qu’empirer la chose. C’était d’un pathétique, même pour Elio qui en avait l’habitude. Elle racontait des choses qu’il ne comprenait pas, lui confiait des bribes de phrases sans les finir, si bien qu’il ne saisissait plus rien à son discours.

Et pourtant elle restait plutôt maîtresse de son corps. Comme d’habitude quand il découvrait une nouvelle cliente, Elio lui avait proposé de monter. Pas d’opposition, il l’avait emmené dans sa chambre. Ils avaient couchés ensemble sans faire l’amour, simplement deux corps qui s’unissent physiquement tandis que chacun pense à quelque chose de très personnel. Faire l’amour c’est songer au plaisir de l’autre, et là chacun ne se focalisait que sur lui-même. Egoïstement, ils s’étaient enlacés quelques heures avant qu’Elio ne l’oblige à sortir. Sans aucun scrupule, il l’avait laissé partir dans la nuit, appelant simplement un taxi comme il avait l’habitude de le faire. Et, sans plus s’en soucier, il était parti se coucher tranquillement et sans même plus y repenser. Son corps était rassasié, et seul ce détail importait. Alexis n’était alors qu’une fille parmi tant d’autres, qu’une conquête comme les précédentes. Mais Elio se souvenait que tout avait changé, après. De façon bien imperceptible, et pourtant le résultat était flagrant : il tenait à elle, bien plus qu’à une simple cliente. Car elle était revenue, plus sobre, plus digne mais toujours aussi bavarde et paradoxale entre son état de fille et celui de femme. Sauf que cette fois, comme les suivantes, à chaque fois qu’il lui proposait de remettre ça, elle le repoussait avec le sourire. Ce qui effaça bien vite leur première nuit, et annulant dans le même temps le statut d’amante de la jeune femme. Ces refus constants avaient un peu déstabilisés Elio, peu habitué à se faire refuser l’entrer de sa chambre. C’était d’ailleurs, de mémoire, la première à se refuser à lui avec tant d’obstination et de rigueur.

Ce qui l’avait rendue bien plus intéressante, bien qu’au début Elio n’ait pas été de cet avis. Elle avait été le pot de colle, celle dont il ne comprenait pas les envies ni sa raison d’être ici. Elle était devenue la décalée du bar sur qui il avait toujours un regard, celle qui arrivait parfois pieds nus sans se soucier des regards des autres. Aussi inaccessible qu’un courant d’air, on aurait pourtant dit un chaton égaré quand elle venait s’asseoir à son bar pour lui raconter sa journée, dont il n’avait rien à faire. Et pourtant, peu à peu, il avait écouté, il y avait réfléchit, il tentait de lui apporter des réponses. Tant bien que mal, Elio avait endossé un rôle de grand frère protecteur qui toujours surveille sa jeune protégée. Souvent peu loquace, il ne parlait que quand elle s’arrêtait de le faire, ou bien lorsqu’elle parlait trop. Les deux moments qui lui faisaient comprendre que quelque chose n’allait pas, que ses simples soucis d’adolescente prenaient trop d’ampleur. Que le déversoir de son oreille n’était pas suffisant et qu’il lui fallait à présent la prendre en main, la relever un peu et lui asséner quelques conseils, critiques, parfois un mot suffisait parfois il devait se lancer dans un grand discours.

Et elle était là, pauvre petite chose apeurée et femme forte cachées dans un même corps, se livrant à une lutte effrénée qui se lisait toujours dans son visage instable. Les deux Alexis qui ne s’entendaient pas toujours. Elio la laissa s’installer, se coller contre lui. Il avait l’habitude de ce contact, si différent de ceux qu’ils connaissaient. La première fois cela lui avait paru étrange mais elle lui avait imposé, et peu à peu l’habitude s’était faite. Sans même la regarder, il lui tendit sa cigarette pour qu’elle en profite quelques instants. Tous les deux, ils créaient des cercles de fumée éphémères qui se perdaient dans la fraicheur de cette nuit de printemps. L’instant semblait comme suspendu, dans le silence et les bruits étouffés de la salle dans leurs dos. La silhouette frêle frissonnait contre lui, et il regrettait de ne pas avoir de veste avec lui. Au moment où elle attrapait un bout de son désastre vestimentaire, il lui prêta un bras qui s’installa sur son épaule, la réchauffant comme il le pouvait. Elle tira sur sa chemise, demandeuse. Venait enfin le moment où le silence compréhensif laissait place aux explications farfelues d’Alexis, qui souvent prenaient une forme à laquelle on ne s’attendait pas.

- Sympa ta chemise, tu devrais t’habiller plus souvent comme ça.

Elio eut une grimace de dégoût en portant un regard accusateur sur son vêtement. Il n’avait qu’une envie, qu’elle tire plus fort jusqu’à la déformer ou la déchirer pour qu’il puisse avoir une bonne excuse d’en racheter une. C’est donc d’une voix un peu râleuse qu’il lui répondit, d’un air grognon.

- Profite, tu la verras pas souvent, faut que je m’arrange pour en prendre une autre. J’ai l’air d’un clown. Y’a bien que toi pour aimer ça.

Tout cela n’avait aucun intérêt, ce n’était que pour amener la suite, ce n’était que pour justifier, expliquer ce qui suivrait. Ce n’était que pour la rassurer. Comme si elle pouvait placer l’important au milieu de deux badineries sans utilité, pour mieux le faire oublier. Mais Elio ne se laissait jamais prendre au jeu de la jeune femme. Aussi, quand elle expliqua sa rupture et l’état d’esprit qui s’en suivait en se raccrochant à lui, Elio laissa un instant le silence s’installer. Raffermissant à son tour sa prise autour de son épaule, la sentait trembler presque sous lui, il prit la parole d’un ton nonchalant, un peu trainant. Comme si c’était un calvaire de lui répondre alors qu’elle savait bien que tout cela n’était qu’une apparence badine qu’il aimait se donner. Comme pour ne pas avouer son implication.

- La réponse c’est toi avant tout. Pourquoi t’attends ? Il n’y a que sur toi que tu peux compter pour être heureuse, Alex. Et Divo est un con, j’vais aller lui expliquer ça vite fait. En tout cas, le bon, c’est celui qui te fera comprendre à quel point tu n’as besoin de personne. T’es pas encore trop moche, t’as bien le temps d’attendre qu’il se pointe.

Ce n’était que ce qu’il pensait, ce n’était que son humble avis. Et au milieu, une promesse qu’il tiendrait. Non, il ne referait pas le portrait au crétin qui l’avait laissé tomber, elle, la blessant au passage même si elle ne s’y raccrochait pas. Il irait juste lui demander de ne plus faire le con maintenant, de tenir sa distance, de ne pas jouer avec elle, de ne pas recommencer. C’était fini, c’était fini. Sa chance était passée, maintenant c’était terminé. De toute façon, Elio n’avait rien d’autre à faire le lendemain, ni même le surlendemain. Et le tout était sur cette idée de se foutre de tout, de prendre avec nonchalance, de prêcher le peu pour faire comprendre le vrai. Ne pas lui dire qu’elle était belle, la laisser le deviner.

- Mais j’ai remarqué que de ton côté, tu sembles plus joyeux ces derniers temps. Ca peut paraître imperceptible mais je te connais un peu quand même. Tu as rencontré quelqu’un ?

- Tu me connais, tu me connais ... Quand je veux, oui !

Il avait répondu ça d’un air outré, comme s’il s’indignait de se faire comprendre d’une gamine aussi désinvolte. Mais au fond, il était plutôt content qu’elle s’en soucie, même s’il sentait que ce n’était que pour s’échapper, que pour tenter de ne pas affronter. Alors il lui répondit, puisqu’il savait qu’il n’aurait pas la paix s’il ne le faisait pas, pourtant il n’oubliait pas. N’oublia pas.

- Pas vraiment, non. Disons que je suis plutôt fier d’avoir fait tomber quelqu’un. Je pensais pas, pourtant, il avait l’air trop pur et réservé. Je le vois souvent, un peu trop peut-être ... Tu voudrais pas le remplacer, tiens ? Mais bon, on s’en fout un peu quand même. Raconte moi ta journée.

Et tout le reste.
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Alexis Lorenzo [Hily]

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MessageSujet: Re: Et si tout n'était que poussière ? [PV Elio]   Jeu 11 Aoû - 4:54

Et j'ai dit viens t'asseoir dans la cabane du pêcheur
Y a sûrement de la place pour deux !
Cette route ne mène nulle part
Alors... Viens faire toi-même le mélange des couleurs
Sur les murs de la cabane du pêcheur


Alexis ne voulait pas être méchante. Non pas du tout. D’ailleurs elle ne l’était pas pour deux sous. Elle était la première à caresser un chaton, à redresser la tige d’un pissenlit et de faire sortir un lézard enfermé à l’intérieur. Elle était la première à partir quand elle se sentait réellement indésirable – Si elle le sentait, ce qui lui manquait parfois – Non la jeune femme était gentille et ne disait que rarement un mot de travers ou plus haut que l’autre de façon totalement consciente. Elle ne voulait pas se mettre les gens à dos, bien au contraire, elle voulait être proche d’eux, un maximum de temps possible. Elle voulait comprendre, assimiler, chercher, apprécier. Non décidemment, Alexis n’aurait certainement pas pu être caractérisée comme quelqu’un de méchant, ou cherchant le malheur d’autrui. Et ce fut d’ailleurs avec honte qu’elle se rendit compte qu’elle espérait qu’il lui dise non. Elle espérait qu’il n’ait trouvé personne, qu’il reste encore un moment seul comme elle. Bien sûr qu’ils ne se suffisaient pas, et chacun avaient leurs aventures dans leurs coins. Mais si l’un des deux se casait durablement, qu’est-ce qui allait se passer ? Elio ne serait plus aussi disponible, ça deviendrait dur d’avoir un moment avec lui, comme pour Leo. Et puis, elle s’en voudrait de les déranger avec sa copine. Elle s’en voulu. Elio méritait autant qu’elle d’être heureux avec quelqu’un. Elle ne se savait pas si égoïste en fait. Et pourtant, elle sentait qu’elle n’arriverait pas à se réjouir sincèrement s’il lui avouait qu’il était avec quelqu’un. Elle se serait foutu des tartes, lui qui l’encourageait et qui était là pour elle, ne pouvait-elle pas être là pour lui ? C’était du foutage de gueule, elle voulait se réjouir si c’était le cas. Elle voulait vraiment se réjouir.

Et si ça arrivait, elle savait qu’elle se sentirait perdue. Comment ses amis arrivaient-ils à saisir ce qu’elle-même n’arrivait pas à concevoir ? Partager ainsi sa vie, de son plein gré, perdre une partie de libre arbitre mais se sentir bien avec quelqu’un. Alexis ne savait pas comment envisager une relation, quelque chose d’amoureux. Enfin, si, elle avait bien une idée, une idée que des cheveux châtains et des yeux bleus illustraient parfaitement. Mais ce temps était révolu. Et elle se rendit compte qu’elle se perdait dans des questionnements sans fin qui ne la menait qu’à des murs. Elle n’avait jamais réussi à retrouver ce sentiment de plénitude qu’elle avait touché du bout des doigts avec Leo. Cette impression qu’ils auraient pu construire quelque chose tous les deux. Et depuis il lui semblait qu’elle avait perdu de vue le principal. Chercher quelqu’un oui. Mais pour quoi faire ? Dans quel but ? Pour quelle finalité ? Le premier venu ne pourrait lui apporter ce qu’elle-même ne savait pas. Divo, Lucovico, Tommaso… Aucun n’avait pu lui procurer ce qu’elle attendait. Et aucun ne lui avait rappelé cette douce sensation d’être bien avec quelqu’un, sans artifice et sans mensonge. Alexis savait qu’elle ne prenait pas le problème par le bon bout, mais elle n’avait aucun exutoire et réfléchir pendant des heures et gribouiller des idées et des pistes de réflexion sur des feuilles de papier ne la menait nulle part. Chercher quelqu’un, trouver quelqu’un. Mais au final pour quoi faire ?

Elle ferma les yeux un instant et se laissa aller contre lui. Sa main était chaude et rassurante. Elle irradiait de promesse comme celle qu’il ne la laisserait pas tomber. Sûrement une de ses plus grandes peurs. Mais c’était bon, il était là, il était prêt à l’écouter, il avait prit sa pause pour elle après tout. Elle se détendit un peu, profita de sa main chaude, de ses effluves constants d’alcool, de sa simple présence pour souffler un peu, pour mettre de l’ordre dans ses idées.

- Profite, tu la verras pas souvent, faut que je m’arrange pour en prendre une autre. J’ai l’air d’un clown. Y’a bien que toi pour aimer ça.

Un rire heureux s’échappa de ses lèvres. Il avait le don pour ça.

- N’importe quoi, les clowns, ça fait peur de toute façon, et toi tu ne fais pas peur loin de là. En plus c’est vrai que les couleurs te vont bien, la prochaine fois, tu en mets une orange !

Elle rie doucement de nouveau en l’imaginant avec toutes les couleurs de l’arc en ciel. Elio, c’était un mec bien. Des comme on en faisait plus, ou plus beaucoup. Et elle sentir distinctement sa main rassurante sur son épaule, pour lui prouver à chaque seconde qu’il était là et qu’il l’écoutait, même si son regard était tourné vers le ciel, même si sa voix était trainante et lointaine. Chacun de ses mots faisaient mouche au plus profond du cœur de la jeune blonde. Elle essaya de se rapprocher le plus possible de lui, un geste uniquement pour se rassurer. Divo était un con oui. Un vrai con pour embrasser une autre fille juste sous son nez. Mais ça lui faisait plaisir de l’entendre de la bouche de quelqu’un d’autre. De sa bouche à lui. Toutes les paroles d’Elio n’étaient pas vérités absolues. Mais disons qu’elles étaient la plupart du temps pertinentes. Surtout pour elle. Sauf qu’on avait beau lui répéter les mêmes choses incessamment, ça ne rentrait pas. Ca ne voulait rien dire pour elle. Elle qui cherchait des solutions à des équations à trop d’inconnues. Mais Alexis ne pouvait être toute seule. Etre seule c’était être morte. Elle ne pouvait envisager cette solution, elle avait trop besoin des autres. Etre seule lui paraissait insurmontable. Elle se sentait perdue et c’était le meilleur moyen de sentir que sa vie ne valait plus la peine de continuer. A quoi bon faire des efforts constants pour se lever chaque jour si c’était pour être seule ? Mais être accompagnée de façon superficielle était presque pire. Avant elle s’en contentait, mais de plus en plus, elle ressentait cette envie d’être avec quelqu’un pour plus.

- …T’es pas encore trop moche, t’as bien le temps d’attendre qu’il se pointe.

Alexis pouffa un peu. C’était gentil de sa part. Bien que son apparence, surtout ce soir, n’était pas spécialement ce qui l’intéressait en premier lieu, ça faisait toujours énormément plaisir de se l’entendre dire. Surtout de quelqu’un qu’on savait sincère et sans fioritures. Elle ne répondit pas de suite à sa phrase, elle avait besoin d’y réfléchir tout en continuant la discussion. Il savait que ses discussions, surtout les plus sérieuses étaient encore plus décousues que le reste. Il s’adapterait. Il avait l’habitude.

- Tu lui diras et après tu me raconteras, t’as même le droit de lui faire peur ! Mais t’en fait pas Elio, toi t’es très beau et je t’aime comme ça.

- Pas vraiment, non. Disons que je suis plutôt fier d’avoir fait tomber quelqu’un. Je pensais pas, pourtant, il avait l’air trop pur et réservé. Je le vois souvent, un peu trop peut-être ... Tu voudrais pas le remplacer, tiens ? Mais bon, on s’en fout un peu quand même. Raconte moi ta journée.

Elle l’écouta avec attention, contente de voir qu’elle lui répondait sans trop se faire prier. Bien sûr qu’elle commençait à le connaître, qu’il le veuille ou non, il avait changé depuis leur première rencontre, depuis qu’il faisait le nonchalant barman ne l’écoutant que d’une oreille, de façon à vouloir garder une cliente. Il avait finit par se dérider, par l’écouter, alors qu’au début, elle était bien loin d’y croire. Et finalement ils s’étaient rapprochés, pas comme Alexis se rapprochait de d’autre. Parce qu’elle ne voulait plus partager sa chambre. Parce qu’elle ne voulait pas sortir avec lui. Parce qu’elle sentait que ça aurait totalement brisé ce qui commençait à se créer entre eux. Comme avec Leo. Et elle ne voulait plus jamais ça. Elio, il était différent. Elle ne voulait pas qu’elle la prenne comme une fille facile, débile. Elle était plus que ça, elle savait qu’elle était plus que ça et elle voulait lui prouver. Mais c’était lui qui lui était devenu indispensable. Et puis ces temps ci, il souriait un peu plus facilement, un peu plus spontanément. Et puis ça se voyait qu’il guettait quelqu’un et qu’il regardait un peu plus vivement qui entrait dans le bar. Ca éprouvait la curiosité d’Alex qui aurait voulu donner de plus en plus pour voir qui était l’heureux élu. Car apparemment c’était un homme. De toute façon c’était de notoriété publique qu’Elio aimait les hommes comme les femmes. Ca n’avait pas de quoi choquer Alex qui avait déjà essayé de sortir avec des femmes. Elle se releva et sautilla un peu sur elle puis fit des allers retour devant Elio en se frottant les mains ensembles.

- Mais non on s’en fout pas, je bois tout ce que tu me dis sur toi Elio ! J’espère que tu ne profites pas trop de lui, s’il revient te voir, c’est qu’il a forcément une bonne raison.

C’était moqueur. Gentiment moqueur évidemment, mais elle aussi disait ce qu’elle pensait de tout ça. Alexis avait déjà noyé le poisson, comme si elle voulait oublier ce qu’elle avait dit, ce qu’il avait répondu. Mais elle savait que c’était en suspens et qu’elle reviendrait forcément dessus, peut être un peu plus tard, peut être un peu plus tôt. Elle attrapa ses mains et lui posa un bisou sur la joue.

- Je peux pas le remplacer Elilio, on n’est pas fait pour être ensemble.

Et ça aussi elle voulait revenir dessus. Parce que ça aussi ça faisait déjà quelque semaine qu’elle cogitait sur le sujet. Elle se rassit à côté de lui, toujours aussi proche et continua de blablater, chose qu’elle savait au demeurant parfaitement faire. Et pourtant elle se sentit un peu mieux qu’il lui demande de raconter sa journée. Comme ça elle n’avait pas l’impression de s’imposer ou quoi que ce soit. Elle pouvait lui parler sur sa demande et c’était un peu rassurant.

- Tu vois la journée pourrie de base ? Ben c’est ce qui m’est arrivé. Je l’ai revu en soirée, je suis tombée en roller, mon jean est déchiré, j’ai l’impression d’avoir fait n’importe quoi et surtout, j’avais besoin de voir quelqu’un. Heureusement que tu étais là. Et puis je suis en retard sur mon mémoire, et Silvia ne répond plus à mes appels. Il y a vraiment des jours comme ça où on aurait mieux fait de rester sous la couette.


Elle attendit un peu avant de changer de sujet, comme d’hab, comme si rester trop longtemps sur un sujet épineux pour elle était trop dur.

- Il s’appelle comment ?
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Aurelio Pastore

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MessageSujet: Re: Et si tout n'était que poussière ? [PV Elio]   Jeu 11 Aoû - 10:07

C’était un peu bizarre de lui parler d’Andrea, en fait. Pour plusieurs raisons. La première, c’était qu’il ne parlait pas beaucoup d’ordinaire. Mais plus il la voyait, plus il parlait. Et puis, il savait qu’Alexis avait besoin de sentir qu’elle n’était pas envahissante, pressante ou ennuyante même si elle ne montrait pas du tout cette inquiétude quand elle lui sautait au coup sans raison. Et pour ça, rien de mieux que de lui parler, histoire de lui donner un os à ronger. Que ce soit de sa chemise ou du dernier client qu’il séduisait peu à peu, ce n’était pas important. Tant qu’elle pouvait l’écouter, lui répondre, se sentir privilégiée. Ce qu’elle était, en fait, puisque même pour satisfaire le plus curieux de ses habitués Elio ne dévoilait rien sur ses relations avec les autres consommateurs, et si la plupart comprenaient ce qu’il se passait lorsque le barman entrainait quelqu’un dans sa chambre, ce n’était pas pour autant qu’il leur expliquait qui comptait, qui ne comptait pas. La seconde raison, c’est qu’Andrea ne représentait rien pour lui, et ne représenterait sans doute jamais plus qu’un amant intéressant à faire tomber dans ses filets. Il n’y avait donc pas de raison d’en parler. Mais après tout, c’était peut être aussi ça, d’être avec Alexis. Parler de ses lubies passagères, de ses compagnons de lit du moment. C’était ça, dont parlaient deux amis ? Eh bien soit.

Car oui, c’était une amitié qui unissait les deux jeunes gens pourtant si différents. Elio n’y voyait aucun inconvénient, et si cela était un peu nouveau il était agréable d’avoir quelqu’un qu’on apprécie auprès de soi, parfois. Car Delia n’était pas toujours disponible, pas toujours à l’écoute, et qu’en ce moment elle paraissait particulièrement occupée. Alexis était un peu comme la gérante de cet établissement, en fait, bien qu’au premier abord tout semble les séparer. Mais elles écoutaient toutes les deux avec une infinie patience, et Delia comme Alexis savaient apaiser un cœur d’un sourire. Celui, calme et maternel d’un côté, faisait autant de bien à Elio qu’une trace espiègle et moqueuse sur un visage plus jeune. C’était sans conteste les deux seules femmes qui le connaissaient un peu, lui l’éternel solitaire qui se renfermait comme une huitre dès qu’on parlait de lui. C’était d’ailleurs peut être pour ça qu’Elio trouvait étrange de parler d’Andrea. Car, inconsciemment, il commençait à tomber dans le piège des deux yeux bleus de son partenaire et rien ne lui était plus compliqué que de parler sentiments. C’était d’ailleurs pour ça qu’il n’avait jamais dit à Alexis à quel point il appréciait ses visites. Bien que lui n'en ait strictement pas la moindre idée, tout étant trop faible pour lui mettre la puce à l'oreille. Mais, autre avantage avec elle, la jeune fille n’en avait pas besoin. Elle savait à présent très bien lire les micros expressions qui se peignaient parfois sur son visage.

Et parfois, ça lui faisait peur. Il n’y avait non plus une personne à qui faire attention, mais deux. Car, même si le jeune homme savait très bien qu’éviter de leur montrer quelque chose n’était jamais efficace très longtemps, cela le mettait toujours mal à l’aise qu’elles aient l’air d’avoir compris quelque chose qu’il ne saisissait même pas. Cela lui faisait d’ailleurs bizarre de penser qu’il était si transparent. Pourtant, il essayait de faire attention et si les clients se laissaient prendre au jeu avec plaisir et sans chercher plus loin, être si accessible pour elles le troublait. Il aurait voulu, parfois, revêtir tout son être d’une grande cape noire pour empêcher toute attitude de filtrer, dévoilant son humeur ou des choses dont il n’avait pas encore conscience. Mais c’était moins dérangeant avec Alexis, puisque le phénomène était réciproque. C’était en ça qu’elle était devenue sa seule amie, Delia faisant plutôt office de mère attentive. Il y avait cette complicité, cette sensation de parfois se parler sans rien dire ou de dire tant de choses qu’on passe sous silence le plus important. Pour Elio, d’ordinaire peu bavard, c’était véritablement agréable. Mais ce soir, Alexis n’étais pas au plus haut de sa forme et elle avait besoin qu’il parle, qu’il l’aide à combler un silence qui parfois effraie, à boucher les trous de ses doutes et de ses questions par des futilités qui n’avaient aucune importance. Et c’est seulement pour ça que le jeune homme se pliait volontiers à l’exercice, alors qu’elle profitait de son contact pour se couler à lui. Il hésita un instant à la rejoindre à sa hauteur, mais il avait toujours trouvé plus facile de parler vrai quand personne ne nous regarde, comme si personne ne nous écoutait. Livrer des choses à quelqu’un qu’on observe de loin est souvent plus simple.

- N’importe quoi, les clowns, ça fait peur de toute façon, et toi tu ne fais pas peur loin de là. En plus c’est vrai que les couleurs te vont bien, la prochaine fois, tu en mets une orange !

Le rire d’Alexis, c’était quelque chose qu’Elio aimait entendre. Qu’il sonne faux, qu’il soit sincère, spontané ou exagéré il en connaissait les intonations à force que la jeune fille le lui livre régulièrement. Il aimait en être la cause, à dire des bêtises qui la rassuraient, à se laisser aller à quelques confessions sans queue ni tête. Se prenant peu à peu au jeu, Elio affichait un maigre sourire à son tour, se laissant porter par la légèreté de ces répliques n’impliquant rien de plus qu’un simple échange entre deux personnes qui se connaissent bien et qui savent pourquoi cette inutilité a son importance.

- T’as déjà trop bu ou quoi ? Pourquoi pas vert pomme tant que tu y es ? Nan, tu sais la couleur ça me va pas. C’est mieux pour quelqu’un qui sait vraiment sourire, sans que ça soit son métier. C’est mieux pour toi.

Au sujet de Divo, pourtant, il avait été sérieux un instant. Cet imbécile allait comprendre qu’il s’était trompé de cible et qu’il y a des choses à ne pas faire. Certes, il ne connaissait rien à leur relation, ne savait pas ce qu’il s’était passé entre eux, n’était même pas sûre qu’Alexis n’ait pas quelques tord dans l’histoire, la connaissant, si changeante et si lunatique. Mais le devoir d’un ami, ou d’un grand frère tant il avait parfois l’impression de la protéger comme tel, c’est de cogner et de comprendre après. Alors oui, il irait le voir pour lui expliquer la vie, irait lui laisser une ou deux traces de son passage avant de disparaitre à nouveau. L’idée semblait plaire à Alexis, en tout cas.

- Je lui enverrai tes salutations par la même occasion. Mais j’espère qu’il la mérité, Alexis.

Parce qu’il savait qu’elle pouvait se montrer désinvolte, qu’elle était compliquée, qu’elle n’était pas aussi simple qu’on pouvait le penser en voyant son grand sourire et son franc parler. Il fallait pour cela vivre ses angoisses, accompagner ses doutes, guider ses réponses, la réconforter, la féliciter, l’entourer. Elio savait qu’il n’était pas parfait mais faisait de son mieux pour être là, ne pas l’étouffer, l’écouter et lui répondre en faisant souvent abstraction de ce qu’il pensait. Dans des moments pareils, il lui était dévoué. Mais hors de question qu’il ne l’avoue !

- Mais t’en fait pas Elio, toi t’es très beau et je t’aime comme ça.

- Je le sais bien, gamine. T’as même de la chance d’en profiter, savoure !

L’humour, la nonchalance, c’était facile à gérer. Elle surfait sur ce registre, il l’y rejoignait. Elle se faisait plus sérieuse, il l’était également. La suivre, feu follet d’émotions, déversement de paroles incessantes, était un exercice complexe mais oh combien vivifiant. Comme pour illustrer l’image qu’il lui prêtait, Alexis se leva et se mit à faire des cent pas devant ses yeux alors qu’il finissait sa cigarette et l’écrasait, comme à l’ordinaire, sur le mur derrière lui déjà maculé de ses crimes esthétiques habituels.

- Mais non on s’en fout pas, je bois tout ce que tu me dis sur toi Elio ! J’espère que tu ne profites pas trop de lui, s’il revient te voir, c’est qu’il a forcément une bonne raison.

- Ouais, comme tous les autres. Ils ont tous une bonne raison, mais au final on est qu’une parenthèse les uns pour les autres et c’est mieux comme ça. Il profite de moi aussi, de toute façon. Et puis c’est pas mon mec, hein. Juste un client.

C’était vrai, c’était totalement vrai. Mais il savait que ça lui faisait plaisir d’en parler un peu, de parler un peu de lui. Alors il la laissait faire, sans toutefois l’encourager à partir dans des délires de filles. Andrea n’était pas important, il n’était même rien de plus qu’un défi personnel, mais ça il ne le lui disait pas forcément. Alexis ayant un peu plus de cœur que lui, il ne voulait pas lui dire comment il exploitait, comment il se moquait des conséquences. Ce fut à ce moment qu’elle revint vers lui pour une démonstration d’affection à laquelle il ne se sentait même plus surpris, la force de l’habitude. Il accueillit au contraire avec un sourire le chaste baiser de la jeune fille, qui se justifiait d’une boutade.

- Je peux pas le remplacer Elilio, on n’est pas fait pour être ensemble.

- Pourtant, moi je te rendrais pas malheureuse. Je te connais mieux qu’eux. Et puis, je suis plutôt un bon coup.

C’était un jeu, un jeu qui l’amusait et lui permettait de la valoriser dans le même temps. De lui faire comprendre qu’il l’appréciait vraiment, et que si son incapacité à aimer n’avait jamais existé, peut-être que ... Car oui, Alexis lui aurait convenu. Même si Elio n’avait pas réellement conscience de tout cela, cette fille était quelqu’un qu’il lui aurait plu de fréquenter. Mais c’était vrai, c’était vrai que leur amitié était plus importante, et que de toute façon personne ne pourrait supporter ses activités nocturnes pourtant indispensables. Mais disons que, si jamais un jour Elio devait se caser, c’est quelqu’un comme elle qui se rapprochait le plus de ce qui lui aurait fallu. S’installant de nouveau à côté de lui, elle répondit à sa demande et raconta ses malheurs, aussi fugaces qu’importants.

- Tu vois la journée pourrie de base ? Ben c’est ce qui m’est arrivé. Je l’ai revu en soirée, je suis tombée en roller, mon jean est déchiré, j’ai l’impression d’avoir fait n’importe quoi et surtout, j’avais besoin de voir quelqu’un. Heureusement que tu étais là. Et puis je suis en retard sur mon mémoire, et Silvia ne répond plus à mes appels. Il y a vraiment des jours comme ça où on aurait mieux fait de rester sous la couette.

- Si t’étais restée couchée tu aurais encore plus de retard sur ton boulot. Et puis tu sais que j’ai pas le choix de toute façon, je suis toujours là pour toi.

Il la regarda un instant, se servant de la main qu’elle avait abandonné pour lui ébouriffer sa longue chevelure avec un sourire bienveillant. Puis il ajouta, laissant son bras retomber contre le sien, situé bien plus bas.

- Et puis le jean déchiré, il parait que c’est tendance.

Oui, il avait l’air d’un vieux crétin. Mais s’il n’y avait que ça pour la faire sourire, ça en valait largement la peine. Et finalement, Alexis revenait en arrière, technique complexe dont il avait l’habitude et qui consistait à perdre son interlocuteur dans toutes ses idées, et éventuellement de passer outre une révélation dont elle ne voudrait plus parler. Elio se laissait porter, toujours, convaincue qu’elle reviendrait dessus dès qu’elle en aurait envie ou besoin. Que ne ferait-il pas pour accéder au désir de sa petite princesse blonde ...

- Il s’appelle comment ?

- Andrea. Mais on s’en fout je t’ai dit, il est rien pour moi de toute façon.
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Alexis Lorenzo [Hily]

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MessageSujet: Re: Et si tout n'était que poussière ? [PV Elio]   Ven 12 Aoû - 20:35

Don't speak
I know just what you're saying
So please stop explaining
Don't tell me 'cause it hurts
Don't speak

C’était assez dur pour Alex d’être sérieuse, ce n’était pas vraiment dans son caractère. Elle prenait les choses la plupart du temps à la légère et ne s’énervait pas réellement. Mais c’était également le cas quand les choses tournaient mal pour elle. Alors pour le peu de personne à qui elle allait en parler, elle allait faire exactement comme elle était en train de faire avec Elio. Elle parlait, de choses et d’autres, comme elle le faisait si souvent. Des trucs qui sortaient de sa bouche sans qu’elle les réfléchisse plus que ça, c’était comme d’hab. Elle racontait des trucs qu’elle pensait, qu’elle avait vu, elle rebondissait sur les dires des autres. C’était rare quand elle tombait à court de sujet. Trop rare pour certaines personnes qui parfois n’en pouvaient plus de l’entendre à longueur de journée. Par exemple ses profs, mais c’était une autre histoire car elle était quand même une bonne élève. Tout ça pour dire que parler de trucs sérieux n’était pas la tasse de thé de la jolie blonde. Elle n’arrivait plus à trouver ses mots, alors pour ne pas bafouiller passait à autre chose, reléguait ce qui était vraiment important dans un fond de tiroir, le plaçant au milieu d’une conversation pour que ça passe mieux. Ce n’était pas de la gêne de parler, mais ce qu’elle savait important pour elle ne l’était pas pour tout le monde et elle préférait embêter le monde avec des choses futiles qu’avec des choses qui lui tenaient vraiment à cœur. Elle savait, voulait se dire qu’Elio les écouterait à leur juste valeur, mais sa manie était bien ancrée et elle préférait jongler entre ses différents sujets de conversation plutôt que d’annoncer de but en blanc ce qu’elle voulait vraiment dire.

Surtout qu’Elio suivait, et il était bien un des rares à y arriver. Il la suivait dès qu’elle passait du coq à l’âne, revenait sans problème sur des sujets qu’on pouvait croire clôt depuis quinze minutes. Même elle ne savait pas comment lui et Leo y arrivaient. Elle était sûre que si quelqu’un lui avait fait ça, elle n’aurait pas suivi. Parfois même elle se perdait dans le flot d’idée qui lui passait dans la tête à la vitesse de l’éclair. Mais au final, dans ces situations, elle ne perdait jamais de vue l’essentiel qu’elle essayait de noyer sous d’autres choses. Elle savait très bien de quoi elle voulait parler en venant ici. Mais ce n’était pas facile de parler, de dire les choses vraiment. Ce qui pouvait paraitre risible en ce qui concernait Alexis. Mais c’était pourtant le cas. Les choses qui comptent ne sont jamais simples à expliquer. Même quand on était aussi extravertie et bavarde qu’elle. Mais elle trouverait les mots. Alexis était peut être un peu lâche, mais elle finissait toujours par dire ou faire ce qu’il fallait, ce qu’elle voulait. Et même si le cheminement était long, elle finirait par dire à Elio la vérité. Elle regrettait son second verre de vodka. C’était bien connu que l’alcool permettait d’être plus libérée, mais parfois, ce n’était pas forcément dans le bon sens du terme. Alexis et Elio en savaient tout deux quelque chose.

Alexis aimait les compliments de son ami. Qu’il glissait toujours subrepticement dès qu’il le pouvait. Ca lui faisait grandement chaud au cœur, surtout quand elle se rendait compte qu’il était un des seuls à agir comme ça avec la plus grande sincérité. Il aimait quand il répondait à ses phrases de façon aussi décalée qu’elle. Et elle aimait le voir se dérider un peu en sa compagnie, laisser tomber le masque de l’inaccessible barman. Et s’il faisait tant d’effort, c’était que quelque part, ça devait être réciproque. Et ça aussi, ça lui ajoutait une grosse chaleur à la poitrine. Ils se complétaient bien finalement. Elle savait que ce n’était pas son Elio, comme ce n’était pas son Leo. Mais elle pouvait sûrement se targuer d’être réellement importante à leurs yeux. Et ça lui plaisait, et elle leur rendait au centuple. Elle rie de plus belle à la réponse du brun. C’était si futile, si agréable. Eux qui passaient leur temps à se dénigrer tandis que l’autre remontait la barre.

- Non t’as raison, vert c’est pas ton genre. Mais je suis sûre que tu rayonnerais en blanc ! De toute façon ne me dis pas que tu ne sais pas sourire. Et mêmes si les vrais se font rares, ils existent bels et biens. Grand sourire. Mais merci ! Tu sais que j’aime les couleurs. Même si aujourd’hui je brille par leurs absences. La prochaine fois je ferais mieux !

- Je lui enverrai tes salutations par la même occasion. Mais j’espère qu’il la mérité, Alexis.

Alexis hésita un instant et réfléchi. Après tout dans l’absolu, Divo n’avait rien fait. Il n’était qu’un abruti. Et Alex avait l’habitude de sortir avec des abrutis. C’était uniquement elle qui s’était voilé la face sur ce qu’elle attendait. Elle savait ce que lui voulait et avait volontairement modifié la donne pour eux deux. Ce qui n’avait pas plu à quelqu’un qui ne cherchait pas une relation stable. Elle était en tord, mais il n’avait pas été des plus délicats non plus. Il se fichait bien de ce qu’elle souhaitait vraiment, mais ça, elle aurait dû le savoir. Mais il ne l’avait pas quitté trop méchamment. Et puis, elle ne voulait pas toujours se reposer sur Elio, ce n’était pas très correct de sa part. Et puis elle préférait ne pas trop l’entrainer dans ses embrouilles sentimentales. Et encore moins qu’il soit blessée à cause d’elle, ça elle se le pardonnerait difficilement.

- Tu sais quoi laisse tomber, il ne mérite pas que tu te déplaces pour lui. C'était juste un malentendu, une erreur sur la nature de la relation. J'en ai trop demandé.

Te bile pas, j’ai pas besoin de lui pour être heureuse. Les coups de blues, ça passe tout le temps, c’était bien connu. Oui c’était connu. Et puis les coups de blues, c’était l’antithèse d’Alexis la colorée. Elle aimait se le dire, se le prouver, même si ces derniers temps, elle sentait irrémédiablement cette couleur bleue l’envahir malgré les multiples efforts pour être comme d’habitude. Mais elle espérait que cette soirée lui rendrait le sourire. Un joli sourire comme d’habitude. Eclatant de joie et de folie. Oh oui elle savait qu’elle avait trop de chance de pouvoir profiter de lui dans un terme que les autres clients ne pouvaient pas trop comprendre. Car ce n’était pas son lit qui l’intéressait. Hormis peut être pour y dormir si elle avait trop bu, ce qui était déjà arrivé, mais il ne s’était plus rien passé depuis le premier soir. Elle n’était pas unique, mais elle savait qu’Elio ne montrait pas ce visage à n’importe qui. Elle ne se sentait pas réellement privilégiée par cette proximité, car il faisait bien ce qu’il voulait. Non elle était juste heureuse que leur amitié soit forte et réciproque. Il pouvait bien accorder son amitié à d’autres tant que ça ne changeait pas la leur. Elle se pencha vers lui pour lui chuchoter qu’elle en profitait à chaque fois, qu’il n’y avait aucun problème pour ça. Avant de lui préciser qu’il devrait faire attention à ses chevilles à se croire aussi parfait. Le tout avec un rire contenu dans la voix.

- Et puis tu es plus jeune que moi je te rappelle !

Mais entre eux, l’âge n’avait pas d’importance. L’âge ce n’était que des jours mis bout à bout et ça ne modifiait en rien leur attachement. L’âge, c’était bien la chose qu’Alexis découvrait en dernier sur la personne qu’elle fréquentait. Aucun intérêt, on ne jouait pas sur le temps qui passait avant la rencontre mais pendant une relation, quelle qu’elle soit.

- Ouais, comme tous les autres. Ils ont tous une bonne raison, mais au final on est qu’une parenthèse les uns pour les autres et c’est mieux comme ça. Il profite de moi aussi, de toute façon. Et puis c’est pas mon mec, hein. Juste un client.

Oui on n’était tous la parenthèse de quelqu’un. Comme elle avait pu l’être avec Divo. Ce n’était pas dans les habitudes d’Elio de se justifier de la sorte. Même si elle avait que c’était pour répondre à ses questions, pour continuer la discussion qu’elle avait engagé, que c’était pour lui donner du temps, il en faisait limite trop. Et elle se retint de faire un sourire en coin. C’était sûrement juste un client. De mémoire d’Alexis, Elio n’avait jamais été officiellement avec qui que ce soit, au moins depuis qu’il bossait ici. Alors elle se doutait bien que ce n’était pas son mec. Mais ça se voyait au milieu de la figure que le simple client prenait des allures d’habitué pour Elio. Il ne parlait pas de ses coups d’un soir en ces termes. Il ne disait jamais non plus qu’ils se revoyaient plus que ça. Il devait être spécial à sa manière. Il n’y avait plus qu’à attendre qu’Elio s’en rende compte. Mais ça avait l’air bien parti.

- Je sais bien, ça ne te ressemble juste pas de te justifier. C’est mignon !

Elle le taquinait, mais n’en pensait pas moins. Une autre raison d’oublier ses propres problèmes. Il suffisait de rebondir sur les phrases des autres. Mais elle savait qu’Elio l’attendait au tournant. Et que si elle ne se décidait pas avant la fin, il lui reposerait des questions pour l’amener à parler, comme il savait si bien le faire.

- Pourtant, moi je te rendrais pas malheureuse. Je te connais mieux qu’eux. Et puis, je suis plutôt un bon coup.

Elle rie de nouveau de bon cœur. Il ne lui en fallait beaucoup pour lui tirer un éclat de rire, son rire, c’était aussi sa marque de fabrique. Elle préférait toujours rire que pleurer. Rire c’était le principal. Rire c’était son habitude. Elle préférait voir le verre à moitié plein qu’à moitié vide.

- Un bon coup ? Excuse moi je ne me rappelle pas. Ca date, et il y avait un peu trop d’éthanol. Mais je te rassure, j’ai pas pourri ta réputation.

Elle cacha sa gêne sous une remarque avant de continuer ses cents pas devant lui. Il était sûr qu’Elio la connaissait mieux que la plupart de ses ex, même de ses ex réunis. C’était assez dérangeant de s’en rendre compte. Et il était vrai qu’elle doutait qu’Elio soit méchant, soit insensible. Oui ils seraient sûrement bien ensemble. Et pourtant elle ne pouvait passer ce cap. Parce qu’Elio était un ami qui lui était cher. Elle ne voulait pas le perdre. Et quand elle se séparait de quelqu’un, ça finissait presque toujours mal. Presque. Et puis elle n’arrivait pas à se voir sortir avec lui. Comme si ça allait briser tout ce qu’ils avaient construit ensemble. Et ça, ça lui faisait peur. Perdre Elio lui aurait fait largement plus de mal que de perdre Divo ou l’un des autres. Ca faisait déjà bien des sujets qu’elle éludait. Et elle se sentait de plus en plus acculée. Car elle savait qu’il lui faudrait revenir bientôt sur ce qu’elle avait laissé de côté.

- Si t’étais restée couchée tu aurais encore plus de retard sur ton boulot. Et puis tu sais que j’ai pas le choix de toute façon, je suis toujours là pour toi. Et puis le jean déchiré, il parait que c’est tendance.

Mais comment faisait-il ? Pour en quelque mot, arriver à dédramatiser toutes les situations ? Il arrivait à la rendre plus calme et à relativiser ce qui lui était arrivé. En deux phrases. Il avait ce don pour apaiser sa colère, ses peurs, ses angoisses, pour leur faire perdre cette dimension dramatique qu'elle leur accordait. Elle se sentit sereine alors qu’il lui ébouriffait gentiment les cheveux. Vu leur tronche de ce soir, ça n’allait pas leur faire beaucoup de tord. Il comprenait. Oui il ne comprenait que trop bien toutes ses réactions. C’était presque flippant. Mais c’était réconfortant aussi. Elio, ce n’était juste pas n’importe qui. Elle ne réagit pas vraiment au nom d’Andrea. Elle ne savait plus si cette réponse l’intéressait vraiment ou si c’était juste pour en reparler. Un peu des deux sûrement. Mais s’il répondait, et réinsistait sur le fait qu’il n’était pas important, il se trahissait lui-même en admettant le contraire. C’était mignon. Le fameux Andrea devait forcément avoir quelque chose pour lui pour troubler ainsi son barman préféré. Mais elle il n’était plus question de continuer à se voiler la face. Elle passa ainsi outre Andrea et lui posa une autre question, un peu plus marrante.

- Tu as raison. Il faut positiver n’est-ce pas ? … Tu me fais un bisou qui guérit ?

Qui guérit de tous les maux, physique comme mentaux. Elle se leva de nouveau pour s’approcher de lui, posa ses mains sur ses jambes et approcha son visage du sien. Ou alors c’était elle qui allait lui faire un bisou pour se guérir.

- Oui tu es toujours là.

Elle l’embrassa sur les lèvres très doucement, comme pour essayer de se rappeler ce que ça faisait, pour voir si c’était possible. Elle arrêta et l’embrassa de nouveau sur la joue.

- Tu as envie de moi ?

Question à laquelle elle n’aurait elle-même pas pu répondre si il lui avait posé. Ce baiser n’était rien. En avait-elle vraiment envie ? De l’embrasser oui, mais de recommencer, elle ne savait pas, elle n’en était pas sûre. Parce qu’il n’était pas que ça. Et que ce n’était pas pour rien qu’elle avait refusé tant de fois de recommencer une nouvelle fois de partager son lit autrement que de façon chaste. Et puis ayant conscience de l’étrangeté de sa requête elle tempéra.

-Sinon tu peux aussi oublier ça et me dire si Delia va bien.

Plus ça allait, plus Alexis sentait qu’elle mélangeait ce qu’elle voulait lui dire, ce qu’elle voulait faire et ce à quoi elle pensait. Mais elle avait confiance en lui. Il saurait lire entre les lignes. Elle l’espérait de tout son être.
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Aurelio Pastore

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MessageSujet: Re: Et si tout n'était que poussière ? [PV Elio]   Jeu 18 Aoû - 11:11

Il était parfois étrange de voir à quel point les deux jeunes gens se ressemblaient. Si, physiquement, tout les séparaient, ils pensaient souvent de la même manière. Tous deux fuyaient une part de réalité quand celle-ci devenait trop lourde à gérer, tous deux fuyaient dans les bras de personnes qu’ils n’aimaient pas vraiment même si pour Alexis il y avait un peu plus de sincérité que pour sa part. Tous deux n’aimaient pas spécialement se livrer de but en blanc ou parler de choses réellement importantes. Elio s’en tirait souvent par la séduction, Alexis par l’humour ou sa capacité à parler à longueur de temps. Car oui, le jeune homme non plus n’appréciait pas vraiment les sujets véritablement sérieux, quand ils le concernaient du moins. Et souvent, quand il les écoutait aussi. Avec elle toutefois, c’était différent. Elle pouvait lui parler pendant des heures de ses problèmes sentimentaux qu’il ne s’en lassait pas, écoutant avec plaisir son timbre de voix dans lequel passait tant de chose. La laisser partir dans son histoire, n’en retenir que le primordial et de temps en temps, poser une question. Ciblée, souvent déstabilisante pour son amie, mais toujours importante à ses yeux. C’était la seule preuve de son attention, le seul aspect qui prouvait qu’il était absolument à l’écoute de son interlocutrice qui, pour un œil extérieur, aurait eu l’air de parler à un mur ou quelqu’un s’en approchant dans l’indifférence qu’on pouvait lui prêter. Il s’étonnait lui-même parfois, de réellement vouloir savoir ce qu’il en était de sa vie, de son quotidien futile qui ressemblait tant au sien par le ton monocorde qu’elle employait pour lui en parler. Et pourtant, le vivre était grisant, était souvent rempli de surprises et de plaisir. Comme le sien. Mais en prenant du recul, que restait-il de ces journées sans heurts et répétitives ?

En y repensant toutefois, Elio ne se souvenait pas lui avoir parlé de lui bien sérieusement depuis leur rencontre. Ce qui ne l’empêchait absolument pas de se sentir complice et en bonne compagnie avec elle, mais ... Ce n’était pas encore tout à fait ça qui réussirait à le pousser aux confidences. Comment aurait-il pu lui confier comme ça, de but en blanc, la période qu’il voulait oublier ? Ou bien les inquiétudes que lui causaient sa cousine, ou encore le souci qu’il se faisait parfois pour Delia ? Elle ne posait pas de questions, il ne faisait pas le premier pas alors que dans l’autre sens, la jeune fille n’avait pas besoin d’invitation pour se confier. C’est ainsi que tout fonctionnait depuis le début et Elio appréciait Alexis pour cela. Elle ne chercherait pas à savoir s’il n’avait pas besoin de le dire, elle aurait sans doute aimé tout découvrir mais respectait tout de même son silence. En lui disant le minimum sur sa condition de serveur au Love’s out, le peu qui était marquant au point qu’il s’en souvienne en tout cas, Elio assurait à la jeune femme la certitude qu’il n’était pas qu’un déversoir et que la conversation se faisait à eux. Toutefois, le barman ne se sentait pas vraiment capable d’aligner des mots dénués de sens devant sa bouille attentive, qu’il savait déjà dénuée du moindre jugement, au risque de se perdre en chemin et de ne plus savoir quoi lui exprimer. C’était mieux ainsi, alors qu’il apaisait les quelques inquiétudes de son cœur simplement en la regardant, feu follet insatiable lui tournant autour. C’était son rayon de soleil personnel, qui lui mettait toujours un peu de sourire dans la vie malgré son air blasé artistiquement travaillé. Ou plutôt, l’étoile filante de ses soirées trop sombres. Toujours éphémère, toujours rayonnante même quand elle était triste, toujours insaisissable.

Car oui, elle l’était, insaisissable. Ou pas faite pour lui, au choix. Bien qu’il pense le contraire, Elio devait se faire une raison. Alexis n’était pas de celles qu’on enferme dans un bar, pas de celles que l’on laisse dépérir par peur d’affronter le monde extérieur. Elle était aussi trop fragile pour lui, pour sa brutalité et son manque de courage à dire les choses, sa maladresse quand il choisissait parfois mal ses mots. Eux deux, c’était à la fois parfaitement logique et totalement irréalisable. Un tableau idéal et une chimère irréelle. A cause de leurs ressemblances, à cause de cette chose qu’Elio n’avait pas, ne pouvait lui apporter. Le bonheur. Il la rendrait heureuse un temps puis elle verrait à quel point il lui manquait de cette chose qu’il ne connaissait plus. Et le quitterait pour aller chercher plus de simplicité, plus de joie de vivre ailleurs. Ce dont elle avait tant besoin.

- Non t’as raison, vert c’est pas ton genre. Mais je suis sûre que tu rayonnerais en blanc ! De toute façon ne me dis pas que tu ne sais pas sourire. Et mêmes si les vrais se font rares, ils existent bels et biens. Mais merci ! Tu sais que j’aime les couleurs. Même si aujourd’hui je brille par leurs absences. La prochaine fois je ferais mieux !

- J’en mets, parfois, quand Delia trouve ça drôle de me faire ressembler à un vrai barman. Tu dois pas tomber les bons jours. Ceci dit, ça fait un peu plouc quand même. Mais chacun son tour, hein ? La prochaine fois, tu me viens en orange et vert ? Histoire de mettre un peu de peps dans la salle.

C’était simplement de petites remarques, de petites phrases qui ne voulaient en soi rien dire. Ce n’était que pour la faire sourire encore et encore. Histoire de la fatiguer et de laisser échapper un ou deux trucs d’un ton plus sérieux avant de repartir dans ses incessantes et pas toujours convaincantes preuves d’une bonne humeur qui, parfois, se faisait rare. Ce n’était pas grave. Ils avaient tant de temps devant eux. Pas forcément ce soir, sauf si elle restait après son service pour continuer leur discussion étant donné que sa pause n’était pas non plus éternelle. Mais un autre soir, un autre moment. Ce n’était pas un problème pour eux de revenir sur quelque chose qui s’était déjà dit, de se répondre avec du retard, ou bien de la réflexion que nécessitait parfois certaines interrogations ou remarques.

- Tu sais quoi laisse tomber, il ne mérite pas que tu te déplaces pour lui. C'était juste un malentendu, une erreur sur la nature de la relation. J'en ai trop demandé.

A vrai dire, il le savait bien. Alexis était simplement déçue, déçue de voir un échec de plus s’ajouter à sa longue liste d’expérience. Elle espérait toujours que ce soit quelque chose qui marche, bien qu’elle ne le souhaite pas forcément. Pour se prouver certaines choses, pour paraitre normale, pour se fondre dans l’habituel. Quitte à se tromper, quitte à croire que les autres ne comprenaient pas, ne lui convenaient pas. C’était vrai, parfois. Et parfois pas, quand elle découvrait que tout cela lui était finalement presque égal et qu’elle n’en avait pas envie autant qu’elle le croyait. Elio se leva un instant pour délasser ses jambes et se rassit, cette fois-ci le dos au bon endroit et les pieds par terre. A sa hauteur, pour lui confier d’un air un peu exagéré pour ne pas la laisser prendre trop au sérieux ce qui pourtant était rempli d’une promesse indéfectible.

- D’accord, je taperai pas trop fort, alors. Juste un peu pour l’honneur, et puis pour mon plaisir aussi. T’en as peut-être trop demandé, mais si lui n’en avait pas donné assez ? Tu le méritais pas, lui il mérite une petite explication.

C’était chose dite, et presque chose faite. Ce n’était pas vraiment une question de faute, ça il voulait simplement qu’elle le dise à haute voix. Son intention n’avait pas changée et il se promit simplement d’être un peu moins violent que prévu, si ce n’était pas entièrement sa faute à lui. Puis, d’un geste de la main comme pour lui signifier que c’était déjà oublié et que de toute façon il ne reviendrait pas sur sa décision, il l’entendit, comme une confession, lui conseiller de ne pas trop se jeter des fleurs avant de lui rappeler qu’il n’était qu’un gamin, en termes d’âge.

- Enfin, de nous deux tu restes la gamine, fillette. C’est pas un pauvre chiffre qui me fera dire le contraire. Et puis faire le petit frère, très peu pour moi. C’est minable comme position. Ego masculin, tu peux pas comprendre.

Là encore sa voix était chargée d’amusement et d’ironie, comme bien souvent lors de leurs petits différents, la plupart du temps aussi ridicules que celui là ne l’était. Un petit frère, ça sonnait comme quelqu’un qui avait besoin de protection. Or il ne demandait à Alexis que sa présence et la clarté de son rire, rien de plus. Et jamais il ne comptait lui en demander plus. Ignorant sa réponse quant à ses justifications qu’il ne considérait pas comme tel mais qu’il préférait du coup passer sous silence, Elio prit un air faussement vexé quand elle lui rétorqua en riant :

- Un bon coup ? Excuse moi je ne me rappelle pas. Ca date, et il y avait un peu trop d’éthanol. Mais je te rassure, j’ai pas pourri ta réputation.

- Tant qu’il n’y a pas preuve du contraire, je reste une référence dans le genre. Même bourrée tu aurais pu t’en apercevoir, Alex !

Le ton était plus léger qu’à l’ordinaire, pour tenter de ne pas la rendre trop incertaine ou de la mettre mal à l’aise. Toutefois, il ne pouvait faire semblant de ne rien avoir entendu et ne pas lui répondre. Car cela signifiait que lui, n’avait pas oublié. Malgré le temps et l’alcool. Bien que sur le coup cela n’ait rien signifié de particulier, il s’en était souvenu et gardait cette nuit dans son esprit comme celle qui avait scellé leur amitié, par l’absence de répétition de la chose. Pourtant, de temps en temps, il ne pouvait nier que ... Les mouvements de jambes incessants de son amie le tirèrent de ses réflexions, ainsi que ce qui suivit.

- Tu as raison. Il faut positiver n’est-ce pas ? … Tu me fais un bisou qui guérit ? Oui tu es toujours là.

Elle avait dit cela en se rapprochant, obligée de se baisser un peu alors qu’il était installé plus bas qu’auparavant. Elio l’avait laissé venir, sans tenter de fuir malgré qu’il pressente qu’elle faisait ce qui, pour elle, était sans doute une bêtise. Envie de voir s’il pouvait profiter de cet instant pour lui faire comprendre certaines choses ? Ou bien désir de la laisser trouver la réponse par elle-même ? Elio ne savait pas si c’était de la pédagogie ou de l’égoïsme, mais il laissa faire Alexis qui posait ses mains sur lui avant de faire de même avec sa bouche, comme une douce caresse très éphémère qui d’ailleurs ne tint pas longtemps avant qu’elle ne cesse ce chaste baiser vide de toute essence et ne reprenne son geste, plus loin, en territoire ami. Le jeune homme s’en contenta sans bouger, alors qu’il aurait pu reprendre ses lèvres, alors qu’il aurait pu la prendre dans les bras. Il se contenta de lui saisir la main et de l’attirer à lui alors qu’il remontait d’un niveau. Si bien qu’elle se retrouvait assise entre ses jambes qui formaient un cocon qu’il espérait rassurant autour d’elle. Il pouvait ainsi caresser lentement ses cheveux, d’un geste que le jeune homme imaginait fraternel.

- Tu as envie de moi ? Sinon tu peux aussi oublier ça et me dire si Delia va bien.

Comme il ne lui répondit pas tout de suite, Alexis eut l’occasion de trouver très facilement la porte de sortie qu’elle aimait tant avoir sous la main. Mais il était hors de question qu’Elio ne lui laisse la prendre aussi impudemment, sans assumer la question qui avait sans doute dépassé sa pensée. Elle assumerait ce qu’elle disait, avec lui cela fonctionnait toujours ainsi. Alors il resta muet un instant, continuant son manège sur les mèches blondes de son amie, réfléchissant à ce que cette question réveillait véritablement en lui. Est-ce qu’il avait envie d’elle ? Il était en réalité difficile d’y répondre. Plus d’une fois il avait pensé recommencer ce qui les avait fait se rencontrer, mais toujours il s’était heurté à un refus de sa part. Mais ses propositions n’étaient jamais totalement sincères, à vrai dire. Car jamais il ne le lui proposerait véritablement sérieusement si elle ne faisait pas le premier pas. Oui, c’était bien plus elle que lui qui décidait de comment, de quand, de si et de pourquoi. Lui ne rêvait à son corps que s’il pouvait lire dans ses yeux qu’il en avait le droit. Pour ne pas la souiller, pour ne pas pervertir le regard qu’il posait tendrement sur elle. Pour ne pas la faire fuir ou lui faire croire que leur amitié n’était qu’un moyen détourné pour s’emparer d’elle. Et sa réponse se trouvait là, tout simplement. Dans ce qu’il savait d’elle, de lui, d’eux. Dans le respect immuable qu’il lui dévouait.

- J’aurai envie de toi le jour où tu le voudras. Car avec toi ce n’est pas qu’une question d’envie, c’est avant tout quelque chose qui va dans les deux sens. Je ne me permets pas d’y penser si toi tu ne le désires pas. C’est comme ça, Alex, bien plus compliqué qu’avec tous les autres.

Il la laissa réfléchir un instant à cette réponse, la plus sérieuse de toute, mais pour lui permettre de ne pas s’y attarder et s’y accrocher maladroitement, Elio enchaina tout naturellement, comme elle le faisait, comme si ses mots n’avaient eu d’importance qu’au moment exact où il les avait prononcés.

- Delia semble aller bien, ceci-dit. Je n’en sais pas trop, en ce moment elle sort souvent et rentre peu. Mais bon, c’est elle qui a créé ce bar alors ça parait logique qu’elle en suive l’idée.

Fuiras-tu, Alexis ? Ne fuiras-tu pas ?
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Alexis Lorenzo [Hily]

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MessageSujet: Re: Et si tout n'était que poussière ? [PV Elio]   Mar 9 Avr - 21:46

Rule number two, just don't get attached to
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- Orange vert et blond ? Mais je vais ressembler à une carotte ! Enfin… Ok. Ca me va, je dois avoir une jupe orange quelque part si je fouille bien. Je pourrais servir des cocktails multicolores ! Elle lui frappa l’épaule, mais pas très fort. Pas besoin d’une chemise pour que tu ressemble à un plouc je te rassure. La blanche te met mieux en valeur. Même si j’ai quand même une préférence pour la rose.

De toute façon, peu importait la façon dont il était habillé, Elio était parfait. Mais c’était son boulot aussi. De vendre du rêve, de vendre de l’alcool. Mais il ne se vendait pas, il ne faisait que profiter, Elio n’avait pas besoin d’argent, n’en souhaitait pas plus que pour ses cigarettes et ses petits risottos. Alexis le savait et c’était aussi pour ça que les cadeaux qu’elle lui faisait de temps à autre n’avaient aucune valeur. Des lucioles, une bague en plastique, une écharpe faite de ses doigts, mais absolument immonde. Ce genre de choses qui ne peut se vendre, mais qui a bien plus d’importance.

- D’accord, je taperai pas trop fort, alors. Juste un peu pour l’honneur, et puis pour mon plaisir aussi. T’en as peut-être trop demandé, mais si lui n’en avait pas donné assez ? Tu le méritais pas, lui il mérite une petite explication.

Elle balaya l’argument de la main.

-Je t’assure. Ca ne vaut pas la peine. Je ne veux pas qu’il te touche. Comme la tournure était bizarre elle reprit. Enfin, qu’il te frappe quoi. Il se souviendra même pas de moi maintenant il doit avoir une nouvelle copine, ça sert à rien de remuer ça.

A en croire Elio, personne ne la méritait. Elle ne savait pas si c’était triste ou pas. Enfin, personne dans ceux avec qui elle sortait. Mais elle savait qu’elle ne choisissait jamais les bons. C’était un peu sa malédiction. Même s’il plaisantait, ce n’était pas la première fois qu’Elio disait qu’elle serait mieux avec lui. Et à chaque fois elle se demandait. Si c’était vrai. Si elle pouvait lui donner ça. Elle pouvait, mais la perte que cela pouvait entrainer pourrait lui être fatale. Elle ne voulait pas perdre Elio à cause de sa stupidité. Mais le problème, c’était qu’elle était vraiment vraiment stupide. Et que parfois, même en sachant cela, elle ne pouvait s’empêcher de faire toutes ces choses qu’elle regretterait après. Mais ces choses étaient guidées par quelque chose de plus profond. Comme un inconscient qui avait besoin de lui prouver ce qui était essentiel, mais si cela signifiait le perdre ensuite.

La jeune femme sourit à sa remarque sur leurs âges. Elle se fichait de son âge. Et le pire c’est qu’elle comprenait, quel homme appréciait d’être le petit frère d’une fille ? Et fort heureusement, elle ne le considérait pas comme ça. Elio était plus qu’un ami. Elio avait un statut unique. Malheureusement elle était bien en peine de mettre un mot dessus.

- Bien sur que si je peux comprendre ! Tu me prends pour qui ? En tout cas c’est clair que je ne te prends pas pour mon petit frère voyons…

- Tant qu’il n’y a pas preuve du contraire, je reste une référence dans le genre. Même bourrée tu aurais pu t’en apercevoir, Alex !

Alexis ne se rappelait que vaguement sa seule et unique fois avec Elio. Elle était venu plusieurs fois ici, l’avait trouvé absolument très mignon et une fois ou elle avait bien bu, il avait répondu à ses avances. Et le lendemain matin, même si elle savait ce qui c’était passé, elle ne se rappelait pas vraiment comment ils l’avaient fait, combien de fois, si c’était bien, ce qu’elle avait gémit. Et au final peu importe, car ils ne l’avaient pas refait, mais elle avait gagné une amitié pour laquelle elle ferait tout. Cette amitié comptait plus que tous ces hommes, que toutes ces désillusions, que toutes ces possessions. Est-ce que cette amitié comptait plus que Leo ? Elle ne savait pas. Parce qu’à ce stade de la soirée, Alexis se mettait à confondre ses notions d’amour et d’amitié. Elle avait aimé Leo, elle en était sûre. Elle aurait tout fait pour lui. Mais il n’était pas fait pour elle malgré tout ce qu’il avait fait, il lui avait donné de l’amour, mais ce n’était pas celui qu’elle attendait. Même sa meilleure relation avait finit par la trahir à son tour. Pourtant elle se prenait à espérer que quelque part, elle avait vraiment compté à un moment pour lui, et que même maintenant elle comptait toujours, quelque part dans ses souvenirs. Et que si maintenant elle l’appelait, il viendrait. Mais elle ne voulait pas le faire. Pas par orgueil, mais par peur qu’il ne vienne pas.

Avec Elio c’était encore différent et même si elle tendait à le comparer avec Leo, ils n’avaient rien en commun. Elle ne saurait dire lequel était mieux que l’autre car rien n’était pareil, de leurs caractères à la relation et les sentiments qu’elle avait pour eux. Vraiment ? Ressentait-elle encore de l’amour pour Leo ? Ressentait-elle plus que de l’amitié pour Elio ? Il n’était pas là que quand elle était mal, mais aussi quand elle était bien, elle ne faisait pas que se reposer sur lui. Elle l’espérait de toutes ces forces. Et elle espérait qu’il pense ça aussi. Elle aimait juste passer du temps avec lui, quand ça allait, quand ça n’allait pas, car sa présence était un peu… Son pilier dans cette existence un peu perdue qu’elle menait. Et que ferait-elle quand il partira ? Que ferait-elle quand il se trouvera quelqu’un ? Que ferait-elle quand il comprendra qu’elle ne pourra pas changer, qu’elle restera la même malgré tout ses efforts. Refaisant encore et toujours les mêmes erreurs, ou finissant par oublier son angle mort en moto. Elle aurait donné sa vie pour Leo. Elle le ferait toujours. Mais actuellement, si le choix horrible devait se poser. Si elle devait choisir entre Leo et Elio. Elle choisirait…

- Je m’en suis sûrement aperçu ne te méprends pas. Mais c’est l’alcool qui a décidé de me faire oublier. Toi tu as bien du constater si j’avais aimé ou pas. Tu pourrais me rafraîchir la mémoire.

Ils plongeaient de plus en plus dans des sous entendus un peu douteux. Qui pouvaient être tout à fait anodins et amicaux, ou avec une toute autre connotation. Et une fois de plus Alexis était celle qui en premier lieu les enclenchait. Et c’était mal. Car l’amitié d’Elio ce à quoi elle tenait le plus au monde et pourtant elle cherchait à la détruire, et les détruire, comme si c’était tout ce qu’elle savait faire. Elle venait le voir alors qu’elle était mal, car il était le seul à la redresser ainsi. A lui redonner confiance, la rassurer, la réchauffer, la cajoler. Mais est-ce qu’elle voulait plus, moins, autre chose… Elle ne savait pas. Et c’était car elle était perdue, fragilisé malgré ses éclats de rire et les phrases gentilles d’Elio. C’était pour ça qu’elle n’avait pu retenir ce baiser. Ni cette phrase. Et le pire de tout, c’était qu’elle voulait une réponse, même en s’esquivant de la sorte. Elle voulait une réponse. Elle voulait aller plus loin, elle voulait voir si Elio pouvait lui donner ce que personne ne voulait. Ce n’était même pas l’alcool, car deux verres n’étaient pas suffisants pour la faire faire n’importe quoi de la sorte. C’était bien plus profond, c’était une décision irréfléchiement réfléchie. Ca partait en live dans son esprit mais en tout cas il n’y avait plus rien qui comptait à part lui. Il pouvait la repousser, lui dire non, la rassurer sur son statut d’amie, lui dire que ce n’était pas le moment, lui dire qu’il l’aimait… Et elle se prenait à espérer qu’il lui dise, sans aucun signe qui aurait pu lui indiquer qu’il pensait vraiment ça. D’ailleurs il l’avait déjà un peu repoussé, la faisant s’asseoir, la protégeant entre ses jambes et elle ferma les yeux en sentant ses mains glisser dans ses cheveux. Ca l’apaisait. Ses grandes mains chaudes. Elle gardait les yeux fermés pour éviter les larmes de s’en échapper.

- J’aurai envie de toi le jour où tu le voudras. Car avec toi ce n’est pas qu’une question d’envie, c’est avant tout quelque chose qui va dans les deux sens. Je ne me permets pas d’y penser si toi tu ne le désires pas. C’est comme ça, Alex, bien plus compliqué qu’avec tous les autres.

Ses mots firent malgré tout couler quelques larmes qu’elle retenait. Il était trop gentil. Elle voulait qu’il continue à être aussi gentil. Mais en même temps, elle voulait qu’il soit méchant, qu’il lui fasse mal, qu’il la brutalise. C’était absolument horrible de souhaiter ça. Comme si c’était le seul genre de relation qu’elle connaissait. Pourquoi est-ce que ça serait différent avec Elio ? Comment est-ce que ça pourrait être différent ? Elle lui faisait plus confiance qu’à quiconque et lui aurait confié sa vie. Pourquoi voulait-elle autant être blessée par cet homme à qui elle tenait tant ? Pourquoi disait-il ça avec tant de sincérité, de tendresse et de douceur ? Comment ? Elle enchainait les mauvaises relations et pourtant il n’y avait que lui qu’elle avait de voir à chaque heure du jour et de la nuit. Il disait que c’était compliqué. Elle savait que ça l’était. Comment rendre ça beaucoup plus simple ? Comment lui faire comprendre ce qu’il signifiait pour lui ? Serait-elle à son tour méchante et égoïste ? S’il ne le faisait pas envers elle, elle pouvait le faire envers lui. Et il ne voudrait plus la revoir. Et ça serait triste. Vraiment triste.

- Delia semble aller bien, ceci-dit. Je n’en sais pas trop, en ce moment elle sort souvent et rentre peu. Mais bon, c’est elle qui a créé ce bar alors ça parait logique qu’elle en suive l’idée.

Un petit rire triste s’échappa de sa gorge. Car même après une bombe comme celle-ci, il lui laissait quand même sa porte de sortie. Il lui laissait l’opportunité de s’en tirer encore. Il était vraiment trop gentil. Elle avait besoin qu’on soit méchant avec elle, car elle ne savait pas comment réagir quand on était gentil. Surtout Elio, qui n’était comme ça qu’avec elle… Enfin c’était ce qu’elle supposait vu que maintenant il semblait y avoir un Andrea dans sa vie…
Le silence tomba. Elle essuya ses yeux et se releva finalement, encore, pour se tourner face à lui encore. Quand un éternel recommencement. Mais elle ne souriait plus de ce sourire léger ou même mal à l’aise, de ce sourire de façade et de pirouette. Et le baiser qu’elle posa sur ses lèvres avait une toute autre teneur. Elle pressa ses lèvres contre les siennes pour y trouver de la chaleur, pour y chercher une réponse, elle chercha à lui entrouvrir la bouche pour y glisser ses lèvres et l’embrasser encore. Et encore. Sachant pertinemment que si ça allait plus loin, le lendemain risquait d’être l’un des plus durs qu’elle ait jamais eu à affronter. Mais elle ne s’arrêta pas. Ou juste pour lui murmurer.

- Alors je le veux. Je te veux Elio. Je te veux tellement.

Elle reprit ses lèvres en caressant son torse, glissant entre ses jambes son corps fin. La repousserait-il ? Lui dirait-il qu’elle n’était pas en état pour lui dire ça ? Elle avait l’intuition de toutes ses répliques et donc essaya de s’y préparer. Car dans tous les cas, peu importe ce qu’il dirait, ce qui se passerait. Elle savait qu’elle allait souffrir. Car c’était tout ce qu’elle savait faire.
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Aurelio Pastore

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MessageSujet: Re: Et si tout n'était que poussière ? [PV Elio]   Lun 29 Avr - 11:44

- Je trouve ça sexy, les carottes. Je suis sûre que le orange te va bien, menteuse.

Il lui sourit et haussa les épaules. De toute façon, Alex restait Alex. En orange, en gothique ou dans le plus simple appareil elle restait elle. Blonde, anarchique, feu follet et totalement désinhibée. Forte et merveilleusement caractérielle. Elle, quoi. Il n’y avait personne pour lui ressembler. Alexis était susceptible, égoïste, imposant ses idées ou faisant semblant de lui laisser le choix. Elle était parfois exécrable, souvent intransigeante et la plupart du temps insupportable quand elle se montrait telle qu’elle était. Oui, mais … Mais. Mais elle était sensible, avait besoin de protection, savait être adorable sans même s’en rendre compte. Elle était naturelle, un peu folle, pas toujours fille alors qu’elle essayait parfois, revenait toujours à ses origines. Totalement contradictoire. Avec des goûts merdiques en matière de mecs, aussi.

-Je t’assure. Ca ne vaut pas la peine. Je ne veux pas qu’il te touche. Enfin, qu’il te frappe quoi. Il se souviendra même pas de moi maintenant il doit avoir une nouvelle copine, ça sert à rien de remuer ça.

- Tu crois vraiment que je serais capable de tirer un trait sur un mec comme ça ? On verra. Si un jour j’ai mes nerfs à passer sur quelqu’un je ne réponds plus de rien.

Il était à peu près certain qu’il se déciderait à aller lui casser la gueule. Par principe. On ne touche pas à Alexis. Il avait toujours été celui qui, dans l’ombre, la surveillait, veillait sur elle. Cela faisait déjà un moment qu’il guettait les cons qui lui tournaient autour, essayant de les dissuader. Et si elle voulait quand même sortir avec eh bien, il ne pouvait que s’incliner. Platement. Mais Elio n’était jamais bien loin. Combien de fois il avait oublié toutes ses autres obligations pour accourir à sa petite voix de souris apeurée et meurtrie. Aux sanglots qu’elle retenait sans jamais montrer. A ses changements infimes dans un texto, une remarque au téléphone. Elle l’appelait tout le temps, à des heures parfois incongrues, mais détestait le déranger. Elle ne le faisait jamais vraiment. Elio était toujours impatient de lui parler, de la faire se lâcher, de savoir comment elle avançait avec les mecs qu’elle côtoyait. Il aimait savoir quand elle arrivait à sortir avec eux juste pour une soirée sans sexe, et qu’elle en était fière au plus haut point. Il aimait l’encourager à réfréner ses ardeurs, à oublier Leo, à penser à autre chose, à faire attention en moto. Il aimait lui faire des pansements quand elle arrivait les genoux écorchés et en sang comme une adolescente qu’elle était encore. Il aimait tout chez elle. Elio avait juste envie de pouvoir être là pour elle, de la couver encore un peu et de se venger de tous les « pas de chance » de sa vie.

- Je m’en suis sûrement aperçu ne te méprends pas. Mais c’est l’alcool qui a décidé de me faire oublier. Toi tu as bien du constater si j’avais aimé ou pas. Tu pourrais me rafraîchir la mémoire.

- Je pourrais oui. Ou alors je garde le mystère, je paraitrai encore meilleur.

A ce moment-là, Elio se perdit un peu, loin. Dans un autre univers. Dans un monde où Alexis et lui seraient ensemble. Ensemble dans d’autres dimensions que celle qu’ils partageaient déjà. Est-ce qu’il avait réellement envie de ça, de risquer de la perdre ? C’était à double tranchant … Mais rester dans cette situation ne paraissait plus possible. Parce que le jeune homme était vraiment tiraillé entre toutes ces solutions. La première, c’était continuer à refouler ses sentiments pour la jolie blonde. Dans les faits, rien ne changerait vraiment. Ils auraient toujours cette relation en bisbille, qui les ferait se noyer dans des sous-entendus parfois vaseux et dangereux. Ils continueraient à échanger quelques baisers naïfs et tendres quand la jeune femme serait triste d’avoir encore échoué une relation pseudo amoureuse. Ils se feraient déborder par les émotions qu’ils partageraient, comme d’habitude. Mais c’était sécurisant, c’était ce qu’ils avaient toujours connus. De l’humour, beaucoup de tendresse et une relation plutôt malsaine mais oh combien agréable. Elio en souffrirait sûrement sans jamais le montrer ni même le laisser remonter à la surface de sa conscience. Parce qu’il ne voulait pas qu’Alex s’en rende compte et s’en veuille. Parce que, au-delà de la souffrance ténue et subtile de ne pas obtenir plus, la joie était immense. La joie de partager d’aussi belles choses avec la personne qui le comprenait le mieux malgré sa complexité sous-jacente. Parce qu’il ne voulait pas lui faire croire qu’il n’était pas heureux comme ça. Il l’était, vraiment. Il aimait Alexis comme une amie, comme une sœur, comme une amante. Peu lui importait. Tout ce qui comptait était sa présence dans sa vie. Alors oui, l’amitié de la jolie blonde pouvait lui suffire.

Sauf que, dans ce cas-là, il savait qu’Alexis serait perpétuellement jalouse des gens avec qui il se lierait. Elle ne pouvait pas faire autrement, lui-même crevait de jalousie dès que le prénom « Leo » effleurait son esprit. Donc il devrait rester toute sa vie dévoué à Alexis, et la regarder sortir avec des crétins avant d’aller coller son poing dans leur face. Sans jamais évoluer. Et, si ça ne le dérangeait pas vraiment comme perspective, il était hors de question que la jeune femme s’en veuille et regrette leur relation. Elle finirait par se sentir trop coupable. Et ça, Elio ne le voulait pas. Donc, à terme, c’était très certainement un échec qui les attendait. Une lente mais sûre gangrène de leur entente si merveilleuse. Elio ne voulait pas le lui dire, de peur de la blesser, mais il ne doutait pas qu’au fur et à mesure du temps, c’est ce qu’il adviendrait d’eux. Ils s’auto-détruiraient alors qu’Elio avait envie de la garder éternellement près de lui.

Après, il y avait la pire alternative. Celle où ils se mettaient en couple, et où Alexis se sentirait obligé de rester avec lui. Elle étoufferait, elle agoniserait à petit feu pour lui faire plaisir et aucun d’eux ne serait vraiment heureux. Elio culpabiliserait d’avoir insisté, Alexis ferait ça pour lui. Comment détruire un couple en un temps record. Ils s’engueuleraient très certainement, ils se lanceraient à la figure tous les reproches du monde … Pas terrible. Là aussi, c’était une fin assurée mais encore plus rapide. Le problème, c’est qu’il n’y avait aucun moyen de deviner si cela allait se passer comme ça. Et puis il y avait la dernière solution. La plus belle, certainement. Elio l’envisageait de plus en plus. Et à vrai dire, Alexis ne l’aidait pas à ne pas espérer qu’elle survienne. Avec ses sous-entendus, avec ses regards, sa gentillesse. Il en venait à vraiment envisager cette réalité parallèle qui n’avait jamais eu d’existence que dans ses rêves. C’était peut être possible, après tout. Et cette impression se confirma quand elle se releva pour lui faire face. Tout sourire avait disparu de son visage. Mais ses yeux étaient rouges et encore un peu embués de larmes. Elle était adorable et terriblement fragile, mais à la fois … tellement forte. Résolue. Elio était totalement figé et ne pouvait même pas résister quand elle s’approcha pour l’embrasser.

Les lèvres d’Alexis, c’était un peu tout ce qu’il avait toujours voulu avoir, et ce qu’il avait obtenu en tant qu’ami. Mais ce baiser-là n’avait rien d’amical. Il ouvrit la bouche quand elle essaya d’en franchir la limite, effleura sa langue et frissonna. Il l’embrassait, oui. Il l’embrassait tant qu’elle le voulait bien. Il ne pouvait vraiment pas la repousser, là. Oui il pouvait faire beaucoup de choses et la tenir à distance, la reprendre quand elle commençait à déraper un peu en faisant ses bêtises. La gronder quand elle jouait trop avec lui, pour rigoler. Tout ça il l’avait déjà fait et le ferait encore. Mais quand elle l’embrassait comme ça … Là elle ne rigolait pas. Et il ne pouvait pas repousser ça.

- Alors je le veux. Je te veux Elio. Je te veux tellement.

Une vague de chaleur partant de son cœur se propagea dans tout on corps. Ces mots, venant d’Alex, c’était vraiment trop pour lui. Elle voulait le tuer ou quoi ? Apparemment oui, puisque le baiser reprit, associé à des mains glissant un peu trop sur lui. Elio répondait mais ne savait plus comment réagir par lui-même. Il entoura sa taille de ses mains et la tira à lui avant de reprendre un instant le contrôle de son esprit. Et ça lui suffit.

- Imagine un peu, Alex. Juste imagine. Ferme les yeux.

Le barman détacha ses lèvres des siennes et lui vola un baiser papillon rapide avant de de poser une main sur ses yeux pour les lui faire fermer. Il respira un instant l’odeur de sa peau, remit une mèche de cheveux en place avant de reprendre.

- Tu ne sors plus jamais avec un crétin qui te trahis ou te prends pour de la merde. On reste amis malgré tout parce que je t’adore et que je serais toujours là pour t’écouter te plaindre, moi. Alors oui tu ne pourras pas forcément cracher sur ton copain si c’est moi. Mais je ne te donnerai pas l’occasion de le faire. Je ne te demande pas le mariage, mais si tu le veux on pourrait très bien garder cette complicité. On ferait l’amour tout le temps, partout, tu me tuerais à force mais je serais tellement heureux. Tu me traînes partout, je râle, tu m’embrasses et je me tais.

Elio passe sa main dans les cheveux d’Alexis pour l’apaiser, et caresse doucement sa lèvre inférieure en souriant avant de déposer des baisers sur ses paupières.

- On partirait en vacances dans la ville d’à côté parce qu’on est des putain de fauchés. Je ne prétendrai jamais t’entretenir ou te contrôler. Parce que je te connais, Alex. Je t’aime exactement comme tu es et si tu ne le veux pas ce n’est pas grave. Je suis heureux tant que tu es dans ma vie, crétine.

Il se releva en la prenant dans ses bras.

- Maintenant tu gardes les yeux fermés, je vais rentrer finir mon service. Toi tu vas rentrer après comme si je n’avais jamais rien dit, tu vas réfléchir en buvant un de mes cocktails, tu vas m’aider à servir comme d’habitude. Et à la fin de ma soirée, tu pourras venir m’embrasser ou repartir en me disant à la prochaine.

Et, sans un mot de plus, Elio la lâcha doucement, dans une dernière caresse sur sa joue, écrasa sa cigarette déjà consumée sans être utilisée, et rentra dans le bar pour reprendre sa place derrière le comptoir, déjà un verre en main et tourbillonnant au milieu des alcools. Il savait qu’Alexis détesterait avoir ce choix, mais il devait le lui laisser. Pour qu’elle ne prenne pas de décision trop rapide qu’elle allait regretter. Il ne pouvait pas juste accepter son baiser et la laisser se perdre sans avoir réellement réfléchi. Il voulait absolument que ce soit réfléchi. Même s’il savait que, si elle revenait le voir pour confirmer ça … il n’aurait plus aucune réflexion pour la soirée. Tant pis. En plus, en faisant ça il risquait de la perdre. Qu’elle se défile. Tant pis. Il n’espérait rien, il n’attendait rien d’elle. Il prenait juste ce qu’elle pouvait lui donner.
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Et si tout n'était que poussière ? [PV Elio]

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