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 Wanna Dance with you ~ [Pivi Lili]

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Egeado A. Iannone

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MessageSujet: Wanna Dance with you ~ [Pivi Lili]   Dim 14 Aoû - 14:42

Come a little closer, huh, a-will ya, huh?
Close enough to look in my eyes, Sharona
Keepin' it a mystery, it gets to me
Runnin' down the length of my thigh, Sharona


- Tu l’emballes ce soir hein ?
- Non mais attends, tu me prends pour qui ?
- Ca se voit que t’en a envie, tu m’as parlé d’elle pendant une semaine !
- Mais tu me prends pour un mec en rut ?
- C’est parfois l’impression que tu donnes. Sourire moqueur.
- Je vais t’en donner moi des mecs en rut. C’est pas toi qui m’as demandé de lui présenté des amies à elle ?
- Moi je m’intéressais c’est tout.
- Pour la peine t’iras draguer tout seul.
- C’est ça ouais. Oublie pas de me raconter ! Je veux tous les détails !

Egeado claqua la porte du labo en riant. Quel abruti décidemment on ne le changeait pas. Mais bon, c’était vrai qu’il avait bassiné Savio avec sa dernière soirée pendant toute la semaine qui venait de passer. Mais c’était compréhensible ! Il venait de passer des jours et des nuits dans un état d’excitation palpable, comme si c’était bientôt noël et qu’il était de nouveau un gosse. C’était délicieux de constater cette différence entre ce caractère enfantin et celui beaucoup plus mature et rusé qui était le sien en soirée, qui était le sien avec elle. Même s’il ne faisait pas spécialement sérieux, il préférait éviter les gros écarts avec Delia, ça pouvait avoir des répercussions désastreuses. Cependant, avec Savio, il pouvait se lâcher et de s’en privait pas. Delia par ci, Delia par là, et action ou vérité, et les sous entendus que chacun n’arrêtaient pas de placer pour expliquer qu’il se plaisait avec l’autre MAIS que ça ne signifiait rien de plus. Les sourires, les mots glissés, les doigts qui se touchent, qui appréhendent l’autre. Les faveurs comme les crasses, un super jeu du chat et de la souris.

Et Savio l’écoutait, comme il l’avait écouté après leur première rencontre dans ce bar, et comme il l’écouterait à l’issue de cette nouvelle soirée. Il le taquinait, il se moquait, il mettait en lumière les faiblesses de son raisonnements et tempérait ses attentes. Mais au fond de lui il souriait, parce que la joie d’Egeado était très souvent bien contagieuse, surtout pour lui qui n’était pas un mec souriant de nature. Il n’avait qu’une seule peur, c’était que cette femme s’amuse réellement à ses dépends et ne soit pas aussi sincère qu’elle voulait bien lui dire. Ca n’arrivait pas souvent à son ami de s’enflammer de la sorte pour une femme. Voir même quasiment jamais depuis qu’il l’avait rencontré. Ou alors c’était l’histoire d’une soirée à peine. Et puis il se rendait compte que la femme n’était pas pour lui et ça s’arrêtait là. Or là c’était différent. Car là il semblait plus accro. Il savait que ce soir il allait passer plus de temps dans la salle de bain de façon à avoir ce look totalement décontracté qui lui prenait un temps fou au final. Il savait qu’il arriverait un sourire charmeur sur le visage. Et ce qu’il espérait, c’était qu’elle ne lui planterait pas un poignard dans le cœur.

Mais si ça devait arriver, autant que ça soit ce soir plutôt que plus tard, quand Egeado se rendrait compte qu’il commençait à l’apprécier bien plus qu’il ne le croyait. Savio connaissait ça. S’enflammer pour rien, faire des tas de promesses et croire que c’était la bonne. Résultat il était divorcé et n’arrivait pas à rester avec une même personne plus de six mois. Alors lui essayait de tempérer, mais il ne savait pas si Egeado le pouvait. Il supposait aussi qu’il s’engageait dans une relation qui pouvait lui faire oublier une date qui se rapprochait à grand pas. Et si ce n’était que dans le but de mieux vivre un sinistre anniversaire, c’était plutôt bien. Mais si ça devait l’envoyer encore plus au fond du trou, il irait personnellement remettre les pendules à l’heure de cette Delia Fabriosa. Il ne frappait pas les femmes, il ne les bousculait même pas. Mais il irait la voir pour lui dire les yeux dans les yeux ce qu’il pensait d’elle et de son attitude s’il devait ramasser son ami à la petite cuillère. Mais il n’en était pas là. Ce soir il la reverrait. Et Savio savait qu’une semaine pouvait changer bien des choses après une simple soirée. On oubliait, on enjolivait, on retombait sur terre et au final, on n’osait à peine reparler à la personne lors de la rencontre suivante. Il ne savait pas comment son collègue comptait gérer sa soirée mais il croisait les doigts bien fort pour que ça se passe bien.

De son côté Egeado ne se faisait pas plus de soucis que ça bien au contraire, il flottait sur un petit nuage avec une seule hâte, la revoir, pouvoir de nouveau l’approcher, l’effleure, lui parler, lui sourire. Pouvoir avoir des discussions incisives et des moues intriguées. Pouvoir s’évader du contexte pour refaire une fois de plus une nouvelle histoire. Et peut être que d’histoire en histoire, ils pourraient forger la leur. Evidemment, il n’allait pas trop vite en besogne. On ne pouvait pas dire qu’il n’avait pas pensé à elle de façon charnelle, chose que Savio lui avait sans pitié fait remarquer, ça ne voulait pas dire qu’il comptait le faire. Et surtout pas en soirée comme ça dans un coin l’air de rien. Il avait de la tenue, du respect et il ne voulait pas qu’elle croit à un seul moment que c’était son but principal. Bien sur qu’elle lui donnait envie, mais est-ce que c’était une raison pour en profiter ? De toute façon il se doutait que si l’intéressée n’avait pas envie, elle ne le laisserait pas approcher d’un centimètre. Et ce n’était pas son genre de perdre son sang froid. Non il n’allait pas à cette soirée dans l’intention de l’emballer, comme disait si bien son meilleur ami. Pas même de lui arracher un baiser. Parce que si vraiment il y aurait suite, autant que ça se fasse dans les meilleures conditions possibles, en prenant le temps d’apprécier l’autre.

Et il comptait s’y tenir. Le lendemain à peine de la soirée, il avait demandé deux invitations à Bartolli pour sa soirée. Celui-ci en avait été très étonné, Egeado Iannone était pourtant réputé pour ne pas apprécier se déplacer plus que ça. Mais avec son joli minois, il savait que c’était un plus pour la soirée et pour ses demoiselles. Et puis il n’avait rien contre lui, au contraire de d’autres. Ce fut donc avec plaisir qu’il répondit à sa requête. Egeado ajouta une ligne à l’invitation « Sans faute, vous avez promis » et l’envoya au Love’s Out. Pas besoin de fioritures, elle aurait comprit. Il alla s’enfermer dans la salle de bain et après une rapide douche, commença à chercher quelle chemise mettre. Il essuya rapidement ses cheveux qui gouttaient sur ses épaules et commença par enfiler un pantalon noir classique, au final, les codes étaient toujours les mêmes. Les femmes avaient bien plus de choix pour s’habiller lors de soirée de ce genre. Il mettait rarement de blanc, c’était pour d’autres occasions. Il opta pour une chemise en soie bleue marine et pour sa veste noire qu’il ne ferma pas. Ni cravate ni nœud papillon ne vinrent décorer son col, mais il choisit avec soin des boutons de manchettes représentant les quatre couleurs d’un jeu de carte. Il prit grand soin de se raser et termina de se sécher les cheveux, eux qu’il ne coifferait au final pas vraiment. Il ne se sentait pas bien quand il était trop ordonné, c’était trop bizarre. Il ajouta un peu d’eau de toilette et enfila ses chaussures avant de s’admirer. Il sourit et fit un clin d’œil à son reflet. Oui s’il était une femme, bien sûr qu’il aurait craqué devant lui. Mais c’était uniquement pour se rassurer, car il sentait au fond de lui que l’appréhension commençait à le gagner. Il avait été des plus sûrs de lui toute la semaine mais maintenant qu’il était à quelque dizaine de minutes du début de la soirée, il commença à douter de la viabilité de son entreprise.

Et si elle s’était rendue compte qu’il n’était qu’un homme vide ? Si elle voulait simplement jouer mais juste pour une fois ? Si sa soie disante sincérité n’était que du pipeau ? Vu le début d’ambiance intimiste qui avait commencé à se créer entre eux, elle aurait pu lui faire croire n’importe quoi. Non ! Il ne fallait pas commencer à croire n’importe quoi. Il avait été sûr de lui pendant une semaine ! Pourquoi maintenant commencerait-il à ne plus y croire ? Non elle viendrait c’était sûr. Ne serait-ce que pour rencontrer de nouvelles personnes et non pas rester avec lui… Non il ne fallait pas non plus qu’il croie ça. Après tout, il lui avait demandé de venir, pas de passer la soirée en sa compagnie. C’était un véritable casse tête ! S’il n’avait pas fait tant d’effort, il serait retourné prendre une douche froide. Au lieu de ça il monta dans sa voiture et se fit conduire chez Bartolli.
Il n’était pas parfaitement à l’heure, mais bon nombre d’invité étaient déjà là. Il fit rapidement le tour de la salle du regard essayant de repérer sa Némésis. Qu’il ne trouva pas. En même temps, une dame se fait toujours attendre, c’était la règle. Et ce fut souriant, bien qu’un peu nerveux qu’il alla passer le bonjour à l’hôte et l’hôtesse de la soirée. Le père de Sandro Bartolli était un ami des parents d’Egeado, il ne se souvenait plus pour quelle raison mais le fait était qu’ils se connaissaient. Il appréciait Sandro et ses soirées étaient peut être un peu moins tape à l’œil. Même si en ce moment, le bling bling revenait un peu trop à la mode. Sa femme était quelqu’un d’effacée mais qui paraissait très gentille. Elle parlait tout bas et ne se mettait que peu en avant. Ca changeait de toutes ces femmes qui se croyaient tout permis à cause de l’argent de leur mari. Egeado l’appréciait également et il savait que Stella était déjà allée prendre le thé avec elle.

Sandro lui demanda pourquoi soudainement il avait décidé de venir et surtout avec qui. Il lui fit une accolade en riant. Egeado répondit du même ton, sans pour autant dévoiler beaucoup de chose. Tant qu’elle n’était pas là, ça ne servait à rien de spéculer. En tout cas, ça lui permit de passer un bon début de soirée, car Sandro et Amelia étaient des hôtes charmants et il se promit de les inviter à dîner un de ces jours. Cependant, il commença à s’inquiéter de l’absence de Delia et les minutes d’égrenaient difficilement. Que faisait-elle ? Avait-elle eu un contretemps ? Avait-elle changé d’avis ? Ou pire, avait-elle envoyé quelqu’un pour lui dire qu’elle avait changé d’avis ? Alors qu’il en étant à sa troisième coupe de champagne, il rata de peu son arrivée. Et puis quand il releva la tête il la vit, déjà à l’aise, à dire bonjour à ceux qu’elle connaissait. Son angoisse fondit comme neige au soleil et son cœur se réchauffa. Il était heureux, plus qu’heureux de la revoir. Et contrairement à la fois dernière, il hésita à l’aborder de façon aussi cavalière. Il aurait pu attendre comme elle l’avait fait attendre. Mais pourtant ses jambes s’étaient mis en marche toutes seules et il se dirigeait déjà vers elle. A quoi bon faire semblant ou faire comme ci ? Il n’avait qu’une envie, c’était être près d’elle, maintenant. Et s’il devait de nouveau interrompre une conversation, il le ferait. Arrivant à ses côtés, il se retint de la toucher, comme il l’avait fait jadis. Plus ça allait, moins il la jouait séducteur un peu lourd. Il n’avait pas l’intention de lâcher le morceau, pas maintenant qu’ils étaient accrochés, du moins en ce qui le concernait, et il continuerait d’essayer de la séduire.

- Vous savez vous faire désirer.

Il lui fit une légère bise sur la joue.

- D’ailleurs vous m’avez manqué. Il me tardait d’être à ce soir.

Il posa son verre vide et en attrapa deux nouveau pour lui tendre.

- Comment allez-vous ?
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Delia Fabriosa

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MessageSujet: Re: Wanna Dance with you ~ [Pivi Lili]   Mer 17 Aoû - 14:34

Relax, take it easy
For there is nothing that we can do
Relax, take it easy
Blame it on me or blame it on you

Le réveil avait déjà sonné plusieurs fois sa stridente mélodie sur la table de chevet de Delia, ce matin là. Toujours, elle l’avait éteint en grognant, y remettant une heure plus avancée avant de retourner plonger sous ses draps clairs. Elle voulait dormir, dormir jusqu’à en oublier cette boule au ventre qui la prenait depuis une semaine. Dormir pour ne pas penser que le temps passait horriblement lentement et que les jours se faisaient longs. Une semaine, une semaine c’est quelque chose de terriblement difficile à vivre quand on en attend l’échéance avec une peur et un espoir mêlés. L’espoir que tout se passe aussi bien, sinon mieux que la dernière fois et la peur que ce ne soit pas le cas. L’angoisse, même, de se dire que tout ce à quoi on pense de notre côté n’a aucun reflet chez l’autre. Les questions se bousculaient dans la tête de Delia ce matin là, comme tous les matins depuis cette fameuse soirée chez Rosetta la semaine passée. Est-ce qu’il pensait un peu à elle ? Est-ce qu’il avait encore un peu de considération, d’intérêt alors qu’elle semblait devenir accessible ? Du moins, pour elle qui n’avait pas l’habitude de se voir aussi conciliante, elle s’était montrée facile à aborder, facile à comprendre. Le sentiment que ces émotions de ladite soirée transparaissaient alors sur son visage ne la quittait plus, et elle se doutait bien qu’Egeado avait pu en être déçu. Le jeu était de ne pas se découvrir, de se chercher sans avoir de réponse aussi simplement. Et en rougissant plus d’une fois, en lui souriant Delia s’était montrée différente.

Etait-ce pour cela qu’elle n’avait toujours pas reçu d’invitation de sa part ? Oh, certes, la gentillesse de Mario et ses relations lui avaient permis de recevoir un coupon, Saint Graal pour participer à cette réception donnée une semaine après la précédente, comme le veut l’usage. Et l’invitation était là, rangée dans le tiroir de sa commode. Delia la sentait l’attirer déjà, mais ce n’était pas cela qu’elle voulait, pas cette invitation à laquelle elle voulait répondre. Sans doute l’avait-il totalement oublié, et sa demande de l’autre jour n’était que pour faire bonne figure et se débarrasser d’elle ? C’était plausible, et sans doute une part de vérité s’y cachait-elle. Ouvrant les yeux, Delia ne réalisa quel jour on était quand son regard vint se poser sur son calendrier périodique, accroché au mur de sa chambre en toute simplicité. On était ce fameux jour, ce fameux vendredi matin qui devait accueillir son bonheur et son impatience. Fatiguée d’avoir trop rêvé, d’avoir trop imaginé quelque chose qui n’était finalement pas arrivée, Delia était à présent totalement réveillée mais restait allongée dans son lit, la tête lovée entre ses deux oreillers. Elle sentait son corps s’enfoncer, tandis que ses souvenirs allaient aux quelques jours qui venaient de passer. Elle y goûtait un peu d’amertume et une bonne dose de déception. S’y rendrait-elle quand même, si elle risquait de le croiser ? Sans doute. Car d’ici ce soir, elle aurait su reprendre le contrôle de ses émotions volages et apprendrait une expression nonchalante, pas le moins du monde vexée ou déçue. Comme si elle avait même oublié leur conversation de la dernière fois. Oui, c’était bien, ça.

A cette résolution, l’angoisse s’atténuait peu à peu et elle était là, résignée, à prendre la décision de se faire plus belle que jamais ce soir, afin de lui faire regretter son impolitesse. C’était décidé, elle mettrait la robe rouge qui allait si bien avec ses cheveux, celle que tous les hommes regardaient avec insistance, subjugués par de simples formes habilement mises en valeur. Il n’était au final pas si différent des autres, et venait de le prouver avec cette semaine de silence, alors il était facile de deviner sa réaction du soir. Prise d’un élan de motivation, pour un but pourtant perfide et qui n’avait rien d’honorable, Delia se leva, sortit sa robe, les chaussures et les accessoires qu’elle comptait y ajouter et les installa délicatement au fond d’un petit sac marron dont elle se servait souvent pour ses courses ou autres visites à rendre. Puis, voyant le sol tourner de s’être levée trop vite, la jeune femme se rassit sur son lit, contempla une fois encore la date fixée au mur, qui n’avait pas miraculeusement changée, avant de se laisser choir dans un soupir, les bras en croix, les yeux ouverts sur un plafond sans défaut. Ce fut finalement Elio qui vint frapper à sa porte, attendant son accord pour entrer, passer un visage inquiet dans l’embrasure et lui demander si tout allait bien. Elio, cher Elio qui venait de se lever et s’était sans doute retrouvé troublé en entendant encore son réveil, sans la voir dans la salle principale, pas plus qu’un mot l’informant de son absence. Il était encore tout endormi, mais comme cela n’arrivait qu’à partir du début d’après midi, Delia commençait à s’inquiéter de l’heure. Doucement, elle fixa son réveil qui lui renvoya l’horaire aberrante de treize heure trente.

D’un coup, toute l’angoisse accumulée et le stress d’une soirée qui finalement s’annonçait comme les autres, terne et ennuyeuse, disparut. Delia rejeta les draps encore posés sur ses jambes, se leva, chassa d’un geste de la main son serveur qui partit sous la douche, et respira un bon coup. Il fallait préparer cette journée, où elle n’avait rien d’autre à faire que de profiter de sa lenteur, bien qu’elle soit déjà bien entamée. Le calme s’insinua en elle, lui faisait doucement oublier toutes les inquiétudes des derniers jours. Un coup de brosse et un choix rapidement fait dans sa garde robe plus tard, Delia signalait à Elio qu’elle ne rentrerait pas avant une heure tardive et qu’il devrait se débrouiller seul, ce dont après tout il avait l’habitude. En passant regarder si les stocks d’alcool étaient suffisamment remplis, son sac à la main, Delia tomba sur une pile de courrier artistiquement déposée sur une caisse, dans la réserve. L’œuvre d’Elio sans doute, tête en l’air et peu attentionné, qui avait du le récupérer durant une de ses absences matinales pour commencer à le lire et le laisser là, échoué comme une épave sur leur source de revenus. Soudain, le cœur de Delia s’emballa et elle approcha une main tremblante de la pile, cherchant une simple enveloppe blanche qu’elle finit par trouver. La retournant, elle ne vit pas le nom de l’expéditeur mais en l’ouvrant, elle savait bien qui elle espérait que ce fut. Et, pour la première fois en une semaine, son espoir ne fut pas déçu. Elle en sortit en effet un carton d’invitation sur lequel était griffonnée une simple phrase à son attention, qui la fit sourire avant qu’elle ne glisse le tout dans son sac, le rose aux joues. Finalement, il n’avait pas oublié. Finalement, il voulait la revoir.

Tout en maudissant Elio, la patronne du bar sortit dans la rue, toujours grisée par ce qu’elle venait de découvrir. Toutefois, le stress était à présent partit, maintenant qu’elle savait que tout n’était que spéculations et doutes de sa part. Il n’y avait plus à avoir peur, il lui avait promis qu’ils s’amuseraient encore, lui avais promis qu’il le ferait avec elle. Quoi que cela se révèle être, Delia voulait bien prendre le pari d’accepter. Et c’est ainsi sereine et joyeuse qu’elle traversait plusieurs rues, jusqu’au quartier résidentiel de Milan, pour taper un code rapidement à un interphone, monter quelques marches et, toujours son sac au bras, frapper à une porte qui s’ouvrit bien vite sur ... Mario. Son ami de toujours, son amant occasionnel, celui qui la comprenait bien malgré qu’aucun d’eux ne sache en profondeur ce que l’autre avait fait de sa vie. Il suffisait que Delia lui demande d’oublier pour qu’il le fasse, il suffisait qu’elle le pousse au silence pour qu’il obéisse, un sourire complice aux lèvres. Ce qui se passa après était habituel : ils discutèrent de choses qui intéressaient l’un et l’autre, prirent un verre, partagèrent un instant le grand lit installé au milieu de l’appartement, jusqu’à ce qu’ils se séparent, encore essoufflés de leur étreinte qui n’avait rien d’amoureux, mais qui comblaient les demandes physiques de Mario. Puis, brisant brusquement le silence, Delia commença à parler, comme à son habitude au conditionnel, comme à son habitude simplement pour avoir une réponse, bien qu’après tant d’effort aucune ombre d’angoisse ne vienne la déranger.

- Et s’il ne venait pas, Mario ?
- Tu parles de celui qui t’a invité, non ? Il viendra, puisqu’il te l’a demandé. Mais, ma belle ... Il se redressa sur un coude, l’admirant en silence une infime seconde avant de reprendre. N’oublie pas que tu n’y vas pas pour le plaisir, Delia. Comme avec moi, comme avec tous ceux que tu connais. Tu n’es là que pour les charmer le temps d’un instant, il n’y a de toute façon que cela que tu saches faire.
- Il me semble bien que toi et moi, c’est plus qu’un instant. Mais tu as raison, Mario. Soupir de la part de la jeune femme. Oui, tu as raison. Ce n’est pas pour bien longtemps ...

C’est sur ces mots qu’ils se séparèrent, elle restant encore un peu, lui tournant les talons en lui suggérant de prendre ses aises sans en oublier l’heure pour autant. En effet, leur petite rencontre habituelle avait duré plus longtemps que prévu et il était bientôt l’heure de songer à se préparer. Pourtant, Delia décida de se diriger d’abord vers la salle de bain, après avoir refermé la porte à double tour derrière Mario, pour profiter de la large baignoire qu’elle n’avait pas chez elle. C’était ici un peu son second appartement, du moins quand il le lui permettait. Cette habitation servait à Mario pour ses relations extraconjugales, et il y venait souvent en compagnie de clients du Love’s out bien qu’il préfère y emmener la patronne de l’établissement, qui se laissait volontiers faire avec lui, lui qui la connaissait si bien. Enlevant le peignoir en soie qu’elle avait jusque là enfilé, Delia se laissa couler dans l’eau chaude, retrouvant avec plaisir le calme et l’assurance qui lui étaient propres. Ils lui avaient manqué toute la semaine, mais à présent que sa principale angoisse avait disparu, la jeune femme n’était plus qu’impatience et espérances. Avec, en tête, le constat de ne pourtant pas y aller pour le plaisir. Ce dernier n’était qu’une conséquence bienheureuse de son but, qu’il ne fallait plus qu’elle oublie maintenant que son cher ami lui avait rappelé.

Les heures passèrent ainsi sans que Delia ne se rende compte que le sommeil, associé à la chaleur régnant dans la pièce, la firent s’endormir profondément. Elle n’ouvrit les yeux qu’au contact plus frais de l’eau de la baignoire, qui avait bien eu le temps de perdre sa chaleur mordante. Il était presque l’heure du début de la soirée, et elle n’était pas prête ! Se relevant rapidement, vidant l’eau, Delia passa sous une douche froide afin de gommer les rides sur ses mains, qui apparaissaient toujours après autant de temps passé dans la moiteur d’une salle de bain, s’enroula dans une grande serviette éponge et sortit pour étaler ses affaires sur le lit afin de se préparer le plus rapidement possible. Certes, maintenant qu’elle avait reçu l’invitation Delia n’avait plus aucune raison de se faire aussi attirante que son plan ne le prévoyait au départ. Mais puisqu’elle n’avait rien d’autre et pas le temps de repasser au bar, la jeune femme se résigna à enfiler sa robe rouge. Les attaches se faisaient par un simple nœud derrière sa nuque, le haut formant un décolleté important et laissant libre la moitié de son dos. Avec une telle parure, le soutien-gorge était à proscrire, ce qu’elle fit, laissant son corps s’habituer à cette deuxième peau. La taille était marquée, et le tissu s’évasait après cette couture soulignant ses hanches. La jupe était courte mais pas trop, s’arrêtant à peu près sur ses genoux, recouvrant simplement le haut des bas couleur chair qu’elle enfilait pour plus de confort dans les chaussures bleu foncées qu’elle chaussait à présent. Celles-ci ne présentaient pas de haut talon, et ressemblaient plus à de simples ballerines artistiquement relevées d’un liseré argent. Comme ça, tout serait plus facile pour elle, ce soir. Enfin, elle passa de fines créoles argentées et ramena la majeure partie de ses cheveux en chignons, qu’elle piqua avec une baguette bleue foncée au bout de laquelle pendait une étoile argentée. Cadeau très ciblé de Mario pour son dernier anniversaire. De là s’échappaient quelques mèches, encore humides, retombant alors dans son cou ou sur son décolleté. Rapidement, elle se maquilla les yeux simplement de noir et la bouche d’un rouge profond avant de saisir un petit sac à main bleu et de filer vers la sortie, empoignant les clés laissées par Mario.

Elle arrivait un peu en retard, hésitait, le cherchait. Mais ses talons bas ne lui permettaient pas aujourd’hui de dominer la foule aussi dut-elle se contenter de se faire accaparer par deux jeunes femmes, qui ressentaient de la pitié pour cette pauvre solitaire. Comme si elle en avait besoin. Delia accepta pourtant de les saluer tout en gardant un œil sur la salle, si concentrée qu’elle ne le vit pas arriver par derrière. Et tout d’un coup, il était là. Les phrases inintéressantes de ses interlocutrices s’affaiblirent jusqu’à ne plus devenir qu’un lancinant bruit de fond. Il était là, la voix toujours aussi chaude, l’allure tout aussi élégante que la dernière fois.

- Vous savez vous faire désirer.

Delia ne répondit à cela que d’un sourire contrit, puisque ce n’était absolument pas volontaire, cette fois-ci. Elle profita simplement de la bise qu’il lui offrit, alors qu’elle avait envie de le prendre dans ses bras, de le toucher, de retrouver cette pression sur son cœur qui, la dernière fois, l’avait fait rougir.

- D’ailleurs vous m’avez manqué. Il me tardait d’être à ce soir. Comment allez-vous ?

Cette fois-ci, elle accepta le verre et en but une gorgée, appréciant les pétillantes bulles dans sa gorge avant de lui répondre d’un ton tout aussi heureux de se trouver là.

- Je me languissais également de vous. Le quotidien en est moins amusant. Mais à part ce détail, je suis dans la meilleure forme possible. Prête à passer, je n’en doute pas, une excellente soirée.

Dont elle avait d’ailleurs déjà une vague idée pour la suite. Mais, chaque chose en son temps, pour l’instant elle s’était contentée d’effleurer sa main quand il lui avait tendu son verre, caressant de ses yeux son regard, attendant de retrouver cette félicité en sa compagnie. Puis elle ajouta, en souvenir de leur derniers instants d’il y a une semaine.

- Je dois d’ailleurs vous remercier de m’avoir permis de parler de nouveau avec un certain de vos amis. Ce fut une agréable connaissance, qui m’aura permis de combler l’absence de votre compagnie.

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> Les enfants commencent par aimer leurs parents ; devenus grands, ils les jugent ; quelquefois, ils leur pardonnent.
[Oscar Wilde]
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Egeado A. Iannone

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MessageSujet: Re: Wanna Dance with you ~ [Pivi Lili]   Jeu 18 Aoû - 7:28

Tu m'donnes le mal, oh mal
C'est la spirale infernale
Remonte encore, et encore
Jusqu'à la fin et jusqu'au bord


Egeado du se retenir et faire preuve de toute la bienséance dont il était capable pour ne pas baisser les yeux. Et Dieu savait à quel point ça pouvait lui être dur. Elle n’avait clairement pas fait dans la dentelle. A côté il se sentit bien minable et peu attirant. Ce qu’il avait vu dans son miroir était bien pâle à côté de la tenue de Delia. Il sentit l’espace d’un instant sa confiance vaciller. Il n’avait rien à faire avec une telle femme. Il était minable à côté d’elle. Et un rapide regard balayant la salle lui montra qu’au moins les trois quarts des hommes présents la regardaient du coin de l’œil, la détaillant sans vergogne. Il eu envie de la cacher de ses regards qui n’étaient pas tous admiratifs. Et il se doutait bien que la plupart aurait bien eu envie de la suivre dans son bar. Et plus si affinité. Egeado ressentait une espèce d’horrible frustration. Pourquoi était-elle venue dans cette tenue ? Pourquoi se mettait-elle autant en valeur ? Pour plaire évidemment quelle question. Mais elle lui plaisait déjà. Oui sauf qu’il n’était pas le seul. Loin de là. Ne pas baisser les yeux, ne pas regarder son décolleté qui mettait autant en valeur sa poitrine. Ne pas remarquer l’absence de soutient gorge et retenir cette envie de l’emmener dans un coin pour arrêter de plaisanter. Il n’avait pas le droit de la regarder avec ces yeux là. Il n’avait pas le droit d’être comme tous les autres. Un homme avec des pulsions normales. Un homme qui regarde et qui a envie devant une belle femme. Même si l’adjectif belle femme était même une euphémisme pour la qualifier. Il aurait même dû détourner les yeux. Et il en mourrait d’envie à vrai dire. Il se sentait tout petit face à elle.

C’était bien rare qu’il ressente une telle impression d’être intimidé. Mais elle était juste parfaite. Juste parfaite et il avait l’air d’un guignol comme tous les autres, qui n’a d’yeux que pour leur créateur. Que pour elle. Alors il se remit à douter. A vraiment douter. Il était hors de question qu’il régresse et redevienne le dragueur de la première fois, mais comment évoluer ? Comment sentir qu’on pouvait avoir ses chances ? Mais avoir ses chances dans quoi ? Avec elle ? Mais Egeado n’avait jamais recherché une quelconque histoire d’un soir et ce n’était pas avec elle que ça allait commencer. Il avait conscience de se comporter comme le dernier des adolescents, mais les histoires sentimentales n’avaient jamais été son point fort. Ce n’était plus une première approche où il n’avait pas peur du tout de rentrer dans le mur. C’était différent maintenant il le sentait. Pourtant rien, absolument rien ne laissait penser qu’elle voyait les choses de cette manière au contraire. Mais la peur se fit plus forte à vrai dire. Delia l’insaisissable en avait-elle quelque chose à faire. Sincère, oui dans ses paroles, dans ses gestes aussi. Mais dans ce qu’elle pensait ? Qu’en était-il ? Elle était si belle que s’en était presque inconvenant de la toucher. Il savait qu’être en sa compagnie n’empêcherait nullement les autres de venir lui parler et l’inviter. Il n’avait pas le privilège de ses paroles et de sa présence. Il le savait mais se rendit compte qu’il ne voulait pas partager. Ce n’était pas pour la garder pour lui, mais au contraire, juste pour ne pas disparaitre de son champs d’intérêt. Et actuellement son esprit carburait à deux cent pour cent pour trouver quelque chose d’amusant comme il l’avait tant promis. Et pourtant ce fut le vide total dans sa tête. Que faire ? Que faire que faire que faire ?

Il sentait bien que deux personnes se battaient en lui. Celui qui voulait l’attraper par la taille et continuer son jeu de séduction. Celui qui tenait à l’approcher parce qu’elle était affolante dans une pareille tenue. Celui qui voulait lui glisser des sous entendus à l’oreille. Le mec. Celui qui avait envie de la faire tournoyer, de la faire rire de lui faire voir des étoiles et de la captiver. Il était capable d’agir comme ça il le savait. Mais il entrait en contradiction avec sa partie un peu abimée par les relations, par sa sœur. La partie qui ne se sent pas complètement à la hauteur. Cette partie qui se voyait tellement quelconque à côté d’elle. Cette partie qui savait qu’il n’avait aucune chance. Et pourtant c’était bien connu que les femmes n’étaient pas forcément attirées par les mecs sûrs d’eux contrôlant tout. Mais il ne savait pas ce qu’aimait Delia. Et il se voyait assez mal lui poser la question. Il n’avait qu’à se comporter comme d’habitude. Avec les mots qui lui venaient spontanément sans y réfléchir des heures à l’avance. Elle l’avait connu ainsi et ne l’avait pas fui. Pourquoi est-ce que ça commencerait ce soir ?

- Je me languissais également de vous. Le quotidien en est moins amusant. Mais à part ce détail, je suis dans la meilleure forme possible. Prête à passer, je n’en doute pas, une excellente soirée.

Il lui sourit en admirant de plus belle son visage et ses cheveux, sa barrette et son maquillage moins chargé. Ne pas baisser les yeux. Lui parler en la regardant elle, pas plus bas. Cette phrase aurait dû le rassurer. Ca fonctionna un peu. Le quotidien était certes bien terne sans chevelure rousse et sourire en coin de sa part – Pardon Savio – Il ne voulait pas la décevoir.

- La semaine est passée bien trop lentement, mais nous y voilà ! Nous allons tout faire pour qu’elle soit au moins aussi bien que la précédente.

- Je dois d’ailleurs vous remercier de m’avoir permis de parler de nouveau avec un certain de vos amis. Ce fut une agréable connaissance, qui m’aura permis de combler l’absence de votre compagnie.

-Je ne vois pas de quoi vous voulez parler. Mais je suis aise de savoir que cela s’est bien passé.

Sourire en coin alors qu’une alarme s’enclencha dans son cerveau. Combler l’absence ? Mais la combler de quelle manière ? Ils avaient couché ensemble ? Son cerveau s’embrasa et il essaya tant bien que mal d’effacer l’image de Delia dévêtue qu’il venait d’avoir. Ca n’aurait pas été de très bon goût de se mettre à saigner du nez maintenant. Il allait encore trop vite en besogne, il imaginait n’importe quoi. Oh. Ton but ce n’était pas de finir au lit avec elle alors tu te calmes tout de suite sinon ça va pas être possible. Elle faisait bien ce qu’elle voulait, c’était une grande fille après tout.

- La salle est d’ailleurs remplie de personnes pouvant vous intéresser. Voulez-vous que je vous présente ?

Bien plus intéressantes que moi en somme, moi qui n’est pas au cœur des ragots autrement que pour mon caractère. C’était en gros ce que ça voulait dire. Il n’était pas du genre à pousser celle qui lui plaisait dans les bras d’un autre. Et pourtant là il ne voyait pas quoi faire d’autre. Elle finirait par s’ennuyer et se lasser s’il ne lui apportait rien de nouveau, d’intéressant. Et il ne voyait pas quoi faire pour justement lui donner ça. Peut être que les autres y arriveraient et qu’elle se rendrait compte qu’il était fade et sans saveur. Que derrière son caractère enjôleur et souriant ne se cachait rien de vraiment excitant, une fois le tour fait. Et puis si ça pouvait lui faire plaisir. Il lui suffirait de glisser les quelques anecdotes qui étaient tombées cette semaine pour pimenter le tout. Il savait que derrière son masque de gentleman, Bartolli pouvait se révéler une vraie commère et langue de vipère quand il s’y mettait. Et quand ils se retrouvaient dans les mêmes soirées et qu’ils s’ennuyaient fermes, il avait toujours quelque chose à redire. Il paraitrait même que Cartelli fricotait avec des gens louches en ce moment. Ce qu’Egeado s’était bien retenu de dire qu’il le savait déjà. Cartelli était un des donateurs du GDP. Il en profitait sûrement. D’ailleurs il se demanda si son boulot allait gêner une quelconque relation avec Delia mais enleva cette idée de la tête. Il n’y avait aucune raison présente pour ça. Ou pas.

Avant de lui prendre le bras, il se fit alpaguer par quelques femmes présentes qu’il connaissait suffisamment pour savoir à quel point elles pouvaient être des sangsues. Il savait qu’il plaisait un tant soit peu. Peut être pas aux bonnes personnes mais bon, on faisait avec. Sauf que là, ce n’était pas exactement le moment. Il leur dit bonjour avec son éternel sourire, quoique un peu moins radieux qu’avec Delia et s’obligea à répondre aux questions et à demander des nouvelles, choses dont il se foutait royalement soit dit au passage. Mais c’était d’une hypocrisie. Elles n’avaient aucune chance de l’approcher plus que ça. Il ne pouvait pas supporter ce genre de femme c’était physique. Il en avait des frissons d’ailleurs. Et puis il se souvint à quel point ils avaient pu se moquer l’autre fois. Et voila qu’il se retrouvait dans un guet-append dont il ne pouvait se sortir à moins d’en blesser quelques unes. Ce qu’il hésita à faire. Il n’était pas encore assez chaud et dans l’ambiance, malgré ses trois coupes de champagnes. Et il se refusait à griller toutes ses billes dans le milieu. Ca pouvait toujours servir. Il essaya tant bien que mal de s’excuser, car il avait à faire mais il y en avait toujours une pour relancer la conversation et ce n’était pas ses faibles « Ca suffit » qui les ferait changer d’avis. Qu’elles lui foutent la paix ! Il avait bien mieux à faire. Il chercha les yeux de Delia et lui fit un regard faussement suppliant pour lui faire comprendre qu’il préférait nettement être avec qu’elle qu’obligé de subir les assauts de toutes ces pipelettes. Il parvint avec difficulté à s’en extirper enfin et après avoir dû en blesser certaines au passage mais au final ça devenait secondaire. Parce qu’il se rendit compte que loin d’elle et de sa compagnie, il n’avait aucune raison d’être là. Aucune raison d’être bien.
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Delia Fabriosa

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MessageSujet: Re: Wanna Dance with you ~ [Pivi Lili]   Jeu 18 Aoû - 8:48

A vrai dire, et pour rentrer dans la réalité qui ne se voyait pas de l’extérieur, Delia se sentait un peu honteuse dans une telle tenue. En règle générale, elle n’hésitait pas une seconde à afficher son corps tant qu’il n’y avait rien d’indécent, jouant avec les formes, les longueurs et les couleurs pour attirer le regard, séduire. Ce qui marchait bien évidemment somme toute plutôt bien. En temps normal, dans une assemblée normale, sans doute que cette robe n’aurait été pour elle qu’un moyen supplémentaire pour atteindre les buts qu’elle se fixait au fur et à mesure. Oui, sans doute que cela n’aurait pas posé le moindre problème. Mais ce soir, pour deux raisons, le tissu la brûlait presque et sa peau supportait mal d’être aussi peu couverte. La première raison était simple : Delia l’avait choisie pour un prétexte aussi minable que la vengeance devant celui qui, selon elle, l’avait déjà oubliée. C’était une parade de plus pour s’incruster dans son esprit, le faire regretter une maladresse qu’il n’avait absolument pas commise. C’était un pied de nez des plus faciles à faire, pour lui imposer des regrets de ne pas l’avoir satisfaite alors que, bien sûr, elle s’était fourvoyée. Maintenant il n’y avait plus besoin de vengeance, plus besoin de répliquer par un atout majeur qu’elle abattrait, triomphante, sur la table du buffet. Cela n’avait donc plus aucun sens de se pavaner, ce qu’elle ne comptait d’ailleurs plus du tout faire ce soir. La seconde justification n’était pas bien plus compliquée. C’était Egeado, et pas le premier imbécile venu. Celui qui l’avait fait rire, l’avait surprise, l’avait marquée et celui qui avait habité son esprit pendant une semaine, même si cela avait été pour une mauvaise raison. A présent qu’elle savait qu’il n’avait fait aucun faux pas, la jeune femme regrettait de s’imposer à lui dans une telle tenue.

De quoi avait-elle l’air, aussi offerte aux regards ? Aussi offerte à son regard, qui pourtant ne dévia pas alors qu’ils se retrouvaient. Elle sentait bien la tension dans son visage, qui l’empêchait de satisfaire une curiosité qu’il jugeait sans doute mal placée. Et Delia s’en voulait de l’exposer à cette situation qui n’avait pas du tout le but de se rendre aussi visible, aussi aguicheuse. A cet instant, elle aurait donné à peu près n’importe quoi pour avoir un col roulé et un bon jeans. Pour ne pas qu’il la juge, pour ne pas qu’il la regarde comme parfois elle fixait les autres convives, qui étalaient leurs atouts pour plaire, avec le plus grand sérieux dont elles étaient capables. En temps normal, Delia s’habillait ainsi pour séduire un court laps de temps, un infime moment, et toujours sur le ton plus léger de l’obligation plutôt que du réel enjeu. Mais ce n’était pas tout à fait cela qu’elle désirait montrer à Egeado, et la peur qu’il ne la catégorise trop rapidement sur une de ses tenues faisait monter en elle une boule qui se coinça dans sa gorge. Essayant de faire bonne figure tout de même, la jeune femme essayait tant bien que mal de ne pas trop s’exposer, de ne pas bouger plus que de raison le buste. Si seulement elle avait pu disparaitre un instant pour se rendre plus présentable ... Mais non, manifestement en punition pour avoir douté de sa parole, Delia semblait être obligée de rester ainsi, sous ses yeux, la gorge nouée et la peur au ventre. Pour une fois qu’elle ne voulait pas être jugée, voilà qu’elle le serait. Ironique, et particulièrement gênant pour la jeune femme qui tentait de se contenter de l’observer à son tour, sans penser au ridicule de sa tenue qu’elle était sans doute la seule à voir ainsi.

Sa mince silhouette lui avait manqué, tout comme son élégance qui n’avait rien de guindé ou de maladroit. Il semblait à l’aise dans ce qu’il portait, tout en ayant fait particulièrement attention au moindre détail de sa tenue. Delia appréciait cela, d’autant plus que la couleur de sa chemise était accordée à celle de ses accessoires et de ses chaussures. Maigre constatation qui, pourtant, lui donna un peu de baume au cœur. Peut-être qu’ils allaient bien ensemble, finalement, malgré son apparence un peu trop voyante et provocante. Elle, en tout cas, ne voyait que lui présentement et les inquiétudes d’Egeado ne l’atteignaient même pas. Qu’elle soit le centre de certaines attentions pas toujours polies, elle s’en moquait. C’était devenu une habitude et il suffisait de ne pas y faire attention, et de choisir celui qui aurait le plaisir de voir, peut-être, ses fantasmes devenir réalité. Mais ça non plus, elle ne voulait pas y penser ce soir. Cet aspect d’elle qui, s’il lui avait toujours convenu, la rendait un peu honteuse ce soir face à son partenaire. Mais son sourire à lui effaçait encore une fois ses doutes, qu’elle savait envahissants et pas forcément fondés, et ce depuis une semaine. Etait-ce simplement l’inconnu de ne pas parvenir à le faire céder en un regard qui la rendait aussi fébrile, aussi attentive à ses réactions, aussi désireuse de l’approcher ? Sans doute. Le fait de ne pas connaitre ce genre de réponse, de ne pas avoir l’habitude de s’amuser autant.

- La semaine est passée bien trop lentement, mais nous y voilà ! Nous allons tout faire pour qu’elle soit au moins aussi bien que la précédente.

Delia ne répondit que d’un mince signe de tête, qui signifiait qu’elle était persuadée que cela serait le cas. En effet, en sa compagnie elle ne pouvait que passer de bons moments. Que ce soit en discutant ou en reprenant le jeu délicat de celui qui surprendrait l’autre. A ce genre de défi, Delia comptait bien remporter la mise mais c’était surtout pour tenter de racheter son apparence frivole qu’elle comptait lui faire comprendre qu’il y avait un peu plus que simplement l’envie de l’impressionner. Ce qui, au fond, n’était pas vraiment le cas.

- Je ne vois pas de quoi vous voulez parler. Mais je suis aise de savoir que cela s’est bien passé.

- Bien, oui. Même si la fatigue ne nous aura pas menés bien loin, juste devant un dernier verre.

Comme si elle avait eu besoin de se justifier, Delia cherchait à expliquer quelque chose, maladroitement malgré l’assurance fictive qui ne la quittait pas. Tant pis si cela sonnait un peu ridicule, tant pis s’il s’en fichait royalement. Ce soir, apparemment, Delia était partie pour ne pas laisser les apparences tout gâcher et la faire apparaitre telle qu’elle était avec la majorité de ses partenaires : légère, peu attachée aux convenances en matière de relation, moqueuse de son image et totalement prête à tout pour obtenir ce qu’elle était venue chercher. Ce qui ici n’était pas le cas, tant elle n’était pas d’accord pour céder l’intérêt qu’il semblait lui porter malgré tout. Se raccrocher à cela, et tenter de le nourrir, de l’abreuver pour qu’il ne cesse pas aussi facilement.

- La salle est d’ailleurs remplie de personnes pouvant vous intéresser. Voulez-vous que je vous présente ?

Si la surprise s’afficha sur ses traits, la jeune femme n’eut pas le temps de lui répondre que déjà des invitées venaient saluer Egeado. S’éloignant de quelques pas simplement pour lui permettre de discuter à son tour avec des personnes susceptibles de l’intéresser pour une raison ou pour une autre, Delia réfléchissait à sa proposition. Devait-elle voir cela avec un œil pessimiste et en conclure que c’était déjà la fin de la surprise et du plaisir, pour lui tout du moins ? Il en aurait eu marre de l’attendre, son retard avait pu le décevoir, tout comme son apparence de la soirée. Ou encore, peut-être avait-il simplement dépassé le cap de la première fois, et s’était lassé de sa compagnie ? C’était possible. Elle-même aurait pu penser d’une telle manière avec n’importe qui d’autre. Si elle jugeait l’autre trop difficile à atteindre, pas suffisamment dosé dans le mystère pour attiser sa curiosité, alors oui elle aurait pu proposer quelque chose dans ce genre. D’un autre côté, Delia n’avait pas du tout envie de répondre par l’affirmative à sa proposition. Pour cela, elle avait Mario, et du temps, beaucoup de temps. Elle préférait pour l’instant voir où tout cela pouvait bien les emmener. Et elle en était là de ses réflexions quand, croisant le regard d’Egeado, elle y lut toute la misère du monde. Du moins l’appel désespéré qu’il lui faisait dans un simple coup d’œil. Ce qui la fit beaucoup rire intérieurement. Puis, décidant de prendre sur elle une intervention fort peu polie ou diplomatique, Delia s’approcha du petit groupe. Elle y créa un instant de silence surpris, durant lequel elle en profita pour prendre la parole.

- Je m’excuserai bien de vous interrompre mais ce serait vous mentir. Me permettrez-vous de cesser là vos espoirs d’un soir ? J’ai besoin d’un partenaire de danse, et je me vois mal vous laissez le mien simplement pour satisfaire vos regards béats d’admiration.

A ces mots, et sans leur laisser d’ajouter le moindre mot à leurs regards courroucés et agacés, Delia glissa sa main dans celle d’Egeado. C’était simplement pour l’entrainer plus loin, simplement pour les libérer de cette douloureuse rencontre. Du moins c’est ce qu’elle tentait de se répéter à plusieurs reprises, déterminée à ne pas lui laisser voir sa satisfaction quant à ce contact, aussi spontané qu’inattendu. Puis, après l’avoir entrainé un peu plus loin, dans un endroit où le monde se faisait plus rare, faisant totalement abstraction des regards qui se retournaient sur eux -ou sur elle ?-, elle le lâcha finalement, presque à regret, avant de répondre enfin à sa précédente question.

- Je crois que j’ai en face de moi la personne qui, présentement, a toute mon attention et mon intérêt. Pause, petit regard en coin avec sourire assuré malgré la peur de sa réponse. J’ai parlé de danse, pour les convaincre de vous laisser tranquille il faudrait peut-être que vous acceptiez vraiment de me servir de partenaire ?

C’était autant pour se rassurer elle-même que pour le surprendre, pour lui plaire et pour éviter de voir d’autres femmes l’approcher encore de cette façon. Jalousie ? Une pointe, peut-être. Et l’envie d’une réponse positive. D’autres envie, aussi. Mais hors de question de les exposer ici, maintenant.

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> Les enfants commencent par aimer leurs parents ; devenus grands, ils les jugent ; quelquefois, ils leur pardonnent.
[Oscar Wilde]
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Egeado A. Iannone

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MessageSujet: Re: Wanna Dance with you ~ [Pivi Lili]   Ven 19 Aoû - 6:52

Party rock is in the house tonight
Everybody just have a good time
And we gonna make you lose your mind
Everybody just have a good time
We just wanna see yaa!
Shake That !


Oui Egeado était un peu perturbé par le fait qu’elle ait passé sa fin de soirée avec Cartelli. Il n’avait rien contre lui dans l’absolu. Mais il n’était pas lui, et il aimait les belles choses comme les belles femmes. Et il lui en aurait voulu de lui prendre Delia. Qui n’était pas sa propriété. Mais après une soirée comme celle-ci, il trouvait ça réellement perturbant de l’imaginer partir avec quelqu’un d’autre. Il n’était pas unique, il n’était pas l’homme parfait, mais les regards complices, il ne les avait pas rêvé, il le savait. Cartelli était peut être plus important et plus riche, mais lui ne jouait pas à action et vérité, lui ne perçait pas doucement mais sûrement les barrières de la jolie rousse. Lui n’était rien. C’était de la jalousie, tout bonnement, sauf qu’Egeado ne l’aurait jamais avoué. Jamais. Et pourtant, il n’aurait pas pensé que son aveu de n’avoir partagé avec lui qu’un verre le soulage autant. Il ne chercha pas à savoir pourquoi elle s’était justifiée, mais il en était heureux. Un verre ce n’était rien. Eux aussi en avaient partagé. Ca ne voulait rien dire, rien prouver. Et de plus, cela le mit dans de meilleures dispositions, voyant que tout n’était pas encore gâché. Du moins, avant que la horde de bourgeoises ne débarque sur lui.

En temps normal il s’accommodait bon gré mal gré des femmes venant lui tourner autour. Il ne doutait pas que ça arrive de même à Delia, avec le sexe opposé. Oui il savait qu’il était un bon parti, il savait qu’il n’était pas trop moche et malgré son caractère un peu gamin et décontracté, il plaisait à beaucoup de femmes, mariées ou non. Mais d’une il ne voulait pas s’attirer d’ennuis à cause de ça. Egeado était fidèle et estimait que c’était la moindre des choses que sa compagne le soit aussi. Cependant malgré les refus qu’il avait déjà distribués à tour de bras depuis qu’il évoluait dans ce monde, ça n’empêchait pas le gratin de toujours s’agglutiner autour de lui telles des abeilles attirées par le miel. Parce qu’Egeado n’était pas cassant. Il était moqueur mais jamais suffisamment ferme pour que ça les dissuade complètement. Et du coup il subissait des assauts, souvent groupés. Pour demander une danse, bien que les plus téméraires ne passaient pas par 4 chemins en demandant directement s’il voulait passer chez elles le soir. Chose qu’il refusait. Et puis quoi encore ? Il ne les connaissait pas ces filles, et il s’en foutait royalement en plus. Qu’elles s’occupent de leurs maris, copains, amants et qu’elles le laissent tranquille. Si jamais il devait se trouver une copine ça n’était certainement pas dans ce genre de soirée qu’il allait le faire. Sauf qu’une fois de plus, dans ce milieu il était légèrement différent de d’habitude. Il arrondissait plus les angles pour moins se faire mal voir. Du coup ça lui jouait des tours quand les femmes ne voulaient pas comprendre qu’il ne craquerait pas devant leur sourire et leur décolleté. Ca pouvait vexer mais c’était ainsi. Egeado n’était tombeur séducteur que quand lui le décidait.

Ce qu’il était loin d’être à présent. Il ne l’était pas plus avec Delia qu’avec ces femmes. Car le doute avait cette faculté de tuer toute capacité de séduction qu’il pouvait avoir. Mais il ne comptait pas en rester là, hors de question. Il n’allait pas rester comme une potiche toute la soirée. D’accord il avait perdu une partie de son assurance face à l’aura qu’elle avait. Face à sa tenue et à sa présence. D’accord ce n’était pas des choses qui en règle générales le gênaient outre mesure mais là il n’arrivait juste pas à se défaire de ce malaise dérangeant. En attendant, il avait cette sensation d’être piégé au milieu de dévoreuse de chaire humaine. Et le malaise s’amplifiait. Heureusement que son regard à Delia porta ses fruits, même s’il ne s’attendait pas à une telle implication.

- Je m’excuserai bien de vous interrompre mais ce serait vous mentir. Me permettrez-vous de cesser là vos espoirs d’un soir ? J’ai besoin d’un partenaire de danse, et je me vois mal vous laissez le mien simplement pour satisfaire vos regards béats d’admiration.

En même temps, elle n’avait guère de compte à rendre à la bourgeoisie, mais il fallait oser. Et Egeado retint un éclat de rire ravi que son regard laissa largement passer. Elle était géniale. Géniale. Comment à un instant il avait pu envisager de la laisser partir ? Le stresse, le doute, sa tenue. Au diable ces considérations vaseuses. Le fait était clair. Il passerait la soirée en sa compagnie ou il ne s’appellerait plus Egeado. Il ignora les regards outrés des demoiselles qu’elle venait de souffler d’une façon magistrale et se laissa volontiers prendre la main pour se mettre un peu plus à l’écart.

- Vous êtes géniale ! Manqua-t-il de rire. Il n’y avait que ça pour les remettre à leur place ! Je veux garder cette scène en mémoire pour toujours. Merci, c’était nécessaire.

- Je crois que j’ai en face de moi la personne qui, présentement, a toute mon attention et mon intérêt.

Presque immédiatement il rattrapa la main qui l’avait lâché avec la ferme intention de ne pas faire de même. Et il sourit. Parce que son angoisse stupide venait de fondre comme neige au soleil. Ca le rassurait. Réellement. Elle ne mentait pas, il le savait. Alors au diable sa tenue, au diable la sienne, il retrouva toute son assurance. Il retrouva son caractère, et il se permit d’agir un peu plus en homme sans avoir peur de la casser ou de l’offusquer. Ce n’était plus question de ceci à présent. Elle l’avait dit. Elle le croyait. Si il avait ses faveurs, et le fait d’être unique (ou presque) et aussi important à ses yeux pour une seule soirée, il comptait bien saisir sa chance. Son estime de soi remonta en même temps que sa confiance et il se sentait serein et prêt à passer une soirée qu’il espérait riche en évènement, car maintenant qu’elle était là, plus question de lui laisser de répit. Si on venait lui parler, il agirait de la même manière qu’elle toute à l’heure et l’enverrait balader. Elle n’était pas inaccessible et ce n’était pas une tenue aguicheuse qui allait changer quoi que ce soit à ce qu’il pensait, à ce qu’il voulait. Finalement, Delia ne serait pas encore débarrassé de lui maintenant.

- J’ai parlé de danse, pour les convaincre de vous laisser tranquille il faudrait peut-être que vous acceptiez vraiment de me servir de partenaire ?

- Tout le plaisir et même plus sera pour moi. Parce que vous êtes la seule qui compte à mes yeux ce soir et que danser avec vous serait un honneur.

De son côté Sandro Bartolli était pensif. Il avait vu qui était arrivé, il l’avait reconnu évidemment. Lui-même étant plutôt bel homme, il avait déjà eu des occasions de discuter avec Delia Fabriosa. Celle qu’il appelait pour lui-même la croqueuse d’homme. En même temps avec un physique pareil, elle ne devait pas se heurter à beaucoup de refus. Elle naviguait au sein de plusieurs soirées, choisissant des proies à séduire et amadouer. Sauf que personne au final ne savait ce qu’elle cherchait. Elle était bien mystérieuses sur le sujet, et ceux déjà tombé pour elle n’en parlait pas vraiment, évitant le sujet, comme cherchant à cacher quelque chose. Sandro aimait sa femme et il était hors de question qu’il cède à Delia. Et pourtant il ne pouvait s’empêcher de faire glisser son regard sur ses jambes dévoilées et finement galbées, sur sa poitrine autant mise en valeur et sur ses lèvres ainsi que ses boucles rousses. Delia était séduisante. Et il craignait qu’Egeado soit sa prochaine proie. Il appréciait celui-ci et ça l’ennuyait de le laisser se faire embobiner par la première jolie frimousse venue. Mais s’il l’avait invité, c’était qu’ils avaient déjà eu des contacts. En portant ses lèvres à sa coupe de champagne, Sandro se demanda où en était leur relation. Il croisa le regard d’Egeado qui lui fit un signe équivoque. Bartolli fit un mince sourire en hochant la tête. Bonne idée, il voulait voir ce qu’il avait derrière la tête.

Evidemment qu’il voulait danser avec elle. Mais pas comme ça, pas avec une musique de fond somnolente et vieille. Il chercha rapidement Sandro des yeux et dès qu’il le vit il montra son oreille et fit mine de s’endormir, son regard passa rapidement sur Delia et une légère supplique dans le regard acheva Sandro. Rapidement une nouvelle musique passa dans les enceintes, plus forte, plus entrainante aussi, et les lumières se tamisèrent légèrement, pour qu’on voit assez, mais l’ambiance créée précédemment venait radicalement de changer. Et c’était à eux de commencer et d’ouvrir le bal. Car une valse, c’était dépassée, et ça ne se dansait pas la première fois. Il l’attira sur la piste de danse par la main qu’il n’avait toujours pas lâchée et lui attrapa la taille sans aucune hésitation.

- A nous de jouer, éblouissons-les !

Un nouveau round venait de commencer.

Et pas des moindres.
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Delia Fabriosa

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MessageSujet: Re: Wanna Dance with you ~ [Pivi Lili]   Ven 19 Aoû - 9:07

Dans ce paysage qui représentait souvent quelque chose d’éphémère, ou du moins de superficiel, Delia repensait à ce que Mario lui avait dit un peu plus tôt dans la journée. Qu’elle n’était bonne qu’au charme d’un instant, et c’était au final tellement vrai dans l’esprit de la jeune femme. Ne se croyant pas faite pour l’amour, Delia ignorait d’ordinaire tous les sentiments qui la traversaient. Que ce soit la pitié de laisser tomber chacune de ses proies une fois qu’elle en avait extrait ce qu’elle souhaitait savoir, que ce soit la peur de la défaite, le plaisir de la victoire, l’excitation du défi, normalement tout cela était atténué au point que ce ne soit que de vagues émotions transitant dans son esprit. Alors lui demander de connaitre le plaisir d’une longue relation, lui imposer le quotidien tranquille d’une histoire qui se forme, ce n’était tout bonnement que risible. Delia, aussi rapidement oubliée qu’elle a captivé. C’était ses habitudes, c’était dans sa façon d’être et de penser. Et pourtant plus elle côtoyait Egeado plus elle refusait cet état de fait. Voulant compter plus qu’un simple instant, devenir d’avantage qu’une passade amusante. Sauf que Delia ne connaissait pas réellement son partenaire, ne pouvait deviner ce qu’il avait dans la tête. Impossible pour elle de savoir alors si elle comptait plus que comme une jolie rencontre, attirante et qu’on voudrait s’approprier le temps de s’amuser avant de la délaisser et de se retourner vers quelqu’un à l’apparence plus sérieuse. Elle savait très bien qu’elle avait éveillé son intérêt, et les regards et sourires qu’il lui lançait la confortait dans cette idée pourtant peu rassurante. Elle lui plaisait, certes.

Mais dans quel sens ? C’était ça, la grande zone d’ombre, celle qui l’empêchait totalement d’y croire vraiment. Pourtant, pourtant les angoisses n’avaient plus lieu d’être ce soir. Intérieurement oui, Delia craignait que ce qu’elle pensait être si différent d’avec ses dernières rencontres ne soit pas réciproque. Mais elle se refusait à y penser, à même l’envisager. S’il devait lui annoncer au bout de quelques semaines que c’était terminé, qu’ils avaient passé un bon moment mais que tout était maintenant fini alors oui, là elle y repenserait. En attendant, la jeune femme voulait y croire. Voulait penser que, s’il ne l’avait pas dévisagée d’un regard désireux dès son apparition près d’elle, c’était qu’il n’était pas là uniquement pour se satisfaire les yeux. Ce n’était pas pour sa réputation volage, ni pour sa plastique attirante. Et Delia espérait vraiment que, pour une fois, sa seule compagnie et son caractère pouvaient être autant appréciés que le reste. Comme Mario avait pu le comprendre, malgré sa désinvolture habituelle. Lui qui disait ne jamais s’attacher, lui qui allait souvent voir ailleurs, lui qui se laissait porter par son quotidien ... Il était tout de même un ami précieux, car ne la laissait pas seule dans les moments où elle avait besoin d’un peu de compagnie, et n’exigeait en retour que peu de choses, et jamais ce qu’elle n’était pas capable d’offrir. C’était leur manière à eux de marchander une amitié pourtant réelle, se donner l’impression que tout était facilement fini entre eux, d’avoir l’illusion de négocier leurs sentiments.

C’était peut-être cette envie d’être un peu plus particulière à chaque instant qui la fit réagir comme ça ? Ou bien son cœur qui se serrait en voyant les regards affamés des « dames » sur lui. Ou encore sa politesse, le sourire de rigueur qu’il leur offrait. Ou bien tout cela à la fois. Toujours est-il que Delia n’était absolument pas d’accord d’attendre ne serait-ce qu’une minute de plus à regarder ce spectacle affligeant. S’il ne voulait plus d’elle, ce ne serait pas un groupe de bécasses sans cervelle ni originalité qui lui imposerait son absence. C’est sur cette impulsion qu’elle intervint, un petit air de colère menaçant dans la voix. En espérant que d’autres l’ait entendue, pour que la rumeur se répande comme un trainée de poudre. Et qu’ainsi toutes les jeunes femmes sachent que c’était Delia qui comptait passer la soirée avec lui. Sans doute plaigneraient-elles le pauvre homme qui s’était laissé capturer dans ses filets de celle qui pouvait être surnommée la veuve noire. La jeune patronne de bar n’en avait rien à faire de ce qu’on pouvait à nouveau dire à son sujet. Après avoir tout entendu, elle s’était faite une raison. Et puis, ce soir, il y avait plus important.

- Vous êtes géniale ! Il n’y avait que ça pour les remettre à leur place ! Je veux garder cette scène en mémoire pour toujours. Merci, c’était nécessaire.

Comme ça, par exemple. Delia ne répondit pas pourtant, encore trop survoltée pour être certaine de maîtriser les mots qui pouvaient jaillir de ses lèvres. Il serait alors bien fâcheux de lui avouer, malencontreusement, à quel point le voir en galante compagnie lui avait permis de se montrer aussi vindicative et directe. Quand ils se retrouvèrent légèrement à l’écart, cependant, cela lui permit de reprendre un peu le contrôle d’elle-même. Qu’elle avait été bête de réagir ainsi ! Peut-être un peu plus de douceur et de politesse n’auraient pas été de trop. La seule chose qui ne la faisait pas entièrement regretter sa flagrante grossièreté, c’était la réflexion de son interlocuteur. Qui lui remis un peu de baume au cœur, tant elle était satisfaite de le voir amusé par son comportement, qui au final ne différait pas beaucoup de leurs gages lors de la précédente soirée. Ah, et aussi son sourire. Quand il lui reprit la main qu’elle avait lâché, pensant n’avoir aucune raison pour pouvoir la garder. Un geste aussi simple, et pourtant qui déclenchait une telle chaleur sur ses joues. Devant lui. Delia se serait bien enfuie quelque part, mais malheureusement pour elle, il n’y avait d’autre échappatoire que les yeux d’Egeado. Dans lesquels elle se plongea volontiers, appréciant pleinement la bonne humeur qu’il lui offrait, chassant bien loin sa gêne de partager ce même bien-être en sa compagnie. Sa main dans la sienne, Delia commençait à sentir les derniers remparts qui la privaient de profiter pleinement de la situation céder un à un. Il les acheva finalement, au fur et à mesure qu’elle se laissait porter par sa simple présence.

- Tout le plaisir et même plus sera pour moi. Parce que vous êtes la seule qui compte à mes yeux ce soir et que danser avec vous serait un honneur.

Là non plus elle ne répliqua rien, se contentant de sourire. Il n’y avait pas besoin du moindre assentiment, ni même de le remercier pour sa gentillesse. Ce n’aurait été qu’une escalade de politesses malvenues, et Delia se refusait à rentrer là dedans. Par contre, tout le reste s’effaçait autour d’elle alors qu’il l’accompagnait sur la piste de danse tandis que la musique, les lumières, tout leur environnement changeait. Le malaise d’être ainsi habillée, la peur de ne durer que l’espace d’un instant dans ses souvenirs, le sentiment de n’être pas véritablement digne de l’inviter, les freins qu’elle s’était créés à son contact, tout disparaissait peu à peu pour ne plus que laisser la musique, entraînante et chaude à son oreille, ainsi que ses mains posées sur elle. Elle-même se mit en place, glissant un bras sur le bas de son dos, l’autre venant se poser sur son épaule qui, cette fois, était un peu plus haute qu’elle. Sans ses talons, initiative qu’elle bénissait à l’idée de danser, Delia se trouvait en effet légèrement plus petite que lui, ce qui n’était pas vraiment pour lui déplaire. Ainsi installée, elle pouvait encore effleurer sa joue d’une délicate glissade de sa main, totalement inconscience bien sûr, tandis que les premiers pas l’animèrent.

- C’est surtout vous qu’il me vient l’envie d’éblouir. Après tout, j’ai promis de vous surprendre et de vous amuser, encore. J’espère que le pari sera réussi. Même si je n’ai plus tout à fait l’impression de jouer.

Elle lui répondit cela d’un soufflement à l’oreille, puisque son visage s’était rapproché du sien. La musique s’accéléra d’un coup, et Delia en fit de même. C’était elle qui l’avait invité et, en un sens, elle qui dirigeait ce début de danse, bien qu’elle ne doute pas qu’Egeado lui reprenne de temps à autre la main, comme un échange de bon procédés. Les premiers temps se faisaient presque hésitants, la jeune femme se demandait encore comment se comporter dans une telle situation. Mais lors de la première envolée, elle oublia les convenances et vint coller son corps au sien, lui faisant partager les impulsions que les notes faisaient naître dans le moindre de ses muscles. Leurs mouvements n’avaient rien de très académiques, tant la jeune femme ne voulait pas danser pour exécuter un ballet de gestes précis et indispensables. Elle était simplement là, accrochée à son cou, son visage arrivant à peine au dessus de ce dernier, à tourner, avancer, reculer avec lui. N’importe qui d’autre aurait sans doute pu en faire de même et avoir l’air ridicule, mais les deux jeunes gens formaient un tableau si complet qu’ils ne donnaient absolument pas cette impression. Delia se moquait d’avoir l’air à l’aise, tant qu’elle l’était dans ses bras. Ce qui était indéniablement le cas, tant elle comblait la frustration qui, depuis le début de la soirée, l’avait habitée. Tant de temps à vouloir le toucher, ne serait-ce que pour l’effleurer, et voilà qu’elle avait osé lui proposer ce rapprochement inopiné et pour le moins, plaisant.

- Je suis navrée du manque de rigueur de cette danse, je n’en connais pas les règles et cela doit vous sembler bien improvisé ...

Lui parler, encore. Lui parler, toujours. Ne jamais laisser ce lien naissant disparaitre. Et espérer qu’il en grandisse d’autant plus.

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> Les enfants commencent par aimer leurs parents ; devenus grands, ils les jugent ; quelquefois, ils leur pardonnent.
[Oscar Wilde]
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Egeado A. Iannone

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MessageSujet: Re: Wanna Dance with you ~ [Pivi Lili]   Lun 22 Aoû - 6:45

Dance, Dance
We're falling apart to half time
Dance, Dance
And these are the lives you'd love to lead
Dance, this is the way they'd love
If they knew how misery loved me

Qui l’aurait cru ? Qui aurait cru voir un jour Egeado agir de la sorte en soirée ? Lui ? Lui si extraverti mais aussi si dubitatif quant à l’intérêt de se retrouver entre bourgeois au sein d’une même salle. D’ailleurs il n’avait jamais fait une seule soirée chez lui et ce n’était pas dommage. Egeado n’était pas comme ça et il n’invitait personne à danser, il préférait rester discuter dans son coin avec quelques personnes plutôt que de s’afficher de la sorte. C’était loin d’être de la timidité. C’était juste qu’il ne voulait pas se forcer pour avoir l’air comme tous les autres. Egeado n’était pas fait pour être un riche pompeux qui sait comment agir en société parfaitement. Oui il avait eu une bonne éducation, oui il maitrisait la politesse et la langue de bois. Mais tant qu’il pouvait l’éviter, il le faisait. Alors pourquoi se serait-il obligé ? Quand ça ne lui plaisait pas, il ne faisait pas et puis c’était tout en fait. Le pro des soirées mondaines ce n’était pas lui, c’était sa sœur, et même son beau frère. Mais pas lui. Lui n’aimait pas ce monde plus que ça. Lui aspirait à la tranquillité, il avait d’autres problèmes à gérer. Alors le voir aller sur la piste de danse de son plein gré avec une femme sans faire une moue ennuyée, ça avait largement de quoi surprendre. Et les personnes présentes le connaissant un peu ne voyaient que ça. Que cette nouveauté dans le paysage. Egeado Iannone qui pour une fois, ne restait pas dans un coin à cherchant tous les moyens pour fuir. Et ça intriguait. Et ça commençait à jaser. Mais ça le scientifique s’en foutait. Actuellement, il s’en tamponnait royalement.

Car hormis la présence de Delia près de lui qui le rendait peut être légèrement plus nerveux qu’il aurait dû l’être, on ne pouvait pas dire qu’il était un virtuose de la danse. Loin de là même. Il n’était pas un danseur dans l’âme, n’avait jamais prit de cours, ne savait pas danser une valse, une salsa, un rock ou quoi que ce soit. Et il se foutait bien d’être ridicule tout seul, il ne voulait juste pas entrainer sa partenaire là dedans. Alors c’était bien mignon de vouloir l’impressionner, de vouloir lui prouver qu’il était un homme un vrai. Sauf que s’il n’arrivait pas à aligner deux pas sans lui marcher sur les pieds, l’ambiance ne risquait pas de décoller bien au contraire. Pourtant il lui fallait à tout prix mettre de côté son appréhension de faire n’importe quoi pour ne faire que profiter. Après tout, il suffisait d’avoir confiance en lui, ils n’étaient pas à un concours. Ils ne faisaient ça que pour eux et pas pour les autres. Alors au final qu’importait qu’il ne maitrise pas parfaitement des pas digne d’un spectacle ? Le spectacle n’était que pour eux et personne d’autre. Il ne fallait pas qu’il gâche tout à cause d’une angoisse de ne pas être à la hauteur. Après tout, il en avait vu des gens danser, et si rien n’était parfait, il allait quand même pouvoir se débrouiller, il n’était pas totalement un manche non plus. S’il avait su, il se serait entrainé avec Savio. Ca le fit sourire de penser ça et il expira à fond pour se donner du courage. Allez ce n’était rien d’autre qu’une danse après tout, il y en avait toujours, pourquoi se démarquerait-il des autres ?
Et puis le monde extérieur commença à disparaitre alors qu’elle posa sa main sur son épaule, qu’il posa sa main sur hanche. Alors que soudainement ils se rapprochèrent. Ils se regardèrent et elle prit la parole.

- C’est surtout vous qu’il me vient l’envie d’éblouir. Après tout, j’ai promis de vous surprendre et de vous amuser, encore. J’espère que le pari sera réussi. Même si je n’ai plus tout à fait l’impression de jouer.

Il frissonna. Juste à cause de son souffle. Il sentit une légère bouffée de chaleur le prendre à la poitrine. Finalement, ils étaient peut être bien plus sur la même longueur d’onde qu’il le croyait. Parce que la frontière entre le jeu et la réalité était bien mince. Et en opérant un rapprochement de la sorte en étant parfaitement conscience de ce que ça voulait dire, ils jouaient avec le feu. A chaque mouvement, chaque geste, chaque esquisse de sourire elle le surprenait, l’amusait, l’éblouissait. Chacun de ses gestes lui donnait envie de plus. Son pari comme elle le disait était déjà réussi avant même de véritablement commencer. Car Delia étant ce qu’elle était, elle le fascinait. Et pourtant il ne comptait pas être en reste. Certainement pas. Ego masculin ? Ego de la famille Iannone ? Peut être. En tout cas il la laissa commencer à mener la danse mais qu’elle ne se leurre pas. Même si il y avait de grande chance qu’elle l’hypnotise, Egeado avait de la ressource. Et il comptait s’en servir.

- Je pense que vous n’aurez guère de problème pour vous en tirer magistralement. Quant au jeu, advienne que pourra.

Et puis elle lança la danse. Et Egeado la suivit, essayant de calquer ses mouvements sur les siens, essayant de ressentir plutôt que d’essayer de ne pas faire de faux pas. Car des faux pas il y en aura invariablement mais pourtant ils arrivaient à être en harmonie. L’un avec l’autre. Et les minutes s’égrenaient au rythme de la musique, alors que les mouvements devenaient plus fluide, essayant d’avance puis reculer, la faire tourner, l’éloigner pour mieux la rattraper. Sa main sur sa hanche était devenue bras dans son dos. Pour être au plus près. Encore. Un sourire, elle tournoyait pour de nouveau reprendre sa place contre le torse du scientifique. Parce que c’était là qu’elle devait être, entre ses bras. Au moins pour ce soir.

- Je suis navrée du manque de rigueur de cette danse, je n’en connais pas les règles et cela doit vous sembler bien improvisé ...

- Je ne suis guère plus à l’aise. Et pourtant ça me semble totalement acceptable. Car au moins, nous nous amusons.

Egeado jeta un coup d’œil aux alentours et vit qu’ils n’étaient plus les seuls sur la piste et pourtant il avait l’impression d’être seul et unique. D’être au centre. Car le charisme qu’ils dégageaient tous les deux n’était pas imaginaire. Sans même le vouloir ils éclipsaient les autres. Car Egeado et Delia ensemble, ce n’était pas rien. Trop penser devenait superflu quand les gestes et les mouvements prenaient le dessus. Suivre la musique, apprécier le corps, le visage de l’autre. Le sentir contre soit et de nouveau bouger, danser, vivre cette soirée différente des autres. Sentir ce qui pouvait nous manquer. Plus d’action ou vérité. Maintenant il fallait voir si le jeu serait plus important que la réalité. Et si se voiler la face durerait ou non.

Sandro souriait. Ce n’était pas tous les quatre matins qu’on voyait Egeado danser et s’afficher en soirée de la sorte. Encore moins avec une femme de la trempe de Delia. Et pourtant il fallait avouer qu’ils formaient un joli couple, ainsi assorti. Oui à les voir comme ça, c’était clair qu’ils allaient clairement ensemble. Mais le physique ne faisait pas tout. Sandro ne savait pas si leur manège n’était que pour un soir ou parce qu’ils avaient en tête autre chose et à vrai dire il s’en fichait totalement. Pour une fois que du piment pouvait être mit en soirée, il n’allait pas s’en priver. Et c’était encore mieux que ça soit chez lui. Si les gens n’étaient pas contents, ils n’avaient qu’à partir et les laisser profiter tranquillement. Oui Sandro serait intransigeant ce soir, il comptait bien profiter et non canaliser et faire le médiateur. Ils étaient tous des adultes, à eux de se gérer. Il passa voir de nouveau celui qui s’occupait de la musique. En général, les mêmes mélodies assommantes tournaient en boucle sans jamais une note plus haute que l’autre. Et ça commençait déjà à changer. Il indiqua une chanson à mettre juste après celle-ci. Il eu droit à un regard inquisiteur qu’il ignora royalement. Il était chez lui, il faisait ce qu’il voulait. Il jeta un nouveau coup d’œil à Egeado et Delia, puis aux autres couples qui commençaient à venir sur la piste et sourit largement. Avec un peu de chance, ça allait valoir le coup d’œil. Il attrapa délicatement la main d’Amelia et l’entraina à sa suite sur la piste de danse. Il avait bien l’intention d’en profiter avec elle.

Les dernières notes de la musique s’évanouirent et ils cessèrent leurs mouvements. Egeado regarda autour de lui, comme pour reprendre pieds dans la réalité. Mais il n’en eu pas le temps, car implacablement, une nouvelle musique surgit des hauts parleurs. Bien plus typée Amérique du sud, avec des notes qui ne laissaient aucun doute sur la suite. Des notes qu’en plus il connaissait bien. « Hasta la Vista ». Une vieille chanson d’outre tombe. Un français. Et pourtant, des premières paroles en espagnol. Un rythme entrainant et pourtant lent permettant un rapprochement certain. Il tomba sur le regard de Savio. Qui lui fit un clin d’œil équivoque. Lui aussi savait. L’histoire d’un homme et d’une femme. Une histoire parfaitement jouable sur un air comme celui-ci. Il n’avait pas lâché sa main. Et son cœur émit un battement plus fort que l’autre. Il lui jeta un regard tout ce qu’il y avait de plus équivoque. « Vous jouez ? » Et elle ne se fit pas prier alors qu’il laissa échapper à son l’oreille les dernières paroles du premier couplet.

« A mí me gustaba la chica llamaba Rachel
Tengo la voz, la fuerza, estiló y papel.
Si te gusta vas a bailar como Ibiza.
Soy como el sol. Hijo de Africa »

Son corps vibra et le refrain commença.
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Delia Fabriosa

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MessageSujet: Re: Wanna Dance with you ~ [Pivi Lili]   Lun 22 Aoû - 13:46

Spoiler:
 

Un sourire se fana sur les lèvres habiles d’un quadragénaire aux cheveux poivre et sel. Il ne faisait pas son âge, et ses cheveux n’étaient pas grisonnants mais élégamment parsemés des preuves de son expérience. Cela faisait toute la différence, dans la mesure où il était plutôt bel homme et pas déjà une relique qu’on essaie d’éviter. Il avait d’ailleurs en face de lui une charmante créature, un peu stupide mais cela ne le dérangeait pas outre mesure. Ses formes étaient convaincantes, bien plus que le discours qu’elle tentait maladroitement de faire sur la condition des ours polaires. Oh, certes Mario aurait pu trouver une compagne plus intéressante. Mais ce n’était pas par hasard qu’il fréquentait le Love’s out. Il était en effet de ces hommes qui trouvent que la vie est trop courte pour ne pas en profiter. Il mettait un point d’honneur à prévenir toutes ses conquêtes de ce qu’il attendait, et s’attachait docilement à essuyer un refus outré ou des espérances qu’il s’empressait de tuer dans l’œuf. Ce devait être clair pour les deux partis, ce devait être consentant, ce devait être un simple échange entre deux adultes qui auraient envie d’une même chose. Et c’est d’ailleurs sans doute grâce à son âge que Mario parvenait encore à séduire. L’âge avait été clément avec lui, et les quelques rides qui apparaissaient autour de ses yeux lui donnaient l’air rieur qu’il lui manquait parfois. Le temps n’avait réussi qu’à l’embellir, lui conférant cette prestance qui manquait souvent aux jeunes d’aujourd’hui. Il avait bonne allure, se tenait avec classe et une aura de bienveillance se dégageait de lui, malgré sa vision très étriquée de l’amour. Il n’est en effet pas dit que les hommes qui apprécient les aventures d’un soir n’étaient que des goujats répugnants. Et Mario Scalli en était un exemple parfait.

La bécasse qui lui tenait compagnie babillait déjà depuis un certain temps sous son regard attendri, tellement habitué à ce genre de femmes qu’il n’y faisait pas attention. Pour attendre que sa fougue se ternisse et ne lui laisse l’opportunité de lui proposer autre chose de plus ... intéressant, Mario se refusait à lui couper la parole. C’était une pratique que les femmes détestaient, et il avait tout son temps. De plus, il trouvait presque attendrissants les efforts que faisait cette jeune donzelle pour lui plaire, montrer une culture qu’elle n’avait pas, étaler des mots qu’il n’était pas sûr qu’elle comprenne. Ses yeux pétillaient d’excitation, et ses lèvres qu’il savait déjà douces pour y avoir goûté en cachette étaient fascinantes en mouvement. Ce ne fut donc pas elle qui lui fit perdre son sourire, étant donné qu’elle avait toute son attention pour la soirée, et même bien plus encore si elle le désirait. C’était d’avoir aperçu celle qu’il avait laissé un peu plus tôt chez lui, dans l’après midi. Il n’était pas venu avec elle ayant quelques détails à régler auparavant, et s’il venait de la remarquer c’était à cause du petit ange qui lui tenait compagnie dont il avait dores et déjà flatté de baisers la peau, dans un couloir un peu plus tôt dans la soirée. En guise de préambule. Et là il la voyait seulement. Elle était au centre de la salle, éblouissante dans une robe rouge qu’elle n’avait jamais daigné lui montrer. Elle semblait faite de lumière tant elle rayonnait, un sourire était même apparu sur ses lèvres. Il crut devoir se retenir au mur en le voyant, si peu habitué qu’il était à cette si simple démonstration de joie. Il connaissait bien sûr ses faux sourires, mais jamais encore elle ne l’avait regardé comme ça. Ne l’avait touché comme ça.

Avec son partenaire, elle semblait si à l’aise qu’il sentit la jalousie lui mordre le ventre. Il avait pourtant l’habitude de la voir dans les bras d’autres hommes, pourtant il savait avec assurance que sa préférence revenait toujours vers lui, qui se plaisait à l’écouter et à lui offrir ce qu’elle désirait tant. Ils étaient de vieux amis et Mario pensait avoir à ce titre une place privilégiée. Alors qu’à présent il voyait bien que c’était d’avantage le cas pour ce freluquet d’Egeado Iannone, qui recevait ses sourires, qui recevait son corps entre ses bras. Alors oui, Mario était horriblement jaloux. C’était lui qui l’avait introduite dans cet univers, lui qui l’avait accompagnée pas à pas, lui encore qui se pliait à ses humeurs ou ses disponibilités. Et, sous ses cheveux bigarrés, le rouge lui venait aux joues. Tout à coup, il se moquait du décolleté de sa partenaire au moins autant que les ours polaires dont elle parlait. Son regard se fit glace alors qu’il cherchait le sien, en vain. Ils évoluaient lentement, mais cela suffisait à lui donner envie d’être lui. De la faire virevolter entre ses bras, de la serrer contre lui, de la posséder. Mais il s’était toujours mis dans la tête que Delia Fabriosa et Mario Scalli n’étaient pas fait pour être véritablement ensemble. Elle était telle une hirondelle, virant de bord dès qu’on tentait de l’attraper, aussi rapide que maligne, évitant la pluie et se déplaçant de toit en toit au gré de ses envies. Il lui fallait un compagnon à plumes et non un humain qui tenterait de la faire sienne, c’est pourquoi il n’avait jamais au grand jamais tenté de la retenir. Aussi élégante, volage et gracieuse que cet oiseau dont le plumage triste était pourtant loin de l’aura pétillante qui l’entourait en cet instant. Joyeuse, voilà ce qui lui venait à l’esprit en l’observant. Et ça le rendait malade. Aussi prit-il le poignet de son interlocutrice pour s’approcher un peu du centre de la salle et continuer à faire semblant de l’écouter d’un endroit où il pouvait les observer.

Delia n’avait absolument pas conscience du regard assassin de son tendre ami, perdu qu’il était dans les nombreux autres qui les observaient. Les autres aussi, qui commençaient à danser. Mais la jeune femme ne se voilait pas la face, c’était surtout eux que l’on regardait avec envie. La femme était belle, mais son partenaire était loin d’être en reste. Ils formaient alors à deux un tableau atypique et fascinant, rempli d’un exotisme inconnu et d’une tension palpable. Entre rire et sérieux, leur danse évoluait au gré de leurs inspirations, sans se distinguer de toutes les autres par un quelconque détail artistique ou technique. Ils ne faisaient que danser, sans doute avec moins de rigueur que bien des couples à présent lancés à leurs côtés. Ce qui ne les empêchaient pas de remporter, elle en était presque sûre, le prix du plus surprenant. Ils bougeaient en rythme, ensemble, mais sans règle ni logique, sans schéma ni préparation. Mais leurs gestes se répondant, leurs yeux brillants et leurs sourires échangés faisaient oublier le manque de justesse dans leurs pas. Par cette véritable volonté de partager un moment complice, Egeado et Delia semblaient assurés et renvoyaient une image attirante pour tous les convives les observant.

- Je pense que vous n’aurez guère de problème pour vous en tirer magistralement. Quant au jeu, advienne que pourra.

Comme il avait raison. De toute façon, il serait bien prétentieux d’avouer que l’un ou l’autre ne dominait la partie, et Delia doutait du fait que lui comme elle ait cette envie. Il était bien plus amusant de se laisser porter par des limites dont ils ne connaissaient pas toujours l’existence, de se laisser errer dans la rivière du possible et des surprises. Et advienne que pourra, comme il le disait si bien. Tant que tous deux y trouvaient leur compte ... Et à ce propos, la jeune femme commençait à trouver qu’ils voguaient tous deux vers la même direction, avec les mêmes envies. Ce qui changeait bien de leurs premières rencontres où chacun essayait de tirer l’autre dans une certaine voie, avec des questions ou des remarques. Ils ne s’affrontaient plus tels deux inconnus mais voyageaient ensemble vers une destination encore incertaine main dans la main. Ou plutôt, corps contre corps puisqu’à chaque fois qu’elle s’éloignait pour revenir, Delia se retrouvait un peu plus près de lui, jusqu’à ce que son bras l’enserre et qu’il la tienne au plus proche, à la fois possessif et la laissant libre de tourner au bout de ses doigts.

- Je ne suis guère plus à l’aise. Et pourtant ça me semble totalement acceptable. Car au moins, nous nous amusons.

Un rire étouffé s’échappa d’ailleurs des lèvres de Delia, qui approuvait totalement. Lui, pas à l’aise ? Alors qu’il dégageait une assurance folle et un charisme tout aussi dévastateur. C’était étrange de l’entendre admettre une telle chose, mais cela le rendait encore plus attirant. Car accepter quelque chose dont on n’a pas la maîtrise et se risquer à échouer, c’est une forme de courage plutôt intéressante. Ils en étaient là quand tout à coup, la musique s’arrêta et, si Delia restait dans ses bras, ils cessèrent leur danse. La jeune femme espérait de tout cœur qu’il ne juge pas qu’une seule suffisait, qu’il n’y avait pas besoin de plus. Elle voulait encore et encore se laisser porter par la musique et par son contact, qu’importait la chanson, qu’importaient les contraintes. La patronne de bar respira de nouveau quand elle entendit les premières notes s’élever, sur un air qu’elle semblait reconnaitre. Ce ne fut pourtant qu’aux premières paroles qu’elle se souvint. Cet air venu d’ailleurs, cette voix qui n’étaient pas celle du pays qui avait fait naître les intonations latines qui parvenaient jusqu’à eux. Mais une chanson toute particulière, remplie d’une sensualité sans limite, et d’une grâce toute particulière. Si Delia s’étonna le temps d’une seconde d’entendre cette chanson ici, elle ne se posa pas plus de question alors qu’elle croisait le regard d’Egeado. Il semblait impatient, attendant sa réponse à une question muette qu’elle devinait bien. Aux premiers accords de guitare, Elle fit bouger son bassin une infime seconde, en rythme. Sa réponse qui, ajoutée à ses yeux remplis d’étoiles, ne laissait aucun doute sur la nature de son « oui ».

« A mí me gustaba la chica llamaba Rachel
Tengo la voz, la fuerza, estiló y papel.
Si te gusta vas a bailar como Ibiza.
Soy como el sol. Hijo de Africa
»

Laissant à peine le frisson prendre possession de son échine, Delia afficha un sourire joueur, satisfaite de trouver là une nouvelle manière de s’amuser, de profiter de sa présence. Elle coula le long de son bras, s’éloignant comme si elle devenait subitement inaccessible, avant de lui répondre d’une voix claire, à l’accent italien prononcé qui ne dénaturait pas le moins du monde le timbre chaud de la chanteuse.

- Eso es amor sin dolor
Hasta próxima mi amor
Eso es amor sin dolor
Hasta la vista mi amor


Le refrain fut, comme elle le prévoyait, entrecoupé de sa voix à lui, lui répondant des « Hasta la vista » en écho à ceux du chanteur noir. Pour l’instant, seuls les regards se faisaient proches, et quand Delia revint vers lui ce ne fut pas pour revenir se lover dans ses bras mais pour se déhancher devant lui, distante, comme intouchable. C’était à lui de répondre.

« J'ai compris le complot cuando la fille me dit te quierro Amigo, dans le barrio on se pavanait sec. Sex six jours sur septembre Tequila, pas de prise de tête
Quand je pense à toi Rachel Esmeralda J'en ai la gorge serrée mais bon j'ai des valda
»

Cette fois-ci, Delia s’avança. Puis, d’un mouvement où elle s’enroulait autour de son bras, se retrouva les deux bras enroulés autour de sa nuque, qu’elle caressait négligemment alors qu’il finissait de chanter. Et c’est en murmurant, mais l’air encore moqueur, qu’elle redressa le buste pour le plaquer contre son torse, collant son bassin au sien sans pour autant lui faire cesser ses mouvements de hanches et enfin, tandis qu’elle dansait presque sur place, glissait sa tête contre son épaule. Ceci avait deux buts. Le premier, lui imposer devant lui une cascade rousse qui ne laissait que vaguement libre un soupçon de peau de son cou. Le second, elle lui murmura de nouveau à l’oreille le refrain qui lui était dévolu.

- Eso es amor sin dolor
Hasta próxima mi amor
Eso es amor sin dolor
Hasta la vista mi amor


Le jeu continuait, pour l’instant. Mais la chanson était bientôt finie. Il ne restait qu’un couplet, qu’un refrain. Elle donnerait donc l’assaut final, elle le savait. Tout ce qui restait à déterminer pour Delia, c’est le ton que celui-ci prendrait.

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> Les enfants commencent par aimer leurs parents ; devenus grands, ils les jugent ; quelquefois, ils leur pardonnent.
[Oscar Wilde]
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Wanna Dance with you ~ [Pivi Lili]

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