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 [X] Délicieuses habitudes [PV]

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Livio Gianelli

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MessageSujet: [X] Délicieuses habitudes [PV]   Lun 12 Sep - 12:42

Mes amis, mes amours, mes emmerdes.

Le corps de Livio se tendait avec délice sur le coton clair de ses draps, son dos arqué venant frôler son plafond tandis que son bassin tressaillait avec difficulté et que ses épaules seules le retenaient à terre. Il était prêt à s’envoler, le regard fou, les cheveux décoiffés et le front trempé de sueur. D’un instant à l’autre, il pourrait toucher les étoiles, taquiner la voie lactée et emprunter un météore pour ne plus jamais redescendre. Il sentait chaque muscle de son corps se tendre dans cette optique, tentant de défier la gravité et les lois terrestres qui l’emprisonnaient là alors que le plaisir était plus fort que tout, du moins le croyait-il. Et il s’arrêta là, comme un oiseau abattu en plein vol. Un instant seulement, Livio s’était figé, son visage déformé par une grimace d’une délicieuse douleur qui se transformait peu à peu en une supplique de frustration, une colère sous-jacente et une véritable difficulté à reprendre pied. Arrêté alors même que l’apogée de l’orgasme arrivait, Livio se voyait ainsi des plus mécontents et lorsque son corps retrouva la fermeté du matelas, ses yeux bleus se rivèrent dans le regard charbonneux de son partenaire. Il y lisait la satisfaction et le défi, la joie de satisfaire tout en surprenant, le plaisir de simplement prendre le dessus. Et la voix le nargua d’une phrase qu’il ne retint pas, trop occupé à essayer de se contenir. Livio ne devait pas arranger le portrait de cet homme qu’il connaissait maintenant bien, il ne devait pas lui briser le cartilage nasal d’un coup de poing bien mérité. Il devait jouer plutôt que perdre, et admettre sa défaite serait une grave erreur. Il ne méritait pas qu’il admette la frustration qui, pourtant, suintait de la moindre parcelle de son corps nu. Il ne méritait pas plus sa clémence et son pardon pour son arrogance et cette farce, fort peu agréable.

Livio ne savait pas bien si c’était sa colère ou son désir qui s’exprimèrent, sans doute un peu des deux. Toujours est-il qu’il se redressa, attira le corps fin à lui, sentant au passage les muscles trop bien cachés qui dessinaient avec élégance cette silhouette si familière. L’embrassa, à pleine bouche et sans douceur. Rapidement et avec une facilité qui témoignait de sa supériorité physique, Livio retourna le jeune homme dans ses bras, l’allongeant à son tour pour prendre place entre ses cuisses ouvertes. Il le regarda, un bref instant. Le laissa comprendre le plaisir qui arrivait. Lui comme son compagnon ne demandaient que ça, et Livio accéda à leur requête commune en pénétrant d’un coup de bassin son amant. Il n’attendit pas longtemps, simplement pour s’habituer à la délicieuse sensation, avant de commencer son œuvre et de se reculer pour mieux revenir. Avec passion, il accélérait sans pitié et, cette fois-ci, ne s’arrêta pas quand il sentit la presque habituelle sensation revenir. Il l’adopta le temps d’un instant, avant de la laisser le submerger, l’habiter complètement et entièrement, prenant possession de son corps et de son esprit embué qui ne se rendait même plus compte de la présence d’un autre être humain contre lui. Il allait s’envoler, Livio partait totalement, il sentait son corps se faire léger et commencer sa lente ascension, Livio exultait, Livio ... se réveillait. Brutalement, la réalité s’imposa à lui comme un poignard se serait enfoncé entre ses côtes. Mais la douleur venait de plus bas encore, là où son corps manifestait le désir totalement fou de voir ce songe se réaliser un jour.

Livio se réveillait, avec une idée persistante en tête. Celle de ne pas réussir à assumer cette attirance incontestablement physique pour Val, même en rêve. Car c’était à la fois lui et quelqu’un d’autre à qui il venait de faire l’amour le temps d’une nuit de sommeil. Les cheveux étaient identiques, ce brun si caractéristique plus clair que les deux puits sombres qui lui tenaient lieu de prunelles. Le corps était un mélange de ce qu’il avait pu voir et de ce qu’il imaginait, car évident rien ne s’était jamais passé entre eux en dehors des rêves honteux de Livio. Jamais, jamais cela ne deviendrait réalité, pour bien des raisons. La plus évidente était que Val était résolument un tombeur de ces dames, les faisant craquer avec ce charisme qui irradiait de sa silhouette à chaque instant. Il aimait les femmes, tandis que Livio aimait les hommes sans lui avoir jamais dit. De peur, sans doute, qu’il n’interprète -pas si- mal que ça les regards qu’il lui lançait parfois. Une autre raison toutefois se substituait à sa gêne. Celle de ne pas gâcher une si belle amitié, profonde et si évidente, par un désir qu’il ne maitrisait pas. Qu’il muselait en journée, qu’il faisait taire au fond de lui malgré les pensées que parfois Val éveillait en lui. Livio ne se relâchait que la nuit venue, alors que ses envies coupables refaisaient surface sans qu’il ne puisse rien y faire. Il avait bien essayé l’insomnie mais n’avait pas tenue deux nuits, les somnifères ne l’avaient pas plus aidé. Alors maintenant, il se contentait de rougir de ses rêves après en avoir tant profité pendant quelques heures d’un repos pas si calme que cela.

Livio se passa une main sur le visage, encore honteux de ce songe si déstabilisant pour lui. Il devait pourtant faire face à l’évidence : l’envie ne partait pas, et comme à chaque fois il dut faire un choix difficile entre la douche glacée ou le soulagement manuel. Optant, comme à chaque fois là encore, pour la seconde option, Livio plongea son visage dans son oreiller pour éviter de s’entendre gémir faiblement. Là, il laissa sa main descendre et ses doigts retrouver leurs habitudes. Cela arrivait de plus en plus souvent ces temps-ci, alors qu’au début cela n’avait été que très épisodique. Et dire qu’il devait voir Val ce soir justement. Le regarder en face serait-il toujours aussi facile ? Il n’y avait pas de raison, après tout malgré le peu de secrets entre eux Livio et Valente s’entendaient bien, très bien même. Se comprenaient parfois d’un regard, agissant de concert et retrouvant des gestes si naturels entre eux, l’un avec l’autre. Boire, plaisanter, œuvrer d’une même impulsion, c’était le quotidien en sa présence. Un quotidien rassurant et plaisant, attirant et brillant. Teinté de cette part sombre de lui, entaché de son désir honteux et inavoué, refoulé au fond de ses rêves et jamais totalement assumé. Un mensonge par omission qui avait son importance, sa signification, malgré ce que pouvait bien s’avouer Livio, persuadé que retrouver rapidement quelqu’un le libérerait de cette pression constante que le fruit de son imagination faisait peser sur lui. Rougissant légèrement, Livio lâcha le prénom de Valente dans le tissu blanc de son oreiller avant de se lever, coupable et déçu de sa faiblesse évidente. Tirant les draps comme pour faire comme si rien ne s’était passé, le jeune militaire se dirigea en boxer jusqu’à sa salle de bain pour prendre le temps de s’éveiller sous le jet tiède de la douche, lavant ses impuretés et tout ce qu’il se reprochait.

La journée se déroula moins bien que prévu, pourtant. Livio avait appris une fois arrivé dans son bureau de lieutenant qu’il n’occupait que le matin pour consulter ses éventuels messages qu’une réunion venait d’être programmée en fin de journée. Cela risquait d’une part de le faire arriver en retard, et en plus de cela il n’avait prévu aucun costume qui convenait à la situation. Heureusement, Luca était déjà là. Très efficace, ce gamin, pour tout ce qui avait trait à l’organisation et à l’administratif. Tout ce que Livio détestait, en somme. Luca lui avait fait remarquer et surtout rappelé que, justement en prévision de jours comme celui-ci, il avait lui-même amené un costume de secours qu’il gardait plié dans son placard à dossiers, juste au dessus de son arme de rechange. Livio bénit la mémoire de son subordonné avant de le laisser en plan pour partir se balader du côté des quartiers aisés, à la recherche qu’il était d’une jeune fille dont on venait de lui donner un vague signalement. Ça ne pressait pas, il avait le temps. De toute façon, personne n’échappait vraiment longtemps au GDP et ses supérieurs ne cherchaient pour l’instant que des informations. Puis, en fin d’après midi le militaire revint sur ses pas, bredouille pour l’instant malgré sa journée passée dehors. Il enfila sa chemise blanche, sa veste gris anthracite et une cravate assortie qu’il ne serra pas totalement afin de pouvoir encore respirer à son aise. Il se sentait horriblement mal dans ce déguisement de foire, et rien ne l’agaçait plus que de savoir qu’il n’aurait sans doute pas le temps de se changer à nouveau avant son rendez-vous fixé avec Valente.

Après plus de deux heures de discussions plus ou moins houleuses où chacun donnait son opinion à propos de « l’incident » de la galerie Vittorio Emmanuele II, Livio ressortit épuisé, les cheveux à moitié décoiffés et la cravate défaite, qui pendait tel un cadavre sur son cou ainsi dévoilé. Il ne prit que le temps de jeter sa veste dans les bras de Luca qui lui avait amené la sienne, celle qu’il ne quittait jamais vraiment même si au dessus de sa chemise elle dépareillait. Il la garda alors à son bras, mal à l’aise dans ce tissu si peu confortable et si peu ressemblant à son image habituelle, pour se diriger à grands pas vers la sortie de l’immeuble. Un coup d’œil à droite, un à gauche et Livio s’enfonça dans les rues de Milan qui perdaient peu à peu en luminosité, avançant d’un bon pas pour ne pas se présenter en retard. Il arriva finalement devant un restaurant où ils étaient déjà venus plusieurs fois, à la fois élégant et savoureux sans être trop huppé ni trop tape à l’œil. Un endroit sympathique qui permettait alors de passer une soirée agréable en bonne compagnie. Livio aperçut d’ailleurs Valente du coin de l’œil, se dirigea vers lui et le salua d’un mouvement de tête. Puis il poussa les portes du restaurant et entra, tenant la porte pour son ami qui la franchissait alors qu’il lui adressait enfin la parole.

- Val, ta journée ?

Trois mots qui suffisaient pour replonger avec plaisir dans cette complicité qui les liait, dans cette amitié qui avait prit le temps de grandir et de s’épanouir en tant d’années de rencontres, au hasard ou planifiées, tant de discussions plus ou moins sincères.


Dernière édition par Livio Gianelli le Lun 26 Sep - 13:52, édité 2 fois
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Valente Genovese

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MessageSujet: Re: [X] Délicieuses habitudes [PV]   Lun 12 Sep - 15:52

T'es ma nicotine, t'es mon oxygène, t'es mon allumeuse,
Quand tu creuses ma tombe,
Quand je te prends quand je t'allume toi tu veux que j'avale,
Quand t'as le feu au bout de toi, toi tu dis j'ai pas mal.

Valente Genovese tira sur sa clope avec un soupir d’extase. Il expira la fumée avec une lenteur contrôlée et tira de nouveau. Parce que Valente aimait fumer. C’était son plaisir à lui. Entre autres. Il aimait la nicotine, il aimait ce plaisir à chaque fois que le filtre touchait ses lèvres, il aimait la fumée, son odeur. Il se fichait des campagnes anti tabac comme de son premier chapeau, il ignorait les partisans des poumons sain, il apprenait la vie aux non fumeurs qui se permettaient de lui faire une remarque. Alors on évitait de dire quelque chose de déplacé au jeune homme quand il fumait. Valente et sa cigarette, c’était sacré. C’était son amie, son antidépresseur, sa flamme. Elle savait lui sourire, le soumettre, lui remonter le moral, lui donner la pêche, l’empêcher de faire n’importe quoi, le calmait. Et pourtant, il n’était pas un énorme fumeur. Non, allez c’était la dizaine de clopes par jour, pas un ou deux paquets. Quand il était bien c’était moins, quand il était sur une mission, c’était plus. Quand il était avec ses sœurs c’était zéro, quand il était avec son frère, il explosait son quota. Il fumait des blondes, il les achetait déjà roulées, il préférait que ça soit rapide. Il avait toujours deux briquets parce qu’on ne savait jamais quand l’un serait vide. Un Valente privé de cigarette, ça pouvait devenir très vide intenable. Car il était accro. Totalement accro à ce bout de tabac. Même s’il ne voulait dépendre de rien c’était trop tard et la cigarette l’avait séquestré. Ainsi il essayait de garder le contrôle avec ses dix cigarettes en essayant de ne pas trop exagérer.

Et puis la cigarette, c’était bien aussi le lendemain. Le lendemain d’une nuit à l’extérieur. Le lendemain d’une nuit sans lendemain. La veille le mafioso était sorti dans un bar, il avait fait des rencontres, pas mal de rencontres, mais il avait jeté son dévolu sur Celio. Il était mignon Celio. Il jouait le mec aguerri qui connaissait la nuit, qui connaissait le danger, qui ne connaissait pas Val. Et ça lui avait plu. Parce qu’il comptait bien lui montrer la véritable nuit. Celle qui émerveille les sens, celle qui fait mal, qui fait peur, qui fait frissonner, qui fait bander et qui fait jouir. Et en une nuit, Celio avait expérimenté bien des nouvelles choses. On pouvait même dire que Valente avait fait le bien pour une fois, il avait cassé les espoirs, avait montré la vérité, l’avait foutu dans la merde, l’avait cherché, l’avait trouvé et l’avait dominé jusqu’à ne plus en pouvoir, jusqu’à ce qu’il oublie jusqu’à son prénom, jusqu’à ce que cette nuit reste gravée mais qu’il ne puisse plus jamais en parler. Et Val avait dormi. Deux heures, ou trois. Et il s’était levé, il avait allumé sa clope et il était parti. Les commerçants commençaient à peine à ouvrir les devantures, il se fit offrir les croissants et le café dans un de ses bars habituels et discuta un peu avec le proprio disant que ça devenait un peu chaud ces derniers temps. Tout le monde était en effervescence avec l’attentat récent et que des bandes n’hésitaient pas à venir foutre la merde et mettre des vitrines à sac. Valente hocha la tête. Il savait ça, et ça n’allait pas aller en s’arrangeant si la famille ne mettait pas le holà tout de suite. Il n’aimait pas trop que les flics viennent fouiner dans ces quartiers, alors il essayait de gérer de son côté, mais le soir, il était au casino, il ne pouvait faire la loi que la journée. Et évidemment, c’était à la tombée de la nuit que le pire arrivait toujours.

Enfin, ce soir il n’aurait pas trop de soucis à se faire, il y avait des gens pour gérer l’Argenta et il n’avait donc pas à y être trop de fois. En même temps ça valait le coup, ce soir il voyait Livio. Parce que ça faisait un petit moment qu’ils n’avaient pas dîné ensemble au restaurant. Et tout simplement parce qu’il envie de le voir. Livio, cet ami si cher à qui il tenait tant. Il était son secret, comme celui qui cache le fait qu’il a une petite amie. Et bien Valente se payait le luxe d’avoir un ami. Un vrai ami. Celui à qui on peut tout dire, ou presque, celui a qui on peut tout demander, ou presque. Celui qu’on aperçoit qui nous fait sourire, celui qui déride, celui qui a raison, celui qui a tord. Celui qui est là quand il faut et absent quand c’est trop. Livio c’était tout ça et bien plus. Et il ne s’appelait pas Genovese. Il n’était pas de la famille, il en était à des années lumière. Et pourtant Valente lui faisait confiance comme à un frère – Pas le sien mais c’était une image – comme à un père ou un cousin. Cette relation qui ne tenait qu’au bout d’un fil avait prit son envol et maintenant était stable. Parce qu’ils savaient plus ou moins le caractère, les envies, les secrets les non dits. Ils savaient que la mort était derrière chacun de leurs pas, qu’elle pouvait frapper à tout moment. Ils savaient se défendre, ils savaient. Et c’était tout. Et c’était fort.

Val étouffa un bâillement en poussant la porte de la grande maison familiale avec l’intention de dormir son soul jusqu’en fin d’après midi. Quelque chose lui agrippa la jambe et il baissa les yeux pour tomber sur ceux de Sofia. Il lui sourit et écrasa vivement la fin de sa cigarette avant de la prendre dans ses bras pour l’embrasser sur la joue. Ils discutèrent quelques minutes de leur dernière journée et Sofia lui serra les épaules. Valente fit de même avant de se mettre à la chatouiller pour le plaisir d’entendre ses rires résonner dans le grand hall. Le rire de Sofia était sans pareil. Et sa petite sœur était adorable. C’était bien les rares fois où on voyait Val dans un tel état de gagatitude devant quelqu’un. Il aurait été prêt à tout pour elle, pour toutes ses petites sœurs à vrai dire. Parce qu’elles étaient la preuve de son humanité dans le monde violent dans lequel il évoluait, contre lequel il voulait les préserver. Des pas se firent entendre, Valente jeta un coup d’œil à la porte et son sourire se fana quand il y vit Cristiano, avec son air hautain et méprisant des grands jours. Valente posa Sofia à terre et lui intima d’aller jouer avant de sortir une nouvelle cigarette et de l’allumer brusquement. Pourquoi il fallait qu’il tombe sur lui maintenant ? Ca avait de quoi pourrir une matinée ça.

- T’as encore découché ? Le ton était supérieur et dédaigneux. Tu prends du bon temps dans tes heures de boulot à ce que je vois.

Valente répondit du tac au tac avec humeur.

- Et toi tu me surveilles maintenant ? Je fais encore ce que je veux. Je te demande des comptes quand tu te tapes des pouffiasses moi ?

Son frère fit un pas rageur vers lui mais Valente monta à l’étage pour éviter de faire une scène dans la maison dès le matin, il n’avait pas envie d’une nouvelle prise de tête alors que cette nuit avait été bien et que la soirée à venir s’annonçait dans la même veine. Il n’aimait pas tourner le dos à son grand frère mais il ne voulait pas non plus faire un scandale de bon matin. C’était à se demander de quoi il se mêlait à toujours être sur son dos alors qu’il savait sans jamais se l’avouer que Valente faisait bien son travail. Il était juste pitoyable pensa le mafieux. Il rencontra son père à l’étage et lui fit une bise sur la joue avant de sourire en répondant à sa plaisanterie sur son absence nocturne. Puis il rejoignit sa chambre des plus sobres en s’affalant sur le matelas, la tête dans les oreillers pour profiter d’un repos bien mérité. Il n’entendit pas ses autres sœurs se lever qu’il dormait déjà profondément. Ses rêves furent calmes et ils s’envolèrent quand il ouvrit les paupières vers dix sept heures. Il s’étira, remercia son père d’avoir prévenu ses sœurs qu’il dormait et qu’il ne fallait pas faire de bruit. Il alla s’enfermer dans sa salle de bain pour y prendre une longue douche brûlante avant de s’habiller sensiblement de la même manière que d’habitude, pantalon noir, chemise blanche, veste marron clair, chapeau de la même teinte avec une bande bordeaux. Pas de cravate, pas de ceinture. Il n’oublia pas son arme, à toujours avoir sur soi et laissa ses cheveux sécher à l’air libre, il les coifferait plus tard.

Il descendit pour retrouver ses autres sœurs, sa grand-mère lui servit une tasse de café, il la remercia d’une bise sur la joue. Il apprit que son père comme son frère était absent. Son oncle Ennio était déjà en mission depuis quelques jours et ne faisait que de brèves apparitions. Il croisa Alesio son cousin. Il était le fils de sa tante, la sœur de son père et il était arrivé sur Milan récemment. Il avait déjà fait ses preuves mais attendant qu’on puisse vraiment lui confier quelque chose de plus important avant de décider dans quelle branche il pourrait manœuvrer. Il venait d’avoir vingt et un an et c’était un jeune homme agréable et souriant, qui avait la plaisanterie facile et qui s’entendait bien avec tout le monde, avec son tempérament à tempérer les disputes, Valente aimait bien discuter avec lui. Ce qu’il commença à faire en essayant de repousser les assauts de Sofia pour qu’il vienne lui lire un livre. Lucilla lui posa une question en mathématique et Franca lui demanda son avis sur sa nouvelle robe. Valente sourit. Il était heureux d’avoir une relation aussi bonne avec ses sœurs. Quelque chose que son frère n’avait pas et n’aurait jamais avec son caractère pourri qu’il avait. D’ailleurs les disputes commençaient à éclater périodiquement entre Cristiano et Lucilla qui en avait marre qu’il les traite comme rien alors qu’elles étaient ses sœurs. L’argument revenait toujours qu’ils n’étaient que demis frère et sœurs et qu’il n’avait aucune raison de les accepter en tant que sœurs à part entière. Ce qui peinait beaucoup Sofia et qui énervait beaucoup Valente.

Enfin il fut l’heure et il termina de se préparer avant de se diriger à la nuit tombante vers le restaurant qu’il avait choisi. Où il connaissait les propriétaires et où il savait la nourriture savoureuse et le service plutôt de qualité sans que le restaurant devienne de luxe. Bien qu’il savait que Livio comme lui auraient pu se l’offrir. Il s’adossa et alluma une nouvelle cigarette en l’attendant, croisait des regards, fut satisfait qu’on baisse les yeux et expira une nouvelle fois de la fumée en le voyant arriver à pas rapides. Il jeta son bâton de nicotine par terre et l’écrasa avant d’entrer dans le restaurant par la porte que Livio venait de tenir pour lui.

- Val, ta journée ?

Valente prit place à la table qu’on lui avait réservé et que le serveur venait de leur indiquer après avoir répondu au salut du patron d’un signe de tête. Il retira sa veste sur le dossier, révélant la crosse de son arme pour quiconque regardait à cet endroit.

- Disons… Familiale, il y avait du monde à la maison aujourd’hui. Dont une personne dont je me serais bien passé de croiser mais bon. Heureusement que j’ai dormi une bonne partie de la journée.

Il le regarda de haut en bas avec un léger sourire moqueur.

- Il ne fallait pas te mettre sur ton trente et un pour moi tu sais, on a passé le stade de se plaire je crois.

Il sourit encore, c’était marrant de le taquiner.

- Et toi ta journée ?


Ces nuits où tu disais
Allume-moi, allume-moi,
Fais-moi venir entre les lèvres
Et puis brûler à planer jusqu'à mourir dans la bouche
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Livio Gianelli

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MessageSujet: Re: [X] Délicieuses habitudes [PV]   Lun 12 Sep - 17:08

Il est difficile d’oublier quand on se questionne. Pour Livio, il était vraiment dur de passer à autre chose alors que les interrogations affluaient sous son crâne. Pourquoi ce rêve, pourquoi ce matin ? Pourquoi n’arrivait-il jamais à distinguer parfaitement le visage de Valente dans ses délires cachés au reste du monde ? Mais aussi, la raison de cette violence qui était montée en lui ce matin, même si ce n’était qu’en rêve. Avait-il à ce point envie, besoin de posséder cet ami qu’il pensait encore considérer comme tel ? Livio n’en était pas sûr, pourtant une partie de lui hurlait qu’il avait besoin d’étreindre ce corps qui paraissait si libre malgré les contraintes harassantes du quotidien. De se l’approprier le temps d’un instant quitte à tout briser, de s’approcher doucement comme on tente de ne pas faire fuir un oisillon qui sort de l’œuf. Car oui, Livio le voyait ainsi et si la comparaison pouvait surprendre il faut pour cela bien comprendre que le militaire était persuadé de savoir Val étranger à ce monde de fantasmes, de désirs refoulés et de plaisir interdit. Il l’imaginait mal penser à un autre homme au beau milieu de la nuit, se réveiller le corps abandonné à l’excitation de quelques images, de quelques sensations. Il le voyait mal combler ce manque incontrôlable par une main qui prend l’habitude, par des doigts qui connaissent le chemin mais achèvent le travail sans tendresse, sans amour. Simplement pour faire disparaitre la douleur. Pour la casser, la briser, et libérer un plaisir qui se trouvait pour le coup largement teinté de remords et d’ironie.

Ironie de gâcher inconsciemment une amitié qui avait eu tant de mal à se construire. Pour rien au monde pourtant Livio n’aurait pu parler de cela à Valente. Le reste, oui. Mais pas ses doutes sur sa capacité à pouvoir le regarder de loin et à se soulager en pensant à lui dans les mains d’un autre. Pas ses peurs de ne pas savoir garder les rêves pour la nuit, pas son angoisse de songer encore à lui cette fois. Dans une autre position compromettante, dans un autre rêve qui mettait à nu des envies qu’il avait longtemps voulu refouler. Cela ne faisait pourtant pas très longtemps, que le contrôle lui échappait. Quelques mois au plus, si peu dans l’histoire de Valente et de Livio. Tout avait commencé par une innocente soirée où le mafioso s’était mis en tête de comparer leurs compétences de drague. Bon, pour sa défense il avait un peu bu ce soir là et il n’y avait rien de plus instable et libéré qu’un Valente rendu joyeux par l’alcool. Malheureusement pour lui, Livio avait découvert qu’il y résistait bien. Très bien même, et ce qu’avait ingurgité son compagnon n’était pas suffisant pour le mettre au tapis. Il aurait, pour relever ce défi, bien aimé le rejoindre et passer dans un niveau de compréhension supérieure que seule la boisson réussit à égaler. Mais il lui aurait fallu justifier cette attitude, et puis révéler à un Valente Genovese ses penchants sexuels n’était peut être pas la meilleure idée qui soit. Bêtement parce que Livio pensait que, au vu de sa famille très traditionnelle -on pouvait difficilement faire pire qu’un clan mafieux pour ce faire-, Val avait cet esprit conservateur. Dans le doute, préservons et c’est ce que Livio s’employa à faire.

Acceptant alors bon gré mal gré, le jeune homme avait du assister, impuissant, aux efforts couronnés de succès de son partenaire de soirée. C’était si facile pour lui que c’en devenait dérisoire, si évident que chaque femme présente dans le bar était alors accessible. Il aurait pu mettre n’importe qui à ses pieds que cela n’aurait pas surpris Livio. Et, inexorablement, un serrement l’avait pris au cœur qu’il avait d’abord identifié comme de la jalousie. Ce en quoi il n’avait pas tord, mais dans un premier temps c’était la jalousie de se voir oublié, de ne pas arriver à faire aussi bien, de ... de le voir avec quelqu’un d’autre. De devoir l’admirer à faire la roue tel un paon, fier et sûr de lui. Sans pour autant être la cible de ces efforts, jamais, même si Livio savait bien qu’il remportait l’avantage de la relation de longue durée. Amicale. C’est ce soir là qu’il avait pour la première fois dû se calmer en solitaire, dans un lit soudainement trop grand pour sa pourtant imposante carrure. Est-ce qu’il en devenait un moins bon ami pour autant ? Livio ne le pensait pas, et aujourd’hui encore il savait que le sentiment fort et construit sur la durée et la confiance mutuelle qu’il partageait avec Valente supplantait tous les désirs éphémères, toutes les manifestations inconscientes de son esprit. Il continuait à rire, à discuter, à se montrer disponible mais pas collant, à offrir une oreille attentive ou à partager un moment de défouloir bien mérité. Car c’était aussi la violence qui les réunissait, dans leur travail bien que Val ne soit pas au courant pour le GDP. Il connaissait seulement son statut de militaire et ne posait pas de questions quant à ses missions. Depuis si longtemps, il attendait que le jeune homme en parle, ce qu’il ne comptait pas faire dans l’immédiat.

Encore un mensonge, un de plus. Livio pensait à cette désespérante part de lui qu’il ne pouvait pourtant pas révéler, malgré toute sa bonne volonté, tandis qu’il suivait Valente à l’intérieur. La décoration était simple, quelques tableaux bien pensés d’artistes italiens. Quant à dire si certains étaient vrais, sans doute, au vu de la fierté du patron qui balayait d’un regard méfiant et pourtant bienveillant ses invités. Les tons étaient chauds, et pour cela Livio s’y sentait rapidement à l’aise. De même, le restaurant réussissait l’exploit de composer avec des lustres d’époque pendus au plafond sans toutefois paraitre imposant ou vieillot. Cela ne faisait que rajouter une touche d’authenticité au cadre, très agréable à l’œil. Sans s’étonner un seul instant que son ami salue le responsable de l’établissement, après avoir eu vent d’une longue liste de situations similaires, Livio s’installa. Et quand il se retrouva face à Valente, assis là à moins de deux mètres de lui, pendant un instant ses doutes et ses angoisses s’envolèrent. Il avait ce don d’être à la fois décontracté et prêt à bondir comme le serait un terrible prédateur qu’on pourrait lui prêter, pour l’image. Son allure, posée et toujours soignée, inspirait le calme et comme à chaque fois qu’ils se retrouvaient, Livio souffla. Vraiment, en expulsant de ses poumons la tension accumulée de la journée, il chassa également le rouge de ses joues de ce matin, la main sur son sexe alors qu’il jouissait d’une simple image, la déception de Luca, l’altercation avec Egeado qui lui avait encore manqué de respect ... tout disparut. Il n’était plus qu’un mec à peu près normal qui retrouvait un vieil ami pour passer une soirée confortable, se racontant tout ce qui ne s’était pas dit depuis tant de jours.

Comme on retrouve une chemise parfaitement taillée et encore impeccable malgré le temps qui passe, Livio endossait de nouveau son rôle d’ami. Il savait bien que l’autre n’était pas loin, il sentait son influence lorsqu’il suivait du regard les gestes de son vis-à-vis, voyait son ombre s’étendre sur sa sérénité. Mais les moyens pour lutter n’étaient pas absents, et Livio savait qu’un simple rêve n’allait pas gâcher sa soirée. A vrai dire, rien ne le pourrait. Il avait trop besoin de son ami, trop besoin de sa présence si semblable à la sienne, de ses attitudes dans lesquelles il se retrouvait souvent. Bon, le rôle du mec à peu près normal prit un coup quand Livio sourit légèrement devant la menace qui suintait du pistolet que Valente mettait en évidence, pour les imbéciles qui ne le connaitraient pas ou qui ne sentiraient pas la dangerosité de l’individu en lui-même, charisme longuement travaillé qui avait presque réussi à impressionner Livio lors de leur rencontre. Mais à la décharge de Valente, il avait depuis gagné en prestance et se montrait indubitablement plus carnassier qu’auparavant.

- Disons… Familiale, il y avait du monde à la maison aujourd’hui. Dont une personne dont je me serais bien passé de croiser mais bon. Heureusement que j’ai dormi une bonne partie de la journée.

- Comment va se cher Cristiano ? Toujours incapable de parler plutôt que de cracher ?

Le sujet de son frère était assez sensible, toutefois Livio connaissait suffisamment bien l’ombre de colère qu’il faisait planer sur Val pour en parler avec lui sous couvert de plaisanteries afin de le laisser esquiver s’il en avait l’envie.

- Il ne fallait pas te mettre sur ton trente et un pour moi tu sais, on a passé le stade de se plaire je crois.

L’air moqueur et le regard appuyé de son interlocuteur auraient pu déstabiliser Livio. Auraient pu, si auparavant celui-ci n’avait pas retrouvé la quiétude de leur relation amicale, la simplicité du bonheur d’être ensemble sans y incorporer les doutes ou les questions. Alors il ne se laissa pas un seul instant avoir, bien que quelque part dans son esprit, une étincelle tenta de se raviver, en vain. Livio se connaissait suffisamment bien pour se retenir en dehors du monde onirique des songes.

- Pour toi, les fripes suffisent. Il y avait cette petite secrétaire à une réunion, tu comprends. Je n’ai juste pas eu le temps de m’enlaidir pour tes beaux yeux.

Mensonge, mensonge, mensonge criait la petite voix dans sa tête. Mais ce n’était plus le mensonge destructeur et coupable, mais celui, nécessaire et indispensable qui les protégeaient tous deux.

- Et toi ta journée ?

- Boulot boulot boulot ... Livio eut un rictus faussement meurtri. Tu sais ce que c’est, ne pas avoir un moment à soi et arriver avec plaisir à trouver un soir où aller au restaurant. D’ailleurs ... Il se tourna vers le serveur qui revenait pour prendre leur commande. Ce sera les tagliatelles fraiches aux asperges et jambon de Parme, pour moi.

Simplicité et félicité.
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Valente Genovese

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MessageSujet: Re: [X] Délicieuses habitudes [PV]   Mar 13 Sep - 16:48

Valente détailla rapidement son ami. Lui qui ne se mettait au grand jamais en costume et qui ne se séparait jamais de sa veste de militaire, le voilà avec les deux, dans un mélange assez étrange, et assez comique aussi. Il avait dû avoir une quelconque réunion… Ou un quelconque rendez vous, pourtant Livio ne lui parlait jamais vraiment de ses conquêtes, Valente se plaisait à croire qu’il était timide ou très mauvais pour la drague. Ca le faisait sourire d’imaginer son ami si fier rougir devant une fille. Mais il ne l’avait jamais vraiment vu s’y essayer, alors il ne faisait que des suppositions. Il s’avérait peut être que Livio était un Don Juan et en ne voulant pas vexer son ami, ne lui volait pas la vedette. Bof, ce n’était pas trop son style non plus. En tout cas peu importait la vraie raison de sa tenue pour le moins incongrue tant qu’il n’avait pas annulé leur dîner. Ca faisait un petit moment, trop long au goût de Valente, qu’ils n’avaient pas partagé un moment de calme autour d’une bonne assiette. C’étaient des instants toujours privilégiés que le mafioso n’aurait loupé pour rien au monde. Ou presque selon les directives, mais il faisait son possible pour être toujours présent. Car il savait à quel point ça l’aurait embêté que son ami fasse de même. Surtout pour un rencard. D’ailleurs Val mettait un point d’honneur à faire passer le grand blond avec la jolie brune (Ou le joli brun). Les coups d’un soir n’avaient pas de droit avec lui, Livio, lui, oui. Et même bien plus que la plupart des gens. Il pouvait le fixer droit dans les yeux sans qu’il les baisse ou qu’il y mette du défi. Non il pouvait lui lancer ce regard pénétrant et savait que Livio y répondrait, sincère et immuable. Et c’était de la vraie amitié et non un artefact créé par une envie fictive de passer du temps avec quelqu’un.

- Comment va ce cher Cristiano ? Toujours incapable de parler plutôt que de cracher ?

Valente sourit un instant de façon amère avant de retrouver sa bonne humeur et son air affable.

- Je te raconte pas à quel point j’ai pris sur moi pour ne pas nouveau lui mettre mon poing dans la mâchoire. Sa tête n’en peut plus de grossir avec les responsabilités qu’on lui refile en ce moment, bientôt il va se croire le chef incontesté de Milan mais personne n’y fait rien. Il me barbe.

Le brun n’aimait pas Cristiano, mais il aimait en parler avec Livio, ça le soulageait, car il était le seul contre qui il pouvait expulser sa haine contre son frère. Son père ne voulait pas entendre parler de querelles fraternelles et il ne comptait pas exposer cela à ses sœurs. Il avait déjà essayé de plaider contre son comportement à Papa Midnight mais sans résultat, car cet abruti avait des résultats ! Et pas des mauvais. Evidemment qu’il n’était pas imbécile, il était juste totalement imbuvable et méprisant au dernier degré. Rester dans la même pièce que lui plus de deux minutes relevait de l’exploit. Car au contraire de Valente qui n’agissait que quand on le provoquait, ouvertement ou non, Cristiano n’attendait pas d’avoir un prétexte, même le plus infime qu’il soit, pour s’attaquer à une personne qui lui déplaisait. Ce qui fatiguait particulièrement son frère. Mais dans l’absolu, il préférait le voir déverser sa bile venimeuse sur lui plutôt que sur ses petites sœurs. Il aimait d’ailleurs également beaucoup en parler avec Livio. Lui précisant de l’arrêter si ça devenait trop. Mais il n’y pouvait rien, elles étaient si importantes, si adorables. Même si la mère était différente, il les considérait comme ses sœurs à part entière et Daniele le remerciait pour ça.

Valente ne se plaignait pas beaucoup, pas de grand-chose. De son frère et parfois quand son boulot lui bouffait tout son temps et qu’il avait l’impression qu’il ne vivait plus que pour lui. Et quand la cigarette devenait trop cendre dans sa bouche, il l’appelait et le fait de sortir avec lui lui rendait le sourire. Sa famille pouvait bien croire qu’il fréquentait une fille dans les bas quartiers ou une riche bourgeoise il s’en fichait. Parce qu’il voyait son meilleur ami, quelqu’un qu’on ne présentait justement pas à sa famille. Faire confiance à quelqu’un était suffisamment tabou pour qu’il évite de subir les remarques de son frère. Enfin tout ça pour dire qu’il n’aimait pas ressembler à celui qui s’apitoyait sur son sort, il avait une vie qui le satisfaisait, mais avec des hauts et des bas. Et il aimait partager les deux avec Livio. Le tirer dans un bar après un coup d’éclat pour pouvoir boire rire et raconter des conneries. Il voulait lui dire la dernière débilité de Cristiano et le dernier sourire de Sofia. Il voulait lui dire qu’un tel avait encore essayé de piéger un croupier au casino et qu’il avait dû s’en occuper personnellement pour récidive. Il comptait de plus en plus, mais jamais ne se serait laissé à l’avouer.

- Pour toi, les fripes suffisent. Il y avait cette petite secrétaire à une réunion, tu comprends. Je n’ai juste pas eu le temps de m’enlaidir pour tes beaux yeux.

Val rajusta son chapeau en l’écoutant, essayant de l’imaginer se rapprocher d’une petite blonde fluette à lunette pour lui proposer d’aller boire un café. Il essaya de contenir son sourire à cette idée. Décidemment non, il n’arrivait pas à le voir autrement que bourru. Et pourtant Dieu savait à quel point Livio pouvait être impressionnant quand il le voulait. Et son charisme en étant écrasant même si ça faisait du mal au jeune homme de l’avouer. Son ami dans l’exercice de ses fonctions était une machine à tuer, à faire mal. Et il espérait ne jamais être à la place d’un quelconque malfrat à attraper. Il était implacable, intransigeant et effrayant. Et c’était beau. Une force magnifique et brute. Livio était beau et c’était indiscutable. Une fois ou deux peut être il s’était imaginé avec lui. Et avait rayé ça de son esprit. Ce n’était pas possible, il ne le voyait pas comme ça, ça n’avait aucun sens alors qu’ils étaient amis. C’était sûrement un beau gâchis, mais pas plus que leur amitié. Pourquoi y penser ? Il préférait profiter de sa présence à s’imaginer des chimériques idées.

- Je me sens vexé par un tel manque d’intérêt pour ma personne, alors que je m’habille toujours avec soin quand je te vois. Cependant mes beaux yeux se poseraient bien sur cette secrétaire. Allez raconte, comment est-elle ?

C’était de la pure politesse. Mais Livio faisait toujours l’effort de s’intéresser aux conquêtes que Val lui rapportait et bien qu’il préférait imaginer son ami comme l’inatteignable, il était normal pour lui de pencher vers la gente féminine. Sauf que ça avait un il ne savait quoi de dérangeant. Mais il n’y pensait pas, car pour lui il pouvait oublier les petits désagréments et son égoïsme. Ils étaient au même niveau et jamais Valente ne se serait considéré au dessus de lui. Pas avec Livio. Ainsi il l’écouta, car les problèmes de boulot, c’était les mêmes pour tout le monde, surtout pour eux deux et il fut comme à chaque fois surpris de l’exacte similitude que pouvaient avoir leurs pensées. Il s’était penché vers lui quand le serveur arriva, demandant poliment ce qu’ils désiraient. Valente pensa un instant que le patron s’était révélé vache en envoyant un nouveau à leur table. Il ne semblait pas très à l’aise et ses doigts tapotait son calepin sans arrêt. Il savait, bien sûr qu’il savait qu’au moindre mauvais pas ou la moindre tâche il pouvait ne pas finir son service. Et c’était marrant. Après tout, ça forgeait la jeunesse. Mais le brun était de très bonne humeur malgré l’épisode Cristiano et à moins d’un gros pépin, il n’allait pas traumatiser ce jeune serveur. Enfin pas comme ça. Il le regarda rapidement de haut en bas pendant que Livio commandait puis se fit violence pour le regarder dans les yeux et lui dire à son tour ce qu’il souhaitait.

- Le magret de canard sauce au miel, avec du vin, rouge, le meilleur comme d’habitude.

Valente ne prenait jamais de demi-bouteille, ça faisait mesquin. Et comme ça il pouvait la partager avec Livio, c’était mieux. Il adorait boire du vin, du bon vin avec son ami. Ils allaient à l’occasion dans des dégustations, Val finissait par dire des conneries sous les vapeurs d’alcool mais il savait qu’il pouvait compter sur le grand blond pour le ramener en cas de pépin. Et une telle confiance, il était le seul à la posséder. En tout cas, il avait faim et il avait hâte de commencer à manger, mais en attendant, ils purent reprendre où ils en étaient.

- D’ailleurs je pensais la même chose. Et il n’y a rien de plus étouffant que cette sensation. Je suis ravi de ce dîner. Au fait je voulais savoir si tu avais entendu des choses à propos de Vittorio Emmanuel. C’est pas trop le bordel chez toi à cause de ça ? Car ici il y a certaines nuits où ça chauffe et pas dans le bon sens du terme crois-moi.

Ils s’interrompirent de nouveau pour voir arriver le serveur avec la bouteille de vin. Valente le regarda attentivement l’ouvrir et la déboucher. Il regarda ses mains, ses bras, son torse, sa taille, remonta sur sa mâchoire, suivit la courbe de ses lèvres, le trouva adorable. Il pencha son chapeau un instant sur le haut de son visage en se mordant la lèvre inférieure. Ce n’étai vraiment pas le moment pour penser à ça. Son orientation sexuelle restait encore un secret que son ami n’avait pas eu l’occasion de découvrir. Et c’était mieux pour le moment. Le serveur servit quelques gouttes dans son verre, Val le prit, le sentit, le tendit à la lumière avant de le gouter. Il sourit. Oui, il était parfait. Il le signifia d’un hochement de tête et on s’empressa de lui servir un verre ainsi qu’à Livio avant de repartir. Le mafioso se força à ne pas jeter un œil sur les fesses qui s’éloignaient et tendit son verre en direction de son ami.

- Santé Liv. Puisse cette soirée être plus paisible que les précédentes.

La porte s’ouvrit sur des voix assez fortes sans que Val n’y fasse attention plus que ça, surtout qu’il était dos à l’entrée. Et pourtant ces éclats de voix allaient signer sans qu’il le sache encore, une soirée pas aussi calme qu’il l’aurait souhaité.
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Livio Gianelli

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MessageSujet: Re: [X] Délicieuses habitudes [PV]   Mer 14 Sep - 12:05

- Je te raconte pas à quel point j’ai pris sur moi pour ne pas nouveau lui mettre mon poing dans la mâchoire. Sa tête n’en peut plus de grossir avec les responsabilités qu’on lui refile en ce moment, bientôt il va se croire le chef incontesté de Milan mais personne n’y fait rien. Il me barbe.

Livio savait pertinemment que le sujet était sensible, mais entre amis ... non, meilleurs amis, même, on se disait tout. Tout ? Bon, presque admettons-le. Tout ce qui était réellement important et ne relevait pas du fantasme débile ou du secret trop bien gardé. Et Cristiano était un sujet important, pour la place qu’il prenait dans le cœur de Val, même si ce n’était pas en bien. La première fois que Livio en avait entendu parler, c’était ce fameux soir. Leur première soirée à boire au-delà des limites, et pourtant pas la dernière d’une longue série. Cette nuit avait été une sorte de commencement, dans le rituel de Livio qui ramenait son ami chez lui en faisant attention à ce que personne ne le remarque. Et notamment Cristiano. Le militaire savait beaucoup de choses sur cet homme qui ressemblait beaucoup à Val -pour l’avoir aperçu une fois au hasard-, bien qu’il ne puisse jamais se risquer à le lui dire. D’apparence, ils avaient les mêmes cheveux et presque la même allure générale. Toutefois, si une certaine nuance se dégageait toujours de Valente, son frère n’était que brutalité, haine et colère. On aurait dit que cette rancune qu’il portait dans son regard, semblait-il envers le monde entier, ne le quittait jamais vraiment. Livio ne l’aimait pas. Oh, pas uniquement parce que son ami s’en plaignait et ne lui dépeignait que les mauvais côtés de sa personne. Quoique cela joue beaucoup dans son estime du jeune mafieux en puissance. Mais c’était surtout que Livio n’aimait pas ceux dont la rage habitait le ventre et l’âme, ceux qui ne trouvent jamais la paix et surtout, ceux qui ne profitent pas de leur famille.

Ses pensées s’envolèrent un instant vers Lucia, alors qu’il pensait à l’égoïsme d’un Cristiano qui avait pourtant de la chance d’avoir Val pour frère. De le côtoyer chaque jour, d’observer ses manies et ses réactions, d’étudier ses humeurs et ses peines. Livio aurait aimé occuper cette place pour quelqu’un, véritablement. Mais depuis que sa petite sœur était née il avait de plus en plus de mal à retourner dans la ville qu’il considérait comme sa ville natale. Ses parents en étaient pourtant toujours heureux à déborder de joie et en alerter tous le voisinage pour une petite fête de quartier qui voyait revenir le fils prodigue à la maison mais ... Ce n’était plus pareil maintenant qu’il avait grandit, passant du jeu du cow-boy et de l’indien à celui de véritable chasseur, dont les balles n’étaient pas des flèches en caoutchouc souple. Il ne trafiquait plus les moteurs de voiture avec son père comme lors de son adolescence mais risquait sa vie presque chaque jour dans les quartiers sombres de Milan. Et ils n’en savaient rien. Livio taisait cela, encore un secret supplémentaire dans sa vie finalement pas si simple que cela. Ne voulant pas affoler sa mère ni décevoir son père, Livio se contentait de s’inventer un quotidien morne et de sourire à Lucia comme à un trésor qu’on veut chérir. Et, récemment, il s’éloignait peu à peu. Après avoir compris qu’avoir un point faible aussi fragile qu’eux n’était pas bon, pas responsable. Il devait les laisser fonder la famille dont ils avaient toujours rêvé et se concentrer sur la voie qu’il avait finie par choisir.

C’est aussi pour cela qu’il appréciait tout particulièrement et à sa juste valeur l’amitié de Valente Genovese. Parce que c’était la seule personne qu’il connaissait à n’avoir absolument pas besoin de sa protection. S’ils se couvraient l’un l’autre parfois, ce n’était jamais une nécessité absolue et ils se complétaient plutôt que de s’aider. Il n’y avait pas de compte à rendre entre eux, pas de chichis ni de politesses. Ils étaient simplement là, ensemble, évoluant sur deux chemins parallèles qui parfois se croisaient pour mieux repartir. Eminemment liés et pourtant si différents. Il était d’ailleurs ridicule qu’il puisse même penser le protéger. Val n’avait besoin d’aucune autre protection que la sienne, et il évoluait au détriment de tous dans un univers qu’il considérait aussi dangereux qu’une pataugeoire pour enfants. Ou du moins s’en tirait-il avec la même aisance. Après avoir laissé le temps à l’idée d’un Val terrorisé se former dans son esprit, non sans difficulté puisque c’était tout simplement impossible, Livio répondit enfin. Il pesait toujours ses mots sur ce sujet, bien qu’il ne se censure nullement en présence de son trop cher ami.

- Le faire n’aurait qu’aggravé la chose. Tu sais bien que personne n’aime vos disputes, moi le premier. Tu es toujours de mauvaise humeur quand tu rentres dans son jeu de provocation. Il te trouve, Val, alors qu’au départ il ne fait que te chercher. Y’a que toi pour lui accorder autant d’importance. La preuve, il ne m’est d’aucune utilité il n’est donc pas important.

La dernière phrase avait été prononcée avec humour et légèreté, comme pour lui faire passer ses idées sans pour autant avoir l’air de lui faire la morale. Simplement pour lui rappeler que son frère n’était pas grand-chose à la hauteur de la ville et qu’il n’y avait que dans ses yeux bruns qu’il semblait si important et si imposant.

- Je me sens vexé par un tel manque d’intérêt pour ma personne, alors que je m’habille toujours avec soin quand je te vois. Cependant mes beaux yeux se poseraient bien sur cette secrétaire. Allez raconte, comment est-elle ?

Livio ne put retenir un sourire. C’était tellement naturel, tellement agréable de discuter avec lui. Même cette allusion qui n’en était pas une le détendait au lieu de le perturber comme on aurait pu le penser. L’amitié gagnait le pari, et Livio en était très content. Il n’avait pas encore perdu l’esprit et savait se contrôler. Il pouvait encore s’appuyer sur ses sentiments pour Valente, qui n’étaient alors qu’amicaux. Ce n’était pas un désir purement onirique qui allait l’empêcher de profiter du charisme et de la sympathie de son ami. Il lui répondit alors sur le même ton, faussement trainant et détaché alors qu’on pouvait clairement y entendre filtrer la tendresse de ses mots.

- Tu t’habilles toujours comme si tu faisais un défilé pour du Versace alors je ne fais pas vraiment la différence. Pour la demoiselle, je ne pense pas qu’elle soit à ton goût. Trop ... timide. Brune, petite, pas vraiment jolie. Juste sympathique, elle fait bien le café et se montre très serviable. On est loin de la femme fatale. Mais histoire de ne pas perdre la main, je m’entraine sur ce que je peux, hein.

De ce discours en apparence très simple se dégageaient plusieurs choses : le mensonge, la vantardise et l’exagération. Le premier parce que la seule secrétaire qu’il connaissait au GDP était grande, blonde et dévergondée. La seconde, parce qu’il n’avait pas dragué quelqu’un depuis de longs mois. La dernière était évidente : il insistait sur un sujet qui n’avait aucun intérêt. Pitoyable tentative de le laisser croire qu’il lui était encore possible d’avoir des aventures ? Peut-être. A vrai dire, depuis Natale le jeune lieutenant n’avait pas connu les bras de beaucoup d’hommes et ceux qu’il avait étreints étaient des inconnus, souvent des gigolos ou de trop jeunes adultes en quête de découverte. C’était facile, c’était honteux, c’était Livio.

Tandis que Valente commandait à son tour, Livio ne remarqua pas le regard qu’il porta au serveur. Il n’y prêta aucune attention d’ailleurs, trop occupé à saluer son initiative pour le vin d’un hochement de tête appréciateur. Rien de plus agréable qu’un verre bien rempli à partager avec un ami. Ce dernier confirma d’ailleurs, heureux autant que Livio d’être ici, maintenant. A discuter de tout, de rien. De Cristiano, d’une fille, de la galerie Vittorio Emmanuele ... Ah. Ah, oui. Le visage de Livio se ferma légèrement à cette question. Non pas parce qu’il regrettait que Val en parle, mais parce que cela lui rappelait sa mauvaise journée et sa tenue ridicule. Et les sérieux ennuis, suivis de longues et ennuyeuses réunions sur le sujet au siège du GDP. Il lui répondit pourtant, presque avec honnêteté tant il ne pouvait vraiment mentir. De toute façon, le pire serait passé sous silence par omission. Le bordel ? Oui, c’était un terme plutôt représentatif de l’effervescence qui régnait dans les couloirs et qui agitait Mirko, sa capitaine. Elle ne savait pas trop quoi penser de cet attentat ridicule, et lui non plus si ce n’est que ces stupides pactisants se faisaient la guéguerre sans eux. Sérieusement, depuis quand les deux clans descendants de la Luna Rossa se livraient-ils des affrontements en se dispensant des agissements de leurs ennemis communs ? Oui, Livio était presque vexé d’être tenu en retrait de l’action et ne demandait qu’une chose : aller faire un peu de bouillie de pactisant sur le terrain, pour peu qu’on lui nomme les responsables de cette explosion. Histoire de leur faire comprendre qui régissait leurs altercations, dans l’histoire.

- M’en parle pas, un vrai merdier. Je crois qu’on ne sait pas encore vraiment où donner de la tête. Déjà, ce serait pas mal de découvrir comment, pourquoi. L’armée a pas mal de boulot, sur ce coup là, on a du mal à calmer tout le monde.

Il parlait toujours du GDP comme de l’armée, en présence de Valente. Ce n’était pas un mensonge puisqu’au final les supérieurs des deux instances étaient liées, Livio étant passé de l’un à l’autre par ce biais. Et puis, ça lui évitait d’esquiver tout bonnement le sujet et de détourner la conversation. Ce qui serait presque aussi impoli que pitoyable. Sur ces mots, le serveur revint. Et là, Livio ne prêta cette fois-ci pas la moindre attention au grand vin qu’il servait dans son verre, de manière bien élégante de surcroit. Il était comme figé, le visage tout de même impassible, devant l’attitude de Valente. Avait-il bien vu ce mordillement de lèvres ? Avait-il imaginé la sensualité qu’il avait mise dans le simple fait de goûter son verre ? Livio secoua brièvement la tête, comme pour chasser une hallucination. C'était impossible, Val faisant du gringue à un homme. Oui, impossible. Et pourtant ... Il venait un instant de s’imaginer à la place du serveur, détaillé ainsi par son ami. A la place de ce garçon qui n’était rien pour Valente et qui ne risquait donc rien à répondre aux avances que Livio pensait avoir vues. Et quand Val s’était mordu la lèvre, le blond avait imaginé ces mêmes lèvres autour de lui, comme ce matin alors qu’il s’éveillait au monde. Ce regard suggestif sur son corps et sa voix, qui tout à coup prenait une dimension érotique, répéter encore et encore son nom. La réaction ne se fit pas attendre et, immédiatement, une érection vint troubler l’allure de son pantalon. Se retenant à s’en mordre l’intérieur des joues pour ne pas rougir violemment de tant d’inconvenances en public, Livio hésita. Boire d’une traite le verre de vin pour tenter de se donner une contenance bien que l’alcool ne fasse pas effet sur lui, ou bien se le verser sur le visage afin d’espérer se calmer ?

Ni l’un ni l’autre en définitive. Il lui suffit de poser sa serviette sur ses cuisses, respirer longuement, le nez plongé dans le verre dont il venait d’être servi, et de penser à autre chose. L’excitation refluerait quand il n’aurait plus en tête le visage alangui de son vis-à-vis mais bien le visage de l’ami, trinquant à présent, ce à quoi Livio s’empressa de répondre. Il aimait bien entendre ce surnom dans sa bouche, un surnom qui représentait tellement leur proximité amicale. Qui ne convient pas à un amant, qui ne peut être susurré avec autant de douceur pendant un quelconque fantasme. Un surnom qu’il n’entendait que dans la réalité, dans un quotidien qui gardait au moins ça pour lui en exclusivité. Livio ne dit rien mais acquiesça du regard et d’un hochement de tête. Sauf que, à l’exact instant où il le faisait, il regrettait déjà d’y avoir cru. Trois individus venaient d’entrer dans le restaurant, dans le dos de Valente. Le militaire qu’il était remarqua tout de suite leurs allures et leur potentielle dangerosité. Ils l’étaient plutôt, dangereux. Parlant fort non pas de l’assurance de l’ignorant mais de l’expérience, ils ne se ressemblaient pas et évoluaient pourtant en une seule démarche, féline et coordonnée. Instinctive. Même le plus gros des trois se mouvait avec prestance et facilité. Livio ne les quitta pas des yeux et les désigna d’un signe du menton à son compagnon, qui cependant n’avait pas eu besoin de sa remarque muette.

Les trois nouveaux venus ne demandèrent pas de table, ne se laissèrent pas alpaguer par un serveur qui à vrai dire n’essaya même pas de leur demander le nombre de personnes. Ils se dirigèrent directement vers le patron du restaurant, lui demandant quelque chose trop bas pour qu’ils puissent entendre, d’abord. Puis sa voix s’éleva et Livio entendit distinctement un « la caisse alors, si t’as pas de quoi pour le reste. Et magne-toi ». Déjà tendu et prêt à la détente, Livio se retenait d’aller leur taper bien gentiment sur la figure tant que Val n’aurait pas consenti ou rejeté cette idée. Baston ou repas tranquille ? Ils avaient encore le choix, mais les connaissant était-ce réellement une possibilité de choisir entre deux options qu’ils appréciaient chacune à un degré différent ? Livio était impatient, mais ne souhaitait pas gâcher sa soirée avec son ami. Tiraillé et interrogatif, il jeta un regard à son interlocuteur et attendit, un sourire émerveillé aux lèvres, comme un gamin naïf le matin de Noël.
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Valente Genovese

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MessageSujet: Re: [X] Délicieuses habitudes [PV]   Mer 14 Sep - 16:40

- Le faire n’aurait qu’aggravé la chose. Tu sais bien que personne n’aime vos disputes, moi le premier. Tu es toujours de mauvaise humeur quand tu rentres dans son jeu de provocation. Il te trouve, Val, alors qu’au départ il ne fait que te chercher. Y’a que toi pour lui accorder autant d’importance. La preuve, il ne m’est d’aucune utilité il n’est donc pas important.

Heureusement que c’était lui. N’importe qui se serait permit de lui parler de la sorte ou de parler de son frère comme ça n’aurait pas été aise de recommencer. Mais c’était Livio et comme un papa gâteux, il lui passait tout, presque tout. Et si ça l’irritait de toute façon ce qu’il disait était loin d’être nouveau. Valente savait très bien qu’il était juste incapable de se contrôler devant Cristiano. Il était hors de question qu’il lui marche encore sur les pieds comme quand ils étaient gamins. Il était hors de question qu’il soit dans son ombre jusqu’à la fin de sa vie. C’était son combat, celui de lui prouver qu’il pouvait faire mieux que lui malgré sa mauvaise foi légendaire. Cristiano c’était sa bérézina, et si Val pliait volontiers devant les ordres de son père ou son grand père, voir même de son oncle ou n’importe qui de plus important que lui, il rejetait quoi que ce soit venait de son frère. Il ne se souvenait même pas s’ils avaient déjà eu une relation amicale. Tout ce qu’il se rappelait n’étaient que larmes coup et surnoms insultants. Et il était hors de question qu’il le laisse de nouveau manœuvrer leur relation. Lui tourner le dos était déjà suffisamment compliqué pour ne pas en plus qu’il l’ignore. C’était impossible. Pas Cristiano. L’ignorer ne fonctionnait pas, ça ne lui donnait que plus de violence et de virulence. Et Val ne pouvait se tenir en sa seule présence. Son visage n’était qu’un aimant à coup de poings.

- Evidemment qu’il n’y a que moi, car il n’y a que moi qu’il veut à tout prix écraser comme un cafard sous son talon. Je ne peux le laisser faire sa loi tout comme je ne peux le laisser m’insulter. C’est un fait Livio et je ne pourrais jamais accepter sa façon d’être. Je me demande ce qui peut trouver grâce à tes yeux alors.

Son rythme cardiaque été redescendu un peu en essayant de relativiser comme Livio l’avait fait. Ils n’étaient pas là pour parler de Cristiano après tout. Ce n’était pas lui qui allait leur gâcher la soirée. Quant à sa question, Valente ne savait pas vraiment si elle était rhétorique, s’il savait vraiment la réponse ou s’il voulait vraiment la réponse. Il connaissait Livio, sa famille, ses réactions, son abnégation dans son travail, sa fermeté, son charisme, sa voix... Il savait que pour entrer dans ses petits papiers, il fallait plus que du temps et un quelconque intérêt. C’était la même chose pour lui. Mais il n’était pas assez orgueilleux pour se qualifier d’important pour lui. Cependant Val qualifiait le grand blond d’important pour lui. Alors c’était compliqué de savoir s’il pouvait s’attribuer un tel honneur. De plus, lui était-il vraiment utile ? Là encore en termes de réciprocité, Valente le trouvait « utile » dans le sens où il n’y avait qu’avec lui qu’il pouvait se relâcher un peu. Enfin bon, sans nul doute que Cristiano ne pouvait rentrer dans cette catégorie.

- Tu t’habilles toujours comme si tu faisais un défilé pour du Versace alors je ne fais pas vraiment la différence. Pour la demoiselle, je ne pense pas qu’elle soit à ton goût. Trop ... timide. Brune, petite, pas vraiment jolie. Juste sympathique, elle fait bien le café et se montre très serviable. On est loin de la femme fatale. Mais histoire de ne pas perdre la main, je m’entraine sur ce que je peux, hein.

Le jeune brun émit un bref rire en pointant sa fourchette vers Livio.

- Pourtant tu devrais, sache que je ne mets pas n’importe quelle veste dans n’importe quelle circonstance ! Tu n’as peut être pas l’occasion de me voir dans mes plus beaux atouts mais je ne viens jamais te voir comme quand je suis exploration.

Pourtant il fallait avouer que ça lui faisait vraiment plaisir, qu’il lui dise qu’il s’habillait bien. Surtout vu l’importance que ça avait pour lui de paraître bien, classe et séduisant. Et puis ça aidait à séduire. Et c’était aussi un réconfort de se sentir bien dans ses chaussures, dans ses habits. A l’époque ça lui avait aidé à prendre confiance. Maintenant même avec un vieux tee-shirt sale personne n’oserait lui chercher des noises, mais il avait trop prit goût à ce style et s’aimait de la sorte. C’était un peu comme une marque de fabrique et ça lui plaisait. Les fringues c’était son péché mignon mais il évitait de crier sur tous les toits le temps qu’il pouvait passer dans des magasins à essayer tout et n’importe quoi pourvu que ça aille avec son image et que ça soit parfaitement taillé. Et bien sûr qu’il s’y sente à l’aise. Il n’était pas du genre à porter juste pour le look s’il détestait la matière. Surtout durant des missions. En tout cas il était prêt à payer des sommes exorbitantes pour avoir une veste en laine à mailles très serrés ou un pantalon dans la meilleure toile. C’était un casse tête de se renouveler à chaque saison, mais il ne fallait pas se leurrer, il adorait ça. Y ajouter chapeau, ceinture, chaussures, boutons de manchettes, bref la panoplie pour une élégance sans borne.
La moue faussement intéressée du mafioso se transforma en rictus d’ennui à la suite de la réponse de son ami.

- Alors non en effet, pas intéressé. Moi j’aime les défis, ce qui claque, ce qui brille, ce qui bouge comme ce qui se leurre. Je ne peux guère te faire la morale sur une attitude que j’ai si souvent. Mais allez, je suis sûr que le fantasme de l’uniforme ça t’aide à draguer.

Encore un peu moqueur, mais ce n’était pas si faux en fait, les rares fois où il l’avait vu en uniforme complet, même lui ça lui avait fait quelque chose au ventre et il n’avait pas pu détacher son regard qu’au prix d’intense effort. C’était sûrement dans une des ces fois là qu’il avait imaginé que lui et Livio c’était possible. Et puis il était redescendu sur terre, dans sa vie, son quartier, sa famille.

- M’en parle pas, un vrai merdier. Je crois qu’on ne sait pas encore vraiment où donner de la tête. Déjà, ce serait pas mal de découvrir comment, pourquoi. L’armée a pas mal de boulot, sur ce coup là, on a du mal à calmer tout le monde.

Valente attendit que le serveur parte pour répondre hors d’oreilles indiscrètes. Même s’il n’aurait pas été contre le voir rester encore un peu… Mais ce soir il était avec Livio et il primait sur le reste. Cependant Valente réfléchit quand même vaguement à ce qu’il venait de lui dire. Il aurait aimé en savoir plus, parce que malgré tout, il n’aimait pas ce qui mettait en péril le calme précaire qui régnait dans les quartiers obscurs. Sauf que les attentats de cette envergure, ce n’était pas du ressort de la famille et tant qu’elle n’y était pas impliquée, on n’allait rien faire pour bousculer les choses. Elle s’était toujours dit de rester en dehors des guerres de pactisants et autres agents de l’ombre. Sauf que ce n’était pas le cas pour Livio. Il s’était souvent demandé si il était au courant des mêmes choses que lui, mais au final il s’était dit que ce n’était pas si important et que ça n’allait rien changer de savoir si il savait ce qu’était la lune rouge ou pas, alors il s’était tu. Et alors qu’il s’apprêtait à demander des précisions, les voix qu’il avait entendu précédemment s’élevèrent de façon plus forte et désagréable. Et ce n’était pas des reproches de clients mécontents.

Valente croisa le regard de Livio puis tourna la tête en direction du bar derrière lequel était le patron et devant lequel se tenait trois hommes que Val reconnu assez rapidement. Il n’avait jamais eu affaire avec eux directement mais la famille avait déjà eu quelque revers de leur part. Rien de bien méchants comparé à d’autres choses, mais ils étaient une épine qui venait foutre le boxon dans des enseignes comme ce restaurant. Restaurant sous la protection des Genovese. Et ça ne passait plus. Sauf que Val ne rêvait que d’une soirée tranquille. Il savait que c’était son job de sortir d’affaire le patron qui lui offrait ses repas. Mais à être H vingt quatre dans les emmerdes, on pouvait parfois espérer, comme le disait si bien Livio, un restaurant dans le calme. Sauf qu’il n’était pas non plus du genre à rester sans rien faire si il avait une obligation vis-à-vis de la personne se faisait agresser. Ce qui était le cas. En tout cas, heureusement pour la bande, leurs assiettes n’étaient pas arrivées et donc ne risquaient pas de refroidir. Mais bon, ce n’était pas pour ça qu’ils n’allaient pas régler ça en vitesse.

Valente sut de plus que Livio mourrait d’envie de leur faire voir du pays. Et il fallait avouer qu’il adorait se battre avec lui, c’était un ballet à deux, et à chaque fois, ils faisaient mouche. Rapidité, brutalité, sourire et confiance. Que demander de plus ? Voir la promesse d’un repas sans anicroche s’envoler lui fit un pincement de cœur, mais il ne pouvait refuser à son ami une bonne baston. Car après tout, quoi de mieux pour les mettre en appétit ? Valente répondit au sourire de son ami de façon entendu avant de se lever alors que l’un des trois venait de crier à l’assemblée de leur donner leur sac, de ne pas essayer d’appeler les flics et tout le tralala habituel. Le mafioso vint se placer à côté du patron, Cosmo en appuyant négligemment son bras sur son épaule. La tension qu’il y ressentit se vit apaiser par ce simple geste. Car Cosmo savait que si Valente s’était levé, ce n’était pas pour taper la causette avec les trois énergumènes. Et le cadet Genovese était content de voir qu’on avait confiance en lui et qu’on pouvait compter sur lui en cas de problème.

- Un problème ?

Il s’était adressé à celui qui était probablement le chef de la joyeuse bande qui lui balança un regard absolument meurtrier qui ne fit pas sourciller Val une seule seconde. Au jeu du regard tueur, il pensait que c’était Livio qui gagnait. Mais peu importait. Cependant il ne fallait pas se leurrer, malgré son ton badin, Valente était extrêmement concentré, car ce n’était pas de la petite racaille et qu’ils étaient connus pour des faits d’armes assez relevés en la matière. Autant dire que ce n’était pas les premiers péquenots venu chercher un peu d’argent au hasard. Ils étaient entrainés. Ca tombait bien, Livio et son ami l’étaient tout autant. Et ils comptaient bien leur montrer ça rapidement. Sans fausse note, ça allait de soi. Mais pour ça, le jeune homme n’était pas inquiet, tout seul déjà il avait peu de chance d’être impressionné, mais avec Livio, ils étaient sûrs de gagner. Ne pas partir trop confiant, mais avec une bonne maitrise, ça passait généralement bien. Car Val n’avait jamais peur, c’était trop superflu.
En tout cas son attitude ne plu guère à celui qu’il avait alpagué qui ouvrit sa chemise de façon à saisir son arme tout en commençant sa phrase « Espèce de petit… » Au même moment le canon de l’automatique de Val le cueillit à la mâchoire alors qu’il venait de lui saisir le col de la chemise pour l’attirer violemment à lui par-dessus le bar.

- Plait-il ?

En voyant le regard haineux de son adversaire, il sut qu’il allait s’amuser.
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Livio Gianelli

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MessageSujet: Re: [X] Délicieuses habitudes [PV]   Jeu 15 Sep - 12:10

- Evidemment qu’il n’y a que moi, car il n’y a que moi qu’il veut à tout prix écraser comme un cafard sous son talon. Je ne peux le laisser faire sa loi tout comme je ne peux le laisser m’insulter. C’est un fait Livio et je ne pourrais jamais accepter sa façon d’être. Je me demande ce qui peut trouver grâce à tes yeux alors.

C’était sans doute l’un des points qui séparaient le plus Livio et Val. Ce dernier était fier, il avait le sens de l’honneur qui coulait en lui et tout affront devait être puni. Un écart, un regard, une provocation n’étaient que des appels à la douleur et à la souffrance envers Val. Pas pour lui, bien sûr, pour celui qui avait osé tenter de l’atteindre. Il ne laissait rien passer, et trouvait nécessité de châtier à la plus petite occasion. Certes, il y avait toujours une bonne raison. Enfin, bonne pour Val. Tant qu’il ne le faisait pas sur des innocents, Livio ne disait rien -et quand bien même, sans doute n’en aurait il rien eu à faire si c’était Val-, mais il pensait tout de même que c’était exagéré. Il vivait bien les railleries à peine étouffées d’Egeado Ianonne, un collègue du GDP de la section scientifique. Et si Livio devait admettre que cela l’agaçait au plus au point qu’un microbe branleur se permette ce genre d’incartades, il ne tapait pas pour autant. Alors oui, s’il se rangeait du côté de Valente et détestait Cristiano autant que lui, par principe et pour son attitude puérile et ridicule, Livio ne cautionnait pas plus celle de son ami. Tout aurait été plus simple de se maitriser. De savoir le faire, d’accepter que celui qu’on n’aime pas nous blesse et tente de nous atteindre. Se faire comme l’eau sur la lame qui tranche en vain, encore et encore. Livio se mettait alors rarement en colère, et jamais sur des personnes qu’il méprisait. Pourtant, il ne pouvait pas lui dire cela, il y avait tout de même des limites à la franchise et celle-ci s’appelait la politesse. Alors il se brida, et répondit plus légèrement. En évitant consciencieusement la dernière phrase que son ami avait prononcée. Il n’y avait pas de question, il n’y aurait pas de réponse. Simple, et terriblement lâche.

- J’espère alors que tu es celui qui frappe le plus fort. Si tu y tiens, je peux te donner des conseils, tu sais ! Que ne ferais-je pas pour toi ...

Humour, humour. Calme-toi, Livio, ne déconne pas. Il y a des limites à la plaisanterie.

- Pourtant tu devrais, sache que je ne mets pas n’importe quelle veste dans n’importe quelle circonstance ! Tu n’as peut être pas l’occasion de me voir dans mes plus beaux atouts mais je ne viens jamais te voir comme quand je suis exploration.

Et pourtant, parfois, Livio aurait sans doute apprécié cette vision. Un Val décoiffé, crasseux, c’était juste inimaginable mais ce côté délire qui relevait uniquement du fantasme avait quelque chose d’inhabituel, et donc d’attirant. D’ailleurs, d’un soupir résigné, le jeune homme sut immédiatement comment il imaginerait Valente dans son prochain rêve de lui. Si seulement il pouvait contrôler ces pensées nocturnes, pour s’éviter de si dérangeantes situations ! Enfin, l’un dans l’autre il appréciait que Val prenne le soin de s’habiller pour lui, et non pour les autres. De faire attention à leur rendez vous, bien qu’il ne soit qu’amical. C’était plaisant et flatteur, lui qui ne portait que rarement de costumes et se montrait incapable de bien les représenter, avec sa chemise au col mal ajusté, aux manches relevées ... Un gouffre les séparait au niveau de l’apparence. Et pourtant, ils se ressemblaient tellement par ailleurs que c’en était parfois troublant. A sa remarque toutefois, Livio ne jugea pas utile de répondre et se contenta d’un sourire d’excuse délibérément exagéré.

- Alors non en effet, pas intéressé. Moi j’aime les défis, ce qui claque, ce qui brille, ce qui bouge comme ce qui se leurre. Je ne peux guère te faire la morale sur une attitude que j’ai si souvent. Mais allez, je suis sûr que le fantasme de l’uniforme ça t’aide à draguer.

Livio écarta la remarque d’un vague geste de main, aussi nonchalant que soulagé, chassant à la fois le reproche, la moquerie et l’attitude amusée de son interlocuteur. Le sujet venait d’être écarté de la conversation, ce qui lui allait en fait parfaitement. Val le connaissait bien et lui mentir longtemps aurait pu ne pas marcher, créer une faille et lui faire comprendre qu’il cachait la vérité sur un sujet aussi badin. Et donc, qu’il y avait quelque chose de beaucoup plus important et secret là-dessus. Réussir à l’en détourner par une vision bien ennuyeuse était un de ses petits stratagèmes, et tant pis s’il croyait que le jeune militaire de contentait de filles de bas étage. Tant qu’il croyait qu’il se contentait de filles. Et, même si Livio devait bien avouer qu’il préférait se montrer sous son meilleur jour à son ami, il préférait largement se faire passer pour un dragueur peu difficile et surtout peu expérimenté. Il savait bien que Val l’admirait dans d’autres domaines. Admirer, dans le sens d’apprécier des compétences, de les reconnaitre et de les respecter. Car il n’était pas question de soumission entre eux, que ce soit de l’un ou l’autre et si Livio admirait Val pour sa prestance et son attitude imposante malgré un petit sourire en coin souvent présent, ce n’était pas une marque de déférence. Mais l’admiration était pour lui inhérent à la relation d’amitié qu’il entretenait avec Valente. Il avait besoin d’être surpris même encore après toutes ces années, d’être satisfait de ce qu’il découvrait parfois. Admirer, connaitre, apprendre de l’autre. Pour l’apprécier à sa juste valeur et savoir vraiment à quoi s’attendre. Comme un vieux couple qui fuit la routine, Livio recherchait perpétuellement l’admiration.

La remarque qu’il lui fit sur son uniforme, toutefois, le mit un instant mal à l’aise. Lui qui prenait si peu d’attention à s’habiller. Val était-il blessé du peu de considération qu’il mettait dans son apparence pour le rejoindre ? Livio se posait sérieusement la question, alors qu’il aurait du tout de suite remarquer l’humour dans sa voix. Le connaissant, il n’y avait pas d’autre alternative et malgré cela, le jeune homme se posait réellement la question. En règle générale il n’était pourtant pas trop dégelasse à regarder, et si sa vieille veste aurait eu besoin d’un petit coup de neuf -ce qu’il n’admettrait jamais-, ses tenues était tout de même soignées. Jamais un pli disgracieux, puisque Livio s’employait à envoyer régulièrement ses affaires au pressing pour les avoir élégants et ne pas rajouter la négligence à la longue liste des défauts qu’on pouvait lui trouver. S’il ne variait pas beaucoup, le militaire qu’il était, de par ses goûts de rustre, restait simple mais sans jamais tomber dans la faute de goût et ses pantalons étaient certes confortables, mais bien taillés. Il aimait tout de même se trouver lui-même agréable, aussi ses vêtements lui allaient tous parfaitement, faisant ressortir notamment ses muscles ou la fermeté de sa silhouette. Plus d’une fois, Livio avait eu un regard appréciateur en s’examinant dans le miroir de sa salle de bain. Ses fesses étaient mises en valeur dans tout ce qu’il portait et ses débardeurs étaient suffisamment serrés pour le sublimer sans toutefois le comprimer et lui donner l’air ridicule.

Mais il fallait bien avouer que, personnellement, Livio n’avait pas vraiment de don pour s’habiller. Quand il avait besoin de quelque chose, deux solutions s’imposaient. Appeler Carmen pour qu’elle lui envoie par la poste des habits qu’il savait déjà parfaitement adaptés à sa taille, ou bien traîner Luca dans les boutiques. Le jeune homme s’y sentait aussi à l’aise que dans le bureau de son supérieur qu’il occupait lorsqu’il s’absentait, et c’était pour lui un plaisir de rendre service au grand Livio Gianelli. Déjà trop heureux d’être le subordonné de cet homme dont on vantait les mérites et l’efficacité dans les couloirs du GDP, Luca appréciait réellement ces escapades, où Livio acceptait enfin de sortir dans les rues de Milan avec lui. Même si ce n’était que pour lui trouver des vêtements. Surtout que, dans sa grande gentillesse qu’il ne montrait que peu souvent, Livio offrait toujours quelque chose à son sous-lieutenant pour le remercier. Comme un gamin que l’on félicite. Mais la satisfaction du militaire suffisait à Luca pour se sentir heureux d’avoir accompli son travail. Alors oui, ce qu’il portait venait souvent des choix d’un autre et Livio remerciait chaque jour Luca pour son goût et sa finesse. Si cela pouvait lui permettre de briller un peu plus aux yeux de Val, il prenait !

Seulement, les deux amis avaient manifestement et soudainement autre chose à faire. Si Livio avait pressenti le déroulement des évènements dès que les individus étaient entrés, il se plaisait à constater que sa vision des choses continuait à distinguer Val de façon assez floue. De par son entrainement, il avait l’habitude de prévoir les réactions des gens, victimes comme bourreaux, et de savoir dans le même temps quand frapper, où agir. Son ami restait invisible dans ses prédictions, aussi imprévisible que dangereux. Il pouvait aussi bien attendre leur commande tranquillement assis là que dégainer et les abattre sur le champ. C’était ça, qu’il aimait. Persuadé de le trouver à ses côtés s’il décidait de passer à l’action, Livio n’avait aucune idée de ce qui se tramait en ce moment même dans la tête de Val. A bien y réfléchir, lui aussi avait hésité entre le calme et l’excitation de l’adrénaline. Entre Val en face de lui, objet à fantasmes et à honteux regrets et Val dans le feu de l’action, à ses côtés en train d’évoluer comme on flotte dans un autre espace temps où tout le reste semble ralenti. A vrai dire, le choix avait été rapide. Le sien, toutefois il attendait l’accord muet de son ami. Sans ça, Livio resterait assis avec diligence et laisserait le restaurant se faire malmener tranquillement. Mais Valente ne mit pas bien longtemps avant de se lever et de se diriger vers ceux qui venaient de devenir leurs ennemis du moment.

Dommage pour eux.

Livio l’avait suivi, silencieux mais un grand sourire aux lèvres. Heureux de se retrouver dans un élèment qu’il maitrisait parfaitement, aux cotés de la personne qu’il estimait et appréciait le plus dans cette ville, voire même dans tout le pays. Le militaire resta immobile quand Val ouvrit la danse, provoquant d’une simple injonction les gros bras en face de lui. Le premier, qui semblait être le plus intelligent, était tout en finesse mais on devinait facilement une musculature soigneusement développée et entretenue, si bien que son allure était écrasante d’un charisme en plein développement. Dommage qu’il l’utilise simplement pour voler les clients et la caisse d’un restaurant. Enfin, son ambition n’était manifestement pas à la taille de ses capacités. Les deux autres semblaient moins dangereux, bien que le plus petit cache bien son jeu sous son ventre certainement dû à l’alcool : on sentait dans son regard une volonté certaine d’atteindre son but, par tous les moyens. Les plus déséspérés étant les plus dangereux, Livio se promit de commencer par lui quand le signal de l’attaque serait donné. S’ils partaient sur le champ, faisant demi-tour, ils avaient une chance de s’en tirer. Peut-être.
A partir du moment où leur chef provoqua Valente avec son arme et ses paroles qu’il n’eut pas le temps de mener à bien, ils n’avaient plus l’ombre du plus petit espoir de sortir d’ici sous leur meilleur profil. Livio vit son compagnon réagir avec une dextérité qui lui était propre, dégainant à son tour et le menaçant d’un ton qui ne souffrait pas de la moindre réplique. Vraiment pas.

- Complexé par ta taille pour réagir comme ça, Val ? Ce n’est pas vraiment poli, tu sais. Ces messieurs auraient sans doute souhaité qu’on les laisse remplir leur sale besogne. Ceci dit ...

Si Val transpirait la classe, Livio ne resta pas bien longtemps à admirer son ami et fit un pas en avant alors qu’un des deux acolytes du premier imbécile portait sa main à sa ceinture. Mauvais choix, encore une fois. Le militaire abattit simplement son poing. Une fois, il rencontra un nez qui se brisa sans la moindre hésitation. Une deuxième fois, le petit gros tombait inconscient par terre, avec la promesse d’un mal de crâne affreux et d’une douleur fulgurante à la nuque à son réveil. Du sang coulait sur les phalanges de Livio, mais ce n’était pas le sien. Il décocha un sourire carnassier à la silhouette effondrée à terre et s’exprima d’un ton acide :

- La prochaine fois que tu gâches un de mes repas, tu ne t’en tireras pas comme ça. Ah, mais j’oubliais, tu ne peux plus m’entendre. Bon ! Livio fit craquer ses cervicales d’un mouvement de nuque. A qui le tour ? Toi ?

Il se tourna alors vers le dernier des trois individus, et son regard le dissuada de sortir son arme. Tant qu’il ne ferait rien, Livio ne le toucherait pas. Il en profita alors pour dérider un peu l’atmosphère.

- Trois contre nous deux, pas vraiment équitable. Je te laisse une chance. Si tu arrives à me faire bouger d’un orteil, tu gagnes, je te laisse faire ce que tu veux.

L’inconnu avança, un peu. Prit son élan, recula son épaule, balança son poing dans la machoire de Livio. Qui ne bougea pas d’un centimètre, les jambes campées avec assurance dans le sol. Son visage avait toutefois volé sur le côté sous l’impact, mais quand il le releva il ne sembla pas avoir spécialement mal. Une légère gêne, tout au plus. Et cela avait permis à son sang de bouillir dans ses veines, excité qu’il était d’en finir. D’un regard pour Val, il se permit de lui demander une précision avant de commencer.

- Tu le veux un peu ou beaucoup abîmé ?
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Valente Genovese

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MessageSujet: Re: [X] Délicieuses habitudes [PV]   Lun 19 Sep - 15:45

- J’espère alors que tu es celui qui frappe le plus fort. Si tu y tiens, je peux te donner des conseils, tu sais ! Que ne ferais-je pas pour toi ...

Valente aurait aimé répondre que c’était lui qui tapait le plus fort. Mais il ne se leurrait pas, Cristiano ne souffrait en rien d’un manque d’entrainement. Et s’il se défendrait largement mieux qu’étant plus jeune, il ne savait pas si juste à mains nues il aurait eu le dessus. Les batailles avec son frère étaient tout le temps désordonnées. Ce n’était pas des gestes calculés et des esquives parfaites comme il le faisait en combat réel dans la rue contre des autres gens. Au lieu de vouloir mettre au tapis un individu potentiellement dangereux en évitant de se faire tuer, le mot d’ordre avec Cristiano était de cogner le plus fort dans le but de faire mal. L’anticipation n’existait plus et ils se livraient à un véritable combat de chiffonnier sans les moindres bases qu’on leur avait enseigné. Ça ne pouvait même pas compter comme entrainement. Plus d’une fois Livio avait vu son ami arriver avec un bleu sur la pommette ou la mâchoire dû à une dispute. Mais en contrepartie son frère avait la lèvre éclatée ou boitait quelque jour. C’était toujours comme ça, et ça durerait un bon moment avant que l’un de se décide à changer les choses. Ce qui était loin d’être prêt.

Val répondit à l’affirmative à son ami en ajoutant que lui aussi ferait n’importe quoi. Comment aurait-il pu saisir le moindre sous entendu voulu ou non de Livio à son égard ? C’était impossible, il ne le voyait que comme ami et était totalement persuadé que c’était réciproque et que les rares fois où il l’avait imaginé dans son lit n’était que les travers de son esprit à lui. Il ne pouvait voir les regards, sentir le désir qu’il pouvait y mettre, il ne pouvait imaginer ses rêves, ses attentes. Valente était hermétique à ce que Livio éprouvait pour lui car il ne pouvait juste pas s’en douter, ni même effleurer sa vérité. Parce qu’ils étaient déjà plus qu’amis à ses yeux mais malgré le fait que parfois il ne veuille voir que lui et uniquement lui, et même si parfois son regard glissait malencontreusement sur ses fesses moulées dans son pantalon, il n’éprouvait ni sentiment ni réel désir. Ils ne pourraient pas être amis et amants. Et leurs années d’amitié comptaient plus que le reste pour le jeune mafioso. Pour ce qui était sexuel, il avait largement le choix autant en femmes qu’en homme. Quant aux sentiments, il n’en avait pas besoin et ne comptait pas se marier de sitôt, il avait déjà à faire avec ses sœurs, il n’allait pas avoir d’enfant d’ici un bon moment. Et puis aucune femme ne le comprendrais jamais comme Livio alors autant profiter de l’état actuel des choses.

Le jeune homme brun avait l’impression que ce genre de situation arrivait tout le temps quand il désirait être tranquille. Mais c’était la rançon de la gloire. De toute façon, c’était agir maintenant comme il venait de le faire ou attendre qu’on vienne le voir car il n’avait pas fait glisser son portefeuille comme les autres. Et au final, ça serait revenu au même, et puis Val aimait prendre les devants, et le bon point, c’était que ça ferait grimper sa côte auprès des restaurateurs, de plus ça allait asseoir la réputation des Genovese en bien, et c’était positif. Enfin, en bien pour le commun des mortels, pour les ennemis, c’était autre chose. Mais la famiglia ne pliait devant personne, jamais. Et c’était marrant quand les personnes en face avaient le même état d’esprit et s’en suivait un bras de fer armé qu’ils finissaient presque par gagner à tous les coups. En tout cas, Valente savait à quel point il pouvait être énervant quand il était au dessus de la peur et donc au dessus de la crainte de perdre. Il agissait et voyait le résultat. Il n’attaquait jamais sans menace directe et ne portait pas souvent le premier coup, hormis si on l’avait irrité juste avant. Il aurait été tout à fait disposé à laisser partir le trio infernal s’ils avaient compris la situation dans laquelle ils se trouvaient, même si ça l’eut empêché de passer un bon moment de bagarre avec Livio. Ce qu’ils n’avaient pas fait, dommage pour eux.

Car la réaction de son interlocuteur n’était pas la bonne chose à faire pour se tirer d’ici sans trop de casses. Il avait voulu jouer au plus malin, mais Val n’était pas un expert de son automatique pour rien et le regard qu’il soutenait en le gardant toujours en joue voulait tout dire. Il était plein de colère et de défi, ainsi que l’absence de peur. Ce qui méritait d’être souligné, car rares étaient ceux qui ne frissonnaient pas sous la menace directe d’une arme. Ca tombait bien, s’il était prêt à se battre, Valente l’était tout autant, prêt à tout donner d’ailleurs, c’était le but de cette esclandre d’ailleurs. Il ne fallait pas qu’il le titille, ça n’était sûrement pas bon pour sa santé. En tout cas, ça serait à qui craquerait le premier et qui amènerait la faute. Etrangement, Valente ne se révélait pas des plus impatients durant des combats comme celui-ci et évitait de perdre son sang froid quand il estimait à sa juste valeur son adversaire. Ce qui était le cas à présent. Cette bande n’était pas à prendre à la légère, mais ils n’avaient juste pas choisi le bon restaurant au bon moment. A la rigueur, tant mieux pour Cosmo.

- Complexé par ta taille pour réagir comme ça, Val ? Ce n’est pas vraiment poli, tu sais. Ces messieurs auraient sans doute souhaité qu’on les laisse remplir leur sale besogne. Ceci dit ...

Sans lâcher une seule seconde du regard son vis-à-vis et en raffermissant sa prise sur son col, il répondit avec un sourire à son ami alors qu’il entendait un bruit sourd d’affaissement. Dommage, il avait raté la première action du militaire.

- Tu sais Liv, ce n’est pas forcément la taille qui compte et je m’en sors très bien avec ce que j’ai, t’en fait pas pour moi sur ce point là.

Il s’en voulait de rater le spectacle. Mais d’un autre côté, il pouvait s’occuper tranquillement de leur chef sans avoir la moindre crainte que Livio se prenne un mauvais coup, c’était juste totalement improbable. Il tire de plus belle vers lui l’homme qu’il tenait, le faisait presque totalement passer par-dessus le bar, en profitant pour commencer à l’étrangler au passage. « Reste calme, je veux juste regarder, je suis tout à toi après. » Il se retint d’esquisser un sourire à la vue du visage ravagé par la haine et le manque d’air de l’homme prêt de lui. Gardant son arme bien en joue et prêt à tirer au moindre mouvement suspect, il put enfin admirer Livio dans toute sa splendeur… Et sa suffisance. Il pouvait aussi s’y mettre quand il voulait apparemment. Quel acteur tout de même, c’était juste énorme. Valente savait très bien qu’il n’était pas en mesure de faire pareil, un coup de poing, ça le faisait bouger, il n’y avait pas à chier, il n’avait pas des années d’entrainement militaire derrière lui, lui.

- Tu le veux un peu ou beaucoup abîmé ?

-Fais toi plaisir, mais fais gaffe à tes chevilles, ça serait dommage de ne plus pouvoir retirer ton superbe pantalon de smoking.

La moquerie était gentille mais son interlocuteur commença à s’agiter et sa main se porta pour attraper à son tour la gorge de Valente. Finalement, il suffisait d’en mettre un au tapis, de lancer Livio s’occuper de son second bonhomme et de gérer le troisième pour arriver à une facilité de déroulement assez décevante. Il était dangereux certes, mais pas assez pour affoler le mafioso, loin de là à vrai dire. « Je vais te… » L’arme de Val se posta juste devant les dents de l’homme « Tu vas me quoi ? » Demanda-t-il aimablement. Il savait que même ça ne ferait pas reculer son enragé d’adversaire qui décida de tenter le tout pour le tout en tentant de se saisir une nouvelle fois de son arme. Valente soupira devant tant de lourdeur et il lui lâcha le col pour attraper son couteau de la main gauche, faisait cingler son arme en direction de la main vengeresse, tranchant net l’index qui termina sa course dans l’évier du bar. Pour éviter tout cri intempestif, il choisit la méthode Livio et ne se pria pour faire le tour du bar, le laissant tenir sa main ensanglantée avec de lui asséner un atémis définitif sur la nuque.

- En fait, c’était vraiment des petits joueurs. Et pourtant j’ai attaqué de la main gauche, j’avais une chance sur deux d’échouer. A l’avenir il évitera de sortir son arme pour tout et n’importe quoi.

Le ton s’était fait plus sérieux alors qu’il jetait un bref coup d’œil sur la masse assommée à côté de lui. Il n’était pas qu’un frimeur et il aurait très bien pu changer son arme de main au dernier moment malgré la douleur occasionnée par son doigt perdu. Si ça s’était déroulé ainsi, Valente n’aurait pas eu d’autre choix que de tirer à bout portant, ce qui aurait fait bien plus de dégâts. Alors il préférait autant voir que la douleur l’avait suffisamment déconcentré pour penser à autre chose. Sans nul doute qu’il venait de se faire un nouvel ennemi. Mais bon, il avait l’habitude à force, ce n’était pas le dernier. A l’aide de Livio, il sortit dans la rue les masses inanimées avant de revenir dans le restaurant pour se laver les mains. Une fois chose faîte, il tapota l’épaule de Livio avec un sourire.

- Je nous ai trouvé en baisse de régime pas toi ? Enfin, on en était où déjà ? Peu importe mais tu vois, avec Cristiano je n’arrive pas à me comporter de la sorte. Il doit lancer des spores de puérilité quand je suis à côté, c’est pas top.

Ils se dirigèrent à leur table pour reprendre le repas, sous le regard totalement effaré des autres clients, et celui totalement reconnaissant de Cosmo. Val pensa qu’il enverrait un message à ces trois là pour les avertir de ne plus s’approcher du restaurant sous peine de ne pas s’en tirer à si bon compte. La vengeance sur les Genovese, à la rigueur, mais ça finirait tout aussi mal. Enfin, il y penserait demain, en attendant, il attrapa son verre pour prendre une longue gorgée de vin, espérant que les plats arriveraient bientôt.
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Livio Gianelli

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MessageSujet: Re: [X] Délicieuses habitudes [PV]   Mer 21 Sep - 6:27

Il fallait bien l’avouer, souvent Livio ne frappait pas par sens de la justice. Pour ses convictions et le respect de ce qu’il croyait être la bonne voie, oui. Mais c’était plus souvent lui le voyou dans l’histoire, à aller déloger de chez eux des gens presque honnêtes pour les ramener à une sombre organisation ou pour les abattre de sang froid. Etrangement, cela lui faisait quelque chose d’intervenir à présent en faveur de la sécurité du restaurant. Bon, après le patron avait très bien pu tremper dans des histoires louches et le mériter, à vrai dire ce n’était pas le problème de Livio. Il ne se souciait que peu de la raison pour laquelle son poing aimait à rencontrer une mâchoire, il savait juste que cela faisait un bien fou. Tout laissait en tout cas à penser que c’était pour une fois une justice réelle qu’il défendait, bien que ce ne soit pas la première idée qui lui ait traversé l’esprit. On l’empêchait de passer une bonne soirée en croyant pouvoir l’intimider ? Eh bien, il retournait la politesse et prenait la situation à son avantage pour se défouler un peu. Après tout, une dose de sport avant le repas n’a jamais fait de mal à personne et Livio était toujours plus ouvert au monde quand il sentait ses muscles frémir sous sa peau et l’adrénaline monter peu à peu, comme une drogue que l’on retrouve avec délice, comme un nectar qui n’a trouvé nul autre égal sur terre et dont on ne peut se passer.

Ça lui faisait étrangement penser à sa dernière nuit au commissariat, d’ailleurs. Si seulement il avait pu avoir cet argument imparable de ce soir pour signifier à son bourreau improvisé qu’il pouvait également réagir de façon moins suspecte ... Quoique, pas sûr que pour ces crétins de la police cela fasse une grande différence entre taper un presque innocent -il ne fallait pas leur en vouloir, ils ne savaient rien- et en faire de même avec un braqueur, fut-il de pacotille dans sa démarche bien que Livio ne se trompe pas sur les capacités de la petite bande. Sans doute l’inspecteur Vasco trouverait-il cela cocasse ... Ou pas, en fait. A bien y réfléchir, il balancerait cette réflexion d’un revers de main alors que c’est bien la seule chose que Livio n’avouerait jamais devant lui. Il prendrait son air terriblement ennuyeux et impassible pour détourner la conversation sur ce qui l’intéressait vraiment, enfermant alors Livio dans un silence goguenard et patient. C’était ce qu’il s’était passé la dernière fois, comme toutes les précédentes. Sitôt arrivé, Livio avait réclamé son coup de fil pour signifier sa présence ici et, au lieu d’appeler un avocat en soutane trop désuète, il avait tenté de joindre Jilano. Comme d’habitude, en somme, puisque c’est par lui que semblaient naviguer toutes les demandes un peu particulières, les manipulations à faire ou les pots de vin à payer. Un silence, avant une réflexion teintée d’amusement qui lui avait souhaité une bonne nuit au poste.

Eh oui, avec un collègue pareil on n’était jamais vraiment sûr de pouvoir s’échapper comme on le souhaitait et surtout quand on en avait besoin. Jilano avait deviné qu’il abusait un peu en prenant moins de précautions et s’était sans doute dit qu’une nuit en cellule ne lui ferait pas de mal. A part les courbatures et l’impression d’avoir été passé au crible par une dizaine de tireurs d’élite, Livio avait chaleureusement remercié son protecteur dont la rigueur jouait aux montagnes russes. C’était une nuit formidable, et en plus il n’avait pas pu avoir un second coup de fil pour joindre Val. Lui aussi était plutôt doué pour le tirer de là, quand il le lui demandait. Ce qui restait rare, néanmoins, trop fier pour se plier trop souvent au pouvoir des Genovese. Il préférait encore attendre le bon vouloir de Jilano, au moins lui avait l’habitude et c’est avec un sourire désabusé qu’il venait le chercher à la sortie du poste, un salut pour l’officier qui accompagnait toujours Livio. A croire que cet homme connaissait tout le monde, et se faisait une joie de tisser des liens solides mais invisibles, comme la plus redoutable des araignées. Un jour, Livio lui avait parlé de cette comparaison, son collègue plutôt qu’ami s’était fendu d’un rire surpris pour laisser le silence reprendre possession de leur conversation avant d’acquiescer d’un simple mot, encore amusé de la pertinence de ce rapprochement. Araignée. S’il savait ...

- Tu sais Liv, ce n’est pas forcément la taille qui compte et je m’en sors très bien avec ce que j’ai, t’en fait pas pour moi sur ce point là.

Etonnamment, et malgré tout ce qu’il pouvait bien penser du corps de son ami dans ses rêves honteux et secrets, Livio n’était pas du genre à voir des sous-entendus de partout, à prendre le moindre mot comme cela l’arrangeait. Il laissait son esprit se débattre avec ses cas de conscience, et dans cette réponse de Valente il ne vit rien de plus qu’une boutade amicale, sans rien de superflu qui aurait pu le faire rougir rien qu’à y penser. Il ne lui venait alors pas à l’esprit de partir dans une réponse grivoise ou trop lourde pour la situation. Ce n’était qu’une discussion parmi tant d’autres dont ils avaient tant l’habitude, bousculant parfois un peu l’autre, revenant sur ses pas et laissant les sourires s’épanouir sur leurs lèvres. Une relation douce et sincère qui se construisait sur une confiance durement acquise et sur la simplicité qu’ils mettaient tous deux un point d’honneur à inviter entre eux. Ainsi, pas d’ambigüités, pas de faux espoirs, voire pas d’espoirs tout court. C’était clair, c’était net, c’était précis. C’était Val et Livio.

- Frimeur.

La seule réplique qui fusa de sa bouche avait été formulée avec un humour largement affiché, un sourire clairement adopté sur le visage. Il savait bien pourtant qu’à aucun moment le physique de Valente ne pouvait l’handicaper. Certes, il n’était pas aussi musclé d’un adulte qui avait pris l’entrainement militaire pour une règle de vie dès ses seize ans. Mais il se défendait plutôt mal, et à vrai dire ce n’était pas que cela qui comptait. Son physique ne se résumait pas à son tour de bras, mais bien d’avantage à la souplesse des ses gestes, à leur allure carnassière et sans pitié. Dans le moindre mouvement qu’il tendait vers la victoire, Val ne faisait qu’accomplir une danse qu’il improvisait avec une maitrise parfaite, sans fausses notes malgré les réparties des opposants. Se prendre un coup faisait partie du jeu, laisser l’adversaire frapper était aussi un moyen de le comprendre plus rapidement et, parfois, de jouer. Comme Livio s’apprêtait justement à le faire, impatient en sentant la douce chaleur qui irradiait à présent tout le côté gauche de son visage. Il sentait le coup, encore, avait la sensation de ce poing contre lui. Et c’était merveilleusement grisant que de saisir, d’un simple coup, la valeur de son adversaire. Fort, mais pas suffisamment. Surtout que le cerveau de la bande était à présent légèrement compromis par l’arme résolue d’un Valente prêt à tirer, sans la moindre hésitation.

-Fais toi plaisir, mais fais gaffe à tes chevilles, ça serait dommage de ne plus pouvoir retirer ton superbe pantalon de smoking.

- Je t’ai dit de ne pas te moquer ! Putain de réunion, je suis pas à l’aise là dedans. Je vais devoir faire vite, et c’est moins drôle.

Livio râlait surtout pour la forme, trop heureux qu’il était de pouvoir laisser libre cours à ses impulsions. Il n’y avait qu’avec Val et Jilano qu’il pouvait faire ça, se lâcher totalement sans avoir peur du regard de l’autre. Qu’on le prenne pour une brute, ce n’était pas son problème. Seuls ceux qui ne savaient pas regarder y voyaient de la force pure, sans finesse ni adresse. S’il en avait moins que Val, le militaire qu’il était se trouvait rôdé à ce genre d’attitudes et rien ne pouvait entacher la force de ses coups, grâce à la ligne de défense très fine de son agilité. Ceci dit, il était vrai que sa chemise le gênait et s’il avait pu l’enlever pour ne garder que sa veste élimée, c’aurait été un véritable plaisir. Mais il était en plein restaurant, hors de question de faire mauvaise impression -réflexion plutôt cocasse en plein milieu d’un esclandre de cette envergure, il faut en convenir-. Et puis, son dernier adversaire revenait à la charge. Il n’avait manifestement pas compris qu’il n’avait droit qu’à un coup, forcément perdant. Livio ne se rua toutefois pas à sa rencontre. Il demeura encore immobile, avant d’attraper le poignet qui passait juste à côté de son visage, de se glisser le long de son bras et de venir de son autre main saisir la nuque de son adversaire. Immobilisé, le dernier des trois adversaires encore libre se trouvait dans une position délicate ou les doigts du militaire lui faisaient terriblement mal, à cet endroit si fragile qu’est la base du cou. Livio le tenait à présent comme s’ils s’apprêtaient à démarrer une valse, bien qu’il soit positionné dans le dos de son partenaire et non face à lui. Un instant, il s’arrêta et lui souffla quelque chose à l’oreille. Quelque chose que ce Luigi identifia à postériori comme étant « fais de beaux rêves ».

Et le coup partit, cassant le poignet d’abord puis d’un même geste remonta à la gorge pour hésiter à la briser, se retenir et s’élevant jusqu’à son crâne, que Livio écrasa d’un geste précis. Et de deux dans les vapes, son quota était largement rempli et cela sans le moindre véritable bobo. Le jeune homme se retourna juste à temps pour voir Val se venger définitivement de l’imbécile qui n’avait pas appris à se tenir tranquille. Un bout de chair vola, et dans une grimace mi-appréciative mi-dégoûtée, Livio se dit qu’il n’aimerait vraiment pas être à la place de l’autre crétin. En même temps, aucune chance, les deux jeunes gens étaient bien trop proches pour pouvoir se déchirer aussi facilement. Toujours est-il qu’il admirait les méthodes expéditives de Val tout autant que son habitude de faire légèrement payer ceux qui ne l’estimaient pas à sa juste valeur. Fierté, quand tu nous tiens ...

- En fait, c’était vraiment des petits joueurs. Et pourtant j’ai attaqué de la main gauche, j’avais une chance sur deux d’échouer. A l’avenir il évitera de sortir son arme pour tout et n’importe quoi.

- Il a eu raison d’essayer, de toute façon l’issue était mauvaise dans tous les cas. Et puis, tu sors bien la tienne tout aussi rapidement, alors tu es mal placé pour dire ça !

D’un sourire complice, Livio et Valente se mirent d’accord pour nettoyer rapidement la scène qui mettait tout de même trois gaillards à terre, aussi facilement que ça. Livio en charga un -le grand maigre- sur son épaule et tira son premier adversaire, toujours inanimé, par le col de sa chemise. Ils s’en débarrassèrent dans la rue attenante au restaurant pour ne pas faire fuir de clients potentiels, et avec le faible espoir que d’autres tomberaient sur eux pour les finir. Puis, après cet effort qui était nettement moins amusant que la bagarre improvisée à laquelle les deux amis venaient de se livrer sans hésitation, ils rentrèrent et firent comme si de rien n’était. Tandis que Val se lavait les mains, Livio essuya négligemment les siennes qui n’avaient que quelques traces de sang -un nez cassé, ça saigne bien- sur un torchon que le patron lui avait apporté. Puis il rajusta comme il le pouvait sa chemise, une moue désapprouvée sur le visage pour bien signifier son état d’esprit face à cette tenue si peu commode. Cela fait, Livio se retourna alors que Val lui posait la main sur l’épaule.

- Je nous ai trouvé en baisse de régime pas toi ? Enfin, on en était où déjà ? Peu importe mais tu vois, avec Cristiano je n’arrive pas à me comporter de la sorte. Il doit lancer des spores de puérilité quand je suis à côté, c’est pas top.

- Le manque d’entrainement, ça faisait trop longtemps. Et puis, je ne comprendrais jamais comment tu fais avec tes fringues, c’est juste impossible de bouger correctement dans une chemise. Je rentre, je la vire.

Il ne releva pas la remarque sur son frère, se contentant de hocher la tête d’un air entendu alors qu’ils se dirigeaient l’air de rien vers leur table un peu éloignée. Livio ne fit pas attention aux regards qui les accompagnaient, se contentant d’apprécier l’excitation qui coulait encore dans ses veines. Se rasseyant, il s’adossa à sa chaise le temps que les plats arrivent, et quand ce fut enfin le cas il se plongea dans son assiette tout en continuant comme si de rien n’était leur discussion.

- Et toi, alors, les amours ? Parce que jusque là on n’a parlé que de ma secrétaire ...

Sujet sensible pour le rêveur, banal pour l’ami. Et avant tout, Livio était l’ami.
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Valente Genovese

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MessageSujet: Re: [X] Délicieuses habitudes [PV]   Jeu 22 Sep - 12:34

Valente ne pouvait nier son côté frimeur. Car entre ce qu’il disait pour se donner un genre et ce qu’il pensait vraiment, la barrière était mince, et Livio le savait, n’hésitant pas à lui faire remarquer, comme à l’instant. Mais c’était vraiment plus de la frime qu’un quelconque égocentrisme. Il n’en tenait pas une bonne couche comme certains qu’il ne citerait pas. Il ne se croyait pas le plus doué, le plus fort, le plus beau. Non il savait qu’il avait des avantages physiques indéniables, pas la peine de se mentir non plus, mais il n’était certainement pas l’homme qui plaisait à tout le monde. Et s’il se débrouillait plutôt bien à la gâchette, il n’était pas encore au niveau de son père. Et avec Livio à ses côté, nul doute que ses capacités à frapper fort étaient amoindries également. Alors non, il n’était pas vaniteux, juste frimeur. Il aimait se la raconter mais c’était plus souvent pour rire que pour dire la vérité. Tout n’était pas que mensonge, car il était prêt à prouver ses dires, mais généralement, ça finissait tout le temps mal, mais pas vraiment pour lui. Et puis c’était aussi ça qui faisait son charme. Sa façon de dire les choses sans se cacher, en en abusant. Son ami avait l’habitude de ce genre de comportement, mais lui aussi en avait l’habitude. Et de toute façon si Val voyait que ça finissait par lasser Livio, il se calmait, et il était bien le seul pour qui il gardait de la retenue dans ses dires. C’était ça l’amitié. Mais néanmoins, il n’était pas le seul à vouloir étaler ses capacités au grand jour et Valente ne put retenir sa remarque en le voyant chercher son adversaire puis en voyant du coin de l’œil à quel point la tentative avait été vaine. « Et c’est moi que tu traites de frimeur ? Et c'est quoi ton petit manège hormis de la frime ? » Parce que finalement, ils se complétaient bien, comme d’habitude.

- Je t’ai dit de ne pas te moquer ! Putain de réunion, je suis pas à l’aise là dedans. Je vais devoir faire vite, et c’est moins drôle.

Valente dû retenir un éclat de rire. Il était vraiment gêné par son accoutrement, c’était extrêmement marrant. Ce n’était pas donné à tout le monde d’arriver à se battre coincé dans des vêtements à première vue pas fait pour ça et surtout moins souples que sa bonne vieille veste militaire. Chacun ses habits de prédilection et la chemise ne faisait clairement pas parti de ceux de Livio. Tout le contraire de Val qui se sentirait flottant et mal à l’aise dans une veste comme la sienne. Mais néanmoins, ça ne l’empêchait pas de diablement bien s’en sortir, comme à son habitude à vrai dire. Il était classe dans toute sa splendeur. Les coups de Livio étaient rapides, froids et mortellement efficaces. Il ne manquait pour ainsi dire jamais sa cible, sa main coupait la respiration comme les balles de Val touchaient sans aucun problème leur objectif. Qui serait suffisamment pour s’attaquer à l’un d’entre eux ? Ou pire encore, à eux deux en même temps. Valente ne prit pas le temps de répondre car son adversaire avait décidé qu’il en avait marre de se faire prendre pour une bille. Grand bien lui fasse et dommage pour lui.

- Il a eu raison d’essayer, de toute façon l’issue était mauvaise dans tous les cas. Et puis, tu sors bien la tienne tout aussi rapidement, alors tu es mal placé pour dire ça !

- Mais moi c’est différent ! Moi je titille et je menace d’abord, je n’ai pas pour vocation de tirer dans tout ce qui bouge. Et puis s’il avait vraiment voulu tirer, il aurait pu le faire, j’en suis sûr. C’est vrai que contrairement à toi, je fais office de quelqu’un de sanguin. Pourquoi tu ne l’as pas fait ?

Un des mystères de Livio. Valente sortait aussi souvent son arme que son ami la laissait rangé. Il savait qu’il préférait utiliser la force physique plutôt que celle de l’arme à feu, mais des fois, c’était utile quand même… Enfin du moins c’était utile à Val quand il souhaitait faire parler quelqu’un, soit. Mais quand même. Le mafioso n’avait que de très rares souvenirs dans lesquels Livio utilisait son arme. C’était le moment ou jamais de lui demander.
Il jeta un coup d’œil à Cosmo qui nettoyait son bar. Il ne tremblait pas malgré ce qui venait de se passer. Après tout, il avait l’habitude des descentes dans son bar, c’était d’ailleurs pour cela qu’il avait demandé la protection des Genovese. Qui avait accepté sous réserve de pouvoir utiliser le restaurant selon leur bon vouloir, autant pour y manger que pour y entreposer de la marchandise. Et le contrat avait été conclu. Et pourtant Val savait à quel point il pouvait tremper dans des trucs louches, mais il était assez lâches et laissait les autres faire le sale boulot. Pour tout ceci ne concernait pas la famille. Tant qu’il ne faisait rien que pouvait leur nuire, ils s’étaient engagés à défendre l’endroit. Heureusement pour lui qu’ils étaient venus manger ce soir là. Sinon ça aurait été moins marrant. Et surtout qu’après ils auraient dû partir à la recherche du trio infernal pour leur faire passer l’envie de recommencer et de rembourser une partie des dommages. Valente songea qu’il aurait pu envoyer Aya sur l’affaire, ça lui aurait évité de cavaler partout alors qu’il avait un business à faire tourner. Surtout qu’une importante soirée était en organisation à l’Argenta et il n’avait guère le temps pour régler des comptes avec une bande d’abruti.

Valente n’aimait guère déléguer son travail, même pour quelque chose d’aussi simple que de remettre les pendules à l’heure. Il laissait faire Aya car il lui faisait un minimum confiance et qu’il savait qu’elle faisait du bon boulot. Et aussi parce qu’elle était mignonne mais c’était une autre histoire. Non Valente partait du principe qu’on était jamais mieux servi que par soit même, comme son frère d’ailleurs. Ca lui avait d’ailleurs posé des problèmes de surmenage quand il était un peu plus jeune. Car à tout vouloir porter sur ses épaules, il y avait des fois où on atteignait le point de rupture qui était insurmontable, et on se retrouvait au lit avec de la fièvre et aucune force. Chose ô combien frustrante. Depuis, Val essaie de ne pas tout faire et de se cantonner à son domaine d’activité à savoir son casino ainsi que diverses missions de protection et punitions dans le coin du quartier. Et quand il sait qu’il ne pourra pas être à l’Argenta, cela lui fait un pincement en donnant les pouvoirs à un subordonné, aussi doué soit-il. Il déteste être ailleurs quand il y a de l’action, des problèmes et un moyen de se défouler. C’est plus fort que lui, il faut qu’il se sente impliqué dans la vie de la famille, dans son travail, quitte à retomber dans ses travers d’il y avait quelque années. Avec Livio pourtant il partage. Déjà parce qu’il n’a aucun droit sur lui et parce que rester assis et voir l’autre s’amuser, c’était insupportable et il le savait, alors il ne risquait pas de l’imposer à son ami.

- Le manque d’entrainement, ça faisait trop longtemps. Et puis, je ne comprendrais jamais comment tu fais avec tes fringues, c’est juste impossible de bouger correctement dans une chemise. Je rentre, je la vire.

- C’est tout un art de pouvoir se permettre de se défendre bien tout en restant bien habillé crois-moi. Et puis il faut aussi des bonnes chemises. Moi je suis sûr que je tirerais à côté avec une veste lourde et encombrante comme la tienne.

Le jeune brun au chapeau fut ravi de voir les plats arriver car son estomac réclamait largement de quoi se sustenter après une histoire pareille en guise d’entrée. Heureusement que les plats de Cosmo étaient connus pour être largement fournis. Il entama son magret de canard d’un bon coup de fourchette, en profitant pour boire dans son verre de temps en temps. Il sentait son cœur battre encore un peu vite, réalisant qu’il y avait à peine quelque minute, ils se trouvaient en pleine bagarre. N’importe qui de normalement constitué aurait mit des heures à s’en remettre, mais l’un comme l’autre c’était leur quotidien. Et si un simple dérangement comme ça était dur à avaler, ils n’avaient plus qu’à changer de métier. C’était la routine de rappeler à l’ordre, quitte à utiliser la force. Val ne cillait pas et n’hésitait pas. Ce qu’il avait à faire il l’accomplissait, c’était aussi simple que ça. En affaire, on ne faisait pas dans le sentimentalisme, c’était le mot d’ordre.

- Et toi, alors, les amours ? Parce que jusque là on n’a parlé que de ma secrétaire ...

La discussion reprit son cours comme si rien de réellement s’était passé. Et Valente sourit entre deux bouchés, Dieu savait à quel point il adorait raconter ses « histoires de cœur » Ce n’était pas de la frime ou pour se vanter, non c’était juste un besoin irrépressible de tenir Livio au courant de ce qui se passait. Un truc de mecs sans doute. Du coup, il était ravi qu’il pose lui-même la question, ça le faisait moins culpabiliser que s’il se lançait tout seule dans des discussions à n’en plus finir sur ce qu’il faisait de ses nuits.

- La nuit dernière fut formidable ! Pleine d’ivresse et de splendeur, de défi, c’était un pur plaisir. Et je ne compte pas m’arrêter en si bon chemin, mon père peut attendre encore un moment avant de voir arriver une belle fille et une ribambelle de petits enfants. Sérieusement, pourquoi s’arrêter à une quand on peut en avoir des dizaines ? Pour une fois que je fais dans le social. Sérieusement Livio, tu sais pas ce que tu rates.

Et il sourit, il rie, il but et termina son assiette toujours en pleine discussion avec son ami. Et jamais hormis dans ces moments là il ne sentait aussi serein. Une soirée comme il en faisait trop peu. Il vit le grand blond sortir son porte feuille alors que tout deux se levaient mais l’arrêta.

- Laisse, c’est la maison qui paye. On va se boire quelque chose ?

Valente attrapa sa veste en sachant déjà la réponse et laissant partir Livio à l’avant du restaurant. Le mafioso le suivit et passant à côté du serveur, il ne se priva pas pour lui glisser pas vraiment délicatement une main sur les fesses, glissant un billet de pourboire dans sa poche arrière de jean. Il lui chuchota rapidement qu’il reviendrait avant de lui faire un rapide clin d’œil et de sourire en voyant l’air totalement gêné du jeune homme. Il était mignon, ça pouvait être sympa à tester.
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Livio Gianelli

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MessageSujet: Re: [X] Délicieuses habitudes [PV]   Ven 23 Sep - 13:21

Bon, Livio devait admettre que la remarque de Valente, il ne l’avait pas volé. Pourtant il faisant à l’ordinaire d’avantage dans la subtilité et dans la simplicité, ne s’engageant que peu dans la voie de l’apparence et du bruit. Il préférait donner un coup fatal sans un mot que de rater sa cible avec panache. Val conciliait les deux, chose que lui même n’arrivait à faire que lorsqu’il était vraiment détendu. La vantardise et le sens du spectacle n’étaient pas des qualités inhérentes au militaire qu’il était, éduqué dans l’ombre de la hiérarchie et dans la discrétion de l’exécutant. Toutefois, aux côtés de Val il n’était pas invisible, coude à coude avec son ami il dégageait sans le vouloir une assurance nouvelle qui le remplissait de panache, d’envie de se montrer, de besoin de jouer. Il n’y avait qu’en sa compagnie qu’il ponctuait ses coups d’une petite phrase remplie d’un cynisme bien dosé, qu’en sa présence qu’il se permettait une blague, car il savait qu’elle serait appréciée. Jamais encore avec ses autres rares partenaires de situations de crise, Livio ne s’était livré à autant de démonstration. Oh, certes ce n’était pas grand-chose surtout pour Val, grand maître en la matière, pourtant le jeune homme se sentait bien plus arrogant et sûr de lui quand il était là pour le regarder et lui retourner la politesse de la répartie. Certes, il venait de s’étaler dans la frime en toute impunité et sans le regretter un seul instant. Il lui fallait faire des efforts pour briller autant que son compagnon, forcer la dose au naturel pour qu’il se révèle et tente de rejoindre celui de Val, haut dans les étoiles.

C’était de l’entrainement et beaucoup d’insouciance qui le lui permettait, parfois. Bien que Livio ait parfaitement conscience qu’il n’arrivait pas à la cheville de son ami dans le domaine du charisme et de la prestance. Du moins le croyait-il réellement, totalement ignorant du magnétisme qui se dégageait de sa carrure muette et de ses muscles dignes d’intérêt et de respect. Ne se doutait pas un seul instant que les regards énamourés des demoiselles sur son passage lui étaient souvent adressés, lui les remarquant à peine, et encore sans pouvoir les comprendre. Il se savait gauche en séduction, mauvais en termes d’approche et en cela Val l’avait totalement cerné, même s’il ne connaissait pas le public cible de ses pitoyables efforts. Alors oui, à côté de son ami il pensait paraitre bien fade et s’enfoncer dans les tréfonds de la médiocrité. Si Livio était parfaitement lucide quand à ses capacités au travail et avec ses poings, tout comme celles qu’il démontrait à répondre aux attentes des autres le concernant, il ne l’était pas du tout, mais alors pas du tout sur sa personne en tant qu’homme et non en tant que militaire. Enfin, il lui fallait bien un défaut de ce point de vue là et si son charme naturel aurait pu être une véritable arme pour le jeune homme, il le laissait dormir tranquillement et passait alors plutôt inaperçu pour ceux qui ne le connaissaient pas. Se faire oublier, quand on mesure plus que la majorité des gens qui vous entourent, qu’on a un uniforme assez repérable et une blondeur peu commune accompagnée de deux yeux bleus clairs, cela relève presque du miracle. Une capacité à se faire oublier après le premier instant d’émerveillement. C’est pour cela que, quand ils sortaient, tous les regards se fixaient sur lui quelques secondes avant de dériver sur Val pour ne plus jamais le lâcher. Voilà ce qui séparait les deux amis, pourtant peu regardant de leurs différences.

- Mais moi c’est différent ! Moi je titille et je menace d’abord, je n’ai pas pour vocation de tirer dans tout ce qui bouge. Et puis s’il avait vraiment voulu tirer, il aurait pu le faire, j’en suis sûr. C’est vrai que contrairement à toi, je fais office de quelqu’un de sanguin. Pourquoi tu ne l’as pas fait ?

- Ça aurait été dommage d’abimer ta belle gueule.

Un silence s’installa un moment, Livio sourit en caressant du bout des doigts la crosse de son colt semi-automatique qui, à sa ceinture, dépassait de son étui. Une sensation si commune et tant usitée en entrainement, et pourtant si peu sur le terrain.

- Je ne m’en sers que pour tuer quelqu'un. Si je la sors, c’est pour finir le travail. Sinon, je préfère encore défigurer à la sueur de mon front, quitte à me péter une phalange ou deux. Je manque un peu de classe, mais ça fait un bien fou. J’ai pas encore trouvé mieux pour me sentir totalement comblé.

On aurait dit qu’il parlait d’une femme et de sexe, pourtant il évoquait la souffrance et la violence. Deux composantes qui faisaient partie de son quotidien, de sa vie. De la mort qu’il donnait souvent mais qui était indubitablement associée à son arme. Chaque balle avait un but, chaque balle donnait la mort. Il n’en avait jamais de rechange sur lui, et se contentait des neuf coups que lui offrait son colt. Bien suffisant pour accomplir son boulot, toujours trop pour sa conscience. Arme était synonyme de mort dans l’esprit de Livio et jamais il ne la sortait impunément, jamais il ne se laissait aller à la tenir dans ses mains pour autre chose. Il se fichait que d’autres comme Val s’en servent comme bon leur semblait, mais lui se refusait à faire souffrir en appuyant sur une gâchette et préférait largement le contact de la chair qui éclate, du sang qui gicle. Fascinant spectacle qui n’intellectualisait pas la chose, se contentant de revenir à de bas instincts primaires et carnassiers. Livio ne pouvait laisser la distance d’une arme de métal froide le séparer de sa proie que quand il devait se résoudre à l’abattre. C’était plus simple alors, plus efficace, plus impersonnel et un peu moins difficile pour lui. Si peu, pourtant.

- C’est tout un art de pouvoir se permettre de se défendre bien tout en restant bien habillé crois-moi. Et puis il faut aussi des bonnes chemises. Moi je suis sûr que je tirerais à côté avec une veste lourde et encombrante comme la tienne.

C’était totalement faux, Livio imaginait à merveille Valente avec sa veste, sans pour autant dévier de sa cible. Il était trop bon pour ça, et ne ratait jamais un objectif. Comment l’aurait-il pu ? En plus, la simple idée de le voir porter sa veste fit remonter un frisson dans l’échine de Livio, qui pensait ne plus rien trouver là qui le déconcentre à ce point de la réalité de leur amitié. Il commençait seulement à comprendre l’incroyable marché qui se développait chez les jeunes femmes autour de l’uniforme masculin, qu’il soit militaire ou pas. Cela lui irait diablement bien, surtout un peu trop mince pour y occuper toute la place, surtout avec sa casquette tombant sur ses yeux comme son chapeau le faisait à présent, surtout sans rien dessous ... Et voilà, une banale réflexion et Livio repartait dans ses délires malsains. Il allait se gifler, mais au lieu de cela exposa un sourire tout ce qu’il y avait de plus travaillé et d'hypocrite envers lui-même. Avant de rétorquer d’un ton qu’il avait voulu léger. Sans sous entendus, sans allusion, sans fantasme, sans vision ... Oui, surtout sans vision.

- Et pourtant, ça irait parfaitement avec ton comportement. Les militaires sont supposés être des fanas d’armes à feu et profiter de leur port d’arme légalement pour la sortir à tout bout de champ. Ce devrait être moi, le mec raffiné aux chemises. Quoique ... je devrais les envoyer au pressing trop souvent.

Bon, c’était plutôt facile en fait, Livio se persuadait que le reste de la soirée allait se dérouler tranquillement. Pour lui. Enfin, peut être que cela aurait pu être le cas, s’il n’avait pas eu la stupide idée de lancer Val sur le sujet de ses aventures. Quel crétin il avait été, tout ça pour continuer leur discussion et reprendre un semblant de naturel ! Encore tout excité par le petit entrainement improvisé qu’ils venaient de partager, Livio était serein mais pouvait perde facilement ses moyens. Heureusement, alors que son meilleur ami lui racontait sa dernière nuit avec sans doute une jolie brune -ou blonde-, Livio se plongea dans son plat de pâtes, savourant la cuisine toujours excellente qu’il pouvait déguster ici. Il se jeta sur un morceau de pain et faillit s’étouffer quand Val parla de petits enfants, hésitant entre le rire et la colère. Il opta finalement pour le premier, s’amusant diablement efficacement de la vision, jusqu’à sentir quelques larmes poindre de ses yeux pendant ce fou rire incontrôlable qu’il ne maitrisa qu’à grand peine, et à l’aide d’un verre de vin qui apaisa ses gloussements nerveux. Val, papa ? C’était juste à mourir de rire, autant que d’imaginer Cristiano l’être. Bien heureux de n’avoir pas à subir cela, Livio hocha simplement les épaules quand il lui fit remarquer qu’il passait à côté de quelque chose. Il savait qu’il passait à côté de la seule personne avec qui il voulait partager ce genre de nuit, et cela lui était bien plus doux que de réaliser son envie du moment. Car il gardait un ami précieux avec qui il vivait tant d'excellentes soirées.

La soirée se passa à ce rythme, et après un dessert amplement mérité au vu de leur petit exploit de la soirée -un classique tiramisu aux figues pour Livio-, les deux jeunes gens avaient fait des réserves. D’amitié, de rire, de simplicité et de bonne nourriture. Le lieutenant du GDP se promit de ne pas attendre aussi longtemps avant de remettre cela, même si les prochains jours allaient l’occuper de manière plutôt active, avec cette histoire d’explosion et l’agitation qui régnait dans Milan. Pour remercier son ami, Livio sortit son portefeuille sans hésiter, celui-ci ne pouvait en effet pas souffrir d’une note, même salée, pour deux personnes. Cependant, Val l’arrêta en cours de route et se proposa de l’inviter. D’un sourire, il le remercia puis lui répondit d’un air faussement outré.

- D’accord, monsieur le friqué. Mais la prochaine fois, c’est pour moi. Tu ne veux pas te mettre à m’entretenir, quand même ?

Et sur ces mots, Livio s’éloigna de leur table en laissant l’habituel pourboire qu’il donnait toujours quand la soirée avait été bonne -et, étonnamment elle avait été rendue excellente par l’arrivée impromptue des trois crétins-. En sortant, se retournant pour attendre Valente, Livio jeta un coup d’œil dans la rue attenante : personne, les trois terroristes de bas étage s’étaient manifestement remis de leur cuisante défaite pour se trainer jusqu’à chez eux. Val sortit enfin, sa nonchalance habituelle en prime. Naturellement, et sans se concerter, les deux amis se dirigèrent vers un bar de leur connaissance situé non loin du restaurant. Côte à côte, ils continuaient de deviser agréablement sur les têtes surprises et horrifiées des clients, sur le calme du patron, sur la qualité des plats ... Jusqu’à ce qu’ils entrent dans un bar à l’ambiance assez simple, loin d’être glauque. L’éclairage était tamisé mais sans être enfumé ou oppressant, on y distinguait facilement une décoration faite avec goût et les sourires détendus ou amusés flottaient sur tous les visages des clients de l’établissement. Livio se dirigea vers une banquette située contre le mur, d’où ils pouvaient avoir une vue imprenable sur l’ensemble de la salle et de ceux qui y évoluaient. Le jeune homme y jeta sa veste, ouvrant avec un soupir de soulagement les deux premiers boutons de sa chemise, sortant les pans de celle-ci de son pantalon de costume et remontant ses manches pour dégager ses avants bras. Voilà, comme ça il était beaucoup mieux. Puis il se tourna vers Val, l’invitant d’un regard à s’asseoir pendant qu’il lui demandait nonchalamment :

- Alors Val, à quoi tu veux te soûler, ce soir ?
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Valente Genovese

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MessageSujet: Re: [X] Délicieuses habitudes [PV]   Ven 23 Sep - 18:37

- C’est évident que ça aurait été un beau gâchis ! Je déteste avoir à me balader avec des marques aussi voyantes qu’une trace de balle imprimée dans la joue !

Il plaisantait mais ce n’était encore pas loin d’être vrai. Car Val frimait autant sur ses compétences au combats que physiques. S’il savait qu’il n’était pas le meilleur ou le plus beau, il ne pouvait s’empêcher de se trouver quand même diablement attirant. S’il y avait été quelqu’un d’autre il serait allé se draguer, ou serait allé draguer Livio, ça marchait aussi. Car s’il semblait aussi handicapé des initiatives qu’il voulait bien lui faire croire, ça aurait été un véritable plaisir de l’approcher et de le déflorer. Par expérience, ce n’était pas forcément la carrure qui décidait de qui était forcément en dessous. Et la force de caractère y jouait aussi pour beaucoup. Et Valente n’aurait sûrement pas supporté d’être celui qui reçoit. C’était au dessus de ses forces. Il voulait dominer et mener la partie. Et en ça, il se doutait que ça n’aurait pas été facile avec Livio, qui se révélait parfois plus intransigeant que lui. Comme quand il sortait son arme par exemple. Il avait enfin sa réponse sur l’attitude de retenue de son ami. Et il s’en souvenait maintenant. Chaque fois qu’il sortait ce colt, c’était pour achever. Ce n’était pas un jeu ou un spectacle comme ça pouvait l’être pour le mafioso. Ca signifiait la fin, le baissé de rideau. Et c’était effrayant d’imaginer ça. Et aussi diablement sexy de voir ce visage fermé se diriger vers sa cible, et ne plus la quitter. Livio était impressionnant quand il le souhaitait. Véritablement imposant. Et c’était pour ça que Val ne voulait pas mettre la charrue avant les bœufs en imaginant que son ami serait domptable au lit. Il y avait de multiples solutions. Mais il n’en essaierait aucune. Car il était son ami, cela allait de soi.

Mais c’était vraiment que Valente était indéniablement attirant et recevait rarement humblement les regards qu’on pouvait lui jeter dans la rue. Il s’en abreuvait et en vivait. Une autre de ses drogues. Et c’était par habitude qu’il avait apprit à sentir le regard admiratif du regard envieux, celui ignorant de celui provocant. Et c’était souvent ces deux derniers qu’il appréciait. Qu’il cherchait à rencontrer pour à son tour, ne plus les lâcher jusqu’à la fin. Comme pour l’ultime balle de Livio. Dans un autre temps, ils auraient pu former un duo de choc en ce concernait la gente féminine. Ils les auraient fait tomber comme des mouches les unes après les autres. Car ils étaient différents et couvrait à chacun un large panel de fantasmes. Et c’était bon à savoir. Bien sûr Val en usait sans vergogne, ce qui n’était pas le cas du grand blond, au grand désarroi de son ami qui aurait aimé se confronter à lui aussi bien sur le terrain des poings que des femmes. En tout bien tout honneur. Avec Livio, ce n’était jamais une compétition et il ne se sentait jamais diminué en sa présence. Il reconnaissait les qualités qu’il n’avait pas et ne manquait pas non plus de lui faire remarquer. Car il avait d’autres talents dans lesquels il le surpassait ailleurs. Il n’éprouvait pas comme avec son frère ce besoin constant de prouver quelque chose. Il savait que Livio savait qu’il était capable. Et c’était suffisant. Il n’en demandait pas plus. Il voulait juste jouer et mesure, pas réellement se battre. Jamais se battre pour de vrai avec Livio, c’était un crime.

Et Valente ne put retenir un frisson de plaisir à sa phrase. Car il imaginait très bien comme il comprenait ce qu’il ressentait. Ils étaient faits du même acier pour ce genre d’adrénaline. Quoi de mieux qu’une bataille où on risque sa vie, où on donne des coups, où on peut en prendre, où on esquive, on respire fort, on se sent s’envoler au milieu d’un champ où balles et coups pleuvent. Des guerres en miniature. La quotidien des quartiers obscurs. Une vie dans laquelle il baignait depuis tout petit. Et pourtant il ne pourrait jamais vulgariser cette sensation de puissance quand il explosait un genou, quand il brisait un nez ou une mâchoire, quand il prouvait sa suprématie, quand il voyait Livio le faire. Une sensation de liberté et de plénitude une fois le combat achevé. S’allumer une cigarette, redescendre sur terre, s’offrir un verre de vin et une tranche de rire. Jamais ça ne sera comme d’habitude, chaque situation était différente et méritait un traitement différent. Et c’était trouver ce traitement le plus rapidement et efficacement que Val adorait, en plus de l’exécuter. Alors il hocha la tête de façon sérieuse, redressa son chapeau sur la tête. Le regard qu’il lui lança valait toutes les réponses du monde « On est pareil vieux » Je te ressemble et tu me ressembles. Comment se passer de cette sensation si chère à notre cœur, à notre corps ?

- Et pourtant, ça irait parfaitement avec ton comportement. Les militaires sont supposés être des fanas d’armes à feu et profiter de leur port d’arme légalement pour la sortir à tout bout de champ. Ce devrait être moi, le mec raffiné aux chemises. Quoique ... je devrais les envoyer au pressing trop souvent.

- La prochaine fois que tu seras en tenue officielle je te piquerais veste et casquette pour voir, tu prendras mon chapeau et tu mettras une chemise, je pense que ça peut être très marrant d’essayer. Ca mettrait du piment dans notre prochaine baston. Un nouveau challenge. Et arrête, je sais que tu es raffiné comme mec déjà, ça se voit juste pas forcément dans l’habillement.

Valente se mit à rire à cause de celui contagieux de Livio. C’était en effet des plus comiques que de s’imaginer papa. Sûrement qu’il ferait un père honorable, s’occupant au mieux de ses enfants et surtout, faisant son possible pour qu’ils s’entendent. Mais ce moment était loin d’être arrivé. Les contraintes non, il préférait profiter encore un bon moment de sa liberté de sortir avec qui il voulait. Car tromper sa femme n’était pas vraiment accepté au sein de la famille. Et Daniele avait dû faire forcing auprès de son père pour que son ex femme ne soit pas poursuivie. Valente ne voulait pas être confronté à ça, s’il se trouvait une femme, ça serait pour l’aimer jusqu’à la fin. Sauf que pour l’instant, c’était tout bonnement inenvisageable. Le mafieux termina son café en grimaçant à la phrase de son ami.

- D’accord, monsieur le friqué. Mais la prochaine fois, c’est pour moi. Tu ne veux pas te mettre à m’entretenir, quand même ?

- Ah c’est bon, je vais passer pour un radin si je laisse Cosmo nous offrir le repas et que la prochaine fois c’est toi. Et ne t’en fait pas pour ça, c’est plus un service qu’autre chose.

Terminant sa drague avec le serveur, Val bifurqua vers le bar en sortant son propre portefeuille. Il y posa des billets contenant largement assez pour les deux repas, le vin, les pourboires encore en plus et surtout « Pour le dérangement » fit simplement le jeune brun au patron avant de suivre son ami dans la légère fraicheur de la nuit. Direction, la suite des évènements, et cette fois, il espérait vraiment ne pas être dérangé car deux fois dans la même soirée ça pouvait faire beaucoup. Surtout que dans les bars, avec de l’alcool, lui comme les autres étaient plus enclins à partir au quart de tour. En tout cas, à peine la porte passée, Valente se sentit dans un de ses nombreux éléments. Les bars, il savait les écumer, avec ou sans Livio. Il ne se priva pas pour distribuer quelques clins d’œil, a des personnes potentielles comme des déjà passés à la casserole. Il salua rapidement le barman, soutint le regard plus d’une seconde d’une jolie brune mince accoudée au bar. Elle le fixait avec cet air intéressé mais pourtant assez dédaigneux. Valente sentit son sourire prendre forme au coin de ses lèvres. Il y avait moyen de s’amuser. Une drague en bonne et due forme, avant d’honorer sa promesse et de retourner au restaurant. Sa soirée s’annonçait bien chargée. Mais en attendant, il rejoint Livio à une table de prédilection quand on souhaitait voir l’ensemble du terrain. Il regarda son ami son mettre à l’aise et se força à détourner le regard des deux boutons qu’il venait d’ouvrir. Mais ce n’était pas possible d’ignorer à ce point le charme qu’on possédait. Car les regards qui se tournaient vers eux n’étaient pas que pour Valente, ça crevait les yeux.

- Alors Val, à quoi tu veux te soûler, ce soir ?

Valente se pencha vers lui, encore debout, pour lui passer un bras sur les épaules et balayer la salle de sa main.

- Au rhum mon ami ! Le rhum est l’ami des femmes et des pirates et crois moi, nous serons les deux ce soir ! Il y a largement le choix.

Il s’empressa d’aller au bar commander trois cocktails à base de rhum, que le barman se fit une joie de lui offrir. Il glissa le premier verre devant cette jeune femme qu’il avait repéré avant de retourner s’asseoir à la table de son ami et de boire plusieurs grandes gorgées.

- Aha, je crois que j’ai déjà une touche, je suis sûr que tu peux trouver ton bonheur aussi !

Ca faisait un bail qu’il n’avait pas bu de rhum, mais pour une fois, ça changeait de ce qu’ils pouvaient boire en temps normal, c’était plus exotique, plus atypique. Et si Val continuait de parler avec Livio tout en croisant de plus en plus le regard de la jeune femme qui sirotait très lascivement son rhum, il restait tout sens en alerte, à voir s’il voyait des gens qu’ils ne connaissaient vraiment pas et qui ne semblait pas très propres sur eux même. Mais il avait de la chance, pour l’instant tout semblait aller bien et il n’y avait aucune raison pour que ça dégénère une nouvelle fois. Les quelques verres de Val étaient vides quand il se décida en s’excusant auprès de son ami d’aller voir cette jeune femme qui s’appelait Sonia. Le mafioso n’y alla pas par quatre chemins mais Sonia ne se laissa pas non plus faire et une joute verbale pimentée d’allusions de plus en plus poussée s’ouvrit. A son terme, il obtenu sa récompense, le numéro de la belle et promit de la rappeler, il ne précisa juste pas quand. Car ce soir il avait d’autres projets, et surtout, il était avec Livio et se sentit un peu coupable de l’avoir laissé. Il le chercha et le trouva en conversation avec le barman. Il se dirigea vers lui en s’affalant à moitié sur ses épaules, demandant de ses nouvelles et en profitant pour commander son ultime verre s’il souhaitait avoir encore de quoi satisfaire le si mignon serveur du restaurant.

- J’ai réussi mon coup ! Et toi, ça donne quoi ?

Si Val avait su, sans nul doute qu’il se serait tu et l’aurait laissé tranquille. Mais Val ne pouvait juste pas imaginer la situation dans laquelle il mettait son ami à chaque fois qu’il l’approchait et le touchait de façon aussi proche avec quelque gramme d’alcool dans le sang.
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Livio Gianelli

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MessageSujet: Re: [X] Délicieuses habitudes [PV]   Sam 24 Sep - 7:36

Spoiler:
 

Alors qu’ils se dirigeaient tous deux vers ce qui serait très certainement la fin de leur soirée entre amis, Livio tentait d’échapper aux mots de son compagnon. Ceux qui lui avaient proposés insidieusement et de façon plus que tentante d’échanger leurs habits de travail. Etait-il totalement inconscient, ce mafioso nonchalant, ou bien Livio était-il bien plus atteint et détraqué qu’il ne le croyait ? Pourquoi, comment faisait-il pour exprimer à haute voix ce qu’il avait imaginé en essayant de restreindre le désir qui accompagnait cette vision tentatrice ? Une seule explication, le militaire devait être fatigué de sa journée pour se laisser aussi souvent submerger. D’ordinaire, les rêves restaient coincés dans un recoin de sa mémoire et se tenaient sagement oubliés jusqu’à ce que son lit les accueille avec plaisir. Alors là, qu’est ce qu’il lui prenait de se laisser aller aussi facilement, de ne pas parvenir à faire taire la petite voix curieuse et moqueuse qui l’accompagnait alors qu’il avançait d’un pas assuré, cachant son trouble ? Ne sachant plus bien où il en était, tout ça lui rappelait les raisons qui l’avaient poussé dans les bras du GDP. Et la triste constatation du : que serait-il devenu sans ce poste ? Un hiérarchique aigri passant son temps à se rebeller, sans doute. Son amour du grade et son respect des capacités se seraient effrités, ses valeurs auraient abandonné leur poste, le laissant tremblotant comme un enfant qui réclame sa mère. Il serait rentré à Monza, il aurait tenté d’oublier en se jetant à corps perdu dans un travail manuel, comme déménageur ou livreur. Payé au lance pierre, aucun objectif en vue, un quotidien morne et répétitif. Puis il en aurait eu marre. Refusant de céder à la facilité d’attacher une corde à un lustre pour s’y balancer dans une ultime danse morbide, il se serait sans doute jeté dans un univers trop dangereux pour lui.

Il riait à moitié en pensant qu’il aurait alors peut être pu rencontrer Valente quand même, malgré tout. Car quiconque voulait mourir savait bien que la mafia Italienne était une solution simple, rapide et si en plus on voulait expier un crime, la souffrance était tout à fait possible. Il n’y avait qu’à connaitre leurs règles pour les enfreindre. Peut être que Val lui-même se serait occupé de lui, sans le connaitre alors. Il imaginait déjà son regard acide sur lui, frappant son visage impassible et pointant sur lui son arme, redoutable. Frissonnant à cette idée qui ne lui plaisait pas du tout, Livio bénissait son poste actuel et son statut d’ami pour Val, et non de cible à éliminer. Finalement, sa vie avait pris un drôle de tournant simplement à cause d’un beau hasard se présentant à lui, simplement grâce à une succession de possibles qui l’avait conduit là où il était, entouré d’une présence rassurante et totalement dévoué à sa cause. Oui, décidément, heureusement que sa vie actuelle lui permettait de se dévouer à quelque chose, d’obéir à quelqu’un tout en jouissant d’une liberté toute particulière. Son âme de militaire, formatée pendant de nombreuses années à cet état d’esprit, trouvait toute son ampleur et sa raison d’avancer dans ce boulot, qui était pour Livio bien plus que ça. C’était aussi pour cette raison qu’il méprisait tous ceux qui ne s’impliquaient pas, qui ne vivaient pas ce dans quoi ils étaient engagés. Les gens comme Egeado. Mais, plutôt que de penser à cet énergumène fort agaçant, Livio se concentra de nouveau sur la réalité alors qu’ils arrivaient au bar.

Avec le temps, il aurait dû être habitué pourtant Livio était toujours surpris de voir que, où qu’ils aillent tous les deux, Val connaissait tout le monde. Ou du moins, une grande partie et de toute façon, chaque responsable d’établissement connaissait son visage, et plus encore son nom. Ce bar ne faisait bien évidemment pas exception, et Livio ne pouvait s’empêcher de s’émerveiller encore sur l’influence que son ami avait et dont il se jouait souvent. Lui était connu et respecté au GDP, dans les rues certaines rumeurs couraient sur un militaire blond qu’il valait mieux éviter, mais personne ne le connaissait vraiment et son nom n’était qu’une consonance italienne comme il y en a tant d’autres. Rien à voir, en somme, avec la renommée respectueuse que l’on offrait à Valente. Lui, on le craignait après qu’il ait tapé. En tous les cas, le jeune homme n’arrivait toujours pas à déterminer si les regards qu’on lançait à Val étaient admiratifs, curieux, ou autre chose. La plupart du temps, il se demandait en quelles circonstances il avait pu connaitre la personne, là bas. Qu’est ce qui pouvait bien les lier alors qu’ils semblaient si différents ? Incapable de comprendre qui son ami connaissait bien, qui il saluait, à qui il promettait, Livio le laissa faire son entrée en scène comme il l’entendait avant de se retourner vers lui, juste pour voir la naissance du sourire qu’il connaissait bien. Celui qui l’aimait tant, qui animait le visage de son ami d’un mélange entre défi, espoir et excitation. Il naissait à chaque fois qu’il se saisissait de son arme ou, autre solution ...

Quand il s’apprêtait à draguer. La plupart du temps, cela ne le dérangeait absolument pas, pire il était content pour lui et l’encourageait quitte à faire des paris sur la jeune fille cible de son petit manège. Mais ce soir, ce soir son estomac se tordit à la vue de la splendide créature qu’il comptait bien faire sienne. Les jambes fuselées, les hanches marquées et la poitrine généreuse. Le regard que Val aimait, à la fois attiré et prétentieux, l’invitant autant qu’elle le repoussait. Une scène qui, ce soir, donnait à Livio des envies de meurtre. Il détourna bien vite le regard de la jolie brune aux yeux en amandes qui séduisait son ami tout en légèreté pour se concentrer sur la question qu’il venait de poser à Valente. Après tout, elle avait tout à fait raison d’essayer, et lui aurait été stupide de refuser. Donc tout allait se passer comme d’habitude. Et Livio ne dirait rien, et Livio serait content pour lui. N’est ce pas, Livio ?

- Au rhum mon ami ! Le rhum est l’ami des femmes et des pirates et crois moi, nous serons les deux ce soir ! Il y a largement le choix.

Bien. Au rhum. Juste, si Valente pouvait éviter de se rapprocher de lui comme ça alors qu’une once de colère venait de se réveiller en lui, ça serait pas mal. Comment dire ? Val qui lui entourait les épaules d’un bras, c’était naturel, c’était un geste qui arrivait souvent, c’était banal et amical. Sauf que les poils des avant bras du militaire venaient de se dresser sous l’accolade. Il tenta de faire comme si de rien n’était, bien heureux à présent de pouvoir résister à l’alcool. Parce que ce soir, soûl, il n’était pas sûr de pouvoir se contrôler, mais même le rhum ne pouvait pas l’atteindre s’il restait vigilant.

- Fais attention à ne pas finir comme une barrique plutôt que comme un pirate, Val. Bourré, tu n’as plus grand-chose de séduisant, crois moi.

Bon, c’était faux évidemment il l’était en toutes circonstances. Et bizarrement, il aurait bien aimé le voir encore plus soûl qu’à l’ordinaire. Suffisamment pour ne pas voir la passion qui suinterait de ses yeux lorsqu’il irait faire les yeux doux à la jeune femme au loin. Chassant cette idée de sa tête en la secouant, comme si c’était aussi simple, Livio s’affala sur la banquette alors que son meilleur ami revenait avec deux verres pour eux, après avoir pris le soin d’en offrir un à sa cible du soir. Il attaqua sans hésiter, alors que Livio trempait seulement ses lèvres dans le cocktail âcre et largement relevé. Avec ça, la donzelle ne tiendrait pas longtemps.

- Aha, je crois que j’ai déjà une touche, je suis sûr que tu peux trouver ton bonheur aussi !

- C’est même évident, elle te bouffe déjà des yeux. T’as intérêt à revenir avec son numéro, Casanova. Et t’inquiète pas pour moi, j’ai pas forcément envie de ça ce soir, hors de question que je me ridiculise avec toi en pleine chasse.

La discussion dura un peu, jusqu’à ce que Valente estime qu’il avait assez bu pour aller conter fleurette à sa belle. Soupirant, Livio le regarda s’éloigner en se coulant contre le cuir rouge qui l’accueillait, avant de détailler la salle. Seul, ici, il se serait sans doute amusé. Etant lui même homosexuel, il avait une sorte de don pour repérer les regards des hommes à son égard. S’il a déjà été dit que celui des femmes il n’en avait pas conscience, ce qui aux yeux de Valente le faisait passer pour une catastrophe ambulante en termes de drague, Livio voyait facilement avec qui quelque chose pourrait se faire. Déjà, il avait fait quelques sourires d’excuses à des jeunes gens se trouvant à l’autre bout de la salle qui l’interrogeaient du regard. Il ne pouvait pas se le permettre. Pas ce soir. Et c’est à regret qu’il s’interdisait minute après minute de rejoindre un groupe, de s’y plonger pour discuter avec tous mais n’en viser qu’un. Le seul qui savait, le seul qui partageait. Dans un long soupir d’une lassitude affichée, Livio finit son verre d’un trait alors qu’il ne l’avait qu’à peine entamé. C’était dommage, vraiment, qu’un bête rêve vienne assombrir ce qui d’habitude était de l’excitation et du plaisir à voir son ami profiter de l’environnement féminin d’un bar. Alors qu’il reposait le verre vide sur la table, un serveur vint le débarrasser et le remplacer en lui glissant que c’était « cadeau ». Levant la tête, le regard bleu surpris de Livio croisa celui, brun, du barman qui lui accorda un très léger sourire.

Ravi de cette occasion inespérée, Livio récupéra le verre, sa veste. Jetant un regard vers Val, il l’aperçut en pleine joute verbale et le laissa à son plaisir tout en rejoignant le bar. Ça n’avait rien de bizarre d’être là, et le jeune homme qui se trouvait à présent en face de lui était bien le seul à qui il pouvait venir parler sans éveiller les soupçons de son ami. Alors, verre sur verre, il se mit à discuter. De la frustration d’avoir un ami qu’on ne peut pas approcher plus par souci de conserver cette relation si privilégiée que par peur de son orientation sexuelle, de la pluie, de l’attentat dans Milan, du beau temps et du goût du rhum. Val ayant donné le ton, Livio conservait cette ligne de conduite et sentait peu à peu les effluves de cet alcool si fort le rendre plus léger. Moins soucieux, et complètement détaché de l’attitude de Valente. Il se surprit même à faire des paris avec le barman sur la résistance de la jeune femme. Numéro ou pas numéro ? C’est après avoir offert son premier sourire au barman que Livio vit son ami revenir, l’air triomphant sur le visage. Goguenard, il réclama son argent à son vis-à-vis, sûr qu’il avait été des compétences de Val et misant sans hésiter sur sa réussite. Et quand Val arriva, Livio ne sentit pas son cœur accélérer, ni la tension de la frustration reprendre le dessus. Il avait retrouvé la sérénité qui l’habitait toujours dans ces soirées entre amis, et même lorsque son compagnon s’étala sans hésiter sur son dos, commandant une nouvelle boisson, Livio ne réagit pas. Il fut presque surpris de la légèreté et de la nonchalance qu’il abordait, qu’il retrouvait après une soirée riche en émotions pour lui. Ça y était, il était guéri de son fantasme et retrouvait son ami.

- J’ai réussi mon coup ! Et toi, ça donne quoi ?

Fêtant sa quiétude revenue dignement en offrant sans complexe à Val l’appui qu’il était venu réclamer, Livio lui offrit un sourire amusé et moqueur, avant de pointer le menton en direction du barman. Ce fut d’une voix ironique qu’il lui répondit.

- Comme tu vois, tu viens de me casser mon approche avec la seule personne que j’ai pu aborder ce soir. Et donc, Diego n’aura pas l’honneur de tester mes pitoyables techniques de drague.

Toute la soirée il avait menti sous couvert de se protéger, et là il disait une vérité des plus criantes avec un soupçon d’humour pour que Val ne s’y fie pas. C’était léger, c’était agréable, c’était naturel. Livio venait de se retrouver, de saisir enfin la facilité qu’il avait toujours eue à être en compagnie de son meilleur ami. Il rajouta donc, totalement détendu.

- Et grâce à ta performance, j’ai gagné ma soirée. Ceci dit, le pari est facile et tu ne te heurtes jamais à un véritable challenge, l’issue est évidente pour qui te connait.

Livio vida son verre, geste qu’il avait tant répété dans la soirée, avant d’enfiler de nouveau sa veste et de poser quelques billets sur la table, dont ceux qu’il avait dérobé un peu plus tôt au dénommé Diego. Il se retourna vers Val et, d’un œil critique, mit fin à la beuverie.

- Je crois que si tu ne veux pas que je te traine encore jusque chez toi, on devrait en rester là. Tu as ce que tu étais venu chercher, de toute façon, et ce fut une bonne soirée. On se rentre ?
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Valente Genovese

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MessageSujet: Re: [X] Délicieuses habitudes [PV]   Dim 25 Sep - 9:43

Quiconque autre que Valente se serait fait reconduire à la sortie s’il avait allumé une clope à l’intérieur de ce bar. Même si la plupart du temps les lois étaient contournées, surtout dans ce quartier, ce bar restait encore un espace avec un air à peu près sain. Mais Val n’en avait cure, quand il voulait se griller une cigarette, il n’attendait pas d’avoir l’autorisation. La loi, c’était un peu lui aussi vu comme les Genovese pouvaient être derrière chaque haut placé du gouvernement ou de la police. Et puis les mécontents, soit ils sortaient, soit on s’expliquait, c’était aussi simple que ça. Et puis c’était plus fort que lui, cette envie de fumer restait dans son cerveau jusqu’à ce qu’il assouvisse son envie, c’était trop dur de résister à l’appel de sa nicotine préférée. Tout comme il n’aimait pas résister à l’appel d’une aussi belle femme. Dommage pour elle qu’il ait déjà choisi son défi de la soirée. En plus avec un homme, c’était souvent plus compliqué, mais plus amusant et plus excitant. Mais elle ne se sentirait pas lésée car il rappellerait, et si elle ne voulait plus entendre parler de lui, il recommencerait son manège de drague jusqu’à ce que ça fonctionne. Peu d’entre elles résistaient jusqu’au bout, et dans les cas où ça arrivait, Val était frustré mais admettait sa défaite, il n’était pas du genre à forcer si la personne ne voulait vraiment pas. Et puis, ce n’était jamais comme si il n’avait personne sous le coude sur qui se rabattre. Il y avait toujours quelqu’un quand il en avait besoin. Et Val aimait ça.

Il s’était habitué à trouver sur un plateau ce qu’il voulait, mais ça n’avait pas toujours été comme ça. Il avait dû se battre de longues années et faire ses preuves plus d’une fois pour prouver qu’il méritait d’être traité ainsi. Et des têtes étaient tombées, son nom avait commencé à circuler de lèvres en lèvres et on avait finit par le connaître. Le descendant du grand Daniele Genovese qui dans sa jeunesse tenait le quartier était là. Et Val était fier de constater qu’il avait bien meilleure réputation que son grand frère. Il préférait être comparé à son père qu’à Cristiano, comme toujours. Mais on s’habituait vite à un luxe de vie, à se faire offrir les restos et les verres, à pouvoir aller chez les plus grands tailleurs sans que ça nous coute un rein. Même si l’argent n’était pas vraiment le problème, c’était aussi l’influence et le nom qui comptait. Son grand père n’avait pas tissé sa toile de partout pour rien. Il possédait un réseau et ce réseau se transmettait. Ainsi ceux qui avait rendus de fiers services étaient toujours récompensés et gardé en estime. A l’inverse on pardonnait rarement une traitrise, même qui datait d’il y avait dix ans. On ne jouait pas avec la famille. C’était plutôt l’inverse. En tout cas, Val était content d’en être arrivé là après tant d’effort. Il n’avait pas volé sa réputation et ses privilèges. Et il n’avait pas non plus volé son amitié avec Livio. Car il y tenait bien plus que des repas offerts ou que des regards de respect.

- Fais attention à ne pas finir comme une barrique plutôt que comme un pirate, Val. Bourré, tu n’as plus grand-chose de séduisant, crois moi.

Val grimaça. Oui d’accord, il ne tenait pas l’alcool aussi bien que son ami, qui lui était comme un puits sans fond en ce qui concernait toute substance alcoolisée. Il en était un peu jaloux, mais d’un côté, il ne connaissait pas cette sensation de flotter et de sourire pour un rien. Mais de toute façon, Val ne buvait comme ça qu’en sa présence, il était le seul en qui avoir confiance, il savait qu’il le garderait des mauvaises bagarres, des gestes déplacés et pourrait le ramener chez lui. Même si dans la mesure du possible, il évitait de lui infliger trop souvent une telle responsabilité. Parfois il aurait aimé boire avec lui et qu’ils soient tous les deux dans le même état, mais ça ne semblait pas possible, enfin, ça ne l’empêchait pas lui de s’amuser. En tout cas ce soir, il ne voulait pas finir bourré. Un peu soûl, mais pas ivre mort avec le mal de tête carabiné du lendemain. Non il ferait attention car il avait de grands projets pour ce soir. Et comme il ne rentrait pas directement, il n’était à l’abri de rien, et il valait mieux que l’alcool ne brouille pas suffisamment ses sens pour être capable de se défendre et de tirer. Et puis comme il le soulignait, il préférait toujours être charmant que ressembler à un pauvre alcoolique anonyme.

- Oui oui promis je ne forcerais pas trop la dose, ça me rendrait malade d’être repoussant.

- C’est même évident, elle te bouffe déjà des yeux. T’as intérêt à revenir avec son numéro, Casanova. Et t’inquiète pas pour moi, j’ai pas forcément envie de ça ce soir, hors de question que je me ridiculise avec toi en pleine chasse.

Val ne sut pas trop quoi répondre. Il n’était pas égoïste comme son frère pouvait l’être et il aurait dû passer la soirée avec Livio. Mais il y avait cette fille et ça aurait été un affront pour lui et pour elle de ne pas tenter une approche par la séduction. Et puis comme son ami le soulevait si bien, s’il n’obtenait pas son numéro, c’était toute sa réputation qui tombait à la renverse. Mais bon, dans l’absolu, il préférait ça à ce que le grand blond le trouve énervant. Et puis si en plus Livio ne draguait pas non plus et qu’il le laissait, il s’ennuierait peut être. Et Le mafioso ne voulait pas qu’il ait un mauvais souvenir de la fin de soirée. Et pourtant plus les minutes passaient, plus Valente sentait le regard de la brune se faire de plus en plus insistant sur lui. Comme un défi qu’il rechignait à relever. Mais il n’arrivait pas à se résoudre à se lever et préférait encore deviser encore un peu avec son ami. Il savait que c’était impossible de le persuader de lui aussi draguer. Il ne l’avait guère vu faire, et ce n’était pas ce soir que ça allait commencer. Il ne voulait pas qu’il se force à l’encourager sous prétexte qu’ils étaient amis. Alors il resta le plus longtemps possible avec elle, sous couvert que plus il la faisait attendre, plus l’impatience déclenchée en elle serait bénéfique. Mais il n’arrivait pas vraiment à quitter la table, préférant une discussion plus simple avec Livio. Et puis il craqua et ce fut le moment de se lever. Il se pencha vers le militaire en s’excusant et en lui promettant qu’il ne serait pas long pour qu’ils puissent finir la soirée ensemble. Il écrasa sa cigarette et se dirigea tout sourire aux lèvres vers sa cible, ignorant le pincement de culpabilité de le laisser.

Et ainsi pour lui s’ouvrit un nouveau défi. Parvenir à une séduction dans les règles de la famille, sans pour autant s’éterniser sur des détails sans importances pour arriver le plus vite possible au sésame, le morceau de papier griffonné à la hâte pour obtenir les quelques chiffres permettant un contact plus poussé. Mais c’était sans compter le caractère fougueux de Sonia qui n’avait pas l’air décidé à lui lâcher un pouce de terrain sur qui draguait l’autre en vérité. Et les yeux de Valente glissaient sans vergogne sur ses cuisses à l’air et sa poitrine qu’il aurait bien caressés dans l’instant. Mais non, ce n’était pas le lieu, pas le moment. Avant il devait casser ses défenses verbales avant d’espérer approcher celles physiques. Et s’il voyait que Sonia était indubitablement intéressée par lui, elle n’en demeurait pas moins une tête de mule qui refusait de se laisser aller à la facilité. Et peu à peu, il oublia Livio pour ne se concentrer que sur son attitude, ses mots et ses paroles pour la flatter et pour de plus en plus faire du rentre dedans. Et finalement il vit son sourire et sut qu’il avait remporté sa manche, après un coude à coude très serré et ce fut avec le papier en poche qu’il rejoignit son ami plus loin sur le comptoir, fier de sa réussite.

- Comme tu vois, tu viens de me casser mon approche avec la seule personne que j’ai pu aborder ce soir. Et donc, Diego n’aura pas l’honneur de tester mes pitoyables techniques de drague. Et grâce à ta performance, j’ai gagné ma soirée. Ceci dit, le pari est facile et tu ne te heurtes jamais à un véritable challenge, l’issue est évidente pour qui te connait.

Ce fut sûrement l’alcool plus la phrase totalement saugrenue qui acheva Valente et le fit exploser de rire sur l’épaule de son ami. C’était décalé mais diablement bien trouvé et son rire ne se tarit qu’au prix d’intenses efforts après quelques minutes. Il essuya les larmes au coin de ses yeux, un sourire encore immense sur le visage. Il était génial.

- Crois moi j’en suis le premier navré, si j’avais su je t’aurais laissé finir ta tentative d’approche, au temps pour moi.

Il se pencha vers le barman pour lui chuchoter absolument pas discrètement de lui donner quand même son numéro pour le conforter dans ses capacités à draguer. Il s’intéressa de nouveau à Livio avec un air de reproche totalement faussé par ce sourire qui ne quittait pas son visage.

- Et en plus tu te permets de te faire de l’argent sur mon dos, quel faux frère tu fais ! Mais je passerais grâce à ton compliment, et pourtant crois moi, ça ne fut pas une mince affaire, il faut que je te raconte.

Il est vrai qu’à voir Valente s’amuser comme ça, on aurait été en peine de le croire dangereux ou même capable de tirer sur quelqu’un de sang froid. Et pourtant si. Car même si il se sentait en sécurité avec son ami, il n’en demeurait pas moins avec cet espèce d’instinct inatteignable par l’alcool qu’il gardait toujours sous le coude en cas de besoin. Sans nul doute qu’il aurait été moins efficace que d’ordinaire à cet instant, et pourtant, il aurait aisément maté des voyous de bas étages. Et c’était ça qu’il aimait chez lui.

- Je crois que si tu ne veux pas que je te traine encore jusque chez toi, on devrait en rester là. Tu as ce que tu étais venu chercher, de toute façon, et ce fut une bonne soirée. On se rentre ?

-Je te suis.

Il repoussa son verre à moitié vide et se dirigea vers la sortie, faisant un rapide clin d’œil à la belle Sonia qui leva son verre dans sa direction comme pour lui porter un toast. Désolé mais ça ne sera pas ce soir, cependant promis, il se rattraperait. Plus tard. Livio le rejoignit et ils firent encore quelques minutes de marche ensemble alors que Val lui racontait la ténacité de Sonia. Il s’excusa d’avoir été un poil long mais lui avoua qu’il avait également passé une excellente soirée et qu’il ne fallait plus attendre autant de temps pour recommencer, car c’était vraiment agréable. Ils se souhaitèrent bonne nuit et se séparèrent sur une accolade et un « on s’appelle ». Val avança un peu dans la rue, bifurqua dans une nouvelle, croisa une ruelle, fit le tour du pâté de maison avant d’arriver devant le restaurant où ils avaient dînés. Il était fermé mais en regardant à l’intérieur, on voyait de la lumière, Cosmo devait sûrement faire ses comptes. Il vit le jeune serveur passer le balais à entre les tables. D’un geste sans appel il frappa à la porte. On ne pouvait refuser pareille demande à Valente Genovese. Et l’embrasure s’ouvrit sur un homme aux cheveux châtains et au regard fuyant en voyant le visiteur. Le mafioso entra, referma la porte derrière lui et passa le dos de sa main rapidement sur la joue de son vis-à-vis.

A nous deux, charmant serveur. Je n’ai pas laissé passer Sonia pour rien, crois le bien.
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Livio Gianelli

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MessageSujet: Re: [X] Délicieuses habitudes [PV]   Lun 26 Sep - 13:52

C’était vraiment agréable, cette sérénité qui l’habillait tout à coup comme une cape l’aurait fait. Pas de contrainte de devoir faire attention à ses paroles, à ses gestes. Livio n’avait plus besoin de retenir ses attitudes et plus aucun regard en coin ne s’attardait sur la silhouette de Valente. Oh, il savait bien que le jeune homme n’avait absolument aucune idée du désir honteux qu’il nourrissait parfois pour lui, et que même s’il était assez flagrant de l’importance que son ami occupait dans sa vie, rien n’aurait pu être compris de travers. Pourtant il suffisait que lui-même s’en rende compte et le sache pour lui donner la nausée. Il avait l’impression de trahir Valente en pensant à lui de cette manière, la sensation de le salir de pensées déplacées qui ne devaient pas entacher leur relation. Ça le dégoûtait presque de se rendre compte que l’attirance qu’il éprouvait de temps à autre à son égard était réelle et qu’il se leurrait en croyant tout simplement à un mauvais rêve. Car le songe revenait, car le fantasme perdurait, et si Livio se délectait de cette vision à chaque fois que son inconscient le lui offrait, il savait très bien que la journée qui suivrait, il serait mal à l’aise. D’humeur massacrante au boulot, impatient et susceptible, réagissant à la moindre attaque comme pour trouver ailleurs un substitut de sa propre personne. Quelqu’un à frapper pour évacuer la rancœur et la gêne, pour effacer le dégoût et le malaise. Un défouloir, quelque chose qui le vide une bonne fois pour toutes, lui permettant de sombrer dans un sommeil sans rêve.

Mais c’était souvent trop en demander, et Livio appréciait alors tout particulièrement ce retour au calme. Il lui avait fallu une bonne bagarre, un repas et une pointe de jalousie pour apaiser son imagination fertile. Plus de vision de Val en train de gémir sous ses doigts, ce visage qu’il connaissait si bien tordu par le plaisir, il l’avait chassé. Regrettant au fond de lui sa bénéfique énergie grisante, mais savourant d’autant plus alors la paix qui avait remplacé l’angoisse et le mensonge. Parce que leur amitié, c’était avant tout la vérité toute simple, dans les limites du possible, et beaucoup beaucoup de confiance. En l’imaginant dans son lit, Livio savait bien qu’il trahissait cette confiance et se refusait à endosser ce rôle qui briserait tout. Ami ou amant, jamais les deux. Livio avait fait son choix depuis longtemps. C’est à cela qu’il pensait alors qu’il commençait à deviser tranquillement avec le barman, charmant au demeurant. Ses cheveux étaient coupés courts, mais des mèches un peu plus longues retombaient sur ses yeux, par intermittence. Leur couleur noire contrastait avec la pâleur de sa peau, où bien était-ce l’éclairage qui voulait ça ? En un sens, de physique il lui rappelait vaguement Elio. Mais il était plus posé, moins direct aussi. D’avantage retranché dans son boulot, ça se voyait bien qu’il n’était pas un habitué des passages au lit avec les clients. Mais il n’y a rien à faire, quand deux êtres s’attirent, la morale n’y peut rien et les regards que s’échangeaient le dénommé Diego et lui étaient suffisamment équivoques. Bien que la discussion ne les calme, Livio expliquant qu’il ne pouvait se le permettre ce soir avec son ami à ses côtés. Ce même ami qui n’était plus là pour le voir apprécier ce bon moment de tranquilité.

Le militaire savait bien que derrière son sourire confiant et sa démarche assurée, Val regardait toujours en arrière avant de le laisser. Il était comme ça, toujours à hésiter entre le charme d’une belle créature et l’amitié qu’il éprouvait pour lui. Livio se fichait bien qu’il parte retrouver la première, étant donné qu’il revenait toujours vers lui. Indéfectiblement, sans hésiter un seul instant, Livio savait que son compagnon laisserait tomber la plus belle femme au monde s’il lui demandait de le rejoindre pour une raison quelconque. Evidemment, il ne ferait jamais une chose pareille. Même dans un moment de pure jalousie, Livio ne se voyait pas interpeller son ami et exiger de lui qu’il laisse tout en plan sous prétexte qu’il en avait envie. Il était bien trop respectueux envers Val et ses conquêtes, fussent-elles parfois un peu horripilantes. Il se plaisait à l’encourager, à l’admirer -en tout bien tout honneur cette fois- en pleine action. Le voir se débattre, lutter pour la victoire, l’arracher finalement et triompher la tête haute. C’était comme de revoir un film dont on connait la fin, mais qui à chaque fois nous fait sourire d’un air indulgent et apprécié. Comment lui en vouloir alors qu’il semblait si détendu, si entier quand il jouait de son charme pour séduire telle ou telle fille ? Il rayonnait alors d’un charisme lumineux, qui le rendait irrésistiblement attirant et séduisant, malgré des défauts qu’il avait, comme tout le monde. C’était si différent, si différent de l’autre Val que Livio connaissait tout aussi bien, pour l’observer avec les mêmes yeux envieux et un respect teinté d’admiration.

Différent du charisme, terrifiant, qu’il dégageait une arme à la main et un sourire résolument prêt à en découdre sur le visage. Il faisait alors d’avantage reculer ceux sur qui ses yeux se posaient qu’autre chose, et ce contraste chez lui faisait de Val cet individu si exceptionnel que Livio avait pour ami. Tantôt le dragueur anodin et juste un peu plus doué que la moyenne, tantôt le mafieux au regard de glace qui s’interdisait le moindre sentiment. Deux faces d’une même pièce qui rendaient le jeune homme à la fois complexe et simple à appréhender. De plus, Livio pouvait sans hésiter se vanter d’être l’un des rares êtres humains à connaitre les deux facettes de son ami, ses deux visages. Jamais dirigé vers lui, l’un comme l’autre, mais toujours proche et à portée de regard. Livio espérait d’ailleurs que ni l’un ni l’autre côté de Valente ne lui soit un jour destiné. Il préférait largement la troisième partie, plus naturelle et humaine, celle de l’amitié solide et profonde qui les liait. Alors non, en dépit de ce que Val pouvait croire, son ami ne lui en voudrait jamais alors qu’il partait accomplir ce pourquoi il était en vie. Valente Genovese qui ne drague pas dans une soirée, voilà qui aurait été inquiétant, voire carrément louche. Qu’il le fasse était signe de son parfait état de santé, même s’il fallait bien avouer que Livio était ravi de la considération qu’il lui prêtait en se souciant de sa personne, abandonnée à son triste sort.

- Patience, murmura le barman, je suis sûre qu’un jour ça se fera. J’ai l’habitude d’observer les autres, et je parie qu’il ne restera pas insensible à tes charmes.

- Eh bien tu te trompes Diego, souffla Livio d’un air résigné. Mais ce n’est pas grave, c’est mieux comme ça. Il ne mérite pas que je veuille arrêter tout ce qu’on a construit, même pour tenter de bâtir autre chose. Enfin, c’est gentil de vouloir me remonter le moral, je n’en ai juste pas besoin. Tout va mieux.

Pas si triste que ça, au final. Premièrement parce que Diego était un compagnon timide mais agréable, deuxièmement parce qu’à son retour Val se laissa partir dans un fou rire tonitruant qui le gagna rapidement. Cette explosion était communicative, et maintenant que Livio s’était débarrassé de toute envie malsaine il ne restait plus que la joie d’être ensemble. Ils étaient là, comme des gamins partageant une bonne blague qu’ils ne pouvaient savourer qu’à deux. Et cela suffisait à son bonheur. Il dut même imiter son compagnon qui épongeait ses paupières d’avoir trop rit, même si les traces de la bonne blague demeuraient. S’il savait que ce n’était pas de l’humour, sans doute tout eut-il été moins amusant. Mais peu importait.

- Crois moi j’en suis le premier navré, si j’avais su je t’aurais laissé finir ta tentative d’approche, au temps pour moi.

Alors que Val s’adressait à Diego pour lui réclamer son numéro de téléphone, Livio afficha un grand sourire amusé sur son visage, par-dessus l’épaule de son ami. S’il savait que ce numéro était déjà dans sa poche, bien tranquillement préparé pour une éventuelle rencontre, ailleurs, autrement. Mais il ne releva pas, attendant que Val continue ses réparties qui le faisaient de nouveau rentrer sur scène, au premier plan.

- Et en plus tu te permets de te faire de l’argent sur mon dos, quel faux frère tu fais ! Mais je passerais grâce à ton compliment, et pourtant crois moi, ça ne fut pas une mince affaire, il faut que je te raconte.

- C’est pas grave, Val, je crois que de toute façon c’est définitivement mort pour ce soir. En plus il n’y avait pas d’égal à ta cible, je n’allais pas choisir moins bien que toi, j’ai un semblant d’honneur à préserver !

Lui aussi afficha un air faussement indigné à l’encontre de son ami, avant de poursuivre d’un ton plus serein mais pas moins amusé.

- Je suis tout ouïe, maintenant que tu te décides à avoir une vraie conversation d’hommes ! Et puis, tu sais bien que l’argent n’a qu’une signification limitée. C’est plus le plaisir de te voir gagner à chaque fois qui me motive.

La soirée se terminant ainsi, ils sortirent rapidement, Livio enfilant sa veste de nouveau alors qu’il rangeait son portefeuille dans la poche arrière de son pantalon. Il commençait à faire frais, même s’il n’était pas aussi tard que la nuit les entourant ne voulait bien le laisser croire. Quelques pas, ils se tinrent encore compagnie, parlant un peu trop fort, riant un peu trop souvent. Deux amis que tout rapproche, deux cœurs liés qui profitent simplement l’un de l’autre. Val parla beaucoup, lui expliquant les difficultés rencontrées avec miss grosse poitrine ... Euh, Sonia. Un prénom qu’il lui fallait impérativement retenir pour lui en demander des nouvelles à l’occasion. C’était ça aussi le travail d’un ami, retenir les détails qui paraissent insignifiants mais qui ont la plus grande importance pour l’autre. Autant, les détails de ses déboires amoureux l’intéressaient, autant le nom de ses victimes était bien moins passionnant. Il réagit sur certains points, comptant les points entre les deux adversaires jusqu’à ce qu’il admette que Sonia avait été un challenge intéressant, tout de même. Malgré l’idée qu’il s’en était fait au départ, trop focalisé sur l’aisance de Val. C’est fou, même après autant d’années il se faisait encore prendre au piège de sa présence et oubliait parfois que personne ne pouvait lui résister bien longtemps, la femme fut-elle aussi résistante que Sonia. Ils échangèrent quelques phrases qui concluaient la soirée, les deux amis se promettant de se revoir rapidement cette fois, et de se contacter à l’occasion.

Regardant Val s’éloigner de quelques mètres, Livio continua son chemin environ deux minutes. Avant de faire une pause contre un mur qui passait par là, et de revoir le visage de Diego et son sourire timide. Cela faisait tellement longtemps qu’il n’avait pas profité vraiment d’une expérience avec un autre homme, une qui aille plus loin que l’échange de bons précédés. Il se contentait souvent de cela en ce moment, afin d’oublier les rêves qui le hantaient. Mais maintenant qu’il constatait à quel point l’obsession de Val se faisait remarquer par son absence, Livio hésitait. Devait-il se laisser une chance et profiter un peu plus de la vie comme son ami passait son temps à lui dire ? D’une manière disons plus approfondie qu’un échange un peu glauque derrière un bar ? Oui, c’était envisageable et même plutôt plaisant. Alors le militaire fit demi-tour, négligeant l’heure avancée et reléguant sa conscience dans un coin de son cerveau. Non, il n’était pas fier de se lancer là dedans alors qu’il ne connaissait rien de ce barman, oui il aurait pu aller voir Elio. Mais là, c’était l’inconnu et la séduction qui l’attiraient, et non pas le soulagement ou le sexe facile. Signe qu’il se portait bien mieux. Livio rentra de nouveau dans le bar et se dirigea droit vers un Diego surpris qui n’eut que le temps de lui demander s’il avait oublié quelque chose avant de sursauter, la main de Livio à présent posée sur la sienne, en une signification très claire.

- Tu avais pourtant mon numéro ... Bon, je finis dans deux heures.

Deux heures pendant lesquelles Livio déploya tout le charme dont il était doté sans le savoir, deux heures qui parurent bien longues au pauvre barman, deux heures qui révélèrent une partie du militaire que Val ne connaissait pas et ne connaitrait sans doute jamais.
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