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 Une poigne de fer dans un gant de velour [Angela <3]

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Ilana E. Acciari

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MessageSujet: Une poigne de fer dans un gant de velour [Angela <3]   Ven 7 Oct - 13:18

Spoiler:
 

    Roulement.
    Bordées de noir, les hanches de la serveuse se balançaient dans une démarche féline et dansante, si bien que mes prunelles ne s'en détachèrent qu'à regret. Une femme sait reluquer en toute discrétion non mais ! Pas comme ces mâles à la langue pendante et à la lueur lubrique dans le regard aussi grosse et voyante qu'un gyrophare ! Aucune classe !
    Rien ne valait autant que ce qui se cachait derrière un regard discret, le papillonnement de cils faussement surpris suivi d'un sourire qui en disait long sur la comédie qui se jouait.
    Je vous jure, les mecs et leurs techniques de drague dignes des manières préhistoriques, sans emballage, sans maquillage. Et dire qu'aujourd'hui était une croix de plus dans la traque d'un de ces rustres individus.
    Une croix de trop.
    Comme sur le calendrier des jours où je découchais mais ça, c'est une toute autre histoire... Revenons à notre goujat « délaceur » de corsets et de chemisiers, juste pour le plaisir de la honte de ses victimes. Je lui enfoncerais une cargaison de petites épingles, de boutons et de bobines de fils jusqu'à ce qu'il s’étouffe dans sa conn-... sa bêtise.
    Plus vite, on le stopperait, plus vite je mettrais mon idée à exécution ou trouverais une vengeance appropriée à ce type détestable d'individu. Et en prime, la pression de cette affaire sur le GDP s'envolerait telle une bulle de savon qu'on éclate d'un ongle.
    Ce pactisant avait eu en effet, la charmante idée de faire son coup à la directrice d'une des plus grosses entreprises de Milan - un de nos plus grands partenaires et fournisseurs - en lui dégrafant son chemisier et sa lingerie devant tous ses collaborateurs. Son rire crépitant les murs de son insanité, il avait continué avec les secrétaires, les comptables ...
    Joli spectacle pour eux, et une plaie de plus à gérer pour nous ... Heureusement que le seul point positif dans cette affaire n'allait pas tarder à apparaître au coin de la rue.
    Angela.
    Collaboratrice ponctuelle - une femme l'est toujours, collègue et bien que cela, elle avait été mise sur l'affaire avec moi et je devais dire que j'en étais plutôt satisfaite. Une Délicatesse féminine dans un monde de poudre et de sueur ... Mais ne vous leurrez pas. On peut se manucurer les ongles et être plus dangereuse que la plus grosse brute épaisse armée d'un calibre 8.
    Rambo à côté d’un rouge à lèvre explosif, c’est un pet de mouche silencieux bon à aller de rhabiller.
    La pointe de mes griffes manucurées tenait une cadence assez tranquille, rythmait mon attente par un air de balade.
    Jetant un rapide coup d’œil à l'horloge du café, je me levai prestement, sortit de mon sac bandoulière où était savamment caché un Beretta « emprunté » à Livio, un portefeuille Dolce et Gabanna pour régler la note. En sortant, j'accordai un dernier regard venimeux au grand dadet qui bavait presque sur mes jambes à demi-découvertes.

    L'art de marcher et même courir sur des pavés en talon aiguille ne s'apprend pas, c'est inné. Féminin par excellence ! Poser son talon en équilibre précaire et arriver à ne pas faire dégringoler l'image de sa silhouette de gazelle. Et si jamais le pire arrive, se rétablir, faire taire la douleur des chevilles et continuer dignement, comme toujours. Qui a dit qu'être féminin n'était pas une aventure ?
    J'avançai donc, très assurée en direction d'une autre ombre rosée que j'avais aperçu quelques secondes plus tôt.
    Une cigarette à peine entamée dans une main, je fis de grands gestes de salut à Angela.

    « Angelaaaaaaaaaaaaaaa ! » Criais-je d'une voix fine ( qui a dit stridente ?).

    J’accélérai le pas pour arriver à sa hauteur, la prenant dans mes bras, signe familier d'une relation qui dépassait bien le cadre de simples collègues. Elle était magnifique, bien que toujours abordant cette couleur ... le rose. En touche discrète ou tenue complète, elle tenait absolument à en mettre. Une facétie de sa part aussi particulière que mon attrait pour le vert des mèches qui cachaient mes yeux.
    Angela ... c'était la folie et la féminité la plus acidulé dans un seul et même corps, une froideur déconcertante par moment, et pourtant le feu brulant d'un regard, c'était un mystère qui se dévoilait lentement, en toute discrétion. Attirante oui, je n'aurais pu le nier, et j'étais peut-être la seule à connaître ce côté de sa personnalité d'une manière aussi ... personnelle.
    M'écartant de la chaleur de son corps qui électrisait mes sens à chaque contact, je la regardais de haut en bas avec un sourire sincère. Pas celui Colgate de cet acteur que l'on aurait pu confondre avec un clone humain de Ken. Non, naturel et complice, comme pouvait l'être le frôlement rapide de mes doigts sur ses bras.

    « Tu as l'air d'être en forme ! Tu t'es bien remise de la soirée d'avant-hier ? »

    Fameuse soirée où les verres s'étaient enchainés à une allure presque folle, rire et taquinerie coquine au rendez-vous... J'en gardais une saveur agréable sous la langue, trop vive pour en avoir cependant profité pleinement. Et même complètement pétée, une femme ne perd pas de sa superbe, enfin... en théorie.
    Un clin d’œil pour appuyer ma question plus tard, je redevins un tantinet sérieuse, écrasant le mégot non fini de ma cigarette sous la pointe beige de mes escarpins.

    « Prête pour montrer à cet enfoiré que l'on ne défait pas le chemisier d'une femme impunément ? »
    Le sourire toujours au bout des lèvres, il brillait pourtant dans mon regard une lueur assassine, comme le grondement d'un orage à venir. Il allait en baver, l'idiot, et sévèrement. Il rencontrerait la vengeance féminine la plus cuisante qui soit, et se reconvertirait gay ou curé pour le restant de sa vie, s'il ne finissait pas découper en rondelles par cette chère Rhoda, évidemment.
    Alfonso Furi était dans de beaux draps, un certain duo aussi acharné que des chiens affamés aux fesses !

    You're Under Arrest !


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Angelo Tornioli

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MessageSujet: Re: Une poigne de fer dans un gant de velour [Angela <3]   Mar 11 Oct - 9:50

Angela consulta la montre qui ornait son poignet délicat pour la cinquantième fois en même pas cinq minutes, pestant intérieurement contre le trafic intense et son chauffeur pas débrouillard pour un sou. Si la circulation ne se fluidifiait pas incessamment sous peu, elle allait finir par être en retard. Elle ne supportait pas d'être en retard, considérant ce genre d’attitude chez les autres comme un manque de sérieux flagrant et ne supportant pas en conséquence que l’on puisse ne serait-ce que penser ça d’elle.

La prochaine fois qu’il l’appellerait en urgence pour quoi que ce soit qui ne concernait pas son travail, elle lui répondrait avec toute la gentillesse et le tact dont elle faisait habituellement preuve d’aller se faire foutre.

La jeune femme soupira, contenant son agacement à grand peine devant les minutes qui filaient à grande vitesse contrairement à la voiture qui, quant à elle, aurait pu rivaliser sans problème avec un escargot tétraplégique.
Et puis elle prit finalement la parole, évoquant l’idée d’un supplément si le conducteur était capable de l’amener à l’heure là où elle souhaitait se rendre.
Il est assez amusant de constater à quel point les taxis connaissent incroyablement bien toutes les petites rues sinueuses permettant d’éviter les grandes artères bouchées lorsqu’il est question d’argent.
Et elle arriva à l’heure ! Elle se fit déposer devant le magasin où elle avait laissé son téléphone deux semaines auparavant, celui-ci ayant sérieusement morflé lors de sa dernière mission sur le terrain. Disons qu’il avait rencontré le sol de manière un peu trop brutale, et qu’un pied fort mal avisé était venu compléter le sandwich dont il avait fait office de garniture. Malheureusement, ce genre d’objet faisait un très mauvais duo avec la violence et le cellulaire était ressorti de là salement amoché, sa jolie coque rose complètement explosée et l’intérieur ne valant guère mieux. Elle le récupéra cependant comme neuf et se hâta de quitter la boutique, ravie d’enfin pouvoir se débarrasser du modèle tristement gris que lui avait fourni le GDP pour qu’elle soit toujours joignable en attendant.
Le store n’était même pas à une centaine de mètres derrière elle quant elle entendit son nom crié d’une voix aisément reconnaissable qu’elle ne tarda d’ailleurs pas à associer à la silhouette très féminine lui adressant de grands gestes, non loin. Ilana. Un léger sourire s’empara de ses lèvres pendant qu’elle détaillait la jeune femme qui se hâtait vers elle. Tandis que sa partenaire la prenait dans ses bras, la main gauche d’Angela se permit une escapade sur la courbure de ses hanches ; elle l’embrassa furtivement sur la joue avant de se séparer d’elle.

« Tu as l’air d’être en forme ! Tu t’es bien remise de la soirée d’avant-hier ? »

Grimace sans équivoque. Dur de passer à côté de la gueule de bois infernale qu’elle avait dû supporter le lendemain au réveil – un dimanche, heureusement qu’elle ne travaillait pas. Heureusement pour ses subordonnés surtout, lesquels auraient dû supporter l’irascibilité pire qu’à l’ordinaire de leur supérieur. Quoique à force ils devaient être habitués… enfin.
Toutefois, quelques souvenirs plus agréables de la nuit ayant précédé refluèrent également et se chargèrent de gommer l’expression qu’elle avait brièvement affichée. Jugeant inutile de répondre puisqu’il était aisé de savoir à quoi s’en tenir rien qu’en l’observant, elle la laissa continuer.

« Prête pour montrer à cet enfoiré que l'on ne défait pas le chemisier d'une femme impunément ? »

Elle laissa échapper un bref éclat de rire, s’amusant du sérieux qu’Ilana avait mis dans cette dernière tirade. En ce qui concernait Angela, elle prenait cette affaire à la légère et ne faisait pas grand cas de l’importance réelle dont elle s’était dotée après l’incident public qui avait eu lieu récemment.
… d’un autre côté, elle prenait toujours tout à la légère alors ça ne changeait pas grand-chose à son comportement, en fait. Disons simplement qu’elle ne semblait pas souffrir de la pression qui pesait sur Ilana et elle puisqu’elles n’avaient pas droit à l’échec. Il faut dire aussi, qu’elle ne doutait absolument pas de la réussite de leur entreprise face à un pactisant au pouvoir aussi mineur.

« L’adresse correspondant à son nom mène à un appartement inhabité depuis déjà plusieurs jours, énonça-t-elle d’une voix tranquille. Il devait se douter qu’il ne s’en tirerait pas comme si de rien n’était cette fois-ci. En revanche, il semblerait qu’un type correspondant à son signalement ait été aperçu à plusieurs reprises au Costello. A moins que tu ne sois en possession d’infos que j’ignore, on va commencer par ça. »

Le Costello, ce genre de bar possédant une population aussi hétéroclite que possible. Angela y avait mis les pieds deux ou trois fois mais ne l’appréciait pas plus que ça. Et puisqu’il n’était qu’à quelques pâtés d’immeubles de leur position actuelle, il leur serait facile de s’y rendre à pied en peu de temps.

« Je suis assez curieuse de savoir comment va réagir notre homme. » Déclara-t-elle avec un sourire qui n’augurait rien de bon pour le dénommé Alphonso Furi. Curieuse, et très impatiente surtout. Le bonhomme n’allait pas s’en tirer simplement avec une paire de menottes assortie d’une tape de réprimande derrière la tête en attendant la visite gratuite des labos du GDP, oh ça certainement pas.

Par contre, il lui vint à l’esprit alors qu’elle lissait machinalement un pan de sa chemise à en faire pâlir de jalousie Barbie, qu’il aurait été plus astucieux pour aujourd’hui de choisir autre chose qu’un haut comportant des boutons.

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Ilana E. Acciari

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MessageSujet: Re: Une poigne de fer dans un gant de velour [Angela <3]   Mar 18 Oct - 12:35

    Frôlements.
    Chaleur incandescente du contact de sa main sur la frontière de mes hanches, esquisse d'un geste, d'un souvenir dans une demi-obscurité. Sourire entendu. Angela avait le don d'électriser mes sens juste par la promiscuité de son corps contre le mien. Attraction constante dont je chassai la pensée d'une mimique amusée à la grimace qui avait pris place sur les lèvres d'Angela.
    Elle n'y était pas allée de main morte ce soir-là et les tambours dans sa tête avaient dû jouer pendant un sacré moment le dimanche matin!
    Ils avaient aussi joué la bamboula joyeusement dans la mienne, barrant mon regard d'une ligne de douleur au réveil, étouffée à grands coups d'aspirine et d'insultes intérieures pour des limites que l'on se promet de ne pas franchir de nouveau... Résolution que l'on ne tient en général jamais...

    Je ne tenais peut-être pas celle-là mais celle qui me trottait à l'esprit et dans mes mots était bien ancrée. Je l'aurais ! Mon sérieux semblait amuser Angela, bien plus décontractée que moi quand au résultat de notre traque. Plus d'expérience peut-être ... Mais je savais au fond, que la jeune femme rêvait tout autant de faire bouffer ses fils de chaussettes à ce pactisant. J'avais simplement plus facilement la haine contre ce type de goujat, féministe jusqu'au bout des ongles. Limite extrémiste dans ce cas-ci.
    Mais son assurance et sa tranquillité apparente me fit sourire, et me rassura légèrement. Il allait recracher sa satisfaction perverse par ses sales narines... et l'on y aidera avec toute la gentillesse et l'altruisme que nous étions capable de faire preuve. Évidence.
    En l'écoutant me donner les informations qu'elle avait récolté, mon regard glissai sur son corps à damné le plus chaste des saints, et je notai d'un coup d’œil les boutons qui ornaient le corset qui épousait ses formes. Hum ...
    Capturant et muselant mes pensées, je plantai mes prunelles de jade dans celle d'Angela, opinant la tête.

    « Pas depuis la dernière fois qu'il a réussi à nous filer entre les doigts » Une grimace mécontente barra mon visage, agacée par cet échec que je n’avais bien sur pas très digéré. Qui a dit que le pire était la fierté masculine ? Et il avait réitéré sa mauvaise blague …
    « Va pour le Costello ! Et j’en profiterai pour t’offrir le verre que je te dois ! »

    Je ponctuai ma déclaration avec un clin d’œil taquin. Une dette était une dette, et en plus d’être pratique – il valait mieux consommer si l’on voulait s’intégrer – ça me permettait de nous faire plaisir. Ne pas boire pendant le service ? Nous n’étions pas non plus comme ces cafards de la police à être aussi sérieux qu’ils ne semblaient pas avoir la capacité de se détendre intégrée.
    Autant lier le plaisir au travail, Angela et moi en étions de parfaits exemples !

    « Je suis assez curieuse de savoir comment va réagir notre homme. »
    Le ton de sa voix provoqua un frisson purement sadique en moi. Ce qui tourbillonnait dans la tête d’Angela m’était bien obscur mais étrangement, cela me plaisait déjà. Sans qu’un sourire n’ai quitté mes lèvres, je lui emboita le pas en direction du fameux bar.

    « Il va en rester pantois ! Immobilisé par la simple vue de ta silhouette, crois-moi ! Il n’a pas intérêt à oser te tourner le dos… »
    Sous mon ton légèrement humoristique et menaçant, se cachait un réel compliment. Angela était une belle femme, et chaque seconde passée à ses côtés me confirmait dans mon opinion, manque de goût flagrant que de penser le contraire.

    Quelques minutes plus tard, nos talons claquèrent sur le parquet du Costello. Obscurité et luminosité s’y mêlaient étrangement. La chaleur qui y régnait me prit à la gorge, plus encore que les ronds de fumées qui s’élevaient dans la foule. Nous n’étions qu’en fin d’après-midi et pourtant le bar était plutôt bien fréquenté pour une telle heure, près d’un tiers des tables occupées par des individus qui nous jetèrent des regards curieux, suspicieux.
    Sans me démonter le moins du monde sous ces regards qui semblaient scruter la moindre particule de nos corps, je passai ma main sur les reins d’Angela en lui souriant tandis qu’on s’avançait vers le comptoir.
    Jetant un simple coup d’œil vers le barman, un homme quelconque à mes yeux, je m’assis sur un des tabourets et lui lança.

    « Une Marguerita…. Et pour toi Angela ? »
    Je m’étais tournée et fixais les prunelles de ma collègue. Si on ne nous connaissait pas, on s’y serait trompé. Sous le couvert d’un verre banal pris dans un bar, nous étions bel et bien en traque, telles des chiens lâchés sur l’odeur de la cible.
    Quelques gorgées plus tard, mes yeux s’attardèrent sur une ombre. D’un léger touché sur sa cuisse, j’attirais l’attention d’Angela.

    « Il semblerait que ton intuition ne t’ai pas trompée … »
    Un sourire orna mes lèvres, non dû à l’alcool mais à l’approche imminente d’une vengeance digne d’une Morgana en vert.

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Angelo Tornioli

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MessageSujet: Re: Une poigne de fer dans un gant de velour [Angela <3]   Mer 2 Nov - 12:04

« Il va en rester pantois ! Immobilisé par la simple vue de ta silhouette, crois-moi ! Il n’a pas intérêt à oser te tourner le dos… »

Le compliment ne la toucha pas vraiment et la jeune femme se contenta de l’assimiler avec un haussement d’épaules nonchalant. Elle se savait gâtée de ce côté-ci et n’était pas du genre à toujours trouver à redire quant à son apparence, se plaindre auprès de ses amies pour X raisons et tout ce genre de petites choses qui consistent à flatter des gens au détriment de sa personne pour simplement entendre répliquer que non, on est bien mieux que ça, blah blah blah. Bien que l’humour sous-jacent dans le ton d’Ilana ne lui ait pas échappé, il n’aurait presque pas été exagéré qu’elle trouvait normal qu’on lui dise ça.
La modestie était une qualité qui ne connaissait pas Angela.

La porte du bar s’ouvrit sur une pièce qui lui donna immédiatement l'envie de retourner à l’extérieur tellement la chaleur était étouffante. Le patron n’avait visiblement pas encore découvert les bienfaits de la climatisation ou se montrait trop radin pour en faire profiter ses clients et ce qui pouvait passer en soirée ou nuitée – quand la tenue était plus légère et la température extérieure trop fraîche –, était beaucoup plus difficilement appréciable en fin d’après-midi. De ce contraste entre la rue et l’intérieur résultait une sensation de touffeur soudaine dont elle se serait volontiers passée. Mais un travail est un travail que voulez-vous, on ne pouvait pas toujours allier l’utile à l’agréable.
Quoique l’idée de prendre un verre en compagnie d’Ilana rééquilibrât plutôt assez bien la balance, à vrai dire, et c’était d’autant plus vrai si elle se faisait inviter.

Angela s’échappa de la main qu’avait posée sa compagne sur ses reins, fidèle à elle-même et peu friande des contacts physiques quand ce n’était pas elle qui venait les réclamer. Aussi stupide que cela puisse paraître, l’inverse lui donnait toujours l’impression qu’on s’appropriait son corps à son insu en s’arrogeant le droit à de tels gestes quand bien même ces derniers restaient très anodins. Et elle n’aimait pas qu’on considère certaines choses la concernant comme étant définitivement acquises. Notez cependant qu’elle se permettait régulièrement ces petits riens sur les autres, qu’il s’agisse d’Ilana ou d’une tierce personne quelconque. Un message subliminal qui déclamait très subrepticement « Tu es à moi mais la réciproque est fausse ».
Angela était bourrée de fantaisies de ce genre là, c’était à prendre ou à laisser.

« La même chose que toi conviendra très bien », répondit-elle à la question d’Ilana tandis que celle-ci passait commande auprès du barman.
Accoudée au comptoir alors que sa partenaire s’y était assise, la jeune femme balayait l’endroit d’un regard exercé, notant dans un coin de sa tête tout ce qui était susceptible de lui être utile et s’attardant sur chaque visage histoire de bien les mémoriser. Elle ne gardait jamais son attention fixée sur une personne suffisamment longtemps pour que cette dernière s’en rende compte, et s’il advenait par hasard que leurs regards viennent à se croiser, elle se contentait de décocher un petit sourire en coin avant de passer à autre chose.
Ce fut cependant Ilana qui la première remarqua leur suspect et le lui signala discrètement. Angela suivit son regard pour finalement apercevoir l’homme attablé dans un recoin assez reculé. Première erreur de sa part. Bien qu’il n’attirât aucune attention sur lui, il était trop loin de la porte pour être capable d’une sortie rapide si urgence il y avait. Visiblement, il ne devait pas se sentir encore suffisamment en danger pour ne pas se croire inquiété en se contentant simplement d’éviter son foyer.

« Mon intuition ne me trompe jamais », ronronna-t-elle sans chercher à cacher le contentement qu’elle éprouvait devant la mise en joue aussi rapide de leur proie. Remercier Ilana pour ce compliment ? Too mainstream. Mais cette dernière devait y être habituée, ce n’était pas la première fois qu’elle bossait sur un dossier avec la blonde excentrique après tout. C’était à se demander si la jeune femme aux cheveux verts était vraiment assignée à l’un des lieutenants de Mirko, parfois.

Angela se décolla de l’appui solide que lui offrait le comptoir, vida la moitié de son verre en quelques gorgées tout en gardant son attention posée sur le pactisant avant de se retourner vers Ilana, ses lèvres s’étirant sur un rictus carnassier.

« Eh bien, les choses intéressantes vont commencer maintenant. On n’aura même pas eu le temps de s’ennuyer. »

Son intonation vaguement déçue sur la fin de sa tirade n’aurait trompé personne, Angela étant clairement bien trop impatiente de pouvoir commencer à jouer.
Sans vraiment d’idée quant à ce qu’elle allait faire par la suite, elle attrapa sa Margarita et se dirigea d’une démarche assurée vers l’imprudent, intimant à partenaire de la suivre d’un léger mouvement du menton. Arrivée à la table qu’il occupait, elle y posa son verre afin d’attirer son attention avant de tirer la chaise située en face de lui et de s’y asseoir tout à fait naturellement.

« Vous aviez l’air bien seul, alors on s’est dit qu’on pourrait venir vous tenir compagnie », commença-t-elle d’une voix qui se voulait tout autant aguicheuse que le sourire qu’elle lui décocha ensuite.
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Ilana E. Acciari

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MessageSujet: Re: Une poigne de fer dans un gant de velour [Angela <3]   Sam 19 Nov - 18:46

    Malgré mon affection indéniable pour l’étrange jeune femme qui m’accompagnait, j’avais parfois du mal à la cerner, même si je devais avouer que cela n’avait jamais été mon but premier avec elle.
    Du plaisir uniquement. Cela n’avait jamais été que ça.
    La voir plier, elle, dans le giron de mon passage, elle qui pourtant dégageait cette assurance qui la suivait même dans nos trop rares ébats, comme une seconde peau. Si sure d’elle, si inaccessible, qu’elle en était férocement attirante. Ça avait été un jeu tout d’abord, de regard, de questions posées pas si innocentes, puis des frôlements contrôlés pour finir par un baiser à la fois doux et intempestif de ma volonté sur la sienne.
    Je souriais à la voir inchangée, au travail, en dehors, même si l’alcool, oh combien bel ami, lui faisait faire tant de choses interdites.
    Forte, imperturbable dans son armure de glace rosée.
    Si cela avait pu m’agacer légèrement au début de nos missions ensembles que j’acceptais volontiers, j’y voyais à présent la marque d’une féminité toute particulière.
    Femme Fatale.
    Femme glaciale.


    Son corps parlait pour elle.
    Angela jubilait. L’ombre du pactisant n’était alors qu’un point rouge lumineux dans le brouillard de notre traque, vacillant sous les crocs à venir.

    « Eh bien, les choses intéressantes vont commencer maintenant. On n’aura même pas eu le temps de s’ennuyer. »

    J’hochai discrètement la tête en souriant à mon tour. Rien ne valait cette centaine de petites secondes, où s’égrainaient les gouttes d’excitation avant de croiser le regard de ce plouc en chaussettes dépareillées. Ces instants fugaces où un frisson vous saisi, dans l’expectative de savoir comment va réagir la cible. Bouger, fuir, rester immobile, défiante, méfiante.
    Un véritable jeu du chat et de la souris qu’affectionnait tout particulièrement Angela.
    Secrètement, je ne souhaitais pas que cela soit trop facile. Pas marrant, et j’avais besoin d’amusement en ce moment, esprit versatile d’une âme en manque. J’aurais dû peut-être ravaler cette pensée …

    Quelques minutes plus tard, les jambes croisées relevant la jupe pomme qui couvrait la moitié de mes jambes, j’observais en souriant la mine méfiante du pactisant. Cher Alfonso. J’aurais pu la jouer cool et décontracté mais hors de question de savoir sur une chaise à l’envers, c’était pour les rustres et les blancs becs ce truc. Autant lui faire comprendre qu’il avait devant lui du sérieux, et non simplement des petits poulets dressés aux doses pornographiques de testostérones et de réputation de pseudo-racaille.
    Genre, manifestement qu’il essayait de calquer.
    Alfonso, mine broussailleuse sous une touffe de cheveux qui ressemblait plus à un maquis qu’à une véritable coupe, la bouche encore dans son verre de bière à notre approche, souriait de toutes ses dents. L’œil lubrique, il eut un petit sourire torve en passant sa langue sur ses lèvres. A vomir.

    « Ah ouais ? Et quel genre de compagnie vous offrez ? »

    On ne jouait décidément pas dans la même cours.
    Mes ongles crissèrent légèrement contre le verre à pied de la marguerita que je tenais encore entre mes mains, à deux doigts de lui jeter le contenu à la figure, et l’envie de lui répliquer sèchement que ça serait bien trop cher pour lui avant de lui enfoncer la tête dans son verre.
    Du calme Ilana …
    Je lui décochai un sourire mielleux, puant d’hypocrisie.

    « Une discussion tout en plaisir avec nous, dans un endroit plus confortable que celui-ci, … ? »

    « Alfonso ! »
    Sourire salace, qui ne se doutait apparemment pas le moins du monde de quoi je parlais véritablement.

    Mais alors que je réprimais un frisson dégouté quand ses doigts se posèrent sur le tissu de ma jupe, son regard semblait capter quelque chose, que de dos il m’était impossible de voir alors que ma main gauche s’emparait du pistolet de Livio.
    Brusquement, l’air se fit plus froid, comme si les secondes s’étaient gelées alors que le pouvoir de la lune se manifestait dans l’espace de cette petite table. Qu’est-ce qui s’était passé ?
    Avant que l’on ait pu prononcer le moindre mot, le bustier d’Angela s’ouvrit, dévoilant une lingerie fine dont la dentelle s’effilait et que les fils de ma jupe s’effilochaient comme si ça avait une vulgaire pelote de laine.
    Alfonso s’élançait déjà, renversant sa chaise pour la balancer sur le côté, pour courir vers une porte sombre dans l’arrière salle du bar.
    Ce n’était pas possible … comment avait-il su en un éclair qui il avait devant lui ? Il y avait eu forcément quelque chose, quelqu’un. Mais pas le temps de s’en occuper tout de suite. Je me levai précipitamment, faisant fi de la longueur de ma jupe se rétrécissant rapidement pour me précipiter à sa poursuite, l’arme au poing.
    Je jetai rapidement un regard à Angela, ou plutôt à sa poitrine, avant de slalomer entre les différentes chaises et tables renversées sous son passage. A quelques mètres derrière lui, avant qu’il ne passe la porte de sortie de secours, j’avais enlevé mon talon pour lui balancer en pleine tête.
    Mes escarpins Gucci ! Quel gâchis ! Savait-il seulement ce que cette paire m’avait couté ?
    Grognant intérieurement, je fus tout de même satisfaite du bruit suivi du cri de douleur que la pointe de la chaussure provoqua en rebondissement sur la tête de cet insecte répugnant. Les pieds nus, les bas complètement effilés par sa faute, je criai à Angela.

    « Par la ruelle ! »

    On avait une chance de le coincer si elle prenait l’autre côté de la rue, assez vite, je l’espérais.
    S'il continuait à utiliser son pouvoir, il suffisait de suivre le fil d'Ariane crasseux qu'il laissait derrière lui. On y était presque, et je ne comptais certainement pas abandonné, dus-je me retrouver en tenue d’Ève au milieu de la foule Milanaise !


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