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 Let's conspire to re-ignite ; Sum'

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Blur Elyson [Summer]

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MessageSujet: Let's conspire to re-ignite ; Sum'   Ven 28 Oct - 17:33


'' Far away
This ship is taking me far away
Far away from the memories
Of the people who care
if I live or die ''


Soupir. Il a faim. C'est normal d'avoir faim. C'est logique, humain et terriblement chiant quand on a oublié de faire les courses. Puis les pâtes et les pizzas, ça va un moment. Non, il avait faim de nourriture. De la vraie. De la bonne avec des légumes, de la viande rouge, un dessert aux fruits orangés et juteux. Il avait faim de couleur et de sophistication. D'un bon truc quoi. Sauf qu'il était pas doué en cuisine. Et qu'il était inutile de demander à l'autre abruti de faire quelque chose à manger. Ça finissait toujours par avoir un aspect écoeurant, quelle que soit la bonne volonté qu'il y mette. Soupir. Il fantasme alors sur des plats de gourmets, des denrées fabuleuse. Un sourire s'esquisse sur ses lèvres et il s'étire sur son matelas usé. Il fait faim. Il gargouille.

Son sourire s'estompe, il finit par ne plus avoir l'air de rien ressentir. Il fixe le plafond et ses poutres apparentes. Il fronce les sourcils et se redresse sur son séant, se passant une main sur le visage. Non, ça n'allait pas. Rester allongé à ne rien faire et entendre son estomac se ronger lui-même faute d'avoir quelque chose à se mettre sous la dent, ça n'allait pas. Il devait bouger. Il devait manger. Il devait faire quelque chose de ses mains. Alors, par réflexe, il se lève, se gratte une fesse et choppe son paquet de cigarette avec le pied. Il s'en tire une, la coince entre ses lèvres et observe la pièce à la recherche de son briquet. Il râle, retourne tout, ne le trouve pas. Il finit par hausser les épaules et trouve une boîte d'allumette. Il la craque, observe la flamme un instant et allume sa tige. Il se gratte l'épaule, nue car il se baladait en jean depuis trois jours tellement il faisait chaud dans ce studio mal isolé qui récupérait toute la chaleur des appart' du dessus. Il ouvre la pseudo baie vitrée et va s'accouder à la rambarde rouillée du balcon monoplace, observant la rue en contrebas. Ça grouille de vie, ça crie, ça rie, ça parle et... Bordel, ça mange. Les odeurs de cuisine montent dans les airs, viennent chatouiller ses narines, titiller ses papilles.

Frustration.

Blur se passa une main dans les cheveux, ébouriffant ses épis plus encore si c'était possible. Refermant le poing dans sa tignasse, il garda la pause un instant, tirant bouffée, sur bouffée... sur bouffée... bouffée... bouffe. Bouffe. Boustifaille. Et Blur explosa.

« Rah bordel de merde ! Summer, c'était à toi d'ramener de quoi grailler ! Même ça t'es pas foutu de la faire ou quoi ? »

Il retourna à l'intérieur, dans son chez lui. L'endroit où il était venu se perdre sans savoir vraiment pourquoi et où squattait Summer depuis quelques mois. Summer, cette raclure, cette plaie toujours à vif dans son existence, ce trou béant dans son coeur. Et en même temps, cette boniche incapable et maladroite et ce chieur amusant qui égayait ses journées. Je vous laisse deviner dans quelle catégorie il le plaçait ce soir là, l'estomac dans les talons. Histoire de patienter, vu que l'autre squatteur était dans la salle de bain depuis trois heures et que l'anglais ne savait pas quand il daignerait sortir son royal postérieur. Donc il se rabattit sur les placards de la cuisine et tomba sur une boîte de cookie. Le sourire qui illumina son visage était digne de celui d'un gosse découvrant ses cadeaux à Noël. Et personne n'était là pour le voir. Par contre, la gueule de dépit qui remplaça l'éclatant visage, elle, c'était comme quand le garçon découvrait que les paquets contenaient des livres de maths et de physique quantique. Plus de cookies. Des miettes. Alors qu'il les avait acheté la veille en rentrant de chez un client. Bordel, de bordel, là, ça dépassait les bornes.

Cigarette quasiment consommée, le filtre mordu par des dents affamées et les coins de la bouche relevés en un grondement sourd et animal, le jeune homme se précipita sur la porte de la salle d'eau et y balança ses poings et ses pieds avec la rage du désespéré. Sous le coup de la colère, les impacts de ses coups se colorait d'une myriade de rouge, allant du sombre bordeaux au rose fushia. Et ça l'énerva encore plus. Il finit par laisser la porte tranquille et fit les cents pas dans la grande pièce, slalomant entre chevalet, table, fauteuils et pot de fleur.

« Summer, t'as dix secondes pour pointer le bout de tes oreilles à la con ou j'te préviens que tu vas regretter de t'être autant pomponné quand tu verras ta gueule dans le miroir. »

J'ai faim. J'ai envie de manger. La dalle. J'vais t'éclater la face, feignasse. J'suis trop con aussi, quelle idée de compter sur lui pour faire quoi que ce soit. a part sortir, vivre à mon crochet et me foutre dans la merde il sert pas à grand chose. Pourquoi j'me l'coltine, moi, hein ? Qu'est-ce que j'ai bien pu demander ce soir là pour qu'une catastrophe pareille me tombe sur le dos ? Rah, stop, stop, stop. Arrête de penser mec. Ça va te donner mal au crâne plus qu'autre chose. Alors j'attends, je patiente et je me calme. C'est pas mon point fort mais avec un peu de volonté je devrais bien réussir à y arriver non ? Mais Summer, ne tarde pas trop à pointer le bout de ta queue, je pourrais m'impatienter mon salaud.
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Summer [Blur Elyson]

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MessageSujet: Re: Let's conspire to re-ignite ; Sum'   Ven 28 Oct - 20:45

Je m’étirai, assailli de frissons divins. Les ongles de Blur parcouraient mon dos lentement, de bas en haut. Longeant ma colonne vertébrale, descendant, remontant. Ils s’arrêtèrent, repartirent, parcoururent une énième fois mon échine. Doucement. Délicatement. Ses griffes s’enfoncèrent un peu dans ma chair, griffèrent une partie de mon dos. Chaque partie de mon épiderme qu’il touchait se transformait en une explosion de sensations qui se propageaient lentement, surement. Sournoisement. Je me cambrai un peu, m’accrochant à lui.

Sweet dreams, yeah.



Oh gosh. Le dernier cookie se fendit sous mes crocs. Une vague de bonheur m’ensevelit pendant que je passais ma main dans mon caleçon et me grattai avec élégance la fesse droite tout en mâchant avec virilité ce pauvre gâteau qui avait été abandonné là avec tous les autres. La boite datait d’un peu plus de trois heures. Voir quatre. Ou d’une demi-journée. Je n’savais plus trop. Jetant la boîte un peu n’importe où – en réalité dans le placard, lolz –, je levai les bras, une bouteille de vodka entamée à la moitié dans la main gauche, le reste du défunt cookie dans la main droite. Ô joie.

« Strike. »

J’étais en euphorie totale. Ou presque. Ca faisait un bail que je n’avais pas touché à de la vodka. Ou de l’alcool, en général – et honnêtement, quelque chose me disait que ce n’était pas plus mal d’être bourré ce soir là. Je finis d’engouffrer le gâteau avec ma grâce « habituelle ». Mes cheveux avaient pris une teinte un peu étrange, mêlant le noir, le rouge, le violet et le vert. En passant devant la vitre, j’avais ri. Ca devait être l’effet de l’alcool qui déteignait sur le pouvoir qu’on avait, moi et Blur. Mais c’était marrant, alors je m’en foutais un peu en fait.

Mon humain adoré faisait le paresseux dans la chambre depuis un bon moment. Je me demandais si il ne s’était pas endormi, d’ailleurs. Et l’idée de le rejoindre pour essayer de lui arracher un baiser ou une partie de jambes en l’air m’effleura l’esprit, mais repartit aussi vite qu’elle était venue. Il ne fallait pas oublier que Blur était du genre franchement baisable, mais presque pas du tout accessible. Et faire allusion au sexe à chaque fois que je lui parle n’est certainement pas la bonne solution. Enfin, je suis comme tout le monde, j’ai mes besoins… Même si je sais qu’il n’en a strictement rien à branler.

En ce moment, sois j’avais une forte envie de me battre avec lui, sois j’avais envie de lui sauter dessus. Dans tout les sens du terme. Blur n’avait pas l’air de ramener de filles à la maison en ce moment, ou alors je les ratais. En général, je ne me gêne pas pour leur faire des remarques. Et me prendre de belles baffes au passage. Faut croire que je suis un peu beaucoup maso’ au final. Mais, c’est pas grave, on m’en veut pas. De toutes façons, je sais pertinemment qu’il aime ça, l’autre connard.

Titubant sur ce bête sur ce terrain que je connaissais déjà trop, constitué de fourchettes, d’assiettes, de vêtements, de pinceaux, de toiles et d’autres ustensiles plus ou moins propres et plus ou moins douteux, je m’avançais vers la salle de bain pour contempler le joyeux feu d’artifice de couleurs dont j’étais la cible. Je m’arrêtais, portais négligemment la bouteille à mes lèvres, avalais une gorgée et repartais. Eviter un clou, facile. Eviter un des sofas ? Trop … ah, non, non, tombe pas. Redresse-toi, voilà… Gauche, droite, gauche… Pas la fourchette ! Évite la fourchette. Et n’écrase pas le pinceau qui croise ton chemin sinon Blur va hurler, déjà qu’il semble pas de bonne humeur en ce moment…

Nouvelle gorgée. Je m’engouffrai dans la salle de bain, fermai la porte à clef, posai avec une distraction évidente la bouteille là où elle voulait bien se poser et m’appuya sur le lavabo. Je me fixais dans la glace. Mes paupières étaient lourdes. Je baissai le regard vers le sol, là où se découpaient mes traces de pas, d’un rouge vif qui me donnait mal à la tête. Sous mes mains se découpaient les mêmes couleurs. Et je restai là, à m’endormir sur place, un pied posé sur l’autre alors que j’étais sur bancal dans cette position.

Je restai là à me fixer dans le miroir. Longtemps. Très longtemps, même. Tellement longtemps que je n’entendis pas Blur se lever entre temps, râler et c’est à peine si le bruit des coups sur la porte parvinrent à mes oreilles. Puis je revins à moi petit à petit, des bribes de voix énervées parvenant jusqu’à mes oreilles. C’était Blur. C’est Blur. De toutes façons, y’a que lui qui m’appelle comme ça. J’attrapai ma vodka, la poignée de la porte. Et je poussais. Sans succès. Ah, oui, c’est fermé à clef. J’ouvris après avoir cherché le truc qui ferme la porte.


« Quoiiii… ? »

J’étais dans un sale état, et je ne fis rien pour l’améliorer. Une nouvelle goulée se fraya un passage dans ma gorge, qui me paraissait sèche. Je fixais Blur, un air de défi sur le visage. Je l’observais. Lui, ses cheveux noirs et son regard de connard fumiste. Lui, et son paquet de clope. Moi, et ma bouteille d’alcool. Il empestait. Je devais pas être mieux. Mais je m’en tapais. Il me faisait chier à parler et à crier. Il pouvait pas se taire et me laisser mourir en paix ? Trop chiant pour. Claquant la porte, je m’avançais prudemment. Enfin, prudemment pour quelqu’un de bourré.

« Kesta p’tain.. ? T’peux pas fermer ta gueule trente secondes ? Pas possib’ ça, j’peux même pas crever tranquille… »
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Blur Elyson [Summer]

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MessageSujet: Re: Let's conspire to re-ignite ; Sum'   Ven 28 Oct - 22:14

Serrure qui tourne, poignée qui s'abaisse, porte qui s'ouvre. Il aurait pu attendre un peu. Profiter du calme enfin trouvé pour essayer d'avoir une discussion un minimum correcte avec l'autre abruti. Il aurait pu. Mais, déjà, voir sa face raviva son agacement. Voir la bouteille ajouta de l'huile sur le feu. Le voir bourré flamba le brasier. Alors Blur n'écouta pas. Blur n'entendit pas les espèces de couinement qui sortirent de sa bouche. Blur préféra s'emparer du col du stella et le balancer au sol. Enfin, il l'envoya valser dans l'un des fauteuils perdus au milieu de la mer d'objets non identifiés qui traînaient. Il entendit vaguement un bruit de verre qui se brise, n'y fit pas attention. La vodka, ça décape. Ca décrassera le sol. Il jeta un regard dégoutté à l'espère d'humanoïde qui se redressait dans le siège. Il s'approcha, slalomant pour ne marcher sur rien. Il s'approcha, oppressant, opprimant. Il plaça ses mains de part et d'autre de sa tête, crispant ses ongles dans le tissu élimé plutôt que dans la peau de Summer.

Inspire, expire, évite de lui fracasser la tête. Tu regretterais, de toute manière. On peut au moins t'accorder ce fait, tu restes honnête. Tu aimerais lui éclater la tronche, Blur. Mais uniquement par frustration. Tu stagnes, tu t'ennuies, tu as besoin d'une distraction. Et c'est la seule que tu aies sous la main. Tu te débectes aussi. Car tu sais pertinemment que Summer est juste comme toi et qu'il ne mérite pas toujours qui tu défoules ta hargne et tes pulsions sur lui. Il ne le mérite pas. Mais il y a pleins de gens qui ne méritent pas le sort qu'on leur impose, c'est la vie.

Il jeta un coup d'oeil à l'horloge trônant sur un mur avec une sorte d'implacabilité déplacée. Deux heures du mat'. Sa clope de tout à l'heure avait fini par s'éteindre, le filtre toujours coincé entre ses lèvres. Elle lui avait coupé l'appétit. Voir sa face d'ahuri beurré lui avait coupé l'appétit. Soupir. Dépit. Rage en sourdine.

« Va chier, Summer. Allez crever, toi et tes conneries, si ça te chante. T'es qu'une loque. Et tu sais c'que j'en fais des loques ? J'les déchire un peu plus. Je les écartèle et j'm'en sers pour passer la serpillière. »

Il se redressa, laissant des marques d'ongles dans le tissu. Il ne daigna pas accorder un autre regard à son partenaire et entreprit d'arranger le bordel ambiant, shootant dans les bouteilles vides pour les foutre dans un coin, attrapant ses pinceaux avec les pieds - une sale manie chez lui, d'attraper les choses avec les orteils - pour les récupérer avec délicatesse et les planter dans divers pots. Il s'agita ainsi pendant une minute. Puis il resta planté au milieu de la pièce, se gratta la nuque. Il commençait à avoir froid. Un t-shirt serait pas de refus. Il se tourna vers l'autre empaffé et planta son regard dans le sien.

« T'as deux minutes pour me convaincre de pas te laisser passer la nuit, voire la semaine qui vient, dehors à décuver et te repentir pour m'avoir laisser crever la dalle ce soir. Deux. »

C'était vicieux. Dans son état, Summer serait infoutu d'aligner trois phrases cohérentes. Infoutu d'avoir une pensée logique lui permettant de rester au chaud cette nuit. Il n'aurait que ses instincts et ses idées stupides et effarées pour y parvenir. Blur se sentait le poing leste ce soir, même s'il avait tout fait pour se réfreiner pour l'instant. Alors oui, c'était vicieux de sa part. Car il savait comment ça finirait. Il aurait le dessus, comme souvent. Ils se battraient, possible. Et l'autre passerait la nuit devant la porte à cogner, râler et maudire Blur tandis que lui dormirait tranquillement, sur un matelas avec suffisamment d'espace pour qu'il s'y étale avec bonheur et profite d'une bonne nuit de sommeil. Une tactique pour obtenir le matelas pour lui seul ce soir ? Mince alors, comment vous avez su ?

C’est sournois et tu l’assumes parfaitement. Tu cherches son regard d’ivrogne, il t’échappe. Alors tu t’avances de nouveau vers lui et coince son menton entre tes doigts, pour l’obliger à lever la tête et te regarder. Tu appuies. Fort. Et tu répètes, ignorant sa bouche, ses joues rosies par l’alcool, te contentant de ses yeux embrumés.

« Deux minutes. J’attends. »
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Summer [Blur Elyson]

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MessageSujet: Re: Let's conspire to re-ignite ; Sum'   Sam 29 Oct - 20:17

Et tu bascules. La vue qui se trouble. Sale état. Dormir. Blur.

Ses mains se posèrent vivement sur toi. Tu n'eus pas le temps – ni vraiment l’envie – de dire ou de faire quoi que ce soit que tu étais déjà sur un des fauteuils, tel une loque. Entre temps, tu marchas sur la pauvre fourchette que tu cherchais à éviter. Pas de hurlement, pas de queue qui se hérisse ni de miaulement plaintif. Juste une plaie. Un truc qui fait mal, qui démange. Entre temps, la bouteille qui t’aurais donné un avenir prometteur pour la nuit s’effaça lentement en un millier de morceaux de verre.

Tes yeux qui se ferment. Qui se rouvrent. Tu le regardes. Tu baisses les yeux. Ses ongles s’enfoncent dans tes habits, dans ta chair comme tu aimes qu’il le fasse. Mais en fait non. Parce qu’il fait mal. Quoi que si. T’en sais rien en fait, et tu t’en tapes. Ta tête se penche sur le côté. Tu ne penses pas. Tu n’arrives pas à penser. Ce qui semble être des minutes pour Blur semble être pour toi des heures. Ca martèle dans ta tête. Tu veux le pousser, mais tes bras ne se lèvent même pas.

Tu entendais seulement des bouts de la phrase qu’il prononçait avec une sorte de mépris que tu ne remarquais même pas. La douleur de ton pied monopolise ton esprit. Ta tête tourne. Le goût des cookies remonte, amer, comme la promesse que tes sens aigus n’ont pas entendu la première fois que t’as croqué dedans. Une douce promesse, celle de passer la nuit dehors avec les chats errants. Mais au fond, tu sais très bien que ta place est un peu avec eux. Blur ne t’acceptera certainement jamais. Tu peux rêver pour qu’il le fasse. A son goût, tu es trop fainéant pour lui, trop mou, trop idiot. Trop Summer.

Et tout prend son sens, comme une ampoule qui s’allume dans ta tête.


« Ah merde, les courses… »

Oui, c’était la raison de son énervement. Il avait faim et il ne bougeait pas son cul parce que c’était mon tour. Il était là, j’étais là. Il me fixait. Bêtement, comme un animal qui fixe sa proie. Et la pression au niveau de mes épaules se relâche. Un poids qui s’enlève, liberté. Je lève le regard, l’affronte. Je le voyais à demi s’affairer autour. J’avais envie de gerber, mais je me retenais. Ca ne ferait que l’énerver. Il attrapa un pinceau avec son pied. Je souris. Un sourire amer, triste. Je savais pertinemment que j’allais me faire jarter avec toute l’élégance d’un pauvre matou décoloré et déconfit.

Et sa voix résonna de nouveau, emplissant ma tête, alors qu’un gémissement s’échappait de mes lèvres. « deux minutes », « laisser passer », « nuit ». Putain. J’avais envie de pioncer. Fermer les yeux, tout oublier. Je me sentais vide, mon corps était lourd. Les couleurs autour de moi changèrent petit à petit sans que je m’en rende compte. Je cherchais mes mots, quelque chose à lui répondre. Une réponse à une question que je n’avais pas. Dios mio. Autant chercher une aiguille dans une botte de foin. De plus, les mots s’entrelaçaient sans que je puisse esquisser le moindre mouvement de lèvres pour sortir ce que j’avais à dire.

Son regard tente de se frayer un passage jusqu’au mien. Je l’évite, impuissant. Je l’entends se mouvoir, mal grés l’horrible grésillement qui m’empêche de me concentrer et qui me donne mal à la tête. Ses doigts longent ma mâchoire, m’attrapent le menton. Je suis forcé de le regarder. Et par fierté, cette fierté aigre qui nous consume tout les deux de l’intérieur comme le poison amer que j’ai versé dans tes oreilles la nuit dernière, je te regarde. Je suis là, incapable du moindre mouvement, attendant la douleur qui ne devrait plus tarder maintenant en plus de toutes les autres. J’ai juste envie de te foutre un coup de tête.


« Deux minutes, j’attends. »
C’est ce que tu dis.

« Frappe moi, baise moi, griffe moi. »
C’est ce que je réponds.


Mes lèvres s’accrochent aux tiennes, et je demeure inapte à te répondre correctement levant le bras, attrapant tes cheveux comme une bouée de sauvetage sans tirer dessus pour éviter de te faire mal et aggraver mon cas. J’ai juste envie que tu te calmes, que tu fermes ta gueule et que tu me laisses en paix. Mais ça, sois tu le sais et t’es vraisemblablement le pire enculé que j’ai jamais rencontré, sois tu le sais pas et j’espère de tout cœur que tu l’as compris. Je suis trop las, trop fatigué pour me battre et pour recevoir des coups. C’est une demande, une prière.


    God save the Queen.

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Blur Elyson [Summer]

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MessageSujet: Re: Let's conspire to re-ignite ; Sum'   Sam 12 Nov - 19:51

T'as rien d'une reine Sum', y a aucune raison pour que dieu c'bouge le cul et vienne te sauver, princesse. Princesse te convient pas non plus. Non, toi t'es plutôt Cendrillon. La vraie. La crade, la pouilleuse. Ouais, la souillon. Voilà c'que t'es, mon enflure de Sum'. Et ton dieu, s'il existe, et qu'il t'a fait t'écraser sur terre, c'est qu'il doit pas t'aimer beaucoup. Pas du tout même, quand on voit avec qui il t'a associé. J'ai l'honneur de dire : moi. Mais ça tu le sais. Et tu me fais chier Summer. Ca aussi tu le sais. Et ça m'énerve encore plus. Alors non, j'compte pas te laisser tranquille, toi et ta gueule de bois à la con, avec tes baisers tendres et volés, tes mains délicates et caressantes, tout ton bordel censé m'apaiser. Non. Car t'es à moi, connard. Et si j'veux te faire traverser l'enfer pour des broutilles, j'le ferai. Si j'explose, tu seras en première ligne. Si j'me crash, tu me serviras d'amortisseur. Si j'm'envole, il est hors de question qu'tu m'retiennes comme un poids mort. Tu resteras scotché au sol, à ma place. Pas d'bol pour toi. Tout bénef' pour moi. A la vie, à la mort, hein, connard de faiseur de voeux ? Okay, on va jouer comme ça. La vie pour moi, la mort pour toi. Lente et amer. Bon courage vieux.

Moi, un salaud ? Je vous ferai pas l'affront de vous répondre non. L'hypocrisie, très peu pour moi. Après, quand à savoir si je m'assume... Ouais, ça aussi, je peux pas répondre non. Suffit de voir comment j'te traite, hein Sum' ? Donc ouais. Ça me va, je suis un salaud, j'ai pas encore envie de me repentir, je pense que ce moment n'arrivera pas avant un bon moment. J'ai pas envie qu'il vienne d'ailleurs. Si j'ai envie de me confesser en pleurs sur les genoux d'un quelconque pasteur, c'est que j'serai tombé bien bas. Trop bas pour me regarder en face. Donc mort en fait. En somme, je pense que jamais je ne regretterai quoi que ce soit. Alors que l'bon dieu et ses chiens de chasse aillent se faire foutre, ils auront tout leur temps pour envoyer des vers bouffer ma carcasse putride quand j'serai six pieds sous terre.

Tu m'fais chier Sum'. Regarde où tu me mènes. J'en viens à songer à la mort. La mienne en plus. C'est glauque. Allez, allez. T'arrives à m'faire sombrer dans des élucubrations funestes, tu devrais bien réussir à m'envoyer valdinguer dans un bonheur niaiseux. Non ? Si. Dis moi que tu peux. Dis le !

Je l'entends répondre une connerie avant qu'il se jette sur moi, ce désespéré. Une connerie comme les autres. Comme il en sort souvent. J'ai envie de lui répondre une connerie, moi aussi. Que je ne vais pas le frapper, ni le baiser, ni le griffer. Car il ne mérite pas tout ça. J'ai presque envie de lui répondre que j'aimerai le caresser, lui faire l'amour et le marquer en douceur. Presque. Parce qu'en réalité, ce que je veux lui répondre, dans l'instant, ce serait plutôt que non, je n'allais pas le frapper. J'allais le briser. Je ne la baiserai pas. Je le violerai. Je ne te grifferai pas, mon doux Summer. Je vais t'écarteler. Te réduire à néant et t'effacer. T'effacer comme la chose que ta venue a supprimé de mes souvenirs. Certes, je ne me rappelle de rien. Certes, c'est certainement une bonne chose, car si le peu de mémoire qu'il me reste est vrai, le désespoir qui m'avait envahi ce soir là aurait pu me conduire à faire une connerie stupide. Remarquez, les conneries sont rarement intelligentes. Parce que dans ce cas, ce ne sont plus des conneries, mais des proverbes, des mondanités et des paroles qui font danser le monde au creux de votre paume. Satanées conneries de génies que celles de nos dirigeants non ? Et voilà Sum', tu recommences. Sans rien faire me v'là en train de penser politique.

Tu m'exaspères. En une fraction de seconde, tu m'exaspères au plus haut point. Mais tes lèvres sont toujours là. Tes mains hésitantes aussi. Alors ? Vais-je te tabasser ? Continuer de te harceler et te gueuler dessus malgré ton état ? Tout faire pour te pousser à bout ? Ou encore répondre à cet appel, que tu voulais simplement désintéressé, évasif, alors que ton corps se bande comme un arc dès que je t'effleure ? T'es bien stupide Sum', pour réussir à réagir ainsi avec moi. Mais j'suis pas mieux loti. Un connard stupide, ça donne quoi ? Un misérable ? Possible. J'suis tout aussi misérable que l'plus misérable des hommes. Nan, j'déconne. Moi ? Misérable ? Vous foutez pas d'ma gueule, m'sieur dames. Votre dignité m'arrive à la cheville. Alors remballez vos larmes et ne vous arrêtez pas pour moi, y a rien à tirer d'un salaud qui s'assume autant qu'il se déteste. Par contre, toi, je t'interdis de continuer ta route sans moi. Tu m'entends Summer ?

Alors j'entr'ouvre les miennes, de lèvres, et je te laisse jouir de l'instant de surprise pendant que je me délecte de ta simple présence avec moi. Court instant, danse éclair. Voilà, soit heureux. T'y as bien droit toi aussi.

« Va t'doucher, tu seras plus frais pour dormir. »

Une fois que j'ai détaché tes mains de mes cheveux, je me détourne avec autant d'indifférence qu'en aurait un boeuf face à une grenouille muette de stupeur. Et mes comparaisons ne sont pas étranges, c'est vous qui n'savez pas les appréciez à leur juste valeur, nuance. Je n'ai plus faim. Depuis un moment déjà. J'ai arrêté d'avoir faim sans que je ne m'en rende compte. La colère passée, je me sens juste vide. Il faut que je fasse quelque chose de mes mains sinon je vais partir en vrille. Tomber dans ce vide. Un truc. Vite. Mains dans les poches, tâtonnement. Clope, briquet, c'est suffisant. Je me traine jusqu'au matelas qui nous sert de lit. J'm'y vautre plus que je n'm'y assied. Et je me grille une tige en regardant le ciel noir et sans lune de cette nuit qui est déjà bien trop longue à mon goût.
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Summer [Blur Elyson]

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MessageSujet: Re: Let's conspire to re-ignite ; Sum'   Sam 12 Nov - 20:57

Ça se sent. Ca se sent qu'il passe plus de temps à penser des conneries qu'à réfléchir à ce qu'il va dire. C'est de ma faute. Bien évidemment. C'est toujours de ma faute si t'es énervé. Je t'exaspère, je t'emmerde. Je te donne envie de vomir. Mais, honnêtement, c'est ça qu'est drôle. Pour ces quelques minutes, pas de feux d'artifices, pas de couleurs, pas de sentiments, juste une longue attente. Mais c'est ça qu'est drôle. Je me contrefiche de savoir si Dieu existe ou s’il ne m’aime pas. Bah, oui mon con, bien sur que je souffre le martyr. Je viens de me planter une fourchette dans le pied grâce à ta douceur vue, confirmée, approuvée par tout les connards du coin et par mon ego meurtri.

Si seulement je pouvais te cracher dessus, espèce de fils de pute.

J’adore te faire planter. On lit comme toi dans un livre ouvert. Tu racontes que de la merde. Même moi qui suis complètement, ou presque, bourré je ne raconte pas autant de conneries. T’es décevant. Et moi je suis lunatique. Je passe d’un sentiment à l’autre en une fraction de secondes. Une fois j’suis blasé, une fois j’suis énervé. C’est-y pas étrange, ça ? Ca doit venir de toi, mon boulet. Ou alors je décuve, j’sais pas. Maybe. M’enfin, avec toi, c’est toujours la même chose, tu hésites. Tu peux jamais te décider vite fait. En bon abruti violent, j’ai vu mieux quoi. Si j’arrive à te faire penser à autant de conneries dépressives, c’est qu’il y a un problème, je crois. Mais le plus important, c’est que tu te rappelles pas.
Tu te rappelles pas ce que je t’ai fait oublier, belle enflure. Tu te rappelles pas d…

« Va t'doucher, tu seras plus frais pour dormir. »

Genre. Tu me frappes pas ? Eh, t’es malade ce soir ? Tu te me lâches et tu détournes gentiment. Tu me laisses sur ma faim. Moi c’est simple, quand j’essaye de me relever, j’ai envie de gerber. Donc je me relève pas, c’est simple. La délicieuse odeur clope qui vient chatouiller mon museau. Joke. Je déteste cette odeur. Au moins, on est quittes. Je me redresse légèrement, plissant les yeux. Une putain d’impression. J’ai l’estomac qui se retourne. Et j’arrive à me lever, je me déplace comme je peux, je m’enfonce un tas de trucs dans les pieds. Et je parviens à la salle de bain. Je suis trop fort.

Ouvrir la porte, entrer. Je le vois vautré sur le matelas entrain de se fumer une clope. Blur. Si j’avais pas eu peur qu’il m’emmerde et si j’avais pas eu envie de vomir, je lui aurais bien demandé si il voulait prendre sa douche avec moi. Je savais parfaitement qu’il ne fallait pas trop compter dessus. C’était trop con. Trop facile, aussi. Lui lancer un joyeux et niais « tu me laves le dos et les cheveux ? » avec des petits ricanements idiots. Je prend pas la peine de fermer la porte. Flemme. J’ai la gerbe, j’ai le droit. Mais c’pas dit qu’il ne m’emmerde pas. A vrai dire, je m’en fiche en fait. C’est pas comme si j’aimais pas ça.

Je mets l’eau en marche. Je me bouge, je me déshabille. Et je reste sous l’eau. Longtemps. En espérant que l’envie de vomir s’estompe. Tu parles. Elle reste et elle s’accroche, la chienne. Au bout d’une demie heure voir une heure, ou peut-être deux – décidément, j’aurais passé ma nuit dans la salle de bains – passées sous la douche, je finis par sortir. Tout ce que j’ai fait, c’est me concentrer sur mon envie de rendre. Sans me laver. Sans penser. J’ai eu mon lot pour la nuit, ça va là. Je me sèche comme je peux. Je me rhabille. A moitié. Le frêle et doux Summy-choupinet revient à la charge pour jar’ter l’énervant et crevant Summer blasé.

Je vais m’étaler à côté de Blur, fatigué. Epuisé même. J’en peux plus de ses crises à la con. Pactisant de merde. Je suis sûr que si je gerbe, il me fera bouffer mon vomi, cet enfoiré. Je m’accroche à mon connard de pactisant. Je ronronne. Je grogne. « Gratte-moi le dos. » Je me marmonne, les yeux fermés. Ouais, je reviens à la charge. Pour t’emmerder. Rien que toi. Parce que je t’aime, finalement. Même si, en fait non. Je sais pas trop.
Oh et puis, on s’en fout. Gratte-moi et fait pas chier.
Tu me frustres à force.



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Blur Elyson [Summer]

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MessageSujet: Re: Let's conspire to re-ignite ; Sum'   Mer 23 Nov - 21:47

C'est fou, cette faculté qu'a l'esprit de démanteler le temps, de le distordre à sa guise, de lui imposer ses réflexions. J'ai l'impression que Summer est parti depuis trois jours. Ça ne fait que trois minutes. Trois minutes pendant lesquelles je fume ma clope, la termine, en entame une autre. Trois minutes, c'est une éternité minuscule. Je vise le cendar et d'une pichenette y envoie mon mégot. Trois secondes. Je me contorsionne un peu, récupère une autre cigarette, l'allume, reprend une bouffée lentement asphyxiante. Dix secondes. J'observe mes pieds, je me dis que j'ai froid. Je tâtonne le matelas d'un côté. Rien. Que la couette et les oreillers. De l'autre ? Pas mieux. Un jean. Un tube de peinture. Un collier appartenant au chat de gouttière. La couette, again. Pas de t-shirt. Pas de sweat. Rien pour me couvrir. Tant pis. Alors je m'occupe, comme je sais si bien le faire, en représentant émérite du glandeur lunatique. Adossé au mur, la douce chanson de l'eau coulant à flot dans la salle de bain berçant mon oreille, je louche un instant sur le brasero au bout de ma tige de nicotine. J'y aperçois des forme, des silhouette. Langoureuses, dansantes, enflammées et enflammantes. J'y retrouve une silhouette féminine. Impression de déjà vu. Bah, des conneries. J'ai mal aux yeux donc je les détourne du point incandescent et observe le ciel de nouveau.

Une heure de perdue, à observer ma propre clope. En fait, elle s'est éteinte depuis des lustres mais le point rougeoyant continuait de danser pour moi. Et puis, dans ce genre de moment, on déconnecte complètement et même trop, donc ça ne sert à rien d'essayer de comprendre pourquoi on a tapé la pose sur un point déjà mort pendant des minutes interminables. Le ciel en est rempli ce soir, de point incandescent. Faudrait que j'fasse gaffe à pas m'y perdre. On pourrait me retrouver crevé, les iris morts d'avoir trop observé les étoiles sans les voir. Classe comme image ça. J'ai été poète dans une autre vie, maintenant j'en suis certain.

Divagation délicate, songerie brutale, tout ça, ça passe à la trappe aussi vite que ça me traverse l'esprit. Aussitôt pensée, aussitôt oubliée. Et on a beau faire tous les efforts qu'on veut, impossible de se souvenir de ce sur quoi on buttait il y a trois secondes. L'esprit humain est perfide. Sûr qu'il possède sa volonté propre et s'éclate à se foutre de notre gueule en permanence, avec ses tours de passe passe à la con. En parlant de tour de passe passe, va falloir qu'on m'explique comme l'autre chieur s'est retrouvé collé à moi sans que j'm'en rende compte. Je n'ai pas entendu l'eau s'éteindre, pas plus que je ne l'ai senti, lui, son contact sur ma peau ou sa chaleur alors que, comme dit plus haut, je me les pèle sévère. Mais ça, c'est encore une entourloupe de l'esprit. Une fois sorti de son corps, il faut un certain temps de réadaptation. Et tant pis pour le trou noir dans la mémoire qui s'en suit.

Summer est chaud. Et humide. La peau toute molle et détendue, celle qu'on a après avoir passé des heures sous un jet d'eau délicieusement chaude. Putain, j'suis trop con. J'aurais du m'pieuter et en profiter pour chopper tout le matelas, au lieu de dormir éveillé. M'enfin, la connerie est humaine qu'on dit. Et cette phrase en est bien la preuve.

Mon stella semble plus frais, comme je l'avais prévu. Mais il semble redevenu plus chiant et plus collant aussi. Il peut pas s'contenter de s'allonger et de dormir tout seul comme un grand, nan, monsieur veut des grattouilles. Tu sais où tu peux te les foutre, Summer, tes grattouilles ? Ouais. Tu le sais, mais tu demandes quand même. Persistant cafard que voici. Mais bon. Je suis fatigué et las. Ma clope, j'ai fini par la balancer un peu plus loin. L'autre abruti me réchauffe un peu. Le sommeil troublé par la faim tout à l'heure repointe le bout de son nez. Alors j'affaisse un peu mieux mon corps contre mon mur, je récupère de la couette pour me caler dessus et je gratte le dos de ce chat de gouttière, de haut en bas, avec un mécanisme automate et rigide, propre aux gestes que l'on effectue sans y connecter la moindre parcelle de son cerveau. Je reprends mes contemplations, je m'évade encore. Je ne sais plus depuis combien de temps, mais quelque chose, un souvenir quelconque, une idée, me met peu à peu en rogne. Alors je le griffe. Lentement, de bas en haut, sans que je m'en rende compte car ce bras ne m'est pas relié, je lui lacère le dos, toujours sur le même rythme. Et il faut que je l'entende gémir puis gueuler, que je sente le froid reprendre possession de ma peau lorsqu'il s'écarte, qu'il gueule encore, tout ça, pour que je fronce les sourcils, reconnecte mes deux pauvres neurones perdus dans l'immensité trop vide de ma boîte crânienne et reprenne conscience. Il est 5h du mat', je n'ai aucun souvenirs de ce que j'ai bien pu me raconter tout seul dans les trois dernières heures qui ont suivi et Summer râle encore pour une raison que j'ignore. C'te crevard toujours insatisfait. J'ai pourtant été gentil, non ? Je ne lui ai pas cassé la gueule, je l'ai laissé dessaouler tranquille, j'l'ai même laissé me coller comme une ventouse en lui papouillant le dos pour pas qu'il me fasse chier. Alors pourquoi tu râles pour quelques griffures ?

Incompréhension totale. J'ai déconnecté trop souvent et trop rapidement en trop peu de temps. Je comprends vraiment rien à cette soirée de merde. Et je le dis.

« J'y comprends vraiment rien, à cette soirée merdeuse. Si t'es pas content, dégage et laisse moi dormir. »

Je repousse l'encombrante ventouse, me vautre à plat ventre sur le matelas et récupère un bout de couette. Eh merde, j'ai zappé d'virer mon fut'. Tant pis. Dormir en pantalon, ce serait pas la première fois.


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MessageSujet: Re: Let's conspire to re-ignite ; Sum'   Mer 21 Déc - 1:42

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Pour cette fois, y'aura pas de rose.

Dans la vie, y'a des trucs qu'on comprend pas et y'a des trucs qu'on croit comprendre. C'est vachement important comme notion, ça. Vous savez, je pense qu'on ne devrait pas utiliser le mot « comprendre » pour les notions morales, mais plutôt « percevoir ». Même si parfois, on croit percevoir, alors qu'on perçoit absolument pas. Ce qu'il y a d'amusant avec notre cerveau, c'est qu'on se rend pas compte de toutes les saloperies qu'on peut penser, créer, reproduire, interpréter.

La perfidie de notre matière grise me fascinera toujours. On arrive à s'insurger pour une idiotie, notre coeur s'emballe pour un simple contact. On ne contrôle pas nos peurs et on arrive à en devenir détraqué. On perd même la notion du temps et on confond les couleurs.

Enfin bref.
Ca fait un mal de chien.


Tu te décales légèrement en criant presque, te contorsionnant pour essayer de regarder les traits de feu qu'il a tracé dans ton dos, n'écoutant même plus ses gérémiades incéssantes. Ce que tu peux me faire chier, Blur, quand tu t'y mets vraiment. C'est bon, t'as été gentil, t'as été aimable, t'as été admirablement mignon avec moi pour ce soir. Mais faut arrêter un peu, merde. Et le pire, c'est que je peux rien te faire parce que j'ai la flemme de me faire virer.

Sauf que ça part tout seul. Tu peux pas te contrôler. Tu peux plus te contrôler. C'est la pute de goûtte qui fait déborder ce satané vase de merde qui passe son temps à t'induire en erreur et à faire que des conneries. Tu peux paraître niais et doux, mais t'es juste une pauvre nunuche frustrée sexuellement et impulsive. Un doux jouet inutile qui finira par se briser tôt ou tard. Vous voyez ? Je change encore d'humeur. Horrible.

Et tu fous un coup de pied violent pile dans l'axe de la colonne vertébrale de Blur pour le faire dégager du lit, ton propre dos en charpie. Tu renifles, à moitié entrain de pleurer.

« De toutes façons tu comprends JAMAIS rien, t'es toujours entrain de penser qu'à toi. Je sais que tu t'assumes, j'en ai rien à foutre ! Tu m'emmerdes, Blur, tu m'entends ?! TU M'EMMERDES. Va te faire mettre par le premier qui passe, t'es vraiment trop con ! Toujours sur tes putains de grands chevaux à te prendre pour le roi du monde alors que t'es rien qu'un connard de peintre qui tient même pas ses pinceaux correctement ! T'es allé trop loin aujourd'hui, avec ta pseudo indifférence, genre t'es trop bien, trop sexy, trop sûr de toi.
Je sais que tu me déteste, mais trop, c'est trop.
Tu me fais chier. »

Ultimatum.
Comme ça.
Tu lui jettes le coussin, la couverture, le pot de peinture qui passe à ta portée. Tu te lèves, soulève le matelas et le retourne pour qu'il l'écrase, laissant des marques de toutes les couleurs et colorant tout les murs d'une teinte flash qui fait mal au yeux. Pour finir en bon gamin, tu te faufiles par la fenêtre, tu grimpes et te réfugie sur le toit. A l'abri de ses merdes. Enroulé dans le manteau noir parsemé d'étoiles que t'offre la nuit, les yeux rougis autant que tes vêtements.

Et tu te remets à pleurer. Tu te tires les cheveux, la blessure à ton pied et les traits dans ton dos plus meurtriers que jamais.

J'ai froid et j'ai sommeil.
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MessageSujet: Re: Let's conspire to re-ignite ; Sum'   Mer 29 Fév - 22:57

Douleur sourde, viscérale et éphémère, lacère moi de part en part, j'demande que ça. Cette soirée me gave. Summer me gave. Ma propre attitude me gave. Je l'entends gueuler, je sais qu'il a probablement raison. J'ai merdé. Encore. Comme souvent. Il subit les frais de mes humeurs et de mes caprices alors que si j'ai bien tout capté, c'est grâce à lui que j'suis en mesure de vivre sans vouloir me foutre en l'air pour des souvenirs inutiles. Soit. Alors supposons que ça lui donne le droit d'ignorer mes états d'âme autant que j'ignore les siens. Qu'il se permette de me frapper plus ou moins comme je le fais. Que sa voix se brise et éclate en sanglot là où la mienne ne sait que se faire dure et cynique. Supposons tout ça. Où est-ce qu'on arrive, au final, hein ? On arrive sur une scène des plus dramatique et pathétique qui soit. Enfin, moi, je suis pathétique. Toi, tu es dans ton droit le plus absolu. C'est vrai, après tout. Tu me sauves de la galère, tu supportes mon caractère de merde et tu craques assez rarement. Chapeau. Et ce soir, tu craques. Il craque, le Sum. Ca faisait longtemps. La dernière fois c'était quelques semaines après notre pacte si j'me souviens. Tu t'habituais à peine à mon être. Je sais, c'est difficile. Tu ne t'habitueras probablement jamais, en fait. J'suis qu'un connard égoïste. J'vaux pas que tu te démènes comme ça. Tu devrais te compter de vivre ta vie sans chercher à obtenir mon approbation ou mon affection, tu gagnerais du temps Summer.

Et pourtant. Après tout, on est tous de misérables êtres sensibles face aux choses, même celles semblants les plus insignifiantes. Le monde sensible, le monde du toucher, de la vue et de la perception, tout le monde peut l'admirer s'il s'en donne les moyens. Toi, je suppose que les moyens, tu n'as pas eu à te les faire donner, hein Sum'. T'es plutôt du genre à être confectionné avec. L'empathie, le don de ressentir pleinement les chose, c'est un truc que je t'envie, mine de rien. Mais ça, personne ne le saura. J'me satisfait très bien de mon rôle. Je m'en satisfais très bien.

Puis tu t'es encore mis à crier, à pleurer. Tu m'as frappé, chose rare, et tu t'es évertué à me balancer toutes choses de sortes à la gueule. Tu t'es énervé, pour de bon, et ce coup ci, je ne sais pas quoi faire d'autre sinon rester allongé, à attendre que tu te calmes. C'est étrange de voir les rôles s'inverser ainsi. C'est vraiment comme ça que tu me perçois quand je te vocifère dessus ? Vraiment ? J'suis vraiment le dernier des cons. Je t'écoute, je n'sais pas vraiment quoi faire d'autre pour que tu te calmes. Mais tu te trompes Sum'. J'te déteste pas. J'te jure.

J'te déteste pas. Alors ferme la, calme toi, et redeviens l'adorable enquiquineur que tu fais si bien.

Mais faut croire que penser très fort ne suffit pas vraiment. Puis merde, tu fais chier. Ça va un temps, d'essayer de jouer au type plein d'empathie et de compréhension mais désolé, c'est pas mon truc. C'est sûrement pas parce que tu pètes ton câble un bon coup que je vais aller traîner à tes pieds en te demandant de me pardonner. Sûrement pas. Énerve toi, défoule toi, fais c'que tu veux, mais me demande pas de te comprendre. J'arrive déjà pas à le faire pour moi. Ah, il s'est enfui, j'entends ses pas sur les tuiles. Je me redresse, sors de tout ce bordel et dégage le matelas d'un coup de pied. Une clope. Un truc pour m'occuper les mains, et vite. Je fouille le bordel, je le creuse, l'éventre, et finis par y retrouver mon paquet de clope, îlot de contenance et de calme à venir. Tige qui grille, poumons qui s'asphyxient, on reprend doucement la routine. Enfin j'essaie, en tout cas. Je n'arrive qu'à tourner en rond, fouler cette piaule miteuse de long en large. Un fauve dans sa cage ne ferait pas mieux que moi. Et je cogite. Que faire.

Je grille ma cigarette en deux minutes, en allume une autre et choppe la couverture sur le matelas, m'enroulant dedans avant d'aller m'adosser à la rambarde du balcon monoplace surplombant la rue. Je fixe le ciel, puis le bord du toit. Hey, dis, t'es encore là haut ? Tu dois te le peler, c'est con d'être aussi obstiné pour des conneries. A moins que tu n'sois parti déambuler dans la ville pour chercher quelqu'un prêt à réparer ton pauvre coeur molesté. Pas de veine pour le quelqu'un, de se taper une éponge à sentiment en train de tout recraché. Mais je suppose que ça doit te tenter. Je soupire et retire la tige de tabac de mes lèvres, la laissant se consumer toute seule pendant que je fixe obstinément ce putain de bord de toit et ses tuiles. Il fait sombre, la lune se cache. Et y a tes sanglots à deux balles qui raisonnent presque imperceptiblement dans le calme de la nuit.

« Summer ? »

Je grimace et tousse, m'éclaircissant la voix après cette espèce de bruit cassé et trop rauque qui vient de franchir mes lèvres. Puis je grimpe sur la rambarde et observe au dessus du toit, avisant la silhouette vague de mon stella. T'es à moi Summer. Que ça te plaise ou non.

« Hey, Sum'. J'suis désolé, okay ? »

Je suppose que je devrais dire quelque chose. Un truc. Un p'tit discours. Un machin pleins de fioritures et plus long que ces pauvres six mots. Mais les discours, c'est pas mon truc. Là où l'autre s'est épanché tout son soûl en gueulant tout à l'heure, moi, j'y arrive pas. Parler c'est pas un truc qui me vient naturellement faut croire. Je me gratte la joue et tente de le cerner du regard avant de prendre la couverture et de la poser sur les tuiles, redescendant ensuite pour retourner à l'intérieur, commençant à remettre un semblant d'ordre dans ce foutoir à coups de pieds et d'entassements divers, dégageant le lit pour m'y allonger.

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Summer [Blur Elyson]

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MessageSujet: Re: Let's conspire to re-ignite ; Sum'   Ven 4 Mai - 12:22


Et vint la pluie. Douce, salvatrice. Suave. Que dis-je, miraculeusement fraîche, comme pour chasser la tension et la chaleur qui règne, avec une petite pointe de douleur. Ça coule le long des blessures, des griffures, ça picote peut-être un peu pour nous rappeler qu'on est vivants. Ça démange. Ça soigne et ça cicatrice, ça atténue la colère. On se laisse porter, on apprécie plus facilement les petites choses de la vie après ça.

Les gouttes qui glissent, le bruit de l'eau qui tombe dans l'eau et les flaques qui s'agrandissent. Je suis un chat et j'aime la pluie, un petit peu comme un paradoxe ambulant, à moi tout seul, oui. Je suis violenté mais je reste, je m'accroche comme une sangsue. Je suis détesté mais je continue à être niais et à ronronner pour quelqu'un qui me regarde avec une sorte de dégoût. Je suis insipide et faible.

Soupirs, frissons. La pluie c'est mouillé, c'est froid.
C'est comme les larmes, c'est inutiles. C'est comme toi, Blur, toi, avec ton "je suis désolé" ennuyeux et tes conneries sentimentales. Les miennes sont pas meilleures, cela dit. Mais je ne peux pas vraiment m'empêcher de te fixer avec un air condescendant, parce que je suis con et que je suis complètement dingue de toi. Parce que ce serait tellement plus simple si je me laissais tomber, si ma carcasse s'éclatait sur le sol. Je suis à toi. Mais mort et à toi, c'est mieux.


Psshh. Chasse donc ces idioties de là.
Tu te redresses, tu contemples le vide un instant, ton corps se balançant fébrilement au dessus de ce gouffre, observant l’imbécillité des uns et l'oisiveté des autres. Jalousie. Sourde, qui gronde. Qui gronde tellement que Blur pourrait l'entendre. Tu ramasses la couverture plutôt trempée et tu te faufiles dans l'atelier-appartement avec une sorte d'appréhension qui te colle aux basques et qui n'arrive pas à se détacher de toi. Et pendant un moment, tu restes là, à le fixer avec un air fatigué. A imaginer toutes les choses que tu pourrais lui faire, toutes les choses que tu pourrais lui dire.

Et tout se teinte de bleu. Bleu encre, bleu azur, bleu marine, bleu klein, bleu cyan, bleu outremer. Les murs, le plancher, le matelas. Ça forme des arabesques sur ton corps, ça ne donne rien de bien précis. Et tu restes immobile, à prier pour qu'il se décide, pour qu'il se bouge, pour qu'il s'anime. Tu pries pour qu'il sorte de sa bulle. Ton être suinte le désespoir, ce désespoir mielleux qui s'accroche comme une sangsue.

Bouge toi, Blur, j'attends que ça.


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