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 [Libre - Event] D'habitude ça n'arrive qu'aux autres

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Beatrice Lorenzo

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MessageSujet: [Libre - Event] D'habitude ça n'arrive qu'aux autres   Sam 29 Oct - 14:40



    Cela n'arrive qu'aux autres.

    C'est ce que l'on se dit en regardant le journal télévisé, mâchant consciencieusement son repas alors que les images de destruction, de corps brisés, s'affichent sur l'écran en technicolor. On a parfois une expression de dégoût, on a le geste de reposer sa fourchette et de repousser son assiette. Mais souvent on pallie à ce désagrément en changeant de chaîne, tout simplement. Choisissant d'oublier plutôt que de faire face. De toute façon les attentats, les accidents spectaculaires n'arrivent qu'aux autres, dans des contrées éloignées. Mais jamais, jamais dans la rue qu'on habite et encore moins à soi-même.

    Tout le monde pense ainsi, même Beatrice.

    Jusqu'au jour où plus aucun écran ne sépare le lieu du drame de soi-même. Où l'on se retrouve dans le chaos.

    Beatrice avait pris le temps de passer à travers la galerie pour se rendre à la bouquinerie. C'était son petit plaisir matinal que cette promenade au sein de la beauté et de la richesse. La jeune femme n'avait aucun regard pour les grands magasins de mode où s'alignaient des vêtements qui valaient autant qu'une nuit dans un grand palace. Elle observait plutôt les dorures et sculptures, la décoration un peu pompeuse certes mais magistrale, ça elle devait l'avouer. Malgré le fait qu'elle soit milanaise depuis des années, elle ne se lassait pas d'observer.

    Toute cette féerie, cette beauté se brisa sans prévenir. L'explosion lui brisa les oreilles - dans la seconde même, aucun son ne lui parvint, pas même celui des battements de son cœur. Il lui sembla imploser, que son corps se brisait en plusieurs morceaux qui s'éparpillaient dans toute la galerie. Beatrice tomba à la renverse, secouée comme un fétu de paille. Puis noir. Black-out. Perte de conscience.

    Elle sentit un liquide poisseux couler sur son visage alors qu'elle revenait lentement à elle. La douleur l'assaillait de partout, comme si on avait remis ses membres à des places non appropriés. Elle n'était plus qu'un corps aux angles retournés à l'intérieur, des angles aigus qui lui déchiraient les tripes. La jeune femme toussa du sang, éparpillant des gouttes rouges sur ses vêtements. Elle ne voulait pas crever. Pas comme ça, pas d'une façon aussi bête. Crever juste pour s'être trouvé au mauvais endroit, au mauvais moment.

    - … Quelqu'un ?

    Les oreilles encore assourdies par l'explosion, Beatrice n'entendait pas même sa propre voix. Autour d'elle, que du gris, de la poussière, des pans de murs écroulés. La jeune femme chercha à s'appuyer sur ses mains, réussi à trouver le moyen de s'asseoir en s'adossant contre un pan de mur. Elle ne se sentait pas la force de se lever, mais si personne venait, il allait bien falloir qu'elle s'en sorte par ses propres moyens. Lentement, elle massa ses jambes endoloris, espérant qu'elles n'avaient rien de brisés. Pas comme ses lunettes qui avait perdu un verre – la monture lui avait même entaillé la tempe, elle sentait le sang chaud couler de la blessure jusque dans la nuque.

    - Quelqu'un s'il vous plaît ! Je – Il y a des corps ici !

    Beatrice avait hurlé cette information en voyant un bras dépasser d'un amas de décombres. Automatiquement elle chercha à reculer, mais son mur était déjà collé au mur. Du sang dégoulinait du bras, tombait – plic ploc – des doigts. La nausée monta dans la gorge de la jeune femme, manqua de la submerger. Mais contre les sanglots, elle ne put rien faire – ils la secouaient, tandis que les larmes coulaient au même rythme que le sang coulant du bras sans propriétaire.

    Normalement cela n'arrivait qu'aux autres les tragédies, les morts inutiles d'innocents. Pas aujourd'hui. Elle était perdue, entourée de sang et de poussière, les yeux hagards et brouillés de larmes, elle n'arrivait plus à voir.


Citation :
Je tenais vraiment à participer à l'event, alors me voilà. Comme précisé dans le titre le sujet est libre - vous pouvez même être plusieurs à venir me rejoindre, j'ai rien contre au contraire. On peut même discuter par MP pour quelques détails si besoin est. o/
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Noemi Garaffa [Howl]

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MessageSujet: Re: [Libre - Event] D'habitude ça n'arrive qu'aux autres   Jeu 17 Nov - 12:38

Noemi n’avait pas compris pourquoi Howl l’avait appelé juste après le coup de fil de Marina, une de ses copines. Après tout, Marina lui avait juste proposé de sortir en ville pour faire un peu de lèche-vitrine et qui sait, peut-être du shopping. Comme, facilement, deux fois par mois. Le programme qu’on avait défini était manger quelques sushis dans un des restaurants de la galerie Vittorio Emmanuele II avant de faire la tournée des boutiques de ce coin regorgeant de bonnes affaires, lorsqu’on état une Italienne connaisseuse. Noemi avait eu vite fait d’accepter, mais dès qu’elle avait raccroché, son portable avait vibré de nouveau. Un coup d’œil sur l’écran tactile l’avait renseignée sur l’identité de son futur interlocuteur ; Howl, bien sûr. Son Stella qui se payait le luxe d’intervenir de façon intempestive dans sa vie , de temps à autre. Aujourd’hui, il s’était contenté de lâcher un message sibyllin : « Mauvaise idée. » Bien sûr, il n’avait pas répondu à ses questions.

Alors, Noemi avait ignoré l’avertissement et le jour venu, elle avait accueilli chez elle Marina, venue la chercher en voiture. Elle avait embrassé sa mère, vérifié deux fois qu’elle n’avait rien oublié. Puis, elles étaient parties.

Les sushis, sans être vraiment une surprise, furent exquis. Comme prévu, puisque la boutique était le repaire de Noemi et ses amies depuis déjà trois longues années. Le menu 6 avait sa préférence, puisqu’il proposait la traditionnelle soupe miso, deux brochettes et une large palette variée de boulettes de riz, poissons crus et autres sashimis. La conversation avait surtout tourné autour des derniers potins, Carolina et son prince charmant actuel, les idioties de Paola, les souvenirs de vacances. Après, elles avaient fait le tour de quelques magasins. Noemi s’amusait à trouver des paires de chaussettes fantaisies tandis que Marina s’offrait quelques hauts. Et là, de nouveau, le portable dans sa poche avait vibré. « Sors. » « Pourquoi ? » renvoya-t-elle, agacée. « Sors, maintenant. Je dois te parler. » Avec un soupir exaspéré, notre rousse se tourna vers Marina, lui expliqua que sa mère l’appelait et fit rouler son fauteuil jusqu’à l’extérieur du magasin. Là, Howl l’exhorta à se rendre dans le couloir astucieusement glissé derrière les boutiques, là où on trouvait les toilettes, la sortie de secours, le bureau des objets trouvés qui n’était jamais ouvert et la fontaine d’eau. En râlant, Noemi s’exécuta, dérangeant par ailleurs toute la file qui patientait devant les toilettes avec son encombrant véhicule. « Entre dans le photomaton », lut-elle en baissant les yeux sur son portable posé sur ses genoux.

Noemi avait éperdument confiance en Howl, et il aurait pu lui dire de passer par la fenêtre comme dans Matrix qu’elle l’aurait fait. Cependant, les façons qu’il avait de le faire l’exaspérait, surtout cette manie de ne jamais rien lui expliquer. Bien sûr, elle n’avait aucun moyen de pression sur lui ; menacer de jeter le portable ne servirait à rien. Howl serait toujours là, et reviendrait dès qu’elle en aurait acheté un autre. Voir même, il s’installerait sur son portable, dans son bracelet favori, dans son foulard. Ce n’était jamais que des masques qu’il empruntait pour lui parler ; sa véritable de résidence était la tête de sa Pactisante, après tout. Et il n’avait besoin de rien, sinon d’elle vivante. Alors, résistant à l’envie de fracasser ce dernier-né de la technologie contre le mur le proche, elle se glissa difficilement dans l’étroite cabine, condamnée à se hisser hors du fauteuil pour s’assoir sur l’inconfortable tabouret qui faisait office de siège. Décidée d’en découdre, elle appuya sur la touche appel et… Tout explosa.

Pas dans la cabine, heureusement ; mais à côté. La galerie. Ce fut d’abord un étrange silence, suivit de la détonation la plus fracassante qu’elle n’avait jamais entendu. Le sol trembla si fort qu’elle tomba. Elle ne vit rien d’autre, mais elle entendit les hurlements, le bruit des murs qui s’effondraient, du plâtre qui s’écroulait, des pans entiers de la galerie qui cédaient, des corps qui heurtaient un obstacle avant de s’affaisser, du souffle brûlant qui s’étendit avant de mourir… Et ce fut finit. Comme si ca n’avait été qu’une symphonie née de sons bruts, et qui après son apothéose, s’était évanouie, laissant l’assemblée abasourdie.

Noemi était abasourdie. Elle n’avait plus d’oreilles, d’ailleurs. Blottie contre un coin du photomaton qui avait tenu le coup, un peu sonnée par la violence avec laquelle sa tête était entrée en contact avec la paroi, elle s’était recroquevillée, ses grands yeux roulants dans leurs orbite. Au bout d’un moment, qui lui parut interminable, elle osa glisser un regard à l’extérieur. Le décor actuel ne soutenait aucune comparaison avait ce qu’il avait été quelques minutes plus tôt. On aurait dit qu’un géant venait de traverser Milan et avait impitoyablement écrabouillé la galerie historique. Son fauteuil était une carcasse renversée, avec un magnifique morceau de parpaing dessus, le fixant au sol. Des corps étaient étendus, cassés, brisés, des poupées abandonnées dans un parc pour bébé. Noemi tremblait si fort que ses bras peinaient à la soutenir. Elle tenta d’enlever les débris de son moyen de transport, sans succès. Trop lourd, et bras trop faibles. Et là, perçant le silence post-apocalyptique, un cri la fit sursauter :

- Quelqu'un s'il vous plaît ! Je – Il y a des corps ici !

Noemi se retourna, apeurée. Elle vit, pas très loin du magasin où elle se trouvait juste avant, une silhouette se découper dans les décombres. Une survivante. Comme elle. La jeune fille élabora une tentative de réponse ; sa voix cassée mourut dans sa gorge, après un misérable filet de paroles. Elle se reprit, se secoua brièvement et cette fois-ci, avant même qu’elle ne put formuler les mots dans sa tête, comme pris d’une vie propre, un cri jaillit de sa poitrine :

- Oui, moi, je suis là !

Elle ajouta précipitamment :

- Je ne peux pas me lever, pouvez-vous m’aider ?

Comme la rescapée, Noemi ne pouvait contrôler les notes hystériques et nerveuses de sa voix.

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Beatrice Lorenzo

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MessageSujet: Re: [Libre - Event] D'habitude ça n'arrive qu'aux autres   Jeu 24 Nov - 17:17


    Entendre une voix humaine dans tout ce désordre ramena un peu de raison dans l'esprit de Béatrice. La jeune femme détourna le regard du bras mort, et aperçut une silhouette en aussi mauvaise posture qu'elle.

    - Je ne peux pas me lever, pouvez-vous m’aider ?

    Ah ben bravo. Elle tombait sur quelqu'un qui ne pouvait décemment pas l'aider. Beatrice se mordit la lèvre d'avoir pensé une telle chose - cette fille n'avait rien demandé, elle était tout aussi victime qu'elle. L'italienne ferma les yeux, compta jusqu'à trois, le temps de calmer les battements de son coeur, de tâcher de reprendre un peu le contrôle de son corps. Sa voix demeura néanmoins tendue, entrecoupées de tremblements.

    - J'arrive ! Surtout ne bougez pas !

    Comme si elle le pouvait. Lentement, Béatrice se releva, tâchant de faire fi des protestations de son corps. Ses vêtements s'étaient abîmés au niveau des articulations, du sang maculait ses genoux et coudes. Mais ce n'était que peu payé comparé au capharnaüm qui régnait autour d'elle.

    Enjambant les débris qui barraient sa route, Béatrice tâchait de ne pas voir le sang et les corps brisés qui se laissaient apercevoir entre deux pans de murs. Elle devait se montrer forte. Elle devait réussi à passer au-dessus de sa peur afin de s'en sortir vivante - et d'aider la jeune femme.

    Elle arriva aux côtés de la jeune femme vers laquelle elle se précipita, se mettant à genoux pour être à sa hauteur.

    - Vous n'avez rien de cassé ? Est-ce que vous pouvez bou...

    Beatrice avisa les restes du fauteuil, broyé sous un parpaing qu'elle n'aurait sûrement pas la force de bouger. Même avec l'aide de la jeune femme.

    - C'est le vôtre, c'est ça ? Je pense pas pouvoir le sortir... Est-ce que vous saurez vous avancer en vous appuyant sur moi ? Ou... je peux essayer de vous porter sur mon dos.

    Si Beatrice avait été un homme, tout aurait été plus simple. Elle aurait plus de force, et donc plus de facilité à aider la demoiselle. Alors que là, elle se sentait surtout inutile.


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Noemi Garaffa [Howl]

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MessageSujet: Re: [Libre - Event] D'habitude ça n'arrive qu'aux autres   Mar 6 Déc - 23:43

- J'arrive ! Surtout ne bougez pas !

Oh ben ça, à moins qu’on lui greffait dans les trente secondes à venir les roulettes de son défunt fauteuil ou bien que Noemi, illuminée par l’inspiration que confère l’approche de la mort, se découvre brusquement un don pour marcher sur les mains, ça ne risquait pas d’arriver. Elle était irrémédiablement clouée au sol, inutile, gros tas de viande morte qui ne servirait à rien à part enquiquiner le monde et empêcher des gens qui valaient sûrement plus la peine qu’elle d’être sauvée. Oh, Noemi ne le pensait pas vraiment, bien sûr. Elle s’aimait bien quand même. Elle réussissait à avoir une haute opinion d’elle-même, malgré ses défauts dont elle avait cruellement conscience. Mais… On est comme on est, n’est ce pas ? Elle ne pouvait pas y faire grand-chose et déculpabilisait en se disant que de toute façon, puisque le monde lui avait pourri la vie, elle pouvait bien pourrir celle du monde. Ce n’était qu’une juste revanche sur le Destin. Plus fort que ça, la jeune handicapée désirait surtout prouver au monde entier qu’elle était aussi capable que n’importe qui et que ce n’était pas parce qu’elle faisait la moitié de la taille de la plupart des gens quand elle était assise qu’elle ne pouvait pas réussir et devenir, qui sait, une scientifique renommée, une musicienne inspirée, un professeur compétent. Voir même, si elle parvenait à rouler tout le monde dans la farine, une dirigeante d’entreprise accomplie comme son père ou une perfide créature du pouvoir. En dépit de ces fantasmes de grandeur, n’en restait pas moins que pour le moment, elle était clouée au sol comme le papillon derrière son cadre de verre chez un collectionneur. Aussi attendit-elle avec impatience l’arrivée de sauveuse.

C’était une jeune fille, comme elle, peut-être plus âgée. Brune en tout cas, les traits anguleux, la mine intelligente. Pas plus bien sapée que Noemi ne l’était. Histoire de se calmer de sa frayeur, elle s’efforça de s’abimer dans la contemplation de cette inconnue et la dévisagea brièvement, la laissant se rendre compte par elle-même du problème.

- Vous n'avez rien de cassé ? Est-ce que vous pouvez bou...

Là, elle venait de faire connaissance avec M. Fauteuil.

- C'est le vôtre, c'est ça ? Je pense pas pouvoir le sortir... Est-ce que vous saurez vous avancer en vous appuyant sur moi ? Ou... je peux essayer de vous porter sur mon dos.

- Oui, c’est le mien, acquiesça Noemi en esquissant un sourire désolé. Et non, je ne pourrais pas, je suis dans la totale incapacité de marcher.

Considérant la deuxième proposition, elle ajouta :

- J’aimerais bien, mais je pense que vous n’y arriverez pas. Mais ne vous inquiétez pas, je ne suis pas blessée, je peux attendre les secours ici. Vous devriez y aller…

Oui, c’était un peu contradictoire avec sa demande d’il y a quelques minutes. Mais, ces quelques minutes auparavant, Noemi ignorait à qui appartenait la voix qu’elle avait entendue et si elle se doutait que c’était celle d’une femme, elle n’aurait pas pu deviner sa carrure. Ici, même avec toute la bonne volonté de cette bonne samaritaine, Noemi savait qu’elle ne parviendrait pas à la porter. Mais comme elle venait de le signaler, était-ce si grave ?

Oui, fit une voix paniquée dans sa tête. Tu es au milieu des décombres d’une explosion qui vient de tuer des tas de gens, et rien ne te garantit que ce n’était pas la première. Elle ne savait pas d’où provenait la déflagration. C’était, autant qu’elle le sache, peut-être une bombe venue du ciel, pourquoi pas ? Milan en guerre ? Mais non, c’est stupide, on le saurait quand même, se rabroua-t-elle en se traitant de sotte. Elle devait se raisonner. Se calmer. Si ça se trouvait, c’était juste un accident. Un simple, un dramatique accident. Mais quelque chose de purement fortuite, inopinée. Pourquoi y en aurait-il une deuxième ?

Howl savait, lui.

Et Howl l’avait mise à l’abri. Il ne l’aurait pas laissé là s’il pensait que Noemi courrait encore un danger… Il serait venu, comme la première fois, cette fois où ils s’étaient rencontrés. Mais après… Howl n’était peut-être pas au courant de tout. Ce n’était qu’une petite étoile…

Bref, Noemi ne savait plus donner de la tête. Elle se contenta de baisser les yeux sur ses mains qui se tordaient, machinalement. Elle n’avait rien. Et elle était rigoureusement inutile. Dans ce cas, la moindre des choses étaient d’autoriser l’autre jeune fille à partir, à se sauver, tant qu’elle le pouvait encore. Noemi, elle, était de ceux qu’on laisse derrière et qui l’acceptent parce qu’ils savent que c’est mieux comme ça et que ça ne sert à rien de souhaiter qu’une tierce personne meure avec eux. Ca, elle en était sûre et au fond d’elle-même, elle sentait que c’était la bonne chose à faire. C’était peut-être une égoïste doublée d’une hypocrite, mais elle n’était pas méchante, juste… juste une gamine.
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Beatrice Lorenzo

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MessageSujet: Re: [Libre - Event] D'habitude ça n'arrive qu'aux autres   Jeu 8 Déc - 17:49


    Abandonner la jeune femme ici, dans cet Enfer digne d'un des cercles infernals de Dante ? Béatrice n'était peut-être pas une bonne samaritaine, mais sûrement pas non plus une arriviste qui passait à côté des blessés et des crève-la-faim sans avoir honte de sa propre richesse. Même si la jeune fille ne pouvait pas déplacer l'handicapée, elle n'allait pas l'abandonner. Elle aurait la sensation de laisser un soldat mourant sur le champ de bataille et de l'envoyer à une agonie lente. Parce qu'après tout, même si elle trouvait les secours, serait-elle capable de les mener là où se trouvait la jeune fille ? Et si une autre explosion survenait, que les décombres tombaient non plus sur le fauteuil mais sa propriétaire ? Béatrice eut une vision si nette du cadavre qu'elle sentit la nausée comprimer son estomac. Non elle avait du coeur, elle allait rester.

    - Je vais attendre les secours avec vous. Si jamais ils passent près de nous, je pourrais les alerter et les guider jusqu'à vous.

    Autour d'elles ce silence oppressant qui donnait envie de se terrer en boule dans un coin. Béatrice s'assit aux côtés de la jeune femme, bloquant ses mains entre ses genoux afin de comprimer cette envie folle de faire quelque chose. Sans savoir quoi faire. Jusqu'à ce qu'elle sente confusément l'empreinte de son portable dans la poche de son pantalon. D'une main fébrile Béatrice s'en saisit, en vérifia l'état. Ce bijou de technologie, pourtant vieux de quelques années, était encore en état de marche.

    - Peut-être que je puis contacter les secours si elles ne sont pas encore arrivées...

    L'Italienne composa le numéro, plaqua le téléphone contre son oreille. Son espérance retomba comme un soufflé lorsqu'une voix mécanique l'informa que le service était saturé, en raison d'un incident survenu en ville. Evidemment. Elle aurait du s'en douter. N'interdisait-on pas aux civils d'appeler les secours lors des grandes catastrophes ? Avec une pointe de déception, la jeune femme raccrocha et fourra le portable à sa place habituelle.

    - Saturé. Ils doivent donc être déjà sur les lieux. Au fait, je sais que la situation est assez... bizarre, mais... si on doit rester longtemps ensemble... Je m'appelle Béatrice.

    Donner son nom rendait les discussions plus simples. Geste parfaitement incongru au vu de la situation mais soit, tant pis. Si elles devaient attendre, autant tâcher d'instaurer un peu d'humanité.
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